Cl. Alinari
PAUL III
PEINTURE DE PIERINO DEL VAGA
(Rome. Eglise de Sainte Françoise Romaine)
LÉON DOREZ
=
Catholic church.
Pope , 1534-1549 (Fanius III)
LA COUR
DU PAPE PAUL III
D'APRÈS
LES REGISTRES DE LA TRÉSORERIE SECRÈTE
(COLLECTION F. DE NAVENNE)
PRÉFACE
PAR
PIERRE DE NOLHАС
DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE
TOME PREMIER
LA COUR PONTIFICALE
PARIS
LIBRAIRIE ERNEST LEROUX
1932
66
BX
870
.1534
1932
V.I
VIRO CLARISSIMO
PETRO DE NOLHAC
MAGISTRO OPTIMO
ET AMICO CARISSIMO
LEONIS DOREZ
MONVMENTVM HOC COMMUNIS ERGA VRBEM AMORIS
MERITVMQVE GRATIAE PIGNVS
VXOR ET FILIA
D. D. D.
PRÉFACE
Ce grand travail d'érudition romaine est le couronnement d'une œuvre considé
rable consacrée, pourla plusgrande part, à l'époque de la Renaissance et trop tôtinterrom
pue parlamort. Ilya dix ans que Léon Dorez a disparu, laissant presque achevél'ouvrage
auquel il avait donné ses dernières années, soutenu par le sentiment des services qu'il
allait rendre à la science historique et à l'honneur d'un célèbre pontificat.
Tous ceux qui ont travaillé aux côtés de Léon Dorez, ou qui ont suivi de près le
développement de sa carrière, sont restés fidèles à sa mémoire. Comment ne pas admirer
l'activité dont il a fait preuve quand on mesure l'étendue de ses études et la masse de
renseignements qu'elles fournissent aux travailleurs ? Membre de l'École française de
Rome, en 1890, il avait employé ces années précieuses à recueillir dans les bibliothèques
d'Italie un grand nombre de documents littéraires ou philologiques qu'il a peu à peu
mis en œuvre. La double bibliographie de ses travaux, dressée en France par M. Émile
Chatelain, en Italie par Carlo Frati, en montre l'abondance. J'indiquerai seulement ici
ceux qui sont directement sortis de son séjour romain, laissant de côté les recherches qui,
dans les collections d'Angleterre et de France, sont venues s'adjoindre, même sur des
sujets italiens, à tout ce que l'Italie lui avait fourni.
Intéressé dès l'abord à la biographie des maîtres de l'Humanisme, Dorez a renou
velé en partie celle de Pic de la Mirandole par une série de découvertes documentaires
Elles sont éparses en des revues diverses et dans le volume Pic de la Mirandole en France,
1485-1488. Ange Politien l'a retenu à mainte reprise et c'est surtout l'helléniste et l'épis
tolier qu'il a étudié chez le grand Florentin. Les Mélanges d'archéologie et d'histoire
publiés par l'École de Rome contiennent de Dorez : L'Hellénisme d'Ange Politien;
Antoine Eparque, Recherches sur le commerce des manuscrits grecs en Italie au XVI siècle;
Le cardinal Marcello Cervini et l'imprimerie à Rome; Recherches sur la bibliothèque du
cardinal Sirleto.
VIII
PRÉFACE
Les bibliothèques anciennes ont tenu une grande place dans les curiosités de
Léon Dorez, et c'est surtout dans la Revue des Bibliothèques, dont il partagea la direction
avec M. Chatelain, qu'il faut les chercher. Il a étudié celles du cardinal Aleandro et de
Jean Lascaris, celle du Chapitre de Viterbe, la collection privée de Jules II et, bien
entendu, consacré mainte page à la glorieuse Vaticane. La même revue a recueilli des
articles sur les Alde et sur l'histoire de l'imprimerie.
Attaché, dès son retour de Rome, au département des manuscrits de la Nationale,
Dorez s'y était fait, pendant de longues années, le correspondant bénévole des savants
étrangers s'occupant des mêmes études que lui, et de beaucoup d'autres encore, qui
gardent de son obligeance un souvenir reconnaissant. Il a maintes fois participé aux
recueils collectifs publiés en Italie à l'occasion des jubilés ou des centenaires, et, après
une précieuse contribution à ceux qui commémorèrent Léonard de Vinci, le dernier tra
vail sorti de sa plume, lors du VIe centenaire de la mort de Dante, fut une étude très neuve
sur François I et la Commedia, où il montre comment Dante fut lu et compris à la Cour
de France à une époque où on l'y croit ignoré.
De ces recherches sur l'Italie ont également profité les publications d'art consa
crées à des manuscrits à peintures, tels que La Canzone delle virtù e delle scienze di Bar
tolomeo di Bartoli da Bologna, texte inédit du Musée Condé; Les manuscrits à peinture
de la bibliothèque de Lord Leicester, à Holkham Hall; Le psautier de Paul III. On doit aussi
à Dorez la reproduction phototypique du manuscrit autographe de Pétrarque, La vie
de César, retrouvée jadis par un autre chercheur à la Nationale de Paris.
Rome, où Léon Dorez vivait si souvent en pensée, occupa ses dernières années
à un travail plus important que les précédents et qui est celui-là même que nous présen
tons. Sa parfaite connaissance du xvIe siècle l'y avait préparé, ainsi que la publication
de cette relation française du sac de Rome en 1527 que Les Mélanges ont insérée. Il
s'agissait du pontificat réparateur de Paul III, et il allait ouvrir une source nouvelle sur
l'action personnelle du grand Farnèse.
Un de nos diplomates les plus lettrés, qui a été l'historien du Palais Farnèse,
M. Ferdinand de Navenne, ministre plénipotentiaire, avait acheté deux registres de la
Trésorerie Secrète de Paul III. De cette heureuse trouvaille, il avait compris tout l'intérêt
historique et l'utilité d'en confier le commentaire à l'homme le plus qualifié pour en tirer
parti.
On sait que les registres de cette série n'ont pas été tous conservés; ceux qui
étaient encore au Château Saint-Ange, lors de la prise de Rome, en 1870, ont été trans
PRÉFACE
IX
portés à l'Archivio di Stato de Rome; mais un certain nombre, qui manquaient àl'appel,
courent le monde ; félicitons-nous qu'un de nos compatriotes en ait recueilli deux dont le
premier, tout au moins, est d'une importance capitale.
La désignation même de ce genre de registres marque qu'ils se rapportent aux
dépenses privées du Pape : pensions, cadeaux, et sommes payées extraordinairement sur
les fonds pontificaux fournis par les recettes de la Daterie apostolique. Les pensions sont
réservées aux artistes : joailliers, sculpteurs, peintres, musiciens, brodeurs, copistes, etc.
On n'ignore point tout ce qu'a pu tirer Eugène Müntz des renseignements de
cette nature dans ses ouvrages sur Les arts à la Cour des Papes, pour le xve siècle et le
début du siècle suivant. Dorez devait prendre la suite de ces recherches sur un plan plus
approfondi et plus minutieux.
Il a lui-même indiqué, dans ses notes, l'intérêt qui s'attache surtout aux présents
réservés à la « famille » du Pape, parents et domestiques, et aux ambassadeurs. Quant
aux gratifications et pourboires, ils s'étendent à tous ceux qui se trouvent, par suite de
circonstances très diverses, en relation avec le Pape, et c'est cette série de mentions qui
est peut-être la plus fertile en détails pittoresques et imprévus; car les caissiers du
xvIe siècle, surtout ceux de France et d'Italie, donnent des indications précises et parfois
amusantes sur les motifs de ces très nombreuses gratifications.
Le premier de nos registres, écrit Dorez, est le plus important. Il comprend les
deux derniers mois de l'année 1535 (l'année financière pontificale commençait à la
date du couronnement du Pape régnant), les années 1536 et 1537 et enfin l'année 1538,
jusqu'au 4novembre, c'est-à-dire la période héroïque, si je puis dire, du règne de Paul III.
Alexandre Farnèse, élu le 12 octobre 1534, à l'âge de soixante-sept ans, était un huma
niste distingué; les lettres grecques avaient eu pour lui, dans sa jeunesse, un attrait sin
gulier. Il avait vécu dans le milieu artistique des Alexandre VI, des Jules II, des
Léon X, et non pas en vulgaire dilettante éloigné par le sort de tout ce qu'il pouvait aimer
ou convoiter, mais en riche cardinal, en grand seigneur, puisqu'il abritait sous le toit de
son palais, lors du recensement de 1527, 365 personnes, un village entier, et que cette
<Pierpaolo Farnese, fils de Gabriel Francesco, était le propre cousin germain d'Alessandro (1).
(1) Bullarium (Romae, 1586, in-fol ), p. 118, 1. 19.
Il est clair
que si, dans un délai donné, Pierpaolo paraissait avoir plus de chances qu'Alessandro d'arriver au
cardinalat, ce dernier devait lui laisser le champ libre. Cette famille militaire ne tenait pas à posséder plus d'une robe rouge ; elle s'arrangeait seulement de manière à en obtenir une, qu'elle jugeait
nécessaire et suffisante pour sauvegarder ses intérêts territoriaux et rehausser son éclat.
Pierpaolo mourut-il jeune? Ne sut-il pas se pousser dans les honneurs ecclésiastiques? Nous
l'ignorons. Quant à Alessandro, ses premières expériences furent heureuses et le déterminèrent à
se fixer à la Curie. Dès son entrée dans le collège des secrétaires (2), il avait trouvé l'homme qui devait
lui faciliter une fortune d'abord rapide à plaisir.
(2) Selon PASTOR (Geschichte der Päpste seit dem Ausgang des Mittelalters, t. V, p. 15 et n. 3), il n'aurait obtenu
cet office qu'en
juin 1491.
C'était le cardinal Rodriguez Borja, vice-chancelier
de l'Église romaine, que l'acte organique de 1487 avait mis à la tête de la nouvelle compagnie; et le
jeune Farnese, depuis le
20 mai 1489, c'est-à-dire au lendemain de son établissement à Rome, était
devenu le parent par alliance de celui que les suffrages cardinalices allaient doter des clefs et de la
tiare. Jamais mariage ne fut plus profitable à un frère que ne le fut celui de Giulia à Alessandro (3).
(3) Le contrat de mariage d'Orsino Orsini (fils de Ludovico, seigneur de Bassanello, et d'Adriana Mila, cousine
du cardinal Borgia) et de Giulia Farnese a été publié par GregorOVIUS, Lucrezia Borgia, 3e éd., vol. II (Stuttgart, 1875, in-8°) p. 8-12. C'est Alessandro qui, avec son frère Angelo et ses oncles Jacopo et Cola Caetani, fait
dresser l'instrument, aux lieu et place de son frère Pier Luigi, décédé.
Dans la nuit du 25 au 26 juillet 1492, Innocent VIII rendait le derniersoupir et, quinze jours
après, le 11 août, Rodriguez Borja devenait pape sous le nom d'Alexandre VI. Dès son installation,
le 6 septembre, il élevait Alessandro Farnese aux fonctions de trésorier général de l'Église (4), et
dans sa seconde promotion cardinalice, le 20 septembre 1493, il lui donnait le titre diaconal des Saints
Cosme-et-Damien.
(4) Archives du Vatican, ms. nº 875 (Alexandri VI officiorum liber) : « 1492, 6 septembre. V. V. D. Alexander de
Farnesio, prothonotarius apostolicus, deputatus thesaurarius generalis ». Il cessa ses fonctions le 3 septembre 1493,
quelques jours avant d'être promu au cardinalat. (GARAMPI, Saggio di osservazioni sulle monete pontificie), parte I,
p. 235, n. 3.
Le futur Paul III, né le 28 février 1468, avait alors vingt-cinq ans. Quatre ans
après son arrivée à Rome, le jeuneprotégéde Laurent de Médicis revêtait la robe rouge, pour laquelle
il ne montra pas la même répugnance que pour l'habit plus modeste des protonotaires. Par une
exception assez rare à cette époque, il ne reçut d'évêché qu'en l'année 1499 où lui échut celui de
Montefiascone et Corneto qu'il conserva jusqu'en 1519. Cependant, dès le 14 novembre 1494, il avait
été nommélégat du Patrimoine, et, comme tel, il avait pu veiller de très près àla mise en valeur de
ses fiefs (5).
(5) On peut avoir une idée de ses revenus d'après le rôle de l'impôt extraordinaire prélevé sur le Sacré Collège en
1500pour la croisade contre les Turcs. Ce rôle a été signalé par PASTOR : Geschichte der Päpste, t. 111 (1895), р. 440.
Lecardinal Farnesey figure pour 200 ducats. Signalons qu'en1495 il avait acheté la vieille demeure du cardinal Pedro
Ferriz dont il devait faire le plus beau palais de Rome. Cf. Ferdinandde NAVENNE, Les origines du Palais Farnèse,
dans laRevue des Deux Mondes, 15 septembre 1895, p. 388-395, et Le Palais Farnese et les Farnese (Paris, s. d., in-8°) ,
p. 101.
6
LA COUR DE PAUL III
Cette rapide carrière, ces brillants honneurs n'allèrent pas sans quelques amertumes. Sous
Innocent VIII, un incident, resté obscur, avait conduit le jeune Farnese dans une des moins agréables
salles du Château Saint-Ange; malgré une audacieuse évasion, il s'était tiré de ce mauvais pas sans
trop de difficulté et sans nul dommage (1). Sous Alexandre VI, ses ennemis et ses jaloux, ne pouvant
l'atteindre d'autre manière, l'attaquèrent dans ses affections les plus chères. Suivant eux, il ne fallait
chercher les raisons de son bonheur que dans la beauté, toute-puissante sur le maître, de Giulia Far
nese, la propre sœur d'Alessandro. Ce sont là choses plus faciles à affirmer qu'àprouver ou à réfuter.
Cependant, malgré le crédit qui s'attache toujours à de telles << histoires », il est permis de douterun
peu de celle qui concerne Giulia et à laquelle, environ cinquante ans plus tard, Vasari apporta le poids
de son témoignage. Voici ce qu'écrit à ce sujet un historien moderne, peu suspect de partialité (2) :
« Décrivant les quatre grandes salles de la Tour [Borgia, au Vatican], Vasari dit que « Pinturicchio
reproduisit, au-dessus de la porte d'une chambre, les traits de la signora Giulia Farnese dans le
visage de Notre-Dame, et, dans le même tableau, la tête du pape Alexandre qui l'adore. » La belle
(1) Suivant PASTOR, cet incident se serait produit en 1484 (op. cit., t. V, p. 15etn. 1) ; selon PANVINIO, après l'éta
blissement d'Alessandro à Rome, c'est-à-dire postérieurement au mois d'avril 1489 ; selon GREGOROVIUS, en 1487 ;
mais, dans un bref peu intelligible au gouverneur du Patrimoine (vers le mois d'août 1484), Innocent VIII parle de
l'emprisonnement d'une femme (mater eorum) (sans doute la mère des jeunes Farnese) et ajoute plus clairement :
<>
(2) PASTOR, op. cit., t. V, p. 865.
Adroite : Ptolomei musica.
Agauche :
(3) Francesco ALBERTINI, Mirabilia urbis Romae, éd. de Rome, 1510, fol. V mrº, et 1515, fol. 88 : « Domus
Farnesia ab Alexandro reverendissimo de Farnesio tituli Sancti Eustachii amplificata est atque exornata. » Cf. éd.
Schmarsow, p. 29.
PAUL II
9
Les circonstances semblent elles-mêmes se plier à ses longs projets et le mettre de plus en plus
en relief. Lors de l'ouverture du concile de Latran, le 3 mai 1512, Jules II, indisposé, le charge de por
ter la parole en sonnom(1). En1511 ou 1512, Raphaël avaitintroduit son portrait dans lafresque des
<< Décrétales » de la Chambre de la Signature (2). Le 11 mars 1513, c'est lui qui, enqualité de premier
cardinal diacre, proclame l'électionde Léon X, et c'est lui encore qui, le 19du même mois, couronne le
nouveau pape (3). En 1518, celui-ci le désignecomme légatàla cour de Charles-Quint ;son état de santé
l'empêche de s'y rendre, et l'honneur lui reste, sans qu'il coure les chances d'un échec toujours
redoutable (4). En 1527, il est l'un des treize cardinaux qui s'enferment avec Clément VII dans le
Château Saint-Ange (5); en 1528 il est légat de Rome. En mai 1529, pendant une maladie du même
pape, il est chargé, avec trois autres cardinaux, dugouvernementdelavillepontificale(6). Le27février
1530, à Bologne, comme doyen du Sacré Collège, il reçoit le serment de Charles-Quint, procède à
l'onction et lui met peut-être sur la tête le diadème impérial (7). En septembre 1533 enfin, pendant
le voyage de Clément à Marseille, il succède, dans l'administration de Rome (8), au cardinal Antonio
Del Monte qui vient de mourir. Assurément ces services ne valent pas ceux que rendaient alors à la
papauté d'autres prélats, mais ils sont de ceux qui conviennent le mieux aux ambitieux, même aux
moins vulgaires : peu de peine, beaucoup d'honneur, avec la promesse des charges suprêmes. Une
longue et froide expérience des hommes avait appris à Alessandro qu'il fallait ne point s'user en des
efforts ordinaires, mais ne paraître qu'aux occasions solennelles, dans tout l'éclat qui désigne un
homme à l'admiration de ses contemporains.
Dans sa vie privée, il avait adopté la même ligne de conduite, toute tendue vers le trône
pontifical. Son immense palais s'était rempli d'un peuple de clients : le recensement de Rome, dressé
peu avant le sac de 1527, lui attribue 366 habitants (9). C'était là, même à Rome, une « famille>>>
considérable. Vêtue, nourrie, elle répandait partout, en échange de la vie assurée, les louanges du
<>
PAUL III
15
Continuer la politique française de Clément VII, c'était s'aliéner pour toujours Charles-Quint,
irrité des intrigues de François Ier enAllemagne, et c'était aussidevenir l'allié temporelde Henry VIII.
Rompre avec cette politique, c'était préparer le triomphe définitif de la puissance impériale. Dans
un cas comme dans l'autre, l'Italie restait àla merci du plus fort, et Paul III ne pouvait se résigner à
une servitude qui n'avait que trop coûté déjà à la péninsule. Non plus d'une voix de clairon, comme
Jules II, mais en lui-même, le nouveau pape répétait avec conviction le fameux « fuori i Barbari »!
Mais comment s'y prendre pour empêcher les « barbares » de conserver et de se disputer le solitalien?
Paul III crut en avoir trouvé le moyen. Après une solennelle déclaration de neutralité, il convoquerait le Concile sur lequel l'Empereur comptait pour ramener en Allemagne la paix et l'union ; puis,
le Concile heureusement terminé ou déjà parvenu à de sérieux résultats, il jetterait les deux adversaires réconciliés sur l'ennemi commun de tous les peuples chrétiens, le Turc, qui ne cessait de dévaster les côtes italiennes et de menacer la Hongrie et l'Autriche. Une aussi merveilleuse diversion serait
pour l'Italie le signal de la liberté, de cette « libertà d'Italia » qui revient sifréquemment sous la plume
des gens de ce temps, et qui, dans la pensée de Paul III, ne s'établirait pas sans gloire ni sans profit
pour la famille Farnese.
Le plan était logique et hardi ; mais, ainsi que tous les plans de ce genre, il était trop simple
pour être exécuté. En le traçant, l'imagination de son auteur faisait table rase de la volonté, des
ambitions et des intérêts de François Ier et de Charles-Quint, des princes et des républiques italiennes,
des courtisans et des vassaux des États pontificaux eux-mêmes. On a accusé Paul III de s'être
adonné aux pratiques de la magie (1) ; il est certain que toutes les ressources de cet art mystérieux
n'eussent pas été de trop pour réaliser une pareille entreprise. Paul III n'était pas mage, et il ne tarda
guère à s'en apercevoir.
Il s'était, pendant le conclave, hautement déclaré partisan de la convocation d'un Concile
général. Fidèle à sa parole, dès le 17 octobre, cinq jours après son élection, dans lapremière réunion de
cardinaux qu'il ait présidée, il affirmait la nécessité de prendre sans délai cette grave décision ; le
13 novembre, dans le premier consistoire tenu après son couronnement, il revenait et insistait sur
unsujet bien fait pour effrayer le Sacré Collège et la Curie tout entière (2). Avant la fin de l'année,
il rappelait, pour en conférer avec eux, Girolamo Aleandro, alors nonce à Venise, et Pierpaolo Vergerio, nonce en Allemagne. Rien ne semblait devoir l'arrêter ; il s'enquérait, avec un intérêt passionné, des progrès du luthéranisme, et jamais pape n'avait prêté aux affaires d'Allemagne une aussi
grande attention. Mais, à mesure que sa vive intelligence pénétrait dans le détail de cette révolution
qui avait si peu ému Léon X et dont Clément VII n'avait jamais compris la portée, il devait aussi,
dans sa prudence innée, voir de plus en plus nettement l'extrême difficulté d'y mettre un terme par
des discussions et des formules conciliatrices. Du moins en apparence, son zèle ne fut point ralenti
(1) PASTOR, op. cit., t. V (1909), p. 29 et n. 4.
(2) Pour tous ces faits, voy. PASTOR, t. V, p. 31 et suiv.
16
LA COUR DE PAUL III
par les graves révélations que lui faisait Vergerio. En janvier 1535, des nonces étaient expédiés
aux princes pour leur annoncer la détermination du Pape. Le lieu de réunion était même choisi :
Mantoue devait être le théâtre du grand événement qui se préparait.
L'idée sur laquelle reposaient les grands projets de Paul III, et qui seule pouvait les rendre
possibles, paraissait donc faire de rapides progrès. Mais, en même temps qu'elle, et souvent contre
elle, le monde vivait et s'agitait. Le devoir du souverain temporel et l'ambition du chef de famille
avaient, dans le court intervalle d'octobre 1534 à février 1535, mis par deux fois le Pape en contra
diction avec lui-même. Pendant le conclave, la duchesse de Camerino, Caterina Cibo, veuve de Gio
vanni Maria Varano, craignant de voir son petit État tomber entre les mains de son parent Mattia
Varano, s'était hâtée de marier sa fille Giulia, très jeune encore, avec Guidobaldo Della Rovere,
fils aîné du duc Francesco Maria d'Urbino. Pour empêcher la réunion des deux duchés, qui aurait
pu devenir menaçante pour les États pontificaux, peut-être aussi
si l'on en juge par la conduite
ultérieure du Pape
pour réserver Camerino à son fils Pier Luigi, Paul III cita devant lui la duchesse,
qui se garda bien de comparaître. Irrité, ilfit rendre une sentence aux termes de laquelle Camerino
était dévolu à Ercole Varano, à l'exclusion des descendants du feu duc Giovanni Maria, et il envoya
des troupes pour en assurer l'exécution. C'était là, il faut en convenir, une singulière façon d'entendre
l'union et l'indépendance italiennes ; un tel procédé ne pouvait que multiplier les rivalités et favoriser
la défiance, car il consacrait la thèse de l'émiettement et violait des droits héréditaires. De plus, cette
première prise d'armes contre un État italien permettait de douter de la sincérité des solennelles décla
rations du nouveau pape relatives à la concorde nécessaire des princes chrétiens et à leur nécessaire
union contre le Turc. Un autre fait, dont les conséquences morales se firent longtemps sentir, était
venu, le 18décembre 1534, ébranler la confiance qu'avait inspirée l'activité de Paul III dans la ques
tion du Concile. Nombre d'esprits sérieux voyaient dans la convocation de cette assemblée le gage,
non seulement du rétablissement de l'unité religieuse, mais de la réforme de la Curie et du clergé.
Vieilli parmi les abus traditionnels de la cour romaine, le nouveau pape, en se déclarantsiferme parti
san du Concile, n'avait peut-être pas assez réfléchi que son premier soin devait être d'imposer silence,
par une sévère discipline, aux critiques élevées par les luthériens contre des habitudes mauvaises et
des vices indéniables. Comme on l'a justement observé, le caractère de Paul III participait, surtout
au début de son règne, des temps anciens et des temps nouveaux (1). Homme de transition, il était à
peu près incapable de se mettre immédiatement à l'unisson des jeunes générations, et il fallut toute
la force des circonstances pour le convaincre entièrement que, depuis son heureuse jeunesse, ily avait
quelque chose de changé dans le monde. Encore eut-il l'honneur, àun âge aussi avancé, d'entendre et
de retenir cette dure leçon. Sur un point, cependant, il fut réfractaire à tous les conseils de l'expé
rience et des hommes. Il entourait sa famille d'un amour sans bornes ; il la voulait grande, riche,
dominante. Ni le sort des Médicis ni celui de César Borgia n'avaient pu lui donner, en cette matière,
(1) De LEVA, Storia documentata di Carlo V... (Padova, 1875, in-8º) vol. III, p. 140 ; PASTOR, op. cit. t. V, p. 29.
PAUL III
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la circonspection (1) qu'il montrait partout ailleurs, parfois même avec excès. Le népotisme lui
paraissait un droit, presque un devoir, et, dans le mélange de principes surannés et des aspirations
modernes que les années avaient fait entrer dans son esprit, ildevait être persuadé qu'en édifiant
la grandeur des siens, il travaillait au bonheur des peuples qui seraient gouvernés par ces êtres d'élite.
Son orgueil paternel était immense. Malgré l'indiscipline et les mœurs inqualifiables de Pier Luigi,
un « réaliste » qui tournait en dérision les grands desseins de son père, celui-ci ne cessa, jusqu'au jour
tragique, de l'enrichir et de l'aimer. Au commencement de son pontificat, il avait résolu de l'éloi
gner de Rome, mais il ne pouvait se passer de lui, et, se défiant des méchantes langues, il le faisait
venir secrètement dans la ville. Aussi ne faut-il pas s'étonner qu'il ait comblé d'une affection sans
limites les enfants de ce fils compromettant mais toujours aimé. Oublieux des luthériens et des réfor
mateurs catholiques eux-mêmes, le 18 décembre 1534, dans le premier consistoire où il créa des car
dinaux, Paul III revêtit de la pourpre Alessandro Farnese, fils aîné de son fils Pier Luigi, et Guidascanio
Sforza, fils de sa fille Costanza, mariée à Bosio Sforza, duc de Santa Fiora. Le second avait seize ans ;
le premier n'en avait que quatorze (2). Les critiques ne manquèrent pas à une précipitation qui,
n'eussent été les précédents, aurait causé un énorme scandale (3); et, pour pallier cet acte très discu
table, il ne fallut riende moins que les seconde et quatrième promotions cardinalices de sonpontificat,
les promotions justement célèbres du 21 mai 1535 et du 22 décembre 1536. Les personnages élevés à
la pourpre dans ces deux consistoires, surtout dans le premier, avaient été choisis avec un soin tout
particulier. Chacun d'eux avait sa mission déterminée àl'avance. Le Dominicain souabe Nicolas de
Schænberg, archevêque de Capoue, devait maintenir le lienqui unissaitl'Église à la politique impé
riale et présider aux négociations entamées avec Charles-Quint pour régler les affaires religieuses de
l'Allemagne. Jean Du Bellay représentait, avec Girolamo Ghinucci, l'influence française et le parti
dévoué à l'alliance anglo-française qui, dans l'opinion de ses tenants, pouvait seule contrebalancer
la puissance de l'Empereur. Pour atténuer le caractère plutôt laïque des tendances de Du Bellay,
la création de John Fisher, évêque de Rochester, venait à point nommé. Celle de Giacomo Simonetta,
auditeur des causes du Palais apostolique, admirablement préparé, par ses connaissances en droit
ecclésiastique, à l'étude des questions relatives au Concile, signifiait la volonté du Pape de maintenir
l'assemblée future dans des limites qui, sans être trop étroites, ne permettraient jamais de trans
(1) Dès le milieu de l'année 1535, Pasquino, parodiant le vas electionis de saint Paul, appelaitle nouveau pape vas
dilationis. (PASTOR, op. cit., t. V, p. 25, n. 3.)
(2) Die mercurii 16 [novembris 1534] fuit Concistorium secretum, in quo fuit conclusum de creando Cardinales
duos nepotes Papæ, videlicet filium Illmi domini Petri Aloysii et filium comitis Bosii de Sancta Flore, annos (ut dici
tur) nonexcedens XV, Bononiæ commorantes. (FIRMANO, Diarium, fol. 37 vº.)- Die veneris 18decembris, supradicti
nepotes Papæ fuerunt creati Cardinales. Nomina autem eorum sunt, videlicet Alexander Sancti Angeli de Farnesio,
et Guido Sancti Viti in Macello Martyrum de Sfortia, Romani, diaconi. (Ibid., fol. 38.)-Die mercurii 12 dicti [mensis
maii 1535], fuit secretum concistorium ; in quo fuerunt dueti duo novi cardinales de Farnesio et de Sancta Flora ad
concistorium per quatuor cardinales, videlicet de Cæsis, de Cæsarinis, de Salviatis et de Trivultiis, et clausum fuit os
ipsis cardinalibus. (Ibid., fol. 59.)
(3) Cf. PASTOR, op. cit., t. V, p. 99, n. 7, et p. 100, n. 1.
3
18
LA COUR DE PAUL III
gresser les droits traditionnels du Saint-Siège. L'élévation de Simonetta pouvait même, dans quelque
mesure, être considérée comme une sorte de correctif à la promotion, entièrement inattendue, de Gas
paro Contarini. Le nom de ce noble Vénitien, qui figurait le dernier sur la liste, était à lui seul un
manifeste éclatant (1).Étrangeràtoutes les intrigues de la Curie, philosophe et magistrat, chrétiendans
l'acception la plus pure du mot, Contarini se trouva tout d'un coup reconnu comme l'undes hommes
les plus aptes à diriger, sans compromissions équivoques, les deux grandes tentatives d'alors, celle de
la conciliation avec l'Allemagne luthérienne, celle de la réforme de la Curie et du clergé romain. En
osant faire un tel choix, Paul III mettait fin à tous les doutes qui planaient sur sa sincérité.
Le 1er mai 1535, après un consistoire où la réforme intérieure de l'Église avait été expres
sément mise en avant, l'agent du duc d'Urbino, Giovanni Maria Della Porta, pouvait encore écrire
ces mots irrespectueux : « Hier, on a parlé en consistoire de la réforme de l'Église et l'on a lu à ce
sujet une bulle pleine de mille billevesées dont tout le monde se moque; ils voient que, l'Empereur
venant en Italie, il fallait, coûte que coûte, faire le Concile>> (2). Vingt jours plus tard, un tel
langage, même sous la plume d'un adversaire éclairé, eût été à la fois injuste et injurieux : un
Mélanchthon ne l'eût probablement pas tenu.
(1) Nicolas RAINCE, secrétaire de l'ambassade de France, à Jean du Bellay, Rome, vendredi 21 mai 1535 (Coll.
Dupuy, vol. 265, fol. 311 ; autogr )... Ces deux [l'evesque Ruffense, anglois, et messer Gaspar Contarin) sont faitz à
l'improviste, et ne s'en est riens sceu avant, sinon de peu de gens, qui avoient commandement de n'en parler sur peyne
d'excommuniement... »
L'ambassadeur Antonio Soriano avait annoncé au Sénat de Venise, dès le 20 mars 1535,
que Paul III avait l'intention de conférer la pourpre à Contarini (DITTRICH, Regesten und Briefe des Cardinals G. Conta
rini, Braunsberg, 1881, in-8°, p. 75). Le secret avait donc été bien gardé à Rome et à Venise, puisque, deux mois plus
tard, Raince, toujours aux écoutes, n'en avait rien su. Cf. l'importante lettre inédite adressée de Rome, le 29 mai
1535, par Latino Giovenale au cardinal Jean Du Bellay, signaléedans notre chapitre sur Latino Giovenatede Manetti,
p. 123, n. 1.
(2) PASTOR, Op. cit., t. V, p. 99, n. 1.
LES MAITRES INTELLECTUELS DE PAUL III
D'APRÈS LE DIALOGUE SUR LES SAVANTS DE PAOLO CORTESE
Sur les études et les tendances intellectuelles de Paul III vers l'époque de son établissement
à Rome, il nous est parvenu un petit ouvrage qui, composé en 1489 ou 1490, n'a peut-être pas été
assez remarqué jusqu'ici. C'est le Dialogue sur les Savants, de Paolo Cortese, qui n'a été publié qu'en
1734(1) et qui, malgré des lacunes et des erreurs de jugement inévitables, constitue la première ten
tative faite pour retracer l'histoire de la renaissance des lettres en Italie au xve siècle (2). Les trois
interlocuteurs de ce Dialogue sont un certain Antonio, le protagoniste, qui peut être le père de l'au
teur, l'auteur lui-même, Paolo Cortese, et le jeune Alessandro Farnese. Dans la lettre dédicatoire à
Laurent de Médicis, après un éloge des talents politiques et littéraires du « prince>> de Florence, Cortese
indique, en termes précis, la raison et le caractère de son œuvre : « J'ai l'habitude, ô grand Laurent,
de faire l'éloge des illustres esprits de notre temps qui ontbrillé dans les choses les plus importantes,
mais surtout dans les études qui, du fond des ténèbres, nous ont comme ramenés à la vision de la
lumière. L'Italie a été enfin délivrée de la longue tourmente que lui ont infligée les barbares, une
incroyable multitude se consacra à la discipline des grandes sciences, et les princes de ce siècle ont
tellement facilité la recherche de la science qu'ils paraissent également avoir pris en main la protec
tion des sciences abandonnées : tels ton aïeul et ton père, très sages hommes, qui, ornés de toutes les
vertus, l'ont de beaucoup emporté sur tous les autres dans les louanges dues au réveil des esprits.
Et toi-même, augmentant brillamment cette gloire,non seulement tu exaltes les études des hommes
de talent, mais encore, au milieu des plus graves occupations, tu donnes tous tes loisirs domestiques
aux belles et nobles sciences... Tout en parlant souvent de ceux qui ont ressuscité l'étude des sciences,
je déplorais que nous, qui devions tant à ces grands esprits, nous fussions si lents à leur rendre justice.
(1) Pauli CORTES11, Dehominibus doctis Dialogus, publiéparAlessandro Politi e Domenico Maria Manni (Florentiæ,
1734, in-4°).
Reproduit dans Philippi Villani Liber de civitatis Florentiæ famosis civibus ex codice Mediceo Lauren
tiano nunc primum editus et De Florentinorum litteratura principes fere synchroni scriptores denuo in lucem prodeunt
cura et studio Gustavi Camilli Galletti Florentini J. C. (Florentiæ, 1847, in-4°), p. 215-248. Je me suis servi de cette
réimpression.- Sur Paolo Cortese, cf. Nozze Savi-Lopez Proto di Albaneta. Da lettere inedite di due fratelli umanisti
(Alessandro e Paolo CORTESI). Estratti ed appunti di F. Pintor (Perugia, 1907, in-8°), surtout p. 9-10, 17 et suiv.
(2) Cf. Francesco FLAMINI, Il Cinquecento (Milano, 1902, gr. in-8°), p. 96.
20
LA COUR DE PAUL III
Oui, j'ai souvent parlé d'eux en maints lieux, mais surtout, il n'y a pas longtemps, dans une île
du lac de Bolsena(1). Quelquesjeunes gens étaient venus de Rome en cette île, et nous avions avec nous
Alessandro Farnese,jeune homme instruit dans les nobles sciences et auquelje suis lié par une extrême
bienveillance. Nous étant assis, nous nous mîmes à converser entre nous de beaucoup de choses
diverses, à cause du charme du paysage ; et comme l'on demandait quels étaient ceux dont les esprits
réveillèrent les études endormies, nous priâmes tous un certain Antonio, notre aîné, très savant
homme et d'un esprit très pénétrant, de nous exposer, s'il lui plaisait, ce qu'il pensait de ces
hommes. Il nous dit beaucoup de choses sur chacun d'eux, d'une manière précise et très réfléchie,
et les réunit tous, jusqu'à notre temps, dans un seul discours, si bien que, charmé de l'abondance ou
de la teneur de ses paroles, je décidai de rédiger la conversation par écrit... » (2).
Dans une œuvre qui a pour cadre l'île sainte des Farnese, Cortese ne pouvait guère manquer
de rapporter fidèlement les paroles prononcées, au cours de la mémorable conversation, par le jeune
Alessandro, et tout nous incline à croire qu'il l'a fait. Après avoir dit qu'il aime par-dessus tout cette
agréable retraite lorsqu'il veut lire tranquillement, à l'abri des importuns, ou réfléchir sur quelque
sujet, le futur Paul III, à une habile question de Cortese, répond qu'une autre raison encore l'attire
en ce lieu : c'est là que reposent ses ancêtres, dans la sépulture fondée par son aïeul Ranuccio (3).
Ace trait, on reconnaît tout de suite l'homme qui devait travailler avec une si belle persévérance
à la grandeur de sa famille.
Un peu plus loin, Antonio, entrant dans le sujet même du Dialogue, s'exprime ainsi : « Vous
me demandez combien et quels sont ceux qui ont été mis au nombre des savants, et ceux d'entre
eux qui me paraissent s'être le plus approchés de la gloire de l'éloquence. Si je remonte à l'histoire de
nos aïeux, je trouverai que l'éloquence était devenue tellement muette, qu'à mon avis il ne faut pas
tant déplorer les malheurs des temps que féliciter ceux des nôtres qui ont rappelé à nous ces études
elles-mêmes. » Etle jeune Farnese de répondre : « Sans doute, et moi aussi je suis forcé d'avouer que
je dois infiniment à ces hommes. Cependant je ne vois pas d'où proviennent tant de différence dans
les temps, et dans le ciel tant de changements, que les dieux immortels semblent avoir favorisé cer
tains siècles et en avoir complètement méprisé certains autres. En effet, que d'orateurs produisit
Athènes dans le même temps ! Quelle éloquence, quelles sciences, quels esprits surgirent des sources
fécondes de ce siècle! Que d'orateurs florirent à Rome à une même époque! Que de puissance dans
leur art ! Je laisse de côté la science de la guerre, l'étude excellente de tous les autres arts. Au contraire,
quoi de plus pauvre que les bonnes sciences, du temps de nos pères ? Quand les lettres se sont-elles
tues plus longtemps ? Quand les esprits ont-ils perdu leur vigueur à un tel point, que tout enfin
paraît avoir été concédé par la faveur des dicux à une seule époque, et qu'à l'autre, tout, par quelque
(1) Il semble qu'il y ait, dans ces essais de paysage, unc inspiration très nettement puisée à certains passages
des Disputationes Camaldulenses de Cristoforo LANDINI.
(2) Édition de 1847, p. 220-221.
(3) Ibid. , p. 222.
PAUL III
21
malheureuse fatalité, ait été arraché ?>> Antonio s'étonne un peu de ces réflexions : « Je partage ton
opinion, Alessandro, lorsque tu penses que les différences des temps sont dues à la volonté des dieux.
Quidouterait, eneffet, que toutes choses ne fussent gouvernées par le parfait jugement du souverain
Créateur ? Mais laissons de côté la science des hommes doctes dans la recherche des choses célestes... »
On trouve déjà ici le goût, qui se développera, du grand Farnese pour l'astronomie et même pour
l'astrologie. L'interpellateur ne se tient d'ailleurs pas pour battu après l'observation d'Antonio, et
il reprend presque aussitôt : « J'approuve assez, Antonio, ce que tu viens de dire ; cependant per
sonne ne pourrait nier que ces fléaux, ces incendies, les différences des temps et des plus grandes
choses ne se produisent sous l'influence de quelque fatalité, ou du hasard, ou des révolutions du ciel. >>>
Il faut une nouvelle intervention de Cortese pour ramener la conversation à son véritable cours et
imposer silence à celui qui devait, quarante ans plus tard, agréer la dédicace du grand ouvrage de
Nicolas Copernic sur les révolutions des orbes célestes (1).
De même, lorsque Antonio commence par Manuel Chrysoloras sa revue des humanistes, il
provoque cette remarque de celui de ses auditeurs qui, parvenu à la tiare, faisait lire Boccace et
Pétrarque (2), et Dante, sans nul doute, à ses petits-fils : « Je vois pourquoi tu as commencé par Chry
soloras : c'est pour «interponere» (sic) [négliger?] Dante et Pétrarque (3), qui ont fleuri quelque temps
avant Chrysoloras. » Antonio se défend d'un tel dessein; mais Alessandro insiste pour savoir ce
qu'il pense des deux grands écrivains, et force est au protagoniste de s'exécuter, avec une cer
taine sévérité qui retombe aussi sur les œuvres latines de Boccace. Plus loin, Alessandro reproche
à Antonio, qui s'étonne de sa « singulière mémoire », d'avoir oublié le cardinal de Pavie, Jacopo
Ammanati et une infinité d'autres savants de la génération antérieure (4).
L'esprit moderne du futur Paul III se montre encore à propos du jugement d'Antonio sur
Leonardo Brunid'Arezzo : «Mais ne voyez-vous pas ditAntonio tout ce qui manque à Giovanni
da Ravenna, à Coluccio Salutati, à Boccace, et, l'antiquité se trouvant dans une telle rudesse, com
bien Leonardo a apporté d'éclat et d'ornements à l'éloquence? » A quoi son interlocuteur répond :
<< Sans doute, et j'ai toujours loué en Leonardo un homme savant, un homme éloquent, le premier
de ce temps ; mais tu connais le caractère de nos contemporains : ils n'approuvent rien qui ne soit
cultivé, élégant, poli et comme peint. » Parmi ces contemporains, Alessandro Farnese se compte cer
tainement, et nous en avons la preuve dans son vif désir de connaître l'opinion d'Antonio sur les
humanistes vivants : « Ceux que tu viens de nommer, nous ne cessons de les louer, puisqu'ils ont
acquis la connaissance de si hautes doctrines ; mais je voudrais, maintenant que tu as nommé les
(1) Éd. citée, p. 223 ; cf. cependant, comme correctif, la réflexion sur Andrea Contrario et Francesco Lippi
d'Arezzo (p. 234).
(2) Témoin cette mention du Registre: le 21 juillet 1537, Paul III payait 3 écus à don Ludovico Vagiolo
«per lo prezzo di un Petrarca et di uno Boccaccio legati con oro et mandati per commissione di sua Santità allo
illustrissimo signor Ottavio Farnese a Caprarola ». Cf. le Cortegiano de Baldassar Castiglione Ed. Aldine, in-fol., 1528,
fol. [b. v1, v°] .
(3) Éd. citée, p. 224.
4) Ibid., p. 233,
22
LA COUR DE PAUL III
écrivains qui ont eu quelque mérite, t'entendre dire quelque chose de ceux qui vivent aujourd'hui. »
Antonio s'excuse de son mieux sur l'heure tardive, reprend en quelques mots l'éloge de Leonardo
Bruni, de Théodore Gaza, de Campano et de Pogge. Et Farnese de reprendre : « Je comprends très
clairement pourquoi tu ne veux nommer aucun de nos contemporains : tu ne veux pas parler d'eux
par simple courtoisie, ou bien tu crains de paraître diminuer la gloire de ceux que tu as réunis, en les
comparant avec les vivants. Amon avis, certains d'entre eux ont été fort versés dans tous les genres de
science, mais ils n'ont pas encore atteint la lumière et la fleur de l'éloquence latine dont tu ne pourras
nier qu'elle ait été plus poliment cultivée et amplifiée avec un plus grand art par les hommes de notre
siècle. » Antonio : « Où veux-tu en venir, Alessandro? » Alessandro : « Aceci : tu as tellement orné
de toute sorte d'éloges cette foule de savants hommes, que tu pourrais induire beaucoup de gens dans
l'opinion qu'aucun de nos contemporains ne doive être comparé à ces hommes-là. » Antonio : « Ales
sandro, tu t'efforces très habilement de tirer de moi cette comparaison. Différons-la àquelque jourplus
favorable. Crois bien que j'aborderai très volontiers ce sujet, qui nous permettrait de nous glorifier
de ce que le talent de nos contemporains ait trouvé, ou mis en lumière, des choses restées ignorées
depuis près de mille ans. Exaltons donc, autant que nous pouvons, le souvenir de ceux qui ont délivré
l'éloquence des entraves des barbares. Quant à ceux qui ont enrichi les études mêmes qu'ils ont reçues
d'eux, veillons de toutes les forces de notre esprit à ce que, nourris de leurs aliments, nous parvenions
quelque jour à les surpasser. Mais je pense que maintenant il faut nous lever et retourner dans le
bourg (Bolsena), avant qu'une tempête ne s'élève du lac ». Paolo : « C'est tout à fait mon avis, à moins
qu'Alessandro ne soit d'une autre opinion ». Alessandro : « J'aurais grand plaisir à entendre parler de
ceux qui vivent ; mais, Antonio, puisque tu as remis cette commémoration à unjour plus favorable,
je ne bataillerai point avec toi, et j'attendrai que tu réalises ta promesse. Maintenant, retournons dans
le bourg » (1). La scène est assez piquante : on voit que seule sa qualité d'hôte oblige Alessandro Far
nese à une discrétion qu'il estime plutôt pénible.
D'autres interruptions d'Alessandro révèlent chez lui certaines tendances de son caractère.
que l'on retrouvera dans la suite, atténuées par l'extrême prudence que lui imposèrent les événements.
Le fils du condottiere aimait la hardiesse. Le nom de Maffeo Vegi, qui composa un treizième livre
pour achever l'Enéide, lui fait dire : « Celui-ci me paraît avoir été audacieux et d'un très grand courage
(plût à Dieu qu'il eût été doué d'un plus grand talent!) qui a voulu réussir à être le « vicaire » de
Virgile.>>>
Il savait déjà démêler les divers effets des événements. Antonio disant que la ruine de la
Grèce avait été un grand malheur pour les lettres latines, parce que beaucoup de manuscrits étaient
importés de Grèce en Italie et que les savants italiens se rendaient à Byzance comme à une maison
de Science : « Laisse cela, Antonio
observe Alessandro
; il est vrai que jamais jour plus désas
treux et plus cruel ne brilla pour les affaires latines ; mais tu dois penser aussi, qu'après cette fâcheuse
catastrophe, plus de Grecs affluèrent en Italie que jamais auparavant (2) ».
(1) Éd. citée, p. 236.
(2) Ibid., p. 227.
PAUL III
23
L'esprit pratique, aimant la règle certaine qui permet d'arriver plus tôt et plus sûrement au
but, apparaît aussi en plus d'un passage du Dialogue. Alessandro est extrêmement intéressé par les
réflexions que fait Antonio sur le rôle de l'imitation directe et sur celui des préceptes dans la production
des œuvres littéraires (1). Il manifeste une grande surprise de ce que les anciens n'aient pas laissé de
traités sur l'art d'écrire l'histoire, qui lui paraît être l'une des tâches les plus ardues et les plus diffi
ciles pour un auteur (2). Il essaie aussi de soulever une discussion sur le nombre oratoire qu'il avoue ne
sentir qu'à peine (3). Tout ce qui ne lui semble pas clair répugne au besoin de précision qui est l'un de
ses caractères les plus nets : quel'ons'étonne, après cela, que les intrigues politiques l'aient, plus tard,
si évidemmentdégoûtéet qu'elles aient provoqué chezluide si violents accès de colère ! Il avait un goût
passionné pour la vie active, ayant un but bien déterminé, ne s'embarrassant qu'assez peu des rêveries
et des aspirations indécises ; et bien qu'il l'ait sans nul doute dit en riant, on ne s'étonne guère de
l'entendre déclarer, àpropos de Filelfe : « A moi, il me paraît avoir été un sage, par ce seul fait qu'il a
cherché à s'enrichir par sa science; car, plus l'éloquence est grande, plus elle est odieuse et suspecte
aux hommes » (4).
Un autre passage s'impose à notre attention,parce qu'il montrele profondpatriotisme de Far
nese, dont le seul rêve peut-être fut de chasser définitivement les « barbares » de la péninsule pour
rendre l'indépendance à l'Italie et assurer l'unité de ses divers États. Antonio fait l'éloge de Janus
Pannonius, le poète hongrois, lorsque, tout à coup, Alessandro, impatienté, s'écrie : « Pourquoi
exaltes-tu si fort un étranger, comme si vraiment cet homme avait non seulement surpassé nos compa
triotes par toute sorte de gloire, mais encore les avait détournés d'écrire [de crainte de ne pas
l'égaler] ? Si tu plaisantes, tu me parais joliment, en le louant, favoriser les barbares ; si tu es sérieux,
prends garde à ne pas soulever une question supérieure à tes forces. Récemment les nôtres, comme
tu l'as dit tout à l'heure, ont connu des choses qu'il a entièrement ignorées, et il n'a même jamais
soupçonné quelles étaient les variétés des nombres » (5). Tout Paul III est déjà là, ou tout au moins
un de ses caractères les plus marqués.
Enfin, quelques phrases du Dialogue expliquent clairement l'attitude qu'il eut par la suite
vis-à-vis des littérateurs. L'une d'elles prouve qu'il regardait comme un devoir,pour unprince, de pro
téger les savants et les écrivains. Antonio étant venu à parler de l'entourage de Cosme de Médicis,
Alessandro jette cette phrase dans la conversation : « Mon avis est que les princes de ce temps ont été
très utiles aux plus grands esprits » (6). Et si l'on se demandait pourquoi le mécénat qu'il se pro
mettait et qu'il essaya d'exercer n'a pas eu de succès plus éclatants, on en découvrirait la raison dans
(1) Éd. citée, p. 225.
(2) Ibid., p. 228.
(3) Ibid., p. 231 .
(4) Ibid., p. 230.
(5) Ibid., p. 234.
(6) Ibid., p. 227.
24
LA COUR DE PAUL HI
cette remarque : « C'est une chose connue qu'il n'y a rien de plus détestable (dans l'amitié) que la
flatterie et l'adulation » (1). De médiocres poètes le flattèrent trop grossièrement pour qu'il eût
confiance en eux; là, comme en toutes choses, il aimait la discrétion, et ce fut peut-être la crainte
d'une adulation excessive qui lui fit refuser le chapeau cardinalice à l'ambitieux Paul Jove. Les Far
nese vinrent trop tard pour jouer le rôle d'Auguste et de Mécène : tous les grands écrivains étaient
morts. Parmi ceux qu'ils admirent dans leur cour, un seul poète, un poète latin, Marcantonio Fla
minio, possédait un réel talent. Encore n'était-ce qu'une flûte délicieuse ; les grandes lyres étaient
brisées. Pour la prose, le grand homme était Jove; on l'estimait à sa valeur, mais on craignait sa verve,
trop souvent vulgaire jusqu'à la bassesse.
(1) Éd. citée, p. 228.
II
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+15
31-12 .
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firmaTwentiondirefentirnepognimodocotr
egi Limpedira etfidifcopartdaldever
A
LETTRE AUTOGRAPHE DE PAUL III A FRANÇOIS Ier
(Paris. Bibliothèque Nationale, ms. fr. 2982, fol. 11)
i
1
CHAPITRE II
LA FAMILLE PALATINE
I. LA CHAMBRE DU PAPE
La « famille palatine », c'est-à-dire l'ensemble des personnes attachées aux services du Vati
can, s'est très anciennement divisée en deux groupes, composés : le premier, des « familiers » intimes
et personnels du Pape, et le second, des fonctionnaires des divers secrétariats du Palais. Cette divi
sion n'a d'ailleurs rien de particulièrement rigoureux, et il arrive souvent que le même familier passe
d'un groupe à l'autre ou qu'il appartienne en même temps aux deux groupes. Les « rôles » les plus
anciens parvenus jusqu'à nous et qui donnent en détail la composition de la « famille », par exemple,
le premier en date , celui qui fut dressé en 1277, au commencement du règne de Nicolas III, ne font
pas encore, entre les deux catégories, la distinction qui apparaît déjà, avec une suffisante netteté,
dans le rôle de Pie II, daté de 1460, et qui, sous les réserves faites précédemment, est tout à fait réa
lisée dans les listes analogues du milieu du siècle suivant. Il ne pouvait guère en être autrement :
àmesure qu'après la rentrée des papes dans leur ville traditionnelle, leur pouvoir temporel s'affermit
et s'étendit, ils se trouvèrent conduits à se constituer une véritable cour, formée à l'image des grandes
cours princières de leur temps, et la séparation s'imposa, de jour en jour plus visible, des offices per
sonnels et des offices gouvernementaux. Ainsi le camerlingue, qui, sous Nicolas III, figurait en tête
du rôle, vit ses pouvoirs s'étendre et céda sa place au maestro di casa, au majordome, qui devait
subvenir à tous les besoins du pontife et présider à leur régulière satisfaction. Le cas de cet officier
est caractéristique ; la substitution du maestro di casa dans la charge qu'il occupait, indique de la
manière la plus claire le caractère de plus en plus public de ses fonctions, jusqu'au jour prochain
où il fut le ministre des Finances, le principal fonctionnaire de l'État pontifical. Ce jour-là, la
<>>donnée par Moroni pour le pontificat de Grégoire XVI : « Elle se compose des
individus, ecclésiastiques ou séculiers, attachés ou intimement et entièrement consacrés au service
domestique et personnel du souverain pontife et aux différents services de son Palais apostolique,
tant effectifs qu'honoraires, tant participants que surnuméraires. » Cependant, durant les années
qui nous occupent, la dernière partie de cette définition serait peut-être un peu trop compréhen
sive. C'est au moins ce quiparaît ressortir de l'examende nos registres, bien que, par suite de la perte
des rôles de Paul III (1), il soit impossible de rien affirmer, d'une manière absolument sûre, sur ce
point particulier.
Dès les premiers mois de son règne (22 décembre 1534), Paul III publia une déclaration relative
à ses familiers et commensaux continuels, déclaration très large, reconnaissant le titre de verifamiliares
aux référendaires et autres officiers nourris au Palais, protonotaires, sous-diacres, auditeurs de Rote,
acolytes, écuyers, secrétaires, écrivains des lettres apostoliques, cubiculaires et chevaliers de Saint
Pierre, ainsi qu'aux autres officiers affectés au service du Pape ou préposés à la garde du Palais, bien
qu'ils n'aient pas habité, n'habitent et peut-être n'habiteront point audit Palais et qu'ils n'aient pas
mangé, ne mangent pas et ne mangeront peut-être pas à l'avenir au«Tinello». Mais cette déclaration,
dont la confirmation fut publiée le 8 mai 1543, n'a trait, en réalité, qu'à certains privilèges des fonc
tionnaires qui approchaient de plus ou moins près la personne du Pape et que le fisc cherchait sans
doute à troubler dans l'exercice de ces privilèges. On sait combienla papauté était alors libérale envers
ses serviteurs directs, qu'elle rémunérait ainsi sans trop toucher à l'argent sonnant des caisses du
camerlingue. Mais, au point de vue pratique, les gens nommément désignés dans ces deux décla
rations étaient moins les «familiers » du Pape que le dernier des palefreniers : on ne leur donnait ce
titre, ou celui de « commensal continuel », que pour leur assurer, effectivement ou théoriquement,
selon les cas, les mêmes privilèges qu'aux vrais membres de la « famille ». Pour en être certain, on
n'a qu'à comparer le rôle de la « famille » de Paul IV (10 juillet 1555) au rôle daté du même jour
« per la partedi palazzo », c'est-à-dire au rôle des commensaux proprement dits ; dans le second, on
trouvera, mêlés aux véritables familiers, mais a pane d'honore, les prélats domestiques (clercs de la
Chambre apostolique, auditeurs de Rote, protonotaires, sous-diacres, acolytes, etc.), les référen
(1) Il manque, en effet, aux Archives du Vatican, les rôles de Paul III, presque tous ceux de Jules III et celuide
Marcel II.MORONI attribue cette disparition soit àun incendie (t. VII, p. 27), soit aux événements de la finduxvme ou
ducommencement du XIXe siècle (t. XXIII, p. 62). C'est certainement cette dernière date qui est exacte, puisque MARINI
et GARAMPI ont encore pu consulter ces documents.
LA FAMILLE PALATINE
27
daires, divers officiers de la Cour (custode de la Chancellerie, président de la Chambre aposto
lique, etc.). Tous ces derniers personnages sont ceux qui sont nommément désignés dans les actes
de 1534 et de 1543.
Adéfaut de ceux de Paul III, le seul des rôles de Jules III qui ait été conservé et le rôle de
Paul IV, publié par Moroni, nous permettent de nous faire une exacte idée de ce qu'était la « famille>>>
pontificale vers le milieu du xvIe siècle. Bien que le trésorier secret qui a tenu nos registres n'ait
pas eu l'occasion de nommer tous les gens dont s'était entouré son maître, nous essaierons d'en
dresser approximativement la liste, en insistant sur ceux qui sont mentionnés une ou plusieurs fois
dans les comptes de 1535-1538 et de 1543-1544. Le titre, un peu ambitieux peut-être, que porte
cet ouvrage, s'en trouvera au moins partiellement justifié.
LES MAJORDOMES
Dans le rôle de 1550, viennent d'abord les prélats : en premier lieu, le maestro di casa, celui qui
prenait aussi la qualification de « majordome » (major domus, aulæ præfectus).
Le dernier majordome de Clément VII, ASCANIO PARISANI de Tolentino, évêque de Rimini
depuis le 24 mai 1529, conserva ses fonctions au commencement du règne de Paul III (1), mais pendant
très peu de temps, puisque avant la fin de l'année 1534, il devint trésorier général. Ilfut promu car
dinal-prêtre du titre de Santa Pudenziana le 20 décembre 1538, et connu dès lors sous le nom de
cardinal de Rimini. Il mourut le 3 avril 1549 (2). La place fut alors confiée (3) à Paolo Girolami, qu'il
faut sûrement identifier avec « PAOLO HIEROMINO [GirolamO] DE' « FRANCHI » qui apparaît dans notre
premier registre, à la date du 6 novembre 1535, comme réviseur des comptes de la Trésorerie, et, par
conséquent, comme président de la Chambre apostolique. Il aurait alors quitté la charge de major
dome pour entrer dans le grand tribunal romain. Un registre conservé à l'Archivio di Stato de Rome
(Tesoreria segreta, 1535) nous le montre dans ses fonctions de majordome. Voici le titre de ce registre :
« Conto di Monsignor Paolo Girolami, Maggiordomo del 1535.
Al nome sia de l'Onnipotente. Questo
libro si domanda un quaderno da ricordi donde (dove) si noteranno tutti li danari si piglieranno dal
Magnifico Annsaldo de Grimaldis, depositario di N. S., ad istanzia del Reverendo Monsignor Pagolo
Girolami, maestro di casa di Sua Santità... » Le 24 novembre de la même année, il figure comme prési
dent de la Chambre, dans le mandat publié ci-après (4).
Son successeur, ANTONIO GIACOMO BUONGIOVANNI de Recanati, fils d'un des médecins
d'Alexandre VI, Bernardo, évêque de Venosa, et de Bartolommea Antici, était venu à Rome aussitôt
(1) Voir dans Carlo CAPASso, La Politica..., vol. I, p. 102, la lettre de G. Fantini.
(2) Guiseppe de NOVAËS, Elementi della storia de' sommi pontefici... (Roma, 1821-1825, in-8º) , t. VII, p. 27 ;
PANVINIO,Elementi, p. 404 et 415; MORONI, Dizionario, t. XLI (Venezia, 1846) p. 254; Filippo Maria RENAZZI, Notizie
storiche degli antichi vicedomini del patriarchio lateranerne, e de' moderni prefetti del sacro palazzo apostolico ovvero
maggiordomi pontificii (Roma, 1784).
(3) Le 26mai 1535 (Diarium de Biagio MARTINELLI, fol. 60 v°).
(4) P. 83.
28
LA COUR DE PAUL III
après l'élection du nouveau pape. Il fut nommé majordome en 1535, et résigna son évêché de
Camerino pour entrer en charge, mais la mort le surprit cette même année (1). Il fut remplacé par
le Bolonais VINCENZO BOCCADIFERRO, un Olivétain, que le futur Paul III avait pu apprécier, pendant
sa légation de Bologne, comme abbé de San Michele in Bosco ; il lui avait confié la direction du
Collegio Ancarano, et il lui donna, en 1536, l'évêché de Marsico. C'est sur lui que pesa l'organisation
de la réception de Charles-Quint. Il mourut l'année suivante, à 47 ans, et fut enseveli à Santa
Maria Nuova (2).
Sa succession passa tout entière à l'un des plus chers familiers de Paul III, ANGELO ARCHILEGIO
d'Amelia (3) qui, transféré sur le siège d'Assise, le 4 février 1541, fut aussi maestro di casa de Vittoria
Farnese. Mais, comme celle de ses prédécesseurs, cette nouvelle carrière fut très courte pour lui :
après avoir pris part au fatigant voyage de Nice (1538), il l'abandonna bientôt pour son nouvel
évêché et mourut à Rome le 19 mai1543; ilfut inhumé dans l'église de San Francesco desa ville natale,
en la chapelle de sa famille, dédiée à Saint-Martin. Ses descendants lui consacrèrent, en 1614, l'épi
taphe suivante :
ANGELO ARCHILEGIO ASSISIENSI EPISCOPO VIGI
LANTISSIMO VIRO OMNI IVSTITIÆ GENERE CVMV
LATO, QUI PAVLO III PONT.MAX.SVMMOPERE
GRATVS, ET EIVS AVLE ET CVRIÆ VICTORIÆ NE
POTIS PRÆFECTVS EXIMIA LAVDE VTROQVE MV
NERE PERFVNCTVS EST.OBIIT XII. KALEND. IVNII
ANNO D. MDXLIII. ÆTATIS SVÆ LXVII
TREBONIVS ET ORGARITIVS ARCHILEGII GERMANI
PRONEPOTES EX FRATRE ANTIOCHO POSVERE AN. D.
MDCXIV (4).
Notre registre ne le nomme qu'une seule fois, à l'occasion du remboursement d'une somme
de 5 écus qu'il avait prêtée aux petits-fils de Paul III pour une offrande par eux faite, le 3 avril 1537,
à l'église de la Minerve, où ils s'étaient rendus avec le Pape (5).
(1) MANDATI, 1535-1537, fol. 27, 13 mars 1535 : R. D. episcopus Camerinensis sue Sanctitatis magister domus.
MORONI, loc. cit., p. 254.
(2) MORONI, р. 254-255 ; UGHELLI, Italia sacra, t. VII, p. 519, nº 46.
(3) Il fut nommé évêque de Marsico le 24 septembre 1537 et majordome le 12 octobre de la même année.
(4) Italia sacra, t. I, p. 483, nº 45 ; t. VII, p. 519, nº48.
(5) Onconserve à l'Archivio di Stato de Rome (Tes, segr., 1538 B) un registre intitulé : Secundus liber computorum
R. P. D. Angeli Archilegii, electi Marsicensis, Magistri domus S. mi D. N. D. Pauli divina Providentia pape III, a XXV
julii per totum Decembrem anni MDXXXVIII. » Une lettre de Marcello Cervini (le futur pape Marcel II) nous
apprend que dès 1531 (la lettre est du 14 décembre) Angelo Archilegio, « nipote di messer Niccolò », était au service
du cardinal Farnese (le futur Paul III). (Archivio di Stato de Florence, Carte Cerviniane, filza XXXVII (49), nº 151).
Son oncle, ser Niccolò di Gabriele degli Archilegi d'Amelia, se qualifie lui-même, en 1485 et 1486, de « publicus aposto
lica et imperiali auctoritatibus notarius, et judex ordinarius, et nunc notarius et cancellarius terræ Sancti Gemini
(San Gemini, aujourd'hui arrt de Terni, province de Pérouse) », dans deux actes publiés dans la Risposta al Libro
intitolato Memorie Historiche della Terra di Cesi raccolte da Monsig. Felice Contelori. in quello che riguarda l'interesse di
Casa Cesi. (In Napoli per Giacinto Pass., 1676, in-4°), p. 108, 115-116 et 120,
LA FAMILLE PALATINE
29
La liste, déjà longue, des majordomes de Paul III, comprend encore cinq noms : la charge
des éphémères eut donc, pendant ce seul règne,huit ouneuf titulaires. En 1540, elleéchut à ALESSAN
DRO GUIDICCIONI de Lucques, neveu du cardinal Bartolomeo et cousin germaindu célèbre diplomate
et littérateur Giovanni. Alessandro paraît avoir été, avant tout, unhomme d'affaires. Le 21 août 1535,
le cardinal Alessandro Farnese, qui avait été créé chancelier de l'Église romaine huit jours aupara
vant, le choisissait pour percevoir les produits de la Chancellerie ainsi que tous les revenus de ses com
mendes et autres bénéfices. Le 18 août 1536, une nouvelle procuration lui était remise pour
affermer les biens de l'archevêché d'Avignon, dont le même cardinal était titulaire, et qui furent
affermés le lendemain à Sebastiano da Montacuto et à ses associés, moyennant une somme annuelle
de 2.100 écus au soleil (1). Aussi, lors des démêlés de son cousin avec Giovanni Poggio au sujet de
la nonciature d'Espagne, voit-on paraître l'influence qu'Alessandro Guidiccioni avait acquise
auprès des Farnese ; il obtient que Pier Luigi plaide devant le Pape la cause de son parent (2).
Le 19 janvier 1541, il devenait titulaire du siège épiscopal d'Ajaccio, qu'il résigna en 1548, quatre
ans avant sa mort, survenue le 7 octobre 1552 (3). Depuis 1546, il était maître-général de l'Ordre
du Saint-Esprit et, comme tel, administrateur (præceptor) de l'hôpital San Spirito in Sassia (4), dont
il fit construire l'orgue (5). Il y érigea aussi deux monuments funéraires, dont l'un était consacré à
son frère Girolamo, chevalier de Saint-Jacques <<>>
BINI, Lett. ined., p. 82, n. 1; MINUTOLI, Opere, vol. II, p. 93, n. 1.
(3) Italia sacra, t. III, col. 496, nº 27.
(4) HeinrichBROCKHAUS,Das Hospital Santo Spirito zu Rom im 15.Jahrhundert,dans leRepertorium für Kunstwis
senschaft, t. VII (1884), p. 281-290, 429-445.
(5) FORCELLA, Iscrizioni... delle Chiese di Roma, t. VI, p. 393, nº 1204.
(6) Ibid., nº 1203.
(7) Ibid., p. 395, nº 1209 ; Italia sacra, t. III, col. 496.
30
LA COUR DE PAUL 111
Il n'est mentionné que deux fois dans notre registre, au sujet de deux remboursements
qui lui sont faits au nom de son cousin : le 6 août 1536, 26 écus, représentant la dépense
supportée par le nonce, alors à Aix-en-Provence, au camp impérial, de trois envois de lettres
par les postes, de Savigliano à Plaisance, pour le service de Paul III ; et le 9 novembre suivant,
35 écus qu'il doit remettre à Giovanni, alors à Gênes avec Charles-Quint, pour les frais d'une
estafette envoyée au Pape.
En 1541, nous trouvons dans cet office LODOVICO VANNINI DE' TEODOLI, de Forli. Il était
domus magister lorsque, le 2 mai 1541, il reçut du sacriste Alfonso Oliva la consécration épiscopale. Il
avait été nommé évêque de Scala le 19 janvier précédent. Transféré en 1548 du siège de Scala à celui
de Bertinoro, il mourut à Trente, le 10 janvier 1564 (1). Il est à croire qu'il n'avait pas réussi dans ses
fonctions palatines ; car une lettre du cardinal Alessandro Farnese (2) à son père Pier Luigi et un
acte cité par Moroni (3) prouvent qu'en 1541 et 1542, Alessandro Guidiccioni avait repris l'exercice
de son ancienne charge. Peut-être Vannini n'était-il qu'un simple intérimaire : nous savons, en effet,
qu'en 1539, Alessandro était allé en Espagne (4), où son cousin Giovanni avait été nonce, de 1535 à
1537, et il est fort possible qu'il ait ensuite rempli d'autres missions relatives sans doute aux revenus
des bénéfices du cardinal Alessandro Farnese (5).
Après Guidiccioni paraît un ambitieux qui courait après le chapeau rouge et qui s'embarrassa
dans les difficultés d'une carrière besogneuse : SEBASTIANO GRAZIANI d'Ancône. Le nouveau pontificat
parut tout d'abord lui promettre la réalisation de ses rêves. Depuis décembre 1538, il était président
de la Chambre apostolique (6) ; promu évêque de Segni, le 29 octobre 1539 (7), puis de Trevico, le
19 janvier 1541 (8) ; il occupait, en 1544, la charge de majordome (9). Il l'abandonna pour la prési
(1) EUBEL, t. III, p. 140 ; MORONI, Dizionario, vol. XLI, p. 256.
(2) Cette lettre qui fut écrite le 6 avril 1541 pendant la « guerre de Paliano >> Alessandro Guidiccioni était
envoyé à Rocca di Papa pour empêcher la dispersionde l'argent et des objets de valeur que l'on espérait trouver dans
le fort récemment pris sur les gens d'Ascanio Colonna- contient en effet la phrase suivante : « A Rocca di Papa è
andato questa sera Monsignor di Ajas [Ajaccio], Maestro di Casa di Sua Santità, per haver cura a quel tanto che la
Eccellenza Vostra ricorda per le sue. » BINI, Lett. ined., p. 199, n. 1 ; MINUTOLI, Vol. II, p. 389, n. 1.
(3)Archives du Vatican, arm. 29, t. 126, p. 111 (1542) : « ... Hinc est quodde fide, integritateetin rebus agendis
dexteritate et experientia venerabilis fratris nostri Alexandri episcopi Adjacensis, prælati nostri domestici et domus
nostræ magistri, plurimum confisi... » Cf. MORONI, Dizionario, t. XLI, p. 256, col. 2.
(4) BINI, Lett. ined., p. 156, n.; cf. p. 273.
(5) Il fautse garderde confondre Alessandro Guidiccioni avec sonhomonyme et neveu, Alessandro di Niccolò Gui
diccioni, qui fut vice-légat d'Avignon pour le cardinal Alessandro Farnese pendant deux ans et qui fut nommé évêque
de Lucques, sa patrie, le 9janvier 1549. Cf. Annibal CARO, Delle lettere scritte a nome del card. Alessandro Farnese, vol. III
(Padova, 1765, in-8º), p. 55, n. b (lire pronipote, au lieu de nipote), et p. 158; Giovanni SFORZA, Un episodio della vita di
Aonio Paleario, dans le Giornale storico della letteratura italiana, vol. XIV, p. 71 ; GAMS, Series episc., p. 741.
(6) MORONI, Dizionario, vol. XLI, p. 256, col. 2.
(7) EUBEL, t. III, p. 318.
(8) Ibid. , t. III, p. 353.
(9) Ace titre, il eut à s'occuper des grands travaux faits à Frascati par Paul III. Cf. LANCIANI, La reedificazione
diFrascati per opera di Paolo III, dans l'Archivio della R. Soc. Rom. di storia. patria, vol. XVI (1893), p. 521-522.
LA FAMILLE PALATINE
31
dence de la Romagne (1), et c'est sans doute alors qu'il commit les fautes qui devaient réduire à
néant ses espérances cardinalices. Ayant, pour une raison inconnue, résigné son évêché dès 1548 (2),
en 1554 il était aux abois, poursuivant des proies qui se dérobaient devant lui, cherchant à rentrer
à la cour par l'acquisition d'une place, si modeste qu'elle fût, par exemple celle de bibliothécaire de
la Vaticane, vacante depuis le mois de mars 1547, par suite de la mort d'Agostino Steuco. Mais le
cardinal Marcello Cervini veillait : il sut faire valoir auprès de Jules III les intérêts de la bibliothèque
qu'il avait pris en main, et il écrivit à Graziani une lettre qui, sans convaincre l'ambitieux, dut
mettre fin à cette intrigue, assez habilement conduite, où le cardinal Alessandro Farnese avait
inconsciemment joué un rôle discutable (3).
VINCENZO DI BANDUCCIO DI DURANTE DURANTI, quiprit la place de Graziani en 1545, était
Toscan : il était né à Santa Crocedi Valdarno di sotto. En1520, ilfaisait partiede la première promo
tion de chevaliers de Saint-Pierre (4), et il devenait, en 1527, chanoine de Santa Maria del Fiore (5). Son
compatriote, le cardinal Niccoló Ridolfi, neveu de Léon X, le mit à la tête de sa maisonet le nomma
archiprêtre de la cathédrale de son siège d'Orvieto, qu'il résigna en sa faveur en 1529. Prélat domes
tique de Clément VII, qui l'avait connu pendant son triste séjour à Orvieto, après sa fuite de Rome
en 1527, la fortune continua à lui sourire sous le pontificat suivant, où il conserva sa situation à la
cour et continua à accumuler les bénéfices et les dignités, entre autres celles de gouverneur de
l'hôpital San Spirito de Rome. La charge de majordome lui fut fatale, comme à plusieurs de ceux qui
l'avaient assumée avant lui : l'année même de sa nomination le vit disparaître du nombre des
vivants (4décembre 1545) (6). Il fut enseveli à Orvieto, par grâce spéciale du cardinal-camerlingue
Guidascanio Sforza (7).
Le successeur de Duranti fut plus heureux que lui. Néà Celano (royaume de Naples), allié à
la famille siennoise des Piccolomini, BERNARDINO SILVERI DE' PICCOLOMINI, obtint, en 1542, l'évêché
de Teramo, que Bartolomeo Guidiccioni résigna en sa faveur; puis, en 1545, l'archevêché de
Sorrente. En 1546, probablement- dit Moroni
le 26 août (8), il entra dans les fonctions de
(1) MORONI, Dizionario, vol. XLI, p. 256.
(2) EUBEL, t. III, p. 353.
(3) Sur cet incident, voy. Léon Dorez, Le cardinal Marcello Cervini et l'imprimerie à Rome (Rome, 1892, in-8°,
extr. des Mélanges d'archéologie et d'histoire), p. 27-29 ; du même, Le registre des dépenses de la Bibliothèque Vaticane
de 1548 à 1555, dans le Fasciculus Joanni Willis Clark dicatus (Cantabrigiæ, 1909, in-8°), p. 160.
(4) Bullarium de 1586, p. 257.
(5) SALVINO SALVINI, Catalogo cronologico de' canonici della Chiesa Metropolitana Fiorentina (Firenze, 1782, gr.
in-4°), p. 80, nº 522.
Sur la carrière de Vincenzo Duranti, ef. aussi Domenico MANNI, Osservazioni istoriche sopra i
sigilli antichi, t. XVIII (Firenze, 1746, in-8°), p. 110.
(6) GAMS, Series episc., p. 712 ;EUBEL, t. III, p. 323.
(7) RICHA, Chiese Fiorentine, t. IV, p. 161-163,qui renvoie auxDelizie degli eruditi toscanideGiovanni LAMI (Firenze,
1741), p. 279 et 283. MORONI, Dizionario, vol. XLİ, p. 256-257.-Il ne fautpas le confondre avec Vincenzo Durante,
évêque de Termoli, archevêque de Sorrente et dataire de Paul III, dont nous allons bientôt parler.
(8) Cette date semble fausse, s'il a présidé, dès le 10 mai 1546, à l'évaluation des maisons démolies pourdégager la
a rocca » de Frascati. Cf. LANCIANI, La reedificazione di Frascati ; loc. cit., p. 519 : dans ce document, il porte, outre lo
titre de «maestro di casa », celui de gouverneur de « Tusculano ».
32
LA COUR DE PAUL III
majordome, qu'il exerça, semble-t-il (1), jusqu'à la fin du pontificat de Paul III. Il avait été admis,
le 7 février 1549, dans le collège des écrivains apostoliques. Il mourut àRome en 1552, et son corps
fut transporté à Celano (2).
LES DATAIRES
Dans le rôle de 1550, c'est le dataire qui vient immédiatement après le majordome ; dans
celui de 1555, comme je l'ai dit, ce personnage, pour une raison inconnue, n'occupe, parmi les prélats
domestiques, que le douzième et dernier rang(3). En 1535, et sans doute depuis l'avènement de
Paul III, le dataire était CRISTOFORO GIACObacci ou JacoBACCI. Il appartenait à une riche famille
romaine. Son oncle, Domenico, avait été promu,sous Léon X, le 1er juillet 1517, cardinal-prêtre du titre
de San Lorenzo in Panisperna, après avoir été avocat consistorial (1485), puis auditeur, pendant huit
ans, du tribunal de la Rote dont il fut le doyen, chanoine de Saint-Pierre et évêque élu de Nocera (4).
Domenico résidait au rione Sant'Eustachio, dans le voisinage du Palais Farnese (5), et, à la veille
du sac de 1527, sa maison abritait 80 personnes (6). Puissant prélat, dont on vantait l'influence et la
bonté, ce fut probablement Domenico qui fit entrer dans la famille de son collègue Alessandro Far
nese le jeune Cristoforo, en faveur duquel il résignait, le 23 mars 1523, son évêché de Cassano (7).
Cristoforo habitait alors non loin de chez son oncle, dans une des « case del Ducha » (8), où logeaient
(1) Cf. E. RODOCANACHI, Rome au temps de Jules II et de Léon X, p. 188, où est mentionné un autre major
dome de Paul III, Nicolà Virgilio de Bologne.
(2) MORONI, vol. XLI, p. 257.
(3) C'est peut-être un simple hasard.
4) EUBEL, t. III, p. 17 et 229. Novaës lui attribueparerreur (Elementi, t. VI, p. 182) l'évêché de Lucera. Il devient
dès le 10 juillet 1517, cardinal-prêtre de S. Bartolommeo all'Isola (EUBEL, t. III, p. 64), puis, le 20 août 1519, cardinal
prêtre de S. Clément; et le 2 décembre 1519, évêque de Cassano. Il mourut à Rome le 2 juillet 1528, âgé de 84 ans.
(5) ARMELLINI, Un Censimento della città di Roma sotto il pontificato di Leone X (Roma, 1882, in-80, estr. dal
periodico Gli Studi en Italia), p. 98 : « In casa del Rmo Cardinale Jacobatii habita sua signoria R. ma ». Il avait un
homonyme ; car, on voit que, dans la maison de « Domenico Jacobatiis » habitaient « Jacobo Giglo (?) », « Thomaso
fiorentino » (ibid., p. 96), et « Lucretia R [omana] cortesana » (p. 98). Peut-être, p. 96, faut-il lire « Jacobo figlo ». Cet
autre Domenico serait alors le père de Jacopo Giacobazzi qui, nommé chevalier de Saint Paul, le 7 juillet 1540, (Bullarium
de 1586, p. 401), possédait, en 1550, dans sa maison située près de la Douane, une petite collection d'antiques (ALDRO
VANDI, Statue, éd. de 1556, p. 190-192 ; S. REINACH, Album de Pierre Jacques, p. 44-45). Un membre de la famille, « Colle
Jacobazo » habitait encore plus près des Farnese, au Campo di Fiore (ARMELLINI, p. 68).
(6) GNOLI, P. 481, col. 1.
(7) GAMS, p. 871 ; EUBEL,t. III, p. 156. — Il fut aussi, comme son oncle, auditeur de Rote.
Observons, enpas
sant, que la mention de Cristoforo Jacobaci, comme évêque, ne s'accorde pas avec la date proposée par Armellini pour
le Censimento. Cf. Censimento, p. 9.
(8) ARMELLINI, Un Censimento, p. 99. Étaient-ce des maisons qui avaient appartenu à César Borgia, le « Duca
Valentino », comme on l'appelait à Rome ?
Plus tard, le cardinal Cristoforo habita peut-être dans une maison
située au nº 39 de la Via del Corso, et appartenant à Cristoforo Giacobacci, LANCIANI, La Via del Corso dirizzata
e abbellita nel 1538 da Paolo III, dans le Bollettino comunale, Roma, 1902, p. 243 et 244, où est mentionnée « la casa
degli Incurabili (di San Giacomo in Augusta) stata già de' Iacovacсі ».
LA FAMILLE PALATINE
33
pêle-mêle, à la romaine, artisans, muletiers, femmes de mauvaise vie (1). Il ne conserva pas longtemps
la charge de dataire : le 22 décembre 1536, il était nommé cardinal-prêtre (2) du titre de Sainte-Anas
tasie, en même temps que «l'evesque de Verulan[Veroli] chastelain du Chasteau Sainct Ange [Ennio
Filonardi >», Jacques Sadolet, « messire Paule Reginaldi [Reginald Pole] Anglois, le filz du duc de
Candye [Rodriguez Borja] », Giammaria del Monte (le futur Jules III), Giampietro Carafa (le futur
Paul IV), Charles Hémard de Denonville, ambassadeur de François Ier à Rome, Rodolfo Pio de Carpi,
qui avait successivement été nonce auprès des deux grands souverains rivaux, Girolamo Aleandro et
enfin le tout jeune Niccoló Caetani, parentdu Pape (3). C'était une belle promotion. Cristoforo Giaco
bacci ne fut pas immédiatement remplacé dans son principal office; car, le 8 janvier 1537, Marrette
écrivait à Jean Du Bellay : « Mais il luy semble [à l'ambassadeur, Charles Hémard de Denonville, le
cardinal de Mâcon] qu'il sera bon d'attendre le nouveau dataire, qu'on ne pourra tarder à faire, qui
ne pourra estre si peu amy, qu'il ne le soit plus que celluy qui est passé (4). » Giacobacci avait une
réputation de politique avisé. Il mourut au cours de sa légation de Pérouse, le 9 décem
bre 1540(5).
Le dataire que nous trouvons ensuite est PIETRO DURANTE. Il fut nommé le 8 février 1537 (6).
Ainsi que son neveu Vincenzo, que nous retrouverons plus loin, Pietro devait sans doute sa fortune à
son parent Durante de' Duranti de Brescia,l'un des camériers favoris de Paul III, qui le promut au
cardinalat le 19 décembre1544. Protonotaire apostolique, archidiacre, chanoine et vicaire de l'église de
Brescia, Pietro était monté le 23 octobre 1536 sur le siège épiscopal de Termoli (7). Notre registre le
mentionne comme dataire le 28 juin 1538(8). Il mourut en 1539 (9).
Dès septembre 1539, lui était substitué l'undes plus anciens familiers de Paul III, BARTOLOMEO
(1) ARMELLINI, op. cit., p. 97: « In casa del Ducha habita mastro Francesco et la moglia;-Domenico mulatiery;
mastro Pietro sarto. In un altra casa del Duca sta Elizabet putana. » ;
Jacobatii.
p. 99 : « In casa del Ducha el vescovo
In ditta casa Gratiosa paduana [qui ne devait pas être une sainte].
In ditta casa Jo. Pietro lombardo
barbiere », etc.
(2) EUBEL, t. III, p. 24.
(3) Cf. la lettre de Charles Hémard de Denonville au chancelier Du Bourg, Rome, 22 décembre 1536.(Bibliothèque
nationale, collection Dupuy, vol. 303, fol. 54.)
(4) Collection Dupuy, vol. 264, fol. 147 1º.
Les Français n'aimaient pas Jacobacci, qui avait été nonce à la cour
de Charles-Quint.
(5) NOVAËS, t. VII, p. 14.
(6) PASTOR, t. V, p. 124.
(7) EUBEL, t III, p. 312.
(8) Voy. Registre, p. 229.
(9) Ala datedu 4juillet1539, son neveu Vincenzo était promu àsaplace évêque de Termoli (EUBEL , loc. cit.,). Cf.
dans Carlo MINUTOLI, Opere di Monsignor Giovanni Guidiccioni, vol. I, p. 237 et suiv., une lettre, en date du 20 sep
tembre 1539, de Giovanni à son oncle Bartolomeo, faisant allusion à la mort du dataire : « Alli giorni passati, sulla
morte di monsignor datario... » Il paraît tout à fait impossible que, comme le prétend MOKONI, d'après l'Italia sacra,
Vincenzo Durante ait succédé immédiatement à son oncle Pietro dans l'office de dataire; il est exact qu'il fut son suc
cesseur au siège épiscopal de Termoli.
5
34
LA COUR DE PAUL III
GUIDICCIONI (1), rappelé à la cour, malgré ses répugnances, par son tout-puissant patron et nommé
tout à la fois évêque de Teramo et dataire. Guidiccioni ne fit d'ailleurs que passer dans cet office :
le 19 décembre suivant, il était promu cardinal-prêtre du titre de San Cesario in Palatio (2) en conser
vant provisoirement la daterie, et devenait bientôt préfetde la Signature, réformateur du tribunal de
Rote et grand-pénitencier (3).
Dans la bulle d'institution du Collège des chevaliers de Saint-Paul, datée du 7 juillet 1540,
on voit que le dataire était à cette époque ZANOBI BARTOLINI, sans doute un Florentin (4).
Il est probable que la charge de dataire échut alors à VINCENZO DURANTE, qui le 25 fé
vrier 1541, la passa à Girolamo Capodiferro (5).
GIROLAMO RECENATI CAPODIFerro était membre d'une des plus grandes familles de Rome. Il
était fils d'un Napolitain, Alfonso de' Recenati, et de Bernardina Capodiferro, dont il substitua le nom
à celui de son père. Entré fort jeune dans la « famille » du futur Paul III, sa carrière s'annonça fort
brillante sous le pontificat de Clément VII quilui découvrit des talents diplomatiques. Il s'acquitta de
plusieurs nonciatures avec assez de succès pour que son ancien patron, devenu pape, l'envoyât à
son tour, d'abord à la cour de Portugal(6), puis à la cour de France (7). En 1542. il était nommé évêque
de Nice; puis, en 1544, évêque de Saint-Jean-de-Maurienne. Le 19 décembre 1544, Paul III le créait
cardinal-diacre du titre de San Giorgio in Velabro. Il mourut à Rome, le 30 novembre 1559, pendant le
conclave qui suivit la mort de Paul IV et d'où Gianangelo de' Medici sortit avec la tiare et le nom
de Pie IV(8).
NICCOLÓ ARDINGHELLI, un Florentin, succéda sans doute à Capodiferro vers 1542. Chanoine
de Santa Maria del Fiore (9) dès 1525, il fut secrétaire du jeune Alessandro Farnese, puis secrétaire
(1) Né en1469 à Lucques,il avait été vicaire général de l'évêché du Parme et auditeurde la Marche d'Ancône pour
le cardinal Alessandro Farnese, le futur Paul III, puis s'était retiré dans sa ville natale où il vivait depuis trente ans
dans le silence et l'oubli. (NOVAËS, t. VII, p. 28).
(2) MORONI, Dizionario, vol. XIX, p. 134, dit : « e nel 1539 [Paolo III lo fece] Cardinale, ritenendo la dataria. »
(3) NOVAËS, loc. cit., t. VII. p. 28. Il devint évêque de Lucques en 1546 et mourut à 80 ans, le 28 août 1549.
(4) Bullarium de 1586, p. 401.
(5) PASTOR, op. cit., t. V, p. 141.
MORONI le place, dans la liste des dataires (où l'on peut soupçonner une
lacune) après Niccolò Ardinghelli.
(6) Il y était en 1542lorsqu'il délivra, en faveur de certains Portugais accusés d'hérésie, des lettres qui motivèrent
ou aggravèrent la disgrâce du cardinal Miguel Silva, évêque de Viseu (Atti e Mem. della RR. Dep. di Storia patria per la
provincia dall' Emilia, nuova serie, vol. IV, parte 1, p. 113 et suiv ).
(7) NOVAËS, t. VII, p. 41 : Italia sacra, 2e édit. (1719), t. IV, col. 1114-1115; Catalogue des actes de François ler
t. VII, p. 362, nº 25050.
(8) NOVAËS, t. VII, p. 41-42 ; MORONI, Vol. XIX, p. 134 ; EUBEL, t. III, p. 238.
(9) Salvino SALVINI, Catalogo cronologico de' canonici della Chiesa Metropolitana fiorentina (Firenze, 1792, gr. in-4°),
p. 78, nº516.
Né le 17 mars 1503 : « à demi-mort », ce grand et maigre personnage devint un éminent jurisconsulte.
Le 20 août 1539, il fut attaqué, près de Strettura, en Ombrie, par des paysans qui lui infligèrent sept blessures à la tête
et plusieurs autres à la poitrine ; laissé pour mort par ses serviteurs, qui prirent la fuite, il fut secouru au bout de deux
heures environ par un bouvier qui le hissa dans son chariot, le conduisit dans sa chaumière et appela unchirurgien.
Guéri enpeudejours par ses sauveurs, il leur donna la plupart des ducats d'or qu'il portait sur lui, et, en leur compagnie,
regagna Rome à pied. Voy. Luca GAURICO, Tractatus astrologicus (Venetiis, 1552), fol. 34-34 vº.
LA FAMILLE PALATINE
35
apostolique, vicaire de la Marche d'Ancône, évêque de Fossombrone,le 13 juillet 1541, nonce à la
cour de François Ir cette même année, et promu cardinal-prêtre du titre de Sant' Apollinare, le
19 décembre 1544. Il mourut à Rome, le 23 août 1547, âgé d'un peu plus de 44 ans. Il fut enseveli à
la Minerva(1).
Le dernier des dataires de Paul III que nous connaissions (2), NICOLAS « VENCEYUS>> ou plutôt
VERNELY, un Messin, fut continué dans son office par Jules III. Il était évêque de Bagnorea.
Suivent, dans la mêmesérie, le patriarche de Jérusalem, le sacriste, le trésorier et quelques
autres personnages.
LES SACRISTES
Les fonctions du sacriste, c'est-à-dire du prélat préposé à la Chapelle pontificale, ne furent
exercées sous Paul III que par deux personnages, tous deux appartenant, selon l'usage, à l'Ordre des
Ermites de saint Augustin. Ce furent,de 1534 à 1544, FRA ALFONSO OLIVA D'ACQUAPENDENTE,évêque
de Bovino, puis archevêque d'Amalfi, coadjuteur de Frà Gabriele d'Ancône depuis 1529 et titula
risé par Clément VII, dans les derniers mois de son règne (3); ensuite, de 1544 à 1564, GIANGIACOMO
BARBA, un Napolitain, évêque de Teramo, puis de Terni (4). Comme on le voit, ce dernier traversa
cinq pontificats successifs : c'est que le sacriste, bien que nommé par le pape, ne pouvait entrer
en charge que per cessionem ou per obitum, et qu'il était ainsi un des rares officiers palatins dont
la charge fût perpétuelle (5). Le nom d'Oliva paraît quatre fois dans notre premier registre : le 14 et
le 31 mars 1536, il reçoit deux acomptes, de 10 écus chacun, sur le prix du cierge pascal<< travaillé>>>
que l'on est en train de faire pour la Chapelle ; le 29 mai suivant, il rend au trésorier secret, messer
Bernardino Della Croce, ces 20 écus, parce qu'il a fait payerla dépense entière du cierge par la Chambre
apostolique ; enfin, le4juillet 1538, messer Bernardino lui rembourse 30 écus qu'il a déboursés, depuis
le 25 août 1535, pour le blanchissage du linge de la Chapelle.
Dans le rôle de 1555, les secrétaires succèdent aux prélats. Il s'agit naturellement ici du secré
tariat privé et des « secrétaires des brefs>> (6), et non point de tous les « secrétaires apostoliques ».
(1) EUBEL, t. III, p. 92.
(2) MORONI, t. XIX, p. 134.- EUBELlenomme «Venerius [Vernely]».Selonle même auteur, Vernely,archidiacre
de la cathédrale de Metz, avait été nommé évêque de Bagnoreale 22 mai 1545 et aurait résigné son siège en 1563 (Hie
rarchia catholica, t. II, p. 142 et .).
(3) Angelo Rocca, Chronhistoria de apostolico sacrario (Romæ, 1605, in-40), p. 91.
(4) Ibid., p. 92-93.
(5) Ibid., p. 36.
(6) Dans le rôle de 1550, ils sont placés, je ne sais pour quelle raison, àun rang bien inférieur.
36
LA COUR DE PAUL II
LES TRÉSORIERS.
LES SECRÉTAIRES.
BERNARDINO DELLA CROCE
Trésorier secret de Paul 111
LES CAMÉRIERS
C'était un Milanais. Né en 1502, sa carrière était en bonne voie sous le précédent pontificat,
car au mois de juillet 1531, il succédait au médecin Tommaso Cadamosti dans les fonctions de gouver,
neur et vice-légat de la Marche d'Ancône. A cette époque, il était déjà évêque élu de Casale (1)
Paul III en fit son trésorier, son « maestro di Camera ». En 1540, il devenait, en outre, chanoine de
Saint-Pierre (2). Le 27 avril 1547 (3), à la mort du cardinal Trivulzio, Paul III nomme Bernar
dino évêque d'Asti. Dès le lendemain, le cardinal Alessandro Farnese annonçait cette promotion au
prince de Savoie, en exprimant ses regrets que le candidat du duc, « l'Abbate di Capri », n'eût pas été
élu (4). Le duc prit mal cet échec et, au cours des mois suivants, le cardinal dut intervenir à plusieurs
reprises, auprès du duc lui-même (5) et de l'évêque de Vercelli, Pietro Francesco Ferrerio (6), auprès
de Granvelle (7), auprès du cardinal de Trente, Cristoforo Madrucci (8), et du prince de Piémont (9),
pour faire fléchir la résistance de Charles III. Il est à croire qu'il n'y réussit pas entièrement, car, le
24 septembre 1548, Bernardino était transféré au siège de Côme (10). Il ne quitta d'ailleurs pas Rome et
fit administrer son nouvel évêché par un des familiers du cardinal Alessandro, le poète Gianantonio
Volpi, originaire de la ville même de Côme, en faveur duquel il résigna ses fonctions en 1559 (11).
Trois ans auparavant, Paul IV l'avait compris dans une promotion de chevaliers du Lis (12). Il resta
fidèle aux Farnese jusqu'à sa mort, comme le prouvent plusieurs lettres écrites sous le règne de
Jules III par Annibal Caro (13) et la teneur même de son épitaphe, à Saint-Pierre de Rome :
(1) MARINI, Archiatri pontificj, I, p. 349 n. f- EUBEL (op. cit., t. III, p. 199), le qualifie de « civis Comensis ».
(2)
EUBEL, loc. cit.
(3) EUBEL, t. III, p. 135. Cf. Lettere Farnesiane, qui donnent la date de 1548 (t. I, p. 72) .
(4) Ibid.. t. I, p. 53.
(5) Ibid , p. 56.
(6) Ibid., p. 57.
(7)
Ibid. , p. 71.
8) Ibid. , p. 72.
(9) Ibid., p. 74.
(10) EUBEL, loc. cit., t. III, p. 199.
Cf. Lett. Farn. , p. 72, n. a.
(11) TIRABOSCHI, Storia della lett. ital. (Milan, 1824, in-8º), t. VII, parte 4, p. 2062-3.
(12) Bullarium de 1586, p. 598.
(13) D'une de ces lettres, adressée par Caro au cardinal Ranuccio (Rome, 26 mars 1552), il résulte que Jules III eut
au moins l'intention d'employer Bernardino dans ses négociations avec le roi Henri II (Lettere inedite di A. Caro con
annot. di P. Mazzucchelli (Milano, 1829, in-8°), t. II, p. 66). Une autre lettre de Caro au cardinal Ranuccio (Rome,
21 octobre 1553) montre Della Croce mêlé aux affaires politiques de ses patrons (ibid,, p. 160 et 163).-Du reste, cette
LA FAMILLE PALATINE
37
<< Bernardinus de la Cruce Mediolan. Pauli olim | III pont. max. ab arcano cubiculo Vat.
Bas. canonicus Novocomensis episcopus dum se cogi| tat moriturum hanc sibitumbam condidit
anno aet. suae LXIV. hum. sal. MDLXVI | H. M. H. N. S. » (1).
TRIFONE BENCI
Secrétaire-chiffreur
Parmi les secrétaires « domestiques », il en est un qui mérite une mention toute spéciale, c'est
Trifone Benci d'Assise. Probablement introduit à la cour par son oncle ou cousin Francesco (le Ser
Cecco de Berni) (2), Trifone y passa maître dans cet art de chiffrer et de déchiffrer les lettres diploma
tiques qui avait été cultivé de si bonne heure dans les bureaux apostoliques (3). Délicat humaniste,
ami sûr et spirituel, il paraît avoir fait la joie de tous ceux qui le connurent et mérité les éloges d'Ata
nagi : « singulare amico, et signore, et benefattore de l'Atanagio, huomo di vita filosofica, et d'antica
fede, et virtù, secretario di più Papi, et maestro di cifere perfetto, et scrittore di prosa, et di verso
Toscano et Latino candidissimo, et elegantissimo » (4). On ignore la date exacte de son entrée au
service de Paul III, mais elle doit se rapprocher des débuts mêmes du pontificat farnésien : dès le
4avril 1535, Bernardo Boccarini lui écrivait de Rouen pour lui recommander ses intérêts (5).
Son talent de « chiffreur » l'entraîna dans des voyages qui lui font honneur, mais qui devaient
assez peu sourire à un homme si modeste et sitranquille. En 1537, il accompagnait le courageux Regi
nald Pole en Angleterre, dans une mission que les excellentes relations entretenues par François Ier
« familiarité » était ancienne, s'il s'agit bien de lui dans cet article du recensement de Rome sous Léon X : « Un' altra
[casa] de Bernardino, famigliare de lo Fernese ; abasso, habita uno barbiere; de sopra, doy done cum uno figliolo. »
(ARMELLINI, Un censimento, p. 86).
(1) FORCELLA, Iscrizioni... delle Chiese di Roma, t. VI, p. 78, nº 216.- EUBEL (loc. cit) place sa mort au 15 août
1568;le même auteur dit qu'il avait donné à la grande basilique un manuscrit sur parchemin contenant l'Office de la
semaine sainte-BERTOLOTті (Artisti lombardi, vol. I, p. 252) et, d'après lui, Orazio BACCI (Vita di Benvenuto Cellini,
p. 100 et 125) ont eu la singulière idée de l'identifier avec l'orfèvre Baccio Della Croce.
Par contre, il était peut
être parent de ce «messer Giovan Angelo de la Croce » dont parle Caro dans une lettre à son collègue Apollonio
Filareto, datée de Plaisance, 9 mars 1547. RONCHINI, Lettere d'uomini illustri, (Parma, 1853, in-8°) vol. I, p. 306.
(2) Cousin, suivant MARINI,DegliArchiatri pontificj, vol. II,p. 355; oncle, suivant MERKLE, op. cit., t. I, p. 203, n. 6.-Cedernier auteur dit aussi, dans son Index, que Trifone était cousindu cardinal Marcello Cervini; je crains qu'il n'ait
été induit en erreur par le nom de famille de Trifone et que les Benci d'Assise n'aient rien de commun avec ceux de
Montepulciano.
(3) Un « Joannes ciferator » apparaît dans le rôle de la famille de Pie II dressé en 1460 (MARINI,Degli Archiatri
pontifici, vol. II, p. 153, au bas), et, à ce propos, MARINI (ibid., p. 165, n. 38) observe qu'il a vu des « chiffres » dans les
Archives Vaticanes dès le XIVe siècle.
(4) De le Rime di diversi poeti toscani, raccolte da M. Dionigi ATANAGI, libro primo (Venetia, 1565, petit in-8°), fol.
L]3 vo] (Table).
(5) ATANAGI, Lettere facete, p. 275; éd. de 1601.- Voy. un sonnet de Boccarini à Trifone dans les Rime di
diversi du même compilateur, libro primo, fol. 213 verso (coté 113 par erreur).
33
LA COUR DE PAUL III
avec Henry VIII à cette époque devaient faire échouer (1). Benci ne fut sans doute pas autrement
fâché de voir son patron renoncer à allerplus loin que Cambrai. Le 9 mai 1537, dans une lettre adressée
de cette ville à Gianfrancesco Bini, collègue de Benci, Francesco Torre, secrétaire de l'ancien dataire
Giberti, s'exprimait ainsi : « Nous resterons ici [à Cambrai] tant qu'il plaira à Dieu et à Sa Sainteté »,
et il ajoutait : « L. Trifone, Bentio, Dentato, Apronio, Tardigrado, Tardiscriba, et Chimeræ filius
(ajoute-t-il lui-même), est présent pendant que je vous écris, et vous salue. Ne prenez pas cela pour une
mince faveur, car il est devenu si fier qu'il ne lui faut plus d'autres personnes que des légats ou tout au
moins des évêques... » (2) Il fallait bien essayer de rire, durant cette halte où les « patrons>> ne riaient
guère. Après le retour en Italie, durant un séjour à Venise, Torre se souvenait de ces jours où Trifone
avait égayé les ennuis de ses compagnons de voyage, et il parle avec reconnaissance de « notre messer
Trifone, le plus gracieux des hommes et des poètes>>(3).Mais sila politique de François Ir avait épargné
à Benci les brouillards de l'Angleterre, celle de Charles-Quint allait bientôt l'entraîner en Allemagne :
en 1541, le cardinal Gasparo Contarini l'emmenait avec lui à Ratisbonne (4). Sans doute, là encore, il
était en bonne compagnie : Adamo Fumano, Girolamo Negri, Ludovico Beccadelli étaient hommes à
pleinement apprécier ses qualités d'esprit et de cœur. Malgré tout, il regretta, durant cet exil germa
nique, ses amis de Rome et les réunions où il avait tant de plaisir à s'entretenir avec eux (5) ; sa lettre
à Tommaso Spica, président de l'Académie «dello Sdegno», datée du 19 juin 1541, en est une preuve
touchante (6).
D'autres missions succédèrent à celle-là, mais du moins ne l'obligèrent-elles plus guère à quit
ter le sol italien. En 1542, il était à Bologne, où, toujours un peu paresseux, il adressait une même
lettre à quatre amis à la fois et y joignait un sonnet « à queue » où se trahit sa peine d'être encore
éloigné de ses collègues académiques. les « Sdegnati », et du poète Molza (7). La mort de Contarini lui
(1) C. CAPASSo, La politica, p. 257.
(2) Della nuova scielta di Lettere di diversi nobilissimi huomini... libro terzo (Venetia, 1574, petit in-8°), p. 134-135.
(3) Ibid. , p. 137 (26 août 1537).
(4) Monumenti divaria letteratura tratti dai mss. di Mgr Lodovico Beccadelli, tomo I, parte II (Bologna, 1799,in-4°) ,
p. 31 et n. 43 et 44; cf. p. 57, n. 78.
(5) En revanche, il paraît avoir été regretté par ses nouveaux amis d'Allemagne. Dans les hendécasyllabes que
le gendre de Mélanchthon adresse ad Ludovicum Beccatellum, Phil. Gherium et Triphonem Bentium, on lit.....
...teque, Benti,
Hæres qui mihi totus in medullis.
At cur, Danubii fluenta postquam
Liquistis, manibus notata vestris
Nullam charta mihi tulit salutem ?...
Voy. Poëmata Georgii Sabini Brandeburgensis v. cl. (Lipsiae, 1578, in-80), p. 324.
(6) ATANAGI, Lettere facete, p. 377.- Cf. la lettre à Molza, écrite au début du voyage, de Baccano, 29 janvier
1541. Voy. Delle poesie volgari e latine di Francesco Maria Molza, volume secondo (Bergamo, 1750, in-8°), p. 162.
(7) ATANAGI, ibid., p. 380.
LA FAMILLE PALATINE
39
permettait bientôt de rentrer à Rome (1) et d'y reprendre, pendant quelques années, ses chères habi
tudes. Il fallut une grave maladie de Molza pour l'entraînerjusqu'à Modène : on peut mesurerpar là
toute la force de l'amitié qui liait l'un à l'autre les deux confrères en Apollon. Tout en soignant cette
victime de l'amour, Trifone adressait aux absents des lettres et des sonnets entortillés (2) qui les intri
guaient et les divertissaient tout à la fois. « Je ne suis pas très fort en divination
lui écrivait Caro
et vos lettres, qui m'amusent extrêmement, me rompent aussila tête. Vous ne vous étonnerez donc pas
si je vous réponds un peu à côté, et selon ce que j'ai pu déchiffrer de vos grimoires », et encore : « Vous
avez fait une confusion de sonnets capable de faire alambiquer la cervelle à toute l'Académie. Il est
certain, Père Trifone, que vous me rompez la tête, si bien qu'à entendre parler de votre style omni
potent, les belles dames d'ici se sont déjà enamourées de vous, et qu'à votre retour vous en aurez autour
de vous plus qu'il n'y a de Muses, et plus belles que votre Iella » (3). A Modène aussi lui arrivent les
lettres de Claudio Tolomei, le fondateur de l'Académie della Virtù, qui, dans l'une d'elles, l'engage à
se réchauffer un peu au feu de l'honneur et de la gloire, aux flammes de la vertu, pour remplir toute
l'Italie de clarté et de lumière>> (4) ; il le félicite de n'être plus tardiscriba, comme disait Torre en 1537,
et de lui avoir écrit deux lettres en quelques jours, alors qu'auparavant on n'en pouvait espérer de lui
qu'unepetite, et toute sèche, en cinq mois »(5). En 1544, il est à Rome et, le 3 septembre,-sans doute
pour s'éviter la peine d'écrire une lettre-il charge Giacomo Galli de transmettre au cardinal Ales
sandro Farnese des élégies de Molza et de le remercier d'une allocation de dix écus (6).
Cette tranquillité était trop belle pour durer longtemps. Le Concile, enfin ouvert, allait rompre
les studieux loisirs de Trifone. On avait besoin, pour organiser le secrétariat, d'hommes expérimentés :
enmême temps qu'àAngelo Massarelli, on pensa à « messer Trifone delle Cifre ». Le 8 septembre 1545,
il était à Trente et touchait huit écus d'or pour son traitement du mois en cours et du mois suivant (7).
ATrente, comme àBologne, où il suivit les Pères, il était chargé des dépenses de la Chancellerie(8) .
(1) Ibid , p. 381 : lettre datée de Bologne, 1542 (et non 1543, comme il a été imprimé par erreur), 24 août, le
jour mêmede la mort de Contarini (Monumenti cités, même vol., p. 52) ; ce qui n'empêche pas Benci de glisser dans
sa lettre un sonnet, toujours « à queue », où il décrit la chambre qu'il habite.
(2) Undes sonnetsdecetemps, adressé à Benedetto Varchi, est dans les Poesie volgari e latine di FrancescoMaria
Molza, vol. II (Bergamo, 1750, in-80), p. 116.- On trouvera d'autres sonnets de Trifone dans ATANAGI,Delle Rime di
diversi... libro primo, fol., 190 et 190 verso. Ils sont médiocres.
(3) CARO, Delle lettere familiari, vol. I, p. 192-193.
(4) Claudio TOLOMEI, Lettere, éd. cit., fol. 228; cette lettre est datée de Rome, 5juin 1543; ilest bienprobable qu'il
faut lire 5 janvier 1542.
(5) Ibid , fol. 113 (même observation pour le millésime).
(6) RONCHINI, op. cit., p. 98-99.-C'est cette allocation de 10 écus qui figure dans notre registre sous la date du
20 août 1544. La rédaction du trésorier, qui a oublié de qualifier Trifone de messer, semble prouver que ce dernier était
encore très jeune alors-De lacorrespondance de Trente, il ne nous est guèreparvenuqu'une lettre àAtanagi, 5 janvier
1546 (Letterefacete, p. 383).
(7) Generoso Calenzio, Documenti inediti... sul Concilio di Trento (Roma, 1874, in-8°), p. 3; cf. p. 5, 9, 12,etc.
(8) Ibid., p. 3, 4, 5, etc.
40
LA COUR DE PAUL III
aidait Massarelli à revoir le texte des actes du Concile, composait quelques épigrammes (1), relisait
Virgile avec Romolo Cervin (2), faisait de fréquentes promenades aux environs et quelques bons
dîners (3), où il se prélassait dans les habits que lui offrait, de temps à autre, la munificence des
légats (4). Le 6 octobre 1549 (5), muni de vingt-trois beaux écus (6), il quittait avec Massarelli cette
Bologne dont, par deux fois, sans doute à contre-cœur, il avait été l'hôte et presque le citoyen. Le
15, les deux secrétaires s'arrêtaient à Assise,patrie de Trifone, où ils reçurent un accueil amical, et
visitèrent avec intérêt les églises de San Francesco et de Santa Maria degli Angeli(7). Le 18 octobre, ils
rentraient ensemble à Rome, heureux de retrouver tout ce dont ils avaient pendant si longtemps
déploré la cruelle absence.
Apartir de ce moment, la vie de Trifone Benci est beaucoup moins bien connue. Presque aussi
tôt après l'élection de Jules III, en février 1550, il fut, en même temps que Massarelli et Giulio Canani,
nommé secrétaire domestique, et tous trois furent placés sous la direction de Girolamo Dandini,
évêque d'Imola (8). Lors de l'avènement de Paul IV, dans le rôle de la « famille pontificale>> dressé
en juillet 1555, on retrouve Trifone à la fin de la liste des secrétaires, avec son inséparable Massarelli,
sous les ordres de leur ami Bini (9). Puis c'est un silence que rien ne viendrait plus rompre,siune épi
gramme relative àla victoire de Lépante ne venait attester que le « maestro delle cifre » était encore de
ce monde en 1571 (10).
Il est impossible de quitter cette attrayante figure sans citer au moins quelques-unes de ses
rares et courtes œuvres. Choisissons deux épigrammes latines, toutes deux « romaines », la première
même « romanesque », puisqu'elle concerne ce cruel « tir à l'oie » qui fit, pendant de longs siècles, la
joie des Quirites ingrats :
(1) Le 24novembre1548, le cardinal Del Monte envoie au cardinal Alessandro Farnese une épigramme de Trifone
pro Cecco Bentio ». Ibid., p. 812.
(2) Ibid , p. 857 (11 août 1549).
(3) A la fin d'une lettre des trois légats au cardinal Alessandro Farnese on lit ce post-scriptum du cardinal
Del Monte qui s'y montre bien le futur joyeux hôte de la Villa Giulia; il est fort surpris d'avoir dans son entourage
un « curial » qui n'aime pas beaucoup le malvoisie : « Ho charo che V. S. resti [e non vada in Francia), affin chè possa
purgar la contumacia, con la quale l'incolpano questi del Concilio, di non haver mai salutato i R. mi Legati con un
caratello di malvagia, benchè non piace molto al vicesegretario nostro messer Trifone. Sia per aviso. » L. CAMPANA,
Monsignor Giovanni Della Casa e i suoi tempi, dans les Studi storici, vol. XVI (1907), p. 524. Dans ce travail, on trou
vera aussi (p. 527, n. 1) quelques extraits de lettres de Benci ou relatives à lui.
(4) CALENZIO, op. cit., p. 72 et 127 ; cf. p. 9.
(5) MERKLE, op. cit., p. 867.
(6) CALENZIO, op. cit., p. 150 (30 septembre 1549).
(7) MERKLE, op. cit., p. 868.
(8) Ibid., p. LXXIV ; MARINI, op. cit.. vol. II, p. 298-299.
(9) MORONI,Dizionario, t. XXIII, p. 67 a. Plus exactement, semble-t-il, il fut l'avant-dernier des secrétaires des
lettres italiennes ; ses collègues étaient Giovanni Della Casa, Antonio Elio évêque de Pola, Francesco Commendone,
Girolamo Soranzo et Angelo Massarelli (GARAMPI, op. cit., Appendice, p. 266, n. 5).
(10) MERKLE, op. cit., p. 203, n. 6.
LA FAMILLE PALATINE
Quærimonia anseris, quem ab arbore suspensum iaculis Romani petebant.
Quid bene facta iuvant? quid vos servasse, Quirites,
Et Capitolini templa superba Jovis?
En iaculis summa pendens ex arbore vestris
Postmodo victori præda futura petor.
Ergo non aliam tanta feritate decebat
Quam vestri altricem sanguinis esse lupam (1).
41
La seconde, plus philosophique, traite avec une heureuse brièveté ce thème, si cher aux poètes
du xvIe siècle, des leçons qui se dégagent du spectacle des ruines de Rome :
Ad Molsam
Quas pedibus passim premimus nunc, Molsa, ruinas,
Romulidum quondam tecta fuere patrum.
Quæque Deûm eximios tunc testabantur honores
Aurea templa, boum pascua facta vides.
Ad sua cuncta hominum redeunt primordia : nostris
Temporibus Roma est, quod fuit ante Remum (2).
GALEAZZO ROSSI
Précepteur de Ranuccio Farnese
Le précepteur de Ranuccio Farnese, Galeazzo Rossi, de Terni, ne mérite pas l'oubli où son nom
est tombé. Ne fût-ce que pour avoir adressé à son élève, entête de l'édition des lettres latines deBembo
(familiares et pontificiæ) publiée à Venise, en 1552, par Carlo Gualteruzzi, une intéressante épître
dédicatoire (3), il devrait figurer dans l'histoire littéraire du xvIe siècle. Honnête épître, un peu solen
nelle et lourde peut-être, mais écrite en excellent latin, avecle souci de nerien dire qui ne fût pas appro
prié au caractère d'un jeune homme de vingt-deux ans, de grande famille et cardinal. Galeazzo
a montré, dans cette petite pièce, toutes les qualités de tact qui pouvaient être requises de l'ancien
1) Carmina illustrium poetarum Italorum, Jo. Matthaeus Toscanus conquisivit..., tom. II (Lutetiæ, 1577, très
petit in-8°), fol. 205.
Sur ce jeu, cf. CANCELLIERI, Il Lago, il Mercato, ecc., p. 64, 74 et 276, col. 3.
(2) Ibid, fol. 205 verso.
Trifone est nommé dans une pièce hendécasyllabique de Molza (Delle poesie vol
gari e latine..., vol. terzo, Bergamo, 1754, in-80, p. 218-219), pièce très osée, adressée à une courtisane romaine dont
s'était amouraché un jeune Romain « Neretus », lemême qui fut pleuré, dans un sonnet médiocre, par Dionigi Atanagi
(Rime di diversi, libro primo, fol. 114).
(3) Petri Bembi Card. | Epistolarum familiarium, | libri VI. | Eiusdem, Leonis X Pont. Max. | nomine scrip
tarum, lib. XVI. | Cum privilegio. | [marque de Gualterio Scotti] | Venetiis MDLII (petit in-8°).
Galeazzo (Galeatius Roscius) occupe les fol.* 6 et *7.
L'épître de
Aux fol. 3, 4 et 5, privilèges octroyés à Carlo Gualteruzzi
de Fano par Paul III (Rome, 3déc. 1547), par Charles-Quint (Bruxelles, 10 octobre 1548) et par Henri II (Joinville,
18 juin 1548 ; je cite le texte de ce dernier) pour « les œuvres composez parle feu cardinal Bembo, tant en Grecx,
Latin que Italien.>>>- Undes exemplaires de ce livre possédés par la Bibliothèque nationale de Paris a appartenu à
Eusèbe Renaudot (Rés. Z. 2205).
6
42
LA COUR DE PAUL II
maître d'un Farnese. Un article de notre registre nous révèle que Ranuccio avait été confié trèsjeune
à ses soins : dès le 31 mars 1536, « messer Galeazzo, maître du seigneur Ranuccio Farnese », rece
vait 50 écus destinés « aux frais du voyage de madame Vittoria, de ses frères et de leurs serviteurs,
qui vont séjourner à Nepi par ordre de sa Sainteté » (1). Jusqu'ici, les documents n'avaient fait men
tion de Galeazzo qu'à partir du moment où il arrivait à Venise avec son disciple qui venait d'être
nommé prieur de la maison de l'Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem en cette ville. Le 31 décembre
1541, Bembo écrivait de Rome à Girolamo Quirini : « Après le premier janvier vous arrivera le
seigneur prieur de Venise, petit-fils de Notre Seigneur, enfant très distingué et très instruit pour
son âge, qui est de douze ans. Il aura avec lui un sien précepteur, nommé messer Galeazzo Roscio,
qui est chevalier de Rhodes, très savant, et discrète personne, que j'aime beaucoup, et qui est aussi
au mieux avec notre messer Carlo [Gualteruzzi]. Vous pourrez lui faire amitiés et bonne chère de
mapart >> (2). Le8juin 1542,le comte Alessandro Manzuoli, de Bologne (3), collaborateur de Galeazzo,
et peut-être son supérieur dans le soin délicat de diriger l'éducation du « Benjamin » de Pierluigi
Farnese, écrivait au frère aîné, le cardinal Alessandro : « Messer Lazzaro [Buonamico] (4) a commencé
à donner ses leçons au seigneur prieur. Il a voulu d'abord voir où il en était, et il s'est fait lire par
lui, sans préparation, une scène de Térence et une lettre de Cicéron. Il lui a paru très instruit, et il
félicite messer Galeaz de sa méthode d'enseignement. Il a décidé de suivre l'ordre dudit messer Galeaz
en lui expliquant les Lettres [de Cicéron ou les Épîtres d'Horace?], et il a aussitôt commencé ; il a
également commencé à lui apprendre le grec, et il viendra chaque jour ici [à Venise] lui donner sa
leçon. Nous avons été une seule fois entendre messer Lazzaro, qui explique les Épîtres d'Horace et les
discours de Démosthène » (5). Les trois personnages auxquels on avait confié Ranuccio se montrèrent
(1) Aquelle époque entra-t-il exactement en fonction? On l'ignore. Dans une lettre de BernardinoBoccarini, secré
taire de Rodolfo Pio, à Trifone Benci (Rouen, 4 avril 1535), il est question d'un « messer Galeazzo », mais c'est peut-être
Galeazzo Florimonte qui, évêque de Bologne en 1543, fut chargé, l'année suivante, de la juridiction spirituelle et tem
porelle de l'archevêché deNaples pendant la minorité de Ranuccio (MARINI, Degli Archiatri pontifici, vol. II, p. 274).
Voici le passage : « Messer Galeazzo so che governa il mondo ; però adhibe socium tibi, perchè multiplicatis interces
soribus, etc... » ATANAGI, Lettere facete, р. 279.
(2) Lettere, vol. II, p. 325; cf. unelettre, antérieure de quelques mois, conçue à peu près dans les mêmes termes et
adressée par Bembo à Lisabetta Quirina, (Rome, 27 août 1541), ibid., vol. IV, p. 132.
(3) D'une noble famille de Bologne, le comte Alessandro Manzuoli était fort instruit, et il n'est pas étonnant que
Paul III l'ait choisi pour diriger, de concert avec Galeazzo Rossi, l'éducation de Ranuccio (voy. la lettre de Trissino citée
ci-dessous, p. 43, n. 1). Le cardinal Alessandro Farnese lui fut toujours reconnaissant des soins qu'il avait prodigués à
sonjeune frère; le 10 juillet 1555, il le recommandait au vice-légat de Bologne (CARO, Delle Lettere scritte a nome del Card.
Alessandro Farnese, vol. II, p. 295); le 26 mai 1560, il sollicitait pour lui auprès de Pie IV la faveur d'un siège dans le
Conseil des Quarante de Bologne (ibid., vol. III, p. 312).
Undes manuscrits de la bibliothèque de Lord Leicester, à
Holkham Hall, a appartenu à unManzuolideBologne; c'est le Petri Pauli Vergerii Justinopolitani de ingenuis moribus
liberalibus studiis liber. Au fol. I, armes des Manzuoli ; sur une bande de parchemin, à la fin « Liber domini Georgii de
Manzolis » ; d'une autre main: « Caroli Sigoni, 1570. » Ce manuscrit porte le nº 486 et a probablement appartenu à
Carlo Sigonio.
Deux lettres de Claudio Tolomei prouvent qu'Alessandro Manzuoli faisait partie de l'Académie d'architecture
fondée par le docte Siennois ; voy. Libri VII Delle Lettere di M. Claudio Tolomei (Vinegia, 1557), fol. 72 vº, lettre àGio
vanni Francesco Lione, Rome, 20 juillet 1543 ; fol. 231, lettre à Manzuoli lui-même, Rome, 8 juin 1543.
(4) Lazzaro Buonamico, de Bassano (1479-1552).
(5) S'agit-il, dans cette dernière phrase, d'une leçon donnée à Ranuccio ou de leçons professées à l'Université de
Padoue ? Il est difficile de le dire, le texte n'étant pas très explicite.
RONCHINI, Lettere... di Parma, p. 571, n. 3.
LA FAMILLE PALATINE
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dignes de leur tâche en remplissant le premier de leurs devoirs, celui d'être en parfait accord entre
eux (1). Il en reste une preuve certaine dans une jolie lettre latine de Buonamico adressée de Padoue,
le 8 avril 1543, à leur commun disciple, lettre où il fait le plus grand éloge des deux gouverneurs du
jeune prieur et engage vivement celui-ci à suivre toujours leurs excellents conseils (2).
Commepresque tous les « serviteurs » de la famille Farnese, Galeazzo Rossi, arrivé au terme de
sa mission, continua à entretenir d'étroites relations avec ses patrons. Sans doute, il fut longtemps
encore attaché à la maison de son élève ; en tout cas, c'était lui qui, vers le mois d'août 1547, écrivait
à Caro, de la part de Ranuccio. pour lui demander une lecture ou plutôt une représentation de sa
comédie des Straccioni (3). C'est peut-être, d'ailleurs, le désir de conserver auprès de lui un homme
éprouvé, qui empêcha Ranuccio de solliciter pour lui quelque brillante récompense de ses peines:
le fait n'aurait riende rare. Onpeut croire cependant que Galeazzo lui dut sanomination comme «Prac
ceptor » de San Vito « de Ruvarata », au diocèse de Trani (4); mais ce fut seulement sous Jules III
que lui échut la place de référendaire de l'une et l'autre signatures (5), puis l'évêché d'Assise, le
8 octobre 1554. Évêque consciencieux, comme il avait été consciencieux précepteur, Rossi assista au
Concile, y présenta, le 4 janvier 1563, des observations sur les pensions (6), et, le 19 octobre de cette
(1) Cependant, à en croire une lettre adressée à Paul III, le 19septembre 1543, par Giangiorgio Trissino,-lettre
où l'auteur de la Sofonisba raconte un séjour à Vicence de Ranuccio et de Manzuoli, qu'il avait invités à assister à
l'entrée solennelle du nouvel évêque de cette ville, le cardinal Niccolò Ridolfi,
Manzuoli n'aurait pas été entièrement
satisfait de la manière dont Buonamico enseignait la grammaire grecque : « Il m'a demandé de vouloir bien aller à
Padoue et d'y resterdeux ou trois jours, pourme rendre un compte exact de la manière dont sefait cet enseignement.
J'y irai volontiers, et je verrai s'il est possible d'obtenir que dans cette langue on observe la méthode qu'employait
messer Demetrio [Calcondila], qui, comme Votre Sainteté me l'a dit plusieurs fois, est de toutes la plus rapide et la
plus profitable. » RONCHINI, Lettere... di Parma, p. 569-571.
(2) Lazari Bonamici Bassanensis carmina et epistolæ, p. 102-103 : « Lazarus Bonamicus Rinutio Farnesio priori
Veneto S. D. Ex sermone Joannis Cornelii, et ex litteris multorum tardiorem reditum tuum fore cognovi, quam pu
taram. Quam ob caussam mihi ad te scribendum esse existimavi, non tam ut te admonerem (monitores enim habes
domi Alexandrum Mantiolum, et Galeatium, prudentissimos, et tui amantissimos viros) quam ut declararem me valde
sollicitum esse de tua gloria; quæ tibi ex tanto ingenio, tantaque memoria proposita est. Quam, obsecro te, mi Ranuti,
nepatiare tibi eripi alicujus rei incuria. Magnum est natum esse in tam nobili familia ; majus, habere avum Pontifi
cem, inomnigenere Pontificiimuneris excellentem; longe vero maximum, ingenii virtutisque laudibus florere : quas tu
unus facillime omnium consequeris, si eorum parueris consilio, qui ætatem tuam docere et possunt et volunt ; quibus
te hactenus paruisse, nunquam, ut arbitror, te pœnitebit... Patavii, VI idus Aprilis M. D. XLIII. »
(3) CARO, Delle lettere familiari, vol. I, p. 279 : lettre écrite par Caro (Plaisance, 3 sept. 1547) à Ranuccio, alors à
Macerata : Risposi alli giorni passati alla domanda che' 1 Cavalier Galeazzo mi fece, da sua parte, della Commedia ; chè
questa era l'occasione di spiccarmi di qui per alcuni giorni. Aspetto che V. S. se ne serva; ed ora che N. S. viene a
Perugia, sarà tempo, perchè penso che si risolverà che non si reciti a Roma. » Caro redoutait un peu la diffusion et
surtout la représentation des Straccioni, qui contenaient trop d'allusions à la petite chronique romaine (cf.
les lettres écrites par lui, en 1548, à Vittoria Farnese, ibid , vol. I, p. 302-304, 308, et vol. II, p. 280).
Composée
vers 1544, cette comédie semble avoir été publiée seulement en 1582,par Alde le jeune. (RENOUARD, Annales de l'im
primerie des Aldes, 3e éd., Paris, 1834, in-80, p. 231.)
(4) Italia sacra, t. I, col. 484.
(5) PALLAVICINI, Storia del Concilio di Trento, t. VI, Indici, p. 48, col. 2.
(6) Journal de Nicolas Pseaume, évêque de Verdun. Mss. lat. 3774 Ade la Bibl. Nat. de Paris, p. 47: « Die lunæ,
congregatio facta, in qua Itali quidam canonistæ satis docte dixerunt, nisi quod Asciensis [ ms. lat. 1533, p. 183 : Galea
tius Roscius de Interanna (sic), episcopus Assisiensis) conquestus est de pensionibus. »
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LA COUR DE PAUL III
même année, mourut à Trente, où il reçut la sépulture. Une inscription, assez mal rédigée, à la cathé
drale de Terni, est le seul monument qui puisse le rappeler aujourd'hui au souvenir de ses conci
toyens (1).
FRANCESCO VANNUZIO, Aumônier du Pape ET FLAVIO BIONDO
La charge d'aumônier du Pape était aussi une de celles qui impliquaient une confiance presque
illimitée, non seulement à cause du maniement de fonds qu'elle comportait, mais aussi et surtout
parce que l'aumônier était mis en rapport avec les «persone secrete», qui bénéficiaient de la générosité
du souverain.
Francesco Vannozzi ou Vannucci qui remplissait, sous Paul III, ces délicates fonctions et qui,
sans nul doute, malgré son nom, n'avait rienàvoir avec lafameuse Vannozza de' Cattanei, la mère des
enfants d'Alexandre VI (2), appartenait à une famille romaine. « Honofrius Vannutius » est nommé
chevalier de Saint-Pierre par Léon X en 1520 (3); à la veille du sac de 1527, <<>>
sans doute
une fille de Gaspare ou de Francesco- vivait, sur la paroisse de Sant' Andrea di Capolecase, dans une
maison à elle, « in casa propria » (6), tandis que, par un contraste cruel, Paul III chargeait Vannuzio,
le 10 décembre 1539, de donner aux fils de feu messer Paolo Biondo une aumône de vingt écus. Le
Pape fit mieux ; il prit à son service un de ces orphelins, Girolamo Flavio, dont je n'ai pas réussi à
déterminer les fonctions, mais qui était certainement attaché à la Curie, car, pendant le Concile, il
échangeait avec Angelo Massarelli une correspondance d'un caractère tout officiel (7).
Francisco Vannuzio fut le protecteur et l'ami d'Ignace de Loyola (8).
XI. d. XV. | Obiit IIII Kl. maii M. D. LVI.- Il est possible que le «messer Cesare Vannuzio », que Vittoria Colonna
avait recommandé à Giovanni Guidiccioni pour une place dans le gouvernement de la Romagne, soit le neveu de
Francesco, c'est-à-dire le fils de Sallustio. Cf. la lettre de Guidiccioni à Vittoria Colonna, Forlì, 4 février 1540, à la
suite du troisième volume Delle Lettere familiari del commendatore Annibal Caro, p. 291 ; cf. MINUTOLI, Opere di
Mgr Giovanni Guidiccioni, vol. II, p. 236-237.
(1) Italia illustrata, dans le recueil des œuvres de Biondo publié par Froben (Basileae, 1559, in-fol ), 2e partie,
p. 348 E : « Magnam item spemDei munere constitutam videmus in quinque Blondis natis nostris, qui literis omnes
pro ætatesunt pleni. » Ils n'oublièrent pas ce passage, et ce furent lesBlondi quinque filii qui, unanimes, élevèrent à
leur père un tombeau digne de lui à l'Araceli. Cf. CASIMIRO DA ROMA, Memorie istoriche della chiesa e convento di
S. Maria in Araceli (Roma, 1736, in-4°), p. 265.
(2) MARINI, Degli Archiatri pontifici, vol. II, p. 159 et 247.
3) Ibid.; cf. vol. I, p. 273. Francesco eut une fille, Angela, qui mourut à l'âge de trois mois, le 31 décembre 1490,
et dontl'épitaphe a été conservée. Cf. CASIMIRO DA ROMA, Memorie ist. della chiesa ...in Araceli, p. 268.
(4) EdoardoALVISI, Cesare Borgia,duca di Romagna, notizieedocumenti (Imola, 1878, in-16), p. 150. dit que Gaspare
fut assassiné à la Cattolica, non loin de Cesena, en 1491.- Marini (vol. II, p. 159) dit au contraire qu'il mourut vers la
fin de 1493, mais en dehors de Rome.
(5) GNOLI, Descriptio Urbis, p. 445 b, dans le rione Ponte.
(6) ARMELLINI, Un censimento, p. 16.
(7) MERKLE, op. cit., t. I, p. 191, 208, 216.-C'est probablementluiqui futlepère de GloriaBionda, fillede Giro
lamo Biondi etd'Antonina de' Muti, et femme de Clements Bucelleni. Le filsde Gloria, Martino Bucelleni, dans l'épi
taphe qu'il a consacrée à sa mère en 1624, dit qu'elle était la dernière descendante directe de l'humaniste Flavio. Cf
CASIMIRO DAROMA, Memorie ist. della chiesa... in Araceli., p. 259.
(8) Cf. BARTOLI, Vita di S. Ignazio, lib. IV, cap. 18, p. 76.
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LA COUR DE PAUL III
MARCELLO PALONI
Capitaine
A l'une des familles les plus riches de Rome en ce siècle appartenait ce Marcello Paloni
auquel Paul III fait, le 28 juillet 1537, un don de 25 écus et, le 20décembre 1544, un autre don double
du premier.
Dès 1485, un membre de cette famille, Jacopo, était « maestro delle strade » (1). Peu avant le
sac de 1527, de nombreux Paloni habitaient dans le rione Trevi (Selvaggia), dans le rione Colonna
(Mario et Vincenzo), dans le rione Parione(Giuliano), et dans le rione Regola(Giovanni et Giulio) (2) .
Quant à Marcello, comme ces deux derniers, il avait, dès le temps de Léon X, sa demeure au rione
Regola, dans la paroisse de San Salvatore in Campo (3).
Fils de Domenico et de Ludovica Del Bufalo, il avait perdu son père avant le 11 janvier 1504,
date où sa mère était tutrice et de lui et de sa sœur Faustina qu'elle fiançait alors à Giacomo Antonio
de' Conti (4). Le 11 avril 1512, très jeune encore, il assistait, sous les ordres de Troilo Savelli, à la
bataille de Ravenne, dont il chantait les désastres dans un poème en hexamètres latins, divisé en deux
livres et publié dès l'année suivante (5). Sept ans plus tard, en 1519, il ornait d'une épigramme les
Disputationes d'Andrea Matteo Acquaviva (6), et il ne manqua pas de s'associer, en 1524, au nombreux
groupe de poètes qui collaborèrent aux Coryciana (7). C'était vers ce temps que, dans sa revue des
<>? Une lettre de Baldassare Casti
glione au dataire Giberti montre que, le 24 mars 1527, Marcello n'était pas à Rome : « ...Pur venendo il signor Marcello
Pallone, il quale è tanto servitore di V. S., non ho voluto restar di scriverle queste poche parole per baciarle le mani
e mandarle alcune cose dell' Indie, ch'io ho posto insieme essendo in Granata... » CASTIGLIONE, Lettere (Padova, 1769,
in-4°), vol. II, p. 246.
Il est vrai que la prise de Rome n'ayant eu lieu que le 6 mai 1527, on pourrait penser que
Palone était, à cette époque, rentré à Rome. Mais ici, autre difficulté : on sait qu'un capitaine Pallone, qui ne peut
être Marcello, était au service des Médicis de 1555 à 1572. Cellini
ce serait une solution acceptable- aura confondu
les deux capitaines, et le « Pallone de' Medici » de 1527 serait bien, malgré son qualificatif erroné, le romain Marcello
(2) BEMBO, Lettere (éd. de 1809), vol. III, p. 376-380 (de Padoue, 5 juillet 1532). Bembo lui indique plusieurs
passages à revoir.
(3) Gaetano CAPASSO, Il primo viaggio..., p. 45.
(4) Carlo CAPASSO, La politica..., p. 301, note.- En 1538, dans une ode adressée à Paul III lors de son retour
de Nice, Antonio Cerruti le met au nombre des poètes ses amis (Carminum libri quattuor, éd. citée, fol. 93 vº). Le même
poète lui avait adressé deux autres odes (ibid., fol. 10 vº et 34 vº). Cf. aussi fol. 44.
(5) MINUTOLI, Opere di Mgr Giovanni Guidiccioni, vol. II, p. 420.
(6) Cf. ci-dessous, p. 107.
(7) Francesco CANCELLIERI, Solenni Possessi, p. 108.
(8) BERTOLOTTI, Artisti bolognesi, p. 35. Dans cet instrument, Paloni est indiqué comme habitant dans le rione
Monti. Il y avait probablement une maison, car le 3 janvier 1558, on le retrouve dans le rione della Regola : le testa
ment du Napolitain Alfonso de Lagni, seigneur de Bassano d'Orte (province de Viterbe), qui laissait tous ses biens à
l'hôpital de San Spirito in Sassia, fut en effet, à cette date, dressé dans la maison de Marcello Paloni, in regioneAre
nulae. Cf. TACCHI-VENTURI, Nuove lettere inedite di Vittoria Colonna, р. 310.
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LA COUR DE PAUL III
Jean Du Bellay(1). De 1565à 1568, alors qu'il devait être en pleine vieillesse, on le trouve au nombre
des réformateurs de l'Université de Rome (2).
POMPONIO CECI
Camérier
Pomponio Ceci, membre d'une ancienne et grande famille romaine, paraît avoirjoui auprès
de Paul III d'une confiance toute particulière, comme l'indiquent les différents postes auxquels il fut
successivement appelé par le pape Farnese (3). Ainsi que deux autres de ses frères et un deses neveux,
il était sans doute déjà chanoine de Saint-Jean de Latran lorsqu'il fut nommé, au mois d'août 1538,
évêque d'Orte et de Civitacastellana (4), puis en 1539, au mois de novembre, transférésur le siège de
Nepi et de Sutri (5), et enfin, le 2 juin 1542, promu cardinal-prêtre du titre de Saint-Cyriaque (6).
De plus, en 1538 ou 1539, il avait été chargé des fonctions de vicaire de Rome in spiritualibus (7).
Il ne survécut que quelques semaines à l'honneur suprême qui lui avait été fait. Le 3 août 1542, il
mourait et était enterré à Saint-Jean de Latran, non pas tout de suite in sacello majorum, comme le dit
Ughelli, car cette chapelle ne fut construite qu'après son décès, si l'on en croit l'inscription suivante,
où l'on trouve les noms de ses cinq frères et de ses deux sœurs : « Julianus Cæcius can. Lat. Ippolyta
Cæcia, Tranquillus Cæcia (sic), Aurelius Cæcius can. Lat., Matthias Cæcius, Ludovicus Cæcius can. Lat..
Faustina Cæcia, Pompon. Cæc. can. Lat. S. R. E. presb. car. Pauli III vicar:fratres-Attilio Matthæi F,
can. Lat. amanter et pie curante, diversis locis dissiti qui ex uno materno utero prodiissent utin
unum terræ matris locum reciperentur, h[ic] s[iti] s[unt] > (8). Sa qualité de Romain et, peut-être,
(1) Bibliothèque nationale, ms. fr. 5150, fol. 75 (minute d'une lettre de Du Bellay à Paloni, de Saint-Maur, 14 août
1551) ; cf. ibid., fol. 72 vº, la minute d'une autre lettre du cardinal au sieur de Manne, 18 août 1551, où le nom de
Marcello revient par deux fois.
(2) RENAZZI, Storia dell' Università degli studi di Roma, vol. II, p. 250.
(3) Si Paul III a réellement été l'élève de Pomponio Leto, Ceci fut alors son compagnon d'études, et sa brillante
carrière sous le pontificat du pape Farnese s'explique aisément. Voy. W. ZABUGHIN, Pomponio Leto, vol. I (Roma,
1909), p. 5.
(4) UGHELLI, Italia sacra, vol. I, col. 602, où il est appelé Cæsius et ainsi indûment rattaché àla famille Cesi. La
même faute seretrouve dans EUBEL (Hierarchia catholica, t. III, p. 228), sans doute parce que Pomponio succédait surle
siège d'Orta au cardinal Paolo Cesi.
C'est probablement lui qui, avec Mario Salamoni, docteur en chacun droit, avo
cat consistorial, figure, sous le nom de Pomponium Cerinum, civem romanum, canonicum Lateranensem, dans l'acte du
10 septembre 1533 confirmant à Angelo Colocci la concession du Jardin Quirinal et des Thermes de Constantin. Voy.
LANCIANI, Storia degli scavi, vol. II, p. 20.
(5) Italia sacra, vol. I, col. 1033 et 1277 (même observation qu'àla note précédente). Ici Eubel (ibid., p. 305)
a imprimé « Ceccius (Cesius) ». Unacteofficiel, par lui adressé, en cette qualité, à Piero di Antonio Ugolini en 1540, se
trouve au Musée Britannique. Cf. Catalogue of additions to the mss in the British Museum in the years MDCCCCVI
MDCCCCX (London, 1912, in-8°), p. 296.
(6) NOVAËS, vol. VII, p. 34.
(7) Giacinto POZZETTI, Elenchus chronicus vicariorum Urbis in spiritualibus (Roma, 1797, in-4°), p. 45.
(8) UGHELLI, Italia sacra, vol. I, col. 1033 ; FORCELLA, Iscrizioni... delle Chiese di Roma, vol. VIII, p. 31, nº 58. —
LANCIANI doute si la maison de l'évêque de Nepi qui est comprise dans la rectification de la Via Lata en 1538 appar
LA FAMILLE PALATINE
49
son goût pour la philosophie et l'astrologie ne furent certainement pas étrangers àlarapide fortune de
messer Pomponio, si brusquement arrêtée par le destin (1). Il avait probablement aussi des talents
diplomatiques, puisque, le 20décembre 1537, 50 écus lui étaient payés, sur l'ordreduPape, «pour faire
quelques services pour sa Sainteté ». Ces sortes de mentions rédigées en termes très vagues semblent
toujours indiquer des missions confidentielles.
OTTAVIANO ΖΕΝΟ
Camérier
Ottaviano Zeno, qui appartenait à la grande famille vénitienne de ce nom, fut, sans doute
pour cette raison, choisi par Paul III, lorsqu'il s'agit de porter à Pietro Bembo le chapeau cardinalice
et les félicitations du petit-fils du Pape, Alessandro (2). Le grand écrivain paraît avoirgardé de celui
qui avait rempli cette mission un excellent souvenir ; car, le 25 mars 1541, il adressait au camérier
une très aimable lettre qui nous a été conservée (3). On sait aussi que Zeno était en bonnes relations
avec Giovanni Guidiccioni, le dévoué mais assez malheureux serviteur des Farnese (4), et avec son
collègue, le comte Michele Della Torre, évêque de Ceneda (5). Dans sa maison de Rome, près du théâtre
de Pompée et du Campo di Fiore, il avait réuni quelques antiquités; il possédait une sculpture
mithriaque dont le célèbre manuscrit de Pighius renferme un dessin (6). Il mourut à Rome vers le
tenait au cardinal Giacomo Simonetta, à Pomponio Ceci ou à Giacomo Bongalli (Bullettino della comm. archeol. com.
di Roma, 1902, p. 254; cf. p. 255). Le cardinal Simonetta étant mort le 6 février 1538, je crois qu'il faut trancher la
question en faveur de Pomponio Ceci. Cette maison est, par sa situation, tout à fait différente de celles qu'habitaient
Giuliano Ceci sous le règnede LéonX, dans le rione Parione (ARMELLINI, Un Censimento,p.74), et Giovanni Ceci, en 1526
1527, dans le rione Monti (GNOLI, Description Urbis, p. 394 b). On peut ajouter que les Ceci possédaient un véritable
fief à Saint-Jean de Latran : Attilio Ceci, chanoine de cette basilique dès 1551, faisait son testament, le 24 mars 1573,
et demandait à être enterré dans la chapelle de la Nativité fondée par lui
Pasquale ADinolfi, Laterano e Via
Maggiore(Roma, 1857, in-8°), p. 271 ; cf. F. EHRLE, Roma al tempo di Giulio III. La Pianta di Roma di Leonardo
Bufalini, p. 42 a. Attilio était aussi, sous Pie V, curé de San Niccolò in Agone (ARMELLINI, op. cit., p. 114).
(1) L'auteurdupamphletreproduitpar Sleidan (Histoire de l'Estat de la Religion et République sous l'Empereur
Charles V (chez Jean Crespin, MDLVII, 1557) fol. 379 vº) nomme Ceci
avec Cervini, Gaurico et peut-être Juan
Aguilera- parmi « les astrologiens et nécromanciens » qui durent à leur art maléfique la faveur de Paul III.
(2) Lettere di M. Pietro Bembo Cardinale, (éd. de Milan, 1809),in-8º, vol. I, p. 20et 23, 124et 125 (à Paul III, Venise,
30 mars 1539 ; au cardinal Alessandro Farnese, Venise, 31 mars et 4 avril 1539) . RONCHINI, P. 52. C'est à tort que
NOVAËS (Elementi della storia de' sommi Pontefici, t. VII, p. 24-25) dit que la barrette fut portée à Bembo par Carlo
Gualteruzzi. Du reste, tous les autres détails que ce même auteur donne au sujet de la promotion de Bembo sont égale
ment inexacts.
(3) Lettere di M. Pietro Bembo, éd. citée, vol. II, p. 363, et surtout vol. V, p. 304, la lettre citée p. 50, note 1.
(4) Delle lettere del commendatore Annibal Caro, vol. III, p. 279. (Lettre de Guidiccioni à l' « ambassadeur de
Venise », Ravenne, 25 janvier 1540) ; cf. MINUTOLI, Opere di Mgr Giovanni Guidiccioni, vol. II, p. 227.
(5) Lettere di M. Pietro Bembo, éd. citée, vol. II, p. 363.
(6) JAHN, Ueber die Zeichnungen antiker Monumente im Codex Pighianus, dans les Berichte der K. Sächs. Gesell
schaft der Wissenschaften, séance du 12 décembre 1868, p. 190. Ce monument a été gravé dès le xvIe siècle dans le
Speculum Romanæ magnificentiae, avec la légende suivante : « Hæc vetusta marmorea tabula, quæ Romæ in aedibus
Octaviani Zeno prope theatrum Pompeij et campum Floræ extat, hisce signis ornata; veteres rerum naturaliumperiti
optimi agricolæ munus significare voluerunt. » : Cf. l'exemplaire de la Bibl. Nat. Réserve F. 1052.
7
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LA COUR DE PAUL III
milieu du mois d'octobre 1542, et Bembo, qui était déjà son obligé et qui l'avait d'ailleurs assisté
dans sa dernière maladie, recueillit dans son héritage l'église paroissiale de Santa Maria de' Casali,
au diocèse de Trévise (1). Zeno avait accompagné Paul III dans son voyage à Nice, et c'est à cette
circonstance qu'il doit d'être mentionné dansles comptes de 1538:le 27 juillet,Bernardinoluirembour
sait un écu d'or qu'il avait été chargé de donner à un pauvre, lors du passage de la cour à Bagno San
Filippo.
EGIDIO ZEFFIRI, Camérier ET SILVIO ZEFFIRI, Médecin
La famille d'Egidio Zeffiri, peut-être originaire de Novare (2), faisait partie de la clientèle de
Paul III au moins dès le pontificat précédent. Car, sous Clément VII, Lodovico Zeffiri, chanoine d'An
cône, puis de Saint Cosme-et-Damien (3) et enfin de Saint Jean-de-Latran, et l'un des « scripto res
de l'Archivio, était secrétaire du cardinal Alessandro, le futurpontife. Il mourut en 1529 et fut ense
veli à San Pietro in Montorio, où son frère Egidio et son neveu Silvio lui firent graver une épitaphequi
nous a été conservée (4).
Egidio, qui recevait du dataire l'argent destiné aux besoins du Pape et le remettait au tré
sorier secret, était sans doute l'un des camériers favoris de Paul III, et c'est grâce à son heureuse situa
tion qu'il put faire agréer par son maître, en qualité de médecin, son fils Silvio (5), et en qualité de
châtelain d'Ancône, son autre fils, Pietro (6). Egidio, dont le nom est si souvent répété dans notre
premier registre, fut enseveli dans la même église que son frère Lodovico (7) ; mais son épitaphe ne
1) LetterediM. Pietro Bembo, éd. citée, vol.V, p. 301, àson neveu Giovammatteo (Rome, 21 octobre 1542): « Nostro
Signore mi ha conferito la parrochiale di S. Maria de Casali della diocese di Trevisi, che teneva il Reverendo M. Otta
viano Zeno, che mori qui alli di' passati... » ; et p. 304, au même, Rome, 11 novembre 1542 : « Non replicarò altro,
se non che a me basta aver satisfatto pienamente, prima all' officio di buon amico verso M. Ottaviano in riceverlo e
tenerlo amorevolissimamente in casa mia con servitori e cavalli più mesi, ed in ottenergli da Nostro Signore io solo
la grazia di ducati trecento delle spoglie disuo zio morto qui, ed ancora, quando cascò malato, in mandare i miei servi
tori e muli e lettica a pigliarlo dove esso stava, e finchè è visso, in trattarlo e farlo governare non manco diligentemente
che se mi fusse stato figliuolo ; poi, circa li beneficj, aver satisfatto alla coscienza mia, e di ogni buon uomo... »
(2) Dans leDialoguede Giuseppe BETUSSI,Le imaginidel Tempio, della signora Donna GiovannaAragona (Venetia,
Giovanni de' Rossi, 1557, petit in-8°), p. 28; cf. la table, on voit « Filippo Zaffiri Novarese » nommé conservateur
de l'image de madonna Cortesia (Cortese). Ce Filippo fut l'un des premiers fondateurs de l'Académie des Affidati de
Padoue, et son Canzoniere a eu les honneurs de l'impression. (TIRABOSCHI, Stor. della lett. ital., éd. de Milan, t. VII,
p. 1712.) Cependant Silvio Zeffiri, dans le titre du traité dont il sera question un peu plus loin, se dit « Romanus ».
(3) HERGENRETHER, Regesta Leonis X, nº 5088 (25 octobre 1513) .
(4) MARINI, Archiatri pontifici, t. I, p. 363 ; t. II, p. 352. Voici cette épitaphe, d'après FORCELLA (Iscrizioni...
delle chiese di Roma, t. V, p. 251, nº 697).
D. O. M. Ludovico Zephyro ecclesie Lateranensis canonico ac Alexandri car. de Farnesio a secretis Egidius frater
et Silvius nepos non sine lacrimis posuere. Vixit annos LXIII. Obiit pridie Kl. maii M.D.XXIX.
5) MARINI, t. I, p. 363-364 ; MANDOSIO, ΘΕΑΤΡΟΝ (Romæ, 1784, in-4º), p. 140-141.
(6) MARINI, p. 363.
MANDOSIO, p. 141, Marini révoque en doute ce dernier fait, avancé par Amatus Lusitanus,
car il a trouvé ce personnage nommé Pier Ventura dans divers brefs datés de 1535, 1537 et 1539.
(7) MARINI, p. 363-364.
LA FAMILLE PALATINE
51
nous est point parvenue, et nous ignorons la date de son décès, qui paraît devoirse placeren 1548(1).
Quant à Silvio, qui n'apparaît qu'une seule fois dans nos registres, probablement au moment d'une
indisposition ou d'une absence de son père, on sait seulement qu'il était mort avant 1567 (2). C'est
vraisemblablement lui qui était l'amidupoète Francesco Molzaet qui, membredel'Académie romaine,
est désigné dans les lettres de Caro sous le nom de « Padre Zeffiro » (3). Il fut nommé et renommé réfor
mateur de l'Université de Rome, en 1543, en 1547, en 1548, et de 1549 à 1552 (4). En 1559, il était
l'un des membres du conseil médical des États de l'Église, et en 1562, ses collègues l'élisaient « proto
medico » (5). La famille resta à Rome : Paolo Emilio Zeffiri, fils de Silvio, fut consul de la ville,
en 1590 et en 1609, età ce titre son nom figure au Capitole,dans lesinscriptionsdestrophées deMarius
et de la statue du Tireurd'épine (6). Un peu plus tard, un second Lodovico Zeffiri était nommé évêque
de Squillace (17 septembre 1635) (7).
BARTOLOMEO CAPOBIANCO
Camérier
Un autre camérier, qui fut aussi chargé d'une mission au moins, mission d'un caractère plus
financier que diplomatique, est messer Bartolomeo Capobianco, de Bénévent. Notre premier registre
le montre dans cette fonction : le 12 octobre 1538, il était versé au trésorier secret, par les mains de
messer Scipione Perotta, une somme de 600 écus d'or, à valoir sur le reliquat des décimes et
<> (1). Cette mention est fort intéressante, car elle se
rattache sans nul doute aux événements dont Ancône avait été le théâtre vers la fin du pontificat de
Clément VII. Senili avait une autorité toute particulière pour tout ce qui concernait les suites de cette
attristante affaire. Au moment où quelques avides courtisans déterminaient Clément VII à supprimer
violemment les libertés de la ville d'Ancône, en 1532, il fut à peu près seul à prévoir l'orage et à tenter
de secouer l'apathie de ses compatriotes (2). Son courage ne resta pas ignoré et, dès 1533, dans les
efforts qu'il faisait pour arracher les victimes à la cruauté du cardinal de Ravenne, Benedetto Accolti,
et de son digne acolyte, le vice-légat Bernardino Della Barba, le futurPaul III employait Senili (3).
Lorsque, devenu pape, le cardinal Farnese fit arrêter et mettre en jugement le légat tortionnaire,
Senili figura au nombre des témoins àcharge(4), et, dans les mémoires qu'il adressait du Château
Saint-Ange à son défenseur,le célèbrejurisconsulte Silvestro Aldobrandini,Accolti récusait vigoureuse
ment ce gênant adversaire : « Messer Cipriano Senili
écrivait-il
a été nourri et vêtu par moi
plusieurs fois, à différentes époques, caril était absolument en guenilles. Néanmoins, environdeux mois
avant que je fusse mis ici, il s'est conduit avec la plus grande cruauté, sous prétexte que, m'étant
entendu avec Monseigneur de Rieti (5), j'avais banni ce misérable Domenico Del Riccio, son cou
sin (6) ». Accolti eut beau faire. Malgré sa rancune de prélat condamné et vicieux, il ne put entamer
l'estime que Senili inspirait aux honnêtes gens et au Pape lui-même : il le vit, en 1540, nommer prévôt
de Santa Maria del Mercato par la commune d'Ancône (7), et sept ans plus tard, le 13 mai 1547,
(1) Paul III avait déjà fait remettre, le 5juillet 1536, trente écus à Cesarea et cinq autres écus à une femme qui
l'accompagnait.
Giambattista Grazioli, qui fut dans la seconde moitié du xvIe siècle, chevalier de San Stefano,
blessé à deux reprises et fait prisonnier par les Turcs, racheté par le grand-duc de Toscane Cosme III et nommé com
missaire général des galères, était sans doute un descendant de « madonna Cesarea ». Il mourut à Ancône, âgé de
38 ans, en 1614. Un de ses frères, Francesco, mourut en combattant sur une des galères du grand-duc Ferdinand Ier.
Cf. C. FEROSO, Anconasemper optimorum ingeniorumdomiforisque præstantiumfoecunda genitrix (Ancona, 1883, in-16),
p. 57.
(2) Enea COSTANTINI, Il Cardinale di Ravenna (Benedetto Accolti) al governo d'Ancona e ilsuo processo sotto Paolo III
(Pesaro, 1891, in-80), p. 82.
(3) Lettre écrite de Rome, le 7 avril 1533, en faveur de Girolamo, fils de Paulina d'Ancona: «... Et perchè di questa
cosa ho io ordinato a messer Cipriano nostro ne parli con esso lei, la prego voglia prestarli quella fede, che a me proprio
prestaria... » COSTANTINI, op. cit., p. 75.
Le 29 août 1536, Paul III faisait remettre une somme de quatre écus à un
autre fils de Paulina, qui portait le prénom de Pietro.
(4) Ibid., p. 279.
(5) L'orientaliste Mario Aligerio Colonna, évêque de Rieti de 1529 à 1555, date de sa mort.
(6) COSTANTINI, op. cit., p. 322.
(7) Ibid., p. 32, note 1.
54
LA COUR DE PAUL III
occuper le siège épiscopal de la ville d'Osimo, où il termina sa vie en 1551 (1). On dit que, dans ces
dernières fonctions, Senili se montra d'une grande sévérité et que, dans une salle de son palais, bien
en vue, il avait fait disposer l'appareil destiné à fouetter les prêtres indisciplinés (2). Mais ce n'est
pas seulement la répression des mauvais membres de son clergé qui le recommande au souvenir de la
postérité. Son épitaphe rappelle qu'il avait une remarquable connaissance de l'antiquité grecque et
latine, et elle ne ment point. Dans une lettre adressée à Pier Vettori, Dionigi Lippi raconte qu'ayant su
que l'évêque avait copié beaucoup de livres grecs « tant γραφικῷς que ὀρθογραφκιῷς », ils'adressa à ses
héritiers pour se renseigner sur sa bibliothèque. Malheureusement pour Lippi, il était déjàtrop tard.
Les héritiers ne purent que lui dire qu'aussitôt après la mort de Senili, une partie de sa bibliothèque
avait été dispersée par des élèves et des parents, et que l'autre partie avait été transportée à Rome
sur l'ordre du cardinal Alessandro Farnese. En publiant le document qui contient ces détails
curieux, Marini ajoute, sans en donner la preuve, que Senili était docteur en médecine (3).
LES BOUFFONS
Au xvIe siècle, toute cour bien ordonnée avait un ou plusieurs bouffons. La cour pontificale ne
faisait pas exception à cette règle ; c'était l'un des détails par où s'affirmait, dans la vie domestique,
l'un de ses deux caractères, le caractère princier et laïque. Le nom de Frà Mariano est devenu insé
parable de celui de Léon X, et, comme les cardinaux imitaient leur souverain, le souvenir de Gradasso
est resté attaché à celui de son maître le cardinal Hippolyte de Médicis. La maison Farnese aurait
probablement cru déchoir en n'imitant pas sur ce point la maison de Médicis, à laquelle elle succédait
sur le trône. Paul III eut donc au moins deux bouffons, dont unbouffon laïque, CAGNETTO, de Velle
tri (4), qui apparaît pour la première fois le 21 août 1537, où il reçoit une aumône de sept écus. A
cette date, il n'avait probablement diverti le Pape que d'une manière tout à fait passagère. Ce
fut peut-être lors des préparatifs du voyage de Nice que l'on se souvint de lui ; il fallait un fou
pour faire bonne figure en face de ceux de François Ier et de Charles-Quint, et l'on hésitait à
produire, en une occasion toute politique, le véritable fou du Pape, FRA BACCIO, quelque capucin à
(1) Italia sacra, t. I, col. 510. Une note ajoute qu'il mourut le 29 juillet 1559, à 68 ans; cette dernière date n'a
pas été admise par GAMS (Series episcoporum, p. 713) qui donne, avec une certaine réserve, la date du 19 juillet 1551.
(De même EUBEL, op. cit., p. 139.) — On conserve, à l'Archivio di Stato de Florence, une lettre adressée par lui au car
dinal Cervini (Osimo, 1er nov. 1550) : Carte Cerviniane, filza XXXIII (45).
(2) COSTANTINI, op. cit., p. 32, note 1.
(3) Les héritiers remirent cependant à Lippiunpetit manuscrit autographe de Senili, qu'il s'empressa d'envoyer à
Vettori (MARINI, Archiatri Pontifici, vol. I, p. 434, note c).
(4) Était-il de la même famille que ser Angelo de Cagnetto de Pérouse, notaire ou prêtre qui, en 1379, traduisit de
ghaligo in latinum (c'est-à-dire de français en italien) le livre de la Doctrine puérile ? On ne saurait le dire avec certi
tude, et cela est assez peu probable. Cf. Inventario della R. Biblioteca Riccardiana di Firenze. Manoscritti italiani,
vol. I, a cura di S. Morpurgo (Roma, 1900, in-8°), p. 421-442.
LA FAMILLE PALATINE
55
demi-défroqué, mais qui tout de même, portait l'habit monastique et ne pouvait guère le ravaler
en public. C'est donc le 18 mars 1538 seulement que le nom de Cagnetto est suivi, dans les
comptes, du titre dont à l'avenir il se parera fièrement, « buffone magro di sua Santità » : ce jour
là, il reçoit une paire de bottes en cuir de vache et une paire de chaussures ordinaires. Son équipe
ment se complète, le 24 avril, par un jupon et une paire de chausses; dès le 29 mars, à Acquapen
dente, le trésorier lui avait versé, sur l'ordre du Pape, trois écus et trente baïoques « pour acheter
du drap rouge afin de s'en faire une cape ». Il possédait désormais tous les insignes de sa dignité.
Sut-il en faire bon et savant usage ? On en peut douter. En effet, les comptes de François Ier ne
renferment pas son nom, et l'on n'y trouve que deux articles qui, au moins à première vue, parais
sent le concerner :
<< A François Dujardin, facteur de PierreMangot, orfèvre du roi, 13 livres 10 sous en payement d'une
image d'or vendue au roi à Villeneuve-de-Tende, au mois de juin dernier, et donnée au« plaisant du Pape »,
nommé Le Roux ». (Octobre 1538) (1).
<> (5). Il est à croire que
(1) Edoardo SOLMI, Gasparo Contarini alla Dieta di Ratisbona, dans le Nuovo Archivio Veneto (Venezia,
1907) , p. 27.
(2) TURCHI, Lettere facete, p. 41 : « Orsù fui a Fiorenza, et mi fu mostrato da Messer Giovann Francesco da Orvieto
la libraria et sacrestia di San Lorenzo che ancor ch'io non sia architetto, mi piacque oltra modo. Mi fu poi mostrato da
due gentilhuomini Fiorentini tutte le cose rare di Fiorenza, et nel vederle mi ricordai di lei. Viddi il Rosso Buffone
eques et comes, il qual le bacia le mani un million di volte.... »
(3) Annibal CARO, Delle lettere familiari, vol. III, p. 133 : « Quello stesso, in persona sua propria, la quale è messer
Antonio da Piperno, amico del Cagnetto, e compatriota del Probo, è capitato qui. » Cette lettre, écrite à Ravenne, sans
indication de temps, est à peu près certainement de 1540, année pendant laquelle Guidiccioni séjourna plusieurs fois à
Ravenne. (Cf. Opere di Monsignor Giovanni Guidiccioni, éd. Minutoli, vol. II, p. 218 et suiv., 224 et suiv., 295 et suiv.,
320 et suiv ).
(4) BERTOLOTTI, Speserie segrete e pubbliche di PAULO III (Atti e Memorie... dell' Emilia, nuova serie, Modena,
1878), p. 183.
(5) Une lettre de Paul Jove au cardinal Alessandro Farnese, datée de Rome et du10 septembre1546,donne frà
Baccio
peut-être par plaisanterie
comme appartenant au service d'un destinelli », sans doute le « tinello secret ».
Faisant allusion aux fatigues du cardinal pendant la guerre d'Allemagne, Jove écrit, dans sa langue bizarre et tour
mentée par le désir de faire de l'esprit àtout propos : « Vostre Seigneurie Révérendissime et Illustrissime non seulement
sera délivrée des douleurs de corps, mais tous ceux de sa maison deviendront constipés à tant échapper à l'exemple
du milan (a uso di Nibbio, allusion à quelque personnage ?), comme écrit Frà Baccio du Tinello, qui, en philosophe,
attribuait le flux partie à la viande de mouton partie au bruit des canonnades. Monseigneur, les lettres de Frà Baccio
ont été si véridiques, prudentes et plaisantes que nous en avons fait la figue à toute votre secrétairerie trop chiche,
disant qu'il les écrit pour suppléer aux secrétaires majeurs dont la plume ne trouve pas le trou de l'encrier, et mille
LA FAMILLE PALATINE
57
Frà Baccio appartenait depuis longtemps à l'arrière-garde de la « famille » du vieil Alessandro Far
nese (1). Le 16 janvier 1536, il faillit, par un coup de langue trop pointue, soulever un incident diplo
matique. Les jeunes gentilshommes vénitiens qui avaient accompagné à Naples les ambassadeurs de
la République s'étaient, dans leur voyage de retour, attardés à Rome, et, ayant voulu assister au
déjeuner du Pape, ils arrivèrent au moment précis où « Frà Bachio, buffon Fiorentino » disait que les
Vénitiens avaient perdu leur réputation maritime, en ajoutant à ce propos diverses aménités. Bien
que Paul Jove eût, assez ironiquement, pris la défense de leur patrie, les jeunes gens se retirèrent en
proférant des menaces. Frà Baccio avait peut-être poussé la critique un peu trop loin, mais il savait
parfaitement qu'en usant ainsi de ses prérogatives de « fou », il plairait à Paul III, très mécontent de
ce que les envoyés de la Sérénissime n'eussent pas cru devoir s'arrêter à Rome en se rendant auprès
de Charles-Quint (2). Le 3 septembre,le Pape octroyait à l'indiscret bouffonvingt beaux écus pour lui
permettre de pourvoir à ses besoins, six écusle16septembre, et, le 3 décembre,vingt-cinq autres écus,
plus beaux encore puisqu'ils étaient plus nombreux. Le 14 mars 1537, la pluie d'or se raréfie : de la
cassette pontificale il ne sort plus que quatre écus. Le 11 avril, c'est encore dix écus ; le 30 juillet,
FràBaccio obtient une selle et des harnais pour sa « bête ». Comme onle voit, la patience quémandeuse
ne lui manque pas; aussi lejour du triomphe est-il proche.Paul III se lassait assez vite des sollicita
tions infatigables du petit monde plus ou moins équivoque qui s'agitait autour de lui, et, pour avoir
la paix, il éconduisait les gens une fois pour toutes, ou bien, cas plus fréquent, leur accordait une légère
mensualité. Frà Baccio fut au nombre des heureux : le 20 août 1537,le malin Bernardino Della Croce
constatait l'événement sur son registre et versait au « venerabile Frà Baccio » la somme de quatre écus
pour le mois en cours.
Dès 1536, le moine bouffon était célèbre. Bernardo Boccarino, qui était alors à Montplaisant,
autres beaux traits, de sorte qu'il me paraît digne d'être enlevé de l'office du Tinello. Et si le seigneur Fulvio et le
seigneur Papirio ne réjouissaient pas Rome avec leurs escarmouches, les lettres de Frà Baccio allaient à l'imprimerie... »
Lettere di Mgr Paolo Giovio (Venetia, 1560, petit in-8°), fol. 22. Ne pourrait-on pas aussi conclure de ce passage que le
cardinal avait emmené Frà Baccio en Allemagne, parmi les impedimenta de l'expédition ?
(1) Dans lamention du 2 mars 1536 relative à un «messer Baccio » (Registre, p.29), il ne paraîtpas qu'il s'agisse de
lui, mais peut-être de Baccio ou Bartolomeo Cavalcanti (Baccio est, en Toscane, la forme familière du prénom Bar
tolomeo) , ou plutôt encore du chapelaindes « Murate » de Florence, qui figure dans nos comptes à ladate du 5avril 1538
(Registre, p. 209).
(2) Lettre deGirolamo Negri à Marcantonio Micheli, Rome, 17janvier 1536(Lettere di Principi, éd. citée, vol. III,
p. 38) : « Li vostri Oratori da Cesare partirono per Venetia alli 8 di questo, et buona parte de' gentilhuomini giovanı
son venuti qui per veder Roma, di quella compagnia, delli quali alcum non vi sono fermati più che un giorno, che a
pena hanno veduto il ponte Sant'Angelo : alcuni altri sono ancor qui, et per mala sorte loro, essendo hieri andati
a veder pranzare il Papa, si abbatterono in tempo, che un frà Bachio,
chio, buffon Fiorentino, diceva mal di Vinitiani,
che havevano perduta la riputatione nelle cose maritime, et che non volevano scoprirsi mai, sin che l'acqua non gli
era sopra il capo, etc. Il Giovo, mostrando di difenderli, disse, che l'era morto un gran valent'huomo in mare, il Cana
letto, et che Venetia non haveva il pare, etc... in modo che alcuni di questi nostri ritornarono mal satisfatti di
quel pranzo ; et fu uno, che disse, che tutti questi erano ribelli, et che gli voleva accusare in Collegio a Venetia. »
Un jour, Paul III, demandait à Frà Baccio quelle était la plus belle fête que l'on pût voir à Rome, et l'auda
cieux bouffon répondit : « Quand le Pape meurt et que l'on en fait un autre ! » Lettre de Giulio Constantini, secré
taire de Giandomenico De Cupis, cardinal de Trani, Rome, 17 janvier 1550, dans ATANAGI, Lettere facete, éd. citée,
p. 389.
8
58
LA COUR DE PAUL III
dans le Dauphiné, avec son patron Rodolfo Pio de Carpi, nonce en France, écrivait à Dionigi Ata
nagi, le 10 mars, à propos des fêtes qui commençaient à l'occasion de l'entrée de l'Empereur dans la
VilleÉternelle, cette phrase plutôt obscure pour l'historien d'aujourd'hui : « Cependant je vous dirai
que vos fêtes des Banchi m'ont tout réjoui, et ce Frà Baccio aurait eu besoin de Frà Mariano avec una
frittata chaude, chaude... » (1). Et le 27 décembre 1539, Giovanni Guidiccioni, alors président de la
Romagne, le jugeait assez grand personnage pour lui adresser une lettre où il évoque le souvenir du
fameux Piovano Arlotto qui tenta de dérider l'ascétisme de saint Antonin de Florence ; lettre curieuse,
mais parfaitement intraduisible (2). L'intrigant, d'ailleurs, ne perdait pas son temps ; il semble qu'il
parvint à se faire attacher à la chapelle du Belvedere (3); il accompagnait Paul III dans ses déplace
ments, et remplaçait les palefreniers dans la distribution des aumônes ; tout à fait entré dans la
<> de Clément VII. C'est lui
qui, avec un autre camérier, aurait été chargé d'intervenir dans la querelle de l'irascible orfèvre avec
son collègue Tobia da Camerino et sa future victime Pompeo de' Capitani, et qui l'aurait arrêtépour
le conduire devant le gouverneur de Rome Gregorio Magalotti (1). Peut-être fut-il recommandé par
Bembo (2) au pape Farnese qui le maintint dans son office. Il devint bientôt l'un des personnages les
plus actifs et les plus remuants de la « famille » pontificale. Dans la Garde-Robe, où l'on entassait les
objets les plus disparates, il savait se retrouver à merveille. En mars 1536, il y découvrait le registre
contenant le bref qui nommait Aleandro au poste de bibliothécaire de la Vaticane et dont le bénéfi
ciaire avait perdu l'original lors du sac de 1527 (3). Au mois de mai de l'année précédente (1535), le
majordome (Antonio Giacomo Bongiovanni?) ayant été écarté de sa charge, Aleotto avait été prié
de remplir l'intérim, et il s'acquitta de cette tâche avec son empressement habituel (4). Il avait mille
(1) Vita, éd. Bacci, p. 120 : « ... che anchora oggi n'è vivo uno di quelli, ch' è vescovo, il quale si domandava Misser
Pier Giovanni, et era guardaroba di sua Santità.>>>
(2) BEMBO, Lettere, t. IV (Milano, 1810, in-8°) p. 143-144. Je n'hésite pas à reproduire cette jolie lettre à « Madonna
Artusinadegli Aleotti, a Forli», la très proche parenteetsans doute la mère de Pier Giovanni, puisqu'elle asoixante-dix ans
en 1540 : « Non mi potea venir letta alcuna lettera più cara della vostra, molto onorata Madonna Artusina mia. La
quale lettera m'ha tornato a memoria la nostra fanciullezza et l'amicizia stata già tanti anni tra la vostra casa e la
mia. Il che dolcissimo m'è stato, ancora che io col nostro messer Pier Giovanni avessi di voi ragionato e di quelli tempi
più d'una volta. Mi piace che serbiate ricordanza di me, che molto vostro sono. Quanto ad esso messer Pier Giovanni,
egli ha un padrone di qualità, che non ha bisogno di mio favore. Pure ogni volta che io potrò alcuna cosa per lui, non
gli posso nè potrò mancare, e facile anzi caro misarà potervi in questo piacere e soddisfare. Attendete a star sana ed
a serbarvi lungamente a contento degli amici vostri, tra' quali voglio teniate me sempre. Io sono nell' anno della mia
vita settantesimo. Stimo siate d'altrettanta età ancor voi, o per avventura d'alcun di più. Nostro Signor Dio vi
conservi lietissima e felicissima. Agli 11 di Gennaro 1540. Di Roma. »
(3) « Notaquod litteræ præfectionis meae in officio bibliothecæ fuerunt expeditæ sub bulla plumbea Leonis X et
registratæ in secretaria apud Jacobum Sadoletum [Jacobi Sadoleti... Epistolæ... Leonis X... nomine scripte, Romæ, 1759,
in-12, p. 197-200] , hic enim in tergo bullarum suprascripsit. Verum quia prædictae bullæ, quas in manibus Evangelistæ
Tosini procuratoris mei reliqueram, in direptione Urbis periissent, tandem registrum earuminveni in cubiculo secreto
S. D. N. Pauli papæ III, fol. 230, sicuti mihi notam dedit hodie, 19 martii 1536 D. Petrus Johannes custos seu guar
darobba Pontificis.>>>Henri OMONT, Journal du cardinal Jérôme Aléandre, dans les Notices et extraits des mss, t. XXXV
(1896), p. 41.
(4) Diariumde Biagio MARTINELLI, ms. cité, fol. 60 verso : « Die mercurii XXVI maii fuerunt vesperæpapales in
Capella. Pontifex pluviali albo et mitra prætiosa, cruce et cardinalibus præcedentibus, venit in Capellam et fecit
officium. Quibus expeditis, dum exueretur, mandavit quod hora nona cardinales et omnes alii essent in Palatio, quia
cito se expedire volebat, ante caloris augumentum, et quia alter magister domus factus fuerat, videlicet dominus Pau
lus Hieronymus.
Hieronymus. Res vero ita bene disposita fuerat, ex antiquis magister domus cassus fuerat, omnia dimiserat
in confuso. Transcurrimus tamen nos magistri coerimoniarum loca processionis una cum Joanne Petro, substituto
magistri domus, et inmultis locis reparavimus. » Je ne pense pas qu'il puisse s'agir icid'un personnage autre qu'Aleotto.
60
LA COUR DE PAUL III
affaires sur les bras ; mais, à son gré, il n'en avait jamais trop. C'étaient, d'abord et naturellement, les
soucis ordinaires de la Garde-Robe : l'achat des étoffes blanches destinées aux vêtements pontificaux,
la confection de la « nouvelle mitre précieuse » et des anneaux cardinalices, la mise en état de la rose
d'or et de l'épée annuelles, l'entretien des vases sacrés de la Chapelle, des litières, des armoires, des
tentures de l'appartement, de l'herminedes mozettes, des chemises mêmes duPape, de ses encriers, de
ses lunettes et de ses oiseaux, le rangement des confitures envoyées d'Espagne par le nonce, des méde
cines et des parfums, la conservation des médailles antiques, et tant d'autres choses ! Mais on lui deman
dait aussi certains services qui en faisaient un véritable « secrétaire » et comme un confident. En juin
1536, il préparait, pour être porté à Charles-Quint, le petit livre de prières peint par Vincent Raymond
et relié par Cellini (1). Le 18 janvier 1537, illui est remboursé5 écus qu'iladépensés pourla confectionde
l'épée de Noël envoyée au roi d'Écosse. En octobre 1538, il surveille un transport d'argent du Château
Saint-Ange au Palais. En décembre 1543, il fait faire le chapeau rouge que Monseigneur Sfondrato doit
porter en Flandre « pour le remettre à une personne secrète » (2). Et tout cela, au milieu des domes
tiques, des portefaix, des marchands, des artisans, des artistes, des importuns... Mais c'était une voca
tion. Sûr de ne pas perdrela tête dans ce tourbillon, il aimait à se mêler de tout, à empiéter même, sans
trop de façon, sur les attributions de ceux qui l'entouraient. Aussi, lorsqu'il fallut, en avril 1538,
partir pour Nice, Paul III n'hésita pas à lui confier, dans la « maison » provisoire qui fut constituée
pour ce voyage, la charge de trésorier secret. A son retour à Rome, il reprit, avec modestie et avec
allégresse, sa place de « guardarobba », où il resta jusqu'à la fin de 1544. Le 1er janvier 1545 (3), il
remplaçait Bernardino Della Croce dans cet office de trésorier secret qu'il avait tant de fois exercé
spontanément et qu'il conserva sous Jules III. Il y transporta ses habitudes. S'il avait pu
s'ingérer dans les affaires de Cellini sans que celui-ci lui vouât une de ces belles haines qu'il se plaît
tant à étaler, il n'en fut pas tout à fait de même lorsqu'il osa contrarier Michel-Ange. Le grand artiste
se demanda ce que venait faire dans les projets funéraires de Jules II à San Pietro in Montorio, cet
homme qu'il avait si souvent entendu soupirer, qu'il avait « tant de choses » à penser! Michel-Ange,
cependant, eut la sagesse « de ne pas lutter avec celui qui fait souffler les vents où il veut » (3), et il se
contenta de le baptiser du surnom de Tantecose (4).
(1) Voy. ci-dessous, p. 266.
(2) Voy. à la page suivante la lettre de Giovanni Della Casa au cardinal Alessandro Farnese.
(3) Voy. le règlement de comptes qui termine notre second registre.-Cf. BERTOLOTTI, Artistilombardi, t. I, p. 22
et 282. Le 24 juin 1546, il se paie à lui-même la petite somme (1 écu 45) qui manquait aux 12.000 écus versés par
Paul III aux capitaines envoyés en Allemagne contre les troupes luthériennes et qu'il avait sans doute avancée. Voy.
BERTOLOTTI, Speserie, p. 200.
(4) Dans unelettre à Vasari, 13 octobre 1550 (Vite, éd. cit, t. XIII, p. 238). Vasari ajoute : « Michel-Ange appelait
Monseigneur de Forlì il Tantecose, parce qu'il voulait tout faire. Étant « maestro di camera » du pape [Vettori eût dû dire
<<> pontificale. Jules III répara généreusement cet oubli : le 23 octobre 1551,
Aleotti était nommé évêque de Forlì, sa ville natale (6). Son caractère dut rester le même après cet
accroissement d'honneur. Le 25 avril précédent, on le voit encore dans une affaire où il eût pu se dis
penser de paraître : il affirmait à Annibal Caro que le Pape désirait voir sa comédie des Straccioni,
(1) Archivio di Stato de Rome, Tesoreria segreta, 1542-1549 :
«1542. Denari pervenuti in mano di me P. Giovanni Aleotto, Guardarobba di N. S., per ispenderli nelli bisogni
della Fureria di sua Santità et nelli salarii delli garzoni di quella, comminciando questo dì 18 di Novembre 1542. »
(2) RONCHINI, Lettere di uomini illustri, t. I, p. 202-203 : « Io mandai moltigiorni sono ilprocesso di Capo d'Istria
inuna cassa con alcune robbe di N. S. diritta a messer Pier Giovanni guardarobba ; la qual cassa io ho hauto aviso
che è arrivata a Roma. Et però, non havendo V. S. Rev.ma hauto il detto processo, lasupplico che si degni di farlo
chiedere al prefato messer Pier Giovanni, al quale io feci scrivere all'hora che lo dovesse consignare incontinente
a V. S. Ill.ma>>>
(3) Archivio di Stato de Florence, Carte Cerviniane, filza XIV (19), nº 107, au verso : « Ho dato ordine a messer
Guglielmo [Sirleto] che faccia scrivere per la Libraria un libro raro de la vita di molti santi. Prego V. S. R. ma che
faccia il medesimo allo scrittore. Direte a messer Pier Giovanni, guardaroba del Papa, della sua mercede, secondo che
da messer Guglielmo sarà informata... >>
4) Archivio di Stato de Rome, Edifizi pubblici, 1542-1549, fol. 29-30 :
«1549. Summario delpresente libro dellaspesa [ha] fatta messer Pier Giovanni Aleotti, thesauriero secreto di N. S.,
per la Sala di Re, da 13 di novembre 1542 a 10 di novembre 1549, per saldare il conto; conta intrata, rescontrati
li mandati et quitanze, sc. 6341 bol. 38 1/2. »
Messer Pier Giovanni di contro dice (?) come di contro
.........
Etper spese fatte per mano di maestro Perino del Vaga, oltra la sopra
ditta, come in questo da fo. 38 a fo. 41, riscontrati mandati et
quitanze, sono in somma, come al sommario in questo 41.......
Rto, et per resto di questo conto, per il pari dell' intrata, posto di
novo debitore in questo
sc. 6341 bol. 38 1/2.
sc.
2330 bol. 70 1/2
sc. 8672 bol. 09
sc.
sc.
258 bol. 53 1/2
8930 bol. 62 1/2
(5) Commeonleverra un peu plus loin,ilsemble que son frère ou neveu Simone lui succéda dans l'office de « guar
darobba » en 1555.
(6) Il estprobable qu'Aleotto demandait ce siège depuislongtemps etque, pourtelle outelle raison, Paul III n'avait
pu satisfaire son désir. Peut-être la lettre de Bembo à Artusina Aleotti répond-elle à quelque demande d'appui pour
l'obtention de cet évêché. Voy. ci-dessus p. 59, n. 2.
62
LA COUR DE PAUL III
et il emportait d'emblée l'assentiment de l'auteur, qui n'en prévenait qu'ensuite son patron le cardi
nal Farnese (1).
Un auteur digne de foi affirme qu'Aleotti fut nommé trésorier général en 1555 (2) ; mais il
est bien difficile de lui trouver une place dans la liste des trésoriers en fonctions cette année-là et qui
sont déjà, chose extraordinaire, au nombre de trois(3). Le 11 décembre, il se faisait donner, comme
coadjuteur àForlì, son frère ouson neveu le chanoine Simone, docteur en chacun droit, qui, au mois de
juillet précédent, avait été nommé « guardarobba » par Paul IV (4). Pier Giovanni avait soixante
quatre ans, Simone en avait quarante ; mais le destin bouleverse souvent les projets des hommes
et l'ordre naturel des choses : le 20 août 1562, Simone mourait à Trente, et bientôt Pier Giovanni
résignait son évêché en réservant ses principaux droits en faveur d'un autre de ses parents, Camillo
Aleotti (5). A partir de ce moment, nous ne savons plus rien de « Tantecose » (6).
Piergiovanni Aleotto était le principal « guardarobba » ; mais il avait, comme le maître des
cérémonies, un collègue qui portait le même titre que lui et qui s'appelait de son prénom Mariano.
de son nom, probablement Granato (7). Il était originaire de Gradoli, l'un des fiefs des Farnese, et
sa maison avait été incorporée, en 1536, dans le palais qu'ils possédaient en ce lieu. C'est peut-être à
cette origine qu'il dut d'être spécialement chargé- comme semblent le prouver plusieurs mentions
de notre registre et deux paiements établis à son nom (8)
des relations avec les parents du Pape,
(1) Voy. [A. RONCHINI], loc. cit., vol. I, p. 332 : « Messer Pier Giovanni m'ha detto che Sua Santità [Giulio III]
vuol vedere la mia Commedia, et m'ha ricerco per sua parte a portargliene. Lo farò, senza aspettarne altra licenza da
V. S. Rev.ma, perchè mi parrebbe di fare errore, et anco dispiacere a lei, a far altramente... » Le cardinal Ales
sandro était alors à Parme.
Une lettre écrite en juillet 1551 par Caro, au nom de son cardinal, à l'évêque de Pola,
Antonio Elio, indique qu'Aleotti était resté attaché aux Farnese et qu'il essayait de les aider dans le règlement de
l'affaire de Parme. Voy. MAZZUCCHELLI, Lettere inedite di Annibal Caro, t. I, p. 315.
(2) EUBEL, t. III, p. 198.
(3) Francesco Massari (depuis le 1er novembre 1551) jusqu'au 12 juillet 1555 ; Girolamo Sauli, évêque de Gênes,
depuis le 20 juillet ; Girolamo Foscari, évêque de Torcello, depuis le 28 septembre. Voy. GARAMPI, Saggio sul valore delle
monete pontificie, Appendice, p. 263, n. 9, et p. 290, n. 11.--On pourrait penser qu'il avait été nommé par l éphémère
pontife Marcel II, mais rien n'est moins sûr, car le 28 avril 1555, dix-huit jours après l'élection et trois jours avant la
mort du nouveau pape, le choix du personnel de la curie avait à peine commencé, et le père du cardinal Bellarmin
écrivait à Alessandro Cervini, frère de Marcel : « Dirò solo che il maestro di casa et thesauriere [segreto ?] non sono
ancora mutati, nè si ragiona di nessuno ch'io sappi. Si pensa bene che si mutaranno... » Archivio di Stato de Florence,
Carte Cerviniane, filza XXXV (47), nº 59.
4) Sans doute il succédait à Pier Giovanni (MORONI, op. cit., vol. XXIII, p. 67 col. 2.)
Il avait été coad
juteur de Leone Orsini, évêque de Fréjus (MERKLE, op. cit., p. 366), il fut créé évêque de Lindinen, en Asie Mineure,
le 26 juin 1560. (EUBEL, op. cit., t. III, p. 242.)
(5) EUBEL, op. et loc. cit., t. III, p. 198.
(6) Le 3 février 1556, Paul IV faisait payer44 ducats 41 bolognins « agli heredi de' Montacuti per alt[rett]anti dal
loro pagati a messer Mattheo Alcotto a Forli per pagare 500 piatti da Faenza bianchi fatti venire per uso del magnare
di sua Santità. » Archivio di Stato de Rome, Tesoreria segreta, 1556, fol. 20 verso.
(7) Cela paraît bien résulter des mentions de deux paiements, l'un de 258 écus fait le 4 janvier 1544, l'autre
de 24 écus fait le 7 janvier de la même année à Mariano Granato « per pagare doi sugatori di zanzile con le trine di
oro tirato et le frange di oro et seta, quali se sonno comprati per servitio di sur Santità quandocanta la messa ».
(8) Voici le texte de ces deux mandats, recueillis par Eugène Müntz :
1541, 11 avril.- Domino Mariano Brunato (?), S. D. N. salvarobba nuncupato, duc. auri de Camera 200 pro satis
factione pretii diversarum rerum seu laboreriorum linı muliebrium ex auro serico, franciis et aliis contextorum et
LA FAMILLE PALATINE
63
C'est tout ce que nous savons delui (1) à moins qu'il ne faille l'identifier avec le camérier qui se trouve
compris dans le rôle de la famille de Paul IV dressé l'année même de l'avènement de ce pape(1555).
LES PALEFRENIERS
Les palefreniers pontificaux, si souvent mentionnés dans les registres, formaient un « collège >>>
de cinquante familiers, présidé par un doyen, et avaient cinq < officiers » dont un chapelain (2). Ils
se réunissaient, avec ceux des cardinaux, d'abord dans une chapelle du vieux Saint-Pierre, puis dans
une petite église des Borghi, Sant'Anna (3). La plupart du temps, ils apparaissent dans les registres
à l'occasion d'aumônes ou de pourboires qu'ils ont distribués en accompagnant le Pape et quileur sont
remboursés. Quelquefois aussi, l'argent destiné à cet usage leur était remis d'avance par un camérier
secret : le 26 juin 1536, deux écus 60 baïoques sont restitués à Alessandro Ruffini, quiles avait donnés
aux palefreniers.
ablatorum, de ordine sue Sanctitatis emptorum et Ill.mo D. Jeronime Ursine de Farnesio ducisse Castri consignato
rum de prefati S. D. N. speciali commissione estate praeterita.- Mandati, 1539-1542 fol. 100 vº.
1541, 23 avril.
Duc. 200 auri de Camera... domino Mariano, bonorum custodi seu guardarobba D. N., pro satis
factione precii diversarum rerum et operarum auri et sirici et aliorum ornamentorum factorum de ordine eiusdem D. N.
pro servitio Ill.me domine ducisse Castri in estate proxime preterita
duc. 205.
T. S., 1541, B, fol. 71 vº.
(1) Citons encore ce curieux passage des recueils d'Antonio daSangallo:<>[ pour la Villa Giulia]. Cf. LANCIANI, Storia degli scavi, vol. III, p. 25.
En 1555, il figure encore
aunombre des palefreniers de Paul IV (MORONI, Dizionario, vol. XXIII, p. 69, col. 2).
(7) Au moins plus tard, le doyen des palefreniers était toujours celui que le pape avait eu durant son cardinalat;
le sous-doyen était le doyen du pape précédent (MORONI, op. cit., vol. L, p. 187).
9
66
LA COUR DE PAUL III
jeune Ottavio Farnese. Enfin, de 1538 à 1544, il lui était remis diverses sommes pour les besoins de la
Chambre secrète. Aussi eut-il une brillante fin de carrière pour un palefrenier,même apostolique. Déjà,
dans le rôle de la famille de Paul IV dressé enjuillet 1555, il figurait en tête des écuyers (scudieri) (1).
On peut dire qu'il avait décidément le pied dans l'étrier. Un document du 5 avril 1558 nous apprend
qu'à cette date, Bartolomeo d'Alba, « commensal perpétuel de trois papes [Paul III, Jules III et
Paul IV] », choisi comme procureur dans une affaire pendante entre les héritiers de l'architecte Barto
lomeo Baronino, était chanoine de Casale Monferrato, dont il était probablement originaire (2).
ANTONIO PIGETTO, de Bergame, nefut pas chanoine, mais son« cursus honorum» montrerait également,
s'il en était besoin, que les palefreniers pontificaux n'étaient point de vulgaires garçons d'écurie, mais
bien des valets de pied d'un ordre supérieur. En mars ou avril 1536, lorsque Charles-Quint et sa
suite se dirigeaient de Naples vers Rome, il fut nommé commissaire pour la province d'Abruzze afin
d'accompagner les gens de pied espagnols : il n'était alors que palefrenier (3). Dès le 14 mars 1537,
il est qualifié d'écuyer. Le 22 janvier 1538, le Pape le déléguait pour prendre possession de l'évêché
de Chiusi (4). Le 30 mars 1541, Giovanni Guidiccioni le dépêche du camp sous Pagliano à Paul III,
en lui donnant du « messer », comme à un camérier secret (5). De 1545 à 1549, il est commissaire et
fourrier du Concile (6) et, comme tel, son activité est mise à rude épreuve : le 24juillet, il se rend en
poste de Milan à Gênes près du marquis Del Vasto (7) ; en décembre, il fait préparer (fabricare) la
salle des séances, à Trente (8) ; le 7 août 1546, il court en poste de Trente à Telfs (9), au-devant du
cardinal Alessandro Farnese (10), et le 24 septembre suivant, il est envoyé à Venise « et autres lieux>>>
pour solliciter les prélats qui tardent à se rendre à l'assemblée œcuménique (11); le 18 avril 1547, il court
en poste depuis Trente jusque chez le cardinal Madruccio (12).
(1) MORONI, Dizionario, t. XXIII, p. 68, col. 2.
(2) BERTOLOTтı, Artisti subalpini, p. 36.
3) Mandati, 1535-1537, fol. 133.
(4) AGregorio Magalotti, mort en septembre 1537, succéda en 1538, sur le siège de Chiusi, Giorgio Andreassi.
Pigetto était probablement envoyé pour prendre possession des revenus pendant la vacance.
(5) Lettere inedite di Gio. Guidiccioni, éd. de 1855, p. 196; lettre à Paul III, 1er avril 1541 : « Spedii hieri messerAnto
nio Pigetti per fare intendere alla Santità Vostra quel che da lui Le sarà stato riferito, et del bisogno delle vettovaglie,
edelle cinque bandiere che per ispia s'era inteso esser entrate l'altra notte in Paliano. >>>
Cf. ibid., p. 138; lettre à Ambrogio Recalcati, datée de Calatajut, 28 juillet 1537 : « In Osma alli 22 del presente
mi furon portate le lettere di V. S. delli 9 et 10 del passato da un homo mandato a posta da Siragozza dal Bergamo,
scudiero di Nostro Signore... »; cf. éd. MINUTOLI, р. 148, t. II.
(6) G. CALENZIO, Documenti inediti... sul Concilio di Trento (Roma, 1874, in-8°), p. 4 et 18. Ilest aussi qualifié de
«commissario degli ospizi, e foriere » (PALLAVICINO, Istoria del Concilio di Trento, tomo VI, Indici 1º, p. 8, col. 1 et
Indici 2º p. 17, col. 1). (Faenza, 1792-1797, gr. in-4°) .
(7) CALENZIO, op. cit., p. 150.
(8) Ibid., p. 4.
(9) Telfs, bourg du Tyrol, district d'Innsbruck.
(10) CALENZIo, op. cit., p. 18.
(11) Ibid., p. 21.
(12) Ibid., p. 42.
LA FAMILLE PALATINE
LES OFFICIERS MAJEURS
67
Après les palefreniers viennent, dans le rôle de 1555, les officiers majeurs, officiali maggiori,
c'est-à-dire les familiers de second ou de troisième ordre.
Ce sont tout d'abord deux cubiculaires et deux écuyers dont on ne s'explique pas bien l'inscrip
tion à cette place.
Suivent deux massiers, les anciens servientes armorum, qui prenaient part, sous la direction
du maître des cérémonies, à la célébration des offices où assistait le pape (1). Ce nombre si restreint
ne peut s'appliquer au pontificat de Paul III. Dès le 4 décembre 1534, lors de l'entrée des ambassa
deurs d'obédience de la ville de Lucques, Biagio Martinelli fait observer qu'entre la garde à pied et les
maîtres des cérémonies figuraient « seulement deux massiers, parce qu'ils [il faut sans doute lire : les
autres] firent défaut » (2). Nous manquons de renseignements sur ces sortes de « suisses » qui, d'ordi
naire, portaient la masse d'argent sur l'épaule droite, tandis que, durant la semaine sainte, et en
d'autres occasions, par exemple lors de la mort du pape, ils la portaient sur l'épaule gauche. Martinelli
en cite un par son nom : « Corsetus », Corsetto, c'est-à-dire « le petit Corse » (3), et les comptes de Fran
çois Ier pour le voyage de Nice font bien mention d' « Angelo de Villaqua et ses compagnons, massiers
[du Pape] », qui, aumois de juin 1538, reçurent du roi une gratification de 30 écus soleil (4), mais
cela ne nous apprend rien d'intéressant, ni sur leur véritable rang dans la cour pontificale, ni sur le
milieu où ils étaient choisis (5).
(1) MARTINELLI, ms. cité, fol. 58 (consistoire public du 24 mai 1535) : « nos autem magistri ad locum consis
torii posuimus custodes multos, alabarderios et macerios, ne loca occuparentur, sed parum profuit quia multi ingressi
[sunt] et loca eis non condigna præoccupaverunt.>>>
(2) Lestextessuivants prouventqu'alors ily en avaitau moins quatre. Ms. cité, fol. 30 vº-31 : « inde familia papæ
et nonnulli nobiles oratorum, successive guardia peditum
umetcapitaneus,
capitaneus, cum illis maceriiduo tantum
inde nos magistri cærimoniarum... ».
tum quia defecerunt,
Ibid., fol. 38 (consistoire public du 18 janvier 1535 pour l'ambassade d'obé
dience du duc de Florence). « factis prius genuflexionibus papae, ut moris est, cum duobus vel tribus maceriis cum
difficultate potui exire... ».
Même ordre le 12 octobre 1535, lors de l'entrée du duc de Ferrare, ibid., fol. 71 vº.
tum macerii papae et nos magistri caerimoniarum... »
Ibid , fol. 74 (entrée du cardinal Marino Caracciolo,
«
12 novembre 1535) : « ... primo loco valisarii R. morum cardinalium, tum illorum familiares, et alii successive macerii car
dinaliumetmacerius novi cardinalis medius interduos macerios digniores... » expression qui semble désigner des massiers
du papeou peut-être même une classe supérieure de massiers pontificaux.
Ibid. , fol. 74 vº: «... ad novum Cardinalem
conducendumivimus,factis consuctis reverentiis papae et cardinalibus, præcedentibus nobis tribus vel quatuormaceriis... ».
Ibid., fol. 81 (consistoire du 7 janvier 1536, serment d'obédience des ambassadeurs de la république de Venise) :
« ... sumpsi quinque prælatos ex assistentibus..... et, factis reverentiis, cum tribus maceriis adduxi eos ad oratores qui
expectabant in capella parva... ».
(3) MARTINELLI, ms. cité, fol. 125 (15 avril 1537).
(4) Catal. des actes de François Ier, t. VIII, p. 251, nº 31.606.
(5) Le style (si j'ose m'exprimer ainsi) dans lequel est rédigée l'épitaphe de l'un d'entre eux, enterré à Santa
Maria in Campo Santo, ne serait pas pour donner une haute idée du milieu dont ils sortaient : « D. O. M. Ioannes
Battista Boco Novariensis maciere de Paulus Papa III, et vissi sine ad Pius V.M.D.LXVI. » FORCELLA, Iscrizioni... delle
chiese di Roma, vol. III, p. 376, nº 882.
68
LA COUR DE PAUL III
Aux massiers succèdent les maîtres-huissiers, mastruseri ou mastroscieri. Ils avaient la garde
de la croix pontificale dans toutes les cérémonies ou processions auxquelles le Pape prenait part (1).
Cet office était-il entièrement vénal, ou était-il soumis à un simple droit, lors de la prise de possession?
Un article du 11 octobre 1536 paraît autoriser la seconde hypothèse : ce jour-là, Paul III fait verser
36 écus à FRANCESCO,son barbierin minoribus, «pour payer l'admission de l'office de mastroscieri que
S. S. lui a donné » (2). Francesco est d'ailleurs le seul de ces ostiarii virga rubea qui soit nommé dans nos
registres.
Les trois cursori, qui apparaissent ensuite, avaient fort àfaire. Officiers judiciaires d'ordre infé
rieur, non seulement ils étaient préposés à la signification et à l'affichage de toutes les bulles, ordon
nances, exploits émanés de l'autorité souveraine (3), mais ils étaient chargés de prévenir à domicile,
souvent au dernier moment, les personnages qui devaient assister aux diverses cérémonies et actes
solennels (4). Malgré leur nombre restreint, l'un d'eux avait le titre de magister ou de pro magistro
cursorum, titre qu'ils prenaient peut-être à tour de rôle : ainsi, sous Clément VII, « PETRUS CRAS
SETTI OU CRASSETI », simple cursor le 3 janvier 1527 (5), est pro magistro le 27 octobre 1529 (6) ;
« JOANNES VALTRINI », à la première de ces dates, est pro magistro (7) et, le 20 décembre 1529, ma
gister (8); « VIANUS > OU « VIVIANUS DE BELLAVILLA », magister le 8 décembre 1528 (9), l'est encore
le 22 juin 1530 et le 9 février 1534 (10), mais, comme on l'a vu, « Joannes Valtrini » l'a été dans l'in
tervalle; de même, sous Paul III, « JOANNES METIS », magister en août 1546 (11), réapparaît, le
19 octobre 1548, comme simple cursor(12);le magister est alors «THOMAS ROGHER » OU « ROGER », qui,
en avril 1552, n'est plus désigné que comme cursor, avec «HERMANUS LETUS » comme magister (13).
(1) MORONI, Dizionario, vol. 41, p. 191.
MARTINELLI, fol. 99.
(2) Registre, p. 79.
(3) Nombre d'actes insérés dans le Bullaire portent leur visa.
(4) Le 17 octobre 1534, Paul III annonce à Martinelli qu'il entend tenir le jour même une assemblée générale
des cardinaux : « Itaque illico recessimus, et ego precurrens inveni Petrum Hispanum cursorem, cui dedi mandatum
de intimando dictam congregationem omnibus cardinalibus, et inde ad Banchum cursorum magistro et aliis similiter
iniunxi... » (MARTINELLI, ms. cité, fol. 19.) Lorsque l'ambassade d'obédience de la république de Venise fait son entrée
solennelle à Rome, le jeudi 27 janvier 1536 (Ibid. fol , 83) : « Die igitur jovis XXVII Januarii de mane, cursores
intimarunt adventum oratorum Venetorumper portam Populi pro hora XXI eiusdem... » Le lendemain 28, latenue
d'un consistoire public en leur honneur est décidée pour le lundi 31 : lesamedi et le dimanche, grand branle-bas pour
les préparatifs et, entre autres choses : «
...
facta [fuit] intimatio per cursores cardinalibus, prælatis et aliis omnibus,
sicut decet... » (Ibid., fol. 83 v°).
(5) Bullarium de 1586, p. 314.
(6) Ibid., p. 333.
(7) Ibid , p. 314.
(8) Ibid. , p. 336.
(9) Ibid., p. 328.
(10) Ibid , p. 336 et 356.
(11) Ibid.., p. 455 et 462.
(12) Ibid., p. 468.
(13) Ibid., p. 525 ; mais, p. 527, au mois de septembre suivant, c'est « Letus » qui est cursor et « Roger» qui est
magister : cet exemple- s'il n'y a pas erreur
serait à lui seul parfaitement probant.
LA FAMILLE PALATINE
69
Des erreurs de dates ne peuvent guère suffire à expliquer de pareilles alternances ; il y a sans doute
eu là un système plus ou moins régulier. D'autre part, on a pu remarquer l'allure exotique des noms
déjà cités. Les cursores étaient, presque tous, des étrangers ; parmi ceux qui furent au service de
Paul III, mentionnons encore : en 1535, « ODDO DONG, magister>> (1), « SIMON DE BELLAVILLA »,
« AYMO GILLOONI, magister > (2); en 1537, « MEDARDUS NICOLAI > (3); en 1541, « FEDERICUS CHE
NULLE > (4) ; de 1541 à 1543, « DOMINICUS VAQUER, magister (5) » ; en 1543, « JOANNES DOLIATORIS >>>
et « MATHURINUS MENARDI>> (6); en 1544, « NICOLAUS DE MATTHEIS > (7), et en 1546, « JOANNES
DE SANTA GRUCE > (8). La disparition, peut-être fortuite, dans les documents du Bullaire de 1586,
de tous les noms des cursores de Clément VII après la mort de ce pape, permettrait de penser que leur
office était ad vitam pontificis ; mais, par ailleurs, on retrouve plusieurs des cursores de Paul III sous
le règne de son successeur Jules III (9) ou même au delà ce qui prouverait que, s'ils n'étaient pas
inamovibles, ils pouvaient être confirmés dans leurs fonctions. Ces fonctions, nettement déterminées
à la suite d'abus par Clément VII, le 16 octobre 1528 (10), furent confirmées, l'année suivante, par
le même pape dans un motu propriooùilinvoque les actes similaires d'Alexandre VI et de Jules II (11).
Paul III ratifia les décisions de ses prédécesseurs dans une courte ordonnance du5juin1536 (12).
Dans le rôle de 1555, les cursori sont suivis de trois employés de la Daterie : le receveur du
dataire, le réviseur des suppliques et l'enregistreur secret. Puis vient le « scriptor del libro de missis »,
au sujet duquel un passage du Diarium de Martinelli doit être rappelé ici: le 21 octobre, les maîtres
des cérémonies et le sacriste demandent à Paul III s'il avait décidément fixé le jour de son couron
nement, « parce qu'il fallait faire noter et écrire la messe qu'il devait dire et qui n'était pas dans les
livres de la sacristie » (13). Cette messe, comme toutes les messes spéciales, n'existait probablement
que dans les archives des maîtres des cérémonies, de sorte que le scriptor del libro de missis dépendait
de ces derniers, et non de la Chapelle pontificale ; il ne faudrait donc pas le confondre avec les scrip
tores ordinaires de celle-ci.
(1) Bullarium de 1586, p. 361.
(2) Ibid., p. 368.
(3) Ibid., p. 369.
(4) Ibid., p. 401.
(5) Ibid., p. 401 et 441. Ce doit être lui «Dominicum Vaguri» qui, le 18 octobre 1548, est désigné de nouveau
comme cursor (p. 468).
(6) Ibid., p. 441.
(7) Ibid , p. 451.
(8) Ibid., p. 455.
(9) «Thomas Rogher » ou « Roger>>>figure dans le Bullarium cité jusqu'en 1559 (p. 525, 527, 578, 603, 613,
623) ; « Nicolaumde Matthæis » et « Joannes de Santa Cruce » jusqu'en1556(p. 599).
(10) Ibid , p. 324.
(11) Ibid., p. 332.
(12) Ibid., p. 374.
(13) MARTINELLI, ms, cité, fol. 20.
70
LA COUR DE PAUL III
Un désordre au moins apparent continue de plus belle dans l'énumération de 1555, que nous
sommes condamnés à suivre sans la trop bouleverser. Ici viennent le substitut de la signature, officier
de justice, puis, vers la fin de la liste, d'autres employés du même genre, l'enregistreur de la secré
tairerie (registratore in secreteria), le gardien du registre [de ladite secrétairerie?] (custode del registro)
et deux enregistreurs des suppliques. Sans inutiles scrupules, groupons encore le gardien de la Chambre
[ de la Chambre apostolique évidemment], le pro-sommiste des bulles pour la Chambre, séparé du com
putiste ou comptable de la même Chambre par l'horloger!
Voici maintenant les nombreux gardiens et portiers du Palais apostolique : les trois custodes
de la porte de fer, les trois custodes de la première chaîne, les deux custodes de la seconde chaîne,
un custode [surnuméraire?] des deux chaînes, le portier de la cour (atrio), celui du Palais, celui de la
Salle du Consistoire et de la Signature, celui du « cortile » de la Tour Borgia, et enfin le gardien du nou
veau puits (custode del pozzo novo).
LES OFFICIERS MINEURS
Pour les officiers mineurs (officiali minori), force nous est de suivre encore, en l'absence de
tout rôle contemporain de Paul III, l'ordre du rôle dressé en 1555, sous Paul IV, tout en nous réser
vant de grouper les personnages selon leur emploi.
Du chapelain de la « famille », dont les fonctions ne demandent pas de commentaire, nos
registres ne soufflent mot, autant du moins qu'on peut le constater.
Les Scalchi (littéralement découpeurs), ou maîtres d'hôtel des différents tinelli, sont, au contraire,
mentionnés deux fois, à l'occasion de cadeaux de Noël. Le scalco segreto, l'ancien architriclin, ne reçoit
rien ; c'était déjà, sans doute, une sorte de personnage : dès une époque difficile à déterminer, mais
assez tardive, il était camérier secret participant et, comme tel, attendait de bien autres faveurs que
quelques écus d'or (1). En revanche, ses subordonnés (officiali del tinello segreto)- qui partageaient
avec lui le soin de la table pontificale, ont droit, au moins en 1536, à dix écus d'étrennes (2). Quant
au scalco du grand tinello (tinello maggiore) et à celui du petit (tinello minore), le premier est gratifié
de quatre écus, et le second de deux seulement (3).
Dans le rôle de Paul IV, le crédencier secret vient immédiatement après les scalchi, tandis que,
dans celui de Pie IV (1562), il est précédé par le spenditore segreto. Le rang que lui attribue ce dernier
(1) MORONI, Dizionario, vol. LXII, p. 85, 87, 97, etc.
(2) Leur nombre n'est pas indiqué dans notre Registre ; dans le rôle de Paul IV(MORONI, Vol. XXIII, p. 70 b), ils
sont six.
(3) Le portier (portinaro) du petit tinello reçoit un écu pour ses étrennes. Quant aux autres officiers du grand et
du petit tinello, ils ne figurent pas dans nos documents. Sous Paul III, il y en avait quatre pour le grand et huit pour
le petit.
LA FAMILLE PALATINE
71
document a une apparence plus logique, mais il paraît bien, à en juger par nos comptes, que, sous
Paul III. il en était de même que sous Paul IV, c'est-à-dire que le crédencier passait avant le spen
ditore. POMPEIO, un des crédenciers favoris du pape Farnese, semble avoir été très occupé et, de
fait, dès le 1er janvier 1536, il apparaît flanqué d'un collègue, LAZZARO, qui reçoit ses étrennes con
jointement avec lui (15 écus pour les deux, probablement 7 écus et demi pour chacun), mais qui lui
était peut-être, moralement, un peu inférieur (1). C'est Pompeio qui est à peu près exclusivement
chargé des dépenses de la crédence. Ala fin de 1536 et pendant toute l'année 1537, il s'occupe sur
tout à faire dorer la vaisselle d'argent du Pape : salières, tasses, bassins et bocaux, cuillères et four
chettes, coquetier, etc. (2). Le 13 mars 1537, il fait mettre un cadenas à la porte de la camera della
Tarsia, sans doute une des chambres où étaient déposés les ustensiles de table confiés à sa garde.
Le 27 avril suivant, il achète deux coffres ; le 3 juin, deux chasse-mouches, et le 23 juin, un autre
chasse-mouches; le 25 juin, deux paires de ferrements pour deux tables de cyprès à placer au Belve
dere, et une petite table qui doit servir pour la Signature; le 21 juillet, des cuirs travaillés, dont une
pièce de couleur rouge pour mettre sous le lit du Pape (3) ; le 7 septembre, du feutre pour protéger
l'échine et les flancs du « cheval des cassettes »; enfin, le 20 octobre, il paie les frais, montant à
15 écus, de la construction d'un four installé dans la maison de messer Luca Musciano (4) « pour
cuire le pain destiné à la bouche de sa Sainteté ».
Pompeio suivait son maître dans ses voyages : le 1er décembre 1536, il touchait, avec ses
<>> Sur l'origine germanique des boulangers de Rome, voy. ci-dessous: p. 77,
etn. 5.
(2) Un article de notre second registre, daté du 2 novembre 1544, mentionne, à l'occasion du voyage de Paul III
à Pérouse, un don de 80 écus fait aux « quatre offices secrets de sa Sainteté, c'est-à-dire aux crédenciers, bouteillers,
cuisiniers et fourriers secrets [et à leurs aides ?] ».
(3) Il paraît certain que l'on doit distinguer ce Giofrè du « Giofrè, foriere » nommé le 4 mars 1537.
(4) Ne devrait-on pas lire ici Adolfo ? à moins qu'il ne faille lire Redolfo ou Rodolfo dans l'épitaphe dont il va
être question ?
(5) FORCELLA, Iscrizioni... delle chiese di Roma, vol. III, p. 453, nº 1099.
10
74
LA COUR DE PAUL III
ne figurent d'ailleurs qu'une seule fois dans nos registres, à la date du 15 novembre 1537, où Zin
garo reçoit dix écus pour acheter un baril de malvoisie. Mais on sait, d'autre part, que Paul III,
comme tout bon Italien, appréciait les vins fins et liquoreux. Un de ses bouteillers, un Lucquois (1),
SANTE LANCERIO, qui a laissé un récit du voyage à Nice (2), a aussi rédigé un curieux traité sur les
goûts œnophiles de son maître (3). Le pape Farnese aimait le vin de sa vigne de Ronciglione, qu'il
avait fait planter avant son avènement au pontificat (4). Il aimait les vins délicats de Castelarquato,
dont il s'approvisionnait volontiers (5). Il adorait les trois sortes de vin de Malvoisie (6), « buvant la
douce aux jours de grande tramontane (7), dans un peu de soupe, la forte pour se nourrir le corps,
la fine pour se gargariser, afin de ronger la flemme et la colère (8). C'est pourquoi les matins étaient
rares où sa Béatitude n'usât pas de ce vin pour obtenir l'un de ces trois résultats. Le cardinal
Andrea Cornaro et l'archevêque de Corfou en faisaient venir de Venise et l'offraient à sa Sainteté » (9).
En automne, Paul III buvait du Trebbiano, provenant du Valdarno supérieur, qui lui était donné
par le riche banquier florentin Bindo Altoviti, le patron et l'ami de Michel-Ange, et par Michel-Ange
lui-même (10). Le grec de Somma, un vin du royaume de Naples, lui plaisait si fort qu'il en deman
dait une ou deux fois à chaque repas ; il en emportait dans ses déplacements, parce qu'il savait
que ce vin subissait sans dommage le transport et parce qu'il s'en baignait chaque matin les yeux et
d'autres parties du corps; mais il exigeait qu'il eût six ou huit ans de bouteille, âge où il atteignait la
perfection (11). Il dégustait volontiers le grec d'Ischia (12), le grec de San Gimignano que les Pucci
(1) A vrai dire, il n'est pas sûr que Lancerio ait été lucquois : il ne possédait peut-être qu'un bénéfice dans la ville.
Voici le texte, assez peu clair, sur lequel s'appuie monhypothèse (p. 18 du premier des traités mentionnés dans la note
qui suit) : « Le dimanche 7 avril 1538] au matin, sa Sainteté fit son entrée à Lucques, ville unique par la liberté dont
elle jouit, et ma patrie quant au spirituel ».
(2) [Giuseppe FERRARO], I vini d'Italia giudicati da Paolo III e dal suo bottigliere Sante Lancerio (publié
d'après un ms. de la Bibliothèque de Ferrare) (Roma, 1890, très petit in-16), p. 15-28 : Viaggio da Roma a Nizza.
(3) Ibid. , p. 35-76 : Della natura dei vini e dei viaggi di Papa Paolo III descritti da Sante Lancerio suo bottigliere
1549 ; dédié à l'un des petit-fils de Paul III, Guidascanio Sforza, cardinal camerlingue.
(4) Ibid., p. 16.
(5) Ibid., p. 21 : pour ses voyages, même s'il était à Ferrare ou à Bologne.
(6) Ibid., p. 36. Cf. aussi un peu plus haut.
(7) Lorsqu'un fort vent du Nord soufflait à Rome.
(8) Lancerio veut sans doute dire : « Pour remédier à l'affaissement et à l'excitation successive du système ner
veux. »
(9) C'est peut-être à l'occasion d'un envoide cegenre que,le 1erdécembre1536,l'évêque grec>> [Dionysios Zanet
tinos dit le Grechetto] reçoit 8 écus « pour les envoyer à Venise à messer Vincenzo Colzado, pour payer deux barils de
malvoisie « moscatella garba » pour l'usage de sa Sainteté ». Cependant, il paraît plutôt être question, dans ce passage,
d'un achat direct fait par l'intermédiaire de Zanettinos.
en mars 1548, cf. BERTOLOTTI, Speserie, p. 204.
(10) Ibid. , p. 37-38.
Pourun autre achat de deuxbarils de malvoisie faità Venise
Michel-Ange offrait à Paul III, en 1545, six fiasques ; 'en 1547, dix fiasques de
Trebbiano (MILANESI, Lettere di Michelangelo Buonarroti), p. 182 et 204.
(11) Ibid., p. 38-39 : « ... si perchè ne voleva per bagnarsi gli occhi ogni mattina, et anco per bagnarsi le parti
virili... »
(12) Ibid. , p. 39-40. Il s'agit ici de l'île d'Ischia.
LA FAMILLE PALATINE
75
lui apportaient dans de grandissimes fiasques (1), le vin calabrais de Chiarella qui, d'ailleurs, était
estimé de toute la Cour (2). Le vin blanc de Port' Ercole (où Agostino Chigi avait planté un vignoble
célèbre) lui était agréable pendant l'hiver (3), ceux de Terracine et d'Aversa pendant les grandes
chaleurs (4) : du dernier il prenait quelquefois le soir, avant d'aller au lit, pour chasser la soif et,
comme il disait, « pour ronger la flemma ». Il est sûr que les bons produits de l'Italie méridionale
avaient ses préférences : à ceux qui ont déjà été rappelésil fautjoindre le vin de la Centula (Calabre) (5),
le « mazzacane » dont il usait volontiers dans les soirées d'été (6), le « ciragio » dont la récolte passait à
à peu près tout entière dans les caves des vice-rois de Naples (7), le vin rosé de Salerne (8),
l' « aglianico » qu'il appelait « un breuvage de vieillard », le « fistignano » qui, comme le « ciragio »,
était généralement confisqué par les représentants du roi d'Espagne dans le Royaume (9), le
<< lachrima » qui lui venait, comme le « fistignano », des vignes d'un certain Mgr Domenico Terra
cina (10). Mais il faisait aussi bonne mine à certains crûs de la Rivière de Gênes, comme le « raz
zese » (11), à certains aussi du Piémont, tel celui de Saluces, que lui procurait le cardinal de Rimini,
Ascanio Parisani (12), à celui d'Ivrée, que lui envoyaient les cardinaux Ferrerio (13). Parmi les vins
toscans, outre celui de San Gimignano, Paul III estimait grandement le Montepulciano dont le car
dinal Marcello Cervini et Tarugio Tarugi, sénateur de Rome, lui offraient le choix et la fleur (14),
le Casentino avec lequel il soignait son catarrhe, à l'entrée de l'hiver (15). Il avait l'horreur des vins
d'Espagne (16), estimait médiocrement ceux de France, sauf un certain cru que le cardinal Sadolet
lui envoyait de Carpentras (17). J'en passe, et des meilleurs, et des pires. Cependant il est impossible
(1) Ibid. , p. 40-41.
(2) Ibid., p. 41-42.
(3) Ibid., p. 45-46.
(4) Ibid., p. 48 et 51.
(5) Ibid., p. 42-43.
(6) Ibid., p. 50-51.
7) Ibid. , p. 52-53.
8) Ibid., p. 58-59.
(9) Ibid., p. 62-63.
(10) Ibid., p. 63.- Le transport de ces vins, de Naples àRome, n'étaitpas unepetite affaire,si l'onen croit CARO
(Delle Lettere familiari, vol. I, p. 72-73 : lettre à Alessandro Cesati, Naples, 25 février 1539) : « Je suis ici embarrassé,
enragé et tout à fait désespéré. Etplus je me démène pour me débrouiller, plus je m'embrouille. J'ai affaire aux mari
niers, aux charretiers, aux courtiers, à la mer et au Campolo (?), ce qui est pis. O Dieu ! quels gens que ceux-ci !
Quel souci terrible (cura incancherata) que d'envoyer des vins à Rome !>>>
(11) Ibid., p. 46-47.
(12) Ibid. , p. 61.
(13) Ibid., p. 66.- Le 27 mars 1546, Paul III fait un cadeau d'un peu plus de quatre écus au piémontais Sylvestro
de Chiaverano « qui lui a présenté plusieurs fois les vins donnés à sa Sainteté par Monseigneur d'Ivrée ». BERTO
LOTTI, Speserie, p. 200.
(14) Ibid., p. 65-66.
(15) Ibid., p. 66-67.
(16) Ibid., p. 61-62.
(17) Ibid , p. 60.
76
LA COUR DE PAUL III
de ne rien dire des crus du Patrimoine et de ceux des fiefs farnésiens et orsiniens. La plupart des pre
miers étaient bannis de la table de Paul III (1) ; les seconds y étaient presque tous bienvenus. S'il
goûtait du bout des lèvres au vin romain proprement dit (2), à celui de Cervetri (tout juste de quoi
ne pas désobliger le seigneur du lieu, son parent Verginio Gentile Orsini, comte de l'Anguillara) (3),
il faisait volontiers honneur au vin de Ronciglione, comme on l'a déjà vu, mais aussi à ceux de Capra
rola (4), de Bracciano (5), d'Albano (6), de Gradoli, d'Ischia, des Grotte San Lorenzo (7), de Capodi
monte, de Marta (8), de l'Anguillara (9), parfois à ceux de Castelgandolfo et dela Magliana(10), et sur
tout à celui de Monterosso (11). Si l'on ajoute à cette liste déjà belle le vin blanc de Cortona (12),
le vin rouge de la Tolfa (13) et l'excellent vin, rouge aussi, de Monterano, « le meilleur de toute l'Ita
lie, digestif, apéritif, nutritif et cordial > (14), on sera bien persuadé que Paul III n'était pas indif
férent à ce que les poètes de son temps appelaient la « liqueur de Bacchus ». Il ne faudrait pourtant
pas croire qu'il en abusait ; tout, au contraire, donne à penser que, dans la boisson comme dans la
nourriture, il était extrêmement sobre. Grand et riche seigneur, il était loin de mépriser les délica
tesses de la table, mais la gourmandise n'était point son fait. On se représente assez facilement ce
vieillard nerveux et fin buvant goutte à goutte, dans sa petite tasse d'argent doré, deux doigts
tout au plus
de quelqu'une de ces liqueurs exquises (15).
Aquelques rangs plus bas, après le personnel des fours et des cuisines, on trouve (toujours
dans le rôle de Paul IV) le sommelier secret (canevaro segreto) et les quatre sommeliers communs.
Il est à peu près certain que, sous Paul III, le sommelier était déjà un officier secret et tacitement
assimilé au bouteiller. On a vu, un peu plus haut, qu'ils recevaient les mêmes étrennes de six écus,
confondus,parquatre fois, dans le même article (16). De1536à 1538, lesommeliers'appelait PITIGIANNI ;
ce devait être un Français, dont le nom de Petitjean était à peine italianisé. Vers 1543, c'était un
(1) Ibid., p. 76.
(2) Ibid., p. 48-49.
(3) Ibid., p. 70-71.
(4) Ibid., p. 67-68.- J'imprime en italique les noms des lieux sis dans les fiefs des Farnese.
(5) Ibid., p. 71-72.
(6) Ibid. , p. 72-73.
(7) Ibid., p. 63-64.
(8) Ibid., p. 65.
(9) Ibid., p. 70-71.
(10) Ibid., p. 74-75.
(11) Évidemment Monterosoli (Ibid , p. 73-74).
(12) Ibid., p. 69.
(13) Près des mines d'alun, non loin de Civitavecchia (Ibid. , p. 69-70)
(14) Probablement Monteromano (dans l'arrondissement actuel de Civitavecchia), où il y avait un château des
Orsini (Ibid. , p. 54-57).
(15) En1538, pendant l'entrevue de Nice, François Ier n'oublia pas de contribuer à l'enrichissement de la cave du
Pape, qui devait être fort pauvre à ce moment : « A Jean Boullet, sommelier du roi,4501. pour aller à Marseille acheter
des vins dontle roi veut faire présent au pape. » Catal. des actes de François Ier, t. VIII, p. 301, nº 32.131.
(16) Cf. ci-dessus, p. 73.
LA FAMILLE PALATINE
Novarais
77
probablement un protégé de Pierluigi Farnese-,GIROLAMO CASTELLI, qui avait déjà
servi Clément VII (1). Paul III l'avait fait chevalier de l'Ordre du Lys ; Charles-Quint lui avait
accordé de nombreux privilèges et lui avait donné l'Ordre de l'Aigle, vraisemblablement après l'en
trevue de Busseto. Une belle carrière s'ouvrait devant lui, lorsqu'il mourut prématurément, le
3 août 1544, âgé de trente-trois ans et six jours (2). Son jeune frère Sebastiano, auquel il avait servi
de père : et pater et frater (3), lui consacra, dans l'église de Santa Caterina, au Borgo Nuovo, une épi
taphe, ornée de ses armes, où étaient célébrés ses rares mérites. Le bouteiller et le sommelier avaient
sous leurs ordres trois, puis quatre garçons ou adjudants, qui recevaient leur cadeau annuel à la Saint
Jean. Le 1er janvier 1536, cependant, les trois garçons avaient eu 24 écus d'étrennes conjointement
avec les cinq garçons des Cuisines secrètes et les quatre de la Crédence ; mais un changement de date
et de taux eut lieu dès l'année suivante. Le 28 juillet 1537, où l'on trouve déjà « quatre adjudants
de la bouteillerie et cantine secrète », ils reçoivent 28 écus « pour chausses et jupons pour la fête de
Saint Jean dernièrement passée » ; de même le 1er août 1538; et le 27 juin 1544, le Papeleurdonne
70 écus à partager avec leurs collègues de la Crédence et de la Cuisine secrète « pour leurs habituelles
régales de ladite fête ». Quant aux canevari comuni, c'est-à-dire aux sommeliers des tinelli, sans doute
alors au nombre de deux, ils n'ont qu'un maigre cadeau le premierjour de l'année : 4 écus en tout et
pour tout, et on ne les décorait pas de l'Ordre du Lys !
En quittant la Cave, nous arrivons au Four, auquel présidaient, sous Paul IV, deux sopra
stanti, assistés d'un boulanger secret, de huit boulangers communs et d'un panetier commun. Nos
registres ne nous permettent pas de tenter la reconstitution de cette série d'officiers. Ils nous
apprennent seulement qu'en 1535-1536, il y avait des panetiers qui, le 1erjanvier, reçurent trois écus
en1537-1538 et en 1544, quatre écus ; en 1536-1537, un boulanger, GIOVANNI PIETRO, dontles étrennes
furent également de trois écus ; et, sous ses ordres, un muet
il muto del forno- qui, le 6 juillet
1537,était gratifié de cinq écus « pour se faire une paire de chausses et unjupon»; en 1544, enfin)
deux boulangers secrets qui, pour les « feste », emboursèrent dix écus. On a déjà vu plus haut (4
qu'en octobre 1537, le Pape avait fait construire unfour en dehors du Vatican, chez messer Luca Mus
CIANO. C'est là tout ce que nous savons de la « panneterie » de Paul III. Il est probable que, comme
ceux de la ville, les boulangers secrets étaient tous, ou presque tous, d'origine germanique (5).
(1) Clem. VII et Pauli III cellæ vinariæ magister, dit son épitaphe (FORCELLA, Iscrizioni... delle chiese di Roma,
vol. XI, p. 441, nº 660). Je ne pense pas qu'il ait été bouteiller, bien que les termes latins de l'inscription puissent
se traduire aussi bien par bouteiller que par sommelier.
(2) Si Castelli a vraiment été chevalier du Lys- ce dont il paraît difficile de douter-, la date de son décès
indiquée dans son épitaphe telle qu'elle est donnée par Forcella serait erronée. Cet Ordre ne fut fondé par Paul III
que le 8 août 1546, et Castelli ne faisait point partie de la première promotion (Bullarium, éd. de Rome, 1586, in-fol.,
p. 455-462).
(3) Je donne pource qu'elle vaut mon interprétation de ces quatre mots. D'après Forcella, le lapicide paraît
avoir commis quelque erreur : Sebastianus et pater et fratre benemerenti...
(4) Voy. ci-dessus, p. 71.
(5) L'épitaphe d'un des boulangers de Clément VII, « Alberto filio de Antonio », étaitdans l'église San Lorenzuolo,
au Trastevere (FORCELLA, Iscrizioni... delle chiese di Roma, vol. XI, p. 502, nº726)-En 1545 encore, on trouve men
tionnée la Confrérie des boulangers allemands, dans une inscriptionde l'église Sant' Elisabetta, église qui avait été cons
78
LA COUR DE PAUL 111
La Cuisine est mieux représentée que la Boulangerie. Dans le rôle de 1555, dont les indications
servent de point de départ à ces recherches, on compte deux cuisiniers du Pape, deux cuisiniers du
secret, c'est-à-dire du tinello segreto, un préposé (soprastante) à la Cuisine commune (1) et, au
dessous de lui, trois cuisiniers communs. Le premier cuisinier secret que nous rencontrions a déjà
quitté le service : c'est maître GIORGIO qui, le 6 janvier 1536, sait se faire offrir cinq écus pour l'éternel
jupon et l'éternelle paire de chausses. Puis apparaît son successeur, maître GIOVANNI : le 12 juin 1536,
c'est-à-dire à l'occasion de la Saint-Jean, il reçoit
pour lui-même, pour les cinq garçons de la Cui
sine secrète et probablement aussi pour son collègue- cinq écus, prix de la paire de chausses qui
rajeunira leur toilette ; le 1er décembre suivant, il participe à l'allocation de 60 écus faite par le Pape
à ses officiers secrets et à leurs « compagnons » qui l'avaient suivi dans son voyage à travers le Patri
moine ; le 1er janvier 1537, il est gratifié, lui, son collègue et ses garçons, de sa « mancia » ordinaire,
en tout douze écus ; en 1538, àla même date, même somme. Maître Giovanni était français. Il s'appelait
Jean Duval, et, en sa qualité de cuisinier secret, il avait le bras long : c'est lui qui
dit-on
obtint
de son maître, pour la Confrérie des cuisiniers et des pâtissiers de Rome, la vieille église des SS. Vin
cenzo e Anastasio, à la Regola (2). Aussi, après son décès, la Confrérie reconnaissante lui consacra,
dans cette église même, une épitaphe où l'on voit qu'il mourut le 11 avril 1542, à l'âge de cinquante
cinq ans (3). Maître GIULIANO, qui fait sa première apparition aux étrennes de 1544, lui succéda dans
ses délicates fonctions. Le 26 avril 1538, à Plaisance, toute la Cuisine secrète partage avec la Crédence
et la Bouteillerie une libéralité pascale de soixante écus ; quelques jours plus tard, le 1er mai, le cuisi
nier MATTEO
probablement le collègue de maître Giovanni
est chargé de distribuer douze écus
aux garçons de la Cuisine secrète, pour leur permettre de fêter le 1er mai, et, à la Saint-Jean suivante,
peu après le retour à Rome, ces garçons, au nombre de trois, sont encore gratifiés de vingt et un écus.
En 1544, les douze écus d'étrennes sont au seul nom de maître Giuliano, cuisinier secret, mais on ne
peut douter qu'il devait donner à son collègue la moitié de cette somme; le même jour, ses
garçons, nommés ici baccalari, recevaient séparément deux écus. A la Saint-Jean de cette année 1544,
la gratification, montant à soixante-dix écus, est destinée aux seuls garçons de la Cuisine secrète, de
la Crédence et de la Bouteillerie ; au contraire de ce qui avait eu lieu le 1er décembre, il n'y a
plus rien pour les chefs, qui touchèrent probablement, par ailleurs, cinq ou six écus chacun. Le sous
crédencier IGNAZIO, que nous avons rencontré plus haut (4), trouve son pendant, le 7août 1544, dans le
truite à leurs frais avant 1487 ; antérieurement, ils entretenaient un chapelain qui officiaitpour eux àl'un des autels de
l'église Sant'Agostino. (FORCELLA, Iscrizioni delle chiese di Roma, vol. III, p. 506, nº 1216; cf. vol III, p. 358, nº 819,
etc.; TOTTI, Ritratto di Roma moderna, éd. cit , p. 238).
(1) De ce soprastante il n'est pas question dans nos registres.
(2) LaConfrérie, créée en1513, avait d'abord dû se contenterd'une chapelle ou d'un autel à Saint-Louis-des-Fran
çais. Cf. Mgr Pierre LA CROIX, Mémoire historique sur les institutions de la France à Rome... (Rome, 1892), nº 172 ;
FORCELLA, op. cit., vol. XI, p. 225.
(3) Cette épitaphe a été plusieurs fois publiée (FORCELLA, loc. cit., p. 228 ; MORONI, Dizionario, vol. XXIII
p. 141, etc.). Duval y est dit simplement natione Gallus ; ily est qualifié hujus parochialis ecclesiæ olim rector, ce qui
est assez singulier.
(4) Voy. ci-dessus, p. 72.
LA FAMILLE PALATINE
79
sous-cuisiniersecret BERTONE, auquel le Pape donne quinze écus d'or« pour ses besoins ». Le 2 novembre
suivant, il faisait verser vingt écus aux cuisiniers secrets et à leurs aides pour les récompenser des
fatigues du voyage qu'ils avaient fait à Pérouse avec la Cour. Quant aux cuisiniers des tinelli, ils sont
naturellement l'objet de mentions plus rares. Le 8 juillet 1544, peude jours avant de donnerquinze écus
d'or à son sous-cuisinier, Paul III, enveine de générosité, attribuait la même somme, dans des termes
pareils, à maître CLAUDIO, « cuisinier des Révérendissimes Cardinaux », c'est-à-dire du tinello segreto.
Les cuisiniers communs, ceux des deux autres tinelli, ne figurent que pour leurs petites étrennes
annuelles, deux petits écus, sous le nom de « cuoci comuni » ou de « baccalari delle Cucine » (1).
Les balayeurs secrets (scopatori segreti) n'étaient pas d'aussi minces personnages que leur titre
pourrait le faire croire. Officiers inférieurs de la Chambre du Pape, ils étaient comme des camériers au
petit pied, et, pour faire le plus gros de leur besogne, ils avaient sous leurs ordres un domestique
dont laprésencerehaussait encoreleurprestige. NICCOLÒ-ditIL ZOPPO-et CRISTOFORO restèrent assez
longtemps en charge, Cristoforo de 1536 à 1538 et Niccolò de 1536 à 1544 au moins. Ils assistaient dans
leur tâche les adjudants de la Chambre, faisant les petites dépenses urgentes, veillant au bon état des
serrures, recevant certains objets destinés au service personnel du Pape. C'est ainsi que, le 23 mars
1536, le Zoppo prit livraison de deux bourses de cuir destinées à renfermer le bassin et les chandeliers
d'argent que Paul III emportait en voyage, et qu'à la veille du départ pour Nice, le 23 mars 1538, le
même Zoppo fut chargé de faire faire six autres bourses de cuir. De même, le 25 juin 1536, Cristoforo
faisait mettre une serrure à la « porte de Marforio », vraisemblablement l'une des portes des apparte
ments privés, et plus tard, en 1544, Alchiere, qui paraît avoir été son successeur, avait soin de l'appar
tement de l'Araceli, où il faisait renouveler les serrures, s'occupait des luminaires, chauffait les
chambres lorsque Paul III y venait séjourner en hiver. Les scopatori segreti, pas plus que les autres
officiers de la Chambre pontificale, ne recevaient à date fixe leur cadeau annuel, une paire de chausses,
cela s'entend. En 1536, c'est le 22 mai que le trésorier paie vingt-deux écus pour étoffe et façon de
l'habituel vêtement offert par leur maître aux adjudants et aux balayeurs. Le 19 décembre, six écus
pour de nouvelles chausses ; le 15 juin 1537, six écus encore ; mais le 1er février 1538 et le 20 décembre
1543, on leur remet huit écus, afin de pourvoir aussi à la parure des membres inférieurs deleur aide
Niccolò. Le 19 juin 1544, par une innovation dont nous ignorons la cause, ils reçoivent tous trois,
<> de la Monnaie de la Marche d'Ancône, et y
insèrent, en même temps que ceux des deux témoins Giovampietro Crivelli et Bartolomeo Maccarelli
d'Urbino dit Panichale, leurs noms et qualités. C'étaient Giovanni Gaddi, Fabio Arcella, évêque de
Bisignano, Uberto Gambara, évêque de Tortona, Girolamo De Rossi, évêque de Pavie, et Federico
Cesi, évêque de Todi. Le notaire qui a dressé l'acte s'appelait Bartolomeo Cappello.
Le contrat passé au palais de San Marco pour la Monnaie de Rome, le 18 août 1537, avec Gia
como Balducci, fournit une autre liste du personnel de la Chambre :
Ascanio Parisani, évêque de Rimini, trésorier général ;
Uberto Gambara, évêque de Tortona ;
Giovanni Girolamo De Rossi, évêque de Pavie ;
Federico Cesi, évêque de Todi ;
Baldassarre Turini de Pescia, clercs de la Chambre ;
Pietro Paolo Parisio de Cosenza, auditeur (plus tard évêque de Nusco) ;
Antonio Gabrielli, avocat fiscal ;
Fabio Vigili et Vincenzo Rosselli, clercs du Sacré Collège ;
Guido Palelli, commissaire ;
Valerio de Spolète, Pierpaolo Arditi, notaires, et leur collègue Bartolomeo Cappelli, qui a
dressé l'acte (2) .
Autre contrat pour la Monnaie de Rome, le 26 août 1540, avec Bartolomeo Bettini, fondé de
pouvoir ? (institor) de Tommaso Cavalcanti, Giovanni Giraldi et compagnie, avec la liste suivante :
Uberto Gambara, cardinal-prêtre du titre de San Silvestro, représentant le cardinal camer
lingue Guidascanio Sforza absent ;
Ascanio Parisani, cardinal-prêtre du titre de Santa-Potenziana, évêque de Rimini, repré
sentant aussi le cardinal-camerlingue absent ;
Benedetto Conversini, gouverneur de Rome et vice-camerlingue ;
Girolamo Recenati Capodiferro, trésorier général ;
Giovanni Gaddi, doyen, clerc de la Chambre ;
Baldassare Turini de Pescia, clerc de la Chambre ;
Giovanni Della Casa, clerc de la Chambre ;
Girolamo Sauli, clerc de la Chambre ;
Andrea Cornaro, évêque de Brescia, clerc de la Chambre ;
Giovanbattista Cicala, auditeur général ;
Sebastiano Graziani, évêque de Segni, président (3).
(1) GARAMPI, op. cit., p. 252-253.
(2) Ibid , p. 257-260.
(3) Ibid. , op. cit., p. 262-264.
LA FAMILLE PALATINE
Modifications apportées le 1er février 1542 au contrat du 26 août 1540 :
Benedetto Conversini, évêque de Iesi, gouverneur de Rome et vice-camerlingue ;
Bernardino Elvino, trésorier général ;
Giovanni Gaddi, doyen ;
Giovanni Della Casa, clerc président ;
Giulio Gonzaga, clerc président ;
Giambattista Cicala, auditeur général ;
Antonio Gabrielli, avocat fiscal ;
Pietro Antonio Angelini de Cesena, procureur fiscal ;
Guido Palelli, commissaire ;
Signé : A. Peregrinus pro Michelangelo (1).
87
Contrat passé, le 27 juillet 1542, pour la Monnaie d'Ancône, avec Mazzeo di Giovanni
Mazzei :
Guidascanio Sforza, cardinal-camerlingue ;
Bernardino Elvino, trésorier général ;
Giovanni Gaddi, doyen;
Giovanni Della Casa, clerc ;
Giulio Gonzaga, clerc ;
Sebastiano Graziani d'Ancône, évêque de Vico, président ;
Antonio Gabbrielli, avocat du fisc;
Giovanni Luigi d'Aragona, avocat des pauvres ;
Guido Palelli, commissaire général (2).
Contrat pour la Monnaie de Rome, conclu le 12 octobre 1545 avec Lorenzo et Giovanbattista
degli Albizzi et Vincenzo da Castello :
Franzino Michele, protonotaire, gouverneur de Rome et vice-camerlingue ;
Bernardino Elvino, élu d'Anglona, trésorier général ;
Giulio Gonzaga, doyen ;
Pietro Lippomani, évêque de Vérone, clerc ;
Giacomo Fieschi, évêque de Savone, clerc ;
Girolamo Foscari, évêque de Torcello, clerc ;
Giulio Grandi, président ;
Antonio Gabbrielli, avocat du fisc ;
Giovanni Luigi d'Aragona, avocat des pauvres ;
(1) GARAMPI, P. 265-268.
(2) Ibid., p. 276.
88
LA COUR DE PAUL I
Niccolò Farfaro, procureur fiscal ;
Guido Pallelli, commissaire (1).
' Contrat pour la Monnaie de Rome, passéle 1er juillet 1549, avec Girolamo Ceuli de Pise :
Guidascanio Sforza, cardinal-camerlingue ;
Giovanni Poggio, trésorier général ;
Giulio Gonzaga, clerc ;
Alessandro Campeggi, évêque de Bologne, clerc ;
Giulio Grandi, évêque d'Anglona, président (2).
LE CARDINAL-CAMERLINGUE.
LES TRÉSORIERS GÉNÉRAUX
La Chambre apostolique était constituée par l'ensemble des services chargés de l'adminis
tration publique des États pontificaux et particulièrement de leurs finances. A la tête de la Chambre
était le cardinal-camerlingue, dont les fonctions furent remplies, pendant presque tout le pontificat
de Paul III, par GUIDASCANIO SFORZA. Son petit-fils. Guidascanio, nommé, à dix-neuf ans environ,
le 22 octobre 1537, prêta dès le lendemain le serment habituel et reçut du Pape l'investiture de cette
charge (3) qu'il conserva, à travers les disgrâces des Farnese et de cruelles intrigues de cour,jusqu'à la
veille de sa mort (7 octobre 1564) (4). Son prédécesseur avait été un petit-neveu de Sixte IV, Agostino
Spinola de Gênes, évêque de Pérouse dès 1509, promu cardinal du titre de San Ciriaco, le 3 mai 1527,
qui avait remplacé, le 8 juin 1528, l'impopulaire cardinal Francesco Armellini (5), et qui, pendant le
voyage de Clément VII à Bologne, au mois d'octobre 1529, fut chargé de gouverner Rome avec ses
collègues Andrea Della Valle, Paolo Cesi et Alessandro Farnese, le futur Paul III (6).
L'autorité du camerlingue s'étendant sur les deux branches principales de l'administration,
la justice contentieuse et les finances, on dut lui donner des sortes de coadjuteurs. Pourla justice, ce
furent l'auditeur de la Révérende Chambre apostolique, qui devint l'un des tout premiers prélats de
la cour, et quelques-uns des clercs de la Chambre; ce fut aussi le gouverneur de Rome, qui reçut le
titre de vice-camerlingue et, en cette qualité, prit rang avant l'auditeur lui-même. Pour les finances,
ce furent le trésorier et la plupart des clercs de la Chambre, qui formèrent, avec le gouverneur de
Rome et quelques autres officiers, le tribunal civil et criminel. La charge du trésorier fut longtemps
entre les mains d'un seul personnage; mais, dès le pontificat de Martin V, elle se dédoubla; il y eut
(1) GARAMPI, op. cit., p. 277-279.
( 2) Ibid. , p. 286-238.
(3) Diarium de FIRMANO, ms. cité, fol. 116 v°: « Die 22 dicti mensis [Octobris] fuit per S. D. N. in
secreto concistorio creatus camerarius S. R. E. R. mus D. Guido Ascanius Sforza.
Die sequenti [23 octobris], Papa
in aula concistorii secreti sedens in sede camerali stetit donec prædictus cardinalis creatus camerarius præstitit iura
mentum consuetum. Deinde Papa [ei] dedit annulum sigillatorium in digito annulari, et baculum, dicens : Accipe
baculum, etc. Deinde osculatus fuit pedem et manum, etc., et receptus a Sua Sanctitate ad osculum oris. >>
(4) MORONI, vol. VII, p. 80 ;
(5) MORONI, ibid.;
NOVAËS, op. cit. , t. VII, p. 8 (lire 1564 au lieu de 1554).
NOVAËS, t. VI, p. 236.
(6) NOVAËS, op. cit., t. VI, p. 248.
LA FAMILLE PALATINE
89
un trésorier général du Saint-Siège, généralement choisi parmi les clercs de la Chambre, et un trésorier
secret, qui fut proprement celui du Pape (1).
Les trésoriers généraux n'apparaissent dans nos registres que tout àfaitincidemment, bienque
la Chambre exerce, comme nous le verrons, son droit de vérification, sinon sur les dépenses privées
du Pape, au moins sur les comptes rédigés par le trésorier secret. Sous le règne de Paul III, le
premier trésoriergénéral fut, en octobre 1534, ASCANIO PARISANI (2). Il en exerça les fonctions jusque
vers le milieu de l'année 1538. Le Pape choisit alors pour les remplirun des hommes les plus modestes
et les plus intelligents de l'Italie au xvIe siècle, ANGELO COLOCCI, de Iesi (3). Né en 1467 dans cette
petite ville de la Marche, envoyé par ses concitoyens comme ambassadeur à Alexandre VI en 1498, il
était resté à Rome, où,prêtre médiocre, mais humaniste éminent, épris de poésie latine, provençale
et italienne, élégant poète lui-même, il avait recueilli, dans sa maison et dans ses jardins, l'Académie
expirante de Pomponio Leto. Là, dans les loisirs que luilaissait sa charge de secrétaire aposto
lique, il exerça, jusqu'en 1527, une sorte de primatie littéraire (4) qui sans doutel'intéressait beaucoup
plus que ses dignités de cour, bien qu'il fût devenu gouverneur d'Ascoli, diplomate intermittent,
toujours arrêté par la goutte, et évêque présomptif de Nocera (5). Le sac de Rome porta à sa fortune
un coup dont il eut a souffrir pendant tout le reste de sa vie (6) et qui l'eût entièrement ruiné si les
Farnese et Cervini ne l'eussent efficacement aidé dans ces douloureuses circonstances (7). La tréso
rerie générale fut vraisemblablement une des formes par où se manifesta l'active amitié et l'estime des
Farnese pour ce survivant du plus brillant des âges littéraires. Mais il paraît bienque cet exquis dilet
tante ne pouvait s'astreindre à un travail régulier : en 1546, il céda son évêché, qu'il avait attendu
pendant seize ans, à son neveu Girolamo Mannelli de Roccacontrada (8), comme, dès 1540, il s'était
démis de la charge de trésorier. Il est vrai qu'il était alors vieux et malade, si malade qu'il mourut
dans une crise subite, le 1er mai 1549, à quatre-vingt-deux ans (9).
(1) MORONI, Vol. LXXIV, p. 288 ; vol. VII p. 5 et suiv.
(2) Il est très nettement désigné comme tel, nonseulementpar Novaës, etdans uncontratdu 18 août 1537 publié
par Garampi (voir ci-dessus, p. 86), mais par un mandat du 11 janvier 1538 (Archivio di Stato de Rome, Mandati,
1533-1539, fol. 33). Il est vrai que, le 12avril suivant, un autre registre (ibid. , Tesoreria segreta, 1538 A, fol. 1) le désigne
ainsi : « vescovo di Rimini, tausoriero di Nostro Signore » ; mais ici les mots di N. S. doivent être pris, ainsi qu'en beau
coup d'autres cas, dans le sens de della Chiesa Romana.
Cf. Italia sacra, t. II, col. 438.
(3) MORONI, Vol. LXXIV, p. 288; Gianfrancesco LANCELLOTTI, Poesie italiane e latine diMonsignorAngelo Colocci
(Iesi, 1772, gr. in-4°).
(4) Cf. P. Carmine GIOJA, Gli Orti Colocciani inRoma (Foligno, 1893, in-8°) ; LANCELLOTTI, ouvr. cité,p. 16 et suiv.
(5) Dès 1497, selon LANCELLOTTI (ouvr. cité, p. 15), il était abréviateur apostolique. En 1503, il acheta l'office de
procureur de la Sacrée Pénitencerie ; puis il devint solliciteur des lettres apostoliques, secrétaire apostolique
et enfin maître du registre des bulles et notaire de la Chambre apostolique (ibid., p. 16-17). C'est en 1523 que
Clément VII le nomma gouverneur d'Ascoli (ibid., p. 24-25). Le 25 novembre 1521, Léon X lui avait octroyé la future
succession de l'helléniste Varino Favorino, évêque de Nocera; cette faveur fut confirmée par Clément VII en 1523,
mais n'eut d'effet qu'à la mort du titulaire, en avril 1537 (ibid., p. 24, 30).
Plus que tous les autres honneurs, il
dut goûter celui que lui fit le Sénat romain en l'inscrivant, le 3 décembre 1505, dans l'ordre des patriciens de la ville
(ibid. , p. 20-21).
Cervini et de Fulvio Orsini. Cf. Pierre de NOLHAC, La bibliothèque de Fulvio Orsini (Paris, 1887, in-8°), p. 79-82.
(6) Les épaves de sa belle bibliothèque, alors dispersée, passèrent plus tard dans les collections de Marcello
(7) LANCELLOTTI, op. cit., p. 29-30.
(8) Ibid., p. 32.
(9) Ibid., p. 34.
12
90
LA COUR DE PAUL III
En janvier 1540, c'est GIROLAMO CapodiFERRO DE' RECENATI, ancien nonce en Portugal.
que nous trouvons dans cet office (1). Le 26 août de la même année, il figure comme trésorier dans
un contrat pour la Monnaie de Rome(2). Il fut, comme on l'a vu, bientôt créé dataire et eut pour
successeur, le 1er mai 1541, GOVIANNI POGGIO, de Bologne (3).
Poggio, devenu veuf, s'était rendu à Rome et y avait été bien accueilli par Clément VII.
Hommepratique, il obtenait bientôt de la Révérende Chambre la ferme des « spolie » et des rentes des
églises et des bénéfices vacants en Espagne. En 1529, il se rendait dans ce pays avec le titre de collec
teur apostolique (4). Mais, loin de s'en tenir àces fonctions, qui lui furent confirmées en 1535 par
Paul III, il se mêlait de politique, se poussait à la cour; il fit si bien que le véritable nonce, Giovanni
Guidiccioni, s'émut de ses empiètements et qu'il pouvait écrire de Valladolid, le 20 février 1537, au
secrétaire intime du Pape, Ambrogio Recalcati : « J'ai été en Espagne, voici bientôt deux ans, comme
une ombre de nonce, et Poggio a été nonce et collecteur » (5). En effet, pendant que Guidiccioni sui
vait péniblement Charles-Quint à Tunis, en Sicile, en Italie et en Provence (1537-1538), l'astucieux
Poggio s'était fait donner le titre de nonce près l'Impératrice (6) et lorsque Guidiccioni revint, il
vit que ses appréhensions s'étaient réalisées et que, s'il ne parvenait pas à faire révoquer les facultés
de son rival, la situation était intenable. Une guerre terrible s'engagea entre les deux personnages,
toute de franchise et d'honnêteté d'une part, merveilleusement insidieuse de l'autre. Et, malgré
l'intervention énergique de Bartolomeo et d'Alessandro Guidiccioni, l'honnête homme, qui n'avait
pour lui que le talent et le droit, succomba- comme il arrive presque toujours- sous les artifices
de l'homme d'affaires. Au mois d'août 1537, Guidiccioni était rappelé à Rome, remplissait de fati
gantes missions et, jeune encore mais désabusé, mourait le 26 juillet 1541, tandis que Poggio, après
sa nonciature d'Espagne, était nommé trésorier le 1er mai 1541, devenait, le 4 octobre de la même
année, évêque de Tropea, nonce en Allemagne en 1544, de nouveau trésorier général en 1548, car
dinal du titre de Sant' Anastasia le 20 décembre 1551 (7), se faisait bâtir à Bologne un superbe
(1) Bullarium de 1586, p. 140. Dilect's filiis Guidoni Ascanio Sfortiae S. Eustachii Diacono Cardinali Camerario
et Hieronymo Ricanati (sic) de Capite ferreo Thesaurario nostris... (Constitution datée de Rome, 11 cal. jan. 1540.
Sur Capodiferro, voy. aussi ci-dessus p. 34 et 86.
(2) Voy. ci-dessus p. 86.
(3) Ladatede lanominationde Poggio estdonnée parS. MERKLE (Concilii TridentiniDiariorumpars prima, p. 725,
n. 4; d'après GARAMPI, Saggi di osservazioni, app., p. 275, n. 4).
Io. Antonii PETRAMELLARII Bononiensis ad librum
Onuphrii Panvinii... continuatio (Bononiae, 1599, in-4°), p. 33-35.
4) MINUTOLI, Opere di Mgr Giovanni Guidiccioni, vol. 1, p. xxvn-xxx.
(5) Ibid. , vol. II, p. 92.
(6) On trouve une des nombreuses preuves de ce fait dans lalettre que la reine d'Espagne Elisabeth ou Isabelle, fille
d'Emmanuel roi de Portugal, femme de l'empereur Charles-Quint, écrivit au pape, en1537: « Muy santo padre, Vuestra
muyhumillydevotahija la erperatriz y rieyna de las Españas de las doss Secilias, de Jerusalem, etc..beso vuestrassantos
pies y manos y me encomiendo en Vuestra Santitad ala qualplega saber como yo he hablado a micer Juan Pogio, nucio
de Vuestra Santitad, sobre cierto negocio que toca al monesterio de Nuestra Señora dela Fuente santa como el lo dira mas
particularmente a Vuestra Bt..... De Vall[ado]lid, di VI de Junio M. D. XXXVII años.
De V. Sat. Vuestra muy
humill y devota hija la enperatriz y reyna de las Spañas, de las dos Secilias, de Jerusalem, etc. que vuestros santos pies
ymanos besa.- Io. laReyna. Vargas. » (Bibliothèque nationale de Paris, ms. fr. n. a. 21.535, fol. 8; orig.).
(7) NOVAES, op. cit., t. VII, p. 73 : MERKLE, Concilii Tridentini Diariorum pars prima, p. 869, n. 5.
LA FAMILLE PALATINE
91
palais, offrait au Pape sa vigna de la Porta del Popolo pour agrandir la fameuse « Villa Giulia » (1)
et mourait plein d'honneurs, de richesses et de jours, le 12 février 1556 (2), pendant une visite dans sa
ville natale, où il était inhumé dans la magnifique chapelle construite par ses soins à San Giacomo.
Le 20 décembre 1542 (3), Poggio était remplacé par BERNARDINO ELVINO DE SORA (Helvinus
dans les documents latins), qui devait être déjà attaché à la Chambre apostolique. Abréviateur
apostolique (4) et secrétaire du cardinal camerlingue Guidascanio Sforza, il dut à ce dernierde remplir,
pendant l'absence de Giovanni Poggio, les fonctions de trésorier général(5) qu'il conserva jusqu'au
11 juillet 1548, date de sa mort (6). Il était évêque d'Anglona depuis le 20 décembre 1542 (7).
Il eût sans doute parcouru une brillante carrière, s'il n'avait pas disparu si vite : il n'avait que
quarante-quatre ans, aux termes de l'épitaphe du monument, orné d'une statue couchée, par Frà
Guglielmo Della Porta, que lui élevèrent, à Santa Maria del Popolo, sa sœur et son beau-frère (8).
Lors de son retour à Rome (22 juillet 1548), Poggio reprit la charge qu'avait gérée Elvino et
l'exerça dans les derniers temps du pontificat de Paul III et au commencement de celui de Jules III
jusqu'au 10 janvier 1551 (9), où il donna sa démission, très probablement sur un désir du Pape
qui voulait pourvoir Giovanni Ricci de Montepulciano, rappelé de sa nonciature de Portugal cette
même année et nommé trésorier le 19 décembre (10).
(1 ) Il avait à Rome un palais sis via del Popolo, près de l'église SanRocco, où, en octobre 1549, il offrit l'hospita
lité au cardinal Marcello Cervini, alors atteint d'un de ses ordinaires accès de fièvre quarte. (MERKLE, op. cit., p. 869.)
Est-ce une partie de ce palais (già del duca Orazio Farnese) qui fut expropriée en 1544 (LANCIANI, Storia degli scavi
di Roma, vol. II, p. 234) ? Ou s'agit-il d'un autre palais antérieurement possédé par Poggio ?
(2) Il était né le 25 janvier 1494 (PIETRAMELLARA, op. cit., p. 33).
(3) Selon MORONI (Vol. LXXIV, p. 288-289), le 20 novembre 1541.
par Merkle, d'après Garampi.
Ladate du 20décembre 1542 est donnée
(4) Il conserva sans doute cette fonction lorsqu'il devinttrésorier général, comme le prouveraitle curieux mandat
suivant : « R. D. Bernardino Helvino, literarum apostolicarum maioris presidentie abbreviatori et thesaurario apos
tolico generali, etc. Solvatis magistro Baptiste, bibliopole Veneto, ducatos decem et octo pro pretio quorumdam libro
rum diversarum rerum libidinosarum seu inhonestarum continentium (sic) ab eodem Baptista de ordine R. D. mei
Cardinalis de Sancta Cruce [Marcelli Cervini] ut igni traderentur emptorum. Nos enim illos sic positos in vestris com
putis admittimus, etc. Datum Rome, die IXdecembris 1541. » Archivio di Stato de Rome, Mandati, 1539-1542, fol. 202
(publié par Bertolotti dans l'Archivio de Gori, vol. III, p. 40).
(5) Il figure dans l'acte du 26 août 1545 (voir ci-dessous p. 85), comme trésorier apostolique.
(6) Il le fut véritablement, avec la seule réserve alors assezfréquente,surtoutpourles évêchés, du droitde regressus
en faveur de son prédécesseur, qui eut l'occasion de s'en prévaloir. On en a la preuve, non seulement dans leDiarium
deMassarelli (MERKLE,p. 725), mais dans un mandatdu16juin 1549en faveurde Tommaso Cavalcanti,GiovanniGiraldi
et compagnie, banquiers florentins, pour un lingot d'argent d'un peu plus de 13 livres remis à Bartolomeo Bettini
a de ordine bone memorieBernardini Helvini dum viveret thesaurarii apostolici». Archivio di Stato de Rome, Mandati,
1549-1550 A, fol. 48 vº.
(7) EUBEL, t. III, p. 110. Il fut sacréen 1545. On lit en effetdans leDiarium de FIRMANO (ns. cité, fol. 202 vº-203) :
«Die 25 novembris, R. P. D. Philippus, [Archinto] episcopus Burgi Sancti Sepulchri, assistentibus sibi DD. PP. DD.
Ludovico Assisinati et Constantino Cianensi et Firmensi episcopis, R. P. D. Bernardinum Helvinum, thesaurarium
apostolicum generalem, in episcopum Angloniensem consecravit, qui juravit in forma, etc. Romæ, in cappella domus
solitæ habitationis dicti episcopi consecratoris,præsentibus ibidem R. P. D. Joanne Petro de Conis, accolito... ...apos
tolicis testibus, etc (sic). »
(8) ALVERI, Roma in ognistato, t. II, p. 38 : « D. О. М. — Bernardino Helvino Ep. Anglon. Pauli III. Pont. Max.
Thesaur. generali Dionora soror et Camillus Scarsissimus Dionoræ vir fratri optime merito F. vixit annos XLIV
dies XLI decessit MDXLVIII quin. Idus Iulii.>>>
(9) MERKLE, op. cit., p. 869, n. 5.
(10) MORONI, vol. LXXIV, p. 289.
92
LA COUR DE PAUL III
LES GOUVERNEURS DE ROME
Dans le mandat du24novembre1535, que nous publions ci-dessus (1), le gouverneur de Rome
vient immédiatement après le cardinal camerlingue, sans doute à cause de son titre de vice-camer
lingue; dans l'acte du 26 août 1545 que nous mentionnons ci-dessus (2), au contraire, il n'est qu'au
quatrième rang, après le trésorier et les clercs. La liste des gouverneurs, sous Paul III, est assez difficile
à établir, et l'on constatera peut-être plus d'une lacune dans les notices qui vont suivre.
Dix jours après son avènement, le 23 octobre 1534, le nouveau pape confia cette charge à
GIOVANNI GUIDICCIONI (3) qui, pendantson cardinalat, avait été de longues années sonfamilier et son
auditeur (4). Guidiccioni dut faire un singulier retour sur lui-même en se voyant chargé de la haute
police d'une ville qu'il avait, peu auparavant (5), dépeinte sous les couleurs les plus sombres à son ami
Giambattista Bernardi :
«... Je ne voudrais aller à Lucques que pour m'y fixer ; car je le désire aussi vivement que
vous désirez venir à Rome. Quand vous y serez, j'espère que (par lafaute de la vie corrompue de ces
prêtres) vous reconnaîtrez qu'en vous déconseillant d'y venir, j'ai loyalement agi. Car je ne pense pas
que votre esprit hésite à rebuter ce que le mien méprise et hait, c'est-à-dire plus de scélératesses qu'il
n'y en a dans le reste du monde. Avec votre tolérance et celle de tous ceux qui ont la vue courte, je
veux vivre pour Dieu, pour moi-même et pour mes amis, et jouir (carje pourrai le faire) de l'honnête
loisir des lettres pendant le peu de jours qui me restent ; et c'est là une pensée que j'espère bientôt
mettre à exécution... Et ne croyez pas que ma résolution vienne d'ailleurs que de la raison... C'est que
de ces hommes illustres par leurs richesses non seulement on ne peut avoir, mais encore on ne peut
espérer la moindre récompense de longs travaux ou de dangers mortels, si l'on ne se décide à l'acqué
(1) Voy. ci-dessus p. 83-84.
(2) Voy. ci-dessus p. 85.
(3) DiariumdeFIRMANO(ms.cité, fol. 28 verso-29) : «Die veneris 23 octobris, S. D. N. postmissam in parva Capella
creavit d. Joannem Guidiccionem de Luca, Sedis apostolicae prothonotarium, imponendo sibi rocchettum, illumque
Urbis gubernatorem designavit. D. Honofrius [Pontanus], collega meus, et ego interfuimus, et accepimus ejus mantel
lum, quod postea retinuimus [restituimus ?] quia erat minus [nimis ?] pauper, prout ipse dixit, et quia antiquus
familiaris Papae fuerat et per multos annos ejus auditor. »-Cf. la relation de la cour de Romede Girolamo FANTINI,
citée par Carlo CAPASSO, La politica di Papa Paolo III e l'Italia, p. 102.
(4) Il succéda à son oncle Bartolomeo comme auditeurdu cardinal, probablement à partir de la finde 1527. En
1529, il accompagna son patron dans sa légation auprès de Charles-Quint ; au cours duvoyage, ils s'arrêtèrent à Lucques
et habitèrent au palais des Guidiccioni. Giovanni accompagna aussi le cardinal à Bologne en 1530, lors de l'entrevue
de Clément VII etde Charles-Quint; au mois de septembre 1530, il était avec lui à Gradoli. Cette intimité avecun des
plus riches princes de l'Église amena ses compatriotes à lui confier la négociation de différentes affaires avec la Curie
et l'ambassadeur impérial à Rome. En 1533, ses correspondants lui donnent le titre de secrétaire apostolique. Le 18 dé
cembre 1534, il fut nommé évêque de Fossombrone. Cf. Carlo MINUTOLI, Opere di Monsignor Giovanni Guidiccioni,
vol. I, p. vIII-x, xiv.
(5) Romualdo SASSI, Il sacco di Roma del 1527 in una lettera d'un poeta contemporaneo, dans la revue bolonaise
La Gioventù Italiana, anno II, n. 4 (Aprile 1910, p. 266, n. 2) .
LA FAMILLE PALATINE
93
rir par des moyens déshonnêtes. Ils ne favorisent et n'élèvent que les flatteurs et ceux qui connaissent
sur le bout du doigt les demeures, les affaires et les qualités des courtisanes. Ils ne veulent voir devant
eux que ceux qui leur parlent de bons mets et de bons vins, ceuxqui savent trouver les moyens les
plus secrets, et même les plus éhontés, je ne dis pas seulement d'acquérir de l'argent, mais de vendre
les bénéfices. Ils n'accueillent et ne traitent aimablement que ceux qui, sous les prétextes les plus colo
rés, savent les débarrasser de leurs créanciers, fussent-ils extrêmement pauvres, et manquerde parole
autant de fois par jour qu'ils ont l'habileté de le faire, pour plaire à leur seigneur et maître. Et. mon
cher messer Giovambattista, comme la majeure partie et même presque tous les gens qui habitent ici,
se laissant entraîner par la pratique universelle sans s'en apercevoir et sans opposer aucune résistance,
ou bien parce qu'avides de s'élever, ils voient qu'il n'y a pas d'autre voie qui soit restée ouverte pour
yréussir, ils s'efforcent de faire les choses qu'ils voient être en pratique ou en crédit. De là naît une
multitude de vices telle que je vous l'ai dépeinte ou pire encore. Aussi, sachant bien que je suis homme,
je ne veux pas mettre plus longtemps ma vertu à l'épreuve ; mais je veux quitter cette Babylone, que
je ne m'étonne pas que les barbares aient saccagée et démolie en plus d'un endroit. Je m'étonnerais
au contraire qu'ils eussent agi d'autre sorte ; et je m'étonne aujourd'hui qu'un plus grand châtiment
tarde à venir... Voilà la longue histoire, que je vous ai composée, en voulant dire seulementqu'il me
plaisait que vous fussiez pour aller à Lucques ; mais que monexcuse soit dans lapuanteurde tant de
péchés, au milieu desquels je m'ingénie de mon mieux à imiter le soleil,qui ne reçoit aucune souillure
de la boue qu'il touche, et aussi dans la crainte que j'ai que vous deveniez tel, si vous venez ici » (1).
L'affection très sincère de Paul III eut sans doute raison des répugnances de Guidiccioni, puisque,
peu de temps après, il consentait à sonder officiellement la sentine qu'il avait dénoncée de toute son
indignation.
Il est vrai que le nouveau gouverneur entra à peine en charge. Presque aussitôt après
sa nomination, il permutait avec le Modénais Ugone Rangoni, qui était sur le point de se rendre à
la cour d'Espagne en qualité de nonce (2). Les lettres de créance de Guidiccioni portent la date du
24janvier 1535, c'est-à-dire qu'elles sont postérieures de trois mois, à unjour près, àsa prise de posses
sion du vice-camerlingat (3).
Le cœur lui manqua-t-il au moment de se plonger dans l'instruction des crimes de la ville pon
tificale, et demanda-t-il à Paul III d'employer ailleurs son dévouement? Je le croirais volontiers ;
car il était d'une nature singulièrement délicate, et si son pessimisme était tempéré par ses autres ver
tus, il n'en était pas moins profond. On ne peut guère citer qu'une occasion où il ait vraiment plai
santé ; mais ce jour-là, il avait emprunté la plume d'Annibal Caro (4).
Ona vu plus haut les basses intrigues qui se nouèrent contre lui dans sa nonciature d'Espagne
(1) MINUTOLI, op. cit., vol. I, p. 193-197.
(2) Carlo CAPASSO, op. cit., vol. I, p. 102 et n. 2.
(3) MINUTOLI, op. cit., vol. I, p. xvm.
(4) Lettre à Frà Baccio, signalée plus haut, p. 58.
94
LA COUR DE PAUL III
et les menées victorieuses de Poggio (1). L'amitié du Pape, la haute valeur du diplomate, attestée par
ce qui nous reste de sa correspondance de ce temps, rien ne put prévaloir contre la corruption et
l'ambition de courtisans sans scrupules, tels que Recalcati et Poggio. La confiance que Paul III avait
en lui n'en fut nullement diminuée. Malgré le désir, toujours vif, qu'avait Guidiccioni de passer le
reste de sa vie à Lucques, au milieu de ses parents, de ses amis et de ses livres, son vieux maître lui
imposa la lourde présidence de la Romagne, où il emmena Caro, et où il déploya une utile énergie
(décembre 1539-octobre 1540) (2), les difficiles fonctions de commissaire général du camp pendant la
guerre de Paliano contre Ascanio Colonna (1541) (3), enfin le gouvernement de la Marche, qui devait
marquer la fin de sa carrière : le 1er juillet, il partait malade pour Macerata, où il expirait le 26, à
l'âge de quarante et un ans (4).
Il est impossible de quitter Guidiccioni sans signaler, au moins brièvement, la haute tenue
morale et artistique des trop rares œuvres qu'il a laissées. Les fragments publiés de sa correspondance
politique se distinguent par la clarté du style et des idées et par l'élévation des sentiments : ses
lettres les plus remarquables peut-être sont celles qu'il adressait, en 1536, au cardinal Trivulzio,
nonce en France (5), et au connétable de Montmorency (6), et aussi celle qu'il écrivait à Pier Luigi
Farnese le 22 juin 1536 (7). Parmi ses lettres familières, on doit surtout citer la lettre à Bernardi, qui
vient d'être traduite en partie, et la lettre à son oncle Bartolommeo, au moment où il revenait à Rome
sur les instances de Paul III, après trois ans d'honnête absence (8). Mais son véritable titre littéraire
aux yeux de la postérité et aujugement des meilleurs d'entre ses contemporains (9), ce sont quelques
uns de ses petits poèmes : non point ses Canzoni ni sa vaillante Satira, mais ses sonnets sur les misères
(1) Cf. ci-dessus, p. 90 et 91.
(2) MINUTOLI, op. cit., vol. I, p. xxxix ; vol. II, p. 169-368.
(3) Ibid., vol. I, p. XLIX ; vol. II, p. 371-437.
(4) Ibid., vol. I, p. L-LI ; vol. II, p. 439-443.
(5) MINUTOLI, op. cit., vol. II, p. 19, 26, etc.
(6) Ibid , vol. II, p. 38 et 45.
(7) Ibid., vol. II, p. 15, 18.
(8) N'oublions pas le magnifique discours composé à l'occasion du soulèvement des « Straccioni » (1533). MINU
TOLI, op. cit., vol. I, p. LVIII et 137-162.
(9) Minutoli cite àpropos de ces sonnets lesjugements de Lilio Gregorio Giraldi et de Giammatteo Toscano ; mais
il a omis le sonnet de Benedetto Varchi, qui est très important et dont voici le texte (B. VARCHI, Opere (Milano, 1834,
in-8°) , vol. I, p. 499, col. 2) :
Voi, che per darne giovamento e guida
Farvi alla gente di vertute amica,
Nasceste in questa fera età nemica
Di chiunque al suo ben la scorge e guida ;
Seguite l'onorata altera e fida
Impresa, che i miglior tutti v'amica ;
Chiamate Italia a quella dolce antica
Libertà, ch'or da lei s'abborre e sfida.
Mostratele che i gigli, ancor che d'oro,
La sfiorâr sempre, e che l'augel di Giove
I più saldi tarpolle e i più bei vanni.
Creda il vostro Buonvisi che ristoro
Trovar nè debbia mai nè possa altrove
Che'n sè medesma de' suoi lunghi affanni.
LA FAMILLE PALATINE
95
de l'Italie (1). Dans la seconde pièce de cette « suite » éloquente et courageuse, dédiée à son ami Vin
cenzo Buonvisi (2), on trouve déjà la pensée et l'accent qui, plus de deux siècles après, feront immor
telle la canzone de Giacomo Leopardi :
Dal pigro e grave sonno, ove sepolta
Sei già tanti anni, omai sorgi e respira ;
Edisdegnosa le tue piaghe mira,
Italia mia, non men serva che stolta.
La bella libertà, ch'altri t'ha tolta,
Per tuo non sano oprar, cerca e sospira;
E i passi erranti al cammin dritto gira
Da quel torto sentier, dove sei volta.
Che se risguardi le memorie antiche,
Vedrai, che quei che ituoi trionfi ornaro,
T'han posto il giogo e di catene avvinta.
L'empie tue voglie a te stessa nemiche,
Con gloria d'altri e con tuo duolo amaro,
Misera ! t'hanno a sí vil fine spinta (3).
Onpeut être certain que le goût délicat de Paul III, affiné aux élégances médicéennes, savait
apprécier ce philosophe (4) patriote jeté dans les « sentiers tortueux » d'une politique diffi
(1) MINUTOLI, op. cit., vol. I, P. LIX, LX (probablement écrits de 1526 à 1530) ; p. 12.
(2) Frère cadet de Martino, qui sauva la république de Lucques lors du soulèvement dit des Straccioni (1531-1533),
Vincenzo diBenedetto Buonvisi, néle 1erjuillet 1500, morten 1575, était presque toujours retenu à Lyon par les néces
sités de son commerce; il avait deux autres frères, Lodovico et Antonio. Ce dernier, « marchand » à Londres, fut l'ami
de Thomas Morus jusqu'à l'heure suprême. Les Forcianæ quæstiones d'Ortensio Lando ont pour théâtre la villa de Forci
qui appartenait aux frères Buonvisi. Cf. MINUTOLI, op. cit., vol. I, p. Lx, p. LxxvII, n. 110.
(3) MINUTOLI, op. cit., vol. I, p. 11. Je ne résiste pas au plaisir de citer le douzième de ces sonnets (p. 17), qui
est aussi beau, sinon plus beau que le second :
Degna nutrice de le chiare genti,
Ch'a dì men foschi trionfâr del mondo ;
Albergo già di Dei fido e giocondo,
Or di lagrime triste e di lamenti :
Come posso udir io le tue dolenti
Voci, o mirar senza dolor profondo
Il sommo imperio tuo caduto al fondo,
Tante tue pompe e tanti pregi spenti ?
Tal, cosi ancella, maestà riserbi,
Esi dentro al mio cor suona il tuo поте,
Ch'i tuoi sparsi vestigi inchino e adoro.
Chefu a vederti in tanti onor superbi
Seder reina, e'ncoronata d'oro
Le gloriose e venerabil chiome ?
Au vers 13, il serait peut-être mieux de lire « e'ncoronate d'oro ». Cette suite de petits poèmes paraît bien avoir
été inspirée par le sac de Rome. Cf. R. SASSI, op. cit., p. 268 n.
(4) Je n'écris pascemot sans raison sérieuse. Lorsqu'en 1539, il se rendit pourlapremière fois peut-être, dans son
évêché de Fossombrone, que Paul III lui avait confié dès le 18décembre 1534, ilse replia sur lui-même avec une noblesse
digne de Pétrarque en ses meilleurs jours ou de Jean Pic de la Mirandole en ses dernières années. Il faut lire le soixante
neuvième sonnet (MINUTOLI, op. cit., vol. I, p. xxxv, xxxvi et 45) :
96
LA COUR DE PAUL III
cile (1); mais en était-il de même des hommes positifs, souvent jusqu'à la vulgarité, qui formaient
alors le gros de la cour pontificale? La réponse à cette question n'est que trop aisée.
UGO RANGONI dut remplacer Guidiccioni, dans les fonctions de gouverneur de Rome, vers la
fin de l'année 1534 ou le commencement de l'année suivante. Issu d'une illustre famille modénaise,
fils du comte Gherardo et de Violante Contrari, frère du comte Ercole qui fut chargé d'accompagner
Renée de France, duchesse de Ferrare, lors de sa rentrée dans sa patrie en 1560 (2), Ugo Rangoni
n'était pas un homme nouveau. Dès le 18 octobre 1510 (3), Jules II l'avait fait, à l'âge de 24 ans (4),
évêque de Reggio d'Emilie, puis lui avait confié la charge de vice-légat de Parme et de Plaisance :
c'est sans doute dans l'exercice de ces fonctions qu'il avait gagné les bonnes grâces d'Alessandro
Farnese, si jaloux d'entretenir d'excellents rapports avec tous ceux qui administraient sa ville épis
copale. Le 20 février 1532, Clément VII l'avait envoyé près du roi des Romains, Ferdinand, et des
princes d'Allemagne, pour négocerles conditions où se tiendrait le futur Concile; et sa mission extra
ordinaire dura jusqu'au mois de juillet (5). Sur sa vie à Rome, les renseignements n'abondent pas :
le 14 février 1535, il célébrait la messe dans la Chapelle pontificale (6), de même le 28 novembre
1535, premier dimanche de l'Avent (7). Le 9 septembre de l'année suivante, il officia dans une cir
constance plus solennelle, pour le repos de l'âme du dauphin François, fils aîné du roi (8). C'est aussi
Rangoni, à en juger par les dates, qui eut à instruire le procès du meurtrier de Marcello Crescenzi,
Al bel Metauro a cui non lungi fanno
Servi devoti a Dio romito seggio,
A iboschi, a i vaghi prati eterno deggio,
Poiche a l'ingiuste brame esiglio dànno.
Qui dove l'adio è vinto, e muor l'inganno,
Il bel de' sacri studi amo e vagheggio :
Spio lo mio interno, e quegli error correggio,
Ove m'avvolsi è già l'undecim' anno.
Non son da i crudi ed affannati morsi
Dell'invidia trafitto ; e quella maga
Non può cangiarmi il volto e la favella :
Maga perfida e ria, cui dietro corsi
Incauto ; or l'alma, del suo fin presaga,
Ritorna in signoria, dov'era ancella.
(1) Quelques mois après son retour d'Espagne, Paul III lui concéda, le17 décembre 1537, de nombreux privilèges,
entre autres d'introduire dans ses armes les lis des Farnese (MINUTOLI, op. cit., vol. I, p. xxx) ; et l'année suivante,
il l'emmena à l'entrevue de Nice (ibid., p. xxxu).
(2) TIRABOSCHI, Biblioteca Modenese, t. IV, p. 286.
(3) J'ignore pourquoi TIRABOSCHI (loc. cit., p. 313) donne la date de 1512. Cf. Italia sacra, t. II, col. 314; GAMS,
Series episcoporum, p. 760.
(4) TIRABOSCHI affirme, en effet, que Rangone avait 54 ans à l'époque de sa mort, survenue le 28 août 1540.
Cf. Lodovico VEDRIANI, Catalogo de' vescovi Modonesi (Modona, 1669, in-8°), p. 97.
(5) Anton. PIEPER, Zur Enstehungsgeschichte der ständigen Nuntiaturen (Freiburg i. B., 1894, in-8°), p. 93 et 209.
Une ligne de son épitaphe, composée par son frère Ercole, a fait inserire dans son cursus une nonciature en Espagne ;
mais onne peut guère voir là qu'une allusion à la désignation de la fin de 1534, dont il est question plus haut.
(6) Diarium de MARTINELLI, ms. cité, fol. 41 vº.
(7) Diarium de FIRMANO, ms. cité, fol. 72 : « Die dominica prima adventus, celebravit missam in Capella, Papa
præsente, episcopus Regiensis, prælatus domesticus et Urbis gubernator. >>>
(8) Ibid , fol. 97 : « Die nona Septembris, celebravit missam exequialem in Capella pro Delphino, primogenito
Regis Franciæ, episcopus Regiensis, gubernator Urbis. Papa intervenit et in fine missæ fecit absolutionem.>>>
LA FAMILLE PALATINE
97
auditeur de Rote, évêque élu de Marsico, grièvement blessé le 28 février 1535 (1). C'est lui encore qui,
le 5 avril, fut chargé, avec le capitaine des Suisses, d'arrêter le « cardinal de Ravenne », Benedetto
Accolti, accusé de nombreux crimes commis pendant son séjour dans la Marche d'Ancône en qualité
de légat apostolique (2). C'est lui enfin qui, vers le 16 août de la même année, procéda, de concert avec
le procureur fiscal Benedetto Valenti et « un vieux notaire » de la Chambre, à l'interrogatoire de Gio
vanni Andrea de Borgo San Sepolcro, amené d'Itri au Château Saint-Ange après l'empoisonnement du
cardinal Hippolyte de Médicis (3). Le 5 avril de l'année suivante, il était au nombre des grands per
sonnages qui allèrent jusqu'à Saint-Paul-hors-les-murs au-devant de Charles-Quint (4).
Les fonctions de Rangoni cessèrent en novembre 1536 (5). Le 23 de ce mois, Paul III, dans la
(1) Ibid., fol. 48 : « Die dicta [dominica3. Quadragesimæ 28et ultimafebruarii], interhoramprimam etsecundam
noctis fuit vulneratus ad mortem in capite et vultu Dominus Marcellus de Crescentiis, qui erat Auditor Rotæ, et fuerat
electus episcopus Marsicanus. Quis eum vulnerasset ignoratus fuit, nam ignotus propter vestimentorum mutationem.>>>
Marcello Crescenzi, qui appartenait à la grande famille de ce nom, guérit de ses blessures. Il avait été nommé auditeur
de la Rote à l'âge de 25 ans; évêque de Marsico en 1533, il fut créé cardinal-prêtre du titre des SS. Giovanni e Paolo,
fut secrétaire de la signature des brefs, légat au Concile de Trente sous Jules III, et mourut à Vérone, au couvent des
Olivétains, à Santa-Maria degli Organi, le 28 mai 1552, à l'âge de 42 ans. Il passait pour un éminent canoniste. Cf.
NOVAËS, t. VI, p. 33-34; MERKLE, op. cit., pars prima, p. LXXIII, 146; LXXIV , 3010; 742, 22 ; 755, 42 (fiançailles de sa
fille naturelle avec Filippo Ghisilieri de Bologne, au Palais public de cette ville, le 25 août 1549).
(2) FIRMANO, ms. cité, fol. 56 verso : « Die lunæ 5dicti mensis [aprilis], S. D. N. fecit [poni] in carceribus per
Gubernatorem Urbis et Capitaneum custodiæ Svizzerorum Cardinalem Ravennatensem propter injustitias et extor
siones magnasfactas in Provincia Marchiæ Anconitanæ tempore suæ legationis. » C'est lui aussi qui signa avec Valenti,
le 30 ou 31 octobre suivant, l'ordre d'élargissement du cardinal (COSTANTINI, Il processo del cardinaleB.Accolti, p. 370).
(3) Cf. le récit de Giovanni Andrea lui-même dans le livre de Bruto AMANTE, Giulia Gonzaga contessa di
Fondi, p. 109-117, surtout p. 115.
(4) FIRMANO, ms. cité, fol. 81 vº. Voy. Podestà, Carlo V a Roma, p. 323.
(5) Unenouvelle nonciature lui était réservée; cf. lalettre adressée de Rome par Jeande Marette à Jean duBel
lay, le 8 janvier 1537 : « Il est bruit aussi que le gouverneur de Rome, qui estait cependant que y estiez, s'en va vers le
Roy pour ambassadeurdu Pape. Si j'eusse à choisir, Monseigneur de Cigne y fust allay, qui se recommande très hum
blement àvotre grâce » (Bibl. nationale de Paris, Coll. Dupuy, vol. 264, fol. 147 (autographe) ; ms. français 19.751, fol. 189
(copie) . Dans sa lettre, Marette fait allusion au premier séjour de Jean du Bellay à Rome, de juin 1535 à mars 1536 ;
cf. V. L. BOURRILLY, Le cardinal Jean du Bellay en Italie (Paris, 1907, in-8°). Mgr de Cigne c'est Lorenzo Grana, évêque
de Segni depuis le 3 janvier 1528 (EUBEL, t. III, p. 318), humaniste distingué, ami de Colocci (cf. Gianfrancesco LAN
CELLOTTI, Poesie... di Monsignor Angelo Colocci, p. 79 et n. coù l'on verra, dans le si curieux billet d'invitation de
Blosio, qu'il était très lié aussi avec le dataire Giammatteo Giberti) . Grana eut beaucoup à souffrir du sac de 1527.
Il est, avec Colocci, l'un des principaux interlocuteurs du célèbre dialogue de Giampietro VALERIANO : De infelicitate
litteratorum (cf. Léon Dorez, Le sac de Rome (1527) ; relation inédite de Jean Cave, Orléanais (Rome, 1896, in-8°) ;
(extr. des Mélanges d'archéologie et d'histoire, t. XVI), p. 11. Il avait la réputation d'être à la fois un des meilleurs
latinistes et l'un des plus savants hellénistes de son temps. Une poésie latine de sa composition, sur la mort de Celso
Mellini, se trouve dans le Vat. lat. 3.370, fol. 232 : Infunere Celsi Mellini Laurentii Granae lacrimae (Cf. P. de NOLHAC,
La Bibliothèque de Fulvio Orsini, p. 268, n. 1). Frà Leandro ALBERTI dans sa Descrittione di tutta Italia (Bologne,
1550, in-fol) ., fol. 131 verso, fait de lui l'éloge suivant : « Passò a meglior vita quest' anni passati in Roma Lorenzo Grana
Romano,vescovo diquesta città[Segni],excellente oratore, &huomo di grande ettenace memoria, &d'ogni virtù ornato,
lasciando di sè gran desiderio alli virtuosi. » Lorenzo Grana mourut à Rome le 5 septembre 1539 et fut enseveli à Saint
Jean de Latran dontil était chanoine. Son cousin germain, Giampaolo, lui fit l'épitaphe suivante : « D. O. M.
Lau
rentius Grana, summus orator, hujus aedis sacerdos ordinarius. Signiaeque episcopus a Clemente VII Pont.Max;
creatus a Paulo III. Parmae praef. ad Concilium Tridentinum nuntius in Galliam et Helvetios iterum nuntius.
Io
Paulo Grana, patruele, ejusd aedis sacerd. ord. curante. H. S. E. Vixit annos XLV, mens. VI, d. XI, Obiit non.
Sept. MDXXXIX. » (FORCELLA, vol. VIII, p. 30, nº 56.)
Grana, dès 1534, avait espéré parvenir, grâce à ses talents, à la nonciature de France. Biagio Martinelli raconte
que le 2 octobre 1534, jour où commencèrent les obsèques de Clément VII, il s'était chargé du sermon, mais qu'il ne
leprononçapas, voulant ne s'acquitter de cette tâche qu'au dernierjour, parce qu'il désirait avoir les cardinaux fran
çais, non encore arrivés à Rome, dans son auditoire : « Sermo non fuit factus, quia episcopus Signinus, qui onus
13
98
LA COUR DE PAUL III
salle de ses appartements privés qui s'appelait la « parva Camera», conféraitlapremière tonsure à un
personnage dont le nom est resté en blanc ou a été estropié dans laplupart, sinon dans tous les exem
plaires du Journal de Firmano, le créait ensuite protonotaire en lui imposant le rochet et le manteau,
puis gouverneur de la ville par la remise du bâton (1). Ce personnage remplaçait sans nul doute
Rangoni. La copie du Journal de Firmano que nous utilisons donne son nom sousuneforme inadmis
sible : << Hecerbo ». Il n'est pas douteux qu'il ne faille lire : « Archinto (2) ».
FILIPPO ARCHINTO, d'origine milanaise, commençait ainsi une carrière qui fut assez brillante.
Évêque de Borgo san Sepolcro le 19 mars 1539, puis de Saluces le 19 octobre 1546, et enfin arche
vêque de sa ville natale le 16 décembre 1556, il mourut le 21 juin 1558 (3) après avoir été, proba
blement depuis 1542, vicaire de Rome in spiritualibus sous Paul III, Jules III, Marcel II et
Paul IV. Une lettre de Bembo, écrite de Padoue le 10 juillet 1537, est adressée à Filippo Archinto
<< governator meritissimo di Roma » (4).
Cette année 1537 donna de grands soucis au gouverneur de Rome. Le 31 mai au matin,
avant ou après la messe solennelle célébrée à Saint-Pierre en présence du Pape, Ascanio Cesarini
fut blessé au visage d'un coup de poignard par un de ses serviteurs, à quelques pas de Paul III ;
le meurtrier, arrêté par le « baroncello », fut pendu le jour même (5). Le 9 novembre suivant, on
décapitait un chanoine de Saint-Pierre, membre de la famille romaine De' Gottifredi, qui avait été
convaincu de nombreux crimes et empoisonnements (6). Enfin, le 27 décembre, on arrêtait et on
faisait mettre au Château Saint-Ange le secrétaire intime du Pape, Ambrogio Recalcati, accusé de
sumpsit, dixit se non esse praeparatum, sed, ut audio, cupiens habere cardinales Gallos audituros eum orantem.>>>
(Diarium, ms. cité, fol. 5 vº). Le neuvième et dern'er jour des obsèques (samedi 10 octobre), il put enfin, selon son
vœu, parler devant ceux par qui il souhaitait si fort être entendu : « Sermonem fecit de laudibus et vita Clementis reve
rendus dominus Laurentius episcopus Signinus et bene et copiose. » (Ibid., fol. 9 vº.)
(1) FIRMANO, fol. 99 : « Die 23 dicti mensis [novembris], Papa in sua parva camera deditprimamtonsuramR. D.
Hecerbo (sic). Tamen (Tandem ?] creavit eum prothonotarium imponendo rocchettum et mantellum, et dedit illi
baculum creando ipsum gubernatorem Urbis ; qui iterum osculatus fuit pedem Sur Sanctitatis, prout fecerat in prin
cipio. Intervenit D. Blasius socius meus. » Le journal de Martinelli, p. 107 vº, laisse le nom en blanc.
(2) Le R. P. Franz Ehrle a bien voulu me signaler un acte de Paul III, du 21 novembre 1536, qui le prouve.
En voici la rubrique : « Fit Gubernator Urbis post Ugonem episcopum Regiensem Philippus Archintus. »
(Archives du Vatican, Armar. 29, t. 106, fol. 46). Il faut donc rejeter l'assertion de MORONI (op. cit., vol. XXXII, p. 41),
d'après laquelle Archinto fut fait gouverneur et vice-camerlingue le 6 mai 1538. Moroni ajoute qu'Archinto fut fait,
par Paul III, gouverneuret vice-camerlingue, in Curia nostra nos sequente, selon les termes dubref, parce qu'il le chargea
de ladirection de la nombreuse suite qui l'accompagna dans le voyage de Nice, sans pour cela écarter Conversini de cet
office. Ce qui nous amènerait à croire que Conversini avait succédé, dès 1538, à Archinto, comme gouverneur de la Ville.
(3) EUBEL, t. III, p. 158, 308, 257, 257.
(4) Giuseppe SPEZI, Lettere inedite del cardinale Pietro Bembo e di altri scrittori del secolo XVI, tratte da' codici Vati
cani e Barberiniani (Roma, 1862, in-8°), p. 28-29.
(5) Diarium de FIRMANO, ms. cité, fol. 114 verso : « Die sequenti [31 maii], Papa, delatus sub baldacchino cum
mytra quam cepit extra Capellam portavit sanctissimum Sacramentum corporis Christi Missam celebravit in Sancto
Petro cardinalis Contarenus, et indulgentiæ fuerunt decem annorum per dictum celebrantem publicatæ.
Illo
mane, D. Ascanius de Cæsarin's fuit pugione vulneratus in facie a quodam eius famulo, non multum longe a Pon
tifice ; qui captus a baroneello eodem die fuit suspensus. » Cf. Registre, fol. 64 a, où il est fait mention d'une aumône
donnée, le 30 mai, à l'occasion de cette cérémonie.
6) Ibid , fol. 118 verso, « Die 9 novembris, canonicus Sancti Petri de Gottifredis fuit decapitatus propter multa
homicidia per eum perpetrata ac alia provocata etiam veneno, »
LA FAMILLE PALATINE
99
haute trahison et de concussion (1). Archinto ne détint pas très longtemps les fonctions de gouver
neur mais il y trouva de quoi dépenser son activité. Combien de temps garda-t-il ses fonctions ? II
les occupait encore le 23 septembre 1537 (à cette date il prêche devant le Pape à Saint-Pierre) et
le 24 octobre (2).
BENEDETTO CONVERSINI, qui était de Pistoia, semble avoir occupé ensuite, durant quelques
années, leposte device-camerlingue. Le 7juin 1538, undes curiauxqui avaient suivi PaulIII à Nice, écri
vait àBenedetto Conversini, du couventdes Franciscains de l'Observance, où habitait le Pape, un billet
où il est questiondu prochain retour de Paul III et de sa suite à Rome : « En attendant
conclut-il
ne vous faites pas de soucis, car j'espère que vous aurez bientôt sa Sainteté à Rome et qu'il vous
paraîtra être gouverneur pour de bon » (3) (ces derniers mots semblent indiquer qu'en l'absence du
pontife, Conversini avait eu fort à faire pour maintenir, au moins en certaines occasions, son autorité
et ses prérogatives). Le 15 octobre 1538, il dut arrêter Benvenuto Cellini et instruire l'affaire si
étrange des joyaux que l'artiste était accusé d'avoir dérobés au Château Saint-Ange pendant le siège
de 1527 (4). Deux mois plus tard, il apposait sa signature sur la dernière pièce du dossier (5). Un
mandat du 19 mars 1539 lui allouait 25 ducats pour couvrir les frais de l'échafaud dressé sur la place
de Saint-Pierre lors de la dernière fête du Testaccio (6). Enfin, le 6 décembre 1540, dans un acte
cité par Contelori, apparaît encore « Benedictus Conversinus, episcopus Esinus, gubernator (7)
Urbis ».
Selon Moroni, le successeur de l'évêque de Iesi fut PIETRO ANGELINI qui, le12juillet 1541, tou
jours d'après le même auteur, fut lui-même remplacé par Michele Franzino. Moroni n'a pas cité sa
source, mais il est facile de la retrouver et de montrer que contrairement à son habitude, il a très
(1) Ibid., fol. 122 verso, 123 ; « Die dicta [27 decembris), Papa fecit poni in carceribus in Arce Sancti Angel
R. D. Ambrosium, Suæ Sanctitatis intimum secretarium, propter multa scelera [l. secreta] ut aiebant, ipsius Papæ
litteris revelata Imperatori et infinitas extorsiones factas diversis modis ; et sic transierunt [l. transeunt] favores hujus
deperditi sæculi.>>>
(2) Diarium de MARTINELLI, p. 135-135 vº° et 139 vº.
(3) Lettere di Principi, éd. citée, vol. III, fol. 57. La lettre n'a pas de nom d'auteur dans cette publication.
(4) Voir ci-dessous p. 112) et Bertolotti, Artisti Lombardi, vol. I, p. 260.
(5) Ibid. , Artisti Lombardi, vol. I, p. 268.
(6) Archivio di Stato de Rome, Mandati, 1539, fol. 41 : « Solvatis et numeretis ad ordinem Rdi Benedicti electi
Britonoriensís, alme Urbis gubernatoris, scutos XX¹¹ quinque de Juliis X pro scuto ad computum opere et impense
et illorumqui palchum inplatea Sancti Petri, quum ibi fuit celebratumfestum Testacieproxime preteritum, de mandato
dicti Rdi gubernatoris...; et quatenus residua huiusmodinon sufficiant, suppleatis de pecuniis Camere apostolice usque ad
dictam summam XXV ducatorum. Datum Rome, XVIIII Martii 1539. » V. 25. En marge : « B. electo Britonoriensi
pro palcho. » Il devait être en très bons termes avec Paul III pour que celui-ci lui ait confié l'évêché de Bertinoro,
qu'il avait lui-même administré, étant cardinal.
(7) Felice CONTELORI, Geneologia familiae Comitum Romanorum (Romae, 1650, in-40) p. 34. « Anno a Nativitate
1540 Indict. 13 die 6 decembris Pontificatus Pauli Tertii anno 7.- Paulus Tertius seu Benedictus Conversinus epis
copus Esinus Gubernator Urbis restituit et relaxavit Mariano et Appio de Comitibus fratribus germanis Castrum
Poli una cum illius arce et territorio, salvo iure et interesse fisci, qui prætendebat tertiam seu partem spectantem
Torquato alteri fratri de Comitibus ob quædam delicta fuisse confiscandam in favorem Cameræ Apostolicæ. » Evêque
de Bertinoro depuis le 15 octobre 1537 (EUBPA, t. III, p. 139), Conversini avait été transféré au siège de Iesile 30 juil
let 1540 (EUBEL, t. III, p. 97.)
100
LA COUR DE PAUL III
légèrement lu et commenté le passage d'où il a tiré cette partie de son intéressant article sur le
gouverneur de Rome. Cette source, c'est le Diarium de Firmano, où nous trouvons, à la date du
12 juillet 1545 (et non pas 1541) : « Le dimanche 12 juillet, notre très saint Père se rendit du Châ
teau Saint-Ange au Palais et, après avoir entendu une messe basse dite par son chapelain dans la
Chapelle Sixtine, il s'assit dans son siège portatif placé devant le milieu del'autelet, en laforme ordi
naire, créa protonotaire Franzino qui, après lui avoir baisé les pieds, se mit à l'écart. Aussitôt, le
révérend seigneur Pietro Antonio, évêque de Nepi (1), qui avait été gouverneur de la Ville pendant
trois ans ou environ, ayant le bâton de son office dans la main, agenouillé devant le Pape, s'excи
sant, etc..., restitua le bâton au Pape, qui fit un très grand éloge de ses services, et le Pape remit le
bâton au dit seigneur Franzino, protonotaire, qui fut ensuite conduit par les Conservateurs de la
Ville et une nombreuse suite jusqu'à la maison où il habitait » (2). De ce passage il ressort clairement
que Pietro Antonio Angeli Angelini de Cesena avait succédé à Conversini, nommé en 1541 vice-légat
de Bologne et qu'à son tour Angeli avait vu passer son office aux mains de Michele Franzino ou Fran
zino Michele le 12 juillet 1545.
FRANZINO MICHELI DE SIPONTO (Manfredonia), docteur en chacun droit, évêque de Marsi (3),
puis de Casale (4), avait été commissaire général de la Chambre apostolique sous Clément VII (5).
Peu de temps après avoir été nommé gouverneur, il intervenait, comme vice-camerlingue, le 26 août
1545, dans l'acte qui créait pour Pier Luigi le duché de Parme et Plaisance (6). Le 4 juillet 1546, il
paraît avoir joué un rôle assez marquant dans la cérémonie de la remise des bannières et du bâton à
Ottavio Farnese nommé capitaine général des troupes envoyées contre les Luthériens (7), et le 25 août
1548, il assistait à l'entrée de l'ambassadeur du roi de Pologne (8). Il est à peu près certain qu'il
(1) Pietro Antonio Angelini eut l'évêché de Nepi le 7 août ou le 7 octobre 1542, après la mort de Pomponio Ceci,
et le conserva jusqu'à sa mort (1553).Cf. Italia sacra, t. I, col. 1.033 ; EUBEL, ouvr. cité, t. III, p. 325.
Ronchini le
cite comme gouverneur en 1542, mais l'appelle Pierantonio De Angelis, dans les Atti e Memorie delle R. R. dep. di storia
patria per le provincie dell'Emilia, nuov. ser., vol. IV, parte I, p. 121.
(2) Diarium de FIRMANO, ms. cité, fol. 191vº-192 : « Die dominico 12 Julii, S. D. N. ex Castro Sancti Angeli ivit
ad Palatium et, audita missa plana per suum capellanum in Capella Xisti, sedit in sua sede portatili ante medium
altaris posita, et more solito creavit prothonotarium Franciscum (sic), qui post pedum oscula secessit ad partem. Et
incontinenti Rmus D. Petrus Antonius, episcopus Nepesinus, qui per tres annos vel circa fuerat Urbis gubernator,
habens baculum sui officii in manu, genuflexus ante Pontificem, excusans se etc., restituit baculum Papæ, qui summo
pere commendavit officium suum, et Papa tradidit baculum praedicto domino Francisco (sic) prothonotario, quipost
modum fuit deductus a conservatoribus Urbis cum magna comitiva usque ad domum suæ habitationis. » Eubel, qui
nommele nouveau gouverneur « Franchinus Michaelis » dans la liste épiscopale de Marsi (t. III, p. 253), l'appelle « Fran
ciscus (de Michaelis) » dans celle de Casale Monferrato (ibid., p. 170) .
(3) Italia sacra, 2e édit., t. I, col. 914 (17 avril 1546); GAMS, p. 893 (du 17 avril 1546 au 13 juillet 1548);
EUBEL, t. III, p. 253 (17 mai 1546) .
(4) Par suite du passage de Bernardino Della Croce à Asti.
13 juin 1548 à 1555) ; EUBEL, t. III, p. 170 (13 juillet 1548 à 1555).
(5) MORONI, Ouvr. cité, vol. XXXII, p. 42.
(6) FONTANINI, op. cit , p. 340 et ci-dessus p. 85.
(7) FIRMANO, ms. cité, fol. 213.
(8) Ibid. , fol. 235 verso.
Italia sacra, t. IV, 567; GAMS, p. 814 (du
LA FAMILLE PALATINE
101
conserva sa place jusqu'à la fin du règne de Paul III : « Monsignor Franzino, governatore di Roma »
est encore nommé dans un acte du15 février1549 (1), de même le 15 septembre de lamême année (2).
On prétend que Paul IV songea à lui renouveler ses pouvoirs de gouverneur, mais Franzino préféra
rester au service du duc Ercole II d'Este. Il mourut à Ferrare en 1555 (3).
LES CLERCS DE LA CHAMBRE. LE DOYEN DE LA CHAMBRE
LES AUDITEURS DE LA CHAMBRE
Les clercs de la Chambre prenaient rang, selon Moroni, à la suite du gouverneur et de l'audi
teur ; mais on a vu un peu plus haut que cela n'est pas exact, au moins pourle pontificat de Paul III.
Ils étaient considérés comme prélats domestiques, et dans le rôle de la « parte di palazzo » de 1555,
ils sont au nombre de huit (4). Le 8 mai 1455, une constitution de Calixte III leur avait confirmé leur
titre de familiers et commensaux du souverain pontife, et celui de chapelains du Pape et du Saint
Siège. Outreleursfonctions de juges, ils jouaientunrôle important sedevacante, et ils prenaient une part
considérable à certaines cérémonies, particulièrement à celle de la bénédiction annuelle de l'épée.
Firmano rapporte que, le 24décembre 1534, l'épée, une fois bénie selon le rite traditionnel, fut portée
à la Chapelle par l'évêque de Tortona (5), clerc de la Chambre, qui commit une fauteimpardonnable
aux yeux du maître des cérémonies : il portait la chape, et il eût dû revêtir la cotte (6). Cet étourdi
était un grand personnage, UBERTO GAMBARA, de Brescia, nommé protonotaire apostolique et nonce
en Portugal par Léon X, nonce en France et en Angleterre sous Clément VII (1527), nonce encoreen
Allemagne (1531), gouverneur de Bologne de 1528 à 1530. Il fut successivement cardinal du titre de
San Silvestro in Capite (28janvier 1540), de San Martino a' Monti (23 mars 1541), de Sant' Apollinare
(15 février 1542), de San Chrysogono (17 octobre 1544) (7) et, faveur insigne sous un Farnese,légat
de Parme et de Plaisance (8). Il avait obtenu son « chierico di camera » le 2 octobre 1531, à la suite
(1) BERTOLOTTI, Antonio San Gallo (Roma, 1892) , p. 7.
(2) COSTANTINI, Il processo del card. B. Accolti, p. 380.
(3) MORONI, Vol. cité., p. 42; Italia sacra, 2e édit. , t. I, col. 914; t. IV, col. 573, où l'ontrouve l'épitaphe quilui
fut consacrée dans l'église San Francesco de Ferrare : D.O. M. | Franzino Michelio Epis. Casalen. Ponti | ficiis Regiisque
magistratibus honorifice | gestis... tum demum Romæ Gubernator, ac postremo a secretis Herc. II. D. F. Michaella
F. M. C. Alphonsi Trotii Vx. P.- Si je comprends bien, cette épitaphe fut gravée par les soins d'une fille (ou d'une
filleule) de Franzino Micheli mariée au « magnifique comte>> ferrarais Alfonso Trotti.
(4) MORONI, vol. XXII, p. 72. Ils étaient sept sous Eugène IV et Nicolas V; dix sous Léon X; leur nombre s'ac
crut jusqu'à douze sous Pie V (Id., vol XI, p. 184-185).
(5) Gambara fut nommé évêque de Tortona le 8 mai 1528.
(6) FIRMANO, ms. cité, fol. 38.
(7) EUBEL, t. III, p. 28-29.
(8) MERKLE, op. cit.,p. 825, n. 3 (d'après Garampi et Pieper). CIACCONIUS (t. III, p. 666) paraît être seul àlui attri
buer lalégationde Parme etde Plaisance, ce qui prête au doute; il lui donne aussi le vicariat de Rome et l'adminis
tration de l'évêché de Policastro.
102
LA COUR DE PAUL 111
de la promotion d'Antonio Pucci au cardinalat (1). Le 26 août 1540il représente le cardinal-camer
lingue absent, dans un contrat publié par Garampi (2).
GIOVANNI GADDI, un autre clerc de la Chambre, néà Florence le22 avril 1492, alaissé une trace
dans l'histoire de l'art (3) et de la littérature de son temps (4). Il fut le protecteurde Benvenuto Cel
lini et d'Annibal Caro. Il avait connu ce dernier, alors très jeune, dans la maison d'un de ses parents,
Luigi Gaddi, où Caro était précepteur. Gaddi le tira de ce modeste emploi pourl'emmenerà Rome et
faire delui son secrétaire (5). Au boutde quelques années(1538), malgré les faveurs que lui fit obtenir
son nouveau patron, devenu, en 1536, doyen des Clercs de la Chambre, Caro se lassa d'un maître poin
tilleux, difficile à satisfaire, et lui exprima le désir de chercher fortune ailleurs. Giovanni Guidic
cioni, qui voyait tout ce que son jeune ami allait perdre en la personne de Gaddi, influent et riche,
crut de son devoir de ménager entre eux une réconciliation, et ily parvint (6). Mais, lorsqu'après son
retour d'Espagne, Guidiccioni fut nommé président de la Romagne, mission délicate entre toutes,
il ne résista pas à l'offre que Caro lui faisait de l'accompagner et de le seconder dans son gouverne
ment (7). Là encore, le prélat agit avec une affectueuse prudence : il négocia avec Gaddi qui lui
<< prêta » son secrétaire, auquelil tenait fort, pour une durée de trois mois. A l'époque dite, et au
grand désespoir des deux amis, le Florentin rappela Caro qui, sur les conseils de Guidiccioni, retourna
à Rome (8). Bien lui en prit, puisque le 26 juillet 1541, Guidiccioni, alors gouverneur de la Marche,
expirait à Macerata (9). Caro reconnut toute la sagesse de cet excellent homme et resta au service de
son Monsignore jusqu'au 19 octobre 1543, jour où celui-ci mourut dans sa ville natale (10). Caro entra
presque aussitôt chez Pier Luigi Farnese (11), Gaddi l'avait mis sur le chemin de la fortune ; il n'eut
pas affaire à un ingrat : un beau sonnet pleura sa mort :
Lasso, quando fioria l'ultima speme
De' miei pensier, che mai non empio;
Ecco di morte un nembo oscuro et empio
Svelto n' ha la radice et spento il seme.
(1) MERKLE, ibid. Il mourut à Rome le 14 février 1549. Comme clerc de la Chambre, il avait été mêlé à l'organisa
tion des préparatifs faits en 1536 pour la réception de Charles-Quint (Bertolotti, Artisti Bolognesi, (Bologna, 1885,
in-8°), p. 21).
(2) Voyez ci-dessus, p. 86.
(3) Onne sait que fort peu de chose du mécénat artistique de Gaddi. (Voy. cependant VASARI, Vita di Giovan
Francesco Rustici, éd. citée, vol. XII, p. 12 et 16.
(4) La meilleure notice sur Gaddi reste, je crois, celle de BANDINI,DeJuntarum typographia florentina (Lucae, 1791,
in 8°), parte II, p. 91-103. Cf. aussi Giulio NEGRI, Istoria degli scrittori fiorentini (Ferrara, 1722, in-fol.), p. 282-283.
(5) Anton Federigo SEGHEZZı, La Vita del commendatore Annibal Caro, p. III et suiv. (en tête Delle lettere fami
liari, vol. 1 (Padova, 1749, in-8°).
(6) Carlo MINUTOLI, Opere di Monsignor Giovanni Guidiccioni, vol. I, p. xxx-xxx1 ; SEGHEZZI, op. cit.,p. v-v1.
(7) MINUTOLI, P. XL-XLI.
(8) Ibid. , p. XLV-XLVI ; SEGHEZZI, op. cit., p. v-vi.
(9) MINUTOLI, p. LI.
(10) SEGHEZZI, op. cit., p. vII; Vita di Benvenuto Cellini, éd. O. BACCI, p. 98, note de la ligne 15; Lettere inedite di
Annibal Caro, con annotazioni di Pietro MAZZUCCHELLI, t. I, p. 92, n. 2 (mais au lieu de 1542, lire 1543).
(11) SEGHEZZI, op. cit., p. VIII ; Francesco Picco, Annibal Caro segretario del duca Pier Luigi Farnese (1543
1547) dans la Nuova Antologia, no du 1er octobre 1907, p. 467-475.
LA FAMILLE PALATINE
Morto è'l buon GADDO, et poca terra il preme.
Gaddo, in cui dianzi, come in proprio tempio,
Per bellezza del mondo, et per essempio,
Vivea la gloria et la virtute insieme.
Ogran publico danno, ó mortal piaga
Dela mia vita! Et chi sarà più mai
Che la risani ? o'l suo duol queti o tempre ?
Che nè d'oblio nè di conforto vaga,
Ma del suo fine, è codennata homai
Apiù nulla sperare, et pianger sempre (1).
103
Les relations de Gaddi (2) avec son compatriote Cellini nous sont encore mieux connues, grâce
à l'infatigable verve du grand orfèvre. Elles eurent d'ailleurs des épisodes, tour à tour tragiques et
bouffons, qui garantissent l'immortalité au doyen des clercs de la Chambre.
Cellini fait, à deux reprises différentes, l'éloge de Gaddi (3), de ses familiers, parmi lesquels il
nomme le grec Giovanni peut-être Jean Vergèce-, Lodovico da Fano, AntonioAllegretti, Anni
bal Caro, et de ses amis du dehors, Frà Sebastiano et... Cellini(4). Lorsque l'artiste travaillait chez le
joaillier Raffaello Del Moro, celui-ci se mit en tête de le marier avec sa fille ; il alla parler de son
projet à Gaddi, qui lui répondit sans le laisser finir son discours : « Ne parlez plus de cela, Raffaello,
parce que vous en êtes plus loinque le mois de janvier ne l'est des mûres. » Et Cellini ajoute : « Le
pauvre homme, très abattu, chercha aussitôt à la marier, et la mère de cette petite fille et tous les
gens de la maison me faisaient une mine dépitée, à moi quin'en savais pas la raison ; et comme il
me semblait qu'ils payaient de mauvaise monnaie les nombreux services que je leur avais rendus,
je cherchai à ouvrir une boutique près de la leur (5). Ledit messer Giovanni ne me souffla mot de
l'affaire jusqu'à ce que la fille fût mariée, ce qui arriva plusieurs mois après. »
Lors de la grande inondation du Tibre, en 1530, Cellini se sauva par la fenêtre de sa nouvelle
boutique, sise aux Banchi, avec des joyaux à lui confiés par Clément VII; il alla les porter tout
droit à Monte Cavallo, chez Giovanni Gaddi, qu'il trouva en compagnie deFrà Sebastiano del Piombo
et qui le traita « comme un frère » (6).
Gaddi ne devait pas tarder àjouer un rôle plus important dans la vie agitée de Benvenuto.
(1) Rime del commendatore Annibal Caro (Venetia, appresso Aldo Manutio, 1569, in 4º), p. 68.
(2) Il était né à Florence le 22 avril 1493 (Giulio NEGRI. op. cit., p. 282).
(3) Éloge tempéré ; car Cellini a soin de dire que Gaddi «prenait grand plaisir aux talents d'autrui, bien que
lui-même n'en eût aucun. » Vita, éd. citée, p. 98.
(4) Ibia., p. 98 (et les notes) et p. 159.
( 5) Ibid., p. 98-99. Le trait est vraiment « humain ».
(6) Ibid., p. 111. Gaddi avait sur l'Esquilin une villa que Guillaume Philandriersignale dans lepassagesuivant, à
propos du texte de Vitruve : Revertar nunc ad minii temperaturam (VII, 9) : « Diversum est hoc a Minio Dioscoridis.
Nam lib. 5 cap. 100. scribit ex quodam lapide argenteæ arenæ mixto temperari. In Esquiliis, vinea hodie Ioannis Gadi,
et ei proxima, sunt reliquiæ, ut suspicantur, aureæ domus Neronis, ego vero Palatii Titi esse potius dixerim ; in his
elegantissima cernitur pictura, quam cum admirarer edaci tempori non cessisse, sed ita obluctatam esse, ut recens
inducti videantur colores; eorum præter alios dici vix queat quantum nobis artiserunt duo nostro sæculo non imita
biles, luculente et temperanter rubens unus, alter læte virentis segetis modo. Illum nisi Minium esse,hane nisi Chry
socollam, adducinonpossumut credam. » (Éd. de Rome, 1544, p. 237 ; et, avec quelques légères variantes, éd. de Lyon,
1522, p. 290). Selon Bandini, la maison d'habitation de Gaddi était sise via Giulia (op. cit , p. 92-93). Quant au logis
de Monte Cavallo, c'est peut-être une erreur de Cellini.
104
LA COUR DE PAUL III
Lors de sa dispute avec son ami messer Benedetto, quand Pompeo Del Capitaneo l'accusa devant le
Pape d'avoir assommé dans la rue son rival, l'orfèvre Tobia de Camerino, ce fut chez le clerc de
la Chambre qu'il se retira pour se préparer à une fuite rapide. Messer Giovanni le rassura de son mieux,
fit appeler Annibal Caro pour examiner le cas, qu'un gentilhomme romain, survenant alors, déclara
désespéré. « Dès que ce gentilhomme fut parti-dit Cellini
ledit messer Giovanni, me regardant
bienen face, avait envie de pleurer, et il dit : « Hélas ! malheureux que je suis de n'avoir aucun
moyen de te venir en aide! » Alors je dis : « S'il plaît à Dieu, je m'aiderai bien moi-même; je vous
demande seulement de mettre à ma disposition un de vos chevaux. » Un cheval turc, de poil more,
était déjà sellé, le plus beau et le meilleur de Rome. Je sautai dessus, avec une arquebuse à roue
devant l'arçon, tout prêt à m'en servir pour me défendre. Arrivé au Ponte Sisto, j'y trouvai toute la
garde du bargello à cheval et àpied ; alors, faisant de nécessité vertu, poussant le cheval hardiment et
sans excès, grâce à Dieu, comme si leur vue se fût obscurcie, je passai librement, et avec la plus
grande hâte possibleje m'en allai à Palombara, lieu du seigneur Giovanbattista Savelli ; de là je ren
voyai le cheval à messer Giovanni, sans même vouloir qu'il sût où j'étais » (1).
Mais ce n'étaient là que jeux. Le 26 septembre 1534, furieux des procédés de Pompeo Del
Capitaneo, le peseur dela Zecca (la Monnaie pontificale), et de son parent Trajano Alicorno, camérier
favori de Clément VII, Benvenuto tuait son collègue d'un coup de poignard, au moment où il sortait
de chez le pharmacien établi au coin de la Chiavica de Santa Lucia, entre les Banchi et le Campo di
Fiore (2). Peu après, Alessandro Farnese devenait pape sous le nom de Paul III et s'enquérait de Cel
lini, auquel il voulait confier l'exécution de ses monnaies. Latino Giovenale répondit au nouveau pon
tife que, coupable d'homicide, l'artiste était en fuite, et il profita de l'occasion pour présenter l'affaire
sous unjour favorable à l'assassin. Paul III donna aussitôt l'ordre de délivrer un sauf-conduit à Cellini,
mais il se heurta à l'opposition de son secrétaire intime, Ambrogio Recalcati, qui avait été très lié
avec Pompeo. Cependant le Pape passa outre, et le sauf-conduit fut expédié, en bonne et dueforme.
Le meurtrier, amenédevant lui parmesser Latino, en profita, avec son habituelle effronterie, pour
redemander sa place de graveur de la Zecca. Il lui fut répondu qu'il fallait d'abord qu'il eût obtenu
sa grâce, par le moyen du privilège dont jouissaient un certain nombre d'associations romaines et
qu'elles exerçaient le jour de la fête de l'Assomption (3).
Des poursuites engagées contre lui, à l'instigation du fils du Pape, Pier Luigi Farnese, ou plutôt
à celle d'un de ses familiers, qui avait épousé la fille de Pompeo, déterminèrent Cellini à reprendre
le chemin de Florence, où il travailla pour le duc Alessandro (4). Un beau jeudi, en mars 1535, un
nouveau sauf-conduit lui parvenait, avec un ordre du Pape de rentrer à Rome le plus tôt possible,
afin de pouvoir bénéficier d'une des grâces qui seraient accordées le 15 août suivant. En juin, la
mauvaise tête partait pour Rome avec une joie non dissimulée, faisant des siennesle longdes chemins :
(1) Ibid., p. 131-132.
(2) Ibid , p. 140-141.
3) Ibid., p. 142, 143, 144 et note aux lignes 6-7.
(4) Ibid., p. 156.
LA FAMILLE PALATINE
105
<>>
Cellini quitte la table, va rendre visite à Paul III, qui l'envoie prendre ses instructions auprès
d'Ambrogio Recalcati ; il obtient, en menaçant de retourner à Florence, de ne pas se constituer pri
sonnier pour le 15 août, jour où il fut gracié à la requête de la Confrérie des bouchers (Confraternità
de' macellari) (1). D'ailleurs, malgré le motu proprio qu'il sut arracher au Pape, il dut subir le reste
de la cérémonie d'usage : « et le jour dit, entre deux gentilshommes, j'allai très honorablement en
procession, et j'eus la grâce entière (2) ! » On n'est pas plus aimable pour soi-même.
Mais voici que, quatre jours après, l' « homme de fer>> fut pris d'un terrible accès de fièvre.
Et pendant qu'il se faisait soigner parles premiers médecins de Rome, entre autrespar undes médecins
1) « Sodalitas laniorum de li stizi nuncupata », est-il dit dans le motu proprio de Paul III, découvert et publié
par BERTOLOTTI, Artisti lombardi, vol. I, p. 291.
(2) Vita, éd. citée, p. 160-161.
14
106
LA COUR DE PAUL III
du Pape, Francesco Fusconi de Norcia, Giovanni Gaddi venait le voir deux ou trois fois par jour ;
« et chaque fois il prenait en main quelqu'une de mes belles escopettes ou de mes cottes de mailles
ou de mes épées, et il disait continuellement : « Cette chose est belle, et cette autre est plus belle
encore>> ; et ainsi de mes autres maquettes (modelletti) précieuses et de mes autres petites choses : de
sorte que je l'avais pris engrippe. Avec lui venait uncertain Mattio Franzesi: à lui aussi on eût dit que
ma mort paraissait bien longue àvenir; non qu'il dût rien avoir du mien, mais il semblait qu'il dési
rait ce dont messer Giovanni montrait avoir grande envie. J'avais avec moi Felice, ce compagnon
dont j'ai déjà parlé et qui me rendait les plus grands services qu'homme du monde puisse jamais
rendre à un autre homme. La nature était en moi tout à fait affaiblie et abattue, et il ne me restait
pas même assez de force pour pouvoir reprendre haleine après avoir respiré ; mais la solidité de mon
cerveau était aussi parfaite que lorsque je n'étais pas malade. Cependant, dans cet état de mon
cerveau, un terrible vieillard venait me trouver au lit et voulait m'entraîner de force dans sa barque,
qui était très grande ; j'appelais alors mon Felice, afin qu'il se rapprochât de moi et qu'il chassât ce
vieux ribaud. Ce Felice, qui m'aimait extrêmement, accourait en pleurant et disait : « Va-t'en, vieux
traître, qui veux me voler tout mon bien, » Alors messer Giovanni Gaddi, qui se trouvait présent,
disait : « Le pauvre homme a le délire et c'en sera fait de lui dans quelques heures. » Et cet autre
Mattio Franzesi disait : « Il a lu Dante, et cette grande maladie l'a mis dans cet état », et il ajoutait
en riant : << Va-t'en, vieux ribaud, et n'ennuie pas notre Benvenuto. » Me voyant moquer, je me tour
nai vers messer Giovanni Gaddi et je lui dis : « Mon cher patron, sachez que je n'ai pas le délire, et
qu'il est vrai que ce vieillard me tourmente grandement ; mais vous feriez bien mieux de me débar
rasser de ce misérable Mattio qui se rit de monmal; et puisque votre Seigneurie daigne me rendre
visite, vous devriez venir avec messer Antonio Allegretti ou avec messer Annibal Caro, ou avec
d'autres gens de talent de votre entourage qui sont personnes bien autrement distinguées et spiri
tuelles que ne l'est cet animal. » Alors messer Giovanni dit par plaisanterie à ce Mattio de s'en aller
une fois pour toutes; Mattio se mit à rire, et la plaisanterie devint sérieuse, car messer Giovanni ne
voulut plus jamais le voir, et il fit appeler messer Antonio Allegretti, messer Lodovico et messer Anni
bal Caro. Je fus très grandement réconforté par la présence de ces honnêtes gens, et je causai fort bien
avec eux pendant un bon bout de temps, tout en sollicitant Felice de chasser le vieux. Messer Lodo
vico me demandait qui il me paraissait voir, et comme il était fait. Pendant que je lui répondais
clairement, ce vieux me prenait par un bras et de force m'attirait à lui ; etje leur criais de me secou
rir, parce qu'il voulait me jeter traîtreusement dans son épouvantable barque. A peine eus-je pro
noncé cette dernière parole, qu'il me vint un très grand évanouissement, et il me semblaqu'il me jetait
dans la barque. On dit qu'alors, pendant que j'étais évanoui, je battais la campagne et adressais de
mauvaises paroles à messer Giovanni Gaddi : qu'il venait pour me voler, et point du tout par
charité ; et beaucoup d'autres très vilaines paroles qui couvrirent de confusion ledit messer
Giovanni. Ensuite, on dit que je m'arrêtai, comme mort ; ils attendirent plus d'une heure
et, croyant s'apercevoir que mon corps se refroidissait, ils me laissèrent pour mort. Retour
nés chez eux, ils apprirent la nouvelle à ce Mattio Franzesi, qui écrivit à Florence à messer
LA FAMILLE PALATINE
107
Benedetto Varchi, mon très cher ami, qu'à telle heure de la nuit ils m'avaient vu mourir » (1).
Cellini, qui tenait si peu de compte de la vie des autres, considérait la sienne comme infini
ment précieuse, et lui qui traitait si facilement ses contemporains d'imbéciles et de fous, il ne voulait
pas avouer qu'il pût délirer, même dans un accès de fièvre. Ses protestations sont trop fortes pour
ne pas donner à croire que la visite nocturne du bargello l'avait extraordinairement effrayé (2). Une
page plus loin, continuant à détailler ses souffrances : « Ainsi allait se faisant ma grande maladie, et
mon état s'améliorait peu. Le très excellent maître Francesco [le médecin Fusconi] venait quatre ou
cinq fois parjour ; messer Giovanni Gaddi, qui avait eu honte [de ce qu'il avait dit ou de ce que
Cellini avait dit?], ne se présentait plus devant moi » (3).
C'est là le dernier passage, si je ne me trompe, où Benvenuto nomme le doyen des clercs de la
Chambre. Il est vrai qu'il en a fort longuement parlé, mêlant avec une joie satanique quelques rares
éloges à beaucoup de méchancetés, comme il a fait pour presque tous ses amis. Et cependant, cet
endiablé conteur- qui dénature souvent les faits, mais qui ne les invente jamais de toutes pièces
a oublié que les registres de la police romaine pourraient un jour révéler l'inappréciable dévouement
de Gaddi dans les jours les plus difficiles de la vie d'un très habile orfèvre florentin. On pouvait soup
çonner ce dévouement, rien qu'à voir le mouvement instinctif qui, aux mauvaises heures, poussait
invinciblement Benvenuto vers la maison du « chierico ». Bertolotti a fait parler les archives de Rome.
Elles ont dit que l'acte, l' « instrumentum pacis » par lequel lefrère de Pompeo, Lodovico De Capitaneis,
accorda son pardon au meurtrier avait été dressé à la prière de Giovanni Gaddi, intuitu reverendi
patris domini Joannis de Gaddis camere apostolice ; que ce fut Gaddi qui se porta garant pour
Cellini ; que l'acte fut dressé par Pierpaolo Attavanti, notaire de la Chambre, dans la maison de
Gaddi, actum Rome in domo prefati reverendi domini Joannis, devant Giorgio Raffaelli de
Ferrare et Carlo Palone (4). Elles ont dit aussi qu'à l'heure du besoin, Cellini savait bien se
souvenir du « chierico » et de son influence à la Cour. L'année même de son retour de France, il
avait été accusé par son ouvrier, Girolamo Pascucci, porte-voix d'ennemis plus puissants, d'avoir
soustrait des bijoux au pape Clément VII à l'époque du sac de Rome. Arrêté, il subit au Château
Saint-Ange, le 24 octobre 1538, un interrogatoire au cours duquel il fit valoir que, lors du meurtre
de Pompeo, « messer Carlo Palone, monseigneur le doyen de la Chambre [Gaddi] et messer Latino
Giovenale avaient parlé en sa faveur à Sa Sainteté », et que c'étaient eux qui avaient obtenu sa
grâce (5).
Après de telles révélations, si l'on pense à ce que Benvenuto a écrit de ses bienfaiteurs, on
conviendra qu'il donne une singulière idée de la reconnaissance humaine.
(1) Vita, éd. citée, p. 161-163.
(2) Ibid , p. 157-163.
(3) Ibid , p. 164.
(4) BERTOLOTTI, Artisti lombardi a Roma, vol. I, 254 et 289-291.
(5) Ibid., vol. 1, p. 262.
Carlo Palone n'est pas même nommé dans la Vita.
108
LA COUR DE PAUL III
Giovanni Gaddi fit partie de l'Académie florentine. C'était un mécène intelligent. En 1533,
il recueillit les poésies italiennes de son compatriote Lodovico Martelli, mort à Salerne en 1527 à
l'âge de vingt-huit ans, et les publia avec une dédicace au cardinal Hippolyte de Médicis (1). Deux
lettres de lui se trouvent dans le recueil, si curieux pour la « moralité » du xvIe siècle, des Lettres
écrites à l'Arétin (2). C'est sous son patronage que parurent, en 1531, les Discours sur la première
décade de Tite-Live (3) et, en 1532, les Histoires florentines et le Prince de Machiavel, cachés et
pillés par des possesseurs timorés, peu scrupuleux, ou peu curieux de livrer à l'impression des ouvrages
aussisuspects(4). Peut-être, d'ailleurs, ces « révélations » nuisirent-elles à la carrière ecclésiastique de leur
auteur responsable qui resta confiné dans sa charge de doyen de la Chambre apostolique. Les écri
vains contemporains ne tarissent pas d'éloges sur ses goûts littéraires et sur sa libéralité (5). Et c'est
encore cette protection des lettres qui parut à Niccolò Gaddi le meilleur titre de son oncle au sou
venir de la postérité, lorsqu'il fit graver en son honneur, en 1577, une épitaphe, quelque peu tardive,
et qui commence ainsi : « Joanni Gaddio, Thaddaei filio, Camere apostolice clerico decano, litteratorum
eruditorumque virorum insigni patrocinio claro ». Giovanni était mort à Florence, à l'âge de qua
rante-neuf ans, le 19 octobre 1543.
Les auditeurs de la Chambre de ce temps, malgré l'importance de leur charge, n'ont pas, au
moins comme tels, laissé de grandes traces dans l'histoire. Paul III appela de Bologne, où il profes
sait le droit civil avec succès, après l'avoir enseigné à Rome et à Padoue (6), PIERPAOLO PARISIO de
Cosenza, pour lui confier ces délicates fonctions. Certains auteurs affirment qu'il fut nommé, non
(1) Rome, Blado, 1533, in-80; 2e éd., Florence, Bernardo Giunta, 1548, in-8°.
(2) Venise, Marcolini, 1551, liv. 1, p. 292 et 293 (Bibl. Nat. Rés. Z 2.403,2.404). Dansla correspondance de l'Arétin,
on trouve une lettre du 7 octobre 1528 qui accompagnait l'envoi à Gaddi d'une «toile d'or tissue de jaune, œuvre riche
etbelle ; etl'onvoudraitqu'elle ne fûtpas riche etbelle, puisqu'elle est à vous, qui êtes riche etbeau ; mais où a-t-on
jamais pu dire qu'unhomme, à peine a-t-il revêtu l'habit de prélat, se soit mis à donner, et non à prendre ? Cela me
surprendrait plus que de voir messire Jules de Médicis devenu, de petit chevalier, superbe pontife... »
Quant à l'œuvre personnelle de Gaddi, elle paraît se borner à la dédicace des poésies de Martelli, aux deux
lettres à l'Arétin et à unsermon manuscrit sur la nativité de saint André. Voy. BANDINI, op. cit., p. 94-95.
(3) Rome,Blado, 1531, in-8°. Le cardinal Niccolò Ridolfi avait prêté pour cette édition le ms. autographe des Dis
corsi. Dans la lettre dédicatoire des Discorsi (Rome, 18 octobre 1531), Blado s'exprime ainsi : « Perciochè questi Dis
corsi, dopo la morte del padre loro quasi pupilli rimasi et privi di quelli tutori a'quali egli come suoi figliuoli raccoman
dati et indirizzati gli aveva [Zanobi Buondelmonti e Cosimo Rucellai]..., era venuti nondimeno in l'arbitrio de'pochi,
i quali avari de la loro utilità, et invidiosi de l'altrui, a mal grado di loro, ascosi gli tenevano. Et altri, quasi gelosi
innamorati, le lor bellezze non mostravano ; altri, a guisa de la favolosa cornice, de le lor spoglie, come di proprie penne,
si abbellivano, insino a tanto che pervenuti ne la tutela di V. S., per industria de'suoi [de' letterati che vivevano a
casa il Gaddi] liberati et divulgati si sono... » Cité par BANDINI, op. cit. , p. 96-97.
(4) Dans lalettre mise en tête du Principe (Florence, 8mai 1532), on lit : « Et in vero, che se alcuno è, che in questa
corrotta età a quello antico et tanto lodato Mecenate agguagliar si possa, voi siete quel desso, il quale di tutte le virtù
dilettandovi, di tutte avete cognizione, et a tutti i professori et amatori di quelle sete non meno favorevole amico che
amicissimo fautore et prontissimo donatore. » Ibid., p. 100.
(5) Il paraît bien aussi que Gaddi ait réuni une intéressante bibliothèque et qu'il en ait fait un généreux usage.
Pier VETTORI, dans ses Posteriores castigationes in [Ciceronis] Epistolas quas vocant familiares (Lyon, Gryphe, 1540
1541, in-8°, p. 25), a utilisé deuxmss qui sunt-dit-il optimi ac liberalissimihominis Joannis Gaddii. Plusieurs mss
de la Laurentienneportent son ex-libris (BANDINI, op. cit., p. 92, n. 3), et l'on a affirmé, bien que Manni l'ait contesté,
qu'il avait été possesseur d'un bon ms. duDécaméron (ibid., p. 101).
(6) Fasti Gymnasii Patavini Jacobi FACCIOLATI opera collecti 1517-1556 (Patavii, 1557, in-4°), p. 80 et 134.
LA FAMILLE PALATINE
109
point auditeur de la Chambre, mais auditeur de la Rote (1) ; le doute n'est point permis devant les
termes très nets de son épitaphe (2). Le 18 août 1537, son nom figure dans un contrat publié par
Garampi (3). Évêque de Nusco et d'Anglona en 1538, il devint cardinal-prêtre du titre de Santa Bal
bina, le 12 décembre 1539, légat a latere près Charles-Quint, de concert avec Marcello Cervini, pen
dant un des séjours de l'Empereur à Gênes, préfet de la Signature de Grâce, légat au Concile de
Trente, en 1542. Il mourut le 9 mai 1545, à l'âge de soixante-douze ans (4). Un bruit sinistre et
calomnieux courut alors : onprétendit que,pour s'être vigoureusement opposé, en consistoire public,
à la création du duché de Parme et de Plaisance en faveur de Pier Luigi Farnese, Parisio avait été
empoisonné (5).
L'auditorat était, le 26 août 1540.(6), aux mains du Génois GIAMBATTISTA CICADA Ou Cicala
alors référendaire des deux signatures. Né le 27 juillet 1510, élevé par son oncle Odoardo, évêque
de Savone, dans l'amour des bonnes lettres, il alla, dès sa jeunesse, de dignités endignités, avec un
bonheur qui ne se démentit jamais. Après avoir été évêque d'Albenga (1545) (7), gouverneur de la
Campanie, membre de grandes commissions financières et conciliaires, administrateur de plusieurs
évêchés, il fut nommé évêque de Sabine (1568). Jules III le revêtit de la pourpre
ore le 20 décembre
1550 et lui attribua le titre presbytéral de San Clemente. Il mourut à Rome, le 8 avril 1570 et
fut enseveli à Santa Maria del Popolo, dans la chapelle des Delle Rovere, par les soins de son neveu
Carlo qui avait obtenu son évêché d'Albenga. On a vu plus haut qu'il figurait encore comme audi
teur de la Chambre dans le diplôme du 26 août 1545 (8). Il est mentionné à ce titre dans un contrat
du 1er février 1542 (9).
LES PRÉSIDENTS DE LA CHAMBRE
Le Président de la Chambre, qui prenait rang à la suite des clercs, était spécialement chargé
de procéder à la révision des comptes du Trésor apostolique (10). Le premier personnage qui ait
(1) NOVAËS, t. VII, p. 27.
(2) «...Quiobcelebremjurisprudentiæ famam in nobilissimis Italiæ cathedris spectatam a Paulo III Pontif. Max.
Bononia Romam accitus Apostolicae primum Camerae Auditor creatus, mox in amplissimum ordinem adscriptus... »
Memorie degli scrittori Cosentini raccolte da Salvatore SPIRITI (Napoli, 1750, in-4°), p. 45, n. 2.
(3) GARAMPI, Saggi di osservazioni sul valore delle antiche monete pontificie con appendice di documenti (Romæ,
1766). Voy. ci-dessus p. 86.
(4) SPIRITI, op. cit., p. 42-46 ; MERKLE, Concil. Trident. Diar. pars prima, p. 188 et n. 6, et p. 192.
(5) SPIRITI, op. cit., p. 45 et n. 3.
(6) GARAMPI, op. cit., p. 262-264, et ci-dessus, p. 86.
(7) NOVAËS, t. VII, p. 73 ; PIETRAMELLARA, op. cit., p. 168-169.
(8) Voy. ci-dessus, p. 85.
(9) Cf. GARAMPI, op. cit., p. 265-268, et ci-dessus, p. 87.
(10) MORONI, vol. VII, p. 13.
110
LA COUR DE PAUL III
occupé cette place paraît avoir été PAOLO GIROLAMO DE' FRANCHI. Vers la fin de l'année 1534 et
pendant une partie de l'année 1535, il occupa la charge de majordome (1). Dans le courant de cette
même année, il devint président de la Chambre. Il figure à ce titre dans un mandat adressé, le 24 no
vembre 1535, par le cardinal-camerlingue, aux douaniers du sel (2). Notre registre nous le montre
dans l'exercice de ses fonctions. Le 1er février 1536, il examine les comptes de la Trésorerie secrète,
et il authentique de sa signature la note qu'il insère dans le livre de messer Bernardino Della
Croce. La même année, dans une déclaration de Jacopo Meleghino relative aux préparatifs de la
réception de Charles-Quint, il est pris à témoin d'un ordre donné par Paul III (3). Peut-être apparte
nait-il à la famille de Giovanfrancesco di Lodovico Franchi, comte de Montorio qui, nommé dans sa
prime jeunesse évêque d'Aquila par Léon X, conserva cette église pendant huit ans sans prendre les
ordres et finit par trouver sa vraie vocation, l'état militaire (4). Dans une lettre adressée de Rome à
Henri II, le 5 mai 1555, le cardinal Alessandro Farnese recommande au roi : « Jacomo Franco dall'
Aquila » dont l'oncle, « Monsignor dall' Aquila » avait obtenu une pension de 600 francs en Piémont :
<
pour sa justification, Valenti, « qui était un policier mieux élevé que le gouverneur, se tourna vers
le gouverneur et dit : Monseigneur, accordons-lui la faveur de dire cent paroles ; pourvu qu'il donne
l'objet, cela suffit amplement > (6). Ils se retrouvèrent en octobre 1538, lorsque Benvenuto fut accusé
par son ouvrier pérugin d'avoir volé des bijoux au Château Saint-Ange en 1527 (7) : « Ces trois hommes
[le gouverneur Benedetto Conversini, le procureur fiscal Valenti et le juge des maléfices, Benedetto
da Cagli] commencèrent à m'interroger d'abord aimablement, puis d'une façon très dure et
effrayante » (8)... Ils avaient affaire à forte partie, et Cellini le leur fit bien voir.
J'ignore à quelle date Valenti cessa ses fonctions, et je n'ai rencontré qu'un seul de ses suc
(1) Ce magistrat doit être de création assez postérieure à l'époque qui nous occupe.
(2) MORONI, Vol. VII, p. 12. Quant à la seconde série de clercs de la Chambre qui figurent en dixième ligne dans
le mandat de Spinola (cf. ci-dessus, p. 84), ce sont peut-être les substituts dont parle Moroni à la page qui vient
d'être citée.
(3) Vita, éd. citée, p. 198.- Le 22 avril 1535, Valentiinterrogeait le cardinal Accolti et l'engageait à confesser ses
fautes pour désarmer la colère du Pape. E. COSTANTINI, Il processo del card. B. Accolti, p. 289 (Pesaro, 1891) . Il figure
dans le mandat de 1535 dont il est question ci-dessus p. 83.
4) Vita, éd. citée, p. 121 et note à la ligne 26.
5) BERTOLOTті, Artisti lombardi a Roma, vol. I, p. 252.
(6) Vita, éd. citée, p. 122.
(7) BERTOLOTTI, op. cit., vol. I, p. 260 et suiv.
(8) Vita, éd. citée, p. 198 et suiv.
LA FAMILLE PALATINE
113
cesseurs, probablement son successeur immédiat, Silla Gori, qui mourut le 26 juillet 1546 et auquel
sa femme Livia et son fils Paolo consacrèrent, dans l'église San Girolamo della Carità, l'épitaphe
suivante (1).
BO. MEM.
SYLLAE GORII.
PAVLO III PONT. MAX.
FISCI PROCVRAT, VIRI
MORIBVS ATQVE
ERVDITIONE
EGREGII
QVI VIX. ANN.L.
MENSES XI. DIES. VII.
OBIIT DIE XXVI. IVLII.
MD. XLVI. LIVIA VXOR
ET PAVLVS FILIVS
MOESTISS. POSS.
Le 2 janvier 1536, GUIDO Parelli recevait
selon notre registre
douze écus pour vingt
sept grandes tables (tavoloni) qu'il avait achetées pour la Sacristie pontificale. Palelli, qui passait
pour un excellent jurisconsulte, avait été nommé commissaire de la Chambre le 19 novembre 1534 (2).
Bien qu'il fût né dans la Sabine, aux Rocchette (3), terre des Savelli située non loin de Rieti, il semble
que sa famille résidait presque tout entière à Valentano, fief des Farnese (4) : ce qui expliquerait
sa nominationfaite sipeu de jours après l'avènement de Paul III. Il ne s'arrêta pas en si beau chemin :
en 1536, il devenait chanoine de Sant'Angelo in Pescheria; en septembre 1537, notaire apostolique
et comte palatin ; il fut aussi chanoine de Saint-Jean de Latran, chevalier de Saint Pierre, titulaire de
nombreux bénéfices dans le diocèse de Genève. Il avait, comme beaucoup de Romains desontemps,
le goût des œuvres d'art antiques et, en 1541, pour satisfaire ce goût, il demanda et obtint l'autori
sation
peut-être aussi pour la construction d'un palais ou d'une villa
de chercher des pierres
dures « nello spazio delle cinque torri dentro e fuori le mura della Città » (5). Il possédait une belle
vigna, située sur l'emplacement des jardins deSalluste(6). C'est àlui que fut adressé, le 22 août 1539,
(1) FORCELLA, op. cit., t. IV, p. 249, nº 634.
(2) Pour tous ces détails, voy. MARINI, Archiatri Pontificij, vol. I, p. 364-366.
(3) C'est donc bien de son lieu de naissance qu'il est nommé Guido de Rocchettis dans l'acte publié ci-dessus
p. 83.
(4) MARINI, loc. cit., p. 364, n. f.
(5) Ibid., vol. I, p. 366 et notes cet d.
(6) Elle figure sur le plande Rome de Bufalini (1551), et Guillaume Philandrieren parle dans l'édition de son livre
parue en 1552 (Lyon, Jean de Tournes, in-4°), p. 6 : « Et γράφειν quidem ad utrosque [ad scriptorem, et ad pictorem
sculptoremve] pertinere Aegyptiorum ratio docet, quos erat necessarium pingere aut scalpere, quod significare, vel
monimentis mandare vellent Quod genus pleraque Romæ visuntur, sedin confractis potissimum obeliscis, quorum
insignes duos vidimus, unum ad portam Collatinam, quæ vulgo Pinciana nominatur, in hortorum Salustii parte, ubi
hodie est Guidonis Palelli vinetum : alterum in campo Martio in cella vinaria ex adverso domus Christophori Nardini,
quempro gnomone fuisse scribit Plinius lib. XXXVI, сар. Х. »
15
114
COUR DE PAUL III
l'ordre de payer à Girolamo Maffei, en à-compte sur le prix de la Cléopâtre du Belvedere, la somme
de 300 écus versée par Pietro Fabri pour sortir des galères ou plutôt du bagne de Civitavecchia (1).
En 1550, toujours en qualité de commissaire, il avait toute une histoire avec le cardinal Alessandro
Farnese à propos d'un encrier et d'autres objets d'argent provenant des spoglie du cardinal Trivulzio,
que le vice-chancelier avait fait attribuer à son secrétaire Sebastiano [Gualtieri?], et il paraît bien
qu'il eut aussi maille à partir, la même année, avecPaul Jove, ausujet de la pension de l'irascible his
torien. La lettre d'Alessandro (2) qui fait allusion à cette dernière affaire semble indiquer que Palelli
avait quitté la Chambre
ou même la vie : « Et vous serez à Rome, dit le cardinal àl'évêque
où vous régnez et où Palelli n'a plus que faire>> (3). Le petit-fils de Paul III n'était d'ailleurs pas
rancunier. Palelli avait laissé un fils, Flaminio (4), qu'Alessandro avait pris à son service et qui, un
beau jour, désira obtenir, du roi de Portugal, une décoration. Le 1er décembre 1554, lecardinal écri
vait de Rome au souverain, faisait l'éloge de Flaminio, « jeune homme lettré et doué de beaucoup
d'autres qualités », celui de son père « qui a été très ancien serviteur, et très goûté, du pape Paul III »,
et il appuyait la requête de tout son pouvoir(5). Quant au frère de Guido, le médecin Tiberio Palelli,
la famille Farnese le tenait en profonde estime.
(1) Archivio di Stato de Rome, Mandati, 1539, fol. 41 v°.
(2) Delle Lettere del comm. Annibal Caro scritte a nome del card. Farnese, vol. I, p. 157-158 (à l'auditeur de la
Chambre, Gradoli, 15 juillet) ; p. 212-214 (à Antonio Elio, évêque de Pola, 30 juillet); p. 215-216 (au cardinal Bernar
dino Maffei, même jour).
(3) Ibid., p. 328-330 (Gradoli, 30 août 1550).
(4)Amoins pourtant que Flaminio ne soitle neveu de Guido, c'est-à-direle fils du médecin Tiberio Palelli. Il semble
qu'il faille le distinguer de son homonyme qui était chanoine de Saint-Pierre en 1544 (MARINI, Arch. Pontif., vol. I,
p. 304 n. f).
(5) Delle Lettere del comm. Annibal Caro scritte a nome del card. Alessandro Farnese, vol. II, p. 156-157.
CHAPITRE III
UN PERSONNAGE-TYPE DE LA « FAMILLE » DE PAUL III
LATINO GIOVENALE DE' MANETTI
Poète, antiquaire, magistrat et diplomate, Latino Giovenale Manetti, issu d'une très ancienne
famille romaine (1), ne mérite pas l'oubli, presque absolu, où il est tombé dès longtemps. On ne le
connaît plus guère que grâce à deux ou trois passages d'œuvres célèbres. Dans l'Orlando Furioso (2),
l'Arioste nomme, entre ceux qui lui font fête :
... Lattanzio e Claudio Tolomei,
EPaulo Pansa, e'l Dresino, e Latino
Giuvenal parmi, e i Capilupimiei...
Apropos de plaisanteries et de jeux de mots, Baldassare Castiglione rappelle aussi Latino : « On rit
encore... de certaines choses qui ne s'accordent pas entre elles; ainsi, l'autre jour, le Pape avait mandé
messer Giovanni Luca de Pontremoli et messer Domenico Della Porta, qui (comme vous le savez)
sont tous deux bossus, et les avait faits auditeurs, en disant qu'il voulait redresser laRoue [le tribunal
de la Rote] ; messer Latino Giovenale dit alors : « Sa Sainteté est dans l'erreur, s'il veut redresser
la Roue avec deux tortus » (3). Le mot est assez froid et, pour donner plus derelief à la personnalité
de Latino, il n'est pas trop des pages où Cellini, qui pourtant paraît bien avoir été son obligé, le traite
de fou et de brute (4). Le pâle rayon de gloire qui brille encore sur la tête de Latino est, pour une
grande part, dû à ces aimables paroles de l'orfèvre florentin.
Pourquoi le poète n'a-t-il pas conservé sa place dans les anthologies? Assurément, ce qui nous
(1) Les Manetti portaient : « gironné d'or et de gueules » (Bibliothèque nationale de Paris, ms. 361 du fonds
italien, fol. 58, nº 5) .
La loggia, c'est-à-dire le palais de la famille Giovenale, était une des plus anciennes du rione
Regola ; elle était située dans l'enceinte nommée la Clausura ( Ghetto), qui fut imposée aux juifs par Paul IV et
PieVetdont les cinq portes,fermées chaque soir, ne disparurent qu'en 1810. Cf. CANCELLIERI, IlLago, ilMercato,ecc.,
p. 12, note 2.
Cette demeure paraît, à l'époque qui nous occupe, avoir été abandonnée par la famille pour un autre
groupe de maisons sis aux Botteghe Oscure ; cf. un peu plus loin p. 138, nº 7 et p. 139, nº 1.
(2) Éd. Le Monnier, Firenze, 1854, vol. II, p. 520 (canto XLVI, st. 12).
(3) Il Cortigiano, Éd. d'Alde, 1528, fol. g VIII recto.
4) Cf. Vita, éd. citée, p. 174 et 179.
116
LA COUR DE PAUL III
reste de son œuvre est mince : en tout, si je ne me trompe, huit sonnets insérés dans le recueil d'Ata
nagi (1). Mais ces huit sonnets sont d'un fort habile pétrarquisant et, à mon goût, très supérieurs à
beaucoup de petites œuvres du même temps dont les compilateurs se sont plu àperpétuerle souvenir.
Lisez celui-ci, où les réminiscences de Dante s'allient à celles de Pétrarque :
Poi chè 'l mio viver lieto, il riso, e'l canto,
Che solean risonar in versi, e'n rime,
Cangiato in tutto han le sembianze prime,
Et la cithara mia rivolta in pianto ;
O mondo, o mio destin, o ciel, che tanto
Mi giri ; qual più fera stella imprime
Il mio danno, che'n carte non s'esprime?
Ond'io si duramente, e'ndarno ho pianto.
Lasso, i' no'l so : ma hor ben veggio, & sento,
Ch'alquante notti desiate, & care,
Et non molti felici altri soggiorni,
Ch'i'hebbi, fur per mio maggior tormento,
Et per colmarmi di più pene amare,
Membrando i dolci miei passati giorni.
Et cet autre, où l'antiquaire et le patriote font si belle figure- comparable aux meilleures
pièces de Giovanni Guidiccioni :
Sacre honorate & gloriose mura,
Ch'i miei sette natij famosi monti
Cingete ; archi, theatri, therme, & ponti ;
Sito, in cui più si piacque la natura ;
Altero fiume, che d'alpestra & dura
Vena scendendo, le superbe fronti
D'ogn' altro co'tuoi figli arditi & pronti,
Hai soggiogato, e fai la fama oscura ;
Quanto cangiate ohimè l'antiche forme
Veggio hor in voi, che di sì alto stato,
Condotti sete in signoria sì vile.
O fortuna, o destino, o cieli, o fato,
Cosa si indegna il Sol, strana, & difforme,
Vide mai dal mar d'India a quel di Thile ? (2).
(1) De le Rime di diversi nobili poeti toscani, raccolte da M. Dionigi ATANAGI, libro primo... (In Venetia, appresso
Lodovico Avanzo, MDLXV, petit in-8°), fol. 132 verso.
Toscano, qui lui consacre les lignes suivantes :
Cependant, Latino n'a pas été oublié par Giovanni Matteo
« Hic ille est duplici velatus tempora myrto,
Dum per bina canit plectra sonora Lycem.
Nampatrio ludens, ludens sermone Latino,
Etpatria etproprio nomine digna canit.
« Latinus Juvenalis nobilis Romanus optimis artibus expolitus Paullo III gratus fuit, ejusque ad Venetam Rem
publicam legatus, Latina vernaculaque poesiconcinne amores suos expressit. » Peplus Italiae Jo. Matthæi TOSCANI (Lutetiæ,
ex officina Federici Morelli, 1578), p. 89-90, reproduit à la suite du Conspectus Thesauri litterarii Italiæde J. A. FABRICIUS
Hamburgi, 1749, petit in-8°), p. 485.
(2) Ibid., fol. 134 verso.
Enécrivant ce beau sonnet, Latino a oubliéde direclairement que si Rome était en ruines, sagloire était debout.
LATINO GIOVENALE DE MANETTI
117
Après avoir lu ces deux petits poèmes, on ne s'étonnera plus qu'à la fin d'une lettre adressée
de Rome aucardinal Bernardo Dovizi, le 3 avril 1516, Bembo écrive, avec des épithètes soigneusement
choisies : « Je me recommande au preux et beau et amoureux messer Latin Juvenale » (1). Au moment
grâce aux œuvres de ses grands écrivains. Cette pensée, qu'il n'a pas exprimée, mais qui en réalité a inspiré ses vers,
a été magnifiquement rendue par Joachim Du Bellay :
Qui uoudra uoir tout ce qu'ont peu nature,
L'art, &le ciel (Rome) te uienne uoir :
l'entens s'il peult ta grandeur conceuoir
Par ce qui n'est que ta morte peinture.
Rome n'est plus, & si l'architecture
Quelque umbre encor de Rome fait reuoir,
C'est comme un corps par magique sçauoir
Tiré de nuict hors de sa sépulture.
Le corps de Rome en cendre est deuallé,
Etson esprit reioindre s'est allé
Au grand esprit de ceste masse ronde.
Mais ses escripts, qui son loz le plus beau,
Malgré le temps arrachent du tumbeau,
Font son idole errer parmy le monde.
(Le premier livre des Antiquitez de Rome | contenant une generale | description de sa gran | deur, et comme une
deplo-| ration | de sa ruine: | par loach. DubellayAng. | Plus unsongeouvisionsurle mesmesubject | dumesmeautheur.
[m. typ ] AParis, | De l'imprimerie de FedericMorel, rue S. Ian | de Beauuais, au frane Meurier. | (M. D. LVIII [1558].
Avecprivilege du Roy. [in. 4°], fol. 3.)
Il est d'ailleurs certain que Du Bellay connaissait l'élégie de Lazzaro Buonamici, réimprimée dans les Carmina
illustrium poetarum italorum, t. II (Florentiae, 1719), p. 39 :
De Roma.
Vos operum antiquæ moles, collesque superbi,
Queis modo nunc Romæ nomen inane manet ;
Vosque triumphales arcus, cæloque colossi
Æquati, Pariis marmora cæsa jugis.
Edita Pyramidum fastigia, templa Deorum,
Digna vel æthereis amphitheatra locis.
Vos ævi tandem attrivit longinqua vetustas,
Vos longa tandem fata tulere die.
AtRomæ Æneadum magnum & memorabile nomen
Tempus edax rerum tollere non potuit,
Nec poterit, clari donec monumenta vigebunt
Ingenii, quæ non ulla senecta rapit.
Cetera labuntur tacito fugientia cursu,
Calliope æternum vivere sola potest.
(1) Delle Lettere di M. Pietro Bembo... primo volume (Venetia, 1587, petit in-8°), p. 46; Lettere, (Milano, 1809,
in-8º), vol. I, p. 44. Latino avait, àcette époque, une trentaine d'années,puisque, lors desamort, survenue en 1553, il
avait 67 ans. Il était donc né vers 1486. — Il ne faut pas oublier que, dans l'épître en vers adressée à Latino par Bene
detto Lampridio, le savant professeur attribue à son ami l'honneur d'avoir, le premier, introduit à Rome « la grâce
...
toscane », « Thusco... lepore..., quem portasti tu primus in Urbem ». Cf. ci-dessous, p. 118, n. 4.
118
LA COUR DE PAUL III
où il parfilait cette phrase, Bembo connaissait Latino depuis dix ans au moins : le 9 septembre 1506,
pendant son séjour à la cour d'Urbino, il le remerciait de lui avoir envoyé des nouvelles de Rome, le
félicitait d'avoir « conservé » son canonicat, et le priait de saluer le poète Marcantonio Casanova (1).
L'amitié des deux humanistes fut des plus solides : malgré les énormes lacunes de la correspondance
de Bembo, on peut tenir pour à peu près certain que leur commerce épistolaire eut une durée de plus
de trente ans. Une des neuf lettres de Bembo qui en ont été conservées ne manque pas d'intérêt ;
elle nous apprend qu'en 1534, étant internonce à Venise, Latino n'avait pas cessé de se livrer à ses
goûts poétiques : le 29 décembre, son confrère en Apollon– ou plutôt en Pétrarque
lui accusait
réception de deux sonnets qui, dit-il, lui ont grandement plu (2).
Onvient de voir qu'à la date du 9 septembre 1506,le futur cardinal congratulait Latino pour
la conservation de son canonicat. Il s'agit d'un canonicat à Saint-Jean-de-Latran qui, le8 septembre
1507, valait à son bénéficiaire les compliments du musicien Antonmaria Terpandro (3). Les deux
lettres sont évidemment écrites à un jour d'intervalle, et la différence de millésime provient vraisem
blablement, non d'une diversité de « style », mais d'une faute d'impression. Quant au motde conser
vation employé par Bembo, il fait sans doute allusion àl'une de ces contestations, si fréquentes alors,
qui se serait terminée en faveur de Latino. Quoi qu'il en soit de ces points dedétail, le canonicat de
Saint-Jean paraît avoir été le premier pas du poète dans la voie des honneurs (4). Et, à ce propos,
(1) Lettere, (Milano, 1810) vol. III, p. 47.
(2) Ibid., p. 53.
Cosimo Gheri écrivait de Padoue, le 5 mars 1536, à Lodovico Beccadelli : « Le stanze che
mi mandaste nonsono mica di messer Latino. » Monumenti... di Mgr Lodovico Beccadelli, vol. I, parte I, p. 249. L'édi
teur, Morandi, a cru qu'il s'agissait de Latino Latini!
Il n'est pas inutile de signaler ici ses relations épistolaires avec
Baldassare Castiglione. CASTIGLIONE, Opere volgari e latine, (Padova, 1733), p. 281-282; Lettere, éd. Serassi, 2e partie,
p. 160, billet daté de Mantoue, 4 décembre 1519; ATANAGI, Lettere facete, éd. de 1601, p. 145; éd. de 1582, p. 127-128) ;
avec les Sadolet : lettre de Giulio, secrétaire du cardinal Dovizi, à Latino, Rome, 1er septembre 1517, dans ATANAGI,
op. cit., p. 159 ; lettres du cardinal Jacopo à son neveu Paolo, Carpentras, s. d. et 5 kal. jan. 1535, dans Epistolæ fami
liares, éd. de Rome, 1760, pars secunda, p. 313 et 332. Dans la seconde de ces lettres, le cardinal-évêque de Carpentras
s'exprime ainsi : « Latinum Juvenalem amo majorem in modum, neque ab eo amari opto ; tu me illi et mea omnia
et res provinciae hujus commendabis. »
(3) ATANAGI, Lettere facete, éd. citée, p. 135 ; éd. de 1582, p. 118 ; La lettre est écrite d'Urbino, comme celle
deBembo.
Un des familiers du cardinal Bernardo Dovizi, Gianfrancesco Valerio, parle de Terpandro à Bembo dans
une lettre datée de Rome, 3 février 1516 (éd. de 1601, p. 191) ; pour Valerio, cf. BANDINI, Memorie per servire alla
vita del card. Dovizi, dans les Memorie istoriche per servire alla vita di più uomini della Toscana, parte seconda, Livorno,
1758, in-4º, p. 149.
(4) Aquelle époque précise de la jeunesse de Latino faut-il placer les faits, assez obscurs, rapportés dans l'épître
poétique de Benedetto Lampridio, composée à la fin de 1534 et dont j'extrais le long, mais intéressant passage sui
vant? Je l'ignore entièrement.
Namque tibi ingenium scribendi Phœbus et artem
Contulit, atque Deæ non deseruere canentem :
Præsertim tua cum præcordia pasceret ignis
Formosæ Lydes, tenerosque dicere versus
Sæpe hortabatur, numeris et capta Latinis
Et Thuscis, quanquam est Thusco gavisa lepore
Illa magis, quem portasti tu primus in Urbem
Romanus duplici religatus tempora myrto.
At moxlævorsum maturos edere fœtus
Cumnondumposses, pietas et fata sororis
LATINO GIOVENALE DE' MANETTI
119
il serait sans doute injuste de croire que Latino eût d'abord recherché les honneurs ecclésiastiques
dans le seul but de faire sa fortune, à l'exemple d'un grand nombre de ses contemporains. En effet,
sa piété devait être sincère et profonde, s'il est vrai, comme ille semble bien, que lors de la fondation,
àSanta Dorotea, de la « Congregatione Del Divino Amore », sous Léon X, il fut, avec Contarini, Sadolet,
Giberti et Giampietro Carafa (le futur Paul IV), l'un des premiers qui adhérèrent à cette tentative
de réformation religieuse et morale (1).
Sa carrière diplomatique fut d'abord lente et modeste. Il débuta en 1514, à vingt-huit ans,
en qualité de commissaire apostolique pour percevoir un impôt d'un vingtième dont avaient été frap
pés les Juifs de Ferrare et pour examiner leurs livres de banque,« ce qui prouverait- affirme assez
gratuitement Marini- qu'il était savant en leur langue et dans les choses de la Synagogue » (2).
Il était à Ferrare au mois d'octobre de la même année pour tenir sur les fonts du baptême, au nom,
du Pape, le fils d'Alphonse d'Este et de Lucrèce Borgia,le petit Hercule (3). En 1513,Bembo avaitprié
le commissaire de le rappeler au souvenir de la duchesse, qui neluidonna pas signe de vie et àlaquelle,
avec une pointe de jalousie, il écrivait, le 17juin : «Et je dis ceci, que je ne ferai pas pour Votre Sei
gneurie le bref d'absolution que demande messer Latino, si d'abord je ne reçois de vous une lettre
Atros in rerum fluctus et tempora dura
Ignarum maris abstulerunt florente iuventa.
Hic vero ambages longæ et diversa pericla.
Verum hiemem quanvis tetram passusque frementes
Sis pelagi cumulos et monstra minantia fauces,
Attamen excepit patrius te portus ovantem
Puppe coronata, et sonuerunt littora plausu.
Quin et parta tibi ex cursu horrisonoque fragore
Curarum patrio sapientia nomine digna,
Quæ Paullum non præteriit. Vix ergo tiaræ
Accepit decus, ut magno regat omnia sceptro,
Cum salis Adriatici dominam te mittit ad urbem,
Ut summis de rebus agas, atque ipse Senatum
Consiliis constantem opibusque et robore gentis
Fæderibus firmes et nodo pacis aheno.
Hæcigiturnunc conficies : sed læta reversum
Excipiet nunc Roma pedi dantem oscula sacro,
Mollequetempus erit post tanta negotia, vatem
Laudabis domino et nostrum te carmen habere
Interea dices ; tum, si subriserit ore
Pacato etfuerit visus tibi poscere, reddes.
(Carmina illustrium poetarum Italorum Io. Matthæus ToSCANUS conquisivit... tomus primus (Lutetiæ, 1576,
très petit in-8°), fol. 147 vº-148.
(1) Cf. R. DE MAULDE LA CLAVIÈRE [eGiulio SALVADORI], San Gaetano da Thiene e la Riforma cattolica italiana
(1480-1527) (Roma, 1911, in-16), p. 30.
1514).
(2) MARINI,Degliarchiatri pontificij, vol. I, p. 384, note; HERGENRETHER, Regesta Leonis X, p. 477, nº 7504(22 mars
(3) BEMBO, Epistolarum Leonis X Pont. Max. nomine scriptorum libri XVI, éd. citée, p. 269, nº 36 : bref au duc
de Ferrare, Rome, 28 sept. 1514.
En 1515 encore, il fut chargé de prendre possession du gouvernement de Modène
au nomde Julien de Médicis, à qui Léon X avait donné cette charge. Cf. Cesare CAMPORI, La Cronica di Leonello Beleardi,
dans les Atti e Memorie delle RR. Deput. di st. patria per le provincie dell'Emilia, nuova serie, vol. IV, parte I (Modena,
1879), p. 78.
120
LA COUR DE PAUL II
tout entière autographe » (1). Puis, le 27 septembre 1514, lors du second séjour du nonce à Ferrare,
calmé par un envoide petits souvenirs, le futur cardinal s'exprimait ainsi : « Je baise la main à Votre
Excellence, et je laisse à l'aimable messer Latino, nonce de Notre Seigneur, la charge de m'excuser
de mon long silence vis-à-vis de vous, de vous remercier de votre présent et du beau bonnet (cuf
fiotto), et de vous communiquer en monnom quelques autres choses » (2). C'était vraiment au tour
de Latino de regretter que son rôle se bornât à celui d'un commissionnaire d'amour courtois et de
passion platonique.
En 1515, il fut chargé de négocier en Lombardie une entente entre le doge de Gênes et le duc
de Milan et de recueillir des renseignements sur l'entreprise méditée par ce dernier, avec le concours
des Suisses, contre Parme et Plaisance (3), mais il est certain qu'il poussa jusqu'en Suisse, car le
bref de Léon X, daté du 17 mai 1515, qui l'accrédite auprès des treize cantons, a été publié (4).
A la fin de mars 1517, le Pape avait l'intention de l'envoyer en France et, à cette occasion,
nous apprenons qu'il était, dès cette époque, chanoine, ou tout au moins prébendé de Saint-Pierre (5).
Onignore si ce voyage eut vraiment lieu, car, le 19 mai, l'ambassadeur désigné exerçait les fonctions
d'internonce à Venise (6). L'année suivante, Latino se rendit près de François Ier avec son patron
Bernardo Dovizi da Bibbiena, cardinal de Santa Maria in Porticu, créature et âme damnée des Médi
cis, ami de Marsile Ficin, parent de Francesco Berni et célèbre auteur de la Calandra; le 15 juin 1518,
il était en France (7), et le cardinal suivait alors la cour dans ses déplacements (8).
(1) Lettere (Milano, 1810), vol. IV, p. 33-34.
(2) Ibid., vol. IV, p. 34-35.
(3) MARINI, op. cit., vol. II, p. 353.
Il était à Milan le 21 mai et à Gênes le 9 juin. Voy. WIRZ, Akten über
die diplomatischen Beziehungen der römischen Curie zu der Schweiz, 1512-1552 (Basel, 1895, in-8º), p. 57 et 63. Cf. aussi
BEMBO, Epist. Leonis X, éd. cit., p. 310-312, nos 31 et 32 ; BANDINI, Vita Leonis X, p. 231.
(4) WIRZ, Akten, déjà cité, p. 56.
(5) ВЕMBO, Epist. citées, p. 460-461, nº 6, bref aux chanoines de Saint-Pierre, 30 mars 1517. Selon MARINI,
(Arch. Pont., t I, p. 385), le canonicat de Saint-Pierre n'aurait été conféré à Latino que le 15 mars de l'année suivante
(1518).- Que faisait-il à Florence en mars 1516 ? Impossible de le dire avec certitude, mais il y était sans doute venu
avec le cardinal Dovizi près de Juliende Medicis enproie à la maladie qui devait bientôtl'emporter : le 8 mars, Giam
battista Sanga, secrétaire du cardinal Dovizi, lui écrit de Rome en cette ville une lettre qui, au moins à première vue,
paraît assez insignifiante (ATANAGI, Lettere facete, éd. citée, p. 146; éd. de 1582, fol. 128). Sûrement Latino était déjà
alors au service de Dovizi (Вемво, Lettere, t. I, p. 49 et 54). Voy. ci-dessous nº 8.
(6) MARINI, op. cit., vol. I, p. 385.
Il y a deux lettres de Latino, datées de Venise, 5 et 6 mars 1517, à
Laurent de Médicis, duc d'Urbino, dans les Carte Strozziane, aux archives d'État de Florence (Inventario, serie prima,
vol. I, p. 41). — Sur cette mission, qui paraît destinée à solliciter une aide maritime assez modeste contre le duc
dépossédé d'Urbino, voy. Marino SANUDO, Diarj (vol. 4, col. 21) : le 25 février 1517, l'envoi de Latino « maestro di
caxa » est décidé ; ibid., (col. 12) : le 3 mars, il se présente à la Seigneurie; (col. 32) : le 6, il insiste pour obtenir une
réponse
dilatoire. D'autres affaires se greffent sur la première : en avril le recouvrement d'une certaine somme due
au Pape ou à la Chambre apostolique (col. 182), la demande de deux barques longues (col. 183, 187, 191, 206) : enmai
l'exportation de 500 lances et 1.000 sacs en franchise (col. 206) . Il rentra à Rome vers Noël (vol. 25, col. 223).
(7) Dès le 18 avril 1518, il avait quitté Rome, d'où Bartolomeo Bibbiena lui écrivait : « Andate in buon viaggio,
e tornate il più tosto che potrete. » (Lettere di Principi, éd. citée, vol. I, fol. 24.) Cf. la lettre adressée par « Моссі
cone » « a messer Latino Juvenale, in Francia », dans ATANAGI, Lettere facete, éd. citée, p. 178, éd. de 1582, p. 155
156. Il s'agissait alors du mariage de Laurent de Médicis, duc d'Urbino, avec Madeleine de Boulogne.
(8) Catalogue des actes de François fer, t. IX, p. 123 ; Lettere di Principi, éd. citée, t. I,fol. 27 et suiv-Dovizi rentra
à Rome le 9 janvier 1520 et fut reçu en consistoire, pour rendre compte de sa mission au Pape et au Sacré Collège,
LATINO GIOVENALE DE,
MANETTI
121
En août et septembre, on trouve Latino réinstallé dans la nonciature de Venise (1). A partir
de cette époque, nous sommes, pendant une douzaine d'années, beaucoup moins bienrenseignés sur
la vie du poète-diplomate. Cependant les documents ne sont pas absolument muets à son sujet.
Le 9 novembre 1520, le cardinal Dovizi mourait, après quelques jours de maladie ; Latino,
qui fut chargé de prononcer à l'Araceli son oraison funèbre (2), dut chercher un autre patron. Il
était sans doute las de ses courses diplomatiques et, en vrai Romain, désireux de rester enfin fidèle
à ses dieux lares. Son intention de se fixer décidément dans sa ville natale
contrariée seulement
une fois en six ans, vers la fin de 1527, lorsqu'il fut chargé de porter en Angleterre la nouvelle de la
délivrance de Clément VII (3)-paraît attestée par divers faits. En1526, il résignait ses deuxcanoni
cats de Saint-Jean-de-Latran et de Saint-Pierre pour prendre femme (4). Entre 1520 et 1529, il entrait,
le 11 février suivant(cf. ibid., etBANDINI, Memorie, cité, p. 137etsuiv )-J'avouequeje ne comprends guère laphrase
plus ou moins plaisante, qui termine la lettre adressée à Juliende Médicis par Dovizi, de Rome, le 1er jour de carême
(6 février 1516) : « Messer Latino est devenu soldat, eh ? oh ! comme j'en suis heureux ; car, en apprenant ici qu'il
porte cet habit quiconvient pour la réformation du Concile, j'ai l'espoir que ses bénéfices seront obtenus par d'autres. »
Lettere di Principi, éd. citée, vol. I, fol. 17 vº. Cf. la lettre de Dovizi à Latino alors nonce à Venise, datée de Pesaro
(18 avril 1517)
1517) et où le cardinal paraît encore railler les velléités militaires de son correspondant (ibid., fol. 20).
(1) Lettres adressées à Latino par Bartolomeo Bibbiena, Rome, 29 août, 4 et 18 sept. (Lettere di Principi,
éd. citée, fol. 37, 39 et 40.)
(2) BANDINI, Memorie istoriche, cité, p. 150-151.
(3) Il était arrivé à Londres le 3 janvier 1528, porteur des brefs, datés d'Orvieto, qui annonçaient la délivrance
de Clément VII ; cf. une intéressante et curieuse lettre de Gasparo Spinelli, secrétaire de l'ambassadeur vénitien, dans
SANUDO, Diarj, vol. 46, col. 595 et suiv- Le 13janvier 1528, Jean Du Bellay, alors à Londres, le chargeait, au moment
deson départ d'Angleterre,d'une lettre pourle connétable de Montmorency. Voy.V. L. BOURRILLY et P. de VAISSIÈRE,
Ambassades en Angleterre de Jean Du Bellay, la première ambassade, sept. 1527-février 1529 (Paris, 1905, in-8°),
p. 97.
(4) MARINI, op. cit., vol. I, p. 385. Lelio Gregorio Giraldi fait allusion à ce mariage dans son Epistola in qua
agitur de incommodis, quae in direptione urbana [a. 1527] passus est (Opera, Lugd. Bat., in-fol., 1696), t. II, col. 917 :
Nec qui coniugio, neglecta cælibe vita,
Libera colla dedit Veneri Juvenalis amicus,
Ut lingua promptus, sic promptus fortibus ausis.
en France
Je ne sais trop où placer- (peut-être en 1535, sûrement après 1533, lors de la mission du diplomate romain
la visite que Latino fit à son ancien ami Lilio Gregorio Giraldi, alors de retour à Ferrare, et dont ce
dernier nous a laissé un charmant récit : « Ad quintum forte Cal. Majas, pomeridiana hora, à somno excitatus mecum
nescio quid meditabar, cum ecce ancilla : « Est-inquit-foris,qui adteintromitti cupitvirquidam.>-<>>
« Sic est-inquam, mi Juvenalis optime. Multa edidi. Nunc in manibus habeo anno
tationum mearum Dialogismos quosdam, quos, si vita suppetet, sesquimense aut certe eo paulo amplius perficiam,
in quibus ex varia lectione permulta non indigna cognitione, ut spero, congeram. » Tunc Juvenalis : « Mi carissimeLili,
daoperam ut hoc opus conficias, et si quid veteris amici apud te preces valent, in his testatum facias nostram inter
nos constitutam fuisse benevolentiam a primis usque annis pontificatus Leonis decimi usque ad Romanam direptio
nem, ex quotu Romadigressus, ego neque te, neque tu me vidisti. »- « Faciam- inquam,-mi Latine jucundissime,
libenter, modo mea scripta talia sint, ut in manus hominum eruditorum perveniant ; sic enim utlanguet corpus, ita
et plerunque oratio... » Dialogismus VIII, in quo permulta parum nota de chemia et chemistis traduntur, ad Latinum
Juvenalem patritium Romanum (dans : Lilii Gregorii Gyraldi Ferrariensis Opera, t. II, col. 877-878) .
pore..., dit Giraldi, c'est-à-dire depuis 1527.
Exmulto tem
16
122
LA COUR DE PAUL III
comme secrétaire, au service de l'un des plus romains d'entre les cardinaux, Alessandro Farnese (1).
Bien mieux, il ambitionnait les charges municipales : dès 1533, il était prieur des caporioni et, en cette
qualité, faisait à Clément VII des remontrances respectueuses au sujet de la conduite des Strozzi
dans l'approvisionnement de la ville (2). Il se croyait sans doute, et pour toujours, éloigné des agita
tions de l'existence, mais il comptait sans l'étoile de son nouveau maître. Il allait être, plus que
jamais, envahi par les soucis de la vie publique, sans cesse rejeté de l'administration municipale
dans la diplomatie et de la diplomatie dans l'administration municipale.
Le 14 octobre 1534, Alessandro Farnese était élu pape sous le nom de Paul III. Il ne pouvait
oublier, parmi les familiers dont il allait employer les services dans des fonctions plus élevées, l'homme
actif, « l'homo molto fattivo » (3) qu'était Latino Giovenale Manetti. Le 3 novembre, jour du couron
nement, déjà confirmé dans ses fonctions de secrétaire domestique, Latino prenait une part active
aux réjouissances publiques et jetait au peuple des pièces d'or et d'argent (4) ; ce n'était làqu'unjeu.
Dès le 23 octobre, il avait été nommé trésorier de Plaisance (5). Le 8 novembre, un bref mémorable
créait pour lui les fonctions de commissaire des antiquités de Rome (6); puis il passait à peu près tout
le mois de décembre à Venise, en qualité d'internonce (7). C'est vers cette époque aussi qu'il obtint
pour Cellini un sauf-conduit et la gravure des nouvelles monnaies pontificales (8). Mais il allait
bientôt sortir encore, comme autrefois, des frontières de l'Italie.
(1) Une lettre d'Armanno Losco, ancien secrétaire, comme Latino, du Cardinal Dovizi, écrite de Parme en 1529
à Latino, contient le passage suivant : « Da poi che voi sete al servigio del cardinal Farnese, non mi è mai accaduto
d'aver bisogno di voi appresso sua signoria Rev. ma, e pur la ragion voleva che accadesse o per me o per altri, essendo
ella Vescovo nostro di Parma... » Il se plaintque le vicaire du cardinal Farnese fait la guerre auxbarbes eten veutparti
culièrement àcelle de lui, pauvre Losco. Il est sûr que, sises raisons sont appuyées par l'éloquence « omnipotentissima
del Padre Latino », il obtiendra la faveur de conserver cet ornement auquel il tient beaucoup. Voy. ATANAGI, Lettere
facete, éd. citée, p. 40, 44 ; éd. de 1582, p. 36-39.
Le 29 mai 1529, Latino partit pour la Lombardie, pour mettre le gouverneur de Parme au courantdes intentions
de Clément VII et du cardinal Farnese, désireux de mettre fin à une sédition que favorisait Luigi Gonzaga (lettre de
G.B. Sanga augouverneurde Parme, dans les Lettere di Principi, éd. citée, vol. III, fol. 175).
Cf. FABRONI, Vita Leo
nis X, p. 231, et une lettre de Bembo à Vettor Soranzo, Padoue, 10 juin 1529 (Lettere, vol. II, Milano, 1810, p. 241).
Selon une lettre du même Losco à Latino (Parme, 16 mars 1531), il semble que celui-ci ait été sollicité de
remplir en Lombardie quelque mission nouvelle etqu'ils'y soit refusé. Puis Losco ajoute : «Attendete adunque a riposarvi,
et a goder le cose vostre felicemente ; et in somma fattevi (sic) ricco, chè havendo figliuoli et sperandone de gli altri,
tutto vi è licito. » Du reste, si l'on en croit la même lettre, Latino ne s'ennuyait pas à Rome : « Delle maschere et
de' balli et de gli altri piaceri vostri, de' quali v'è piaciuto farmi partecipe, m'allegro infinitamente, et tutto approvo,
nè altrimente far devete. Bene vivere, et lætari, et tanto più sendo noi giunti all' anta, et passata... » TURCHI, Lettere
facete, vol. secondo, p. 159.
(2) Journal de Marcello Alberini, publié par Domenico ORANO, Il sacco di Roma (Roma, 1901, in-8°), p. 410.
3) Ibid , p. 466.
(4) Voy. ci-dessus, p. 14, n. 1.
(5) MARINI, op. cit., vol. I, p. 385, col. 1.
(6) Ibid. Nous reviendrons un peu plus loin sur ce bref important.
(7) BEMBO, Lettere, vol. III, p. 52-53 (8, 13 et 29 déc. 1534).- Dans la dernière de ces trois lettres, Bembo
lui conseille de ménager ses forces : « Se posdomane partirete, N. S. Dio v'accompagni. Ma di grazia correte poco, e
conservatevi non solo a N. S., ma anco alla casa e famiglia vostra.>>>
(8) Vita di Benvenuto Cellini, éd. Bacci, p. 143 et notes ; cf. aussi p. 174, 179-180.
Le 20 février 1535, Gre
gorio Casale écrivait à Henry VIII que Latino avait été à Venise dans un autre but [sous un autre prétexte ?] mais qu'il
LATINO GIOVENALE DE,
MANETTI
123
Le 3 avril 1535, il recevait des instructions pour se rendre en France, pendant la nonciature du
futur cardinal Rodolfo Pio, alors évêque de Faenza; il restait un mois environ à la cour de Fran
çois Ier (1), où il arriva vers le 17 avril, et rentrait à Rome le 16 mai. Peu après,il était question de
était chargé de rechercher avec soin quelles étaient les véritables intentions de la République au sujet du duc d'Urbino
(affaire de Camerino). J. GAIRDNER, Letters and Papers, Henry VIII, vol. VIII (1535), p. 96, nº 251. — Le 18 jan
vier 1535, Latino était dans le voisinage de Vérone : lettre de Bembo à Giberti, Lettere, vol. V (Milano, 1810), p. 216.
(1) Catalogue des actes de François Ier, t. IX, p. 127.
Le 4avril 1535, Gregorio Casale annonce à Cromwell que Paul III s'est soudainement décidé à envoyer Latino
à la cour de France, probablement pour expliquer les raisons que le Pape croit avoir de remettre l'affaire de Camerino
au jugement de l'Empereur, et aussi pour obtenir de François Jer l'assurance qu'il ne traversera pas l'expédition de
Charles-Quint contre Tunis. Casale ne croit pas que Latino réussira sur ce second point. Letters andPapers, vol. cité,
p. 191, nº 498.
Ason départ, Latino avait reçu 180 écus (C. CAPASSO, La Politica..., vol. I, p. 100,n. 3). Pastor assure
qu'il fut alors également chargé de régler l'affaire du duché de Camerino (ouvr. cité, t. V, p. 217). Le 2 mai, trois jours
avant son départ pour Rome où il rentra le 16 mai, François 1er lui faisait verser 900 livres tournois, pour services à
lui rendus (Catalogue cité, t. III, p. 61, nº 7754). Pendant son séjour en France, il n'oublia pas son ami Bembo qui, de
Padoue, le 13 juin, le remercie de sa lettre « venutami dalla foce della Sequana e dall' Oceano Gallico ». Lettere, vol. III,
p. 54. Apeinerentré, le 29 mai, Latino écrivait de Rome à Jean Du Bellay, pour le féliciter de sa promotion au car
dinalat et le presser de travailler à la libération de son collègue John Fisher, évêque de Rochester, emprisonné à la
Tour de Londres depuis le 16 avril 1534. Voici cette lettre :
Illmo et Rmo Sor mio et padrone colendissimo. Io sono stato tanto allegro de la felicissimapromotione di V. S. Rma.
che occupato dal soperchio piacere et contento non li scrissi per il corriero che Mons. de Maccon spacciò in
Francia con la nova a questi dì. Hora che S. S. ne spaccia un'altro, ho voluto farli riverentia con questa mia, con la
quale la certifico che come bon servitore et fidelissimo de la Chrma Maestà et di V. S. Rma ho preso quel infinito
piacere et allegrezza de la sua felice et degna promotione che se fussi stata ne la persona mia propria non l'haveria
possuto io prender maggiore, et prego Dio che come è stata fattà da la Santità di N. Sre volentieri et condimostration
palese d'ottimo animo verso S. Mta et V. S. Rma, così possa essere a servitio di Dio et de la sua santa Chiesa et di
tutto' 1 popol christiano, et S. Mta et S. Sta che in questo si sono adoperati siano ogni di più contenti dell' opera loro,
et d'haver dato a V. S. Rma quel loco che la sua molta virtù et bontà molti anni sono ha meritato. Appresso conos
cendo io che V. S. Rma come grato figliolo di N. Sre et honorato membro di questa Sta Sede apostolica volentieri
si adoperarà in ogni cosa che sarà servitio di S. Sta, li ho voluto significare che havendo S. Stà creato con V. S. Rma
Mons. il vescovo Roffense in Anglia trovandosi S. S. Rma nel termine che si trova quella non potria far cosa al
mondoaquesto tempo che fosse più grata asuaSantità che operare con l'authorità sua presso la MaestàChrma che S. Mtà
mostrassi al Seruo Re d'Inghilterra che questa promotione è stata fatta non solo per la virtù et dottrina singolare
di quel signore et per li bisogni presenti de la Chiesa et del Concilio, ma anchora in honore di quella Maestà et del suo
Regno, et volessi con l'authorità sua la Maestà Chrma operare talmente appresso sua Maestà che'l predetto RA.G
Roffense fussi liberato et messo nela sua libertà come si richiede al loco in che sua Santitàl'ha posto ; che son certissimo
che quella ne faràaSua Santità cosa gratissima et honorevole presso Dio e'l mondo aiutando unprelato si degno come
quello et un suo fratello che è stato creato insieme con lei ne la più santa et honorata creatione che sia stata fatta
trecento anni sono. Oltra di ciò, perchè Sua Santità, per molti respetti che io a bocca ho detti a Sua Maestà et per molti
altri che non posso scrivere, desidera più che mai che Sua Maestà non vada più oltra nele impositioni al clero galli
cano nè con subsidii gratuiti nè con altre forme et nomi che in Francia si chiamano, ricordo a V. S. Rma et li sup
plico che in questo anchora voglia adoperarsi con Sua Maestà con la prudentia et authorità Sua, che Sua Santità in ciò
resti consolata, che mi rendo certissimo che V. S. Rma ne farà a Sua Santità cosa gratissima, et saranno queste opere
degnissime primitie de la virtù et bontà sua et de la reverentia filiale che deve a Sua Santità et a la Santa Sede apos
tolica, et ne meritarà presso Sua Santità et tutto'l mondo infinita commendatione. Nè mi occorre dirli altro se non che
la supplico si degni ricordarsi che io li sono affettionatissimo servitore, et se in cosa alcuna posso servirla, mi farà gratia
singolarissima a degnarsi di comandarmi. La priego ancho a ricordare a la Maestà Chrma la mia antica et fedel ser
vitù et devotione et a tenermi inbona gratia di Sua Maestà et in bona gratia di V. Rma S. et del mio Illmosignore et
padrone Mons. Granmaestro humilmente mi raccomando. In Roma adi XXVIIII di Maggio MD XXXV.
Di V. S. R etIlma
Humill, mo et deditissimo servo
Latino JUVENALE.
Al Rmo et Illmo Signor mio et padrone colendissimo
Mons. il Cardinale di Parigi.
Bibl. Nat. Coll. Dupuy, vol. 264, fol. 45, 45 vº, 46 et 46 vº, orig.
124
LA COUR DE PAUL III
l'envoyer de nouveau près du roi, comme le prouve une lettre de Bembo, datée de Padoue et du
9 septembre 1535 ; malgré les dangers que son ami va affronter en courant à toute bride les che
mins de France, le futur cardinal n'est pas trop effrayé, parce que l'intrépide diplomate a déjà fait
tant de fois le même chemin (1)! Cette fois, Latino semble n'être allé qu'à Avignon (2) ; mais, au mois
d'août de l'année suivante (3), un malheur imprévu, la mort du dauphin, le ramena à la cour
française ; outre les condoléances pontificales, il apportait probablement quelques instructions
secrètes au nouveau nonce, Agostino Trivulzio (4), et son séjour fut d'assez longue durée, puisqu'il
n'était de retour à Rome que vers le 10 octobre.
Deux ans presque entiers se passent alors pourlui dans une certaine tranquillité; mais, en 1538,
Paul III l'arrache de nouveau à son foyer romain pour le jeter sur des routes déjà familières et sur
des chemins encore inexplorés. Tout d'abord mêlé aux dernières négociations de la grande
entrevue de Nice, il recevait, le 3 mai 1538, à Castel San Giovanni, non loin de Plaisance, 50 écus
pour aller en estafette jusqu'à Nice, et le 11, 50 autres écus pour aller de Savone jusqu'à la
cour (5); il était auprès du roi le 18 mai et le 25 recevait de lui une récompense de 400 écus
d'or. Au retour de Nice, le 16 juillet, le Pape remettait à Latino 5 écus pour aller de Viterbe à
Rome. Après l'entrevue et la signature de la trêve, Paul III pensa qu'il pouvait s'occuper enfin acti
vement des affaires d'Angleterre et d'Écosse. Qui envoyer dans ces pays, alors si peu sûrs pour un
diplomate pontifical? Le Pape n'hésita pas, et son choix se porta aussitôt sur Latino ; les instructions
qui lui furent remises sont datées du 24 décembre 1538 (6). En France, il devait faire visite à un
certain nombre de grands personnages, entre autres àla reine de Navarre, aborder devant le roi les
affaires d'Angleterre et insister sur la publication de la bulle contre Henry VIII, qu'il apportait
dans sa valise, donner réponse à François Ier au sujet de la promotion de l'archevêque de Milan au
(1) Lettere, vol. III, p. 56.
(2) Pour y rétablir les affaires de l'Église (lettre de Sadolet à sonneveu Paolo,Epistolarum pars secunda, éd. citée,
p. 313, s. d., mais écrite entre septembre et novembre 1535).
(3) Dans l'intervalle, il était revenu à Rome et le 24 février 1536, il avait fait défiler, sous les yeux éblouis
des Romains, uncortège représentantle triomphe de Paul Émile après ses victoires enMacédoine. Voy. PASTOR, ouvr.
cité, t. V, p. 247, n. 1.
4) Catal. des actes de François Ier, t. IX, p. 127. Le 13 avril 1536, Gregorio Casale avait écrit de Rome au car
dinal Jean Du Bellay : « Presto messer Latino verrà in Francia, et spero che porterà cose piaceranno alla Maestà Chris
tianissima... » Collection Dupuy, vol. 264, fol. 34 vº.- Le 27 mai 1536, Gregorio Casale écrit à Henry VIII que si ce
dernier veut manifester son intention de rester en bonnes relations avec le Pape, Paul III lui enverra, plus ou moins
secrètement, Latino Giovenale ou Andrea Casale. Letters and Papers, vol. cité, p. 408, nº 977.
de Latino portent la date du 26 août (MARINI, Archiatri pontificj, t. I, p. 385).
Les instructions
5) Cf. PASTOR, ouvr. cité, t. V, p. 200 et n. 1 (le bref accréditant Latino auprès de François Ier est daté de
Savone, 11 mai) ; Catalogue des actes de François Ier, t. III, p 554, nº 10.061.
(6) Letters and Papers, vol. XIII, part II, p. 474, nº 1136. Cf. ibid., p. 472, nº 1130 (lettre du cardinal Alessandro
Farnese à Jacques V, Rome, 23 décembre 1538), et p. 473, nº 1135 (lettre de Rodolfo Pio de Carpi, nonce en France,
au même roi, Rome, 24 décembre).
LATINO GIOVENALE DE' MANETTI
125
cardinalat (1), et enfin demander que la traduction anglaise de la Bible ne fûtpasimprimée ou qu'elle
fût brûlée dès son apparition (2). Pour l'Écosse, mêmes instructions, si ce n'est qu'il commence
rait par annoncer la promotion au cardinalat de l'évêque de Mirepoix, David Beton (3), puis remet
trait la barrette et, par privilège extraordinaire (4), le chapeau au nouveau prince de l'Église, auquel
il recommanderait le cardinal Reginald Pole et « le docteur écossais aveugle », c'est-à-dire Robert
Wauchop. Latino alla-t-il jusqu'en Écosse? On peut hardiment répondre que non. Dans sa lettre à
Aleandro, datée du 8 janvier 1539 (5), le cardinal Alessandro Farnese disait qu'il ne pensait pas que le
diplomate porterait jusqu'en Écosse le chapeau de Beton, mais que sans doute il prierait ce dernier
de venir recevoir ses insignes à Rouen ou à Anvers (6). Sur ce point, comme toujours, Francesco
Casale est assez bien informé : le 6 janvier, il annonce de Rome à Cromwell que Latino ira d'abord à
la cour de France, où il tentera de reprendre les négociations du mariage projeté entre Vittoria Far
nese et M. de Vendôme, puis en Flandre, d'où il passera en Écosse, à moins que le grand-chancelier
ne vienne conférer avec lui, car il est sûr qu'il a d'autres commissions que la remise du chapeau (7).
(1) François Ier écrivit au Pape, en sa faveur, à plusieurs reprises, entre autres le 22janvier 1537 [1538] : « Nous
escripvons presentement aux cardinal de Mascon et evesque de Lavaur, nostre conseiller et ambassadeur devers votre
Saincteté, vous dire et exposer aucunes choses de nostre part touchant le cardinalat de nostre très cher et amé cousin
l'arcevesque de Millan [Hippolyte d'Este], pour lequel vous avons cy devant faict requeste... » (Archivio di Stato de
Florence, Carte Cerviniane, filza XXIII (35), nº 49, orig ),
et une lettre autographe en 1539 : « Très saynct père,
j'ay entendu, tant par le bryef qu'yl a pleu a vostre sayncteté m'escrypre que aussi par ce que le Sr de Grygnan, mon
ambassadeur resydent auprès d'elle, m'a fayt savoir, le byen et honneur que icelle vostredyte saynteté a fayt en ma
faveur à mon cousyn l'arcevesque de Myllan, et aussy la forme et façon de fayre dont elle a voulu user pour l'amour
de moy à la publicacyon et declaracyon de son cardynalat, dont tant et sy affectueusement qu'yl m'est possyble la
remercye, l'advertyssant que oultre l'oblygacyon perpetuelle que ledyt arcevesque en avra à jamays envers vostredycte
sayncteté, je me tyens et repute très tenu à elle de ce qu'yl luy a pleu fayre en cest endroit, supplyant et requerant au
surplus icelle vostredyte sayncteté que son bon playsir soyt, en suyvant les bons propos qu'elle a tenuz audyt sieur
de Grygnan, voulloyr fayre tant de grace et d'honneur à l'evesque d'Orleans [Antoine Sanguin, promu cardinal
du titre de Sainte Marie in Porticu, en 1539], leque [1] je desyre syngulyerement povoyr pervenyr à la dygnyté cardy
nalle, que d'avoyr bonne memoyre et souvenance de luy à la premyere creacyon de cardynaulx que fera vostredyte
sayncteté et croyre au surplus ledyt s de Grygnan de tout ce qu'yl dyra et exposera de ma part à icelle vostredyte
saynteté touchant cest affaire, tout aynsy qu'elle vouldroyt fayre lapersonnede celluyqu'elle trouvera pour jamays
sonhumble et devot fylz FRANÇOYS. » Ibid., filza XXIV (36), nº 80. Autogr.; adresse : « A nostre très saynct père le
pappe » ; au dos, de la main d'un secrétaire : « [15]39. Del Re di Francia. Di man propria.>>>
(2) Lettre du cardinal Alessandro Farnese au cardinal Aleandro, Rome, 8 janvier 1539 : Latino doit exhorter
François Ier à conclure la paix avec l'Empereur, afin que la guerre puisse être entreprise au printemps contre les Infi
dèles, puis l'entretenir du prochain Concile et des affaires d'Angleterre. Letters and Papers, vol. XIV, p. 9, nº 14, ou
mieux Nuntiaturberichte, t. III, p. 338 ; cf. p. 378-380.
(3) David Beton, noble écossais, ambassadeur de Jacques V en France en 1534, archevêque de Saint-Andrews,
puis évêque de Mirepoix en 1537, promu cardinal le 20 décembre 1538. Sur les négociations relatives à son élévation
à la pourpre et à sa nomination en qualité de légat a latere, cf. les lettres du roi Jacques à Paul III, dans THEINER,
Vetera monumenta Hibernorum et Scotorum historiam illustrantia (Romæ, 1864, in-fol ), p. 610, nº 1054, et p. 611,
n° 1056. Comme Fisher, que Henry avait fait décapiterle 22 juin 1535, Beton paya de sa vie son élévation à la pourpre :
le19 mai1547, il fut assassiné dans sa chambre à coucher.
(4) Ibid. Aux autres cardinaux on n'envoie que la barrette, et ils doivent venir chercher le chapeau à Rome.
(5) Ci-dessus n. 2.
(6) Le passeport était au nom de Latinus Juvenalis, patricius Romanus, secretarius noster, ad Francorum et
Scotorum reges et alias mundi partes, etc. (Nuntiaturberichte, t. III, p. 338, n. 2.)
(7) Letters and Papers, vol. XIV, p. 12, nº 27.- Charles-Quint avait été mis au courant de l'ambassade de
Latino par une lettre du marquis d'Aguilar, datée de Rome et du 2janvier. (Ibid., p. 99, nº 14.)
126
LA COUR DE PAUL III
L'envoyé de Paul III, arrivé à la cour le 16 janvier 1539 (1), avait de si larges instructions qu'il
s'attarda près de François Ier. Perdant patience, Jacques V envoya Beton en France, pour
chercher la lettre remise à Latino et conclure un traité avec le roi (2) ; et, le 26 mars, l'évêque
d'Ivrée, Filiberto Ferrerio, écrivait au connétable de Montmorency pour lui demander si, le
cardinal écossais arrivant pendant son absence, l'internonce devait lui remettre le chapeau
rouge ou bien attendre le retour de Montmorency et aller à Chantilly pour la cérémonie d'usage (3).
Ici s'arrêtent nos renseignements, qui, bien qu'incomplets, suffiraient à prouver que Latino n'eut
pas l'occasion de fouler le sol calédonien (4), même si une lettre du roi Jacques ne venait pas nette
ment confirmer ces vraisemblances : avant le 8 mars 1539, François Ier avait averti le souverain
écossais que des affaires graves retenaient l'envoyé papal à la cour (5).
Latino était de retour à Rome le 13 mai. Il avait fait route avec l'élu d'Avranches,
Christophe de Siresmes, secrétaire de Montmorency(6), quiportait au Pape une lettre autographe de
François Ier commençant par ces mots : « Encorres que par messyre Latyn Juvenal vostre saynteté
pourra entendre amplement de mes nouvelles, neantmoyns je n'ay voullu laysser pour cela de
depescher l'esleu d'Avranches, porteur de cestes, pour aller devers elle, tant pour me rapporter des
syennes que aussy pour luy dyre et exposer aucunes choses de ma part (7)... »
Quelques jours plus tard, Montmorency écrivait à Paul III la lettre suivante qui définit
assez bien l'importance et le but de la mission de Latino.
(1) Ibid., vol. cité, p. 45, nº 115.
(2) Ibid., p. 186, nº 472 : lettre de Jacques V au cardinal Alessandro Farnese, Linlithgow, 8 id. [8] mart. 1538
[1539].
(3) Ibid , p. 240, nº 614 (Sens, 26 mars 1539) .
(4) Son épitaphe, reproduite ci-dessous, p. 140,dit bien qu'il fut internonce à la cour d'Angleterre et d'Écosse,
mais elle peut n'être fondée, sur ces deux points, que sur l'existence des instructions délivrées à Latino pour une
mission près des deux rois.
(5) THEINER, op. cit., p. 608, nº 1049. « Latinus ille Iuvenalis, cui te quaedam ad nos dedisse mandata scribis,
gravibus et necessariis quibusdam de causis a Christianissimo rege, patre nostro charissimo, ut nobis idem ille rex et
nuntiis et literis significavit, retentus in Gallia substitit. Ad quae mandata tutius et certius intelligenda, aliaque seria
et ardua regni nostri negotia cum eodem rege communicanda, ipsum Rmum S. Andreae Archiepiscopum in Gallias
mittimus, qui abunde postea quicquid Latino, aut a Sanctissimo aut a Paternitate tua creditum fuit, nobis signi
ficabit... Ex Linlitqw [Linlithgow] ad octavum idus Martii M. D. XXXVIII. »
(6) Danslalettre du cardinal Alessandro Farnese à Aleandro, datée du 15, qui nous donne ces détails, on voit que
l'internonces'étaitbeaucoup occupé en Francedesaffaires du futur Concile etavait été chargé de communiqueràPaul III
l'opposition de la cour de France au choixde Vicence comme lieu de réunion. (Nuntiaturberichte, t. IV, p.52 ) Le mar
quis d'Aguilar écrivait de Rome à Charles-Quint, le 16 mai 1539, que Latino et l'élu d'Oranges (sic), secrétaire du
grand-maître, étaient arrivés de France (Letters andPapers, vol. cité,p. 450, nº 975). Le 3 juin 1539, Latinodisait lui-même,
dans une jolie lettre datée de Rome et adressée à son ami Giovanni Giacomo : « Tornato a questi dì di Francia, dove
sono per servitio di Nostro Signore stato alcuni mesi... » Lettere volgari, libro secondo. (Venezia, Giglio, 1558), fol. 43
verso. Le 6 juillet suivant Giovanni Morone, alors évêque de Modène, écrit de Neustadt, à Durante Duranti, premier
camérier de Paul III : « Ho dato a questa Maestà [Ferdinando Ier] il breve della suspensione del Concilio et assi
gnatoli le ragioni, quale hebbi per il riporto di Monsig. Latino di Francia et per gli estrattidel nuntio diSpagna.>>
H. LAEMMER, Monumenta Vaticana (FriburgiBrisgoviae, 1861, in-8º), p. 244.
(7) Ibid., filza XXIII (35), nº 39, autogr., s. 1. n. d.
LATINO GIOVENALE DE' MANETTI
Très Sainct Père,
127
Messire Latin Juvenal, vostre secretaire, est venu pardeça ; par lequel j'ay receu ce brief qu'il a pleu
à Vostre Saincteté me transmettre, et suivant icelluy entendu ce que ledict messire Latin m'adict de vostre
part. Et pource qu'il sçaura rendre très bon et loyal compte à Vostredicte Saincteté tantdel'addresse que je
lui ay donnée envers le Roy que sur toutes autres choses où il a esté oy et satisfaict en reponse, je ne m'estan
deray à vous en user de plus long propoz. Seullement suffist que plaise à Vostredicte Saincteté estre asseurée
que ledict seigneur est en la mesmedisposition, volunté et affection qu'il atousjours eue jusques icy d'entendre
et vacquer au bien de la paix pour le repos, unyon et tranquillité de la Republicque Chrestienne, où icelle
Vostredicte Saincteté comme père comung et universel s'est resollue de sapart travailler. Tout ung chascun
luyendoibt rendre graces, et quant à moy, je lasupplye, tant et si très humblement que faire puys, vouloir
continuer et mectre à effect ce bon et sallutaire propoz, où je me tiendray très heureux d'obeyr et com
plaire selon mon possible, ainsi que plus amplement j'ay exposé audict messire Latin, lequel Vostredicte
Saincteté me fera digne de croyre en cest endroict comme moy mesmes ; et je en auray envers elle per
petuelle obligacion.
Très Sainct Père, je supplye, etc...
Escript de Salon de Vaux, ce xvme jour de may mil V°XXXVIII [1539] .
Vostre très humble et très obeyssant serviteur jusques aux piedz de Vostre Saincteté baiser.
MONTMORENCY (1).
Au commencement de janvier 1540, il était de nouveau à Paris. Dans une lettre du 3 de ce
mois, le cardinal Alessandro Farnese faisait à son grand-père unlong rapport sur son séjour à Paris.
Le 4, il rédigeait unpost-scriptum où il annonçait que, venant de recevoir les barrettes et les brefs
cardinalices de Marcello Cervini et de l'évêque d'Orléans (2), il envoyait aussitôt « messer Latino>>>
annoncerau connétable et à la duchesse d'Étampes que labarrette du nouveaucardinal français était
arrivée et qu'il désirait savoir à quelle heure du lendemain le roi voulait qu'il la lui présentât (3).
Il paraît donc certain que Latino avait été chargé de guider, de concert avec Cervini, les
négociations d'Alessandro, et qu'il rentra avec lui à Rome le 5 juin 1540, après un long voyage
en Flandre (4) et un nouveau séjour chez nous, Moins de trois mois après, il reprenait le chemin de
la France, pour continuer les négociations relatives au mariage de Vittoria Farnese avec le comte
d'Aumale (5). Le nonce avait écrit de Rome (6) que ses démarches avaient été couronnées de
(1) Archivio di Stato de Florence. Carte Cerviniane, filza XXIV (36), nº 78.
(2) Antoine Sanguin, évêque d'Orléans, appelé ensuite « le cardinal de Meudon ». Cf. ci-dessus, p. 125, n. 1.
(3) Archivio di Stato de Florence, Carte Cerviniane, filza I, nº 2 (minute) ; ou nº 17, minute orig. dont toute la
première partie est de la main de Cervini.
(4) Il avait sûrement accompagné le jeune cardinal pendant tout son voyage, puisque dans une lettre à Cervini
(Rouen, 15 sept. 1540) il s'étonne que les caisses, « où étaient les objets achetés par messer Giovanni Montepulciano
[Giovanni Ricci, le futur cardinal] et moi lorsque nous fûmes tous deux à Anvers », ne soient pas encore arrivées à
Rome, non plus que celles du cardinal Alessandro, très mécontent de ce retard inquiétant. Emilio Re, Una mission
di Latino Giovenale, dans l'Archivio della Soc. rom. di Storia patria, t. 34 (1911), p. 31.
(5) Bref de Paul III à Marguerite de Navarre, 29 août 1540, dans B. FONTANA, Renata di Francia, 1561-1575
(Roma, 1899, in-8°) , p. 377.
(6) Je le conclus d'une lettre du cardinal Marcello Cervini à son ami Bernardino Maffei, secrétaire du Pape,
lettre écrite quelques jours avant le départ de Latino et datée d'Anvers, 26 août 1540 : « Qui doppo la partita di messer
128
LA COUR DE PAUL III
succès, et Paul III, désireux de terminer cette importante affaire qui traînait en longueur,
n'avait rien trouvé de mieux que de dépêcher à François Ier un de ses serviteurs les
plus éprouvés (1). Parti de Rome le 30 août, Latino arrivait le 10 septembre à Paris : « Vendredi
dernier
écrivait-il le 15 au cardinal Cervini, alors légat à la cour de Charles-Quint
je suis
arrivé à Paris en douze jours, ce qui, à mon âge [il avait alors cinquante-cinq ans] et avec les
chaleurs excessives qu'il a faites en Italie et en France, ne m'a point paru petite diligence; et encore
ai-je perdu deux jours en chemin, en Italie et à Paris (2)... » Le 12 septembre, il était à Rouen; le 13 à
Pont-de-l'Arche (3), où il fut reçu par François Ier, qui déclara ne pouvoir rien décider avant l'arri
vée du cardinal de Lorraine et de M. de Guise; le 24, à Mantes (4) où le roi lui donna audience le len
demain sous sa tente, avec Cervini qui retournait à Rome. Le 2 octobre, toujours suivant la cour, il
se trouvait de nouveau à Paris ; le 3, il entamait enfin les négociations avec le cardinal de Lorraine ;
huit jours plus tard, il quittait Paris, sous une pluie battante (5). Rien n'avait été définitivement
conclu, bien que dès le 1er septembre, on eûtaffirméle contraire (6). L'effet produit par cette nouvelle
avait été considérable dans les milieux impériaux (7). C'était aller trop vite en besogne; car le 11
octobre, à son départ de Paris, l'internonce emportait seulement un projet, que ses pouvoirs nelui
permettaient sans doute pas de ratifier lui-même, et dont certains articles étaient si favorables aux
intérêts du roi que celui-ci promit au diplomate, s'il les faisait agréer par le Pape, une bonne abbaye
pour l'un de ses fils (8). Les prétentions de François Ier firent écrouler tout à coup ce laborieux
château de cartes. Vittoria, qui heureusement était jeune, attendit jusqu'en 1547 pour trouver un
mari moins brillant, mais peut-être plus sûr.
Le dépit conçu par Paul III en voyant s'effacer à jamais un beau rêve longtemps caressé
mit-il fin à la carrière diplomatique de Latino Giovenale(9) ? Est-ce au contraire Latino qui, fatigué
Giovanni intendo dal nuntio di Francia la conclusione del parentado della signora Vittoria col monsignor de Omala
[Aumale]. Quod felix faustumque sit, quando sia vero... » Archivio di Stato de Florence, Carte Cerviniane, filza XIV (19),
n° 8, autogr.
(1) Le nonce avait conféré le 7 août avec le cardinal Trivulzio : tous deux furent d'avis que le Pape ferait bien
d'envoyer « una persona instrutta », c'est-à-dire connaissant la cour de France et avantageusement connue d'elle.
Voy. la lettre du nonce au cardinal Alessandro, datée de Vatteville (Eure, arrt de Louviers, canton de Pont-de-l'Arche),
9 août 1540, dans le travail d'Emilio Re, cité ci-dessus, p. 127, n. 4. La « personne instruite » choisie fut Latino.
(2) Emilio Re, ibid., p. 31.
(3) Ibid., p. 17 et 30.
(4) Ibid., p. 18.
(5) Ibid , p. 19-20.
Il était rentré à Rome avant le 28 octobre.
(6) Lettrede Cervini à Maffci, Bruxelles, 1er septembre 1540 : «... Di Francia intendo come la signora Vittoria
è maritata, sicondo che per l'altra [celle du 26 août ; cf. la note 8 de la p. 128] vi scrissì. Harò hora caro di sapere
se sarà maritato il signore Principe [Monsignor d'Omala ?]... » Carte Cerviniane, filza XIV (19), nº 9, autogr.
(7) Lettre du même au même, Bruxelles, 12 septembre : « Col parentado novo conturbastis græcam nationem
[les Impériaux], et forse farete pigliare de' partiti novi, et inla religione etnelresto... » Ibid, nº 10, autogr.- Le 27 sep
tembre, Wallop écrivait de Mantes à Henry VIII pour lui annoncer la conclusion du mariage (Letters and Papers,
Henry VIII, vol. XVI, p. 23, nº 82).
(8) Lettrede Wallop à Henry VIII, Paris, 11 octobre 1540, ibid., p. 69, n. 144).
(9) Latino était de retour à Rome le 4 novembre 1540 (Catalogue des actes de François Ier, t. IX, p. 129, nº954).
LATINO GIOVENALE DE' MANETTI
129
et enfin résolu à suivre les conseils de Bembo, se retira lui-même d'une carrièreingrate pour consacrer
ses loisirs à l'administration de sa ville natale et à l'étude des antiquités romaines? Toujours est-il
que la mission de 1540 paraît avoir été la dernière quilui ait été confiée parson vieux maître (1). S'il
n'était toujours téméraire de risquer des hypothèses peu flatteuses pour le caractère des hommes
mêlés aux grandes affaires de leur temps, on pourrait supposer que Paul III finit pars'inquiéter des
tendances politiques de Latino qui étaient, à peu de chose près, celles du cardinal Jean Du Bellay, et
que celui-ci lui avait peut-être inculquées. Pour l'un comme pour l'autre, dansl'intérêt bien entendu
de leurs souverains respectifs, Henry VIII était à ménager : l'alliance de l'Angleterre était le seul
obstacle qui pût être opposé aux menaces de l'hégémonie impériale. Se mettant au service de cette
idée, l'un, Du Bellay, éveilla autour de lui des soupçons d'hérésie, et l'autre, Latino, de vagues soup
çons de trahison ou tout au moins de complaisance exagérée. Sans doute pour tenter de ramener
Henry VIII à des sentiments meilleurs, Latino, secrétaire du Pape, internonce à plusieurs reprises,
faisait, dès 1534, à ses neveux, Gregorio et Francesco Casale (2), ambassadeurs anglais à Rome, des
confidences qui allaient tout droit à Cromwell et à Henry VIII lui-même (3). Ilseprésentait même en
leur nom devant le Pape et devenait ainsi l'agent des agents du roi d'Angleterre (4). De François Ier,
qui suivait les conseils de Du Bellay, il recevait de beaux cadeaux et des promesses plus belles
encore (5). Sans mettre en doute la probité de Latino, on peut s'imaginerle parti quepouvaient tirer
de pareils faits les ennemis de cette politique, surtout lorsqu'Henry VIII ne connut plus de frein à
ses sanguinaires folies. Peut-être Latino lui-même eut-il le cœur soulevé par ces accès de fureur qui se
répétaient avec une déconcertante frénésie (6), peut-être aussi se rappelait-il le sort d'Ambrogio
Recalcati.
C'en était assez pour le décider à « faire la retraite », et cette décision ne dut pas lui coûter. Il
goûta les longs loisirs si chers aux Romains. Dès lors, son train de vie était fixé. Si, parmiles ruines
(1) Je ne veux point dire que Latino ait alors perdu la confiance de Paul III, qui n'était pas homme à blesser
un serviteur aussi bien informé des secrets de la « casa Farnese ». Dans une lettre adressée à Latino par le secrétaire
de Giammatteo Giberti, Francesco Della Torre, lettre non datée, mais probablement bien antérieure au 29 décembre
1543 (date de la mort de Giberti), on lit : « Si ritrova hora in Roma un giovane nomato messer Pietro..., il quale, havendo
molti negocij et importanti da ispedire, desidera sopra modo d'haver appoggio appresso Mons. Reverendissimo di
Farnese [Alessandro], et perche io so quanto [l. quanta] sia la gratia di V. S. con N. S. et l'auttorità con l'III. S. Pier
Luigi,... ho voluto indirizarlo a lei, la qual prego che non solo voglia esser contenta de introdurla [l. d'introdurlo] alla
servitù del detto Signore... » Pino, Della nuova scielta di lettere... libro secondo, p. 19-20. — Un autre fait déposerait
dans le même sens : en 1550, lors de l'élection de Jules III, il fut conclaviste du cardinal Tiberio Crispi, parent et créa
ture des Farnese (MARINI, Ouvr. cité, t. I, p. 385 n.; MERKLE, Concilium Tridentinum, t. II, Diariorum pars 2ª, p.125,
col. 2, et 127 col. 4).- Latino revint cependant en France une fois encore, en 1544, pour prendre possession, au nom
de son fils Cesare, du bénéfice qui lui avait été promis, l'abbaye cistercienne de Nerlac (Nigerlacus) (Emilio RE, article
cité, p. 20, n ). Dans le bref que Paul III lui avait remis pour le roi en cette circonstance (Rome, 25 avril 1544), il
qualifie l'ancien internonce de « communem servitorem ».
(2) Letters and Papers, Henry VIII, vol. VII, p. 484, nº 1255.
(3) Ibid. , vol. X, p. 25, nº 70.
(4) Ibid., vol. VII, p. 499, nº 1298.
(5) Cf. p. 128 et ci-dessus, n. 1.
(6) Paul FRIEDMANN, Lady Anne Boleyn, trad. franç. (Paris, 1903, petit in-8°), tome II.
17
130
LA COUR DE PAUL III
romaines ou les antiques de son petit musée, Latino, devenu philosophe, et philosophe sceptique,
rêvait parfois aux destinées des empires, son horizon s'était cependant restreint. A ses goûts, à ses
affections, aux restes d'une activité non commune, Rome suffisait toute seule.
On a vu plus haut que, dès 1533, Latino était prieur des caporioni de Rome et faisait preuve
d'un certain courage en portant la parole, au nom de ses collègues, devant Clément VII (1). L'année
suivante, un bienplus grand honneur lui était conféré, quirépondait à son goût ou plutôt à sa passion
pour les souvenirs de l'antiquité. Le 8 novembre 1534, Paul III lui adressait le bref fameux, peut
être rédigé par Latino lui-même, où, reprenant les édits de Pie II et de Sixte IV, il le chargeait de
veiller à la conservation des monuments anciens et décrivait en termes d'une désolante précision la
barbarie des modernes Romains : «... Il est arrivé que par notre incurie et notre faute, et même par
la fraude et la cupidité, les nobles témoignages de l'honneur des vieux Quirites sont brisés, écrasés,
détruits, emportés au loin. C'est cette faute et cette incurie, qui laissent pousserdes chèvrefeuilles et
des lierres, des arbres et des épines qui fendent les marbres et les constructions et les font bientôt
tomber en ruines;- qui laissent s'accoler aux anciens édifices des maisonnettes et des boutiques qui
en gâtent et en défigurent la splendeur,-et, chose beaucoup plus condamnable, qui laissent même
emporter dans des pays et des villes étrangères des statues, des images, des tables de marbre et de
bronze, des porphyres, des pierres de Numidie et d'autres sortes. Et c'est cette cupidité et cette fraude,
ou plutôt ce crime, qui fait que l'on brise tout cela, qu'on l'émiette et qu'on le réduit en chaux pour
construire de nouvelles maisons, de sorte que si l'on n'y pourvoit, il faudra, dans un temps qui ne
sera pas très long, chercher à Rome la Rome antique. Il est même arrivé parfois, dans cette viola
tion et cet émiettement de l'antiquité, que les os des saints martyrs, ensevelis dans ces ruines, ont été
émiettés et violés et qu'au crime de lèse-majesté romaine s'est aussi mêlé le sacrilège. Extirper ces
détestables pratiques rentre dans notre devoir, et notre personnel amour pour la patrie nous pousse
aussi au désir de conserver, autant qu'il est en notre pouvoir, son honneur et sa majesté. Nous avons
donc jeté les yeux sur toi, qui es enflammé du même amour pour la patrie où tu es né d'une noble et
ancienne famille, et qui, comme nous l'avons appris et comme nous l'avons parfaitement vu nous
même (2), as toujours eu la passion de la science et de l'étude de l'antiquité, où tu as fait de remar
quables progrès, et nous avons décidé de te confier ce soin, qui nous tient extrêmement au cœur,
espérant que tu y mettras toute ton ingéniosité et toute ta vigilance pour l'amour de nous, pour
(1) Cf. ci-dessus, p. 122- Il n'était plus prieur en 1534, comme le prouve le passage suivant duDiarium de Biagio
Martinelli, relatif à un incident survenu à la Sixtine le dimanche 29 novembre de cette année-là : « Intervenerunt tres
vel quattuor barones Romani qui in gradibus sederunt, et cum illis dominus Latinus de Juvenalibus se posuit. Quod
Papa ægre ferens dixit mihi quare tolerabam ; [respondi] quia putaveram illum esse officialem vel priorem caputrio
nem ; quum non esset, captato tempore et occasione, monui eum ne ulterius illuc accederet, quia non conveniebat
sibi ; et sic abiit. » (Ms. cité, fol. 29 vº )
(2) Paul III, avant son avènement, avait peut-être déjà utilisé les connaissances de Latino pour les travaux
du Palais Farnese. En tout cas, le 9 janvier 1536, nous voyons Latino chargé de payer,- comme « maestro delle strade »,
il est vrai,- la somme de 30 écus due par Pier Luigi Farnese, à titre de cens, au chapitre de l'église de San Marco.
Voy. Registre, p. 18, fol 10 a. En 1535, en la même qualité, il avait fait commencer une rue, l'actuelle via de' Baul
lari, allant de la place Farnese au Campo de' Fiori. (LANCIANI, Storia degli scavi di Roma, vol. II, p. 10.)
LATINO GIOVENALE DE' MANETTI
131
celui de la patrie, pour celui de tes études. C'est pourquoi nous te nommons notre commissaire géné
ral... », etc. La charge de commissaire général ainsi créée pour Latino n'était pas vaine, car le Pape
instituait en même temps de graves sanctions contre les délinquants et mettait à la disposition
du nouvel administrateur toute la magistrature, depuis le gouverneur et le sénateur de lavillejus
qu'au maréchal et au barisel, en passant par la Chambre apostolique, le vicaire pontifical, les conser
vateurs et les chefs des rioni. C'était le faire l'égal des plus grands d'entre eux et le supérieur des
plus petits (1).
Paul III avait fait en son secrétaire un choix excellent. Incapable derester indifférent à l'em
bellissement et à l'hygiène de sa capitale, il voulait un collaborateur qui sût concilier le respect des
vieux monuments avecles travauxde voirie nécessaires dans une ville à demi détruite par le sac de
1527. Latino paraît s'être habilement acquitté de ce rôle délicat. Il est vrai qu'àl'exemple du Palais,
la Commune lui facilita sa tâche. Dès 1536, il était « maître des rues » ou de la « voirie », maestro
di strada (aedilis, magister stratarum, curator viarum), et il fut investi parneuf fois de cet office (2).
En outre, il avait déjà été, en 1536, caporione à cinq reprises différentes (3), et nous savons qu'il fut
conservateur en 1536, 1546 et 1549 (4). Il avait donc toute l'autorité, réelle et morale, qu'il pouvait
souhaiter. Les occasions d'en user ne lui manquèrent pas, et, tout d'abord, une occasion qui, pour être
honorable, n'était pas sans péril, celle de la venue de Charles-Quint en 1536. Si Latino inaugura
alors la longue série de ses services comme « maître de la voirie », on peut croire que ce ne fut point
par hasard et que la volonté ou, tout au moins, le désir du Pape, nettement manifesté, ne fut pas
étranger à cette désignation. Rabelais, qui fut témoin de tout le branle-bas motivé par l'arrivée de
l'Empereur, ne connaissait sans doute pas les talents de Latino ; autrement il eût réservé pour de plus
dignes sujets la pitié que lui inspiraient les masures démolies pour préparer un honorable itinéraire
(1) On trouvera le texte de ce bref dans MARINI, Degli Archiatri pontificj, vol. II, p. 280-283.
(2) Épitaphe de Latino : aedilis IX ; ORANO, Il sacco di Roma, p.466 et n. 3.-Cf. MORONI,Dizionario, vol. XLI,
p. 219-228. Fut-il, après ces neuf désignations, nommé « maître de la voirie » à vie ? On pourrait l'inférer de son épi
taphe : aedilis IX, deinde perpetuo. Mais cette interprétation n'est pas absolument certaine. Voici, àtitre d'exemples,
deux mandats libellés au nom de Latino, comme maître des rues, et concernant l'un la via Giulia, l'autre le ponte
Sisto : 7 juillet 1541.
<> Padoue, 7 kal. nov. [26 octobre] 1536.
Epistolarum familiarium libri VI (Venetiis, 1552), p. 120.
(3) Ibid., p. 344-348 (Padoue, 9 kal. jan. [24décembre] 1536).
(4) Ibid.,PetriBembi epistolarum Leonis decimi... éd. citée, p. 4 (fol. AA2 verso) : « Eas autem ad te, Paule,
potissimum litteras mitto, qui et Pontifex Maximus es, ut Leo Decimus fuit, et in optimarum artium disciplinis multo,
quam ille, habitus doctio[r]. » Cf. lettre de Bembo à Cosimo Gheri, évêque de Fano, Padoue, 7 janv. 1537, dans
[G. B. MORANDI], Monumenti di varia letteratura tratti dai manoscritti di Mgr Lodovico Beccadelli, t. I, parte II р, 265.
136
LA COUR DE PAUL III
motion d'un caractère assez exceptionnel (1). En 1540, cetincident, qui avait beaucoup flatté l'amour
propre de Paul III, lui revint sûrement à la mémoire, en même temps que les petits poèmes latins et
toscans de son secrétaire, lorsqu'il ajouta aux charges que remplissait déjà son protégé celle de
réformateur de l'Université de Rome (2) . Mais il est à croire que Latino se trouva trop occupé pour
donner une part de son temps à ses nouvelles fonctions : dès l'année suivante, son nom disparaît de
la liste des administrateurs du Studio.
On comprend qu'à compter toutes ces occupations, qui s'étendaient de la diplomatie et de
l'administration à la littérature, à l'archéologie et à l'orfèvrerie (3), à voir un seul homme embrasser
tant de tâches diverses, le poète Molza ait consacré à Latino les médiocres hendécasyllabes suivants,
qui, malgré leur obscurité et leur gaucherie, résument assez bien l'impression faite sur les contempo
rains par une si extraordinaire activité :
Vicinas quateret superbus urbes
Cumnuper maris arbiter (4), nec ullis
Remi mænia cerneret petita
Quidam motibus, id quod esset, amens
Cœpit numina sæpius rogare
Idem; cui pater æquoris (5), quietem
Noctu dum caperet, toro recumbens,
Ridens astitit, et loquutus hæc est :
<>>
His dictis abiit Deus, soporque (1).
137
Si l'on ne savait que Molza était mort dès le 28 janvier 1544, on serait tenté de reporter cette
petite pièce au mois de juin 1549, où Latino prononça le Quos ego...! rappelé dans son épitaphe :
gubernatore Urbis quod iura patriae laesisset apud Pontificem accusato, ob eam rem tumultuantem
populum Romanum in Capitolio pacavit. Mais de ce triomphe, comme de la légation en Écosse et en
Angleterre, il semble qu'il faille rabattre quelque chose. Voici comment un contemporain, « il Bian
chetto » (2), raconte l'incident : «... Sa Sainteté n'a jamais été aussi vaillante que maintenant; à
telles enseignes que, l'autre soir, Elle n'a fait que deux pas et un saut pour aller de sa maison d'Ara
celi jusqu'à San Marco, par peur du Sénat etduPeuple Romainquiétaient encolère contrele gouver
neur, parce qu'il avait fait arrêter et punir de trois coups de corde Morgante, leur barisel,qui, en dépit
d'un sauf-conduit dudit gouverneur, avait fait arrêter je ne sais qui. Pensez si Vittorio [le bourreau],
recevant un tel ordre, fut lent à l'exécuter ; et comme tous deux [le bourreau et le barisel] se veulent
mal de mort ; je vous assure que Vittorio fit tomber l'instrument du supplice d'aussi haut qu'il le
put, avec une telle furie que chacun pensa que ses bras resteraient attachés à la corde. Puis, sans lui
donner de soins et sans le remettre en prison, il dit : « Va donc au Sénat, qu'il te soigne!>> Je vous
promets que si le Pape ne s'était pas trouvé à Rome, ou s'il avait été au Palais, et non à San Marco,
ç'aurait été une belle fête. En un instant, tout le Capitole fut en armes; la garde de Sa Sainteté, tant
fantassins que cavaliers, et le Duc [de Castro, Ottavio Farnese], gonfalonier de l'Église, avec le seigneur
Ettore [sans doute le Suisse Hektor von Beroldingen], etl'artillerie, se rangèrent autour de SanMarco.
Mais ils eurent le bon esprit de rester tranquilles jusqu'à ce que son Excellence [le duc Ottavio] se déci
dât à aller lui-même les prier aimablement et leur persuader de déposer les armes, leur promettant que
le Pape saurait relever l'injure qui leur avait été faite et disant qu'il était aussi Romain que chacun
d'eux; que, quand même ils ne le voudraient pas, il n'était pas pour souffrir qu'on leur fît injure,
mais que, làoù se trouve Sa Sainteté, Romaine elle aussi, ce serait une trop grave offense et un crime
de lèse-majesté que de vouloir se rendre justice eux-mêmes. Et il sut si bien dire qu'il leur persuada
(1) Delle poesie volgari, e latine di Francesco Maria MOLZA, vol. terzo, éd. citée, p. 218-219-Molza veut-il donner
àentendre que Latino se mêla aussi de l'équipement des galères pontificales et de l'amélioration des fortifications
des États de l'Église ? C'est fort possible.
(2) Peut-être le familier du cardinal de Tournon; cf. Émile PICOT, Les Français italianisants au XVIe siècle
(Paris, 1907, in-80), t. II, p. 356.
18
138
LA COUR DE PAUL II
ce qu'il voulut, de sorte qu'ils accompagnèrent son Excellence jusqu'à son palais et déposèrent les
armes, attendant qu'il soit procédé pour cette insolence contre le gouverneur, quijure qu'il ne savait
pas que le sénateur eût relâché son prisonnier lorsqu'il ordonna [lui gouverneur] de donner la corde à
Morgante. On est maintenant à attendre les preuves, et on est porté à croire queleSénat etlePeuple,
c'est-à-dire le Sénateur (1), quireprésente le Pape et qui est placé par lui au Capitole (2) pour refréner
la fureur populaire, sera jugé comme ungrand Modénais [un grand sot]. Par sa passion et sa rivalité
avec le gouverneur, il a mis toute Rome en un tel péril que sûrement, sile Pape avait été un peu plus
éloigné, il n'y eût eu puissance (sauf celle de Dieu) capable de parer au plus grand scandale qui se
soit produit à Rome depuis longues années. Car ils voulaient absolumentjeter le gouverneur par les
fenêtres, et ils criaient Crucifiez-le ! comme des Juifs enragés. Et, pour être exact et ne pas lui faire
tort de la part d'éloges à laquelle il a droit, messer Latino fit, lui aussi, un discours au Peuple, qui
sera imprimé, de sorte que, avec messieurs Philandrier(3) et De Fosses(4), vous pourrez porterd'après
lui le jugement que mérite une aussi grave affaire (5)... » D'après Bianchetto, les honneurs de la jour
née furent donc pour le duc Ottavio Farnese ; maisil convient d'être aussijuste que le narrateur envers
Latino Giovenale qui, s'il ne joua pas dans cette tragi-comédie le rôle principal. justifia une fois de
plus le vers de Giraldi :
Ut lingua promptus, sic promptus fortibus ausis (6).
Pour terminer cette esquisse biographique, il nous reste à parler de la demeure et des collec
tions de Latino. Du temps de Léon X, il était déjà possesseur de la maison ou du groupe de maisons
où il habita-semble-t-il
jusqu'à la fin de sa vie. C'était très probablement une part de l'héritage
paternel (7). Dans le recensement fait sous le pape Médicis, est indiquée, au rione Regola (Arenula)
et sur la paroisse de San Niccolò alle Calcare, près du Campo di Fiore, « la casa de messer Latino, quale
habita luy »(8). Aucun doute n'est possible sur cette identification, puisqu'un autre document, rédigé
en excellent « romanesco », parle des maisons de Latino Giovenale « sises aux Botteghe Oscure, en
(1) Tarugio Tarugi, de Montepulciano,d'aprèsle travail de Giacinto GIGLI, Cronologia dei consoli,priori e magis
trati di Roma. Biblioteca nazionale V. E. de Rome, ms, sessoriano 334 (1495), fol. 77 verso.
Je dois ce renseignement
àM.le comte Domenico Gnoli.
(2) Le texte porte là sù : « Au Capitole » ou « en sa haute charge>> ?
(3) L'architecte humaniste Guillaume Philandrier ou Filandrier, savant commentateur de Vitruve, attaché
au service du cardinal d'Armagnac. Cf. Léon Dorez, Psautier de Paul III, p. 23 et note 2.
(4) Très probablement Barnabé de Vorè, sieur de la Fosse. Cf. Émile PICOT, op. cit., t. I, p. 99, et t. II, p. 356.
(5) Lettre du Bianchetto au poète Tomaso Spica, « gentilhuomo Romano, dotto, eloquente, et di soavissimi
costumi », dans TURCHI, Lettere facete, p. 38-40. Sur Spica, cf. ATANAGI, De le Rime di diversi nobili poeti toscani... libro
primo, fol. Hh. 8 (table ) et fol. 185 verso-186 verso (sonnets).
(6) Voy. ci-dessus p. 121.
(7) Je n'aipu retrouver le nom du père de Latino. J'ai seulement relevé, à la date du 7 avril 1501, celui de Stefano
Giovenale, citoyen romain, gardien de l'hôpital de Santa Maria in Porticu. Mandati, 1500-1508, fol. 95 verso- Dans
le recensement de ClémentVII, publié par le comte GNOLI, on lit, rione Regola (p. 480 b) : « Julian, Juvenal de Matut...
11 ». Je pense qu'il faut lire : « Latino Juvenale de Manetti ». Ibid., p. 486 b, dans le rione Sant'Eustachio : « Pietro
Paulo Juvenale.. 5. »
(8) ARMELLINI, Un censimento..., cité, p. 93.
LATINO GIOVENALE DE' MANETTI
139
face de la fabrique de chaux deBertolli>> (1). Peut-être est-ce dans ces calcare, dans ces dépôts funestes
aux marbres antiques, aussi bienque dans les fouilles entreprises àl'occasion des travaux urbains, qu'il
découvrit, au moins en partie, les statues et les bustes dont se composait sa collection et quifurent
inventoriés, en 1550, par Ulisse Aldrovandi (2) :
Dans la maison de messer Latino Juvenale, à la Regola, près du Campo di Fiore.
Dans la cour ou loggia couverte se voient les belles statues suivantes :
Une statue armée de l'empereur Trajan en costume impérial, plus grande que nature.
Une statue, plus grande que nature, de Livie, femme d'Auguste ; et elle lui fut érigée par l'empereur
Claude, son petit-fils.
Une statue de Lucrèce, femme de Collatin, avec la blessure qu'elle-même se fit sous le sein en se tuant,
Une statue d'Hercule, nue, avec les pommes du jardin des Hespérides dans la main, et avec le dragon
qui gardait ce jardin.
Une statue de femme vêtue de telle sorte qu'elle montre presque son corps nu.
Une statue d'une femme assise et endormie.
Une statue d'Hercule, nue, avec la peau du lion, et avec la massue en main.
Deux statues de consuls en habit consulaire.
Une statue de femme vêtue à la bohémienne (a la Zingaresca) (3), avec deux autres statuettes égale
ment féminines.
Il y a aussi soixante têtes avec bustes d'empereurs, d'impératrices et d'autres hommes illustres et
célèbres.
Il y a deux statues assises, une defemme qui tient un enfant sur son bras, l'autre d'un vieillard qui a
un livre en main; il est nu, avec un manteau enroulé tout autour de lui (4).
Il y a aussi, finalement, une charmante statue de petit pâtre (5) ».
Acette liste il faut ajouter les ouvrages suivants, mentionnés par Maximilien Waelscapple :
<> (1).
Tel était l'important musée que s'était constitué Latino, et il est regrettable qu'aucun des
monuments qui le composaient ne puisse être identifié avec une entière certitude. A en juger par la
science du collectionneur, par son goût exercé, par les facilités particulières qu'il eut pour grouper chez
lui les œuvres de l'art antique, ces monuments devaient former une des plus belles collections de la
Rome du xvie siècle.
Et encore n'avons-nous là que l'inventaire des sculptures. Il est à peu près certain que Latino
avait aussi réuni d'autres souvenirs romains dont l'énumération ne rentrait pas dans le cadre du livret
d'Aldrovandi. Entout cas, Paul III connaissait son expérience denumismate, puisque le 11 juin 1538,
pendant le séjour à Nice, il lui remettait trois écus pour acquérir, en son nom, « une médaille de métal
de César».
La maison et le musée complètent admirablement le portrait de l'homme remarquable dont
l'œuvre littéraire est si mince et dont la multiple influence fut si grande. Latino Giovenale Manetti
est, sauf l'ambition et le succès, le reflet exact de son maître et aussi de beaucoup des personnages
qui entouraient Paul III (2). Le goût de l'action, joint à une instruction générale singulièrement déve
(1) Publié par Ch. Huelsen, d'après le cod. Berolin. lat. 61 s, fol. 173, dans les Göttingische Gelehrte Anzeigen
(Berlin, 1914), nº 5, p. 299.
(2) Je n'hésite guère à reproduire son épitaphe, bien que déjà publiée par plusieurs auteurs. La voici, telle qu'on
peutencore la lire à Santa Maria della Minerva, au second pilier de la grande nef, côté gauche :
D.O.M
LATINO . IVVENALI. MANNECTO.PATRITIO . ROMANO
QVI. OB LIBERALES. DISCIPLINAS . ET. IN. REBVS . AGENDIS.PRVDENTIAM
SVMMOR.PONTT.A.SECRETIS.AD.GALL.ANGL.SCOT.REGES.S.Q.VENETVM
INTERNVNTIVS.XII.MAGNO.VSVI.REIP.FVIT
CONS.QVINQVIES.CAROLVM.V.AVG.ROMAM.VENIENTEM.EXCIPIENS
VETERVM.MONVMENTA.SVSPICIENTEM.ROMANAE. VIRTVTIS.ADMONVIT
GVBERNATORE.VRBIS.QVOD.IVRA.PATRIAE. LESISSET.APVD.PONT.MAX.
ACCVSATO.OB.EAM.REM.TVMVLTVANTEM.PO.RO.IN.CAPITOLIO. PACAVIT
AEDILIS.IX.DEINDE . PERPETVO.NOVIS.VIIS.ET.PLATEIS
PRIMVS.VRBEM.ILLVSTRANDAM.CVRAVIT
ASSIDVIS.DENIQVE . LABORIBVS.GLORIAM.OPIBVS.PREFERENS.DECESSIT
ΑΝΝΟ.ΑΕTATIS.SVAE.LXVII.SALVTIS.HVMANAE. CIO,.IO,. LIII
CAESAR.ET.ALEXANDER.FILII.PATRI.OPT.MERITO
MEMORIAE.CAVSA.POSS,
LATINO GIOVENALE DE' MANETTI
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loppée, faisait de ces gens des êtres bien vivants pour lesquels la science, la poésie et l'art ne deve
naient jamais le but exclusif, mais restaient laparure et lajoie de la vie, dans les moments de relâche
et d'abandon. Esprits positifs, ils n'abandonnaient jamais la proie pour l'ombre ; mais, imaginations
vives, ils savaient jouir, aux heures de repos, de tout ce qui peut récréer et détendre des intelligences
cultivées. A ce dernier point de vue, ils étaient les héritiers directs de la première Renaissance ; par
ailleurs, ils annonçaient le monde moderne, tout entier aux choses pratiques. Après eux, la société
se divisa, le fossé se creusa entre les gens de science et les gens de goût d'une part, les hommes poli
tiques et les gens d'affaires de l'autre. La belle harmonie qui les rendait attentifs aux intérêts actuels
en même temps que sensibles aux belles et nobles idées, littéraires ou artistiques, disparut peu àpeu.
Les exigences d'une vie plus difficile rendirent de jour en jour plus rares ces exemplaires d'une huma
nité supérieure dont Latino est l'un des plus parfaits. Ace titre, il méritait de figurer, dans notre essai,
entre les meilleurs des courtisans qui se pressaient autour de Paul III, et cette raison suffira, nous
l'espérons du moins, à excuser la longueur des pages que nous avons consacrées à ce personnage carac
téristique.
FORCELLA, Iscrizioni... delle chiese di Roma, vol. I, p. 452, nº 1752 ; MARINI, Degli archiatri pontifici, vol. I,
p. 384, note (cedernier dit qu'elle est à la Minerva). Voy. ci-dessus p. 140, n. 2.- D'Alessandro Giovenale, nous ne
savons presque rien; il est prieur des caporioni en 1583, et c'est à ce titre qu'il figure dans l'inscription du piédestal des
Trophées de Marius. Quant à Cesare, né vers 1531, il était prêtre. (Cf. EUBEL, Hierarchia catholica, t. III, p. 199, où
il est appelé par erreur « Mamerti ».) Lors de la promotion de Gianantonio Volpi à l'évêché de Côme (17 avril 1559)
une pension de 200 ducats est réservée au fils de Latino. On a vu plus haut (p. 130, n. 1) qu'en 1544, Latino étaitvenu en
France pour prendre possession, au nom de Cesare, de l'abbaye de Nerlac, au diocèse de Bourges, qui lui avait été
donnée par le roi en exécution de la promesse faite en 1540. Les auteurs de la Gallia christiana (t. II, col. 1898) le
mentionnent comme abbé en 1544 et 1545. Ils ont francisé son nom (Juvénal) ainsi que celui de son successeur,
« Tiburtius Burce eques s. Iohannis Ierosolimitani », c'est-à-dire Tiburzio Burzi, « mestro di casa » du cardinal Ales
sandro Farnese, en faveur duquel Cesare avait sans doute résigné son bénéfice et dont divers actes, probablement
rédigés en français (d'où la forme française des deux noms), signalent l'abbatiat de 1551 à 1574. — En 1579, Cesare
était l'un des collègues de Camillo Coronato « pour la recherche des statues »(LANCIANI, Storia degliscavi, t.II, p. 87) .
Encette même année 1579, « conservateur pour la troisième fois, il faisait réparer à ses frais la tour de la « porta
Metronia » qui, en 1157. avait été restaurée par un de ses ancêtres, alors sénateur, Nicolo Mannetti. L'inscription
commémorative de ce pieux travail existe encore :>>>
«Gregorio XIII pontifici maximo | Caesar Juvenalis Latini . Mannettus cos. III. | turrim hanc olim collapsam
et a Nicolao Mannetto VII viro senatori collegisque eius| quorum familiae extinctae sunt instauratam| rursus post
annos CDXXI iterum collabentem | ut publicum Mannettae familiae inpatriam| perpetuae voluntatis extet monu
mentum privata impensa restituit| anno salutis MDLXXIX. » G. TOMASSETTI, Della Campagna Romana nel medio
evo, dans l'Archivio della R. società Romana di storia patria, t. VIII (1885), р. 10.— Il avait 62 ans en1593, lorsqu'il
fit placer son épitaphe à Santa Maria della Consolazione (FORCELLA, op. cit., vol. VIII, p. 333, nº 802) . Dionigi Atanagi
adit de lui que ses mœurs, sonesprit etson éloquence étaient dignes de son père. ATANAGI, De le rime di diversi nobili
poeti toscani, libro secondo, fol. 64 et fol Kk.7 (table). Cf. MARINI, op. cit., vol. I, p. 385, col. 2.
CHAPITRE IV
PAUL III ET MICHEL-ANGE
LA PEINTURE DU JUGEMENT DERNIER
Dans le domaine artistique, Paul III trouvait deux maîtres parmi ses prédécesseurs : Jules II
et Léon X, dont l'exemple exerça une très grande influence sur les commencements au moins de son
pontificat. Mais ils ne furent pas seuls à diriger son attention de ce côté. Les grandes peintures exécu
tées au Vatican même, sous les règnes de Sixte IV et d'Alexandre VI, durent frapper aussi l'imagina
tion du jeune Farnese, ne fût-ce que parce qu'il y retrouvait, idéalisés, mais très vivants, plus d'un
personnage et d'un événement bien connus de lui. Dans les fresques de Pinturicchio, les portraits de
Djem et du pontife n'éveillaient pas chez lui de mauvais souvenirs : les humiliations subies lors de
l'invasion de Charles VIII, roi d'un pays auquel les Farnese essayèrent toujours de se rattacher, s'effa
çaient devant la figure agenouillée et confiante de celui qui avait revêtu de la pourpre cardinalice le
fils des condottieri. Dans les fresques de Luca Signorelli, il se plaisait à reconnaître les humanistes,
italiens et grecs, qui avaient illustré la Rome de Nicolas V et de Pie II, la Florence de Laurent de
Médicis. Plus tard, il les montrait au puîné de ses petits-fils : « Quant au portrait de [Théodore] Gaza
écrivait Fulvio Orsini à son ami Gianvicenzo Pinelli, le 16 mars 1585
je ne connais personne qui le
possède. Mais je me souviens très bien d'avoir entendu dire par le cardinal Sant' Angelo [Ranuccio
Farnese] que le pape Paul III lui montrait, dans la Chapelle de Sixte IV, un de ces grands tableaux de
la main du Cortona [Signorelli], où était Bessarion avec cinq de ses familiers, parmi lesquels il nom
mait [Joannès] Argyropoulos, Gaza, l'évêque de Siponto [Niccolò Perotti], etc., et que Gaza avait un
chapeau sur la tête. On pourrait aujourd'hui le reconnaître à ce signalement > (1).
(1) «Quanto al ritratto del Gaza, io non conosco persona che l'habbia. Ben me ricordo havere inteso dal Cardinale
Sant' Agnolo, che Papa Paolo terzo li mostrava nella Capella di Sixto quarto uno de quei quadroni de mano del Cor
tona, dove era il Bessarione con cinque de suoi, fra quali nominava l'Argyropulo, il Gaza, il Sipontino etc., et che il
Gaza haveva un capello in testa. Si potria hoggidì riconoscerlo da questo contrasegno. » Bibliothèque Ambrosienne de
Milan, D. 422 inf., fol. 173. Dans une autre lettre, datée du 31 mai 1586, Orsini annonce qu'il a retrouvé le portrait
dans la fresque de Signorelli : c'est bien Théodore Gaza (ibid., fol. 198). Le passage quivient d'être cité a déjà été repro
144
LA COUR DE PAUL III
Mieux encore : si l'on encroit des traditions qui, sans manquerde valeur, sont aujourd'hui peu
vérifiables, le pape Farnese pouvait, à gauche de la fresque consacrée par Botticelli (1) au châtiment de
Korah, se désignerlui-même, dans la fleur de sa quinzième année, debout près de son maître Pompo
nio Leto, et se retrouver, cardinal imberbe et un peu sec, àl'âge de quarante-deux ans, dans la fresque
de la Chambre de la Signature, où Raphaël a représenté Grégoire IX donnant les Décrétales (2).
Paul III avait d'ailleurs d'autres raisons d'aimer et d'apprécier les arts. Sa forte éducation
classique, l'atmosphère d'humanisme où il avait vécu à Florence et à Rome, l'avaient préparé, comme
tant d'autres hommes de son temps, à goûter des œuvres inspirées de la littérature, de l'histoire, des
monuments de l'antiquité. Et, d'autre part, l'Écriture sainte, seule doctrine des rudes capitaines ses
ancêtres, unique nourriture intellectuelle de ces hommes nés et grandis derrière les murs des châteaux
féodaux et au milieu du fracas des armes, n'avait sans doute guère de secrets pour lui. Les deux cycles,
qui sont proprement celui du Moyen âge et celui de la Renaissance
où s'exerçait la main des
peintres et des sculpteurs d'alors, lui étaient également familiers. Symboliques images de ses impres
sions d'enfance et de jeunesse, ces représentations devaient égayer son heureuse maturité et ravir
encore sa vieillesse triomphante.
Aces deux raisons principales qu'avait Paul III de n'être pas étranger aux choses de l'art,
si l'on joint l'orgueil de marquer de sonnom ou de ses armes surmontées de la tiare, des œuvres
durables comme le Palais Farnese ou le Jugement dernier (3), oncomprendra facilement que, dans les
desseins formés, dès son exaltation, pour illustrer son règne, le nouveau pape ait placé, au premier
rang, la gloire que donne aux souverains un mécénat grandiose et avisé.
Michel-Ange était, en 1534, le seul artiste qui fût digne des temps héroïques et dont le génie
eût traversé la date fatidique de 1527 sans perdre l'enthousiasme, l'audace, la force créatrice de la
période antérieure. Paul III comprit tout de suite qu'il devait s'assurer la collaboration du peintre
de la Sixtine et dans la Sixtine elle-même. Sans se faire d'illusions sur les difficultés qu'un tel projet
allait soulever, il fit aussitôt connaître son désir. Les circonstances le servirent.
Depuis son arrivée à Rome, vers 1510, le peintre vénitien Sebastiano Luciani plus connu
sous le nom de Frà Sebastiano del Piombo
était devenu le protégé de Michel-Ange dont il avait
duit presque en son entier par Pierre DE NOLHAC, La bibliothèque de Fulvio Orsini (Paris, 1887, in-8°), p. 166, n. 1.
La fresque en question est d'ailleurs, non pas de Luca Signorelli, mais de Domenico Ghirlandajo, et dans le personnage
désigné par Orsini comme étant Gaza, on croit reconnaître aujourd'hui Jean Argyropoulos. Voy. Ernst STEINMANN,
Ghirlandajo (Bielefeld u. Leipzig, 1897), p. 19 et p. 20, col. 2 ; Die Sixtinische Kapelle, t. I, p. 448 (Abb. 25).
(1) Ernst STEINMANN, Botticelli (Bielefeld u. Leipzig, 1903), p. 53 (Abb. 50) et p. 58 (Abb. 54); Die Sixti
nische Kapelle, t. I, p. 511 et n. 1.
(2) Bonne reproduction dans GOYAU, PÉRATÉ et FABRE, Le Vatican, p. 665 : le cardinal Farnese est à la droite de
Jules II ; cf. G. CLAUSSE, Les Farnèse peints par Titien, p. 4.
(3) De sonnometnondeses armes, pourle Jugementdernier, car Michel-Ange refusa nettementde mettre l'écusson
de Paul III au bas de la fresque dont la première idée venait de Clément VII lui-même (CONDIVI, Vitadi Michelangelo
Buonarroti, Roma, 1553, fol. 34 et 37)-Vasari dit que PaulIII exprima le désir de voir, sous le Jonas, les armes de
Jules II remplacées par les siennes, que Michel-Ange n'y consentit point, et que le Pape, ne voulant pas déplaire à
l'artiste, n'insista pas (éd. citée, t. XII, p. 219).
III
Cl . Alinari
PREMIÈRE PENSÉE DU «JUGEMENT DERNIER »
DESSIN DE MICHEL ANGE
(Florence. Casa Buonarroti)
MICHEL-ANGE
145
nettement embrassé le parti dans la querelle jalouse soulevée par les tenants de Raphaël. Dans cette
lutte sans merci où le grand artiste d'Urbino fut traité par Sebastiano lui-même de « prince de la syna
gogue » (1), une véritable intimité s'était établie entre la « créature » et le protecteur. Grâce à Michel
Ange, Sebastiano avait obtenu du cardinal Jules de Médicis (le futur Clément VII) un très bon prix
de son chef-d'œuvre, la Résurrection de Lazare (2) ; il avait pu se mettre sur les rangs pour l'achè
vement des peintures dela Salle des Pontifes et de la Salle de Constantin, au Vatican (3) ; il avait
obtenu la décoration de la chapelle du Florentin Pier Francesco Borgherini àSan Pietro in Montorio (4)
Enfin, il avait demandé à son correspondant des conseils, et jusqu'à des esquisses, qui ne lui étaient
jamais refusées (5). En revanche, ils'occupait des intérêts de Michel-Ange à Rome : il menait la bataille
contre les détracteurs du grand homme, il le mettait au courant de ce que les papes. Léon X, puis
Clément VII, disaient ou pensaient de lui.
L'alliance qu'ils avaient tacitement conclue résista longtemps aux plus graves épreuves.
Diverses circonstances, puis le sac de Rome et les révolutions de Florence, interrompirentleur commerce
épistolaire pendant des années entières. Lorsqu'il reprit enfin, lessentiments de Sebastiano n'avaient
pas changé vis-à-vis du sculpteur, malgré la situation délicate où se trouvait alors ce dernier : on le
vit bien dans l'affaire du tombeau de Jules II. Le 27 octobre 1520, Sebastiano, toujours aux aguets,
s'était empressé d'annoncer à Michel-Ange (6) la mort du cardinal-évêque d'Agen, Leonardo Della
Rovere, neveu et exécuteur testamentaire du pape «terrible », en lui montrant toutle parti qu'il pou
vait tirer de cet événement (7). Sans doute il avait hâte de voir son patron revenir à Rome, mais encore
ses offices n'étaient-ils pas tout à fait intéressés et sentait-il profondément que la vraie place d'un tel
génie était dans la ville pontificale. Avec quelle joie il lui écrit qu'en dépit de sa conduite pendant le
siège de Florence, Clément VII ne lui avait pas retiré sa faveur, et qu'au plus fortdela bourrasque,
il s'était contenté de dire : « Michel-Ange a tort; je n'ai jamais rien fait contre lui! » (8) Avec quelle
abondance il lui fait part des négociations qu'il a entamées avec les gens du duc d'Urbino pour l'achè
vement de « la cossa di Julio »! Et, en effet, il met tout en œuvre pour tirer le sculpteur des affres de
cette « tragédie > : il essaie de circonvenir Girolamo Genga, peintre du duc (9) ; ils abouche avec
Girolamo Staccoli, agent du même prince à Rome (10); il emploie ceux de ses amis qui vivent dans la
(1) Aurelio GOTTI, Vita diMichelangelo Buonarroti (Firenze, 1875, in-8º), t. I, p. 129 (lalettre est de juillet 1518).
(2) Gaetano MILANESI, Les correspondants de Michel-Ange. I. Sebastiano del Piombo (Paris, 1890, in-4°),
p. v11; cf. p. 2 et suiv., 26, 36, etc.
(3) Ibid., p. 6 et suiv.
(4) Ibid., p. 32, 34.
(5) Cf., par exemple, ibid., p. 88.
(6) Comme il lui avait déjà annoncé, le 12 avril précédent, en une phrase dont la sécheresse nous étonne, la
mort de Raphaël (ibid., p. 6) .
(7) Ibid. , p. 18, 20.
(8) Ibid., p. 42. (Lettre du 29 avril 1531).
(9) Ibid. , p. 42.
(10) Ibid. , p. 44, 64, 72, 88, etc.
19
146
LA COUR DE PAUL III
petite cour ombrienne, messer Orazio [Florido?] et le médecin-poète Francesco Arsilli (1). En octobre
1531, dans son impatience de revoir Michel-Ange, il lui annonce son intention d'aller lui-même à
Florence (2). En novembre, il a si bien fait que Clément VIIlui exprime le désir de voir le sculpteur
venir à Rome un ou deux mois pour mettre ordre au tombeau de Jules II tout àloisir, «a solazo » (3),
Mais Michel-Ange se défie de Clément VII; il l'a dit à Giovanni Gaddi, et Gaddi l'a écrit à Sebastiano.
qui jure que ce sont là vaines appréhensions (4). Le peintre paraît enfin avoir gagné sa cause : dès
le 15 décembre 1531, il se réjouit de la prochaine arrivée de son illustre ami (5). C'était aller trop
vite en besogne. Il a beau annoncer que le duc d'Urbino a donné son consentement aux propositions
qui lui ont été faites, qu'une chambre a été apprêtée au Belvedere pour l'hôte attendu, que celui-ci
fera du pape Clément tout ce qu'il voudra (6) : Michel-Ange hésite encore. Il ne se décide qu'en juil
let 1533 à demander au pontife congé de venir en août. Mais, cette fois, Clément VII allègue la cha
leur, le mauvais air de l'été, et conseille la remise du voyage au 15 ou même au 30 septembre (7).
En attendant cette date, Sebastiano prépare la maison du maître, en fait déménager le gardien, y
dresseunlitdefortune, «unoletto da Frate»(8). Etilcontinue sesnégociations officieuses aveclePape, non
sans résultat ni sans plaisir ; car s'il avait pu écrire, le 15 mars 1532 : « Le Pape a déclaré à tout le
monde qu'il ne veut pas que vous travailliez pour d'autres que pourlui (9) », il pouvait, seize mois plus
tard, être bien plus précis. « Notre Seigneur m'a ordonné de vous écrire de sa part qu'il a lu, relu et
pesé le dernier article de votre lettre, et qu'il vous répond d'être tranquille, qu'il a décidé, avant
votre retour à Rome, de travailler autant pour vous que vous avez fait et ferez pour lui, et qu'il pas
sera avec vous contrat d'une chose telle que vous ne l'auriez jamais rêvée. Ce n'est pas là une simple
conversation; car sa Sainteté m'a commis de vous l'écrire de sa part, et je vous prie de bien noter
que ce sont là paroles très importantes. Vous savez combien le pape Clément se garde de faire des
promesses aussi nettes. Maintenant vous pouvez être rassuré et avoir l'esprit en repos. Et vive le
pape Clément, et puissent disparaître tous ceux qui interprètent malignement ses actions et
font des commentaires absurdes sur sa conduite! » (10)
Il n'y a pas à s'y tromper : dès ce moment, Clément VII avait résolu de faire compléter par
Michel-Ange la décoration de la Sixtine.
Le 22 septembre, l'artiste allait saluer à San Miniato le Pape qui se rendait à Nice, ou plutôt
à Marseille, pour célébrer le mariage de sa nièce Catherine avec Henri de Valois. Un entretien avait
(1) Ibid. , p. 52.
(2) Ibid. , p. 68.
(3) Ibid , p. 70.
(4) Ibid. , p. 70.
(5) Ibid. , p. 78.
(6) Ibid. , p. 80.
(7) Ibid. , p. 98 et 100.
(8) Ibid., p. 102.
(9) Ibid. , p. 84.
(10) Ibid., p. 106.
MICHEL-ANGE
147
lieu entre eux, et Sebastiano, qui faisait partie de la suite pontificale, laissait à Michel-Ange un che
val qui, sans doute, était destiné au prochain voyage de retour à Rome (1). C'est au cours decet entre
tien que Clément VII expliqua ses projets à son interlocuteur et que, pour la première fois, il dut être
clairement question de la grande peinture, ou peut-être des grandes peintures de la Chapelle
majeure.
Des voyages et des séjours rapides de Michel-Ange à Rome en 1533 et 1534, on ne sait presque
rien. Selon Vasari, le Pape lui ordonna de rester à Florence et d'achever à tout prix la bibliothèque et
la sacristie de Saint-Laurent, mais de travailler, en même temps, aux cartons des futures fresques de la
Sixtine, le Jugement dernier et les Anges rebelles (2). Vasari affirme aussi que, bien des années aupa
ravant, Michel-Ange avait fait des esquisses et des dessins de ces deux compositions, et que l'un de ces
dessins avait même été assez mal mis en œuvre, dans une des chapelles de l'église de la Trinité-des
Monts, par un peintre sicilien qui avait été plusieurs mois au service de Michel-Ange. La vue de
cette fresque qui, endépit de sa médiocrité, avait « quelque chose de terrible » (3), a dû donner à Clé
ment VII l'idée de s'adresser à l'auteur du dessin original pour traiter l' « invention » dans toute sa
force et toute son ampleur. Michel-Ange n'était pas homme à résister longtemps à pareille proposition.
Malgré les travaux de San Lorenzo de Florence et les inquiétudes que lui donnaient sans cesse les
agents du duc d'Urbino, on peut croire qu'une fois l'ordre formel reçu, il se jeta avec ardeur dans cette
tâche nouvelle.
Unévénement, prévu depuis quelques semaines, mais qui, cependant, au milieu du désespoir
des uns et des espérances des autres, tardait à se produire, interrompit tout à coup, à la fin du mois de
septembre 1534, la vie studieuse de Michel-Ange :le 25, Clément expirait. Les graves nouvelles répan
dues à Florence, dans les jours précédents, sur la santé du souverain, avaient-elles décidé Michel
Ange à prendre le chemin de Rome? Sebastiano lui dépêcha-t-il, dès la mort du pontife, un exprès
pour l'en avertir? On l'ignore. Ce qui est certain, c'est que, se voyant privé ou sur le point d'être privé
de la protection de Clément VII et craignant la vengeance du duc Alexandre, il n'hésita pas, monta en
selle, piqua des deux : le 27, il entrait dans la ville de saint Pierre. Mais il n'y venait pas pour
s'assurer l'exécution des peintures de la Sixtine, bien au contraire. Délivré de ses engagements vis
à-vis du pape défunt, il pensait qu'il allait enfin pouvoir se donner tout entier au tombeau de Jules II
et en finir avec ce cauchemar. Il avait compté sans son hôte, c'est-à-dire sans le successeur de
Clément VII, le pape Paul III Farnese, qui, dès le lendemainde l'entrée des cardinaux en conclave,
le 13 octobre, avait été nommé par acclamation.
Le pontife, qui connaissait Michel-Ange depuis longtemps, savait comment agir avec lui.
(1) Cette entrevue nous est connue parune note, un « ricordo » célèbre de Michel-Angelui-même (VASARI, éd. citée,
t. XII, p. 384 ; GOTTI, ouvr. cité, t. I, p. 225, n.).
(2) Leprojetd'exécuterdeux fresques n'estpas certain. Dans un des passages de Vasari qui seraient le plus décisifs
à cet égard, tandis que les autres éditions portent lefacciate, l'édition juntine donne la facciata, ce quipeut, d'ailleurs,
être une correction arbitraire (VASARI, éd. citée, t. XII, p. 214, et n. 4).
3) Ibid., p. 215.
148
LA COUR DE PAUL III
Nerveux et énergique à la fois, passionné et habile, Paul III devait forcément réussir à toucher
un artiste sensible à toutes les délicatesses et à toutes les brusqueries de la nature humaine ; il
sut flatter l'orgueil de l'artiste, vaincre les volontés de cet obstiné, faire vibrer le cœur de ce renfermé.
Bientôt il l'appelait devant lui, lui exprimait son désir de le prendre à son service. Commeils'y atten
dait, la réponse fut négative: il fallait terminer le tombeau de Jules II ! Une de ces belles colères si
fréquentes chez Paul III vint fort à point pour clore, sans plus de phrases, la discussion : « Comment!
j'ai nourri ce désir pendant trente ans, et, maintenant que je suis pape, je n'aurai pas satisfaction?
Je déchirerai le contrat [avec le duc d'Urbino], et j'entends qu'à tout prix tu entres à mon service » (1).
Michel-Ange n'avait rien à répliquer à une telle injonction (2). Quatorze ans auparavant, Sebastiano
del Piombo lui avait écrit qu'il faisait peur à tout le monde, même aux papes (3) ;
peut-être à un
Clément VII, mais non pas à un Paul III-. Il fut anéanti par cet ordre qui ruinaitses résolutions, il
songea à s'enfuir de Rome pour échapper à cette nouvelle tyrannie ; puis, après réflexion, il crut plus
prudent d'adoucir le Pape, de le payer de mots ; il espéra même que le vieillard irait bientôt rejoindre
ses ancêtres dans un monde meilleur (4). Paul III paraît d'ailleurs, après cette entrevue à demi tra
gique, n'avoir pas trop pressé celui qu'il voulait employer à la gloire de son règne. Une visite à l'ate
lier du sculpteur fut secrètement et adroitement préparée. Un beau jour, le souverain, accompagné
de huit ou dix cardinaux, arriva chez Michel-Ange, au Macello de' Corvi; il demanda à voir toutes
les statues du tombeau de Jules II ; il les proclama merveilleuses, surtout le Moïse, qu'en intelligent
courtisan, le cardinal de Mantoue, Ercole Gonzaga, déclara suffire à honorer le « pape terrible » ; puis
il examina les cartons et les dessins destinés à la décoration des deux murs encore libres (5) de la
Chapelle Sixtine, s'écria d'admiration, et renouvela ses offres ou plutôt ses ordres, déclarant qu'il
saurait amener à composition le duc d'Urbino (6).
Dès lors, Michel-Ange n'avait plus qu'à s'incliner devant la volonté du maître. Celui-ci tint
d'ailleurs ses promesses avec la plus entière conscience. Le 1er septembre 1535, après de minutieuses
négociations, l'artiste fut délivré des obligations qui lui pesaient tant et depuis de si longues
années (7). Le même jour, deux brefs, datés du Palais de San Marco, lui constituaient la moitié de son
traitement sur les revenus du « passage>> du Pô près de Plaisance.
(1) VASARI, éd. citée, t. XII, p. 216.
(2) Ibid., t. XII, p. 219.
(3) Gaetano MILANESI, Les correspondants de Michel-Ange (Paris, 1890, in-4°), p. 20 (lettre du 27 octobre1520).
(4) VASARI, éd. citée, t. XII, p. 216 ; CONDIVI, éd. de 1553, fol. 34 vº.
(5) Même observation que ci-dessus, p. 147, n. 2.
(6) VASARI, éd. citée, t. XII, p. 217 ; CONDIVI, éd. de 1553, fol. 35.
(7) Michel-Ange tint pourdes raisons faciles à comprendre
àce que ses premières résistances fussent consi
gnées dans le motuproprio du17 novembre 1536 : eidem MichaeliAngelo quamvis invito etrecusanti... vive vocis oraculo
mandavimus (Pogatscher, dans STEINMANN, ouvr. cité, t. II, p. 749).
Dans les brefs du 1er septembre 1535
nommant Michel-Ange familier du Pape, architecte en chef, sculpteur et peintre du Palais apostolique, et lui assignant
un traitement annuel de 1.200 écus, il est seulement question
ce qui du reste revient à peu près au même- de la
volontédu Pape : nos, ut dictum opus [ultimi Judicii] a te inchoari coeptum prosequaris et perficias et, si quo alio in opere
voluerimus, nobis inservias (ibid., p. 743 ; Gotti, ouvr. cité, t. II, p. 123).
MICHEL-ANGE
149
Les mois avaient succédé aux mois, malgré l'impatience du Pape. Il semblait enfin
que rien ne dût plus retarder l'exécution de la fresque. Un incident bien imprévu surgit alors,
provoqué par un homme dont on ne l'eût guère attendu : Frà Sebastiano, leplus fidèleami de Michel
Ange. Paul III n'avait demandé aucune modification aux cartons approuvés par Clément VII ;
l'artiste avait donné ses instructions pour la mise en état du mur : « une scarpa de briques de choix,
bien cuites et bien maçonnées, formant à la partie supérieure une sorte d'auvent d'une demi-brasse,
pour que ni la poussière ni aucune autre ordure ne pût s'y fixer>> (1). Tout allait à souhait. Lorsqu'il
fallut poser l'enduit qui devait recevoir la peinture, Sebastiano, qui souhaitait que Michel-Ange exé
cutât cette peinture à l'huile, comme il avait fait lui-même à San Pietroin Montorio et à Santa Maria
del Popolo, sut gagner le Pape (2) à son idée et, àl'insu de Michel-Ange, ou peut-être même contre sa
volonté, donna l'ordre de préparer le mur comme il l'entendait. Michel-Ange « ne dit ni oui ni non» ;
mais, lorsque l'enduit fut prêt, il resta plusieurs mois sans commencer le travail. Pressé de sortir
de son apparente négligence, il déclara enfin qu'il ne voulait peindre qu'à fresque et que la peinture
à l'huile était un art de femme ou de gens aisés et paresseux comme Frà Sebastiano. : « Et alors
continue Vasari,- on jeta à terre l'enduit fait surl'ordre du «frate », on arrangea tout de manière à ce
que l'on pût travailler à fresque, et Michel-Ange mit la main à l'œuvre, sans oublier l'injure qu'il lui
paraissait avoir reçue du « frate », « qu'il prit en haine presque jusqu'à la mort de ce dernier » (3).
Le récit de Vasari est exact ; comme on va le voir, il est authentiqué par diverses mentions de notre
premier registre.
Les apprêts du mur étaient commencés dès avant le 8 novembre 1535 : ce jour-là, en effet,
1 écu 26 bolognins étaient payés à maître Battistada Como, maçon, «pour divers ouvriers mis à la
Chapelle de Sixte qui doit être peinte». Le 25 janvier 1536, 8 écus 44 bolognins étaient payés à
maître Pierino Del Capitanio, architecte du Pape, « pour plusieurs ouvriers mis à défaire le premier
enduit du mur de la Chapelle de Sixte, où doit peindre Michel-Ange » (4). Le 13 février, Giovanni
Fachino, tuilier, reçoit un acompte de 10 écus « sur les briques qu'il fournit pour garnir le mur de la
Chapelle de Sixte, où doit peindre Michel-Ange ». Le même jour, deux versements, l'un de 9 écus 22 et
(1) VASARI, éd. citée, t. XII, p. 219 ; sur ces travaux préparatoires, voyez aussi Condivi, éd. de 1553, fol. 37 ;
STEINMANN, t. II, p. 489.
(2) Ou simplement l'architecte Pierino del Capitanio, chargé des travaux.
(3) Lepassage de VASARI (éd. citée, t. XI, p. 135) vaut la peine d'être reproduitici : « Fu, come si èdetto, Bastiano
molto amato da Michelagnolo ; ma è ben vero, che avendosi a dipignere la faccia della cappella del papa, dove oggi
è il Giudizio di esso Buonarroto, fu fra loro alquanto di sdegno, avendo persuaso fra Sebastiano al papa che la facesse
fare aMichelagnolo a olio, laddove esso non voleva farla se non a fresco. Non dicendo dunque Michelagnolo nèsì nè
no, e acconciandosi la faccia a modo di fra Sebastiano, si stette cost Michelagnolo senza metter mano all'opera alcuni
mesi ; ma essendo pur sollecitato, egli finalmente disse che non voleva farla se non a fresco, e che il colorire a olio era
arte da donna e dapersone agiate e infingarde, come fra Bastiano ; e cosi, gettata a terra l'incrostatura fatta con ordine
del frate, e fatto arricciare ogni cosa in modo da poter lavorare a fresco, Michelagnolo mise mano a l'opera, non si
scordando però l'ingiuria che gli pareva aver ricevuta dal frate, col quale tenne odio quasi sino alla morte di lui. »
Sur le procédé employé par Sebastiano, voy. ibid., p. 132.
(4) Autre article analogue, mais moins précis, le 29 janvier (5 écus et 48 bolognins).
150
LA COUR DE PAUL III
l'autre de 5 écus 60, sont faits à Pierino pour payer les ouvriers qui travaillent à la Chapelle. Le
16 février, le trésorier secret remet à messer Giovanni Battista, comptable de la fabrique du Palais (1),
pour chaux et pouzzolane achetées « pour faire la crostatura de briques de la Chapelle de Sixte, que
doit peindre Michel-Ange » 21 écus 31. D'autres articles analogues, au nom de Pierino, se trouvent aux
dates du 20 (7 écus 95) etdu29 février (9 écus 53 1/2). Un nouvelachat de chaux et des salaires d'ou
vriers, ceux-ci par les mains de Pierino, sont réglésles 2 et6mars (11 écus 72 1/2, y compris le transport
et 9 écus 34). Le 13, maître Battista Garone, tuilier, touche 25 écus à valoir sur les briques fournies
« per la crostatura». Le 18, Pierino Del Capitanio est chargé de payer 11 écus 98 1/2 aux ouvriers qui
sont employés au travail. Le 2 avril, nouveau paiement fait à Pierino pour les ouvriers et diverses
choses achetées pour le mur de la Chapelle (18 écus 87). Enfin, le 10 avril, Garone reçoit le solde des
briques qu'il a fournies (5 écus 76). Ainsi est confirmé, d'une manière éclatante, le récit de Vasari.
Le 10 avril, le mur était prêt; il fallait passer aux échafaudages. Ici encore, les documents sont
d'accord entre eux : par un mandat du 16 avril 1535, le cardinal-camerlingue Agostino Spinola
ordonnait au trésorier général, Ascanio Parisani, de payer à Pierino del Capitanio, par les mains
de Bindo Altoviti, dépositaire des fonds de la Chambre apostolique, la somme de 25 ducats
d'or « pour la construction du pont et autres dépenses par lui faites, d'ordre de Sa Sainteté,
dans la Chapelle de Sixte où peint (depignit] Michel-Ange (2) ». Comme on va le voir, le mot depignit
[depingit] est inexact : le peintre ne commença son œuvre propre qu'un an plus tard. Peut-être
Michel-Ange aurait-il essayé de peindre sur le premier enduit posé d'après les instructions de Sebas
tiano del Piombo? ou, plus simplement, le texte porterait-il depignet [depinget], c'est-à-dire peindra?
Les malencontreux préparatifs de Sebastiano une fois détruits et le parement du mur refait sur les
indications et selon les désirs de Michel-Ange, le peintre va enfin pouvoir se mettre à l'œuvre, après
dix-sept mois passés dans des négociations nécessaires et dans un travail préliminaire doublé par la
sottise du « frate del Piombo », décembre 1534-mai 1536. Dix-sept mois ! Pour qui connaît le carac
tère de Paul III, ces dix-sept mois, selon la formule italienne, parurent sans doute mille ans à l'impa
tience d'un pape qui se souvenait de son âge, de l'état de sa santé, et qui voulait voir Michel-Ange
illustrer son pontificat comme il avait déjà illustré celui de Jules II.
Apartir du mois de mai 1536, les comptes révèlent une autre série de dépenses. Et telle est
leur précision que l'on pourrait presque en déduire le jour où le peintre monta sur son échafaudage.
Le compte du tuilier Garone fut en effet soldé le 10 avril 1536, et le trésorier a soin de dire que les
briques fournies par ce digne homme étaient destinées à « la crostatura » du mur de la Chapelle de
Sixte « que doit peindre Michel-Ange », che ha dapingere Michelangelo. Or, le 18 mai suivant, un
article, sur lequel nous allons revenir, mentionne une fourniture faite « pour les besoins de la Chapelle
que peint Michel-Ange », che pingeMichelangelo. Ledoute n'est point permis: l'artiste aurait commencé
(1) Peut-être l'architecte Giambattista da Sangallo, dit « il Gobbo », « le Bossu » ?
(2) Ce mandat a été publié par Pogatscher, dans STEINMANN, t. II, p. 766.
MICHEL-ANGE
151
son immense travail entre le 10 avril et le 18 mai 1536. C'est là, dans l'histoire du Jugement dernier
et dans la biographie de Michel-Ange, une date marquante et tout à fait nouvelle.
Notre registre nous apprend d'ailleurs que Michel-Ange et Pierino del Capitanio n'avaient
rien négligé pour que la fresque pût être entreprise aussitôt que les maçons auraient terminé leur tra
vail. Dès avant la destruction du premier parement, le fidèle collaborateur du maître, Francesco
Amadori de Casteldurante dit Urbino, recevait, le 10 novembre 1535, le prix d'un fourneau et d'une
pelle « qu'il a fait faire pour l'usage de la Chapelle quise peindra» (3 écus 971/2) (1); et, le 5 décembre
suivant, pour d' « autres choses achetées pourpeindre>>> (1 écu 55 1/2); le 3 janvier 1536, il lui était remis
une somme de 4 écus 70 « pour les besoins de la Chapelle ». Entre temps, le 6 décembre 1535, le tré
sorier remettait à messer Giovanni Battista Torsellini, marchandde planches, les 37 écus 72 1/2 aux
quels se montait la fourniture de « 475 planches et autres pièces de bois livrées, en plusieurs fois, pour
faire les échafaudages dans la Chapelle de Sixte, où Sa Sainteté veut faire peindre par messire Michel
Ange », per lo prezzo di tavole n° 475 et altri legnami dati in più volteper fare li ponti nella Capella di
Sixto, dove sua Santità vol far depingere da messer Michelangelo. Le 16 avril, le « pont » était achevé
ou en voie d'achèvement (2).
Dès que le mur eut étépréparé et l'enduit refait selon les vœux de Michel-Ange, il fallut penser
à l'achat des couleurs. On sait que, sur ce chapitre, le peintre n'aimait guère à s'en remettre à d'autres,
qu'il broyait lui-même ses produits ou qu'il les faisait préparer par Urbino sous son attentive direc
tion. Il était cependant une couleur pour laquelle, comme tous ses contemporains, il devait recourir
aux marchands : c'était le bleu d'outremer (lapis lazuli) broyé, alors considéré comme très difficile
et très coûteux à fabriquer. Or, pour le fond de sa nouvelle œuvre, il luifallait s'en procurer une assez
grande quantité. Nos Comptes nous apprennent que le 18 mai 1536, messer Cesare, négociant de la
via del Pellegrino, recevait 100 écus sur l' « azuro oltramarino» qu'il envoyait chercher à Venise pour la
Chapelle « que peint Michel-Ange » (3). Si Cesare envoyait à Venise, c'était sans doute sur la
demande de l'artiste, qui lui aurait lui-même donné l'adresse d'un droguiste (speziale) plus ou moins
justement réputé. L'épreuve que le peintre fit alors du produit vénitien donna sans doute de médiocres
résultats, et il s'enquit d'un meilleurfournisseur. Jacopo Meleghino, commissairegénéralde la fabrique
du Palais apostolique, lui recommanda un de ses compatriotes, Niccolò Niccoluzzi ou Niccolucci, qui,
alors établi à l'enseigne de la Pigna, à Ferrare, passait pour savoir mieux que personne composer le
bleu, et s'était enrichi dans cette industrie (4). Dès le 14 octobre 1536, le trésorierversait à Meleghino
(1) Pour le chauffage du « pont » ou pour la manutention des couleurs ? Il est impossible de le dire.
(2) Cf. ci-dessus, p. 150.
(3) C'est l'article auquel nous avons fait allusion un peu plus haut, p. 150.
(4) Bartolomeo Ricci écrivait au jeune fils de Niccolucci : « Pater præterea est, qui tibi pro centum prædiis esse
potest, qui vel uno cæruleo colore, quod nostri ultramarinum appellant, conficiendo (ut in pharmacis componendis ejus
scientiam atque uberrimum fructum omittam) solus est qui perfectam scientiam habeat, ingentes copias comparare
potest, atque adeo quotidie non parvas comparat. » Opera, t. II, p. 371; citépar TIRABOSCHI, Storia della lett. ital. (éd.
de Milan, 1824, in-8º), t. VII, p. 1406. Tiraboschi mentionne aussi, sans le reproduire, un passage d'une lettre de Gio
152
LA COUR DE PAUL III
54 écus « pour les remettre à Ferrare à maître Nicolò Nicoluzzo, pour le prix de 13 onces 1/2 de bleu
d'outremer reçu de lui pour l'usage de la Chapelle que peint messer Michelangelo ». D'autres achats
ont lieu l'année suivante : le 4 mars 1537, 23 écus 25 b. pour 15 onces 1/2 ; le 21 novembre, 10écus
pour 10 livres, cette fois, d' « azurro todesco » ; le 14 janvier 1538, 78 écus pour 8 onces (1).
Au commencement de février 1537, c'est-à-dire environ huit mois après que Michel-Ange
s'était mis au travail, Paul III voulut se rendre compte par lui-même de l'état d'avancement de la
fresque, et juger, par cequien apparaissait déjà, de l'effet qu'elle produirait. Le peintre, qui désirait si
fort travailler dans la solitude la plus recueillie et la plus fermée, n'osa pas, cependant, refuser l'accès
de son échafaudage, et, le 4 février, le Pape put satisfaire son désir : « Le 5,
note le trésorier
4écus ont été payés à Stefano, serviteur de messer Durante [Duranti], en remboursement de
pareille somme qu'il a remise hier comme pourboire (mancia) aux garçons de messer Michelangelo,
lorsque Sa Sainteté alla voir la Chapelle » (2). Cette date, si intéressante pour l'histoire de l'art, l'est
aussi pour l'histoire littéraire. On sait que, le 15 septembre 1537, l'Arétin adressa à Michel-Ange
une lettre fameuse ausujet de lagrande fresque. Le médiocre mais redoutable et redouté publiciste y
expliquait au peintre sa façon de comprendre la représentation du Jugement (3). La réponse, qui a été
conservée (4), paraît, à la première lecture, respirer une souveraine ironie. Ironique, certes, elle l'est
dans cette phrase où Michel-Ange affirme à son vaniteux correspondant que son « immaginazione », sa
vanni Battista Giraldi à Bernardo Tasso, datée de Ferrare, 12 juin 1556 : « E stato cagione il poco grato animo de un
mio scolare, figliuolo dello speciale della Pigna, che dodici anni e più, è stato mio scolare et che io finalmente addottorai
con tutto quell'onore che io seppi, che sia stato costretto a mostrare la menzogna ch'egli aveva voluto dare a vedere al
mondo, cioè che egli, e non io, era stato l'autore di quella materia [intorno al Discorso dei Romanzi]... Cosi va che a
ingratò serve, ed è gran ventura che un vilmente nato nobilmente proceda... » Delle lettere di M. Bernardo Tasso, secondo
volume (Padova, 1733, in-8°), p. 196-197. Probablement originaire de Cortone (Cortonensis aromatarius, dit l'épitaphe
qu'il s'était préparée dès 1533), Niccolò fut le père du célèbre écrivain Giambattista qui,de l'enseigne de la boutique,
prit le nom de Pigna et qui, secrétaire et historien tout dévoué de la famille d'Este, composa, entre beaucoup d'autres
ouvrages, une Historia de' Principi d'Este (Ferrara, 1570, in-fol., primo volume). Voy. TIRABOSCHI, Biblioteca Modenese,
tome IV (Modena, 1783), in-4º, p. 131-155; L. N. CITADELLA, Notizie relative a Ferrara (Ferrara, 1864, in-8°), p. 405 et
583, n. 1 ; F. BORSETTI, Historia almi Ferrariæ Gymnasii (Ferrariæ, 1735, gr. in-8°), pars II, p. 176-177.
(1) C'est encore à Nicoluzzo que Meleghino et Michel-Ange s'adressèrent pour le bleu nécessaire aux peintures de
la chapelle Pauline (mentions des 28 mars, 19 avril, 1er mai1545, et juin 1546, publiées par BERTOLOTTI,Artisti bolognesi,
ferraresi..., (Bologna, 1885, in-8°), p. 22; Speserie, p. 194, 198, 200). On voit là que le prix du bleu d'outre mer variait
alors entre 7et 8 écus l'once. Ce prix, si l'on encroitles comptes de 1536 et 1537, était d'abord beaucoup plus variable.
Mais, en aucun cas, il ne semble avoir atteint la cote fabuleuse de 60 écus l'once rapportée par MÜNTZ (Histoire de
l'art, t. III, p. 461, n. 1), d'après le Dialogo di pittura de Pino (Venezia, 1548) et un document publié par GAYE (Car
leggio, t. II, p. 329). Sur l'emploi et la cherté du bleu d'outremer, cf. encore les lettres d'Albert Dürer à Jacob Heller,
4novembre 1508 (10 ou 12 ducats l'once), 24 juillet et 26 août 1509 (Moritz THAUSING, Dürers Briefe, Tagebücher und
Reime (Wien, 1872, in-8°), p. 28, 33 et 35.
(2) Steinmann, qui ne pouvait connaître notre registre, a supposé que cette visite avait peut-être eu lieu vers le
15décembre 1540 (ouvr. cité, t. II, p. 511). Ace propos, il examine l'historiette relative à Biagio Martinelli, le premier
maître des cérémonies, que Michel-Ange aurait ignominieusement introduit dans la fresque, et il incline à en admettre
l'authenticité. Je crois que Vasari et Domenichi se sont plu tous deux à rapporter une anecdote plus ou moins spiri
tuelle, très goûtée de leur temps, sans trop se soucier si elle était vraie ou fausse. Elle est bien invraisemblable.
(3) GOTTI, ouvr. cité, t. I, p. 267-268.
(4) G. MILANESI, Le lettere di Michelangelo Buonarroti (Paris, 1890, in-4°), p. 472.
MICHEL-ANGE
153
conception du sujet, est telle que silejour du Jugement était passé et que l'Arétin en eût été le témoin
oculaire, sa description ne pourrait être meilleure qu'elle n'était. Ironique, elle l'est, et plus encore, dans
la phrase finale, où il dit à l'Arétin que s'il n'a point, par ailleurs, l'intention de venir à Rome, il ne vaut
pas la peine qu'il entreprenne un voyage exprès pourvoirlapittura en cours d'exécution. On pourrait
soupçonner que Michel-Ange s'était aussi moqué de l'indiscret en lui affirmant qu'ayant achevé une
grande partie de la fresque, ilest désolé de ne plus pouvoirmettre à profit ses magnifiques idées. Il n'en
est rien; ici, Michel-Ange était sincère. Le travail était vraiment très avancé, puisque l'artiste, toujours
si jaloux de ne rien montrer de tropincomplet, avait consenti, dès le4 février précédent, à laisser voir
son « historia » à Paul III. Où l'on aurait été tout d'abord tenté de ne trouver qu'une défaite à la fois
courtoise dans la forme et méprisante dans le fond, on trouve l'expression de la simple vérité.
Du mois de février 1537 au mois de mars de l'année suivante, les Comptes ne donnent plus
aucun renseignement surleprogrès del'œuvre(1). Le 7mars1538, 1 écu28 1/2 est payé à Urbino «pour
certaines dépenses qu'il a faites pour la Chapelle de Sixte ». Le 18, le trésorier verse à Pierino Del
Capitanio 7 écus 20 « pour de la chaux et pour le salaire d'ouvriers employés à la Chapelle ». Puis le
livre de comptes enregistre, sous la date du 8 octobre 1538, un débours d'un écu « pour une échelle et
une serrure destinées au plancher où [Michel-Ange] peint dans la Chapelle de Sixte ». C'est sur cette
mention, où l'artiste montre une fois de plus sa volonté de travailler à l'abri des importuns, que se
clôt la série des nouvelles informations.
Plus de deux ans s'écoulent sans que l'on rencontre aucun document relatif àla fresque. Enfin,
le 15 décembre 1540, un charpentier du nomde Ludovico reçoit un écu « pour avoir abaissé le balcon
dans la Chapelle de Sixte, où peint Michel-Ange>> (2). Il faut encore attendre près d'un an avant de
rien rencontrer de nouveau. Le 18 novembre 1541, la Trésorerie secrète verse à Urbino 60 écus que Sa
Sainteté lui donne à l'occasion de l'achèvement de la peinture de la Chapelle de Sixte « et aussi pour
la peine qu'il a prise de nettoyer toute la voûte et les murs de ladite Chapelle » ; et le lendemain,
Giacomo da Brescia reçoit 13 écus 10 « pour avoir défait l'échafaudage qui était dans la Chapelle de
Sixte, où a peint Michel-Ange » (3). C'était le dernier acte nécessaire pour rendre entièrement au
culte la Chapelle si longtemps abandonnée à Michel-Ange. Mais on n'avait pas attendu jusqu'à là
pour « découvrir>> la grande fresque : le 31 octobre, et non pas le 25 décembre, comme on le croyait
jusqu'ici, elle avait été solennellement exposée à l'admiration de la cour et du peuple romain (4).
(1) Pour cette période, les mentions relatives au Jugement dernierseraient àchercherdansd'autres registres. C'est
dans cet intervalle que Michel-Ange fut nommé citoyen romain, le 10 décembre 1537 (STEINMANN, ouvr. cité, t. II,
p. 496).
(2) BERTOLOTті, Speserie, p. 179 (avec la date fausse du 13) ; cf. Pogatscher, dans STEINMANN, t. II, p. 769.
(3) BERTOLOTTI, Speserie, p. 182.
(4) Letextedécisif-unementionduDiariumde PierPaoloGualtieri-aétépubliéparEhses,puisparPogatscher
(dans STEINMANN, t. II, p. 776) : « Die 30 Octobris, Papa rediens e Bononiaingressus est Urbem.-Dieultima Octobris,
detecta est pictura facta a Michaeli Angelo in pariete Cappellae Sixtiin parte superiori [c'est-à-dire du côté de l'autel]. »
La date du 25 décembre avait été donnée par Vasari alors absent de Rome (éd. citée, t. XII, p. 224), mais avec une
réserve qui n'avait peut-être pas été assez remarquée : « Penò a condurre questa opera otto anni [en y comprenant
l'exécution des cartons], e la scoperse l'anno 1541, credo io, il giorno di Natale... ; ed io che in quell'anno andai a Roma
per vederla, che ero a Venezia, ne rimasi stupito.>>>
20
154
LA COUR DE PAUL III
Ce fut un cri d'enthousiasme. Si Michel-Ange avait mis cinq ans et demi (mai 1536-novembre
1541) à faire et parfaire son chef-d'œuvre, il en fut largement récompensé parla gloire où il fut enve
loppé tout vivant. Par les peintures de la voûte, il était devenu l'un des maîtres de la Sixtine ; par
celle du mur, il éclipsait tous les autres artistes qui avaient contribué à décorer la Chapelle la plus
célèbre du monde. Le nom de la Sixtine et le sien ne faisaient plus qu'undans labouche des hommes.
Les inimitiés s'adoucirent. S'il faut en croire l'Arétin, Sebastiano del Piombo oublia la brouille qui
l'éloignait de son ancien protecteur depuis l'affaire de l'enduit : « Cependant,
dit un personnage
de la Talanta,-allez à la Chapelle voir le jourdu Jugement qu'a peint Michel-Ange : Frà Sebastiano
del Piombo, peintre illustre, dit qu'il est difficile de comprendre quels sont les plus vivants, des gens
qui admirent les figures, ou des figures qui sont admirées parles gens>> (1). Pourtant «l'archi-monstre »
lui-même (2) ne désarma pas : au mois de novembre 1545, il écrivait à Michel-Ange une nouvelle
lettre, infiniment plus insolente que celle de 1537 (3). Son impudence ne trouva qu'un émule :
l'architecte Antonio da Sangallo (4). Leurs injures et leur rage se perdirent dans la louange la plus
universelle qu'aucun artiste ait jamais connue.
(1) Teatro italiano antico, t. VII (Londra-Livorno, 1788), p. 255. « Intanto andatevene in Cappella a vedere ildi
del giudizio, che ha dipinto Michelagnolo ; che dice frà Sebastiano dal Piombo, pittore illustre, che è difficile a com
prendere qual siano più vive, o le genti che ammirano le figure, o le figure che sono ammirate da le genti. » On se sou
vient que, dans sa description du Jugement, Vasari a rappelé le fameux vers de Dante :
Morti li morti, i vivi parean vivi.
(2) GAYE, Carteggio, t. II, p. 336.
(3) Ibid. , p. 332 et suiv.
(4) Dans son Diario di Firenze autographe conservé à la Biblioteca nazionale centrale de Florence (Cl. XXV,
274, fol. 138) :
« Nel medesimo mese [di marzo 1549] si scoperse in Santo Spirito [a Firenze] una Pietà, la quale la mandò un Fio
restino a detta chiesa, et si diceva che l'origine veniva dallo inventore delle porcherie, salvandogli l'arte, non devozione,
Michelangelo Buonarroto. »
Cepassagea été publiéparle R. P. Pietro TACCHI-VENTURI, Storia della Compagniadi Gesù in Italia; vol. I (Roma
Milano, 1910, in-8°), p. 183. Le P. Tacchi-Venturi n'a pas remarqué que la date de 1549 est impossible, Antonio da
Sangallo étant mort en 1546.
CHAPITRE V
LES SCULPTEURS ET LES FONDEURS
LES SCULPTEURS
est cer
Le plus important des « scarpellini>>> sculpteurs de marbres et tailleurs de pierre
tainement DOMENICO ROSSELLI ou Roselli, dont on ignore d'ailleurs la biographie (1). Il ne nous est
connu que par nos registres. Il yapparaît, pourlapremièrefois, de mars à août 1536 (2), où on le voit
occupé à mettre en état, au Belvedere, la niche de la Vénus donnée à Paul III par le gouverneur de
Rome (3). Le 9 juillet de la même année, il est élu consul de l' « università dei marmorari > réunis
dans le réfectoire de Santa Maria sopra Minerva (4). Le 6 septembre, il opère, avec Battista Sangallo,
le mesurage des travaux de Cristoforo da Oggia, pour la construction de la rue que le Pape faisait
faire sous l'Araceli (5), et, le 13 juillet 1537, toujours secondé par Sangallo, il accomplit la même mis
sion pour les travaux parallèles de San Marco (6). Le 3 juin 1544, on le retrouve au Belvedere, où il
édifiait la niche destinée à la statue de Niccolò de Palis, c'est-à-dire à l'Antinoüs (7). Le 10 novembre.
il concourt, avec Paolo Pianetta, son associé, à l'enlèvement des « marmi mischi » de la « vigna de
Palucello » derrière l'église Santa-Maria in Dominica, avec lesquels on fit la porte de la Salle des Rois
au Vatican (8). De 1539 à 1546, on le rencontre sur les chantiers de Saint-Pierre (9).
(1) Il faut naturellement se garder de le confondre avec le sculpteur Domenico Rosselli, mort à Fossombrone
en 1497 ou 1498.
(2) BERTOLOTTI signale son activité dès 1535 (Artisti bolognesi, p. 88) et en 1536 (Speserie, p. 176).
(3) Voy. notre chapitre intitulé : Le Belvedere sous Paul III, p. 218.
(4) BERTOLOTTI, Giunte agli Artisti lombardi in Roma, dans l'Archivio storico lombardo, vol. X (1883), p. 108.
(5) Ed. pubbl., 1535-1536, fol. 2 (cet acte porte la signature de Rosselli).
(6) Ibid., fol. 1.- Eugène Müntz avait compté que, pour ce fameux « corridor », Rosselli et Paolo Pianetta
avaient reçu, à eux seuls, de 1535 environ à 1550, une somme supérieure à 10.000 écus.
(7) Voy. notre chapitre : Le Belvedere sous Paul III, p. 218.
(8) Jahrbuch de Berlin, 1901, Beiheft, p. 154, nº 219, et BERTOLOTTI, Speserie, p. 191 (1547) ; cf. LANCIANI, Storia
degli scavi, vol. II, p. 132 et suiv. De 1545 à 1547, il travaille au Palais et au Belvedere (Jahrbuch, vol. cité, p. 156, nº 241,
etn. 2) ; en 1546, à la construction de Monte Cavallo (ibid., p. 157, nº 254 ; BERTOLOTTI, Speserie, p. 200). Dans un
article de 1545, il est nommé « capomaestro de' scarpellini », ce qui prouve que, dès cemoment, il avait la direction des
travaux de sa profession dans les bâtiments apostoliques (Jahrbuch de Berlin, vol. cité, p. 155, nº 227).
(9) Jahrbuch de Berlin, 1913, Beiheft, p. 37, nº 321 ; p. 134, nº 517-1.
156
LA COUR DE PAUL I11
Il paraît bien que, sous Paul III, Roselli n'ait été chargé que de deux seules œuvres impor
tantes, à Saint-Pierre et au passage qui devait relier, pour la commodité du pontife, le palais de San
Marco au couvent de l'Araceli. Sous les règnes suivants, son activité semble s'accroître. En 1551,
il était occupé à la Chapelle secrète, c'est-à-dire à la Sixtine (1), et, la même année, un de ses
collègues, Girolamo de Côme, est chargé, par la Chambre apostolique, d'estimer des travaux qu'il a
menés à bonne fin avec Battista Chioli ou Cioli (2). En 1552, c'est luiqui tire de la Villa Adriana les
colonnes de « mischio verde » utilisées pour la célèbre Villa Giulia (3). En janvier 1555, le car
dinal Alessandro l'envoie à Porto chercher des « pietre di mischio » qui doivent entrer dans la cons
truction du Palais Farnese (4). En 1556, il travaille dans l'appartement de Paul IVau Vatican (5).
En 1560 et dans les années suivantes, Pie IV l'emploie dans l'érection de la Villa Pia, bâtie sur
les plans de Pirro Ligorio (6). Puis, au moins provisoirement, le silence se fait sur lui (7).
Tout ce que l'on peut ajouter, c'est que, dès 1537, il possédait des biens à Rome, dans le rione
Sant'Eustachio (8), et qu'il fut jugé digne, vers 1543, de faire partie de la « Congregazione de' Vir
tuosi » du Panthéon (9).
Parmi les autres « scarpellini » qui figurent dans les comptes de Paul III, on ne nommera
ici que ceux qui sont mentionnés dans nos deux registres.
C'est tout d'abord GIOVANNI ANTONIO DA BERGAMO qui, le 17 janvier 1536, reçoit la seconde
moitié de la somme (50 écus), qui lui avait été promise pour la niche destinée à la statue de Com
mode, au Belvedere. Il avait dû travailler au Palais Farnese avant l'avènement de Paul III ; car, le
18 août suivant, il touche 10 écus, « pour solde d'un crédit qu'il avait sur Sa Sainteté lorsqu'elle était
in minoribus ». En 1538, il remettait en état une maison détruite en partie par l'agrandissement et la
régularisation de la place Farnese (10). De sa vie on ignore tout, à moins que l'on ne doive l'identifier
(1) Tesoreria segreta, fol. 43 vº. « A mastro Domenico Roscelli [sic]
trenta, a bon conto di tanti suoi lavori
alla Cappella secreta, secondo una stima di 148 b. 80 ».
(2) BERTOLOTTI, Artisti lombardi, vol I, p. 145.
(3) LANCIANI, op. cit., vol. II, p. 109 ; cf. p. 134.
(4) Ibid., vol. II, p. 155. Il est plus que probable que les Farnese l'employaient depuis longtemps déjà à leur
grande œuvre. Cf. ci-dessous n. 7. Pour ses travaux de 1555, cf. Tes. segr., 1555, fol. 111 vº.
(5) Tesoreria segreta, 1556, fol. 17.
(6) LANCIANI, ouvr. cité, vol. III, p. 217.
(7) Il travailla aussi au Palais Farnese en1549, sil'on doit l'identifier avec un « Domenico di Michele, scarpellino »,
qui, le 8 avril 1549, reçoit un peu plus de 20 écus pour l'extraction et le dégrossissage de travertins dans les fosses de
Tivoli, qu'il livrera cette année pourle Palais [Farnese], à35 baïoques la charretée. Edif. pubbl. 1549, fol. 17; cf. fol. 18.
(8) « ...Domus sita in regione Sancti Eustachii, cui ab uno latere sunt bona magistri Sandri Pianetti muratoris
florentini... , retro res magistri Dominici quondam Magistri [sic] Roselli scarpellini. » Bullettino della commissione archeol.
comunale di Roma, 1901, p. 8.
(9) Statuto della insigne artistica congregatione de' Virtuosi al Pantheon (Roma, 1839, in-4°), p. 45 a. Notons, sans
pouvoir eninduire riende positif, que Caterina, fille d'Antonio Sangallo l'aîné, et par conséquent tante du second Antonio
et de Giambattista, avait épousé un certain « ser Alessandro Rosselli ». VASARI, Vite, éd. citée, vol. VII, p. 229.
(10) Jahrbuch de Berlin, 1909,Beiheft, p. 140, nº 30.
LES SCULPTEURS ET LES FONDEURS
157
avec le « Giovanni Antonio da Bergamo, marmoraro » qui, en 1528, achetait des marbres à deux
de ses confrères (1).
Puis viennent mastro SANTI, sans doute le «Santi de Gerona» que nous rencontrons, en1545,
dans le chantier de la Salle des Rois (2) : 1 écu 56 bolognins lui sont payés, le 9 juillet 1536, « pour
avoir dégrossi la jambe qui va à la Vénus >> offerte au Pape;
TOMMASO DE FLORENCE, praticien
sans doute plus habile que le précédent et auquel sont alloués, le 23 août, 20 écus « en acompte
decequiluirevient pour arrangerla Vénus », et, le 26novembre (20 écus), le reste de lasomme (40 écus)
qui aété taxée parMichel-Ange pour la mise en état de la même statue et de celle de Mercure (3) ;
enfinGIACOMO DE FLORENCE, qui,le13 janvier 1537, reçoit deux modestes écus, pour des travaux, non
spécifiés, au Belvedere. Sur ce dernier, les renseignements sont assez abondants. En 1540, il apparaît
sous le nom de «Jacobus quondam Dominici Laurentii Florentinus » ou de « Jacobus de Domenico
scarpellinus », c'est-à-dire, en bon toscan, Giacomo di fù Domenico di Lorenzo (4). C'est lui, sans
doute, qui de 1542 à 1546 travaille, de concert avec le sculpteur, Pietrasanta (mastro Santi ?), à la
voûte de la Chapelle Pauline, à celle de la salle des Rois, et exécute les armes de Paul III destinées à
orner les deux nouvelles constructions intérieures du Palais apostolique (5). En 1546 il lui est payé
6 écus « pour le portrait (moulage? copie?) de la tête de messer Antonio Sangallo, coloriée, en
pierre (6) ». Il est fort probable que c'est lui encore qui, en 1552, est l'associé de son compatriote
Tommaso dans la décoration dela fontaine de la Villa Giulia (7). Enfin, j'inclinerais à croire que les
antiquités remarquées par Aldrovandi chez « maestro Giacomo scultore presso Sant'Ambrogio >>>
avaient été choisies par le « scarpellino » entre les marbres qu'il achetait dans l'exercice de sa profes
sion (8). Cette marque de goût ne lui valut cependant pas l'honneur de faire partie, comme Dome
nico Rosselli, Giovanni Antonio (9) et Tommaso (10), de la Congrégation des Virtuosi.
(1) BERTOLOTTI, Artisti lombardi, vol. II, p. 300.
(2) BERTOLOTTI, Speserie, p. 205. Je suis biententé de l'identifier avec le « mastro Lante, scarpellino»qui, en1545,
était chargé, par Giulio Schiatessi [Schiattesi ?] et ses frères, d'estimer leurs maisons démolies pour laconstruction de
la rue qui devait conduire du pont Saint-Ange au palais des Orsini à Monte Giordano; il choisit pour arbitre entre ses
clients et les maîtres des rues, l'architecte Giulio Merisi. On voit, par un des actes relatifs à cette affaire, que Lante ne
savait pas écrire (BERTOLOTTI, Artisti lombardi, vol. I, p. 50-52, où Lante doit être une faute de lecture ou d'impression
pour Sante). Unpeu plus loin, Bertolotti affirme, sans le prouver, que ce «scarpellino » était, dès 1513, surveillant (sopra
stante) des constructions pontificales (ibid , p. 52). D'autre part, il se pourrait que son vrai nom fût Battista Pietrasancta,
alias Pietro Sancte, maestro Santi (Jahrbuch de Berlin, 1913, Beiheft, p. 45, nos 8, 9 et 10 et p. 55, nº 87; cf. p. 72,
n° 398 et p. 73, nº 409-1).
(3) SurTommaso, cf. encore Jahrbuch de Berlin, 1909, p. 162, nº 326 (travaux à la fontaine de la villa Giulia en
1553). Voy. notre chapitre Le Belvedere sous Paul III, p. 218.
(4) Jahrbuchde Berlin, 1913, Beiheft, p. 61, nº 337.
(5) BERTOLOTTI, Speserie, p. 189; Jahrbuch de Berlin, 1909, Beiheft, p. 154, nº 217; p. 156, nº 243; p. 157,
nº 255 a (Voy. ci-dessus n. 2).
(6) Jahrbuch de Berlin, 1913, Beiheft, p. 91, nº 468 b.
(7) Jahrbuch de Berlin, 1909. Beiheft, p. 162, nº 324.
(8) Le statuedi Roma, éd. de 1558, p. 198 ; cf. Salomon REINACH, L'album de Pierre Jacques, p. 50.
(9) Statuto, déjà cité, p. 45 a, où il est désigné comme sculpteur en métaux.
(10) Ibid., Aldrovandi avait aussi remarqué chez Tommaso, près l'église San Macuto, « deux belles têtes de Faus
tine, alors qu'elle était jeune et belle ». Le statue, p. 259 ; Salomon REINACH, ouvr. cité, p. 72.
158
LA COUR DE PAUL III
LES FONDEURS
Après les « sculpteurs » viennent naturellement les fondeurs. Deux seulement nous arrêteront
ici. GIACOMO DALLA BARCHA, appelé aussi Giacomo di Francesco, reçoit, le 3 avril 1544, 3 écus 75
<< pour certaines boules et autres objets de cuivre jaune qu'il a faits pour le Belvedere et le Palais
[apostolique] »; en 1540, il exécute des « spange » pour le port de Civitavecchia, et en 1542,
une cloche pour le Château Saint-Ange(1). En cette dernière année 1542, on trouve aussi son nom
dans les comptes de l'Araceli (2). Il était, de son temps, considéré comme un artiste, car il fut élu
membre de la Congrégation des Virtuosi (3).
Son collègue romain MARIO, qualifié tantôt de « fonditore>> tantôt de « campanaro », touche, le
18 février 1538, trois petits écus « comme arrhe et partie du paiement de la cloche qu'il fait pour
l'envoyer à la Magliana ». En 1545 et en 1546, il figure parmi les nombreux ouvriers qui se pressent
sur les chantiers de Saint-Pierre, et l'un des articles qui le concernent, dans les registres de Mele
ghino, nous apprend qu'il tenait boutique au Pellegrino (4). Enfin, le 3 août 1549, 4 écus lui
sont versés pour la réfection de deux « maschi » de métal « alla canella della conserva del Palazzo
nuovo [Farnese] » (5).
Nous devons encore signaler, d'un mot, les fondeurs DOMENICO BONETTI de BERGAME, qui
recevait, le 11 décembre 1547, six écus sur les pilastres d'un tabernacle de métal (6), et LUDOVICO de
FERRARE qui, le 7 décembre de l'année précédente, avait touché 24 écus 50 pour un fauteuil de
cuivre destiné à la Chapelle pontificale (7) .
(1) Notes d'Eugène Müntz, sans renvoi aux registres.
(2) BERTOLOTTI, Speserie, p. 178, 8 juillet 1542 : « sc. 12 a bonconto de gittare le piastre di piombo che vanno a
coprire il tetto della torre d'Aracæli.>>>
(3) Statuto cité, p. 45 a, où il reçoit la dénomination de sculpteur en métaux.
(4) Jahrbuch de Berlin, 1913 Beiheft, p. 67 ; cf. p. 57 et 88.
(5) Edif. pubbl., 1549, fol. 25 vº. Les plus grands fondeursdeRome, àcette époque, paraissent avoir étéles Gioardi,
originaires de Gênes, mais ils ne s'occupèrent guère que de l'artillerie pontificale.
(6) BERTOLOTTI, Speserie, p. 191.
(7) Ibid. , p. 201.
CHAPITRE VI
LES ORFÈVRES DE PAUL III
FRANCESCO VALENTINI
Un orfèvre romain souvent employé par Paul III, Francesco Valentini, disputerait, selon
Pompilio Totti, à Cellini lui-même, l'honneur d'avoir mortellement blessé le connétable de Bourbon
dans la mémorable matinée du 6mai 1527 :<< Dans l'église de Saint-Louis-des-Français
ditTotti
on célèbre, au mois d'octobre, une messe pour Monseigneur Lautrec, qui délivra cette ville de l'armée
de Bourbon, lequel,près la porte Cavalleggieri,en montant à une échelle pour entrer sur les murs de
la cité, fut blessé à mort d'une arquebusade, entre le ventre et la cuisse, par Francesco Valentini,
Romain » (1) .
C'est peut-être en souvenir de ce fait d'armes qu'une fois devenu pape, Alexandre Farnese,
l'un des assiégés du Château Saint-Ange, confia si souvent à l'ancien compagnon de ses plus mauvais
jours la fabrication de l'épée d'honneur. Valentini fut en effet chargé de ce travail en 1535, 1537,
1539, 1540-1543 (2). Bien qu'il y eût alors à Rome, comme on va le voir, plusieurs autres orfèvres
portant le même prénom et inscrits dans les comptes pontificaux, il ne peut s'élever aucun doute sur
les mentions relatives aux épées ; car, plusieurs fois, et enparticulier dans un article du 18janvier 1538,
Valentini est nommé en toutes lettres (3). Il en est de même pour ce qui concerne lestrois chandeliers
d'argent destinés à la chambre du Pape et qui lui sont payés en février 1543 (4), et je crois qu'il est
permis d'être à peu près aussi affirmatif pour la réfection du bassin d'argent de la Chambre (5). On
(1) Pompilio TOTTI, Ritratto di Roma moderna (Roma, 1638, petit in-8°), p. 361-362. Peut-être lejeune « Cecchino
della Casa » dont Cellini parle dans le récit de cet épisode, ne serait-il autre que Valentini ? (Vita, éd. Bacci, p. 72.)
Ce beau coup d'arquebuse a été également attribué à un troisième orfèvre, Bernardo Passeri, qui ne survécut pas à
la prise de Rome, et aussi à Jean d'Udine (Francesco CANCELLIERI, Il Mercato... (Roma, 1811, gr. in-4°), p. 242-243).
(2) Pour 1535, Tes. segr., 1535-1536 A, fol. 105; Mandati, 1534-1537, fol. 94 (30 nov. 1535 : «
: « Pro ense et pileo in
presentiarum conficiendis »); Mandati, 1535-1537, fol. 88 (27 déc. 1535) ;
pour 1537, Tes. segr., 1537-1538, fol. 103 b,
voy. ci-dessous, Appendice nº 1 ; Mandati, 1534-1537, fol. 98 et 113 ; Mandati. 1537-1541, fol. 69 ;
pour 1539,
Mandati, 1539, fol. 180 verso (voy. ci-dessous, Appendice nº 2); Mandati, 1540-1541 A(ci-dessous, Appendice nº 3 ;
pour 1540, Tes. segr., 1540-1543 fol. 9 (ci-dessous, Appendice nº4) Mandati, 1537-1541, fol. 255; pour 1540-1543, Tes
segr., 1541-1544, fol. 78 a (BERTOLOTTI, Speserie, p. 185).
(3) Voy. ci-dessous, Appendice nº 1.
4) BERTOLOTTI, Speserie, p. 185.
(5) Voy. ci-dessous, Appendice nº 5.
160
LA COUR DE PAUL III
peut regretter d'être obligé de rester dans l'incertitude pour le calice refait, le 3 juin 1546, par « mastro
Francesco, orefice alla Immagine di Ponte » (1) ; car nous aurions alors l'adresse de Valentini qui,
en 1537, occupait quatre ouvriers, et qui fut camerlingue en 1539, consul, en 1549, delacorporation
des orfèvres (2). Dans notre premier registre, il figure une fois, àpropos de la chaîne d'or que Paul III
offrit, le 15 août 1537, à l'ambassadeur du roi de Pologne Sigismond, Thomas Sobocski (3).
Il ne faut pas confondre le Romain Valentini avec un de ses confrères quiportait le mêmepré
nom, mais qui était originaire de Faenza. Ce Francesco fut chargé de l'exécution de l'un de ces apôtres
d'argent dont il est question plus d'une fois dans nos registres, et qui étaient destinés à la chapelle
du Pape(4).
Moins encore on sera tenté d'identifier Valentini avec un autre orfèvre, vénitien celui-là,
Francesco Barberino ou plutôt Ballerini, qui, le 30 mai 1543, recevait 110 écus pour avoir donné
à Paul III un anneau d'or avec la Nativité du Christ représentée en relief (5).
APPENDICES
1.-1538, 18janvier.-Duc. 242 sc. 13 auri de Camera... magistro Francisco de Valentinis, Romano
aurifici, D. N. pro residuo precii auri, argenti et manifactura ensis in festo Natalis Domini iuxta solitum...
Tes. segr., 1537-1538, fol. 103 b.
2.
1539, 15 octobre-Magistro Francisco aurifici 150 duc. auri de Camera... pro emendo argentum
ad conficiendum ensem per Romanum Pontificem alicui principi dari solitum, et ad bonum computum
opere sue.
Mandati, 1539, fol. 180 vº.
3.-1540, 11janvier. Amastro Francisco orefice et maestro Angelo recamatore, perla spada... duc.
200 sc. 13.- Mandati, 1540-1541 A, fol. 9.
4.
1541, 4 janvier.
Sc. doi in oro a mastro Francesco orefice per haver concia la spada della
notte di Natale... Sc. 2 b. 10.- Tes. segr., 1540 1543, fol. 9.
5.- 1542, 2 juillet.- Sc. 5 pagati a maestro Francesco orefice per manifattura et argento posto
del suo al baccile d'argento della Camera che ha refatto.
Tes. segr., 1540-1543, fol. 59 a.
GASPARRE GALLI
Gasparre Galli qui, dans les comptes, est qualifié de « gioiellere », « orefice », « gemmarius »,
<>>-Guas
parre Romanesco, dit Cellini- et après avoir indiqué la date de son décès (10), Bertolotti s'est ensuite
(1) Ce doit être de lui qu'il s'agit dans le recensementde Rome fait sous Léon X et publié par ARMELLINI (loc. cit.
p. 101) : « Un' altra [casa] de maystro Gaspare orifice [dans le rione della Pigna, paroisse de Santa Maria della Minerva]
habita de sopra una spagnola ; de sotto habita maystro Jacobo da Cremona, sarto.>>>
(2) BERTOLOTTI, Artisti subalpini, p. 114; Artisti francesi, p. 51 ; Artisti modenesi, p. 68. — Il apparaît plusieurs
fois comme camerlingue et consul de la confrérie, d'abord sous Clément VII, puis en 1538 et 1548.
3) Cf. MÜNTZ, L'atelier monétaire de Rome, dans la Revue numismatique, 3ª série, t. II (1884), p. 249.
(4) BERTOLOTTI, Artisti lombardi, vol. I, p. 258; CELLINI, Vita, éd. Bacci, p. 177, et Oreficeria, éd. Carlo MILANESI,
p. 53, 56 et 61.- Il était, dès 1528, en relations d'affaires avec Pompeo de' Capitani, la victime de Cellini (Archivio
storico dell' arte, I, 41).
(5) Tes. segr., 1548; cf. Bertolotti, Archivio storico de GORI (1875), vol. I, p. 99; Speserie, p. 183; sous l'une et
l'autre date.
(6) BERTOLOTTI, Speserie, p. 191.
(7) 1547, 10 novembre. D. Gaspari Gallo scutos auri in auro 250 pro habendo auro ad
per S. D. N. Dominica Passionis quadragesime proxime future, ut moris est, donandam.
reformatum proutinfra.
Mandati, 1546-1548, fol. 210, 1548, 25 mars... Pro residuo precii auri
(8) Cela résulte du document suivant :
1549, 6juin.
fabricandum rosam
Cassum quia fuit
Ibid., fol. 265 vº.
Heredibus quondam magistri Gasparis Galli, dum vixit S.mi D. N. gemmarum negociatoris
sive joiellerii, ducatos auri de Camera decem cum dimidio alterius similis ducati de paulis X pro duc., pro dicti quondam
magistri Gasparis ordinaria provisione duorum mensium die 25 februarii proxime preteriti inceptorum et 25 aprilis
subsequentis finiendorum ac decem novem dierum a dicta die 25 aprilis usque ad diem sui obitus que fuit die 14 Maii
proxime preteriti decursorum; quam quidem provisionem videlicet quinque ducatorum similium quolibet mense idem
S.mus D. N. persuummotumproprium die 25 juniiproxime preteriti 1548 in Camera admissum dicto Gaspari solvi
mandavit.
Mandati, 1549-1550 A, fol. 41 verso ;
de GORI, (1875) vol. I, p. 99-100.
cf. Mandati, 1548-1552, fol. 64. Cf. Bertolotti, Archivio storico
On voit, d'après ce document, que le motu proprio qui octroyait à Galli cette
provision aurait porté la date du 25 juin 1548. Dans les extraits de comptes faits sous la direction d'Eugène Müntz,
on trouve, pour cette provision, les indications suivantes, entre les deux dates ci-dessus mentionnées: Tes. segr., 1548
1549, fol. 91 verso, 101 verso et 108 ; 1549, fol. 42 et 55 verso ; Mandati, 1545-1548, fol. 258 ; 1548-1552, fol. 31 verso ;
1549-1550 A, fol. 6 verso et 73. Ce sont les délais d'enregistrement à la Chambre apostolique qui ont à coup sûr produit
ce petit écart chronologique.
(9) BERTOLOTтı,Archivio storico de GORI, Vol. I (1875), p. 99. Le paiement de cetravail se fit par acomptes dont les
derniers paraissent avoir été versés aux héritiers de Gasparre en 1560 ou 1561. Voy. Eugène PLON, Benvenuto Cellini,
p. 395, col. 1-2.
(10) Artisti lombardi, vol. I, p. 247.
21
162
LA COUR DE PAUL III
avisé de le croire Milanais (1), en le confondant avec un « Gasparo, orefice milanese » (2), qu'il avait
rencontré dans un compte transtévérin de 1547, mais qui devait être bien plus jeune et que l'on
retrouve dans les registres de Pie IV, en 1560 (3).
TOBIA DA CAMERINO
Tobia da Camerino aurait dû sa fortune à une aventure assez peu honorable, si l'on prêtait foi
aux dires de Cellini. Arrêté à Parme en 1533 pour faux monnayage, cet orfèvre « milanais » (4) avait
été condamné à la fourche et au feu. Le légat de cette ville, qui était alors le cardinal Giovanni Sal
viati, et auquel il fut signalé comme un artiste de valeur, fit suspendre l'exécution et écrivit à Clé
ment VII pour l'informer de sa décision et poser le coupable en digne rival de Benvenuto. Le Pape
appelle aussitôt Tobia à Rome et lui ordonne de composer, en concurrence avec le Florentin, un dessin
pour la monture d'une corne de licorne qui avait été achetée au prix énorme de 17.000 ducats : cet
objet était destiné au roi François Ier, à l'occasion du mariage du duc d'Orléans avec Catherine de
Médicis. La préférence fut donnée au projet de Tobia et le travail lui fut confié : son œuvre paraît
assez nettement décrite dans l'inventaire des joyaux ducabinet de Henri II à Fontainebleau, dressé
en février 1561, sur l'ordre de Charles IX (5). Grande colère de Cellini, qui vit là une conspiration des
Milanais de l'entourage pontifical, et en particulier de Pompeo de' Capitani, joaillier du Pape, qui,
sous prétexte de forcer Benvenuto à terminer un calice d'or, lui fit enlever la direction de la Mon
naie (janvier 1534). Au cours de la longue querelle quis'ensuivit, Pompeo accusafaussement son adver
saire d'avoir tué Tobia, lequel, paraît-il, s'était ingéré de faire, sur les dessins mêmes de Cellini, le calice
réclamé. Lepontife ordonnel'arrestation du prétendu meurtrier; celui-ciconseillé parle cardinal Hippo
lyte de Médicis, s'enfuit à Naples, où il retrouve sa chère petite Sicilienne Angelica. Mais, en dépit de
cet amoureux intermède, l'artiste n'était pas homme à pardonner, et le différend eut une fin tra
gique. Rappelé à Rome par le cardinal de Médicis, le rancunier Benvenuto y rencontrait, peu de
(1) Ibid., p. 306.
(2) Il ne faudrait pas davantage le confondre avec un autre Gasparre, orfèvre vénitien de la via del Pellegrino,
qui, le 9 janvier 1537, était poursuivi pour avoir frappé d'un coup de poignard un de ses ouvriers, Andrea de Chioggia
(BERTOLOTTI,Artisti veneti, p. 30). C'est probablement à cet artiste violent qu'était destinée la lettre adressée de Padoue
[vers 1542 ?] par Lodovico Dolce « a messer Gasparo gioieliere » et où il est parlé de sa femme et de ses petits-enfants
Lettere volgari di diversi nobilissimi huomini (in Vinegia, appresso Domenico Giglio, 1558, petit in-8°), libro secondo,
fol. 45 verso.
(3) Eugène PLON, Benvenuto Cellini, p. 395, col. 2.
(4) Originaire de Camerino, Tobia était clerc et, comme tel, appartenait au diocèse de Milan où se trouvait son
bénéfice. De là l'erreur, très explicable, de Cellini. Cf. BERTOLOTTI, Artisti lombardi, vol. I, p. 297.- L'opuscule de
Milziade SANTONI, Maestro Tobia da Camerino, orafo ed emulo di Benvenuto Cellini, 1530-50 (Camerino, 1888, in-8°,
15 p.), ne contient rien de nouveau.
(5) Eugène PLON, ouvr. cité, p. 389.
LES ORFÈVRES DE PAUL III
163
temps après son retour, le pauvre Pompeo, auquel il donna deux « seuls>> coups de poignard, mais
deux coups mortels (1534) (1).
Ainsi se termina l'affaire de la licorne et, en même temps, la rivalité de Cellini et de Tobia
da Camerino. Sous le nouveau pontificat qui s'ouvrit bientôt, ce dernier orfèvre semble avoir reçu,
de nombreuses et assez importantes commandes. Son nom revient trois fois dans le premier
de nos registres: le 2septembre 1536, pour une petite croix à mettre au cou du Papelorsqu'il célèbre
la messe ; le 29juillet 1538, pour une coupe d'or destinée au pontife, et le 8 octobre dela même année,
pour lamonture en or d'un saphir offert par Paul III au cardinal Girolamo Aleandro,lors de sa pro
motion. En 1538, 1539, 1540 et 1541, ilfut chargé delaconfection de la rose d'or (2). En mars et avril
1541, le trésorier lui fait deux paiements pour de l'or et un saphir qu'il a fournis pour faire des lis
la fleur des Farnese
sur le pied du magnifique « calice di plasma » (3), orné de joyaux, qui avait
été acheté 4.000 écus d'or au joaillier milanais Battista Confalonieri (4). Au mois de décembre de la
même année, il recevait 2écus et30bolognins pourde l'or et pour la manufacture d'une tablette de
corail qu'il avait attachée à une chaînette du Pape(5). Le 9 janvier 1543, on lui remboursait 33 écus,
montant du prix de deux cristaux ronds qu'il avait fait venir de Milan pour faire un tabernacle, des
tiné à porter en procession le «corpus Domini», et aussi de l'or et de la confection dudit tabernacle (6).
Le 12 mai 1546, un acompte lui est versé sur l'apôtre d'argent qu'il fait pour sa Sainteté (7), et, le
24 mai 1547, une autre mention nous apprend qu'il avait obtenu la direction de l'entreprise des
<>>(8), exécutés sur les modèles de Raffaello de Montelupo et qui furent détruits
pendant l'occupation française, en 1797.
Une telle série de travaux prouverait à elle seule que Tobia da Camerino avait une solide répu
tation d'orfèvre et qu'il faisait d'excellentes affaires. Le 23 octobre 1539, undeses confrères, Gianfran
cesco, de Brescia, se reconnaissait son débiteur pour la somme de 237 ducats (9). En 1544, il occupait
(1) Pour tous ces faits, cf. CELLINI, Vita, éd. citée, p. 118-141.
(2) Pour1538 (310 écus d'or) Mandati, 1537-41, fol. 57 vº et 110; Tes. segr., 1537-1538, fol. 95 vº, 110 vº, 134;
cf. BERTOLOTTI, Artisti lombardi, vol. I, p. 296-297 ;
pour 1539 (300 écus), ibid., fol. 160; Tes. segr., 1539-1544,
fol. 98 ; cf. BERTOLOTTI, p. 296-297; pour 1540 (300 écus), Mandati, 1537-1541, fol. 292 ; Mandati, 1540-1541 A, fol. 9
et 30 vº ; pour 1541, Mandati, 1537-1541, fol. 281 (150 écus) ; cf. BERTOLOTTI, p. 297. Pour saprésence à Rome, en juin
1541, cf. BERTOLOTTI, Giunte agli Artisti lombardi in Roma, dans l'Archivio storico lombardo, X (1883), p. 101.
(3) Tes. segr., 1540-1543, fol. 16 a (11 mars 1541) ;
Tes. segr., 1541, fol. 18 a (avril).
(4) Tes. segr., 1541-1544, fol. 2 a et 3 a (mars etjuin 1541) ; cf. BERTOLOTTI, Speserie, p. 185.
(5) Tes. segr., 1541, fol. 40 a ; cf. BERTOLOTTI, Speserie, p. 182 ; Artisti lombardi, vol. I, p. 297.
(6) Tes. segr., 1543, fol. 73 a ; cf. BERTOLOTTI, Speserie, 184 ; Artisti lombardi, vol. I, p. 297.
(7) Tes. segr., 1545-1548, fol. 89; cf. BERtolotti, Speserie, p. 199. Autres acomptes de même somme le 5 avril,
Tes. segr , 1545-1548, fol. 85 ; et le 8 juin, ibid., fol. 91 ; cf. BERTOLOTTI, Artisti lombardi, p. 297.
(8) Tes. segr., 1547, fol. 130 verso; cf. BERTOLOTTI, Speserie, p. 203 ; Artisti lombardi, vol. I, p. 297 (texte meilleur
que dans les Speserie ; cependant, au lieu de « da lui fatti fare », lire « ch'egli ha fatti fare » ; au lieu de « stimate cosi »,
lire « tanto stimati, cioè » ; au lieu de « sc. 98 », lire « sc. 98 b. 35 »). — Voy. aussi GNOLI, Lacasa di Giampietro Crivelli,
loc. cit., p. 329 : le 14 octobre 1545, le zecchiere avait remis à Tobia 59 livres d'argent « pour faire trois apôtres ».
(9) BERTOLOTTI, Artisti lombardi, Vol. I, p. 297.
164
LA COUR DE PAUL III
dans sa boutique de la via del Pellegrino, deux ouvriers allemands, Raphaël, auquel il abandonnait
le tiers des bénéfices réalisés, et Robert. Il faisait exécuter à Raphaël des pesées si habiles qu'il fut
accusé de fraude par deux autres orfèvres romains, Guglielmo et Giuliano Cardello. Il était dit que
l'honnêteté de ce bon Tobia serait toujours contestée! Mais ce nouvel incident ne l'empêcha point
d'être consul en 1550 (1). C'était sans doute un habile homme.
PELLEGRINO
Parmi les orfèvres favoris de Paul III, il faut compter aussi ce Pellegrino ou Peregrino da
Modena (2), « mastro Peregrino », désigné tantôt sous le simple nom de « gioielere », « gioieliere in
Modena », tantôt sous celui de « gioielere di sua Santità », tantôt enfin sous celui d' « antiquario » ou
d' « antiquario in Modena » (3). Allemand d'origine, comme on va le voir, et peut-être juif converti,
Pellegrino semble s'être surtout entendu au commerce des antiquités; mais il savait sans doute
rendre d'autres services, peut-être plus importants, puisque Paul III lui faisait faire de nombreux
voyages, de Rome à Ancône en 1536, de Tortona en Allemagne en 1538, de Spolète à Modène en
1542 (4), de Rome à Salò et de Fano à Plaisance en 1543 (5), de Pérouse ou de Modène à Rome
en 1544, en Lombardie en 1545 et à Sulmona en 1547(6). Deux de ces voyages ont eu, paraît-il, pour
but d'estimerla valeur ou de contrôler l'exploitation de mines de fer; mais son office principal fut
de procurer au Pape des objets antiques : il acheta pour lui des médailles d'or et de bronze, en par
ticulier une médaille d'or d'Alexandre le Grand, un camée « de Marius » (7), des statuettes de
bronze (8), un vase antique de métal (9) un Cupidon de marbre (10), une lampe ou lanterne
antique (11), etc...
Pellegrino était cher à Paul III, qui lui assigna une provision mensuelle de six écus à partir
(1) BERTOLOTTI, Artisti bolognesi, p. 100 et 102; Artisti modenesi, p. 109 et 110.
(2) Un « Pelegrino da Modena » figure dans le recensement de Rome fait vers 1526-1527 et publié par le comte
GNOLI, loc. cit., p. 405 b ; mais il n'est pas sûr que ce soit notre orfèvre.
Cf. aussi ibid. , p. 431 a : « Maistro Pele
grino ».(3) Voy. ci-dessous Appendice nº 1. Cf. Tes. segr., 1535-1536 A, fol. 14 et fol. 139.
Il est aussi qualifié de
<> sont sûre
ment unseul et même personnage que Leone Leoni d'Arezzo, graveur de la Monnaie apostolique
depuis 1538, dutla sévère sentence dont il fut frappé en mai 1540. Se jugeant offensé pardes propos
que Pellegrino avait tenus sur lui, Leoni lui fit une blessure au visage. Il fut condamné à avoir
la main droite coupée, mais, grâce à l'intervention de Filippo Archinto et de Durante Duranti, il en
fut quitte pour les galères, d'où la protection des Doria le fit sortir en 1545 (2).
L'identification des deux Pellegrino, « dei Leuti » et « da Modena », s'impose d'autant mieux
que notre second registre, à la date du 18 septembre 1544, mentionne « Olimpio Veldencrio, figlio
di mastro Peregrino, antiquario in Modena », nous donnant ainsi, sous une forme apparemment un
peu altérée, le nom allemand du joaillier pontifical (3).
APPENDICES
1.-1536, 3 mars.-Mandamus quatenus per manus spectabilis viri Ansaldi de Grimaldis, generalis
Camere apostolice depositarii, in libris et computis dicte Camere per introitum et exitum describi faciatis
summam405scutorum, ad introitum videliceta magnifico virod. FranciscoThaussignano, Romandiole thesau
rario habitorum, ad exitum vero videlicet 355 magistro Peregrino antiquario, vigore literarum R. d. Ambrosii
protonotarii et secretarii sue Sanctitatis, de eiusdem sue Sanctitatis ordine et commissione, etc... quos, etc...
Datum, etc...
Mandati, 1535-1537 (4).
2.-1542, 25 septembre. Sc. 20 in oro pagati amaestro Peregrino gioiellere perdoi figurine dibronzo
et altre cose date in mano di sua Santità sino alli mesi passati; e più sc. 20 simili pagati al predetto maestro
Peregrino per le spese sue e di maestro Joanni Cimino che vanno da Spoleti a Modena per servitio di sua
Santità.
3.
Tes. segr. , 1541-1544, fol. 13 verso (cf. BERTOLOTTI, Artisti modenesi, p. 72).
1542, 25 septembre- A mastro Peregrino gioieliere, per due figurine di bronzo et altre cose
date in mano di sua Santità fino ali mesi passati, scudi 21 (BERTOLOTTI, Speserie, p. 186).
4.
1543, 15 mai.
Die XV maii solvit ducatos 25 de Juliis X Peregrino joiellerio seu lapidario
pro viatico faciendo ad fodinam ferri cardonide Salo in servitio D. N. pro viatico et expensis suis et aliorum
conducendorum secum.
5.
1543, 20 mai.
Tes., segr. 1543-45, fol. 45.
Duc. 25 pro conducendis quatuor hominibus ad fodinam ferri Placentie pro
servitio D. N. (Ibid., fol. 46).
6.-1543, 18 juillet.
Amastro Peregrino gioielere, per sue spese in andar da Fano a Piacenza per
servitio di sua Santità, et scudi 3 per una lucerna antiqua data a sua Bne, scudi 10, bol. 70. (BERTOLOTTI,
Speserie, p. 187).
7.--1545, 10 avril.- Magistro Pellegrino, joiellerio sue Sanctitatis, propedieminpartibus Lombardie
(1) Voy. Registre, p. 164, 237 et 240.
(2) Cf. BERTOLOTTI, Artisti lombardi, t. I, p. 300; Eugène PLON, Benvenuto Cellini, p. 236; Cellini, Vita,
éd. Bacci, p. 235 et note.
(3) BERTOLOTTI (Artisti lombardi, t. I, p. 300), dit, sans citer sa source : « A me risulta cheil Pellegrino fosse cogno
minato Valdenero. » On pourrait être tenté de reconnaître sonfils dans le peintre « Valdeger... » quitravaillait à la cour des
seigneurs de Novellara et qui y fut tué en 1563, peut-être par Fabrizio Orsi, fils du peintre Lelio Orsi (G. CAMPORI,
Gli artisti italiani e stranieri negli Stati Estensi, Modena, 1855, in-8°, p. 475).
(4) J'ignore à quoi s'appliquait cette grosse somme.
166
LA COUR DE PAUL III
de ordine eiusdem Sanctitatis sue profecturo, scutos auri 25 sine retentione, pro expensis in huiusmodi suo
viatico faciendis.
Mandati, 1545-1546 A, fol. 24.
8.-1545, 11 avril.
9.
▼25 de paulis X pro scuto
1546, 25 juin.--
Magistro Peregrino, joelliero eunti in Longobardiam de ordine S. D. N.,
et pro retentione ∇ 19.
Tes. segr., 1545, fol. 57.
Amastro Pellegrino,gioieliere in Modena, per comprare un Cupido di marmo
antico per sua Santità, sc. 27 bol. 50 (BERTOLOTTI, Speserie, p. 200 ; Artisti modenesi, p. 72) (1).
10.
1547, 25 août.– Sc. 30 d'oro a mastro Pellegrino, gioielliere di N. S., quali sua Santità gli
fa dare per andare a Sulmona per suo servitio.
Tes. segr., 1545-1548, fol. 145.
PIETRO GIACOMO PERUSINO
Pietro Giacomo de Pérouse ou, pour lui donner tous ses noms, Pietro Giacomo di Antonio
de' Cristiani, faisait partie d'une dynastie d'orfèvres qui exerça à Rome pendant près d'un siècle.
Il apparaît lui-même dans les registres de la corporation de 1534 à 1541 (2). Son frère Tommaso,
surnommé Fagiulo et qui remplaça Cellini à la Monnaie (3), est témoin d'un acte nota rié,le 26 août
1556, avec Antoine Lafrère, le célèbre Lafreri, « stampatore bisontino » [et non bisantino, comme
l'a imprimé Bertolotti] (4). Le 7 juin 1556, ce même Tommaso, « aurifex ad Pellegrinum >>
signe avec le Bolonais Giovanni Maria Minotti, musiciendu Château Saint-Ange, et un certain Antoine,
du diocèse de Langres, un contrat d'association pour imprimer de la musique (5). Le 4 février 1559,
un autre Cristiani, Flaminio, qui vivait encore en 1579 (6), se présente au gouverneur de Rome comme
fideiussor du musicien Minotti (7); en 1564, Lionardo Cristiani, « orefice alla chiavica di Santa Lucia »,
rend à un fondeur crémonais, Giovanni de' Pisoni, qui ne savait pas écrire, le service de rédiger une
déclaration relative à sa profession (8); enfin, le2septembre 1603, un Fabrizio Cristiani assiste à une
réunion de la congrégation des orfèvres (9).
Paul III paraît avoir souvent employé Pietro Giacomo Cristiani, surtout pour des objets
personnels. Dans un seul registre, le premier de ceux que nous publions, on relève jusqu'à neuf articles
qui le concernent. Le trésorier du Pape lui verse : le 25 mai 1536, 149 écus pour argent, or et fabrica
tion de divers travaux d'argenterie;-le 16 août suivant, 36écus, prix d'une tasse d'argent doré et de
cuillers qu'il a faites pour l'usage personnel de Sa Sainteté;-le25 octobre, 32 écus, soldede la confec
(1) C'estprobablementle Cupidonquifutrestaurépar «mastro Guglielmo,scultor milanese», c'est-à-dire Guglielmo
Della Porta, et qui fut destiné à la décoration du Château Saint-Ange. (BERTOLOTTI, Artisti lombardi, p. 133, sous la
date du 23 décembre 1546; id., Speserie, p. 207.)
(2) Notes d'Eugène MÜNTZ.
(3) CELLINI, Vita, éd. Bacci, p. 120 et n.; BERTOLOTTI, Artisti bolognesi, p. 97 et 100.
(4) BERTOLOTTI, Artisti subalpini, p. 118. Notons en passant que Lafreri s'appelait vraiment Lafrère, comme
l'avait conjecturé Bartsch (cf. EHRLE, Roma prima di Sisto V; La Pianta di Roma du Pérac-Lafrèry del 1577, Roma,
1908, in-fol. (p. 11, n. 7).
(5) Id., Artisti francesi, p. 76-77.- Cf. aussi sur Tommaso, Eugène PLON, Benvenuto Cellini, p. 395(3mars 1558) .
(6) Id., Artisti lombardi, vol. I, p. 313.
(7) Id. , Artisti bolognesi, p. 123.
(8) Id. , Artisti lombardi, vol. I, p. 177; cf. ibid., p. 326 (1578), et Artisti modenesi, p. 110 (1565).
(9) Id., Artisti veneti, p. 71.
LES ORFÈVRES DE PAUL III
167
tion, or et argent ajoutés du sien au petit bassin et aux petites ampoules qu'il a restaurées pour la
Chapelle secrète ;
le 23 décembre, 14 écus pour fourniture d'argent et pour la restauration d'un
chandelier qui fut volé, puis retrouvé ;-le même jour, 11 écus, reste du prix du bassin qu'il a refait
pour l'usage de la Chambre ;
le 15 avril 1537, 7 écus, pour la dorure du coquetier et de la salière
du pontife ;-le 5 septembre, 19 écus, pour la décoration en argent du bréviaire que l'évêque de Cas
tro, Lodovico Magnasco, avait fait faire pour Paul III, et pour la remise à neuf de la « croix de
voyage » ;-le27janvier1538,60écus, coût dela dorure des plats, assiettes et écuelles du Pape, ainsi
que pour unvase neufdestiné à tenirle pain de Sa Sainteté, et d'autres travaux encore ;-le 19 mars
de la même année, 53 écus pour solde de divers travaux d'argenterie faits en collaboration avec
Giampietro Crivelli, toujours pour l'usage personnel du souverain. Enfin, en octobre 1539, il
touchait le solde d'une « lucerna corporis Christi » (1).
La fabrique de Saint-Pierre mit aussi à contribution les talents de Cristiani: Si, enjuillet 1549,
elle lui payait la modeste somme de 8jules pour avoir bruni les six chandeliers d'argent du maître
autel, elle lui faisait verser, par le chanoine Giovanandrea Caffarelli, au mois d'octobre suivant, un
acompte de 60 écus « pour la croix processionnelle et son bâton d'argent » (2).
Un autre Pérugin, « Paolo Perosino », qui appartenait peut-être aussi à la famille des Cris
tiani, se trouve mentionné, une seule fois, dans nos comptes, et il semble bien que ce soit un orfèvre.
Le 5 décembre 1535, il touche unpeuplusde13écus pourparfaire le prixde la garniture d'argent doré
qu'il a fournie pour les manches des six rasoirs du nouvel étui alors en cours d'exécution pour
le Pape (3).
GIOVANNI PIETRO CRIVELLI
Sous la date du 2 novembre 1536, notre premier registre indique un paiement de 45 jules fait
à « mastro Giovanni Pietro orefice, pour acheter 4 ducats larges destinés àla dorure de la coupe de Sa
Sainteté ». On rencontre, dans les comptes de Paul III, deux manieurs d'objets précieux, tous deux
Milanais, qui répondent au double prénom de Giovanni Pietro : le patronymique de l'un est Crivelli,
celui de l'autre est Marliano. Il paraîtrait tout d'abord que, toutes les fois qu'un orfèvre est seule
ment désigné par ce double prénom, ily acertainement lieu d'hésiter sur sa véritable identité. Cepen
dant, en y regardant de plus près, il semble bien qu'il n'en soit rien; car, dans les mentions relatives
à Marliano, ses prénoms sont presque toujours suivis de son sobriquet de Gaio et du qualificatif de
gioeilliere, tandis que Crivelli n'est jamais désigné que par l'appellation d'orefice ; ce qui donne lieu
(1) BERTOLOTтı, Artisti bolognesi, p. 99, qui donne 1530 et non 1539.
(2) Archives du chapitre, Exitus mandatorum sacristiae ac diversarum expensarum eiusdem ab anno 1515, interposite
et inordinate, ad 1549.
(3) Peut-être devrait-on l'identifier avec le « Paulo orifice » qui, sous Léon X, habitait dans le rione Regola, paroisse
de Sant' Andrea di Nazaret ? Cf. ARMELLINI, Censimento, p. 80.
168
LA COUR DE PAUL III
de croire qu'on distinguait expressément entre les deux termes. L'article de 1536 doit donc, selon
nous, être rapporté sans conteste à Crivelli. D'ailleurs, nous sommes d'autant plus autorisés à le faire
que, dans deux mentions du même registre, son nom est inscrit en toutes lettres : le 25 mai 1536,
Egidio Zeffiri lui paie le prix de 18 ducats larges qui ont servi à dorer le baccile neuf du Pape, et le
19 mars 1538, Crivelli est chargé de verser au « Perosino », probablement à Pietro Giacomo de Pérouse,
le solde du prix de divers travaux d'argenterie. Crivelli était, au moins de son temps, le plus im
portant des deux quasi-homonymes, et Gaio, qui se présente du reste si souvent dans les mêmes
livres, est peut-être redevable du plus clair de sa renommée à ses démêlés avec Cellini.
Ce n'est pas que Benvenuto n'ait eu aussi affaire avec Crivelli. Si l'on admet l'hypothèse, très
plausible, du comte Gnoli, selon laquelle « Giovanpiero della Tacca » et Giovanpietro Crivelli ne
seraient qu'un seul et même personnage (1), ce serait Crivelli lui-même qui aurait été le premier
maître de l'orfèvre florentin nouvellement fixé à Rome. L'auteur de la fameuse Vita raconte, eneffet,
qu'à son arrivée dans la Ville, une petite partie de boutique fut mise à sa disposition par un Milanais
qui s'appelait « mastro Giovanpiero della Tacca » (2). Et s'il en est ainsi, ilfaut avouerqu'il avait été
fort habile dans son choix, dont les raisons ne seraient pas très difficiles à démêler.
Giampietro Crivelli était, vers 1530, un des orfèvres les plus en vue de Rome. Il appartenait à
une excellente famille milanaise (3) et paraît s'être établi de bonne heure dans la capitale de la chré
tienté (4). Dès 1508, il assistait aux réunions de la corporation des orfèvres dont il fut consul et camer
ingue, à Santa Lucia del Gonfalone, où nous le retrouvons en 1510, en 1516, en 1517 (5). En 1514, il
acquiert une charge dans le nouveau collège des présidents et portionnaires de Ripa (6); en 1520, dans
celui des chevaliers de Saint Pierre (7). Sous le même pontificat, plusieurs maisons lui appar
tenaient dans le rione Parione (8) et dans le rione Regola (9). Le 6 décembre 1526, le célèbre joail
lier Caradosso Foppa le désigne en qualité de sous-exécuteur testamentaire, en même temps que
Gaio, Ambrogio da Milano et Marcantonio Tozzi (10). Depuis 1523, au moins, il était associé avec
(1) GNOLI, La casa dell' orefice Giampietro Crivelli, dans l'Archivio storico dell'arte, IV, (1891), p. 240.
(2) Vita, éd. Bacci, p. 43.- Le<< Gianfrancesco » de la p. 218 était son fils légitimé. (GNOLI, loc. cit.)
(3) MÜNTZ a publié lapierre tombale œuvre de Donatello conservée à l'Araceli-de Giovanni Crivelli, archi
diacre d'Aquilée, chantre de Milan, écrivain et abréviateur apostolique, mort le 28 juillet 1432. (Le opere di Dona
tello in Roma, dans l'Archivio storico dell'arte, I (1888), p. 26-27.
(4) Si l'on admet l'hypothèse du comte Gnoli, Crivelli était déjà chargé, le 11 avril 1507, par les chanoines
de Sant'Agostino, de l'expertise d'un calice. Ce qui paraît appuyer cette supposition, c'est que le « maistro Jovan
Piero di Milano, orafo », nommé dans cet article, habitait tout près de Santa Lucia
« abita scontra a Santa Lucia>>>
où précisément, comme on va le voir, fut enseveli Crivelli, en juin 1552.
(5) BERTOLOTtı, Artisti lombardi, vol. II, p. 312 ; Artisti francesi, p. 51 ; Artisti modenesi, p. 68.
(6) Bullarium (éd. de Rome, 1586, in-fol ), p. 271.
7) Ibid., p. 256-257.
(8) ARMELLINI, Censimento, p. 72.
(9) Ibid. , p. 80.
Vers 1527, il habitait dans le rione Ponte (GNOLI, Descriptio urbis, p. 430 a).
(10) BERTOLOTTI, Artisti lombardi, vol. I, p. 279 : « d. Gaium Marlianum, Io. Petrum Crivellum, Ambrosium
mediolanensem, Zoilerium, et Marcum Antonium de Totiis ».
LES ORFÈVRES DE PAUL III
169
Gian Maria da Camerino (1), et il travailla peut-être aussi pour le compte de Lodovico de' Capi
tani (2). Il est nommé, semble-t-il (3), plusieurs fois dans les registres de Clément VII, par exemple
le 30 janvier 1523, où il reçoit, de concert avec maître Niccolò, 355 ducats d'or pour la confection
de certaines argenteries à l'usage du Pape; le 3 juin 1524, 14 ducats pour six cuillers et une poivrière
achetées pour le pontife, et le 31 juillet 1526, 23 ducats pour trois pierres et leur montage en or (4).
Mais c'est sous le règne de Paul III qu'il apparaît dans toute sa richesse. Peu avant 1539, il
faisait bâtir, non loin de Santa Lucia (5), une maison qui subsiste encore dans la via de' Banchi Vecchi.
Elle était décorée des armes deJules II, qui avait sans doute eu recours le premier à ses talents, de
celles d'Urbain III (Lamberto Crivelli), gloire de sa famille, et enfin de celles de Paul III. Ces der
nières ont disparu, mais on voit encore, sur la façade, deux bas-reliefs (6) commémorant les deux
événements qui avaient, à l'époque même de la construction, le plus fortement frappé l'imagination
des contemporains : Charles-Quint, lors de son arrivée à Rome, le 5 avril 1536, baisant le pied du Pape
qui, assis, se penche paternellement vers lui, et Paul III lui-même présidant à Nice, en 1538, à la
réconciliation, si éphémère, de François Ier et de son puissant rival.
Crivelli était déjà vieux alors, puisque, d'après son épitaphe, il était né en 1463 (7). Ilpartageait
ses soins entre les plaisirs que permet la fortune et ceux que procure la charité ; car, s'il se faisait
encore inscrire, en 1540, au nombre des chevaliers de Saint Paul (8), il donnait, le 14 février 1549,
aux jeunes filles orphelines, aux « vergini orfane », des maisons sises près de San Rocco et qu'il leur
avait d'ailleurs assignées dans son second testament (9). Par cet acte, daté du 12 septembre 1548,
il partageait ses biens
sauf ceux qu'il laissait à son fils Gianfrancesco, à son neveu Gianangelo
et aux enfants de ce dernier
entre quatre établissements pieux : l'archi-hôpital de San Giacomo
degli Incurabili, le couvent des filles repenties (Convertite), Santa Caterina alle Botteghe Oscure, et
l'hospice des orphelines (10). Cependant, au milieu de ces dispositions dernières, il n'oubliait pas ses
(1) BERTOLOTTI, Artisti lombardi, vol. I, p. 255 ; Artisti subalpini, p. 118 (mai 1527) .
(2) Artistilombardi, vol. I, p. 254.
(3) Ces mentions ne donnent que sondouble prénom, suivi du mot « orefice, aurifex», sauflasecondequi contient
l'ethnique « Mediolanensis ».
(4) Ces trois articles ont été publiés par MÜNTZ dans l'Archivio storico dell'arte, I (1888), p. 39 et 40.
(5) Ou rebâtir, agrandir, décorer. Cf. plus haut, p. 168, n. 4.
(6) Le comte Gnoli croirait assez volontiers que ces deux bas-reliefs, assez médiocres à vrai dire, sont l'œuvre
de Crivelli lui-même auquel il se plaisait aussi à attribuer quelques médailles (loc. cit., p. 238-239).
(7) FORCELLA, Iscrizioni.... di Roma, vol. VII, p. 432, nº 867 : la date mortuaire indiquée sur cette pierre (sur
montée d'un buste du vieux Crivelli) est : VIII. ID. IVNII. M. D. L. II ; elle est précédée des mots : VIX. AN.
LXXXVIIII.- Dès le 3 juillet 1518, il s'était fait concéder, par l'archiconfrérie du Gonfalone, la chapelle de sainte
Marie-Madeleine pour y faire sa sépulture, et il y avait déjà déposé, dès avant 1546, sa femme et un de ses frères
( GNOLI, loc. cit., p. 240).
8) Bullarium, éd. citée, p. 401.
(9) GNOLI, loc. cit., p. 290.- Cf. FORCELLA, op. cit., vol. II, p. 438, nº 1349.
(10) GNOLI, loc. cit.- Les exécuteurs sont le cardinal de Trani, un prélat espagnol du nom d'Andrea Carrillo,
le protonotaire apostolique Ludovico de Torres, et l'aumônier de Paul III, Francesco Vannuzzi.- Les cardinaux
Gambara et Sadolet, Francesco Roberti et Giovanni da Frascati étaient les exécuteurs désignés dans le premier
testament (ibid., p. 289).
22
170
LA COUR DE PAUL III
affaires professionnelles, et le commerçant vieilli ne pouvait se résoudre à renoncer au commerce.
En 1545, malgré ses quatre-vingt-deux ans, il reçoit, le 16 juillet, 196 écus pour de nombreux tra
vaux d'argenterie et de dorure « qui se sont faits dans sa boutique (1) pour le service de Notre Sei
gneur » (2). L'année suivante, le 14 mai, le « zecchiere » Lorenzo degli Albizzi lui remet 18 livres d'ar
gent pour exécuter un des apôtres modelés par Raffaello da Montelupo (3). Enfin, le 12 mai 1548,
il lui est payé 162 écus pour divers travaux et pour fourniture d'argent (4).
GIOVANNI CIMINO
Clerc du diocèse de Gênes, Giovanni Cimino ou Semino, bien qu'il appartînt à une famille
d'artistes, n'a pas eu l'honneur d'être nommé, même en passant, dans la Vita de Cellini. Il dut peut
être sa fortune romaine à Annibal Caro, qui était alors secrétaire de Giovanni Gaddi et qui paraît
l'avoir connu par ses amis napolitains. Le 31 août 1538, le futur secrétaire des Farnese écrit de Rome
à Francesco Cenami (5) : « Ordonnez à messer Martino [Cenami] de m'envoyerla turquoise que je lui
ai laissée et de presser Giovan Cimini pour les autres joyaux > (6). Il semblerait donc qu'à cette date
Cimino fût à Naples. En 1541, nous le trouvons pour la première fois à Rome, mêlé,avec un de ses
compatriotes, à une affaire d'argent contre Ludovico de' Capitani, peseur dela Monnaie pontificale,
le propre frère de la victime de Benvenuto(7). Dès l'année suivante, à partir du 15 avril 1542, il est
l'un des joailliers en titre du Pape (8), et il reçoit, en cette qualité, une provision mensuelle de 6 écus
d'or, réduite plus tard à 5 écus (9). Dans nos registres, il ne figure qu'une fois, et d'une manière
assez énigmatique, à ladate du 26 mars 1544, où il touche 15 écus d'or en or, « pour ses dépenses
dans un voyage pour certain service de Sa Sainteté ». On possède surlui des renseignements plus
précis, qui le montrent dans son rôle de « negotiator » et de « gemmarius », et non dans celui d'un
(1) Ceci semble bien indiquer qu'il se contentait alors de diriger sa boutique réellement gérée par son neveu
Gianangelo.
(2) Tes. segr. , 1545-1548, fol. 58 b (BERTOLOTTI, Artisti lombardi, vol. I, p. 305).
(3) GNOLI, loc. cit., p. 240.
4) BERTOLOTTI, loc. cit., Speserie, p. 204 : «A Gio. Pietro Crivello, et per lui a mastro Giovanni Todesco orefice...
Cet orfèvre travaillait donc pour le compte de Crivelli.
(5) MAZZUCCHELLI, Lettere inedite di A. Caro, t. I, p. 30.
Il resta en relations avec Caro, qui le nomme dansune
autre lettre du 20 septembre 1549 : Lettere familiari, vol. I, p. 311.
(6) Joyaux appartenant à Gaddi, ou peut-être joyaux de Giulia Gonzaga ? Il est difficile de le dire.
(7) BERTOLOTTI, Artisti lombardi, vol. I, p. 254.
(8) Mandati, 1540-1543, fol. 44, verso-45 (magister Johannes Ciminus, clericus Januensis, suae-Sanctitatis giojel
lerius nuper deputatus).
(9) Mandati, 1542-1546, fol. 261 verso ; Tes. segr., 1548-1549, fol. 64, 91 verso, 92, 99 (5 écus); Tes. segr., 1549,
fol. 40 verso, 44 verso, 54; Mandati, 1548-1552, fol. 29; Mandati, 1549-1550 A, fol. 9 verso; Mandati, 1548-1552, fol. 29
(S. D. N. pape gemmarum negotiator seu joellerius).
LES ORFÈVRES DE PAUL III
171
véritable orfèvre. C'était un expert, comme nous dirions aujourd'hui, beaucoup plutôt qu'un artiste.
Le 8 février 1543, il reçoit 12 écus 60 bolognins « pour 31 carats 1/2 de poudre d'émeraude livrée au
marquis défunt (?) lorsqu'il était malade » (1) ; le 14 janvier 1545, 110 écus pour un saphir monté en
anneau, avec les armes du Pape, donné par ce dernier à l'évêque de Trente, le fastueux Cristoforo
Madruzzi, promu cardinalle 12juinprécédent (2) ; le 6 mai 1546, 22 écus d'or pour un voyage à Venise,
où il avait été faire arranger les joyaux achetés à la princesse de Salerne (3); le 1er juillet suivant,
1 écu 20 bolognins pour quatre paires de gants de veau « non-né », « travaillés de soie », qu'il avait
achetés, pendant son voyage à Venise, pour l'usage personnel de Paul III (4).
La dernière mention qui concerne Cimino a été relevée dans les registres de Jules III : le
20 août 1550, 9 écus d'or lui étaient comptés pour avoir monté enor unsaphir acquis par le nouveau
Pape (5). Il n'eut d'ailleurs qu'àse louer de ce dernier, qui, en 1551, après la mort de Lodovico
de' Capitani, le nomma peseur de sa Monnaie (6).
QUELQUES AUTRES ORFÈVRES
Nous sommes bien loin d'avoir établi la liste complète des orfèvres dont Paul III requit ou
accepta les services. Nous n'avons pas même mentionné tous ceux qui furent chargés d'exécuter les
apôtres d'argent de la Chapelle pontificale. Outre Crivelli, Francesco da Faenza (7) et Tobia daCame
rino, dont la collaboration a déjà étérappelée,plusieurs autres artistes travaillèrent à cette suite,d'après
les modèles en craie d'un disciple de Michel-Ange, Raffaello da Montelupo (8). Les comptes nous les
font connaître, et c'est d'abord un élève de Cellini, le Florentin MANNO SBARRI, celui-là même auquel
Vasari, d'après le vindicatif auteur de la Vita, aurait communiqué une vilaine maladie de peau (9).
(1) BERTOLOTTI, Speserie, p. 184 ; Artisti subalpini, p. 122.
(2) 1.1. , Speserie, p. 192 ; Artisti subalpini, l. c.
(3) Id., Speserie, p. 199 ; Artisti subalpini, loc. cit.
Mandati, 1545-1546, fol. 25, 7 avril.
Scudi ter
mille auri in auro... Illustrissime Domine Principisse Salerni seu eius legitimo procuratori, pro residuo et integra
satisfactione pretii infrascriptorum jocalium per dominam suam Illustrissimam sue Sanctitati venditorum et
R. do D. Petro Johanni Aleotto sue Beatitudinis thesauraris et jocalium custodi secreto consignatorum...
Ungioiello con un rubino in ciottolo con un smeraldo a facette quadro con tre perle pere pendenti grosse,
ogni cosa legata in oro smaltato de varii colori.
Et più un pendente con un diamante in ponta, un smeraldo quadro grande a facette, ed una perla pera pen
dente grande, legato in oro et smaltato di biancho et rosso.
Et più una crocetta di diamanti di pezzi 6 con tre perle piccoli pendenti tonde legate in oro, et smaltato il
revescio di biancho et rosso.
(4) Id., Speserie, p. 200 ; Artisti subalpini, l. c.
(5) BERTOLOTтı, Artisti subalpini, p. 122.
(6) Id., Artisti lombardi, vol. I, p. 269.
(7) Voy. ci-dessus p. 160.
8) BERTOLOTті, Speserie, p. 196 (5 oct. 1545) et p. 200 (5 juin 1546).
(9) CELLINI, Vita, éd. Bacci, p. 168 et n.
172
LA COUR DE PAUL III
Habile auteur de la « cassette Farnese », aujourd'hui conservée au Musée de Naples (1), peut-être aussi
de la reliure du précieux livre d'heures qui, de ce même Musée de Naples, a passé dans la collection
Pierpont Morgan (2), et de la « paix » du trésor de la cathédrale de Milan (3), Manno semble bien
s'être borné à diriger « Ruberto Tedesco » (4) dans l'exécution de l'apôtre saint Matthieu (5).
Après Manno, nous rencontrons OTTAVIANO d'Orvieto, auquel une pension mensuelle de 5 écus
avait été attribuée, jusqu'à complet achèvement de son apôtre (6). Puis c'est GIOVANNI Giacomo da
PARMA
un Parmesan manquerait trop parmi les orfèvres de Paul III- qui paraît avoir reçule
même traitement pour l'apôtre Philippe (7), mais qui fit, en outre,plusieurs autres ouvrages pour le
pape Farnese : dorure des fermoirs du Pontifical de Sa Sainteté (8), médailles de cuivre pour mettre
dans les divers édifices alors en construction à Rome (9),bassin d'argent des Agnus Dei (10),et surtout
épées d'honneur (11). Enfin vient BATTISTA CANDIANI, de Côme, habitant<< alla cloaca di Santa Lucia»,
qui reçoit, le 10 janvier 1547, 227 écus 95 bilognins et, le 24janvier suivant, 6écus pour des cadeaux
offerts à Marguerite d'Autriche à l'occasion de Noël (12).
Sur les autres orfèvres, moins importants, nous passerons plusrapidement. GIACOMO GIANNOTTI,
un Romain qui habitait la rue classique des orfèvres, la via del Pellegrino (13), recevait, en 1551, 1552
(1) Eugène PLON, Benvenuto Cellini, p. 260 et 297-299.
(2) Ibid , p. 292.
(3) Ibid. , p. 275.
(4) Sans doute le même qui, en 1544, travaillait pour Tobia da Camerino. Voy. ci-dessus p. 164.
(5) BERTOLOTTI, Speserie, p. 203 (20 mai 1547). Le 14 mai 1546, il avait reçu du « zecchiere », pour cette statue,
18 livres d'argent (GNOLI, La casa di Giampietro Crivelli, loc. cit., p. 239, où l'on a imprimé Mauro au lieu de Manno).
Parmi les ouvrages faits par Manno pour Jules III, les comptes signalent un plat d'or, une coupe en or et son cou
vercle, la dorure de quinze plats de la crédence pontificale (PLON, op. cit., p. 394 a). Il travailla aussi pour Paul IV
(ibid., p. 394-395). Il est encore question d'un de ses ouvriers en 1563 (BERTOLOTTI, Artisti lombardi, vol. I, p. 315) ; il
assistait à la réunion tenue par la congrégation des orfèvres le 23 septembre 1562 (id., Artisti bolognesi, p. 101), et à
celle du 21octobre 1565 (id., Artisti modenesi, p. 110).
(6) BERTOLOTті, Speserie, p. 197 (13 nov. 1545). Cf. Tes. segr. 1546, fol. 76, 83 et 89 verso (janv., mars et mai 1546).
En 1553, il exécuta l'épée, le ceinturon et le bonnet (Eugène PLON, op. cit., p. 394 a).
(7) Tes. segr. , 1545-1548, fol. 189 (15 juillet 1547) : « per fattura dell' apostolo San Philippo, d'argento, ch'egli
ha fatto per la Capella grande di N. Sre... ». Cf. ibid., fol. 89 verso (10 mai 1546).
(8) Speserie, p. 199 (6 mai 1546) .
(9) Ibid , p. 201.
(10) Tes. segr., loc. cit. : « Scudi 140 per la fattura della conca degli Agnus Dei a me consignata... ».
(11) En 1538, 1539, 1541, 1542, 1546, 1549, selon les notes d'Eugène MünTz ; pour 1549 ou 1550, cf. Mandati,
1549-1550, fol.115 verso, et 1549-1550 B, fol. 35 verso.
Il est probable que c'est à lui (Giovanni orefice, dit simplement
le trésorier) que se rapporte le paiement du 11 août 1547 pour l'apôtre Thomas. Sonnom figure dans les registres de la
corporation des orfèvres en 1536, 1537 et 1548.
(12) Speserie, p. 202; c f. Artisti lombardi, vol. I, p. 306-307. — Le 14février 1546, il avait fournià Paul III l'anneau
de mariage, orné d'un rubis, de son barbier Giovanni (ibid., p. 306). Il était mort avant le 30 juin 1557, comme on le voit
par un procès intenté par un banquier à son cousin, probablement Raffaello Candiano, qui exerçait la même profes
sion (ibid. , p. 307) .
Le 30 juillet 1550, Battista est indiqué comme exécuteur testamentaire d'un joaillier milanais
Luigi Bonini (ibid., p. 312, où son nom est estropié en Caudano).
(13) Il était peut-être, comme BERTOLOTTI l'a supposé (Artisti lombardi, vol. I, p. 242), fils de l'orfèvre florentin
Giovanni Giannotti, frère de l'historien Donato, et qui est nommé dans la Vita de CELLINI (p. 29) ; mais rien n'est moins
LES HORLOGERS DE PAUL III
173
et 1553, le reste de la somme qui lui était due sur une « tiare sans joyaux>> faite pour Paul III (1).
En 1546, il avait fourni au Pape un pendant d'or avec trois figures en relief, une émeraude, un rubis
et trois perles (2), et en 1547, monté en or deux balais et deux perles destinés à décorer la ceinture
de Vittoria Farnese, duchesse d'Urbino (3). Pourla même princesse, PIETRO DE LAVIACCIO, en 1545,
confectionnait une « tiretta di gioie » (4). GIANMARIA DA CAMERINO, qui était à Rome en 1527 et
qui eut maille à partir avec son associé Crivelli au sujet d'une cachette faite en commun peu de temps
avant le sac (5), refit,en 1545, un bocale et unbassin d'or, avec du métal que luiconfialedirecteur de la
Monnaie, Lorenzo degli Albizzi (6). Enfin, en cette même année 1545, un Espagnol nommé ALONZO,
établi via del Pellegrino, livrait une chaîne d'or que Paul III voulait offrir, selon la coutume, à
l'ambassadeur des Grisons (7).
Aces artistes, il est naturel de rattacher un fabricant d'épées, ce PASQUALE, auquelil est versé,
le 10 mai et le 25 septembre 1537, une somme totale de 16 écus, pour avoir doré les ferrements de
la litière neuve du Pape et les boucles des harnais destinés aux chevaux et aux mules de ladite
litière (8).
LES HORLOGERS
CHERUBINO DA REGGIO
Cherubino Sforzani Parolari, de Reggio, est peut-être, grâce surtout à Cellini, le plus célèbre
horloger du XVIe siècle (9). Habile homme, il avait su se faire conférer de riches bénéfices, et il avait
pris l'habitude de revêtir l'habit ecclésiastique (10). Il se poussa si bien que, sur ses vieuxjours, ilpar
sûr, d'autant que le même Bertolotti signale, en 1524, un brodeur du nom de « Marcello Gianotto, romano ». Artisti
modenesi, p. 77.
subalpini, p. 115.
Giacomo Giannotti était consul de la corporation des orfèvres romains en 1570. Id., Artisti
1) Tes. segr., 1551, fol. 28 verso ;-1552, fol. 36 ;- 1553, fol. 30 verso (cette dernière mention dans PLON
Benvenuto Cellini, p. 393-394 : un regno senza gioiefatto per leggierezza di portare in Cappella.
(2) BERTOLOTTI, Speserie, p. 201.
(3) BERTOLOTTI, Speserie, p. 203.- Ilfournit à Jules III, de 1550à1553, outre plusieurs roses d'or, deux salières
d'argent doré ; Artisti lombardi, vol. I, p. 242; PLON, op. et loc. cit. AMarcel II il avait fourni son anneau du pêcheur
(Tes. segr., 1555, vol. 2, fol. 93 verso, 11 septembre).
4) BERTOLOTTI, Speserie, p. 196.- Pietro était peut-être de la dynastie des orfèvres florentins « del Lavacchio »,
unparent(?) de Raffaello chez lequel Cellini pesait, en 1553, les diverses pièces de son Persée (PLON, op. cit., p. 219 ;
CELLINI, Trattati dell'oreficeria e della scultura, éd. Carlo Milanesi, p. 9, 46, 249 et 253).
(5) BERTOLOTTI, Artisti subalpini, p. 118 ; Artisti lombardi, vol. I, p. 255.,
(6) Id. , Speserie, p. 196.
(7) Ibid., p. 194.
(8) Un «Pasquale spadaro>> figure par deux fois, rione del Borgo et rione del Ponte, dans lerecensementde Rome.
dressé vers 1527. Cf. GNOLI, Descriptio Urbis, p. 436 a et 447 a.
Un Pasqualino d'Ancona estmentionnépar CELLINI,
Vita, éd. Bacci, p. 377 (cf. FEROSO, Ancona, p. 43).
(9) Cependantil est juste de dire que dans les comptes il est appelé « Cherubino dell' Orologio » ou « dalli orlogii »..
(10) CELLINI, Vita, éd. citée, p. 249 et 252.
174
LA COUR DE PAUL 111
vint à figurer au nombre des camériers de Paul IV (1). Il devait alors être très âgé ; car, dès 1503, le
roi d'Angleterre Henri VII avait exprimé, par l'intermédiaire de Bartolomeo Cavalieri, envoyé du
duc de Ferrare Hercule Ier, le désir de posséder une de ses œuvres (2). En 1518, le duc lui achetait une
horloge, et, en 1524, il était à Rome, au service de Clément VII, qui lui faisait payer, le 27 mai,
50 ducats « per conto d'uno reloi», et qui lui accorda bientôt une provision mensuelle de 4 écus
d'or (3). Les Farnese paraissent l'avoir moins goûté que ne l'avait fait le pape médicéen, et c'est
sûrement pour tenter d'entrer dans leurs bonnes grâces qu'il offrit à Paul III,le 24 décembre 1537,
un de ses meilleurs travaux. Longtemps après, en 1550, il renouvelait ses offres de service au cardinal
Alessandro, qui, toujours courtois et libéral, lui adressait de Gradoli, le billet suivant, daté du
24 août :
<>. Il fut remplacé par Agostino CAPICELLI (7),
qui, lui-même, eut pour successeurs, en 1534, FRANCESCO DE PÉROUSE (8), et de 1535 à 1550, un
Allemand, ADRIEN « BOICHANT », qui reçut le titre de « custos seu gubernator horilogii Palatii
apostolici » (9).
(1) MORONI, Dizionario di erud. stor. eccl., vol. XXIII, p. 67, col. 2.
Clément VII avait aussi un camérierqui
portait le prénom de Cherubino et qui déjeuna, le 3 mars 1527, avec le futur cardinal Girolamo Aleandro ; mais il estbien
douteux que ce personnage doive être identifié avec notre horloger. Cf. Henri OMONT, Journalautobiographique du car
dinal Jérôme Aléandre, 1480-1530 (Paris, 1895, in-4° ; tiré des Notices et extr. des mss., t. XXXV, 1re partie), p. 52.
(2) Giuseppe CAMPORI, Gli orologieri degli Estensi, dans les Atti e Memorie della R. Dep. per la provincia dell'
Emilia, nuova serie, vol. II, 1877, p. 249-251.
(3) Eugène Müntz, Spese di papa Clemente VII, dans l'Archivio storico dell'arte, vol. I, 1888, p. 39 et40. Dans la
dernière des mentions reproduites par MünTz, il faut naturellement corriger Horganis (?) en Sforzanis. Cf. BERTOLOTTI,
Artisti modenesi, p. 69 ; Artisti lombardi, vol. I, p. 270.
(4) Lettere Farnesiane, t. I, p. 327 (Padoue, 1765, in-8°) .
(5) CAMPORI, loc. cit. : « Perdue orlogii dorati, videlicet uno tondo che sveglia et sonal'hore; l'altro a torre con una
cubba che sveglia e mostra l'hore... »
(6) Ibid. : « ... horariis conficiendis prope singulari, ut eius ea in arte excellentia] a summis Pontificibus et a
CaroloV. Imperatore praemiis et dignitatibus aucta non semel fuerit.>>>-Le frère de Cherubino, Girolamo, et unde leurs
parents, Francesco, tous deux établis à Reggio,eurent pour clients, de 1529 à 1549, les Gonzague et les ducs de Ferrare.
(7) Tes. segr., 1533-1534, fol. 65 verso.
(8) Ibid. , fol. 71.
(9) Tes. segr. , ann. citée, passim.
CHAPITRE VII
LES ARTS MINEURS
LES DÉCORATEURS. LES MAROQUINIERS
Parmi les plus fidèles décorateurs de l'appartement pontifical figure un « orpellaro », un doreur
de cuirs, GIOVANNI RUSCONI, de Robbio (diocèse de Verceil), qui habitait « alla cloaca di Santa Lucia>>>
(1548) (1), puis « al Pellegrino » (1549) (2), c'est-à-dire via del Pellegrino. Fils de Domenico Forlè
(Forei) ou Paterlini (3), il paraît être venu vers 1527 (4) à Rome où, sous le pontificat de Paul III,
il fut rejoint par un de ses frères, Bartolomeo, lui-même batteur d'or et doreur sur cuir (5), dont
il fit son associé (6). Il mourut avant le 5 octobre 1567 (7) .
Bertolotti avait déjà relevé, dans les registres de la Trésorerie pontificale, des traces de l'acti
vité de Giovanni Rusconi, mais seulement sous le règne de Jules III, en l'année 1552, où il travail
lait à la fameuse vigna qui devint la Villa Giulia (8). Nos registres attestent qu'auparavant il avait
été au service de Paul III. Dès le 8 mai 1536, il fournissait des tentures de cuir pour la chambre et
l'antichambre du Pape. Le 4 septembre suivant, c'était une bande de cuir rouge pour mettre sous
les pieds dupontifependantses repas. Le21 juillet 1537,le 15 septembre 1538 et le 3 juillet 1544, ilremet
tait à la Crédence secrète et à la « Foreria » des tapis et des pièces de cuir, dont une pour mettre sous
le lit du souverain. Enfin, le 27 décembre 1543 et les 28 et 30 août 1544, il vendait des tapis et des
coussins de cuir doré pour les litières pontificales.
(1) BERTOLOTTI, Artisti subalpini, p. 66
(2) BERTOLOTTI, Artisti lombardi, vol. I, p. 377. D'ailleurs, les deux adresses, si voisines l'unede l'autre par la
date et le site, doivent, àpeu près certainement, se confondre.
(3) BERTOLOTTI, Artisti subalpini, p. 54, 55.
4) Ibid., p. 55 et 136.
(5) Ibid., p. 52, 55 et 137. Bartolomeo, « chevalier de Saint Pierre, familier du Pape », futexécuteur testamentaire
de l'archéologue Bartolomeo Marliano, son compatriote ; il était encore de ce monde en 1595 (ib., p. 139). De deux autres
frères, l'un, Benedetto, mourut à la guerre, et l'autre, Giovanni Antonio, qui exerçait aussi le métier de doreur sur cuir,
se jeta de la fenêtre d'une maison qu'il habitait à Rome, au Paradiso (ib., p. 55). Un autre « battiloro », Giovanni Bat
tista de Gênes, figure dans les comptes pontificaux, le 21 avril 1542 ; il avait fourni 500 feuilles d'or pour les stucs de
la voûte de la Salle royale (BERTOLOTTI, Artisti subalpini, dans les Atti della società di archeologia e belle arti per la
provincia di Torino, vol. I, 1875, p. 285).
(6) Ibid, p. 136.
(7) Ibid. p. 136.
(8) Ibid., p. 136.
176
LA COUR DE PAUL UII
Paul III fut un bon client pour Rusconi. Les sommes auxquelles montent les dépenses affec
tées aux tentures de l'appartement prouvent qu'il ne s'agissait pas seulement de réparations
partielles et que Paul III ne se bornait pas à entretenir l'aménagement de ses prédécesse urs (1)
On sait que les cuirs des chambres privées du Vatican restèrent en place jusqu'au pontificat de
Pie VI (1775-1799). On trouva probablement alors que leur renouvellement entraînerait la Chambre
apostolique à des frais excessifs. Il est regrettable que l'on n'ait rien conservé de ces beaux
ouvrages (2).
Un présent qui dut être fort agréable à Paul III lui fut apporté à Rome, en septembre 1536,
par l'artiste lui-même, FRA DAMIANO DA BERGAMO, frère convers de l'Ordre des Frères Prêcheurs,
l'un des plus célèbres ouvriers en ces travaux délicats que l'on désignait sous le nom de tarsia (marque
terie). Le tableau représentait, comme on pouvait s'y attendre, la Conversion de saint Paul, et c'était
un cadeau intéressé (3).
Le 8 septembre 1536 raconte le P. Vincenzo Marchese (4)-Frà Damiano obtenait du pape
Paul III un bref, en date du 8 septembre, confirmant toutes les indulgences que Clément VII, lors
de son séjour à Bologne (au mois de mars 1530), avait concédées à la chapelle de saint Dominique
[où l'artiste s'était si fort distingué] ». Et le savant historien des artistes dominicains ajoute en note :
<< Il est vraisemblable que Frà Damiano offrit à cette occasion au pape Paul III « una capelletta
con l'ancona dell' altare, simile ad un altra fatta per Enrico II re di Francia », toutes deux exécutées
de pièces de bois rapportées et dont parle le dominicain Leandro Alberti. Voici le passage d'Alberti
auquel fait allusion le P. Marchese : « Assai altre opere hà fatto, che sono state portate in quà & in là
per Europa, che fanno maravegliare ogni grand' ingegno, vedendo la sottilezza della comissura di
detti lavoreri, e fra l'altre una capelletta con l'ancona dell' altare di Henrico. II. Re di Francia,
&con l'ancona fatta à Pavolo. III. moderno Papa, & con molte altre, che sareilongo inrammen
tarle (5) ». On voit que le P. Marchese, en modifiant légèrement le texte d'Alberti, en a précisé le sens ;
selon lui, l'œuvre d'art offerte à Henri II, qui est encore aujourd'hui, du moins je l'espère, au châ
teau de La Bastie, en Forez, et qui représente la Cène (6), serait une réplique de celle que Frà Damiano
avait donnée à Paul III. Le texte de notre registre montre que la modification apportée au pas
(1) Alamodeste somme portée auregistre le 8 mai 1536(22 écus) il faut eneffet ajouter celle qui figure au fol. 48 v°
du registre des mandats de 1545-1546, sous la date du 13 juillet 1545 : « Magistro Joanni Russono auripellario duca
tos auri 254 de paulis 10 pro ducato,
ato, pro pretio pellium aurearum per eum consignatarum domino Julio sue Sancti
tatis forerio pro servitio sue Sanctitatis. » Sur ces 254 écus, un acompte de 100 écus fut versé à Rusconi le 30 sep
tembre seulement (Tes. segr., 1545, fol. 91 vº) .
(2) Il paraît avoir eu un concurrent dans ce Niccolò Greco qui, le 9 janvier 1542, recevait 5 écus 60 « per lo pretio
di unpalliotto di corio lavorato che ha dato per l'altar della Capella secreta di sua Santità » (Bertolotti, Speserie
p. 183 ; cf. Jahrbuch de Berlin, 1909, p. 148, nº 137, 13 janvier, 5 écus 60), et qui, en effet, exerçait la profession d'or
pellaro (BERTOLOTTI, Artisti veneti, p. 50). Un « Nicolo Greco > est gratifié par Paul III, le 21 août 1538, d'une belle
aumône de 15 écus d'or. Je ne saurais dire s'il s'agit du même personnage.
(3) Voy. Registre, p. 69.
(4) Memorie dei più insigni pittori, scultori e architetti domenicani (Firenze, 1854, in-12), vol. II, p. 241 et n. 2.
(5) Descrittione di tutta Italia (Bologna, 1550, in-fol.), fol. 368 et vº.
(6) MARCHESE, op. et vol. cit., p. 371-372. Frà Damiano a aussiexécutéunereprésentationdela Cène dans lachapelle
de Saint-Dominique à Bologne (ibid., p. 248).
LES ARTS MINEURS
177
sage d'Alberti par le P. Marchese, si légère qu'elle puisse paraître, en a non seulement précisé, mais
faussé le sens. Le célèbre « intarsiatore » était meilleur courtisan que ne le pensait son historien et
que ne pouvait le faire croire son attitude vis-à-vis d'Alfonse d'Este, duc de Ferrare, lorsque ce der
nier, le 7 mars 1530, en compagnie de Charles-Quint, avait frappé à la porte de la cellule du religieux
et s'était heurté à un refus (1). Aussi avait-il choisi pour l'œuvre qu'il destinait au Pape un sujet qui
pût flatter l'amour-propre de Paul III.
Frà Damiano avait un frère, nommé Stefano, resté dans le siècle, qui fut un de ses meilleurs
collaborateurs dans la décoration de la chapelle de saint Dominique (2). La vie du religieux, toute
consacrée à l'art, prit fin le 30 août 1549 (3).
DOMENICO MANCINI, gainier près de la Chiavica di Santa Lucia, c'est-à-dire dans la via del
Pellegrino ou tout près de cette rue (4), était sûrement le plus habile homme en son métier qui fût
alors à Rome. Paul III semble lui avoir réservé toutes ses commandes. Ce devait être un véritable
artiste, et, du reste, il maria sa fille Tarquinia, le 19 avril 1551, avec un orfèvre de Crema, Giovanni
Francesco Romanelli. Le contrat fut signé dans sa maison, sise au rione Parione : il assurait à la jeune
épouse une dot de 100 écus et un trousseau d'une valeur de 50 (5). Le 26 juin 1536, il avait livré
une caisse pour mettre le grand calice de cristal du Pape(6), et le 5 mars 1544, divers travaux qu'il
avait faits pour la Crédence secrète (7). L'année suivante, le 16 juin, on lui paie un étui travaillé
à la gimina et orné des armes pontificales, qu'il avait consigné au barbier Giovanni pour l'usage
personnel du maître (8), et enfin, le 10 mai 1546, il reçoit le prix de deux boîtes recouvertes de cuir
violet, doublées d'étoffe, également aux armes de Paul III : elles étaient destinées à renfermer
deux coupes de nacre fabriquées dans l'Inde et qui avaient été «données à Sa Sainteté pour boire de
l'eau
(9) .
(1) Ibid., p. 235, 236.
(2) Ibid., p. 242, 243.
3) Ibid., p. 249. Le ms. 157 du Museo d'antichitàde Parme contientlacopie d'un acte qui paraît avoir échappé
aux recherches du P. Marchese : c'est une sentence d'arbitrage parlui prononcée ausujetdes travaux exécutés parMar
cantonio Zucchi dans le chœur de San Giovanni Evangelista de Parme. Cf. MAZZATINTI, Cataloghi, vol. XIV, p. 129
130. Sur Frà Damiano, voy., outre Alberti et Marchese, l'article de RONCHINI, Intorno alla scoltura in legno, dans les
Atti e Memorie... per le provincie modenesi e parmensi, vol. VIII (1876, in-4°), et celui de Michele CAFFI, Raffaello da
Brescia, maestro di legname insigne del secolo XVI, dans l'Archivio storico lombardo, anno IX, fasc. 4, où l'on apprend
que Frà Damiano appartenait à la famille Zambello de Bergame et qu'il avait eu pour maître Frà Sebastiano Schia
vone de Rovigno.
(4) Deux « astucheri » (astuccieri, fabricants d'étuis) portant lenomde Giovanni Domenicoetde Domenico, tous
deux au rione Parione, figurent dans la Descriptio Urbis publiée par GNOLI, p. 462 a. Si, dans l'une des deux mentions,
il s'agit bien de Domenico, il aurait été établi avant le sac de 1527.
(5) BERTOLOTTI, Artisti lombardi, vol. I, p. 314.
(6) Tesoreria segreta, 1536-1536 A, fol. 153.
(7) Voy. Registre, p. 281.
(8) BERTOLOTті, Speserie, p. 195. Bertolotti a lu Mariano au lieu de Mancino, et ginuina. La mention est tirée
du registre de la Tesoreria segreta, 1545-1548, fol. 55 vº.
(9) BERTOLOTTI, Speserie, p. 199 (d'après le registre de la Tesoreria segreta, 1546, fol. 89, vº).
23
178
LA COUR DE PAUL 111
LES FESTONNEURS ET LES BRODEURS
Les métiers de festonneur et de brodeur comptaient parmi les plus actifs et les plus rémuné
rateurs qui fussent à Rome aux belles époques de l'ancien régime. Témoins le « banderaro » FRAN
CESCO GUCCI, un Florentin, et le brodeur ANGELO FARFENGO ou Farfenghi, de Crémone.
Francesco Gucci était déjà établi dans la ville avant le pontificat de Paul III. En 1526-1527,
il habitait dans le rione Ponte (1), et nous savons que, le 1er septembre 1525, il avait été taxé, à
l'occasion de la plus-value dont bénéficiait sa maison par suite de la construction de la nouvelle Mon
naie (2). Sous Paul III, sa situation se maintint, ou s'affermit (3). En outre de la rémunération de ses
travaux, le pape Farnese lui octroya une pension mensuelle de 6 écus (4), et ses « garçons » rece
vaient, chaque 1er janvier, au moins de 1536 à 1544, des étrennes montant à 7 écus. Dès le
20 mars 1535, le trésorier lui versait 55 écus, prix d'un drapeau de taffetas rouge aux armes
du pape, du cardinal-camerlingue et de la commune de Pontecorvo, commune qui, lors de
l'élection d'un nouveau souverain, avait droit à ce don de joyeux avènement (5). Le 4 mai suivant,
on dresse en sa faveur un gros mandat de 772 écus 8 sous et 6 deniers : lors du voyage de Paul III à
Civitavecchia, le mois précédent, il avait fabriqué huit étendards pour les galères pontificales, four
nissant le drap, les phalères, les peintures, les hastes et les étuis (6). Le 22 décembre, il passe à des
travaux moins guerriers ; il livre toute une litière, avec ses corniches, colonnes et chapiteaux sculptés
et dorés, à l'usage de l'antichambre du pape (52 écus), et un dais (umbraculum seu faldistorium)
pour la grande Chapelle, c'est-à-dire pour la Sixtine (30 écus) (7). Et, en cette même année 1535, il
avait fourni pour le Carnaval les étoffes que l'on avait l'habitude de donner en prix aux vainqueurs
(1) GNOLI, Descriptio Urbis, p. 445 a, dans le rione Ponte : « Francesco fiorentino... 4 »; cf. p. 459 b, dans le rione
Parione : « Francisco fiorentino setarolo... 2 », p. 463 b, dans le rione Borgo : « Francisco setarolo... 5 » ; p. 467 b, dans
le rione Regola : « Francisco recamatore... 4 ». La première indication (rione Ponte) est certaine, à cause du voisinage de
la Zecca, bâtie par Bramante. Dans nos registres, il est presque toujours qualifié de « setarolo » ou « setaiuolo, setaiolo ».
(2) E. RODOCANACHI, Rome au temps de Jules II et de Léon X, p. 416.
(3) Il n'est pas sûr, en effet, qu'il ait jamais été fournisseur officiel du Palais sous Clément VII. En tout cas, à
l'époque du recensement publié par le comte Gnoli, il ne l'était pas ; cf. p. 504 a, dans le rione Sant'Angelo : « Jacobus
banderarius SS. mi D. N... 5. » Le 26 juin 1526 et le 7 juillet 1529, nous rencontrons, muni de ce titre, un autre com
patriote de Francisco Gucci, Bartolomeo ou Baccio di Biagio Della Croce, dont nous parlerons un peu plus loin.
(4) Ce traitement courut à partir de janvier 1536 (voy. ci-dessous, p. 179, n. 3). Cf. Tesoreria segreta, 1537-1538,
fol. 92 vº, 93, 102, 123, 123 vº, 175 ; 1538-1539, fol. 25 vº, 31 vº, 43 ; 1542-1543, fol. 41 vº, 42 vº, 45 vº, 51, 53 ; 1543
1545, fol. 44, 45 vº, 51, 53 ; 1548-1549, fol. 79 ; 1549, fol. 55 ; 1539-1544, fol. 129 ; Mandati, 1540-1541 B, fol. 12; 1541
1550, fol. 5 vº.
(5) « Magistro Francisco Florentino, S. D. N. Pape banderario, sc. 55 auri de Camera de juliis 10 pro
sc, pro precio unius vexilli taffettani rubei cum insigniis sue Sanctitatis ac nostris et comunitatis Pontis Curvi, eidem
comunitati in assumptione cuiuslibet pontificis dari soliti et pro assumptione S. D. N. D. Pauli pape III
moderni pontificis concessi. » Mandati, 1535-1537, fol. 29 vº. Cet article est très curieux, Pontecorvo n'étant point situé
dans les États pontificaux, mais dans la province actuelle de Caserta (arrondissement de Sora).
(6) Mandati, 1535-1537, fol. 51 vº.
(7) Tesoreria segreta, 1535-1536 A, fol. 115.
LES ARTS MINEURS
179
des courses ; le mandat, qui se monte à 276 écus 25, est trop curieux pour n'être pas donné ici intégra
lement, au moins en note (1).
L'année 1536 ne fut pas moins bonne pour Francesco Gucci. Dès le 1er janvier, Bernardino
Della Croce lui remettait 12 écus pour un pallium et une chasuble blanche (avec frange de soie
et d'or au pallium) que lui avait commandés Vittoria Farnese à l'intention d'une église de l'État (2).
C'était là un modeste ouvrage ; mais deux jours après, le 3, il recevait 70 écus « pour son traitement
curial et la mission, dont il a été chargé, par motu-proprio, de réparer les ornements et les drapeaux
(bandierae) de la Foreria, de la Sacristie et du Château Saint-Ange>>>(3). Cette fois, il se trouvait ainsi
définitivement attaché au service de la cour. Le 31 janvier, on lui solde les fournitures qu'il avait
faites au Pape et aux Révérendissimes, c'est-à-dire aux jeunes cardinaux Alessandro Farnese et
Guidascanio Sforza, au mois de juillet précédent (235 écus) ; le même jour, il reçoit 21 écus 50
qu'il est chargé de remettre à Vincenzo Sovarello (4) qui a vendu au souverain, pour Vittoria Farnese,
une « palla>> ovale et une croix d'or. Le 23 mars et le 24 avril, le trésorier lui règle les notes
d'Ottavio Farnese (53 et 33 écus).
En 1537, nous ne trouvons dans notre registre qu'une seule mention qui le concerne : le 5 jan
vier il touche 23 écus 78 baïoques à lui dûs pour une tenture de taffetas vert qu'il a faite « pour
couvrir le portrait de dame Giulia Gonzaga », le célèbre tableau de Sebastiano del Piombo (5).
Le 12janvier 1538, Francesco Gucci partage 84 écus avec le brodeur Angelo, dont nous allons
parler et qui l'avait aidé à confectionner la ceinture de l'épée et le bonnet de Noël de l'annéeprécé
dente : Francesco reçoit 16 écus, son collaborateur 68 (6). Le 4 octobre 1540, le trésorier lui remet
444 écus pour divers articles et travaux destinés à la personne du Pape (7). Un mandat du 6 avril
(1) « Solvatis magistro Francisco Florentino S. D. N. pape banderario duc. trecentos et sex auri et solid.
15 ad rationem X iuliorum pro ducato ei debitis pro precio drapporum et aliarum rerum ac mercede sue manifacture
infrascriptorum novem bracciorum in instantibus comitii carnisprivii ut moris est in cursu victoribus datorum et dan
dorum videlicet pro :
<>>
(5) Pour cette mention et les suivantes, cf. Registre, p. 280 et 312.
(6) Tesoreria segreta, 1550, fol. 17.
(7) Delle Lettere del commendatore Annibal Caro, scritte a nome del cardinale Alessandro Farnese... vol. II,
p. 118, nº 69 (Rome, 10 juillet 1552).
(8) BERTOLOTтı, Artisti subalpini, p. 78 (documentdu1erjuin 1561). Ily avaità Rome, en 1557, un« Francesco de
Cirugi da Milano ricamatore » : de là le léger doute que j'émets au sujet de cette identification. Voy. BERTOLOTTI,
Artistilombardi, vol. I, p. 369.
(9) RODOCANACHI, ouvr. et p. cités un peu plus haut.
Dans le rione Ponte ; septmaisons seulementlesépa
raient de Gucci : Cf. GNOLI, Descriptio Urbis, p. 445 a. Dans le même quartier habitait « Angelo de lo Schiavo alias bande
raro... 5 ». Ibid., p. 431 a.
(10) BERTOLOTTI, Artisti francesi, p. 71 ; Eugène MünTz, Les historiens etles critiques de Raphaël (Paris, 1883, in-8°).
p. 141-143 (en latin : « Angelus de Farfengo, laicus cremonensis, S. mi domini nostri pape Clementis VII in Urbe reca
mator, in regione Pontis. »)
(11) Si j'insiste quelque peu sur ce point, c'est que Bertolotti a hésité entre Angelo Farfenghi etun autre brodeur,
vénitien celui-là, Angelo Madonna ou Malonna, auquel, le 26 août 1542, Paul III octroya une pension mensuelle de
4 écus (Artisti veneti, p. 49-50). Je reproduis ici le mandat, qui a été mal publié : « ...Solvas et numeres quolibet
LES ARTS MINEURS
181
Le 30 avril 1535, Angelo recevait 60 écus en acompte sur la confection et les fournitures de
seize couvertures aux armes du pontife, destinées aux mules de l'Écurie (1) ; le 15 juin suivant,
69 écus pour solde du travail précédent, pour le dossier de la « sedia » pontificale, les armes brodées
sur le dais (supracelum) de ladite « sedia », sur deux « cervicalia » ou petits coussins de brocart et sur
la couverture du saint Sacrement « que l'on a coutume, lorsque le Pape est àcheval, de porter avec
lui (2) ». Le 3 janvier 1536, on dresse en sa faveur un mandat de 82 ducats 4 sols qui doivent le
récompenser de la confection du bonnet et de l'épée de la Noël précédente, y compris les perles du
bonnet (3). Peu après, 12 ducats lui étaient comptés pour les ornements de deux chapes du pontife
défunt Clément VII, puis 2 ducats pour la mitre des cardinaux et pour une autre mitre à l'usage
des prélats de la Chapelle, qu'il avait réparée en 1535 (4). Le travail abondait alors dans l'atelier de
Farfengo: le 14 janvier, 100 écus lui sont versés, en acompte,sur une importante décoration dont il
a été chargé dans la chambre du Pape, et 100 autres écus, au même titre, le 18 avril 1536 (5). Le
21 juillet, le trésorier secret lui remet 25 écus qu'il emploiera à acheter des perles et autres orne
ments pour la « mitre précieuse » (6). Si je ne puis rien citer à son avoir en l'année 1537, il n'en
est pas de même pour la suivante. Cette année-là, comme en 1535, c'est lui qui est chargé, avec
Francesco Gucci, de la confection du ceinturon de l'épée et de celle du bonnet de Noël : le
12 janvier 1538, Gucci touche 16 ducats, et Farfenghi 68 (7). Le 2 mars, 200 écus sont manda
tés au nom de celui-ci il avait brodé plusieurs armes et calices sur les litières, la caisse de l'Eu
charistie et les « sedie » pontificales (8). Le 30 octobre, il est chargé de reviser, avec Roberto Calcagni,
une note de vêtements sacerdotaux fournis au Pape et montant à 620 écus, prix qu'ils réduisent à
300 écus (9). Un mois plus tard, le 29 novembre, il reçoit 20 écus « pourla broderie du manteau et
du bonnet de l'Illustrissime seigneur le Préfet de la Ville », c'est-à-dire d'Ottavio Farnese, élevé à
mense, a prima Septembris proxime futuri incipiendo, Angelo Madonne (Malonne ?) Veneto racamatori in Urbe,
ducatos auri de Camera quattuor de juliis 10 pro ducato, quos Sanctitas sua eidemAngelo pro eius substentatione ad
Sanctitatis sue beneplacitumsic solvi mandavit. » Mandati, 1540-1543, fol. 81. Ce brodeur fitpartie,selonMissirini, de
la Congregazione dei Virtuosi au Panthéon.
(1) Mandati, 1535-1537, fol. 45.
(2) Ibid , fol. 65 vº : « ...et sex aliorum insigniorum in coperta sacratissimi corporis Christi, que, dum Pontifex
equitat, deferri solet. » Dans le registre Spese manuali, 1535-1540, on lit : « Dedi magistro Angelo recamatori, die 1
junii, pro sex armis recamatis cum insignibus ecclesie nostre pro paramentis damaschi albi supradictis pro beneficiatis
sc. 3. » Je ne saurais dire si cet article, trouvé dans les notes d'Eugène Müntz, provient des comptes de la Basilique
vaticane, ou peut-être de ceux de Sant'Agostino, qu'il avait fait dépouiller.
(3) Mandati, 1535-1537, fol. 91 v°; cf. Tesoreria segreta, 1535-1536 A, fol. 116 (où l'onvoit quele mandatdu 3jan
vier fut payé le 11).
(4) Tesoreria segreta, 1535-1536 A, fol. 116 vº.
(5) Jahrbuch de Berlin, 1909, Beiheft, p. 319, nº 13.
(6) Voy. Registre, p. 62. Les perles paraissent s'être vendues fort cher: le11 mars 1540, la Chambre pontificale
en achète pour 157écus à un certain messer Battista Puccini ; malheureusement, l'article ne donne aucun détail qui
puisse permettre un essai d'évaluation (ibid., p. 143, nº 71) .
(7) Tesoreria segreta, 1537-1538, fol. 102. Le mandat estdatédu 10 (Mandati, 1537-1541, fol. 66 vº-67), etles deux
collaborateurs y sont nommés « magistri Angelus de Cremona ricchamator et Franciscus Guccius banderarius sue
Sanctitatis ». Cf. Tesoreria segreta, fol. 43 (28 octobre 1538).
(8) Mandati, 1537-1541, fol. 86 vº.
(9) Le dernier article de cette note est ainsi conçu: « Canne 2palmi 4de panno rosso garbo per foderarle casse della
cera. Lº (?) maestro Francesco banderaro... ▼ 9.1 [ridotto a :] ∇ 8.8. »
182
LA COUR DE PAUL III
cette dignité vingt-huit jours auparavant. Le 9 juin 1539, on lui donne un acompte sur l'ornement
ou broderie qu'il doit faire à la chape nouvelle (1), et le 9 septembre, un autre acompte de 200 écus
sur la broderie de deux chapes et sur « d'autres ouvrages faits et à faire pour le service de Sa Béati
tude » (2). Enfin on lui confie de nouveau, en novembre, la broderie du bonnet et celle de la gaine
de l'épée « que Sa Sainteté a coutume de donner à quelque prince » (3). Le solde de ce travail
fut ordonnancé le 5 janvier suivant (4). Ce même jour, il reçoit 300 écus pour l'ornement, sur champ
blanc, fait à une chape du souverain (5) ; le 21 août, 28 écus pourle dossier (humerale substentaculum)
de la « sedia » et pour six armes aux « palii » de la fête de l'Assomption dernièrement passée (6), et,
le mêmejour, 100 écus d'acompte sur l'ornement qu'il doit faire à la nouvelle chape de satin bis
sus ou cramoisi (7) ; le 28 septembre enfin, 200 écus, solde de la broderie de cette chape (8).
destinée, elle aussi, au Pape.
L'année 1541 commence pour Angelo Farfenghi par des commandes plus modestes: le 30 jan
vier, 18 écus pour la broderie d'or et d'argent, d'une aube («camisum») du Pape, et pour celle du dos
sier de la « sedia », ouvrages consignés l'un au sacriste, l'autre à Francesco Gucci (9) ; en février,
51 écus pour 30 onces de cordonnets d'or qu'il a cousus, comme broderie, sur la doublure de damas
cramoisi d'une litière pontificale (10). Mais, le 21 avril, une plus forte commande lui est échue : cejour
là, les ornements de plusieurs chapes de la Chapelle lui valent « 141 écus d'or en or », sans retenue
(sine retentione) (11). En 1542, je ne puis signaler qu'un seul paiement fait à Angelo : le 26 août, le
camerlingue établit à son nom un mandat de 40écus, prix de douze armes et dequatre calices qu'il a
brodés et cousus sur le pallium ou tabernacle du saint Sacrement, dans la Chapelle Sixtine (12).
Pour l'année 1543, je ne trouve rien à noter. La liste des créanciers du cardinal Alessandro Farnese,
dressée en 1544 nous apprend qu'Angelo travaillait aussi pour l'aîné des petits-fils de Paul III (13).
Le 28 janvier 1544,il recevait 31 écus pour divers travaux destinés au Pape; le 29 mai suivant,
10 écus pour les armes du pontife qu'il avait brodées sur une portière de brocart « riccio» et consi
gnées à Piergiovanni Aleotto. Le 27 mars 1546, la Chambre apostolique donne l'ordre de lui acquitter
le solde (36 écus) des broderies d'or par lui faites ou à faire sur les parements des chapes, chasubles
(1) Mandati, 1539, fol. 95 (100 écus) .
(2) Ibid. , fol. 175.
( 3) Mandati, 1539-1542, fol. 50 vº (22 novembre, 195 écus) ; cf. Mandati, 1537-1541, fol. 281.
(4) Mandati, 1540-1541 A, fol. 2 vº (5 écus 63 bol.) ; cf. Mandati, 1537-1541, fol. 281.
(5) Mandati, 1537-1541, fol. 281 ; cf. Mandati, 1540-1541 A, fol. 4 vº et 5.
(6) « ... necnon sex insigniis paliorum festi Assumptionis B. M. V. proxime preteriti per eum factis et magistro
Francisco banderario consignatis... >>>
(7) « ...in pluviali novo rasii bissini seu cremesini sue Beatitudinis. » Mandati, 1537-1541, fol. 345 vº; cf. Tesoreria
se greta, 1540-1541, fol. 70 vº et 78.
( 8) Mandati, 1537-1541, fol. 356.
(9) Mandati, 1539-1542, fol. 222 vº.
(10) Tesoreria segreta, 1540-1543, fol. 15.
(11) Mandati, 1539-1542, fol. 106 vº.
(12) Ibid , 1541-1543, fol. 80 vº.
(13) LANCIANI, Storia degli scavi, vol. II, p. 155.
LES ARTS MINEURS
183
et autres vêtements de la Chapelle (1). Le 10 avril, le trésorier lui paie deux ouvrages : la broderie
d'un dossier de la « sedia de velours » (6 écus), remise aux officiers de la Crédence, et deux armes du
Pape fixées à la couverture de velours cramoisi récemment faite pour la litière du souverain
(12écus) (2). Le 28 avril, ce sont des armes de Paul III, pour ornerla litière pontificale et la couverture
d'un cheval nommé Gabasso (3). Le 9 juillet, un nouveau paiement de 94 écus complète celui du
28 avril, qui n'était sans doute qu'un acompte (4). La fête de Noël lui ramène, en 1547, un de ses
travaux habituels : 63 écus lui sont avancés, le 22 novembre ou le 5 décembre, dont 40 pour l'achat
des perles nécessaires au bonnet et au ceinturon,18 pour le ceinturon et 5 pour la confection du bon
net (5). Puis, le 27 décembre, on lui rembourse le prix de 18 onces d'or filé qui doivent entrer dans
l'ornementation des harnachements, en velours violet, d'un cheval turc que le Pape avait donné à
sa petite-fille, Vittoria Farnese, duchesse d'Urbino, sans doute à l'occasion de son récent mariage
(29 juin) (6). Les comptes de 1548 n'ontjusqu'icirienfourni qui concerne Angelo Farfengo (7). Nous
ne le retrouvons qu'au mois de novembre 1549, où il collabore aux préparatifs des obsèques de Paul III.
Le 23, il reçoit 30 écus pour la broderie d'armes dufeu Pape (8). Le 24,le camerlingue lui délivre un
mandat de 30 écus pour la couture et la broderie des armes du feu Pape sur le manteau funéraire,
ycompris 12 palmes de toile d'or, 3 palmes de satin de soie bleu, 3 onces d'or filé employées dans
cet ouvrage (9) ; et le même jour, un autre mandat lui alloue 80 écus, prix de la broderie d'or et
de soie dont il avait orné la chasuble dont le cadavre avait été revêtu (10). Il dut regretter le
maître, qui, outre les nombreux travaux qu'il lui confia, lui avait octroyé, dès 1537, une pension
mensuelle de 6 écus (11).
La réputation du brodeur était trop bien établie pour que Jules III et Paul IV ne le prissent
pas àleur service. En mars 1551, illui est versé, surune notede120écus, unacompte de30 écus 60(12);
en janvier 1555, un autre acompte de 100 écus sur une facture de 294 écus 40 (13). Cette dernière
somme fut remise à son associé Giovanni Piccinino de Narni, auquel il vendit son fonds le 15 avril
(1) Mandati, 1546-1551, fol. 7.
(2) Tesoreria segreta, 1545-1548, fol. 85 vº.
(3) Ibid. , 1546, fol. 94. Je ne suis sûr ni du cheval ni de son nom.
(4) BERTOLOTTI, Speserie, p. 194 (où l'auteur revendique ce travail pour son favori Angelo Madonna).
(5) Mandati, 1546-1548, fol. 213. En marge : Cassum quia reformatum ut infra. Le mandat se retrouve en effet,
un peu plus loin, au fol. 216, sous la date du 5 décembre.
(6) BERTOLOTтı, Artisti veneti, p. 50 ; Speserie, p. 204 (où cet article est daté du 27 janvier 1548).
(7) Cf. Tesoreria segreta, 1549, 37 vº, 43 vº et 56 vº.
(8) Mandati, 1549-1550 A, fol. 143 vº.
(9) Mandati, 1549-1550 B, fol. 76 vº.
(10) Ibid., fol. 80 vº.
(11) Tesoreriasegreta, 1537-1538, fol. 109 ; 1539-1544, fol. 108 vº; Mandati, 1540-1541 A,fol. 9 ; 1540-1541 B, fol. 1 v°;
1541-1543 B, fol. 196.
(12) Tesoreria segreta, 1551, fol. 28.
(13) Ibid , 1555, fol. 9. En juillet 1555,il figure dans le rôle de la «famille» de Paul IV (MORONI, Dizionario, vol.
23, p. 69 a).
184
LA COUR DE PAUL III
1557 (1). Si l'on en croit Bertolotti, Farfenghi aurait alors été âgé de cent sept ans (2)! En admettant
l'exactitude de cette indication, on pourrait être tenté de reconnaître en lui le brodeur qui avait
travaillé pour Léon X (3). Il aurait donc fourni une carrière remarquablement belle et longue.
Malgré le silence que gardent sur eux nos deux registres, je ne puis guère quitter Gucci et
Farfengo sans nommer deux de leurs confrères qui figurent dans d'autres comptes de Paul III. Le pre
mier, BARTOLOMEO ou BacCIO DELLA CROCE, « banderaro » florentin, avait fourni des étendards à Clé
ment VII dès 1523(4), et c'est sans nul doute lui qui, le 26juin 1527. est appelé « Dominus Bartholo
meus Blasii, sanctissimi Domini Nostri banderarius » (5). On le rencontrede nouveau dans les comptes
de 1531, 1532 et 1533 (6), et on le voit, en 1535, entré au service de Paul III, bien qu'il eût perdu
son titre officiel : le 13 janvier, un ımandat lui attribue 203 écus 10 bolognins, en particulier pour la
broderie de six insignes ou armes du feu pape Clément VII, probablement à l'occasion des obsèques
du pontife (7). Enfin, le 4 juin 1545, il a livré à Paul III, pour 13 écus 2, « trois chapeaux de plumes
de paon garnis de taffetas double cramoisi et de dentelles d'or, avec leurs caisses » (8). C'est lui que
Benvenuto Cellini nomme «Baccino della Crocie (9) » au sujet de la rixe entre son frère et les gens de
la police romaine; il nous dit, àce propos, qu'il avait sa boutique «in Banchi>>(10). Lesecondpersonnage
que nous tenons à signaler est THOMAS OMESTRE, un brodeur français, qui, le 13 ou le 15 novembre
1546, avait vendu à Paul III, pour 22 écus, « un Christ avec la croix sur l'épaule, tout brodé d'or.
avec des ornements de même » (11). Bertolotti prétend que c'est lui qui figureparmiles membres
de l'Académie de Saint-Luc sous le nom de « Tomaso de Magistro, Guascone » (12).
(1) BERTOLOTті, Artisti lombardi, vol. I, p. 369; Artisti veneti, p. 50 (ici le successeur de Farfenghi est prénommé
Pietro, probablement par erreur) .
(2) BERTOLOTTI, Artisti lombardi, vol. I, p. 369.
(3) BERTOLOTTI, Artisti veneti, p. 49.
(4) Archivio segreto Vaticano, Introitus et exitus, 1523-1524, fol. 143 (étendards) .
(5) Mandati, 1527 A, fol. 192. Ses compatriotes florentins devaient donc l'appeler Baccio ou Baccino (= petit
Baccio) di Biagio, ce dernier prénom étant celui de son père.
(6) Tesoreria segreta, 1531-1532, fol. 67 vº; 1533, fol. 49 vº; cf. fol. 51, 68 vº, 75 : fournitures pourle Pape, le Châ
teau Saint-Ange, les sociétés du Gonfalone et de San Salvatore ; le dernier article « pro pileo Natalis et vagina ensis ».
(7) Mandati, 1535-1537, fol. 5 : « magistro Bartholomeo de Cruce florentino alias Baccio banderario... »
(8) BERTOLOTті, Speserie, p. 194.
(9) Vita, éd. Bacci, p. 100.- Bertolotti a eu la singulière idée de l'identifier avec le trésorier secret Bernardino
Della Croce, qui était Milanais (Artisti lombardi, vol. I, p. 252) .
(10) Dans le recensement publié par le comte Gnoli, on trouve (p. 396 b), dans le rione Monti : « Bacio fiorentino... 4»,
et (p. 512 b), dans le rione Trastevere : « Bacio fiorentino... 8 ». Aucun de ces deux Baccio ne paraît être le « bande
гаго ».
(11) BERTOLOTTI, Speserie, p. 201 ; Artisti francesi, p. 71-72.
(12) BERTOLOTTI, Artisti francesi, p. 72.
CHAPITRE VIII
LES GENS DE MÉTIER AU SERVICE DE PAUL III
Adrien VI avait trop peu de sens artistique pour songer à continuer les travaux de ses pré
décesseurs ; d'ailleurs, l'eût-il voulu que son règne éphémère ne le lui eût guère permis. Clément VII,
accablé par les conséquences de sa politique faible et maladroite, n'avait pu entreprendre à Rome
aucune construction importante; bien plus, depuis le sac de 1527 jusqu'à la fin de son règne, il avait
laissé les ruines s'accumuler sur les ruines. Non seulement il avait rompu la tradition des papes de la
fin du xve siècle, celle de Jules II et de Léon X, mais encore il avait négligé de réparer les désastres
qu'il n'avait pas su conjurer. Le Belvedere d'Innocent VIII s'écroulait peu à peu, le nouveau Saint
Pierre était abandonné, la ville tout entière offrait un spectacle de désolation. Tout l'argent envoyé
par la chrétienté au Saint-Siège allait aux souverains ennemis, à Florence et aux Florentins.
Ému de cette situation misérable qui était nouvelle pour lui et qui blessait son amour-propre
de Romain, sûr que la reprise de la tradition antérieure lui vaudrait l'approbation de tous les Italiens
et relèverait le prestige, si gravement atteint, de la papauté, Paul III sentit, dès son avènement,
qu'il trouverait là ample matière à raviver l'éclat de la Ville, et à illustrer son pontificat, tout en don
nant satisfaction à ses goûts personnels. De là, le grand nombre de constructions et de restaurations
qui, au milieu des soucis politiques les plus graves, ne cessèrent d'être faites, commencées ou conti
nuées, de 1535 à 1549.
Par bonheur, Paul III rencontra, pour ces tâches multiples, de dignes collaborateurs. Les
noms d'Antonio Sangallo, de Michel-Ange, de Pierino del Vaga, de Benvenuto Cellini, restent et
méritent de rester attachés au sien. A côté des grands artistes, il fallait trouver des agents capables
de surveiller l'ensemble des travaux, d'aménager le détail, matériel et financier, d'entreprises très
diverses qui devaient marcher de front; il les trouva en des personnages aujourd'hui oubliés, mais
qui valent d'être tirés de l'oubli, comme Giacomo Meleghino et Latino Giovenale Manetti.
Une prospérité inconnue depuis Léon X excita l'émulation des artistes et celle des gens de
métier. Peintres, sculpteurs, miniaturistes, orfèvres, brodeurs, tous, jusqu'aux batteurs d'or, aux
menuisiers et aux maçons, comprirent que les beaux temps d'avant le sac étaient revenus et que, de
longtemps peut-être, ils ne reverraient un patron aussi empressé à employer leurs talents. Déjà leurs
noms se pressent dans les deux registres que nous étudions : que serait-ce si la série entière des
comptes de ce pontificat était connue et dépouillée? Mais ceux qui ont été relevés jusqu'ici suffisent
24
186
LA COUR DE PAUL 111
à donner une idée de l'activité qui régna à Rome pendant les quinze années du règne farnésien.
Deux méthodes s'offraient à nous dans l'exposition qui va être tentée. Il fallait ranger les men
tions recueillies soit sous la rubrique de chacun des monuments où s'étaient exercés les talents des
artistes et des gens de métier, soit sous le nom de chacun de ces derniers. Il a paru que, pour éviter
de fatigantes redites et pour rendre parfois à ces personnages lointains un peu de leur vie à jamais
disparue, le second procédé devait être adopté. Grâce à la table, les archéologues pourront facilement
grouper les mentions qui les intéressent particulièrement et se consoler ainsi de la préférence qui a
été donnée à la manière moderne de présenter les faits historiques sous leur aspect le plus humain.
Les principaux travaux exécutés sous le règne de Paul III, à Rome et dans les environs de
la ville, sont la continuation de la basilique de Saint-Pierre, la restauration du Belvedere et l'amé
nagement du nouveau jardin (Orto Paulino), l'achèvement de la décoration de la chapelle Sixtine,
la construction de la chapelle Pauline, les modifications apportées à l'Araceli, au palais de San Marco
et à la défense de la Ville, les premiers essais d'appropriation de Montecavallo, la réédification de
Frascati, la réfection du Capitole, d'importants ouvrages de voirie, et enfin le Palais Farnese. C'est
sur ces nombreux chantiers que se déploya l'activité des hommes, les uns très célèbres, les autres
fort obscurs, dont on va brièvement esquisser la biographie et les travaux.
LES MAÇONS
Les maçons ne chômèrent pas pendant le pontificat de Paul III. Les plus âgés d'entre eux
durent se souvenir des beaux temps de Jules II et de Léon X.
A leur tête s'avance PIERINO DEL CAPITANIO, l'un des maîtres-maçons de Saint-Pierre, entouré
de ses collègues PIETRO DEL TREVISANO et SANTI DEL CIABATTINO (1). Il eut fort à faire avec Michel
Ange pour les préparatifs indispensables à l'exécution du Jugement dernier (2).
Immédiatement après eux, il faut placerl'un des plus laborieux entrepreneurs de cette époque,
CRISTOFORO DA OGGIA. L'inscriptionmise parlui-même sur sa sépulture nous offre son nom complet:
QVESTA SEPOLTVRA E
DI MOCHRISTOFORO DI
SBARDELLINI DA VGGIA
ET DI MOBAPTISTA SVO
FRATELLO CHE MORI
A DI XXX NOVEMBRE
M. D. XXXX. ET DI
SOI HEREDI (3)
(1) Jahrbuch de Berlin, 1913, Beiheft, p. 10-11, nº 287 ; p. 11, nº 288 ; p. 17, nº 307 ; p. 20, nº 314 a.
(2) Voy. notre chapitre Paul III et Michel-Ange.
(3) FORCELLA, Iscrizioni... di Roma, vol. X, p. 276, nº 434. Il va sans dire que c'est le frère de Cristoforo, Battista
qui mourutle 30 novembre 1540. Je ne saurais dire duquel des deux Oggia de la province de Gènes étaient originaires
les Sbardellini. Quant à l'inscription, elle est, ou elle était, à San Gregorio a Ripetta, église reconstruite par la Confrérie
des maçons à laquelle Clément VII l'avait concédée en 1527.
LES GENS DE MÉTIER
187
Il n'est guère de chantier où il n'ait paru, de monument auquel il n'ait travaillé, de 1535 à
1549. De novembre 1535 à juillet 1536, il exécute tout le gros œuvre du nouveau jardin du Belvedere,
et en mars 1537, on le rencontre au « Cortile delle statue ». En 1538 et 1539, il est sur les chantiers de
Saint-Pierre où il construit, entre autres, avec Santi del Ciabattino et Bartolomeo di Simone, « un
mur qui sépare la basilique neuve de l'ancienne et soutienne le mur de cette dernière, pour qu'il
ne s'écroule pas » (1). Les années 1536 et 1537 s'étaient passées pour lui au palais de San Marco et à
l'Araceli (2). Ennovembre 1544, il court les chemins. Le Pape l'envoie avec Meleghino à Bisenzo « pour
la construction », très probablement une réparation ou un embellissement fait ou projeté au tombeau
de famille des Farnese. Ce voyage à cheval, où l'architecte avait emmené un deses serviteurs, ne coûta
guère à la cassette pontificale plus de 9 écus. Le 15 mai 1545, le trésorier secret lui verse 27 écus 20
« pour le travail de mur et de pierre qu'il a fait dans la niche du Belvedere où est la figure qui a été
achetée à messer Niccolò de Palis>> ; Bernardino Della Croce lui donne, à cette occasion, le titre de
« capomastro de' muratori » (3). Puis, à son tour, en juin 1548, il estime le mur que Paolo Celone a
dû faire faire pour consolider sa maison, endommagée par l'enlèvement de la colonne du Capitole
où l'on voulait tailler une statue de Paul III (4). D'importants travaux au Vatican etauBelvedere lui
valent, en juillet 1549, 232 écus 29 bolognins (5), et l'année suivante, presque jour pour jour, la
Chambre apostolique lui fait remettre, au même chef, la somme, considérable pour le temps, de
2.194 écus (6). Dans l'intervalle, il avait collaboré à la sépulture provisoire de celui qui avait ouvert
un si large champ à son industrie, et la Chambre l'avait même chargé- mission de confiance s'il
enfut
de fournir la caisse de bois où fut enfermé le cadavre de Paul III (7). Il eut alors le loisir
de philosopher à son aise, si tant est qu'il eût quelque grain de philosophie (8).
Quelques autres maçons sont nommés dans nos registres. Le plus intéressant d'entre eux
semble être BARTOLOMEO qui,le 25 janvier 1536, est rémunéré de la dépense par lui faite pour l'éta
(1) Jahrbuch de Berlin, 1913, p. 17 nº 307. (30 juin 1538). Un dessin de ce mur provisoire se trouve dans le
célèbre ms. de Grimaldi (Barberini lat. 2733, fol. 115-116; cf. LANCIANI, Storia degli scavi, vol. IV, p. 160.
(2) 20juin 1536 : « Lavori di muro di tutta roba fatti al corridoro di Samarcho (sic) per mastro Cristofano da
Ugia visti et misurati per me Baptista da Sangallo. » 204 b. 66.
6 septembre 1536 : « Lavori (ut supra) àla strada
[h]afatto fare N. S. sotto Araceli [Marforio? suggère LANCIANI, Storia degli scavi, t. II, p. 62], fatti per mano dimaestro
Cristofano da Ugia, misurati per me Baptista da Sangallo et Dominicho Rosselli. » . 439 b. 75 (Edif. pubbl., 1535-1536,
fol. 1et2). « Adi XIII di lu(1)glio 1537. La misura de' lavori fatti a Samarcho di muro, parte di tutta roba parte non,
per mano di mastro Cristofano da Ugia per comessione di messer Jachomo Melinghino (sic), li quali lavori son fatti in
più e diversi lochi, visti e misurati per Baptista da Sangallo et lo Rosello. » 59 b. 69 2/3 (Ibid ).
Voy. ci-dessous,
p. 188, n. 5.
(3) Jahrbuch de Berlin, 1909, Beiheft, p. 155, nº 226.
(4) Eugène Müntz, Les monuments antiques de Rome, dans la Revue archéologique, t. III, 1884, p. 310.
(5) Edif. pubbl., 1540-1549, fol. 13 a. Notons que, dans cet article, il est appelé « Cristofano d'Ottolino da
Ogia » : on a là le prénom de son père.
(6) Noted'Eugène Müntz.
(7) 1549, 28 novembre. « Magistro Christoforo de Ugia muratoriscuta 20de paulis 10pro quolibetscutopro depo
sito et capsa lignea in quibus reconditum fuit cadaver fe. re. Pauli pape III per ipsum Christoforum facta ad que scuta
20 per magistrum Julium Merisium mensuratorem fabricarum Palatii apostolici extimata fuerunt... » Mandati, 1549
1550 B, fol. 83 vº.
(8) Mieux vaut goujat debout qu'empereur enterré !
188
LA COUR DE PAUL 111
blissement d'une « lanterne » de cuivre sur la cheminée de la « chambre verte » qui tirait mal. « afin
qu'elle ne fasse plus de fumée ». Le 7 avril suivant, il passe de nouveau à la caisse du trésorier secret :
cette fois, c'est la cheminée de la « chambre blanche » qu'il a traitée de la même manière et pour la
même raison. Il semblerait donc que ce maçon tînt plutôt du fumiste. Doit-on l'identifier avec Bar
tolomeo, fils de feu Antonio, de Casale, qui exerçait à Rome la même profession que lui, et qui figure
parmi les témoins interrogés après l'assassinat de son compatriote l'architecte Bartolomeo Baro
nino (1)? Ou bien avec Bartolomeo di Simone, qui a été nommé un peu plus haut (2)? Ou enfin avec
BARTOLOMEO BRUSINO, ou plutôt de Brusino (3), qui fut chargé de démolir l'arc de triomphe élevé près
du Palais de San Marco en l'honneur de Charles-Quint, et reçut pour ce travail, en janvier 1537,
40 écus et le 9février suivant 50 écus (4) ? Il est difficile de trancher cette question.
Le 8 novembre 1535, messer Bernardino Della Croce verse àBattista une légère somme pour
payer < divers ouvriers qu'il a mis à la Chapelle de Sixte que l'on doit peindre ». Ce maçon fut donc
mêlé aux préparatifs de l'œuvre de Michel-Ange, et, à ce titre, il serait intéressant de savoir s'il faut
reconnaître en lui Battista Sangallo, c'est-à-dire Giambattista « il Gobbo > [le Bossu], frère puîné
d'Antonio (5).
BETTINO DA BERGAMO avait, dans l'été de 1537, traité à forfait avec Meleghino pour l'enlève
ment des terres amassées, au cours des travaux, dans un coin du nouveau jardin du Belvedere, du
côté des écuries : sur les 32 écus auxquels se montait le marché, il en touchait 15 le 8 juillet. C'est
tout ce que l'on sait de lui jusqu'ici (6).
Aun autre maçon, appelé FRANCESCO, sont confiés, en 1537, quelques travaux au Palais de
San Marco. Peut-être est-ce lui qui, en 1547, sous le nom de Francesco da Como, éxécute des
réparations au couvent de femmes de San Spirito, où un mur avait cédé à la suite d'une excavation
pratiquée pour enlever une colonne antique (7).
(1) BERTOLOTTI, Artisti subalpini, p. 33.
(2) P. 187.
(3) Il existe deux localités de ce nom dans l'Italie supérieure, l'une dans la province de Bergame et l'autre
dans celle de Turin.
(4) « ...Pro omni et toto eo quod pro devastatione arcus in honorem Cesaree Majestatis apud Sanctum Marcum
constructi et illius lignaminum in munitionem Palatii conductione ac omnium expensarum propter ea factarum, et
eorumqui inhiis laboraverunt mercede, et computiste fabricarum Palatii salario, consequi habet... » Mandati, 1534
1537, fol. 189 et 200 vº. Cf. Jahrbuch de Berlin, 1909, Beiheft, p. 140, nº 25.
(5) On sait qu'en 1540 Battista apparaît dans les comptes du « modèle » de Saint-Pierre (Jahrbuch de Berlin, 1909,
p. 167, nº 8, et qu'en 1542 il travaillait à la Salle des Rois (BERTOLOTTI, Artisti lombardi, vol. I, p. 49; cf. Jahrbuch de
Berlin, 1909, p. 156, nº 239). Sur Battista ou plutôt Giovanni Battista Sangallo, voy. aussi BERTOLOTTI, Nuovi docu
menti intorno all'architetto Antonio Sangallo (il giovane) ed alla sua famiglia (Roma, 1892, in-8°), p. 20 et suiv. (extr.
du périodique Il Buonarroti, ser. III, vol. IV, 1892).
(6) Remarquons que, sous Léon X, dans le quartier de Rome dit «l'Esclavonie », le recensement indique « una
casa di Bettino muratore [che] habita esso ». ARMELLINI, Un censimento, p. 37.
(7) Jahrbuch de Berlin, 1913, p. 59, nº 122. Dans un autre article de compte est mentionnée, en 1542, « Liberata,
relicta quondam Guelfi muratoris (Francesco detto Guelfo) ». Ibid., p. 65, nº 353. Liberata, qui appartenait à la famille
Rainaldi de Subiaco, était sûrement veuve le 21 janvier 1547, date à laquelle elle faisait son testament ; dans cet acte, elle
nomme son mari « Francesco alias il Gelfo de Tesonibus de Caravagio, architector », Bertolotti, Artisti lombardi. p. 53
LES GENS DE MÉTIER
189
Mentionnons enfin FRATINO qui, en octobre1537, avait construit ou réparé un morceau de mur
au nouveau chenil pontifical, et enfin GIOVANNI FRANZESE : émule et concurrent de Bartolomeo, il
était, en février 1536, appelé de Marta à Rome pour empêcher de fumer lacheminée dela « Chambre
verte » (1).
LES CHARPENTIERS ET LES MENUISIERS
Les charpentiers et menuisiers n'avaient rien à envier aux maçons; le travail abondaitpour les
uns et les autres.
En premier lieu, nous rencontrons BERNARDINO DELLA MIRANDOLA. Il semble qu'il était déjà à
Romeavant le sacde 1527 (2). Le 9 septembre 1531, il avait fourni, pour 9 écus60bolognins, douze
escabeaux destinés à la Salle du Consistoire(3). Onvoit que, dès le pontificat de Clément VII, il était
dans la place. Il dut entrer de plain-pied au service du nouveau maître. Le 27novembre 1535, on lui
rembourse 1 écu 12, prix de 2 cannes 1/2 de toile, de ruban et de broquettes (bollette) qu'il a achetées
pour refaire un châssis dans la chambre du Pape. Le 10 juin 1536, divers travaux pour le pontife et
ses petits-fils lui sont payés 8 écus 40 ; et le 10 octobre suivant, une somme plus modeste encore
lui revient pour « deux petits escabeaux à écrire » qui devaient compléter le mobilier de la chambre
de Paul III. Les camériers luifont verser2 écus le 26 février 1537 : il leur avait livré deux « predelle ».
Une commande unpeu plus importante lui échoitbientôt : c'est celle d'une litière neuve pourle souve
rain ; du 11 avril 1537 au 20 mars 1538, le trésorier enregistre de ce chef diverses sommes qui se
montent en tout à 22 écus. Le 29 octobre 1537, il reçoit 7 écus 60 : il s'agit d'une caisse de noyer
moulurée quidoit servir à enfermer les vêtements du Papedans l'antichambre; le 3 novembre, 10 écus :
des tables pour le Belvedere. Il suffirait de ces articles pour montrer qu'il était plus particu
lièrement aux ordres du pontife. Ceux qui suivent prouvent aussi qu'il avait la confiance de messer
De 1548 à 1555, un Francesco Tizono de Caravaggio est architecte du Château Saint-Ange et travaille au Palais
Vatican (ibid ). Il y a là une étrange homonymie mais qui cependant pourrait fortifier l'identification du Francesco de
notre registre avec Francescoda Como. Je ne crois pas qu'il faille penser ici au marbrier Francesco Cazione de Carrare
qui eut avec Michel-Ange des démêlés presque tragiques et fort peu honorables pour lui (Voy. BERTOLOTTI, Artisti
modenesi, p. 60 ; Aurelio GOTTI, Vita di M. A. B., vol. II, p. 156-157) ; ni à un autre marbrier, portant un nom plus
connu, Francesco Sangallo,fils de Giuliano et parconséquent oncled'Antoniole jeune (Cf. BERTOLOTTI, Nuovi documenti,
déjà cités, p. 23-24.
(1) C'est peut-être lui qui, avant le sac de 1527, habitait dans le Trastevere, seul dans sa maisonnette, entre le
petit palais d'Agostino Chigi (Farnesina) et l'église disparue de San Leonardo, non loin de Sant'Onofrio. Voy. GNOLI,
Descriptio Urbis, p. 519 b : « Joannes francese muratore ». Les horreurs du sac l'avaient probablement décidé, comme
tant d'autres, à quitter Rome pour jamais.
(2) A dire vrai, il y avait à Rome, un peu avantle sac, deux menuisiers ou charpentiers du nom de Bernardino.
Voy. GNOLI, Descriptio Urbis, p. 403 a : « Bernardino falegname... 4 », dans le rione Trevi; Ibid., p. 470 a : « Bernardino
maestro de legname... 8 », dans le rione Regola.
(3) Tesoreria segreta, 1531-1532, fol. 50.
190
LA COUR DE PAUL III
Durante, le premier camérier. Le 21 novembre 1537, ce sont des châssis « pourl'usage de Sa Sainteté »
(4écus) ; le19décembre, d'autres châssis pour l'antichambre de Durante. Bernardino n'est pas oublié
lors des préparatifs du voyage à Nice : le 20 mars 1538, il a terminé la chaire pontificale, en noyer,
qui va grossir les impedimenta de l'expédition (7 écus). Puis il passe à la sacristie pontificale, c'est-à
dire à la sacristie de la Chapelle Sixtine, qui avait besoinde plusieurs armoires et d'un grand coffre
(6 écus, même date), et la Garde-Robe s'acquitte envers lui des caisses de sapin et d'autres objets
dont elle lui a confié la fabrication.
Petites commandes sans doute, mais qui se succèdent d'assez près et font vivre Bernardino.
Le 31 août 1538, Pietro, le préposé au blé du Palais (suprastans bladi) lui avait fait réparer les char
rettes pontificales, qui étaient sans nul doute, le mois précédent, revenues de Nice en assez piteux
état (9 écus 25) (1). Le 15 décembre suivant, la confection de 40 escabeaux nécessaires à la Chambre
du Pape font tomber22 écus d'or dans son escarcelle (2). Cette même année, il est employé à la vigna
Armellini, où étaient logés les « chevaliers de la famille », dit le texte du mandat ; peut-être faudrait-il
lire : les « chevaux » (3). Et, le 29 novembre, il avait procédé, avec Battista Sangallo, au mesurage de
certains travaux faits à Saint-Pierre par quelqu'un de ses collègues (4). En 1539, l'un des fourriers,
Gabriele, lui remet 12 écus 65 en récompense de divers travaux faits au Palais, et l'article du registre
de la Trésorerie secrète nous informe qu'il habitait alors au Borgo Vecchio (5); 24 escabeaux « pour
l'usage de Sa Sainteté » lui valent 13 écus en septembre 1540 (6).
Le 31 mai 1541, deux paiements figurent à sonnom : une petite table d'aubier « pour l'usage
de Sa Sainteté » lui vaut 3 écus 50 ; la consolidation des bancs des deux fenêtres de la Chambre de
l'Audience et une caisse commandée par la Foreria, 2 écus 1/2 (7). Au mois de juin suivant, une petite
table pour la Signature ettrois caisses d'aubier pour la Garde-robe lui rapportent 6 écus (8). Enfin,
le 1er janvier 1546, il a fait arranger et nettoyer à ses frais la toile des deux guichets de la Chambre
du Pape, et on lui rembourse ses avances, 1 écu 60 (9).
(1) « Pro solutis magistro Bernardino carpentario ducatos 9 bl. 25 ; sunt pro uno axe, pro fodratura videlicet car
rettarum, pro VIIII quartis, pro I timone, pro V spalmorellis, pro VI radiis, et pro capsa una carrettae nova, habitis
ab eo de presenti mense pro carrettis Palatii, ut ex cedula Petri, suprastantis bladi. » Tesoreria segreta, 1538 B, fol. 34 vº.
(2) Mandati, 1537-1541, fol. 152 vº.
(3) Tesoreria segreta, 1538 B, fol. 151 : « pro pluribus rebus factis et laboratis in vinea Armellina, ubi tenentur
equites familie. » Notes d'Eugène Müntz ; s. d.
(4) Jahrbuch de Berlin, 1913, Beiheft, p. 10, nº 286 b.
(5) Tesoreria segreta, 1538-1539, fol. 19 vº ; cf. 29. Cf. Mandati, fol. 115.
(6) Mandati, 1540-1541 A, fol. 89 vº (6 août 1540) ; Tesoreriasegreta,1540-1541, fol. 74 (2septembre 1540). Ici, nous
avons le mandat de la Chambre apostolique et l'article de paiement de la Trésorerie secrète ; on voit que, soit volon
tairement, soit par suite des règlements, Bernardino n'a touché son mandat que 28 jours après la délivrance de celui-ci.
(7) Tesoreria segreta, 1540-1543, fol. 23 b : « ...per havere fodrato di tavole li sedili delle due finestre della Camera
de l'Audientia...
(8) Ibid. , fol. 25 b.
(9) Ibid., 1545-1548, fol. 75.
LES GENS DE MÉTIER
191
La modeste et bonne figure de Bernardino se dessine plus nette à mesure que l'onrelève cette
suite de petits paiements. On aimait évidemment à voir dans les appartements privés cet honnête
petit menuisier, avenant, poli, soigneux, discret. S'il vient à être malade, le premier camérier lui fait
envoyer 10 écus par le maître (28 janvier 1537). Une autre fois, il a parlé de son petit garçon ou l'a
amené au Palais avec lui ; c'est en 1538, c'est le 1er janvier, jour des étrennes : le trésorier met un
écu dans la main du « puttino » (1).
Comparé à Bernardino, GIROLAMO dit «il Bologna>> est un grandpersonnage. C'était sûrement
un véritable entrepreneur. Établi au Borgo San Pietro (2), il figure, le 1er mai 1540, au nombre des
fondateurs de l'archiconfrérie des « falegnami » (3). En 1538, il est qualifié de « falegname » de la
fabrique de Saint-Pierre (4). De 1536 à 1549, il collabore à tous les travaux importants.
En 1536, Gambara et Meleghino s'adressent à Girolamo pour aider aux préparatifs fiévreuse
ment poussés en vue de l'arrivée de Charles-Quint. Il reçoit, le 27 mars, 40 écus pour les tables,
bancs, escabeaux qui devaient accroître l'ameublement du Palais de San Marco, où l'on avait d'abord
projeté d'installer l'Empereur et sa suite (5). Puis ce sont 400 écus, à partager entre lui et plusieurs
de ses confrères chargés de la décoration des portes du Palais apostolique et de Saint-Pierre (6). En
octobre de la même année,il disposait des toiles sur châssis aux fenêtres de la Chapelle Sixtine (7).
Le 31 octobre 1538, il s'était acquitté de toutes petites besognes à la cuisine secrète : une table en
noyer pour travailler la pâte, un guichet à la porte, des réparations à l'armoire (5 écus 5) (8). Mais
voici des tâches plus dignes de lui : 50 écus lui sont payés, le 25 octobre 1541, comme prix de travaux
divers au Palais Vatican (9). Le 23décembre 1542, il reçoit 13 écus 50 après avoir aménagéles chambres
concédées, au Belvedere, à Pastorino qui y installe son atelier (10). Le 14 mars et le 4 juin 1544,il
fournit 210 poutrelles de châtaignier et 1.500 paires de cercles destinés aux espaliers d'orangers du
nouveau jardin du Belvedere (25 et 15 écus) (11);le 29 mai, puis les 14 et 30 aoûtsuivants, des tables,
(1) D'autres paiements à sonnom figurent dans Edif. pubbl., 1541-1542, fol. 4, et 1544-1549, fol. 111.
(2) Jahrbuch de Berlin, 1913, Beiheft, p. 10, nº 286 e. Si c'est bienluiqui figure dans le recensement antérieur au
sac, il avait alors changé de quartier. Vers 1526, il habitait, lui ou l'un de ses homonymes, rione Regola. Cf. Gnoli,
Descriptio Urbis, p. 470 b : « Jeronimo falegname... 3 ».
(3) FORCELLA, Iscrizioni... di Roma, vol. VII, p. 377, nº 766 (dans l'église San Giuseppe de' Falegnami in Campo
Vaccino).
(4) Jahrbuch de Berlin, 1913, Beiheft, p. 10, nº 286 c. Il opérait encore comme tel en 1540 (ibid ).
(5) BERTOLOTTI, Artisti bolognesi, p. 110 ; PODESTÀ, Carlo V in Roma, dans l'Archivio della Societàromana di storia
patria, vol. I, 1878, p. 328, n. 2.
(6) BERTOLOTTI, ouvr. cité, p. 110-111 ; Speserie, p. 175; Nuovidocumentiintorno all'architettoAntonio Sangallo,
déjà cité. L'estimation avait été faite par Aristotile da Sangallo et Giovanni Mangone.
(7) Jahrbuch de Berlin, 1913, Beiheft, p. 12, nº 296 a.
en 1545 (Artisti bolognesi, p. 111).
(8) Tesoreria segreta, 1538 B, fol. 88.
Selon Bertolotti, il travaillait encore à la Sixtine
(9) BERTOLOTTI, Artisti bolognesi, p. 111.
(10) Jahrbuch de Berlin, 1909, Beiheft, p. 150, nº 166. Je ne sais si c'est lui qui, au mois d'octobre précédent, avait
confectionné une grande armoire, payée 10 écus et destinée à renfermer les papiers du Pape (ibid., p. 149, nº 155 a).
(11) Cf. Jahrbuch de Berlin, 1909, Beiheft, p. 154, nº 214.
192
LA COUR DE PAUL III
des bancs, des escabeaux, des châssis et des jalousies pour les appartements pontificaux de l'Araceli
et de San Marco (31 écus 75, 21 écus 30,43 écus 56). Entre temps, le7juin, il recevait 12 écus 17 1/2
pour le « palco» qu'il avait fait dans laloggia de l'Araceli, « où le pape prend ses repas » pendant l'été(1).
En août 1545, on le trouve faisant, avec des confrères ou associés, une porte et deux fenêtres
dans la « grande salle peinte » du Château Saint-Ange (24 écus) (2) ; puis, dans la forteresse encore,
pour la chambre du Trésor, une « armoire », sans doute un énorme coffre-fort, dont le solde se monte à
la somme considérable de 300 écus (3). Là, il était, si j'ose dire, chez lui. Les comptes nous apprennent
en effet qu'il était l'un des bombardiers du Château et qu'il tint cet office jusqu'en août 1565 (4).
Un nouveau mandat de 50 écus est délivré au Bologna et à ses compagnons le 17 novembre
1547 : c'est un acompte sur des travaux faits pour la Chambre apostolique (5). Le 14 août 1549,
35 écus lui sont alloués, sur estimation, comme prix d'un plancher qu'il a exécuté dans l'écurie de
Mgr de Côme, c'est-à-dire de Bernardino Della Croce, au Palais Vatican (6). Enfin, le 28 octobre
suivant, il lui est versé 55 écus, reliquat de 236 écus 40 à lui dus pour la construction de l'allée dite
<< la Pergola », dans le nouveau verger de Montecavallo (7).
Il semble bien qu'il garda sous les pontificats suivants toute la faveur dont il avait joui durant
celui du pape Farnese. En tout cas, le 14 septembre 1551, il partait, avec unelettre de recommandation
où il est qualifié de falegname del Palazzo, pour préparer le passage de Jules III qui se rendait à
Bologne, la ville même dont Girolamo était originaire (8).
Sur la personnalité d'un autre menuisier mentionné dans nos comptes, BARTOLOMEO, il serait
permis d'hésiter et on pourrait penser tout d'abord qu'il s'agit de Bartolomeo Sangallo, qualifiéde «faber
lignarius » dans les comptes dela fabrique de Saint-Pierre (9). Mais cette identification ne peutguère se
soutenir si l'on observe que, dans d'autres registres de la Trésorerie secrète, il est nommé « de Spinis>>>
et indiqué comme étant originaire de Verceil (10). Dans l'été de 1535, il met en état les appartements
(1) BERTOLOTTI, Artisti bolognesi, p. 111 (cf. Speserie, p. 178 : icila somme indiquée est de 18 écus 17 1/2).
(2) Ibid., et l'opuscule du même auteur cité unpeu plus haut (p. 188, n. 5), p. 24. Il s'agit ici de la SalaPaolina
au premier étage du Château. L'estimation de ce travail fut confiée àAristotile Sangallo et à un autre menuisier nommé
Angelo de Valle.
(3) Ibid.
(4) Ibid.
Il figure dans la liste des bombardiers du Château dressée le 15 mai 1555, lors du conclave où fut créé
Paul IV : « maestro Bologna falegname ». Archivio di Stato de Florence, Carte Cerviniane, filza XL (52). Selon Berto
lotti, il est remplacé, cette année-là, dans les comptes, par un Pietro Bologna, qui pouvait être son fils.
(5) Mandati, 1546-1551, fol. 79.
(6) Edif. pubbl., 1544-1549, fol. 46.
(7) BERTOLOTTI, Artisti bolognesi, p. 111.
(8) Tesoreria segreta, 1550-1560 (où l'on trouvera une copie de cette lettre). Cf. Tes. segr., 1551, fol. 28 et 32. BER
TOLOTTI (ouvr. cité, p. 111) suppose qu'il était le fils d'un Bolonais nommé Antonio Gualandi, carpentarius sive magister
cocchiorum.
(9) Jahrbuch de Berlin, 1913, Beiheft, p. 83, nº 84.
(10) Dans le recensement publié par le comte Gnoli, on trouve deux charpentiers portant ce prénom. L'un habite
dans le rione Trevi, l'autre dans le rione Parione, et tous deux ne semblent avoir qu'un seul « garzone ». Descriptio
Urbis, p. 403 bet 465 a. On ne peut rien tirer de ce vague signalement. A San Rocco fut érigée une épitaphe « Ber
nardino de Blanco Vercellensi mercatorum lignorum præcipuo ac sincero », qui était mort à l'âge de 47 ans, le 3 jan
vier 1531 (Forcella, Iscrizioni... di Roma, vol. VII, p. 451, nº 910.
LES GENS DE MÉTIER
193
du Palais de San Marco où le Pape passait l'époque des grandes chaleurs (1). Le 31 décembre de cette
même année, le trésorier inscrit 4 écus à lui payés dès le 17 juillet pour deux tables avec leurs pieds
(trespidi) et quatre « colonnes » de litière livrées au jeune Ranuccio Farnese. Le 15 mars 1536, il est
crédité de 5 écus 25 dans les dépenses extraordinaires du Palais, pour des réparations de bancs et
de portes au Vatican, pour le transport des objets nécessaires au court séjour fait par Paul III à
l'abbaye de Saint-Paul-hors-les-murs, et enfin pour une porte rustique et autres travaux exécutés
à la Magliana entre le 19 décembre 1535 et la fin de janvier 1536 (2). Cette somme ne lui fut réglée
que le 6 mai (3). Le 1er février 1537, il fournit une herse pour aplanir le terrain du nouveau jardin
du Belvedere (8écus 57 1/2) et,le 14octobre 1538, une petite table àl'usage du Pape, « pour la signa
ture ». En février et mars d'une année mal déterminée, entre 1535 et 1540, nous le trouvons, lui
aussi, au service de la fabrique de la grande basilique romaine. Dans le premier des deux articles,
il est désigné comme habitant « près de la maison des seigneurs de Incoronatis ou du cardinal Gri
maldi » (4), et il reçoit le paiement de quatre tabernacles de bois destinés à conserver des reliques (5).
Le second nous apprend qu'il afabriqué deux châsses, dont l'une pourle corps de sainte Pétronille (6).
Le 31 août 1538, c'est à la Sixtine qu'on le trouve : il a, de 11 planches, confectionné un dossier et
un escabeau à l'endroit où s'assied le Pape; mais il a aussi voyagé à Frascati, dont Paul III vient de
faire un de ses palais d'été et où il avait besoin d'un « telarium» pour sa table, sans doute dressée dans
le jardin, dans la loggia ou sur la terrasse (7).
(1) Tesoreria segreta, 1535-1536 B, fol. 60 a (31 décembre 1535 ; cf. 60 b) (où il est nommé « maestro Bar
tholomeo de Spinis falegname »).
(2) Tesoreria segreta, 1535-1536 A, fol. 99; cf. Tes. segr., 1535-1536 B, fol. 95, où il est nommé « maestro Bartho
lomeo da Vercelli ».
(3) Tesoreria segreta, 1535-1536 A, fol. 142, 6 mai 1536 : « 5 b. 25... magistro Bartholomeo fabrilignario, pro suis
diversis laboreriis factis in Palatio, in ecclesia Sancti Pauli ac in Malleana, a die 19 decembris 1535 usque ad ultimam
januarii, prout in libro domini Pauli Hieronimi apparet.>>>
(4) Le cardinal génois Girolamo Grimaldi, du titre de San Giorgio in Velabro, mourut le 27 novembre 1543. Vers
1497-1499, Frà Giocondo de Vérone signale des monuments antiques dans la maison de Paolo Coronati, peut-être le
même qui, dès 1483, était avocat consistorial. Les Coronati avaient deux palais, l'un sis Via Giulia, qui subsiste encore,
et l'autre dans la rue qui de l'église Santa Lucia conduisait à la Corte Savella. Au xv1e siècle, la place Padella est tou
jours appelée « platea de Incoronatis apud flumen », et lorsqu'en 1512 Léon X érigea en paroisse la chapelle San Nicola
de Furcis, elle prit le nom d'église San Nicola degli Incoronati (Tout ceci est tiré de LANCIANI, Storia degli scavi, vol. I,
p. 108-109 ; cf. vol. II, p. 87 ; voy. aussi Pompilio ТоOTTI, Ritratto di Roma moderna, éd. de 1638, p. 195). Cf. GNOLI,
Descriptio Urbis, p. 470 b (rione Regola) : « Bernardino Incoronato... 18 » ; p. 513 a (rione Trastevero) : « Vincentio
Incoronato... 7 ».
(5) Spese manuali, 1535-1540, 14 février 15.. : « Dedi magistro Bartholomeo fabro lignario habitanti prope domum
dominorum de Incoronatis sive R. mi domini de Grimaldis pro 4 tabernaculis ligneis bene elaboratis ad conservandas
reliquias sanctorum, quorum est [unum] rotundum cum tribus columnis, aliud est triangulare, et duo alia semirotunda,
pro precio juliorum 8 pro quolibet..., in totum scuta tria et bol. 20.>>>
(6) Ibid., 9 mars 15.. : « Itemdedi eidem die9 martii pro una cassa elaborata ad formam mausolei pro corporo
sancte Petronille scutum unum, et pro alia cassa minori ad formam monumenti antiqui jul. 4, et pro 5 paribus pila
rum deaurandarum, super quibus debent firmari omnes dicte capsule carl. 2, et pro pluribus crucibus et parvis colum
nis ad perfectionem dictorum tabernaculorum et capsarumjul. 2, in totum jul. 17. »
(7) Tesoreria segreta, 1538 B, fol. 32 vº : « Pro una spaleriain Capella, facta cumXI tabulis, ubi sedet Papa, et pro
uno scabello pro pedibus eiusdem ibidem, et pro uno tellario pro mensa Pape in Frascato laboratis et factis a magistro
Bartholomeo fabro lignario a 23 mensis Decembris 1538 per totum Januarium anni 1539, ut ex eius computo cum fide
25
194
LA COUR DE PAUL III
En1540, le 1er mai, « BARTHOLOMEUS DE SPINIS, Vercellensis » s'unissait avec un certain nombre
de ses collègues romains, entre autres Girolamo dit le Bologna, pour fonder, en l'église San Giuseppe
de' Falegnami, l'archiconfrérie des menuisiers et charpentiers romains (1). Il avait sans nul doute
fait plus d'une fois partie de la nombreuse équipe employée au Palais Farnese ; car, le 31 mai 1544,
il figure, à ce qu'il semble, dans la curieuse liste des créanciers du cardinal Alessandro (2). Enfin, il
trouva de quoi exercer son activité sous le pontificat suivant : le 6 juin 1551,son nom apparaît
encore dans les comptes (3).
Le Francesco « cassaro » de nos registres doit àpeu prèssûrement s'identifieravec ce Francesco
« falegname » qui paraît n'être autre que FRANCESCO TIZON DE CARAVAGGIO, le même qui reçut
ensuite le titre d'architecte du Château Saint-Ange (4). Comme on l'a vu par Girolamo (il Bologna)
et comme on le verra par Giuliano, le personnel de la forteresse se recrutait volontiers parmi les
menuisiers.
Francesco est le principal fournisseur des services plus particulièrement affectés au Pape.
Caisses à lit et coffres à l'usage de l'appartement pontifical (5), de la Foreria (6), de la Crédence
secrète (7), de la Garde-robe (8), de la Chapelle secrète (Sixtine) (9), sortent incessamment de son ate
lier (10). Le 28 novembre 1548, sous l'appellation plus précise de Francesco da Caravaggio, 81 écus
48 bolognins lui sont versés : c'est le prix des échafaudages qui ont permis à Daniele Ricciarelli de
Gabrielis forerii apparet, duc. 5 bol. 25. » Si l'on compare les dates contenues dans l'article, à la date du registre, on
trouvera cette rédaction assez inusitée ; le trésorier a sans doute ajouté après coup, lorsqu'il a fait recopier le registre,
les deux dernières indications chronologiques.
(1) Cf. ci-dessus, p. 191 et n. 3. Dans l'inscription, figure un autre menuisier de même prénom : «Bartholomeus
Mediolanensis ».
(2) LANCIANI, Storia degli scavi, vol. II, p. 155. La liste porte : « Bartholomeo » tout court.
(3) Jahrbuch de Berlin, 1909, Beiheft, p. 161, nº 302.
(4) Cf. ci-dessus p. 188, n. 7. Le 2 janvier 1547, Francesco Tizon reçoit 7 écus, « prix de 18 livres 1/2 d'ébène
et de la façon de l'ornement d'un tableau brodé appartenant à notre Seigneur et où a été employé ledit ébène. » BER
TOLOTTI, Speserie, p. 201. Cependant ilse pourrait qu'il fallût plutôt voir en « Francesco cassaro » le « Francesco fale
gname » ou « Franciscus Perusinus faber lignarius » qui figure dans les comptes de la fabrique de Saint-Pierre en 1545
(Jahrbuch de Berlin, 1913, Beiheft, p. 66, n. 12).
(5) 14 mars1536: 2 caisses àlit avec les courroies pour porter le lit du Papeen voyage (18 écus), plus des bourses
de cuir pour transporter en voyage le bassin et les chandeliers d'argent (2 écus) ; 8 mars 1537 : deux autres caisses
destinées au lit du maître (17 écus) ; 21 mars 1544 : caisses neuves et autres objets remis au camérier Giovanbattista
Bresciano (7 écus 20) ; 18 juillet : deux caisses ferrées et réparations pour la Chambre (17 écus) ; 30 août : sacs de cuir
rouge pour porter en voyage les sièges pontificaux et les bâtons de la sedia (17 écus) ;
le lit du Pape (16 écus), dans Bertolottı, Speserie, p. 193, etc.
5 mars 1545: deux caisses pour
(6) 21 mai1536 : deuxpaires de coffres munis de ferrements et une paire de caisses àlit (40 écus) ; 23 octobre 1537 :
deux coffres neufs et réparations à plusieurs caisses (10 écus) ; 12 et 24 février, 22 mars 1538 : caisses et réparations
(7 écus 40, 29 et 39 écus) ; 26 novembre 1543 : deux caisses à lit et réparations de coffres (18 écus 80) .
(7) 22 mars 1538 : deux paires de coffres et quatre bourses de cuir (19 écus).
(8) 19 mars 1537: deux coffres rouges munis de ferrements (12 écus) ; 23 octobre 1537, trois paires de coffres
(36 écus) ; 21 novembre 1544, une paire de coffres et une bourse de cuir (14 écus).
(9) 17septembre 1538 : deux coffres (10 écus).
(10) Un article du 14 août 1536 donnera, àluiseul, une idée assez exacte de la variété de ses travaux : « Scudi 33
bol. 50 ...magistro Francisco fabrolignario, videlicet pro reparatione seu resarcimento decem portarum et septem cas
sarum, sc. 8 bol. 10 ; pro uno pare cassarum pro cantoribus, sc. 5 ; pro duabus cassis coriatis cum coperta nigra,
sc. 10 ; pro una valigia pro portandis cuscinis Sacristie, sc. 7 1/2 ; et pro alia valisia parva pro portandis camisiis D. N.,
sc. 1 bol. 10 : scudi 33 bol. 10. » Tesoreria segreta, 1535-1536 A, fol. 164 vº.
LES GENS DE MÉTIER
195
Volterra d'exécuter « les compartiments de stucs » dans la Salle des Rois (1). Le 7 avril 1547, sous
son nom complet, Francesco Tizon de Caravaggio, il avait reçu 12 écus pour le reposoir(posamento) de
la conque d'argent destinée à recevoir les Agnus Dei à la cérémonie du samedi in albis (2). Enfin,
vers la fin de la première année du pontificat de Jules III, le 16 octobre 1550, il apparaît sous un
nouveau jour : le moulage de deux statues antiques, une Zingara et une Vénus, exécuté pourleBel
vedere, lui vaut 6 écus (3).
Le brave « cassaro » habitait au Borgo, tout près du Vatican- et du Château Saint-Ange,
où il devait se rendre souvent, si on l'identifie à Francesco Tizon, qui y allait encore en 1555 (4).
Comme le Bologna, GIULIANO cumulait l'état de charpentier avec celui de bombardierau Châ
teau Saint-Ange (5). Se confond-il avec le bombardier de même prénom dont parle Cellini et auquel
il attribue une origine florentine? Il est difficile d'en douter. On se souvient de cet épisode douloureux
du siège de 1527 : « Une fois dans le Château
dit Cellini,- je m'approchai de certaines pièces d'artil
lerie qui étaient sous la garde d'un bombardier appelé Giuliano Fiorentino. Ce Giuliano, s'étant mis
aux créneaux, voyait saccager sa pauvre maison et maltraiter sa femme et ses enfants, en sorte que
pour ne pas frapper les siens, il n'osait tirer ; jetant la mèche à feu par terre, il éclatait en sanglots
et se déchirait le visage ; d'autres bombardiers faisaient de même. Alors je pris une de ces mèches,
à l'aide de gens qui étaient là et qui n'étaient pas animés du même désespoir, je tournai quelques
sacres et fauconneaux où je voyais que ce serait efficace, et je tuai ainsi beaucoup d'ennemis » (6).
De 1538 à 1543, Giuliano semble avoir surtout travaillé pour la Foreria (7) et c'est à ce titre
qu'il apparaît, une seule fois, dans nos registres, le 22 mars 1538, où il fournit à cette administration
une caisse et deux tables. Mais ces petites besognes n'auraient pas suffi à le faire vivre à l'aise, même
si l'on y joint sa maigre solde de bombardier. Bertolotti affirme qu'en 1527 il avait été chargé de
(1) BERTOLOTTI, Speserie, p. 191.
(2) Ibid. , p. 203.
(3) Jahrbuch de Berlin, 1909, Beiheft, p. 160, nº 291.
(4) Il figure comme architecte du château dans la Lista del conclave e delle spesedi Castel Santo Angelo du
15 mai 1555. Cf. unpeuplus haut, p. 192, n. 4: Je ne crois pas que ce puisse être notre « cassaro » qui figure dans le
recensement publié par le comte Gnoli, dans le rione Ponte : « Francisco falegname... 7. » (Descriptio Urbis, p. 60 a) ;
non plus que le « Francesco falegname » qui habitait en 1538 tout près de Santa Maria in Via lata et qui, lors des tra
vauxde la rue de ce nom (auj. via del Corso), dut payer une taxe de 27 écus 50 (Bullettino della comm. archeol. com.
di Roma, 1902, p. 244). Deux « falegnami » portantle mêmeprénom, se trouvent parmiles fondateurs de l'archiconfrérie
(1540) : « Franciscus Hieronimi de Versa [de Aversa ?] » et « Franciscus Joannis Porcelana ».
(5) Dans les comptes de 1538, il est qualifié de « carpentarius », « faberlignarius », « bombardiero », «falegname e
bombardiero di Castello ».
(6) CELLINI, Vita, éd. Bacci, p. 73. Un «Giuliano fiorentino>> habitait, un peu avant le sac,dans le rione Ponte, mais
sa maison n'abritait que deux personnes, sans doute sa femme et lui (GNOLI, Descriptio Urbis, p. 435 b). Cf. BERTOLOTTI,
Artisti lombardi, vol. I, p. 244, 245 ; PLON, Benvenuto Cellini, p. 17, 18 et n. 1.
7) 28 février 1538 : « pro diversis expensis factis in Foreria D. N. » (27 écus 10 ; Tesoreria segreta, 1537-1538,
fol. 113 vº) ; 20 novembre 1543 : « a maestro Giuliano, falegname et bombardiere di Castello, per sei pezzi di scala
d'abeto ferrate sotto [et] sopra, et per dui telari da baldacchino et dui bastoni per la sedia pontificale, et concia
tura d'altre cose in Foraria, come appare per polize di messer Giovanni foriero. » (Edif. pubbl., 1542-1548, fol. 73;
Tesor. segr., 1542-1549, fol. 50 vº).
196
LA COUR DE PAUL III
certains travaux au Ponte Molle (1). Le 31 novembre 1538, il reçoit 5 écus 25 pour avoir construit le
pont de bateaux sur lequel Paul III et sa suite avaient traversé le Tibre à Ostie (2). Une meilleure
aubaine lui échut encore, comme à bien d'autres des gens de métier qui vivaient alors à Rome : de
1540 à 1546, il fut occupé à l'édification du nouveau Saint-Pierre (3). Il était encore vivant en 1555,
puisque, le 15 mai, son nom est inscrit en tête de la liste des bombardiers du Château (4).
LUDOVICO DE CARPI, qui habitait auBorgo San Pietro(5), trouva ausside quoi s'occuper à la
Foreria (6), puis à Saint-Pierre (7), à la Chapelle Sixtine, au Belvedere. Le 13 décembre 1540, il abaisse
<> (3). En outre, depuis le 1er janvier 1536 au moins, Paul III faisait donner 10écus
d'étrennes aux ouvriers (garzoni) de Lattanzio Imperii. Ce que nous connaissons de ses relations
professionnelles avec Paul III n'aurait guère pu l'enrichir, mais il paraît certain que d'autres
registres contiennent des articles plus considérables. Le plus fort des paiements qui lui sont faits,
du 10 septembre 1536 au 31 décembre 1544, ne dépasse pas 49 écus 40 bolognins, et la seulemention
de 1545 qui ait été publiée jusqu'ici ne se monte qu'à 27 écus 20 (4). Deux de ces paiements sont à
signaler, celui du 23 mars 1537, où 26 écus soldent « les ouvrages faits ces mois passés pour le Révé
rendissime cardinal Santa Fiora », c'est-à-dire pour Guidascanio Sforza, petit-fils de Paul III, et l'un
de ceux du 23 mars 1538 : 5 écus 20 « pourdiverses fodre [doublures] prises pour les aides de la
Chambre et pour le barbier ».
Le tailleur Paolo paraît avoir surtout servi les petits-fils du Pape. Le 14 février 1536 et le
15 décembre 1537, on lui verse 18 et 47 écus pour diverses confections livrées à Ottavio Farnese, à
ses frères et à leurs serviteurs. Le 7 septembre 1536 et le 13 avril 1537, où il est qualifié de « tailleur
du seigneur Ottavio », il reçoit 29 et 35 écus, prix de confections, étoffes et broderies destinées à son
principal client. Nous ignorons où habitait Paolo
peut-être dans le rione Ponte (5)- et si l'on peut
l'identifier avec le chaussetier « Paolo Lugharo », dont le nom se trouve dans laliste des créanciers du
cardinal Alessandro Farnese, en 1544 (6).
(1) Cf. la Descriptio Urbis publiée par le comte GNOLI, p. 433 a, dans le rione Ponte : « Lactansio da Viterbo... 6 ».
Si je ne me trompe, il n'y a, dans tout le recensement, qu'un autre artisan de même prénom, un cordonnier, dans le
rione Colonna, p. 409 b : « Lactantius calceolarius... 3 ». L'hésitation est impossible entre les deux Lattanzio, surtout
si l'on tient compte de la place occupée par le tailleur, « Lactantius sutor», dans le rôle dela taxe dontil va être question
(2) E. RODOCANACHI, Rome au temps de Jules II et de Léon X, p. 416.
(3) Archivio di Stato de Naples, Scritture farnesiane, fascio VII.
4) BERTOLOTTI, Speserie, p. 195. Dans deux de ces paiements, le premier et le dernier, il est qualifié de
« sarto di Nostro Signore >>
(5) Cf. GNOLI,Descriptio Urbis, p. 445 a, dansle rione Ponte : « Paulo sartore... 7 » ; mais aussi dans le rione Colonna,
p. 411 a : « Paulus de Petruccis sartor... 6 » ; dans le rione Borgo, p. 449 b : « Paulo sarto... 4 » ; p. 452 b : « Paulo
sartore... 3 » ; dans le rione Parione, p. 463b : « Paulo sartor... 4 » ; et enfindans le rione Trastevere, p. 511 a : « Paulo
sartore... 4 ».
(6) LANCIANI, Storia degli scavi, vol. II, p. 155.
200
LA COUR DE PAUL III
Ici se place tout naturellementlefourreur du Pape, GIOVANNINO. Il était établi avant 1527 dans
le rione Regola, non loin du Palais Farnese (1), et devait avoir eu la clientèle de son auguste patron
lorsque celui-ci était encore in minoribus. Ses ouvriers sont gratifiés de 3 écus d'étrennes de 1536 à
1538 et en 1544 (2), comme ceux du « banderaro», du tailleur et du cordonnier. Les notes qu'il présente
ne sont d'ailleurs pas élevées. Le 16 décembre 1535, il a fourni divers ouvrages au Pape et une dou
blure de peau noire à « la signora Constantia », Costanza Farnese, fille de Paul III, comtesse de Santa
Fiora (14 écus) ; le 6 mars 1536 et le 10 avril 1537, il a « refilé>> d'hermine plusieurs bonnets et mozettes
de Sa Sainteté (2 et 1 écus), etc... Mais, en outre de ses honoraires, il recevait chaque mois, au moins
de 1538 à 1545, un traitement mensuel de 4 écus (3).
LES CORDONNIERS, LES CHAUSSETIERS ET LES MATELASSIERS
Les cordonniers et les chaussetiers (calzolari et calzettari) ne sont pas toujours faciles à distin
guer les uns des autres et, à vrai dire, la plupart d'entre eux exerçaient simultanément ces deux pro
fessions connexes.
C'est ainsi que, de 1535 à 1544, le chaussetier de Paul III (calzettaro di sua Santità), GIACO
MINO, fournit indifféremment des chaussures (calze) et des chaussettes (calzette) au pontife, au cardinal
Alessandro Farnese, à ses frères Ottavio, Ranuccio et Orazio, aux adjudants et aux balayeurs de la
Chambre pontificale, probablement aussi aux palefreniers. Ainsi que le montrent les articles des 28 août
1536, 26novembre 1537 et 23mars 1538, les chaussettes ne se fabriquaient pas avec du tricot comme
aujourd'hui, mais avec de la toile et de la « cortina » (4). Chacun des comptes de Giacomino englobant
diverses fournitures, les paiements ne nous apprennent que peu de chose sur le prix des divers
ouvrages de ce genre. Cependant on sait, par l'article du 11 février 1536, que le cardinal Alessandro
et le jeune Ottavio avaient, pour le mois de juillet 1535, dépensé, de ce chef, 40 écus d'or; et, par
celui du 29 avril 1537, que le barbier Giovanni avait payé ou plutôt avait oublié de payer- 3 écus
pour une paire de chaussures prise chez le fournisseur de son patron. Ce prix de 3 écus paraît avoir
été le prix ordinaire : le 24 décembre 1535, 50 paires de chaussures achetées pour les palefreniers sont
facturées 150 écus. Le 3 mars 1536, Paul III réparait un oubli en faisant remettre à Giacomino les
(1) GNOLI, ouvr. cité, p. 474 a : « Joanino pelizaro... 4 ».
(2) Les deux dernières mentions de ce genre font de Giovannino le bénéficiaire des étrennes ou cadeaux de Noël
de 1538 et de 1544 ; mais il est probable que, dans la pensée du trésorier secret, les 3 écus devaient, comme les années
précédentes, aller aux garzoni du fourreur.
(3) Tesoreria segreta, 1538-1539, fol. 17 vº, 21 ; 1539-1544, fol. 95 vº, 103 vº, 123; 1540-1541, fol. 66,68,75 vº, etc.;
1542-1543, fol. 44; 1545, fol. 42, 46 vº, 52, etc.
(4) Voy. notre chapitre sur les Marchands, p. 207 et Registre, p. 66, 164 et 202.
LES GENS DE MÉTIER
201
5 écus de sa «mancia » de la dernière Noël, probablement au profit de ses ouvriers ; le chaussetier
attendit moins longtemps en 1537 : cette année-làles 5 écus lui furent payés le 5 janvier. Le 19 sep
tembre 1538, Bernardino Della Croce lui règle une note de 10 écus, « pour des chaussures données
pour la personne de Sa Sainteté». Dès lors onle perd de vue, bienqu'il ne soit mort que vers le com
mencement de 1544. Le 9 mars de cette année-là, 8 écus sont payés « aux héritiers de maître Jaco
mino, chaussetier, de bonne mémoire, pour solde de ce qu'il devait avoir pourles chaussures qu'il
fit de son vivant pour Sa Sainteté ». Giacomino avait sa boutique, dès avant 1527, dans le rione
Colonna (1). Le 30 août 1544, apparaît maître Azurro, « nouveau chaussetier de Sa Sainteté ».
C'est là tout ce que nous savons de lui.
Deson confrère GIOVANNI, cordonnier (calzolaro), on ne sait également que fort peude chose. Le
recensement de 1526 indique au moins quatre Giovanni qui chaussaient alors les Romains, et il serait
difficile de déterminer lequel d'entre eux peut être le cordonnier du pape Farnese (2). De 1535 à
1544, Giovanni fournit des chaussures et des pantoufles à Paul III, à ses petits-fils, le cardinal de
Santa Fiora, Guidascanio Sforza, Ottavio, Ranuccio, Orazio, et aux adjudants de la Chambre ponti
ficale. Une seule des mentions qui le concernent présente un certain intérêt de curiosité : le 18 mars
1538, il avait livré à Cagnetto de Velletri, le « bouffon maigre » du Pape, des bottes en peau de
vache et une paire de chaussures, pour la modeste somme de 2 écus d'or. Aucun de ses comptes ne
dépasse 10 écus. En 1536 et 1537, ses ouvriers reçurent des étrennes, 3 écus ; en 1538, il paraît avoir
emboursé lui-même le cadeau habituel, et le 12 janvier 1544,le trésorier secret lui donne, sur l'ordre
de Paul III, 10 écus d'or « au lieu des vêtements qu'il avait l'habitude d'avoir ». Il mourut proba
blement peu après cette dernière satisfaction. Le samedi 7 août 1546, son successeur, GIOVANNI DI
FRANCESCO CAVALERIS, « cordonnier du Pape », était témoin au contrat d'apprentissage conclu
entre Giovanantonio De Rossi, le sculpteur de camées milanais dont Vasari a fait l'éloge, et un
jeune homme du Borgonuovo (3).
Pour terminer cette sorte de revue d'humbles artisans au service de Paul III et de son entou
rage, j'ajouterai quelques mots sur les matelassiers, dont plusieurs figurent dans nos registres, sans
qu'aucun d'eux porte de titre officiel (4), FILIPPO (1535-1538), IL Tozzo ou Tozzino (1536), LUCA
(1544), qui étaient attachés au service intime du Pape, et GIOVANNI qui est mentionné une seule fois,
le 10 janvier 1536 : il avait fourni des matelas pour la chambre de l'Audience, la salle du Consistoire
et la salle des Lanzi (5). Il Tozzino est le seul sur qui nous soit peut-être parvenu un renseignement
personnel : on est en effet tenté de l'identifier avec « Tocino » qui, dans la liste du conclave de 1555.
(1) GNOLI, Descriptio Urbis, p. 407 a : « Jacominus calciolarius... 6 ».
(2) Cf. cependant GNOLI, Descriptio Urbis, p.443a, dansle rione Ponte: «Joanneperusino calzolaro... 9 »; p. 444b:
« Joanne calzolaro... 15 » ; p. 460 a, dans le rione Borgo : « Joanne Calzolaro... 9 ».
(3) BERTOLOTTI, Artisti lombardi, vol. I, p. 318-319.
(4) Cependant, le 24 décembre 1535, l'und'euxestqualifié de « matarazzaro di casa », et c'est sans doute Filippo.
Cf. GNOLI, Descriptio Urbis, rione Ponte, p. 440 a : « Joanne
(5) Sans doute des matelas pour les gardes de nuit.
matarazaro... 2 » ; p. 444 a : « Joanne materasaro... 8 ».
26
202
LA COUR DE PAUL III
se trouve parmi les bombardiers du Château Saint-Ange (1). C'est lui qui, en 1536, loua les lits destinés
à la suite de Reginald Pole, appelé à Rome par Paul III qui voulait avoir son avis sur les projets de
réforme du clergé. Quelques chiffres sont intéressants à relever dans les notes de ces modestes négo
ciants. Le 24 décembre 1535, le « matarazzaro di casa » reçoit 8 écus, pour trois grands matelas
qu'il a donnés pour trois lits de parade. Le 8 mars 1538, Filippo se fait payer 10 écus 30 deux
matelas neufs qu'il a faits pour le Pape. Le 3 février 1536, il Tozzino compte 7 écus un oreiller neuf,
de plume fine, destiné au lit de Paul III. Enfin, le 16 août 1544, une facture de Luca, comprenant
<> della Grazia, où se groupèrent les premiers adhérents et les amis d'Ignace de Loyola (1).
Unde ses parents, Francesco, y occupe le centième rang (2). En 1549, les frères Bernardo et Battista
Odescalchi < mercanti comaschi », paient aux maîtres des rues la taxe qui leur est imposée à raison
de l'ouverture d'une rue nouvelle allant du Campo di Fiore à la place Navone (3).
Les marchands flamands PIETER PERS ET Cle ne sontmentionnés qu'une seulefois, dans notre
second registre : le 1er mars 1544, ils reçoivent 275 écus 75 représentant « diverses toiles de cortina»
livrées au Pape. Le 23 février 1543, ils avaient déjà touché 50 écus 35 « pour diverses toiles qu'ils
avaient données pour le service de Sa Sainteté », plus 12 écus 35 pour 19cannes de toilefournie pour
en faire des nappes d'autel et autres linges pour la Chapelle secrète (4) ». Pieter Pers mourut sans
enfants, à quarante-sept ans, le 8 décembre 1557; il avait épousé une Romaine, Silvia Mazinghi,
qui, avec son beau-frère et sa belle-sœur, érigea en mémoire du défunt, à Santa Maria del Popolo,
l'épitaphe suivante :
D. O. M.
PETRO PERSIO CIVI ROMANO AC MERCATORI FIDE AC DILIGENTΙΑ
RARO EX FLEVRBOIS FLANDRIAE ORIVNDO QVI CVM ROMAE
MERCATVRAM EXERCET ET ANNVM AETATIS SVAE AGIT XLVII.
VI. ID. DECEMBRIS. MDLVII INTER VIVOS ESSE DESIIT.
ANTONIVS FRATER ET MARIA SOROR HEREDES AC SILVIA MAZINGHA
ROMANA VXOR NON SINE LACHRIMIS POSVERVNT (5)
BARTOLOMEO STELLA et FRANCESCO VIGNOLA étaient-ils des marchands?(6) Au premier, le tré
sorier secret rembourse, le 12 février 1538, par l'intermédiaire du camérier Giambattista Bressano,
20 écus 30, prix de toile de Cambrai et de « cortina » par lui achetées pour faire des rochets au Pape.
Il se peut qu'il ait été chargé, ou qu'il ait trouvé une bonne occasion. de faire une acquisition excep
(1) TACCHI-VENTURI, Storia della Società di Gesù in Italia, vol. I, Roma, 1909, in-80, p. 654, col. 2. Labulled'érec
tion est datée du 16 février 1543.
(2) Ibid., p. 658, col. 2.
(3) LANCIANI, op. cit., vol. II, p. 223. Battista mourut avantle 3février 1564 ; car, cejour-là, il estfait àses héritiers
un paiement de 42 écus 30 pour 142 cannes de toile « per farne le cortine della loggia supremadel Palazzo apostolico
[Loggia bella della Cosmografia] ». LANCIANI, vol. III, p. 214.
Les comptes des travaux de l'église Santa Maria
degli Angeli et de la Chartreuse avaient aussi été confiés, entre 1560 et 1565. aux héritiers de Battista (ibid., p. 230).
(4) Jahrbuch de Berlin, 1909, Beiheft, p. 151, nº 181.
5) FORCELLA, Iscrizioni delle chiese... di Roma, vol. I, p. 346, nº1332. Cf. aussi ALVERI, Romain ogni stato
(Roma, 1664, in-fol., Bibl. nat. Rés. J. 808-809), t. II, p. 24 b.
(6) Un Bartolomeo Stella, à Brescia, paraît avoir été correspondant de Michel-Ange. Cf. Pierre de Nolhac,
La Bibliothèque de Fulvio Orsini, p. 330, n. 1.
LES MARCHANDS ET LES BANQUIERS
209
tionnelle. Je croirais volontiers qu'il ne faisait qu'un avec le « maestro di casa » du cardinal Reginald
Pole, qui fut, en 1547, l'undes exécuteurs testamentaires de Vittoria Colonna (1).
FRANCESCO VIGNOLA pourrait bien,lui aussi, n'être qu'un fournisseur occasionnel. Le 13 mai
1538, on lui payait 96 écus les 24 cannes de damas « lionato » qui avaient servi à confectionner les
vêtements des fifres du Château Saint-Ange emmenés à Nice par Paul III.
Mais il n'en est pasde même pourVINCENZO SOVARELLI. « Profumiere » ou apothicaire de son
métier (2), il paraît avoir trafiqué de tout ce qui concernait la toilette, surtout la toilette féminine,
et, en particulier, les bijoux. C'est ainsi qu'il se mit au service des dames de la maison Farnese. Le
31 janvier 1536, le trésorier secret lui faisait remettre par Francesco Gucci la somme, assez modeste,
de 21 écus 50, en or, prix d'un médaillon (palla ovata) et d'une croix d'or achetés pour Vittoria
Farnese, sans doute à l'occasion des récentes étrennes. Mais le 29 novembre 1538, le « guardarobba »
Piergiovanni Aleotti lui versait 187 écus de monnaie : il avait vendu à Ottavio, qui les avait donnés
à sa femme, divers « travaux d'or, d'émail, et autres objets » (3) ; et, le 3 janvier 1546, 52 écus d'or
le rémunéraient de « travaux d'or > faits à Lyon et qu'il avait, avec un joaillier napolitain nommé
Leonardo, achetés, sur l'ordre du Pape, qui les voulait envoyer comme étrennes à la fille de Charles
(1) Voy. Fabrizio COLONNA, Sulla tomba di Vittoria Colonna (Roma, 1887, in-8°), p. 13 et 17.-Unelettre lui est
adressée de Vérone, le 19 janvier 1541, par Francesco Torre,l'aimable et fidèle secrétaire de Giammatteo Giberti. (Lettere
di XIII huomini illustri, Venetia, 1564, p. 165 ; cf. p. 175 ; éd. de Porcacchi, Venetia, 1584, fol. 76 ; cf. fol. 80 v°).
Dans une lettre à Alvise Priuli, datée de Carpentras et du 20 août 1552, Paul Sadolet recommande à son correspondant
de saluer messer Bartolomeo et messer Giovanfrancesco Stella (ibid., 1564, p. 449 ; 1584, fol. 207 vº). On pourrait
d'ailleurs se demander si ces Stella n'étaient pas Anglais comme leur patron; car, dans une épigramme d'un poète
contemporain in Franciscum Stellam, on lit ce distique :
Stella recens exorta, Polo delapsa Britan[n]o,
Splendidior semper splendidiorque nitet.
Mais il n'y a sûrement là qu'unjeu de mots sur le nom de Pole (Basilii Zanchi Poematum libri VII, Romæ, apud
Ant. Bladum, 1553, fol. 108 v°) .
D'autre part, il existait à Rome des Stella vers le même temps : épitaphe de Gio
vanni Giorgio Stella Romano, mort en 1574, à Santa Maria della Consolazione (FORCELLA, ouvr. cité,
vol. VIII, p. 330, nº 794) ; épitaphe de Domenico Stella, camérier apostolique, érigée en 1594, dans lamême église, par
sa nièce Costanza Glorieria, née Cocciani et originaire de Brescia, bru de César Grolier (le fils du célèbre Jean) et femme
de Charles Grolier (FORCELLA, Ouvr.et vol. cités, p. 334, nº 803 ; Léon Dorez, LesacdeRome, dans les Mélanges de l'École
française de Rome, t. XVI, 1896, p. 440 et p. 90du tirage àpart) ; enfin et surtout, épitaphe, à Santa Lucia del Gonfalone,
de Francesco Stella, chevalier de Saint-Pierre et de Saint Paul, camérier de plusieurs papes, mort à 73 ans le 26 mars
1570, épitaphe à lui érigée par sa veuve Porzia Giordani qui était romaine (FORCELLA, ouvr. cité, vol. VII, p. 434,
n° 875). Ce Francesco Stella doit être le dédicataire du petit poème de Basilio Zanchi. A Santa Lucia également fut
inhumé, par les soins de son fils Francesco, probablement celui qui précède, Pietro Stella, de Vérone, mort nonagénaire
en 1543 (FORCELLA, ibid., p. 430, nº 863). Il est donc probable que Bartolomeo et Francesco ou Gianfrancesco Stella
étaient d'origine véronaise, ce qui expliquerait leurs relations affectueuses avec Francesco Torre. Sous Grégoire XIII,
un Giovanni Battista Stella, Romain, était référendaire de l'une et l'autre signature et, à ce titre, collègue d'Alexandre
Grolier qui se trouvait être le beau-frère de Costanza Cocciani-Grolier citée quelques lignes plus haut (Bullarium de
1586, p. 409, nº 87; cf. nº 15). Rappelons aussi qu'après sa déposition, Pierpaolo Vergerio fut remplacé sur le siège
épiscopal de Capodistria par Tommaso Stella, qui était évêque de Lavello.
(2) Cf. GNOLI, Descriptio Urbis, p. 430 a, dans le rione Ponte : «Vincentio perfumeri... 13 » ; p. 470, dans le rione
Regola : « Vincentio parfumero... 3 (sic) ». Sa maison donnait probablement sur deux rues ; ou bien possédait-il deux
immeubles ?
(3) Jahrbuch de Berlin, 1909, Beiheft, p. 141, nº 42.
27
210
LA COUR DE PAUL III
Quint (1). Marguerite avait déjà bénéficié, en janvier 1544, d'un collier d'or, de boucles d'oreilles et
<
(BERTOLOTTI, Nuovi documenti intorno all' architetto Ant. Sangallo, p. 21). En septembre 1542, le trésorier secret ver
sait 1625 écus d'or en or à messer Benedetto Busini, et pour lui, à messer Benvenuto Olivieri : c'étaitle prix d'un office
d'écrivain apostolique (scriptoria) « engagé avec d'autres offices pour 4000 écus » (Jahrbuch de Berlin, 1909, Beiheft,
p. 149, nº 154). En août 1546, Giulio, fils de Benvenuto était inscrit sur la liste du nouveau collège des chevaliers du
Lys, où il est qualifié de « scholaris romanus » (Bullarium de 1586, p. 461). Enfin le nom de Benvenuto lui-même figure
parmi ceux des confrères de la Compagnie de Santa Marta (TACCHI-VENTURI, ouvr. cité, p. 655,col. 2, nº49).
Les Sauli, de Gênes, étaient établis à Rome depuis longtemps, leur maison était située non loin de la Chancel
lerie et, dès 1513, ils étaient dépositaires pontificaux.
CHAPITRE X
LE BELVEDERE SOUS PAUL III
Le Belvedere est célèbre dans l'histoire de la Renaissance artistique sous plus d'un aspect.
Cette villa de plaisance, créée pour le repos et le plaisir des papes durant leur séjour au Vatican,
c'est-à-dire pendant la plus grande partie de leur règne, eut bientôt plusieurs autres destinations.
Ce fut un musée, ce fut aussi un atelier. A côté des statues et des reliefs antiques, tout un petit monde
s'installa : artistes qui y trouvèrent les chambres et la tranquillité nécessaires aux travaux confiés
à leur talent dans les différentes parties du Palais,personnel préposé à l'entretien des beaux jardins,
qui n'étaient pas le moindre attrait de cette retraite vraiment unique (1).
Bâti par Jacopo da Pietrasanta, sur les plans, dit-on, d'Antonio Pollajuolo, dans un site admi
rablement choisi, d'où les regards embrassaient la ville et ses alentours, depuis le Soracte jusqu'aux
(1) Ce personnelse composait, sous Pie II, en 1460, de deuxjardiniers secrets (hortulanisecreti), un gallinarius, un
gardien de la vigne, et un jardinier qualifié simplement de hortulanus.- Sous Jules III, en 1550, il s'est augmenté: un
directeur(soprastante), un ortolano, deux guardiani [ou plutôt giardinieri], un garde du bois, un portier, un balayeur
et un gallinaro.
Sous Paul IV, en 1555, les officiali minori du Belvedere étaient les suivants : custode, hortulano, giar
diniero, portinaro, scopatore, guardiano del bosco o de' caprioli (ces chevreuils étaient peut-être des descendants des
faons offerts à Paul III en 1541 (Voy. ci-dessous p. 216, n. 2). Cf. BERTOLOTTI, Speserie, loc. cit., p. 180; cf. MORONI,
Dizionario, vol. XXIII, p. 57 et vol. L, p. 284.
Sous Paul III, comme on va le voir, il y avait un hortolano, un,
puis deux giardinieri, et un garzone plus spécialement chargé de la basse-cour.
Le Belvedere avait d'autres
habitants, par exemple cette « madonna (sic ; le trésorier, ici encore, a voulu faire de l'esprit) Helisabetta » qui
reçoit, le 10 juin 1536, 5 écus pour aller à Lorette. Les habitantes du Belvedere-- sans doute les lingères du palais,
les femmes et les filles du personnel du jardin
tulée : Nel tempo che fu fatto Papa Adriano :
avaient déjà excité la verve de Francesco Berni, dans sa pièce inti
Dice Franciscus, che quelle fantesche,
Che tien a Belveder, servon per mostra;
Ma con effetto a lui piaccion le pesche...
Poesie burlesche di messer Francesco BERNI, (Amsterdam, 1770, in-8°), p. 97.
Un curieux article des comptes
de Jules III nous le montre, en juillet 1552, mis enjoyeuse humeurparles gens du Belvedere : «A frà Michele, il
stillatore, don Giovanni, portinaro [de ?] la gallinara, il [al ?] guardiano del Barco, al giardinier, a quel de' sommari,
scudi d'oro uno per ciascuno, et bl. 55 a don Giovanni Francese, che acconcia le vetriate ; li quali N. S. dona loro per
comprarsi melloni... ∇ 8 b. 25. » Tes. segr., 1552, fol. 25. Le « don Giovanni Francese » est probablement le « Joannes
vitrarius Flander» qui estmentionné comme travaillant à la chapelle Pauline en novembre 1544, et à Saint-Pierre
ennovembre 1549 (BERTOLOTTI, Artisti belgi ed olandesi, (Firenze, 1880, in-12), p. 46;
p. 154, nº 221).
Jahrbuch de Berlin, 1909,
212
LA COUR DE PAUL III
monts Albains, le Belvedere (1), qui n'était d'abord, au temps de son fondateur Innocent VIII,
qu'un massif quadrilatère hérissé de créneaux, fut bientôt décoré par Pinturicchio et par Mante
gna(2). Ilresta ainsijusqu'au pontificat de Jules II qui, voulant lui donner plus de beauté et de variété,
s'adressa à Bramante. Le grand artiste éleva, du côté du jardin, une nouvelle façade dont la partie
centrale était formée par l'énorme niche si souvent gravée, et qui a effacé, dans le souvenir des ama
teurs inattentifs, les autres parties de la construction. En même temps, la cour
le « cortile >>>
était aménagé en un jardin planté d'orangers (3) et décoré de fontaines. Tout était disposé pour
installer, dans un cadre grandiose, le groupe d'antiques que Jules II projetait d'opposer à la collec
tion de marbres réunie par Sixte IV dans les salles du Capitole (4).
Les travaux somptueux entrepris par Jules II n'enlevèrent pas au Belvedere son caractère
primitif de villégiature urbaine. A l'exemple de ses prédécesseurs, Clément VII s'y rendait dès le
matin et y prenait son déjeuner (5) ; c'est à la fin d'un de ces repas que, le 1er août (1526?), Cellini
débuta devant lui sur son cornet (6),préludant ainsi par de joyeux trilles aux fantaisies de ses précieux
ouvrages. Pendant la peste qui désola Rome en 1524 le Pape s'enferma dans ce lieu considéré comme
à l'abri de la contagion ; il y était le 28 mai (7), et on l'y trouve encore le 20 juillet (8). Paul III
se plaisait aussi au Belvedere, et c'est là que, peu de semaines après son couronnement, dans la matinée
du 30 décembre 1534, il eutavec Marcello Cervinilalongue conversation au cours de laquelle il lui confia
le gouvernement de ses petits-fils. Le 23 mai 1536, il y donnait audience à Nicolas Raince, le secré
taire de l'ambassade de France (9), et il ne serait pas très difficile de grouper un certain nombre
(1) Appelé d'abord « Tor de' Venti », la « Tour des Vents », à cause de sa forme et de sa position élevée.
C'était Nicolas V qui avait commencé à défricher ces terrains, lorsqu'il fit construire la tour qui a conservé son
nom et à laquelle Innocent VIII relia le nouvel édifice.
(2) Ces peintures ont été à peu près complètement détruites sous Pie VI, lorsque fut construit le Braccio nuovo
du Musée Vatican.
(3) Les orangers du« cortile » ne disparurent que sous Clément XIV (1769-1774). Cf. Adolf MICHAELIS, Geschichte
des Statuenhofes im Vatikanischen Belvedere, dans le Jahrbuch des K. deutschen Instituts, (Römische Abtheilung), t. V,
1890 (Berlin, 1891, in-4°) , p. 56.
(4) Sur le Musée du Capitole, voy. Adolf MICHAELIS, Storia della collezione capitolina di antichità, dans les Mitthei
lungen des K. deutschen archaeol. Instituts, Rom, 1891, p. 27 et suiv. On trouvera un résumé de l'histoire du Belvedere
dans PASTOR, Geschichte der Päpste, t. III, p. 235 et suiv., p. 719 et suiv.
(5) Sous Paul III, on trouve mentionné l'achat, par messer Pompeio [Ceci?], de deux paires de ferrements pour
deux tables de cyprès « per tenere in Belvedere ». Voy. Registre, p. 132.
(6) Cf. notre étude sur la « Bande » du Château Saint-Ange, p. 224-225.
(7) Baldassare CASTIGLIONE, Lettere, vol. I, 2e partie, p. 115 ; au marquis de Mantoue : « Il Papasta molto rinserrato
inBelvedere. »- Il y avait d'ailleurs, au Belvedere, tout ce qui était nécessaire à un Pape, même une chapelle, pour
laquelle Frà Baccio fait faire, en octobre 1537, une paix de cuivre doré.
8) Ibid., p. 133 : « Il Papase ne sta purinBelvedere, godendo il piacere di conversare conpochi, ancorchè lapesta
vada benissimo, Dio grazia ».
Castiglione s'y était lui-même réfugié, probablement sur l'invitation du Pape. Ibid.,
p. 83, lettre à sa mère Luigia Gonzaga, 5 août 1522 [1524 ?] : « Io sto qui in Belvedere, ch'è tanto buon loco, come
V. S. sa, remotissimo, e non pratico se non poco, e non lascio praticare li miei ». Cf. ibid., p. 84 (12 août) .
(9) Bibliothèque nationale, Collection Dupuy, vol. 265, fol. 328 ; lettre de Raince à Jean Du Bellay, 23 mai 1536 :
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Rom
Claudy bucheti formis ,1559 .
LEBELVEDERE AUXVI .SIÈCLE
GRAVURE DECLAUDE DUCHET
(1579 )
M
LE BELVEDERE
213
d'extraits de lettres contemporaines renfermant des mentions du même genre. Rien de plus naturel
qu'il ait eu le goût d'embellir une retraite où il se reposait volontiers de la fatigue des affaires (1).
Il dut, plus d'une fois, rendre visite aux artistes qu'il avait autorisés à s'y établir. Un des
nombreux Ferrarais qu'il avait pris à son service, Jacopo Meleghino, commissaire général de la
fabrique du Palais, y avait fait sa demeure, où il reçut son compatriote Francesco Alunno, l'auteur
des Richezze della lingua volgare et de la Fabrica del Mondo, qui traversait Rome pour se rendre
à Naples (2). En janvier 1543, on avait aussi disposé au Belvedere, pour Pastorino de Sienne, un
véritable atelier où il travaillait aux vitraux des grandes fenêtres de la Salle Royale (3).
Loin de négliger, comme on l'a cru longtemps, le Musée qu'il avait vu créer par Jules II,
Paul III prit les soins les plus minutieux et les plus coûteux pour en parfaire la décoration et en
accroître le charme.
Dès le commencement de son pontificat, il mit sur les dents le petit personnel du jardin.
L' « ortolano », Lucerta ou Lucertola, « Lézard », et le « giardiniere » Fioretto, « Fleurette » (4), eurent
à conduire des équipes entières d'ouvriers, réguliers et extraordinaires (5), qui furent occupés, entre
autres besognes, à remettre en état les espaliers des orangers, des lauriers et des grenadiers : à cet
effet, on achetait, le 9 novembre 1535, deux serpes et deux hachettes ; le 12 du même mois, 75 livres
de clous, et le 21, un lot de ficelle, sans compter les moindres dépenses qui ne sont pas autrement
spécifiées. Cette réfection des « spalliere>> ne fut terminée qu'en mars 1538, après environ trois ans
d'un travail soutenu (6).
En même temps, on entreprenait la mise en état des allées. En novembre 1535, trente et un
ouvriers achevaient en quelques jours la « route neuve », derrière la basse-cour (gallinaro). Et, à
mesure qu'approche la date de la visite de Charles-Quint, les efforts redoublent. Pendant tout
le mois de décembre, Venturino, qui gouvernait les bêtes de somme de la fabrique du Palais,
(1) Le mardi 4 août 1545, PaulIII se promenait au Belvedere, lorsque la foudre tomba sur les chambres neuves
qu'il avait construites de ce côté (chambres où se faisait la cuisine) et tua deux maçons. Cf. MERKLE, Diariorum pars
prima, p. 236. Paul III aimait les promenades à pied ; cependant sa vaillante vieillesse avait des jours de faiblesse,
et, dès le 8 décembre 1535, le trésorier payait à Gabriele, l'un des employés de la Foreria, le prix d'une litière faite
« per tenere in Belvedere ».
(2) La Fabrica del Mondo (Vinezia, 1556, in-fol), fol, 108 vº. Sur Alunno, voy. Luigi UGHI Ferrarese,
Dizionario storico degli uomini illustri Ferraresi, (Ferrare, 1804, in-80) t. I. p. 85.
(3) BERTOLOTTI, Speserie, loc. cit., p. 184, 188, 189.
(4)LucertaetFioretto sont certainement des sobriquets.--Fioretto figure pourladernière fois dans nos registres le
25 février 1537; le 4 novembre suivant apparaît pour la première fois lenomde don Loysi ou donGiovanni Aloysi, et le
2décembre, celuide don Antonio, tous deux « giardinieri » sous les ordres de Lucerta. (Le mot de « don » qui précède
leurs prénoms donne à croire que c'étaient de modestes prêtres ou des moines plus ou moins sécularisés ) Lucerta avait
sans doute profité du départ ou de la mort de Fioretto pour se faire donner deux «giardinieri » au lieud'un, eton le voit
aussi employer, en 1538, le neveu de donAntonio, un certain Luca. Dans la Piazza Universale di tutte le Professioni
delMondode Tomaso GARZONI da Bagnacavallo (Opere, (Venetia, 1617, in-80), p. 386), on lit : « ... gli Hortolani, ò i
Giardinieri, fra quali non cade altra differenza, se non dell' artificio e della coltura molto più nobile e più universale
nell'uno che nell'altro... »
(5) Les « opere » paraissent bien être des ouvriers payés àlajournée,tandis que les « salariati » sont payés au mois
par les soins de Lucerta.
214
LA COUR DE PAUL III
est employé au Belvedere (1). En février 1536, on aplanit les allées du « Barco »; en mars, on
arrange les jasmins de la loggia et la haie d'épines de la route qui conduit aux Spinelle ( 2); le 7 avril
enfin, on nettoie toutes les allées « pour la venue de l'Empereur ». L'année suivante, en mai 1537,
on aménage quatre pelouses (praticelli) dans la Cour des statues.
Les jardiniers, en dehors de leur tâche professionnelle, avaient fort à faire pour défendre le
Belvedere contre les incursions des bêtes sauvages, si l'on en juge par un curieux détail; on avait
fixé une rétribution d'un écu à Lucerta pour chaque tête de bête sauvage qu'il réussirait à détruire.
Le 6 décembre 1535, il prend 2 renards ; le 7, un autre renard ; le 12, 2 renards encore. La chasse
continue en 1536 : le 2janvier, 3 renards ; le 9, un renard ; le 16 du même mois, un renard. Dès
lors, on n'entend plus parler de ces animaux, probablement attirés par la basse-cour; mais, le
16 février 1537, le brave jardinier se trouve en face d'un loup (3), qu'il assomme à coups de pelle. Le
voisinage du Monte Mario et du sauvage Val d'Inferno ne peut suffire à expliquer pareille invasion.
On sait que, du temps de Clément VII, toute une galerie du Belvedere s'était écroulée et que Paul III,
lors de son avènement, la trouva encore en ruines. La vérité semble être que, découragé par le sac de
1527, le dernier pape médicéen avait laissé construction, cour et jardin dans l'état où les avaient mis
la brutalité des bandes impériales et la pénurie du trésor apostolique consécutive à cet inqualifiable
attentat (4). Les murs, les haies, restés à l'abandon, n'offraient plus d'obstacle aux bêtes de la cam
pagne, qui trouvaient dans les dépendances du Belvedere des proies plus faciles etplus alléchantes
que dans les maigres solitudes des alentours.
Dès la fin de 1535, Paul III avait mis en train une nouvelle entreprise qui avait chassé renards
et loups de plus d'un de leurs repaires habituels. Au mois de novembre, il avait confié au plus impor
tant des entrepreneurs de maçonnerie qui fussent à Rome, Cristoforo d'Ottolino Sbardellini da Ogia, la
mission d' << aplanir>> toute une partie du Belvedere ; il voulait édifier un nouveau jardin sur des terrains
laissés en friche par ses prédécesseurs. Ce gros travail, commencé en novembre 1535, fut poussé avec
vigueur de janvier 1536 à novembre 1538. Le 19 avril 1536, on relève un achat de pelles, depioches etde
hoyaux quidevaient sans doute servir à activerla besogne. Le 1er février 1537, le menuisier Bartolomeo
(1) Le même fait se reproduisit en septembre 1538 ; mais alors Venturino est désigné comme gouvernant les bêtes
de somme du Belvedere. En 1543, Lucerta fait faire deux bâts neufs pour ces animaux. Il semble donc que l'on ait, entre
1536 et 1538, séparé ce service de celui du Palais.
(2) C'est-à-dire les vignes du banquier Spinelli, en dehors de la portaAngelica. Les Espagnols avaient construit
de ce côté une tranchée lors de l'assaut de 1527 (ORANO, Il sacco di Roma, p. 299, note). Cf. LANCIANI, Storia degli
scavi, vol. I, p. 55 et 85.
(3)Dans les terrains déserts, encore si communs à Rome au xvIe siècle, on avait toute chance de rencontrer, de temps
àautre, des bêtes sauvages. Un loup sortit du Colisée au moment même du passage de Jules II, le 10décembre 1512 :
« Die veneris decima Decembris habita est quarta sessio in Concilio Lateranensi ; ad quam Pontifex mane eius diei
ex aedibus Sancti Petri ad Vincula accessit, sua lectica delatus more solito, per viam ante Amphitheatrum sive, ut
dicunt, Coliseum. Et casu, transeunte Pontifice, lupus magnus exivit ex ruinis Amphitheatri prædicti et, pertransiens
stratam, intravit canneta et vineas in opposito existentes ; quo omine aliqui læti fuere, asserentes lupos et animalia
fugere iam a conspectu crucis et Pontificis... » Diarium de PARIDE DE' GRASSI (Bibl. nat. de Paris, ms. lat., 51643,
fol. 366).
(4) MICHAELIS, Gesch. des Statuenhofes..., loc. cit., p. 32.
LE BELVEDERE
215
[Spini ou delle Spine?] fournit une herse «pour aplanir le terrain du nouveau jardin »; c'est là l'indice
d'un progrès assez sérieux. Il semble d'ailleurs qu'il tardait à Paul III de voir terminer au plus tôt
cet ouvrage. Le 15 juin 1537, un entrepreneur bergamasque, Bettino, reçoit leprix fixé pour enlever
à forfait « toute la terre provenant des fondements et de l'aplanissement du nouveau jardin, du côté
du poulailler, et la porter où l'on a porté l'autre terre »; les 8 juillet et 6 août, autres paie
ments « pour la terre enlevée du côté des écuries ». Meleghino et Giambattista, son comptable,
paraissent avoir rondement mené l'affaire. Dès le 22 septembre, l'un des jardiniers, don Loysi, allait
chercher à Naples des orangers et d'autres arbres de même espèce destinés à peupler le terrain déjà
préparé, et le 15 novembre, un batelier, Giovanni da Castellamare, était rémunéré du transport fait
par ses soins, « du Royaume>> [de Naples] au port urbain de Ripa, et de Ripa au Belvedere, de
1.500 plants qui avaient très vraisemblablement été commandés par don Loysi. Ce dernier fit à
Naples, au mois de février suivant (1538), un nouveau voyage qui lui est payé le 16 ; les frais de trans
port des orangers et des myrtes qu'il rapporta cette fois
nolis du « Royaume » jusqu'à Rome et
roulage de Ripajusqu'au jardin
furent acquittés le 21 mars (1). D'autres horticulteurs contribuèrent
à ces opérations : le 28 janvier 1538, figure dans les comptes une acquisition d'arbres fruitiers ;
et le 17 novembre précédent, un vigneron romain, que le trésorier appelle, par une évidente dérision,
Giovanni Ladro ( Voleur), reçoit de Meleghino un beau pourboire de 4 écus « pour dix arbres à
fruits qu'il a volés pour les planter dans le nouveau jardin du Belvedere »!
Tout démontre chez Paul III la hâte de jouir de cette nouvelle création. Le 12 juillet 1537,
au beau milieu des enlèvements de terre faits par Bettino, Meleghino achète dela corde et de la ficelle
afin de « tirer les fils >> [faire les alignements?] des fosses destinées à recevoir les plantations que don
Loysi allait bientôt rapporter du Midi. Le 15 décembre 1537 et le 11 mars suivant, nouvelle acquisi
tion de pelles et de civières à transporter la terre. Le 3 février 1538, 79 ouvriers ont déjà creusé le
sol pour établir le passage voûté qui doit relier le nouveau jardin à l'ancien. Meleghino est si satis
fait des travailleurs que, le 6 mars, il leur fait octroyer une « mancia » de 5 écus. Tout n'était
cependant pas fini. A la fin d'octobre, Lucerta fait encore défricher une partie du terrain ; mais,
le 2 novembre, le caissier inscrit, avec un plaisir évident, une somme de 12 écus payée aux ouvriers
qui ont aplani, bêché, etc., le dernier carré du nouveau jardin.
Il suffit d'avoir constaté les soins que demande l'entretien d'un beau jardin pour ne pas
s'étonner de retrouver, dans notre second registre, d'autres dépenses, mais beaucoup plus espacées,
pour la nouvelle création. Le 17 décembre 1543, maestro Clemente, marchand à la Dogana, livre
<< diverse robbe » pour les espaliers. Le 4 janvier 1544, le jardinier Domenico reçoit de Lucerta
4 écus pour avoir arrangé les mêmes arbres. En mars, juin et juillet 1544, c'est le menuisier qui
(1) C'était aussi du royaume de Naples que venaient les graines destinées aux semis du jardin pontifical. Rabelais
écrivait de Rome, en 1536, à l'évêque de Maillezais, Geoffroy d'Estissac : « Touchant les graines que vous ay envoyées,
je vous puis bien asseurer que ce sont des meilleures de Naples, et desquelles le Saint Père fait semer en son jardin
secret de Belveder. » Les Lettres de François Rabelais escrites pendant son voyage d'Italie (Brusselle, 1710, petitin-8°),
p. 29.
216
LA COUR DE PAUL III
est à l'œuvre : Girolamo dit il Bologna, refait la charpente des espaliers ; le 14 mars et le 3 juin, rien
que pour les espaliers d'orangers, il fournit 210 poutrelles (travicelli) de châtaignier et 1.500 paires
de cercles. Aux mois de juin etd'août de cette mêmeannée, Lucerta est obligé de faire arroser les espa
liers (1). Depuis 1538, il a dû avoir plus de temps pour vaquer à ses occupations habituelles ; aidé
de son « garzone », il a pu revenir avec tranquillité aux oiseaux de la basse-cour, pour lesquels il ache
tait si souvent du millet (2), et à sa distillation, probablement d'eau potable (3), pour laquelle il
achète, le 22 avril et le 6 mai 1536, et le 31 mai 1543, des fiaschi et du charbon.
L' « horto Paulino » (4) n'absorba d'ailleurs pas toute l'attention de son fondateur, et si le Bel
vedere ne paraît pas avoir été utilisé sous Paul III pour y donner des combats de taureaux, comme
sous Jules II, en 1509 (5), ou de magnifiques tournois, comme sous Pie IV en 1565 (6), il fut ampli
fié, restauré, enrichi même de quelques antiques. On a vu plus haut que l'on y construisit des
cuisines ; mais là ne se borna pas l'activité du pape Farnese. Outre les travaux de maçonnerie entre
pris par Cristoforo da Ogia en juillet 1549 (7) et qui se continuaient en 1550, on en trouve signalés
d'autres, le 16 avril 1535, confiés à Pierino del Capitanio et à son associé Pietro Trevisani (8) ; ce
même jour, le marbrier (scarpellino) Domenico Rossello reçoit 101 écus (9). En 1541, Bernardino da
Mantova et Sandro Pianetto, « maestri del muro »,sont occupés auBelvedere (10); FrancescoTrevi
sano et Antonino da Voltarra, « compagni muratori »,en 1542 (11). Dans le même temps se poursui
(1) L'été de 1544 dut être exceptionnellement chaud. Il est probable que l'eau de la citerne du Belvedere
(citerne restaurée en 1537 par Meleghino) ne suffisait pas, cette année-là, pour les besoins du jardin.
(2) Il eutde nouveauxpensionnaires en1541. Des faonsayantétéofferts à Paul III, Lucerta dutacheterune chèvre
pour les nourrir. Cf. BERTOLOTTI, Speserie, loc. cit., p. 180.
Le garzone était sans nul doute l' « Alberto pollarolo>>>
mentionné le 22 juin 1537 (et, sous le nom d' « Alberico » ? le 10 octobre suivant).
(3) Mais ce n'est pas sûr; carle 6 mai 1546, il achète huit charges (some) de charbon pour distillerdes roses. Cf.
BERTOLOTTI, Speserie, loc. cit., p. 199.- En 1545, un certain Francesco Bomes (?), « distillateur d'eaux au Belvedere »,
recevait un peu plus de 14 écus « pour acheter des vases de cuivre et de verre et autres choses pour faire de l'eau-de
vie »(aqua vita) . Ibid., p. 193.
(4) C'est ainsi que le nouveau jardin fut appelé sous le pontificat de Jules III (Cf. LANCIANI, Storia degli
scavi, vol. III, p. 38). Dans le plan de Claude Duchet, daté de 1579, il est désigné sous le nomde Giardino secreto di Papa
Paolo III.- En 1552, on y fit un bosquet de myrtes etun grondale (LANCIANI, ibid ).
(5) LANCIANI, Storia degli scavi, vol. I, p. 145.
(6) Cf. lagravure d'Étienne Dupérac,planche 117 de l'exemplaire du Speculum Romanaemagnificentiaed'Antonio
Lafreri, conservé à la Bibliothèque nationale de Paris, sous la cote Rés. J. 1052.
(7) Archivio di Stato de Rome, Ed. pubbl., 1540-1549, fol. 13 a.
(8) « ... pro residuo fabrice Belvederis per ipsos fabricate... ». Mandati, 1534-1537, fol. 55 verso (101 écus et
3jules) ; cf. fol. 121, (9 florins).
(9) Mandati, 1534-1537, fol. 52: «... pro residuo laborerii per ipsum facti et datipro restauratione Belvederis,
ut latius apparet in libris calculorum dicte fabrice ».
(10) En 1541,je relève encore cette mention, assez peu claire : « Reverendo patri domino Blosio de Santo [Palladio]
Fulginate, Smi. D. N. a secretis familiari, scutos 50, ad computum expensarum pro adaptatione... subtus Belvedere
loco dicto Vallis Inferni per eum factarum. » Mandati, 1539-1542, fol. 83.
(11) Notes d'Eugène MÜNTZ. Le 15 novembre 1542, on achetait à Giambattista Olgiati de la toile destinée à faire
« les tentures de la grande salle au-dessus de la loge du Belvedere, où maître Pierino [del Vaga] peint une spalliera».
BERTOLOTTI, Speserie, p. 184.
LE BELVEDERE
217
vaient des travaux de menuiserie dont la destination nous échappe ; parexemple, le3 novembre 1537,
Bernardino reçoit le prix de 12 tables (tavole) « per uso di Belvedere » (1) ; en 1541, un autre menui
sier, Lodovico, est aussi employé dans les constructions (2). Les fondeurs, à leur tour, apparaissent
dans nos registres : ainsi Giacomo [della Barca] livre, le 3 avril 1544, des boules et autres objets de
cuivre qu'il a faits pour le Belvedere et le Palais. En septembre 1543, Gherardo Volpe (Wolf ou De
Wulff ?) avait touché les frais de transport au jardin d'une fontaine de marbre qui ornait jus
qu'alors la partie haute (maschio) du Château Saint-Ange (3).
Après les jardins, ce sont les antiques qui retiennent le plus sérieusement l'attention
de Paul III. Le 17janvier 1536, le marbrier Gianantonio a fini la niche destinée à la statue de l'em
pereur Commode, niche qui, le 20 mars suivant, a déjà reçu sa décoration, due à un peintre du nom
d'Orazio. En avril et mai, Giovanni Domenico, ou Domenico tout court, peint la niche de l'Apollon
et celle du Laocoon ; en juin, la niche destinée à la Vénus offerte au Pape par Rangone; en juillet.
il fait la toilette des niches des deux fontaines. En octobre 1538, un de ses confrères, Giacomo,
décore la voûte ou galerie du cheminquiconduit de l'ancienau nouveau jardin(4). Vers la fin de 1540,
un autre peintre, Ottaviano [de Amorottis] reçoit deux acomptes pour les ornements qu'il exécute
entre les mascarons et sous la corniche de la Cour des statues (5).
Ce n'est pas tout. On a dit et répété qu'absorbé par l'édification et l'ameublement du Palais
Farnese, Paul III avait, plus que tout autre pape de la Renaissance (6), plus que Clément VII lui
même (7), négligé l'accroissement de la collection du Belvedere. Cette assertion n'est pas exacte. Non
seulement il fit transporter dans la célèbre Cour la stèle de T. Statilius Aper, qu'il acheta en avril
1542 (8), et une inscription sur marbre qui fut trouvée dans les fondations du bastion du Belvedere
(1) Le 3 mai 1551, sous Jules III, le menuisier Bartolomeo termineles planchers (tavolati) du jardin des statues.
Le 25 janvier précédent, il avait fourni une barrière (cancello) pour mettre devant la Cléopâtre, et probablement en
cette même année, des planchers pour faire, au corridor situé au-dessous du Belvedere, «le jeu de la balle de la corde>>>
[paume ?] pour le jeune favori du Pape, le cardinal Innocenzo Monti [del Monte), alors âgé de 18 ans. Cf. LANCIANI,
Storia degli scavi, vol. III, p. 38.
Puisque nous avons parlé de la Cléopâtre, reproduisons cette mentiondes comptes
de Jules III (mars 1555) : « A mastro Daniele [Ricciarelli de Volterra], pittore, a buon conto del suo credito del lavoro
di stucco fatto nella stanza della Cleopatra dove è la fontana in capo al corridore di Belvedere, scudi 20 d'oro ».
(2) Tes. segr. , 1540-1543, fol. 6 a.
(3) BERTOLOTTI, Speserie, p. 187.
(4) Ce Giacomo doit être le « mastro Jacomo Fiorentino » qui est mentionné, le 13 janvier précédent, comme
ayant fait « più opere in Belvedere ».
(5) Tes. segr. 1540-1543, fol. 4 et fol. 20 a.
(6) Il ne peut être question, naturellement, d'Adrien VI, qui cependant avait nommé intendant du Belvedere un
de ses compatriotes, lejeune peintre Jan vanScorel, qui fut le maître de Martinvan Heemskerck. Cf. Friedrich KENNER,
Die Porträtsammlung des Erzh. Ferdinand von Tyrol, dans le Jahrbuch des Musées de Vienne, XVII (1896), p. 144.
(7) Le 20 juillet 1536, Paul III fait payer une créance arriérée à Raffaelle da Montacuto, « alias soprastante
di Belvedere tempore Clementis ».
(8) BERTOLOTті, Speserie, p. 183; MICHAELIS, Gesch. des Statuenhofes, p. 34 et n. 121. Avrai dire, le cippe de
T. Statilius Aper fut, dès son arrivée ou peu de temps après, transporté dans un autre jardin du Belvedere ; c'est au moins
ce que paraît indiquer le passage d'Aldovrandi rappelépar M. Michaelis. Cf. Jahrbuch, 1909, p. 149,nº 143, (3 avril 1542).
Voy. aussi G. B. DE ROSSI. G. GATTI, Miscellanea, fasc. 2 (Roma, 1890, in-8°). p. 62.
28
218
LA COUR DE PAUL III
en juin 1543 (1), mais il y fit entrer deux statues, une Vénus dont l'origine était inconnue jusqu'ici (2)
et, comme l'avait si ingénieusement conjecturé Michaelis, l'Antinoüs.
La Vénus avait été offerte au Pape par Ugo Rangone, évêque de Reggio, qui était alors gou
verneur de Rome. Le 29 février 1536, un charretier l'amenait au Belvedere, et Domenico Rossello,
en mars et avril, lui construisait une niche de marbre que décorait, enjuin, le peintre Domenico.
La déesse ne put pas être immédiatement placée dans sa nouvelle demeure : il lui manquait une jambe
que l'on se mit en devoir de remplacer. Le 16 mars, le comptable de la fabrique du Palais sefaisait
rembourser le prix des cordes destinées à suspendre la divine infirme, et, le 9 juillet, le marbrier
Santi avait déjà dégrossi la jambe qui lui était destinée ; le travail, continué par le marbrier Dome
nico, fut terminé, d'août à novembre, par le sculpteur florentin Tommaso, membre de l'Accademia
de' Virtuosi (3). Ce dernier, que je n'ai pas réussi à identifier, ne serait-il pas Tommaso [de' Cavalieri],
l'ami si cher de Michel-Ange, qui fut chargé de fixer ce qui était dû à l'artiste (40 écus, payés le
23 août et le 26 novembre 1536), non seulement pour la restauration de la Vénus, mais pour celle du
Mercure? La Vénus de Rangone était une « Vénus pudique », qui depuis a été reléguée dans les maga
sins du Vatican (4).
La seconde statue introduite par Paul III dans le sanctuaire païen du Belvedere, l'Antinoüs,
ou mieux l'Hermès, a longtemps passé pour y être entrée sous le pontificat de Léon X. En exami
nant de plus près la question, Michaelis a exprimé des doutes sérieux sur ce point de l'histoire
du « cortile ». Le silence des textes et l'absence de dessins contemporains, le témoignage de Michele
Mercati, médecin de Pie V et de Sixte-Quint, l'article de compte du 27 février 1543, publié par
Eugène Müntz, permirent au savant archéologue d'affirmer, à peu près sans hésitation, l'identité de la
statue acquise par Paul III en 1543 et de l'Antinoüs. Je rappelle tout d'abord les termes de l'article
découvert par Müntz : « Duc. 1.000 auri in auro d. Nicolao de Palis, civi Romano,.. pro quadam statua
(1) BERTOLOTті, ibid., p. 190 ; MICHAELIS, ibid., p. 37 et n. 133.
(2) MICHAELIS, The Cnidian Aphrodite of Praxiteles, dans The Journal of Hellenic Studies, vol. VIII (London,
1887, in-8°) , p. 327, suppose que la Vénus est entrée au Belvedere sous le pontificat de Clément VII.
(3) Statuti della insigne artistica congregazione de' Virtuosi al Pantheon (Roma, in-fol., 1839), p. 45, col. 1,
1. 51 : «... Tommaso Fiorentino. S[cultore] ».
(4) Elle est ainsi décrite par ALDROANDI (Le statue di Roma, éd. de Venise, 1558, p. 120) : « Inun' altra
cappella è Venere tutta ignuda, intiera, che con la man dritta si cuopre le membra sue genitali, con la
mancatiene la sua camisciapendente sopra un giarrone : et è ogni cosa di un pezzo. » Cf. Salomon REINACH, L'Album
de Pierre Jacques, p. 24 et n. 7.
La première mention qui en ait été faite dès 1536 se trouve dans les notes de
voyagede Johann Fichard : <> ;
de même au premierjanvier (8) et le jour de la Conversion de saint Paul (9); à Pâques (10) et pour
la messe célébrée par le Pape à Saint-Pierre le 29 juin (11).
(1) Cf. Registre, p. 158 et 174. Dans ces deux mentions, Baldi est encore associé aux fifres du Château Saint
Ange; mais, au lieu du solitaire écu qui est dévolu à chacun d'eux, il en reçoit deux, et il est nommément désigné.
Peut-être l'avait-on rattaché à cette « bande » pour lui attribuer certaines des prérogatives dont elle jouissait ; il était
dans une sorte de demi-retraite.
(2) HABERL, op. cit., p. 78.
(3) Il les recevait encore en mars 1545 (BERTOLOTTI, Speserie, p. 193, où il est prénommé Giovanni Antonio).
(4) Il avait reçu la même somme, pour la même destination, le 5 novembre 1536 ; mais là, chose curieuse, il est
appelé, contre l'autorité du Diarium de la Chapelle, « Antonio da Ferrara ». Peut-être sa femme était-elle ferraraise
(cf. ci-dessous n. 5). Cette gratification à fin spéciale lui fut renouvelée le 19 mai 1537, le 8 novembre 1537, le
21 mars 1538 et le9 mai 1544.
(5) Le 15juillet 1536, le Pape lui donne 60 écus d'or «pour aller conduiresa famille à Ferrare ». Le 19juillet 1546,
il ne vient pas à la Chapelle parce que sa femme s'est cassé un bras (HABERL, op. cit., p. 86) .
(6) Ibid., p. 91.
7) 78 écus en 1535; 83 en 1536; 84 en 1537; 108 écus 10 en 1543; 99 en 1544.
(8) 78 écus en 1536; 86 en 1537; 86 en 1538; 110 écus 40 en 1544.
(9) 78 écus en 1536; 82 en 1537; 84 en 1538; 110 écus 40 en 1544.
(10) 40 écus en 1536; 42 en 1537 ; 44 en 1538 ; 55 écus 68 en 1544.
(11) 80 écus en 1536; 82 en 1537; 88 en 1538 ; 113 écus 68 en en 1544.
224
LA COUR DE PAUL III
LA « BANDE » DU CHATEAU SAINT-ANGE
Le chef, ou tout au moins le doyen de la musique du Château Saint-Ange était, à ce moment,
le fifre Giangiacomo De Beraldini ou Berardini, de Cesena, qui en faisait déjà partie en 1523 (1)
depuis un certain nombre d'années, puisque, sans doute comme le plus ancien, il est chargé,
le 30 novembre 1524, de porter 20 ducats aux fifres du Château (2). C'est lui qui, « très mer
veilleux musicien », fit demander à Benvenuto Cellini, par le trombone lucquois Lorenzo (3), de vouloir
bien se joindre à eux pour le « Ferragosto » du Pape et jouer, ce jour-là, sur son cornet la partie de
soprano de plusieurs motets. Après huit jours de répétitions, ils se rendirent, le 1er août, au Belve
dere et, pendant que Clément VII déjeunait, ils exécutèrent si bien les motets, que le Pape déclara
qu'il n'avait jamais entendu musique jouer plus agréablement et en plus parfait accord. Puis, appe
lant près de lui Giangiacomo, le pontife lui demanda-continue Cellini « où et comment ils'était
procuré un aussi bon cornet pour soprano, et, dans le plus grand détail, qui j'étais. Giangiacomo lui
dit mon nom. Alors le Pape : « C'est donc le fils de maître Giovanni? » Il réponditque je l'étais. Le
Pape dit qu'il voulait m'avoir à son service parmi les autres musiciens. Giangiacomo répondit : « Très
saint Père, je ne me flatte pas que vous obteniez cela de lui, parce que la profession à laquelle il se
consacre continuellement est l'art de l'orfèvrerie, et il en tire un bien meilleur profit qu'il ne le ferait
de la musique. » Le Pape répliqua : « Je le désire d'autant plus qu'il a, en outre, ce talent, auquel je
ne m'attendais pas. Fais-lui préparer le même traitement qu'à vous autres; dis-lui de ma part qu'il
se mette à monservice, et qu'à l'occasion je lui donnerai grandement de quois'exercer dans son autre
profession. » Et étendant la main, il lui donna dans un mouchoir 100 écus d'or de la Chambre, et lui
dit : « Partage-les de manière qu'il en ait sa part ». Giangiacomo ayant quitté le Pape, vint à nous
et répéta point par point tout ce que le Pape lui avait dit ; il partagea l'argent entre les huit compa
gnons que nous étions, me donna ma part et me dit : « Je vais te faire inscrire au nombre de nos com
pagnons.>>»
<» ;
le 8 octobre suivant, 2 écus encore, « pour avoir arrangé les gravicemoli (sic) de la Garde-Robe et de Mme Giulia Sforza »
(Voy. Registre);le 25décembre 1540, 3 écus et15 bolognins « pour avoir accordé les zimbali de Sa Sainteté» (BERTOLOTTI,
Speserie, p. 179). Le 18 décembre 1537, le musicien Giambattista Sansone reçoit 30 écus « pour le prix d'unsiencimbalo
qu'il a consigné à la Garde-Robe pour le service de Sa Sainteté ». Le 1er octobre 1538, unancien familierde Paul III
« Pietrino (Pierino), organista », est gratifié de 10 écus d'or « pour pouvoir retourner à Sienne ».
(3) Jules ÉCORCHEVILLE, Le luth et sa musique, dans le Bulletin français de la S. I. M., 4e année, nº 2, 15 février
1908, p. 143.
(4) Ibid., p. 144-145.
(5) Rob. EITNER,Biographisch-Bibliographisches Quellen-Lexicon der Musiker und Musikgelehrten der christlichen
Zeitrechnung bis zur Mitte des 19 Jahr. t. IV (Leipzig, 1900, in-8°), p. 47.
LES MUSICIENS
227
ser Francesco Milanese », un cadeau de 5 écus, et le 1er janvier 1538, un autre cadeau de 4 écus (1).
Le souverain pontife avait d'ailleurs agi en toute connaissance de cause, si l'on s'en rapporte
aux témoignages contemporains. Dans l'Intabolatura publiée à Milan le 1er mai 1536, on trouve plu
sieurs pièces intitulées : Fantasia del divino Francesco da Milano, tandis queles autres auteurs, Alberto
de Mantoue, Giangiacopo Albutio et Pietro Paolo de Milan, sont simplement qualifiés du titre de
<< messer » (2).
La renommée de Francesco était donc, dès cette date, solidement établie. C'est de lui, sans nul
doute, qu'il s'agit dans une lettre de Francesco Della Torre, écrite de Vérone, le 14 août 1532, au
secrétaire apostolique Gianfrancesco Bini : « S'il vous vient le désir de venir ici [à Vérone]
que je n'espère point, si le Turc ne vous y chasse pas-, maître Bernardino et moi, nous avons fait
mille beaux projets. O quelle réunion, si vous ameniez avec vous notre Révérend Florimonte et Fran
се
cesco da Milano ! » (3)
Dans la comédie de l'Arétin intitulée Il Marescalco et qui paraît avoir été composée vers
1533 (4), le Pédant, qui énumère les artistes du temps, n'a garde de l'oublier : « Voici pour l'harmonie
Adriano, effort de la nature. Voici Prè Lauro, voici Ruberto et in cimbalis sonantibus Julio di Mutina
[Giulio da Modena] et Marcantonio. Ne l'entends-tu pas, que déjà il sonne comme le Milanais Fran
cesco et le Mantouan Alberto [della Ripa] ? » (5) A peu près vers la même époque, Filippo Oriolo
de Bassano mentionne aussi, dans son poème, vaguement imité de Dante, « Francesco Melanese » (6).
Galeazzo Florimonte, que Francesco Della Torre vient de nous montrer en si bons termes avec
Francesco, n'oublia pas son ami, lorsque plus tard, en 1554, évêque d'Aquino, il publiait les Ragio
namenti, les conversations de son compatriote messer Agostino da Sessa sur la philosophie morale
(1) Dansle rôle de lafamille ducardinal Alessandro, dressé le 1erjanvier1538, Francesco da Milano figure parmi
les « gentilihomini et camerieri », pour 2 bouches et 1 cheval : « Messer Francesco da Milano, musico, d'ordine di N. S.
[sur l'ordre du Pape] ». Archivio di Stato de Naples, Scritture farnesiane, fascio VII.
(2) Bibliothèque nationale de Paris, Inv. Vm². 6.209 (exemplaire incomplet des 4 premiers feuillets ; à la fin :
Stampata Nela Cita De Milano per Io. Antonio Casteliono al Primo De Magio M. D. XXXVI), fol. 25, 54, 62(non mentionné
parEitner).
(3) «... Se vi verrà voglia di venire [aVerona) (il chenonspero, se il Turco non vi caccia), maestro Bernardino et io
habbiamo fatto mille beidisegni. O che concorso, se conducete il nostro Reverendo Florimonte et Francesco da Milano !>>>
Della nuova scielta di lettere di diversi nobilissimi huomini, libro terzo (in Venetia, MDLXXIIII (1574), in-8°), p. 136.
(4) Teatro italiano antico, t. V(Londra [Livorno], 1787), p. 295, oùil est fait allusion à la chaîne d'or, pesant huit
livres, donnée à l'Arétin par François Ier.
(5) Ibid., p. 334-335.
(6) Dans le chant XX, au cours d'unelongue énumération de musiciens (compositeurs, instrumentistes et chan
teurs) :
Eravi ancor Francesco melanese
Che ragionando inseme col Bombello
A sè chiamò Bernardin Veronese...
Voy L. M. CAPELLI, Il « Monte Parnaso » di Philippo Oriolo da Bassano (imitazione dantesca inedita), dans le
Giornale Dantesce, t. VIII (1899), p. 351.
228
LA COUR DE PAUL III
d'Aristote (1). Dans la première de ces conversations, Agostino, parlant du bonheur de l'homme,
dit au prince de Salerne, Ferrante Sanseverino : « Dites-moi, quand Francesco da Milano se trouve
t-il dans le meilleur état qui se puisse trouver, comme musicien, lorsqu'il se promène à cheval,
lorsqu'il mange, ou lorsqu'il joue? » Et le prince de répondre sans hésiter : « Lorsqu'il joue, parce que
c'est là son office, comme musicien. » Agostino reprend : « Et Michel-Ange?>> Alors le prince : « Lors
qu'il peint ou lorsqu'il fait quelque belle statue. » Le philosophe continue son raisonnement et conclut
ainsi : « Alors donc l'homme sera dans l'état le meilleur et le plus digne qui puisse être, lorsqu'il fera
l'action de l'âme qui est la sienne propre avec la règle du talent, et il setrouvera dans son état le plus
parfait lorsqu'il agira selon le talent le meilleur et le plus parfait qu'il possède, tout comme Fran
cesco da Milano se trouve dans le plus sublime état comme musicien, lorsqu'il joue avec l'art le plus
complet qu'il possède » (2). Ce rapprochement, assez inattendu pour nous, mais qui paraît tout natu
rel à l'auteur, des noms de Michel-Ange et de Francesco, est singulièrement intéressant. Le nom du
grand musicien revient encore au cours de la même argumentation, sous la plume de l'écrivain :
<>>
Le prince : « Tel est aussi mon avis (3). »))
Probablement vers la même date où Francesco Della Torre adressait sa lettre à Bini, le fameux
poète burlesque Francesco Berni, l'un des familiers, comme Della Torre, de l'évêque de Vérone Gian
matteo Giberti, adressait à Francesco da Milano un de ces « capitoli » dont la langue amuse encore,
mais dont les plaisanteries se sont singulièrement affadies : « Messer Francesco, si vous êtes vivant,
car j'ai entendu dire que vous étiez mort
,
lisez cette chose que je vous écris, par quoi je vous
(1) 1Ragionamentidi M. Agostino da Sessa, all'Illustriss. S. Principe di Salerno, sopra la filosofia morale d'Aris
totele. Raccolti dal Reveren. Monsig. Galeazzo FLORIMONTIO, vescovo d'Aquino, Etnuovamente mandati in luce daGiro
lamo RUSCELLI. Al molto Illustr. & Reverendiss. S. II S. Francesco Aleandro, Arcivescovo di Brindisi. Con pri
vilegio. In Venetia, per Plinio Pietrasanta, MDLIIII (1554). In-4°, 8 pages non ch. 151 pages ch. Titre gravé.
(2) Op. cit., p. 33 : « Sessa... Ditemi, quando si truova Francesco da Milano nel miglior' essere, che trovar si possa,
comemusico, quando cavalca, ò quando mangia, ò quando suona ? Principe. Quando suona, perchè quello è l'officio
suo come musico. Sessa. Et Michel' Angelo ? Principe. Quando dipinge ò quando fà qualche bella statua. »- p. 38-39 :
« Sessa... Allora adunque starà l'huomo nel migliore et più degno stato che star possa, quando farà la sua propria
operatione dell'anima con la regola della virtù, et allora starà in più perfetto stato, quando opererà secondo la
migliore et più perfetta virtù, che egli habbia ; sì come Francesco da Milano si truova nel più sublime stato comemusico,
quando suona con la migliore arte che egli habbia... »
(3) Op. cit., p.37,38 : « Sessa.......I
.37,38 : « Sessa... ...Ditemi, Signore, quando il musico comincia àsapere bensuonare, che ha egli acquis
tato che lo faccia suonar bene ? Principe. Non sò che habbia altro acquistato che l'arte del suonare. Sessa. L'arte dunque
della musica, che egli ha imparata, gli guida la voce, o le dita, a cantare, o suonare bene. Principe. Cosi pare a me.
Sessa. Haveva dunque Francesco da Milano dalla Natura la mano disposta al suonar la viuola, ma dipoi sopra la dis
positione della Natura ha egli acquistata quell'arte, che l'ha fatto il primo suonatore che sia nell' età nostra, se io non
m'inganno. Principe. Così credo anch'io. »
LES MUSICIENS
229
conseille et vous exhorte à venir à Venise, car vous avez tort de tant rester à Plaisance... Ici est
messer Achille dalla Volta, et le Révérend Monseigneur Valerio, qui ne fait que vous réclamer. Et
il n'y a pas que lui qui montre cet extrême désir de vous voir, mais tout le monde en a martel en
tête, que c'est proprement une honte. Laissons aller Monseigneur de Vérone [Giberti], notre patron,
qui jamais, ni jour ni nuit, ne vous abandonne ni de la langue ni du cœur... Venez, vous serez plus
regardé que le doge ne l'est, le jour de l'Ascension, par les portefaix. Vous serez soigné et courtisé,
bien vu par tous, comme un baron ; et qui vous entendra pourra se dire heureux. Parmi ces eaux
vous paraîtrez un Amphion, que dis-je? un Orphée, celui qui toujours avait derrière lui des bêtes en
grande quantité, de toute espèce... Nous sommes dans une rue, et dans un petit canal, près de laTri
nité et de l'Arsenal, en face de certaines nonnes de Dieu
qui font la Pâque comme le Carnaval,
id est, qui ne sont pas trop scrupuleuses, sans vouloir en médire. Venez tout droit, déchargez-vous
de vos affaires et que Bernardino vienne, et nous ferons de merveilleuses harmonies. Puis, àla fin d'août,
ou vers cette époque-là, si le pays est praticable, nous nous acheminerons vers le patron, qui l'autre
hier s'en est allé dans le Véronais » (1).
(1) Poesic burlesche di messer Francesco BERNI (In Amsterdam, 1770, in-8°), p. 69-72:
Messer Francesco, se voi siete vivo,
Perch'io ho inteso, che voi siete morto,
Leggete questa cosa, ch'io vi scrivo :
Per la qual vi consiglio, e vi conforto,
Avenire a Venezia, che oggimai,
Astar tanto in Piacenza avete il torto.
Qui è messere Achille dalla Volta,
Eil Reverendo Monsignor Valerio,
Che domanda di voi volta per volta.
Emostrahavere estremo desiderio,
Nonpursol egli, ma ogni persona
N'ha unmartel, ch'è proprio un vituperio.
Lasciamo andar Monsignor di Verona,
Nostro padron, che mai nè di, nè notte,
Colla lingua, e col cuor non v'abbandona.
Venite, che sarete più guardato,
CheilDoge per l'Assensa da ifacchini.
Sarete intrattenuto, e corteggiato,
Ben visto da ognun, come un Barone :
Chi v'udirà, si potrà dir beato.
Parrete per quest' acque un' Anfionc,
Anzi un' Orfeo, che sempre aveva drieto
Bestie in gran quantità, d'ogni ragione.
Stiamo in una contrada, ed in un rio
Presso alla Trinità, e all' Arsenale,
Incontro a certe Monache diDio,
Chefan laPasqua come il Carnevale,
Id est, che non son troppo scrupulose,
Che voi non intendeste qualche male.
Venite a scaricar le vostre cose,
230
LA COUR DE PAUL III
Beaucoup plus tard, en 1617, le bizarre compilateur Tomaso Garzoni de Bagnacavallo, consa
crant dans sa Piazza universale un chapitre aux musiciens, s'exprimait ainsi : « Et dans les temps
modernes on célèbre comme excellents joueurs de divers instruments Alessandro Strigio,pour le luth,
l'Allemand Melchior Neysidler, Valentin Greff Bakfart de Pannonie, le Trévisan Bindella, le Romain
Matthias, le Padouan Giulio Cesare Barbetta, Francesco da Milano, Andrea dalla Viola ; pour le
cornet, Gierolamo d'Udine et Ascanio de Bologne: pour l'orgue, Claudio de Correggio, très fameux
exécutant, Andrea de Canareggio, Vincenzo Bell' havere et Paolo da Castello, avec une infinité
d'autres qui remplissent le monde rien que par la renommée de leur musique>>>(1). En dépit du silence
des historiens de la musique, un artiste si célèbre devait avoir laissé des traces plus précises encore
dans les écrits contemporains et, en cherchant bien, on les y trouve en effet. Girolamo Cardano, le
célèbre médecin milanais Jérome Cardan, dès 1547 (2), Luca Gaurico, en 1552, donnent sur lui d'in
téressants détails. Le premier l'appelle « Franciscus de Canona, civis noster » (3); le second, l'astrologue
de Paul III, le nomme « Franciscus de Monza Mediolanensis » (4) et lui donne pour premier maître
Ed adiritto, e venga Bernardino,
Chefaremo armonie miracolose.
Poi alla fin d'Agosto, o livicino,
Se si potrà praticare il paese,
Verso ilpadron piglieremo il cammino,
Che l'altr'ier se ne andò nel Veronese.
(1) Opere di Tomaso Garzoni da Bagnacavallo. Cioè La Piazza Universale di tutte le Professioni del Mondo...(In
Venetia, M DC XVII, presso Giorgio Valentini & Antonio Giuliani, in-8°), fol. 191 verso : « Et a' moderni tempi sono
celebrati per ottimi suonatori di diversi instrumenti il Striggio passato nel lauto, Melchior Neysidler tedesco, Valen
tino Greff Bakfart di Pannonia, il Bindella Trivigiano, Matthias Romano, Giulio Cesare Barbetta Padovano, Francesco
da Milano, Andrea dalla Viola ; nel cornetto, Gierolamo da Udine et Ascanio da Bologna ; nell'organo, Claudio da
Correggio, famosissimo suonatore, Andrea da Canareggio, Vicenzo Bell'havere, et Paolo da Castello, con infiniti
altri ch'empiono il mondo solo della fama del loro suonare. »
(2) Libelli quinque(Nuremberg, 1547), fol. 120 et 120 v° : « Præcedentis [Baptistae Carmelitani pœtæ] memoria
genituræ effecit, ut Francisci de Canona nostri civis haud oblivisceremur. Hic tam clarus testudine fuit Musicus, ut
charus etiam foret multis principibus, tum pontificibus, Leoni, Clementi, Paulo. Traxit in sui admirationem cunctos
iam nonsolum sui ævi, sed præcedentium Musicos vincens : unus qui doceret cogitationem arte posse superari. Multis
muneribus auctus ex paupertate evasit. In vulgari causa singularem gloriam assecutus, præstat hoc illi Jupiter cum
scorpii corde in horoscopo, in Solis Mercuriique quadrato, cum tam Jupiter quam Mercurius in suo sint domicilio ;
at vero sol et Mercurius Lunam, & ipsam in tauro existentem trigona radiatione respiciunt. At Venus in nona cum
regulo, et in Saturni trino, non solum apud Principes gratiam, verumetiam causa bonorum quæ ad religionem per
tinent, rem propriam augendam pollicentur. Huic olim cum genituram mihi ostendisset, annum selegi, quo & digni
tatem & præmium esset consecuturus, nec frustra tam firmis præceptis & tam claris adeo genituræ argumentis. Hac
vix meliorempossem, quod ad erraticas pertinet, seligere genituram, maximeque pro fortuna in qua natus est, felicem
eumesse reor, si modo ascendentis transitum super Martis corpus quadratumque Saturni, a quo non longe abest, ferre
poterit.>>>
(3) Cenomest confirméparune mention qui figure dans les comptes de François Ier : « A François de Canonna,
joueur de luth du Pape, don de 225 livres en récompense du plaisir qu'il a procuré au roi avec son instrument. » Actes
de François Ier, t. VIII, p. 246, nº 31.552. Cette mention, qui est sûrement de 1538, prouve, en outre, que Paul III
avait emmené Francesco à Nice.-D'autre part, pour ne rien omettre, Eitner dit que Francesco appartenait à la
famille milanaise des Nevizzani (op. et p. cit ) (Il y avait aussi des Nevizzani à Asti) Il serait plutôt, d'après l'indi
cation de Gaurico, originaire de Monza.
(4) Tractatus astrologicus, (1552), fol. 84 : « Franciscus de Monza Mediolanensis divinus, Musicorum omnium emi
nentissimus, fuit Orpheo & Apolline clarior in pulsanda cheli testudinea, & quolibetOrganicoinstrumento, Quippe qui
Intonuit nunquam melius, qui tartara flexit ;
Quod Delphin Graio pondere vexit onus.
LES MUSICIENS
231
Gianangelo Testagrossa de Pavie (1). Tous deux l'ont connu et placent sa naissance au 18 août 1497,
mais ils paraissent en complet désaccord sur la date de sa mort. Gaurico le fait mourir dans sa 47e an
née, en 1543, dont il avait rempli quatre mois et quinze jours; Cardano en parle, en 1547(date de l'im
pression de son livre), comme d'un homme vivant encore mais assez sérieusement menacé par l'as
trologie. Francesco était-il encore réellement de ce monde en 1547, ou bien Cardano aurait-il composé
son ouvrage avant la mort du musicien et laissé plus tard son texte dans l'état primitif, soit qu'il ait
péchépar simple négligence, soitqu'il ait ignoré l'événement fatal ? Il serait peut-être difficile d'éclair
cir ce petit problème et, dans le doute, on est obligé de s'en tenir à la date fournie parGaurico(2).
Sans doute est-ce aussi à Francesco que fait allusion Priscianese dans sa grammaire latine, en 1540 (3).
Je crois d'ailleurs avoir retrouvé son portrait dans les collections de la Bibliothèque ambro
sienne de Milan (4). Ce portrait fait partie des objets d'art légués au Musée par le marquis Federico
Fagnani en 1840 et, plus précisément, d'une série d'effigies de personnages célèbres exécutées vers le
commencement du xvII siècle, sans doute pour orner quelque grand cabinet d'étude, selon la mode
dutemps. Ceportrait ne serait donc qu'une copie, médiocrement artistique, mais encore assez vivante,
d'une toile du XVIe siècle. Il est conservé
je dois le rappeler- à Milan, il porte l'inscription Fran
cesco del Liuto, qui ne peut guère désigner que Francesco da Milano ; rien, dans le costume, ne
s'oppose à ce qu'onlefasse remonter à 1540 environ. Un détail seulement provoque une hésitation bien
PROPERTIVS
Hic querulas habili percurrit pollice chordas,
Tamdoctas quis non possit amare manus ?
LUCAS GAVRICUS
Qui tecum certet fidibus, Cytharæve, Liræve,
Hic velut aPhœbo Marsia victus erit,
Pulchram sume chelim, docto quoque pollice chordas
Percute, & ad cantus pellice saxa tuos.
Habuit patrem musicum & tres fratres musicos, modulationibus claros, sed non adeo longevos. Ipse obiit anno
1543, suæ vero ætatis anno 47 mense 4 die 15. ex directione Solis ad oppositum Saturni. Genuit filium superstitem, ex
cuius genitura patris cita mors decernebatur. »
(1) Selon cet auteur (op. cit., fol. 85 vº), Testagrossa était né le 9 avril 1470 et mort en décembre 1530 : « Joannes
Angelus Testagrossa Papiensis, caput habebat magnum, nasum parvum et simum, faciem carnosam. Erat corpulentus
et aspectu deformis, tamen lætus affabilis, benignus, manus habebat candidas, digitos parvos et pingues in tractandis
chordis testudineæ chelis velocissimos, fuit magister primus Francisci Mediolanensis. Anno suæ ætatis 60 cum 8 men
sibus completis obiit. >>>
(2) Il paraît, du reste, y avoir, dans les indications si précises de Gaurico, une autre difficulté. Si Francesco est né
le 18 août 1497, il aurait eu 46 ans accomplis le 18 août 1543, et les 4 mois et 15 jours qu'ajoute l'astrologue à ces 46 ans
nous feraient sortir de l'année 1543 et nous conduiraient au 2 janvier 1544. Gaurico a peut-être voulu dire simplement
que Francesco était, en 1543, sur le point d'entrer dans sa 47e année, et alors les 4 mois et 15 jours seraient à prendre
dans l'année 1543, ce qui nous donnerait le 15 ou 16 mai 1543 pour date mortuaire.
(3) Francesco PRISCIA| NESE| Fiorentino | . Della Lingua Romana (Stampato in Vinegia perBartolomeo Zanetti
da Brescia nel mese d'Agosto.M.D . XL. in-8°), libr. sec., fol. LXI v° : « Onde si dirà Anton da Lucca Antonius
Lucensis, Francesco da Melano Franciscus Mediolanensis... dove vedete i nomi sustantivi delle città come Lucca &
Melano... ridursi al nome adiettivo. Barbaramente adunque si direbbe, come molti fanno, Lorenzo Ridolfi Laurentius
de Rodulphis, Francesco da Melano Franciscus de Mediolano..., perchè e' si deono ridurre al nome adiettivo com'è
detto. » Le nom de Lorenzo Ridolfi, comme un peu plus haut celui de Contessina Ridolfi, semble prouver que le nom
de Francesco da Milano n'est pas ici un « exemple » dû à la fantaisie du grammairien.
(4) Cf. la Guida sommaria per il visitatore della Bibl. Ambrosiana e delle collezioni annesse (Milano, 1907, in-8°),
p. 125, col. I.
232
LA COUR DE PAUL III
naturelle : le personnage tient à la main une flûte. La page de musique qui est ouverte devant lui serait
peut-être plus décisive si elle était plus lisible : ce que j'ai déchiffré des paroles est tout à fait dans le
goût des chansons d'amour du xvi siècle. En dépit de ces difficultés dont je ne me dissimule pas
l'importance, il est très probable que le musicien représenté sur la toile de l'Ambrosienne est Fran
cesco da Milano, car, après de longues recherches, je n'aipas trouvé, au xvı siècle et au commencement
du siècle suivant, d'autre musicien célèbre qui puisse revendiquerl'appellation de Francesco del Liuto.
Il nous reste à dire un mot de la « créature » de Francesco, ce Pierino, un Florentin, que son
maître fit entrer dans les bonnes grâces de Paul III. Bien qu'il soit encore plus oublié que Francesco,
on sait qu'il ne se montra pas indigne des faveurs quelui valut son jeune talent. Dès 1547, leurs deux
noms apparaissent sur une Intabolatura de lauto : « Francesco da Milano et Perino Fiorentino, suo
discepolo » (1). L'année précédente, le 5 mars 1546, le trésorier secret lui versait pour la première
fois une pension mensuelle de 3 écus accordée par le Pape « à son compagnon qui joue en tiers
avec les luths lorsqu'ils font de la musique à Sa Sainteté» (2). Au second versement, le 5 avril 1546,
il est nommé « Perino degli Organi » (3).
Assurément, tous ces documents ne constituent pas une biographie ; mais on voit que, grâce
ànos comptes et à quelques recherches dans les livres du xvIe siècle, la figure de Francesco est deve
nue un peu moins incertaine. Après Francesco da Milano et son disciple Pierino, le plus célèbre des
musiciens privés de Paul III semble avoir été le Sicilien Giovanni Battista Sansone.
(1) EITNER, loc. cit., p. 48 b.-Bibliothèque nationale de Paris,Rés. Inv. Vm 368. Cette édition est très pro
bablement due aux soins de Perino.
(2) BERTOLOTTI, Speserie, p. 199 ; Artisti lombardi, vol. I, p. 380 : 5mars 1545 : « A mastro Pierino, creato di mastro
Francesco da Milano, per la provisione che N. S. gli ha ordinato per un suo compagno che sona in terzo con li leuti
quando fanno musica a sua Beatitudine, commenzando il presente mese, sc. 3. »
(3) Speserie, p. 198 : « A mastro Perino degli Organi, musico, per la provisione del suo compagno pel presente
mese, sc. 3. »
V
0
FRANC.
LE MUSICIEN FRANCESCO DA MILANO
PEINTURE ANONYME
(Milan. Bibliothèque Ambrosienne)
DEL
LIVTO.
CHAPITRE XII
LES CHASSES PONTIFICALES
Dans la seconde moitié du xve siècle, bien avant l'arrivée à Rome du jeune Alessandro Farnese,
les grandes chasses s'étaient introduites dans les habitudes fastueuses des cardinaux (1). Le nom de
Lodovico Scarampi et celui d'Ascanio Sforza, vice-chancelier de l'Église, frère de Ludovic le More,
restent attachés à cette innovation, qui inspira la muse latine d'un autre cardinal, Adriano Castellesi
de Corneto. Les chasses d'Ascanio étaient celles d'un amateur passionné; tous les moyens de destruc
tion y étaient employés : lances, épieux, haches, toiles, chiens, rien n'y était oublié, pas même le
terrible fusil inventé par un Allemand du nom de Libs, « machinae repertor Mirandae, horrificae,
minacis, atrae (2) ». L'hécatombe se terminait par un magnifique repas, et, à en croire le poète, les
grandes dames n'en étaient point bannies, à moins que la présence de la déesse Diane et des
nymphes ne soit due ici qu'à la manie mythologique du temps. Le retour dans la ville se faisait en
bon ordre, au milieu de la curiosité et de l'admiration des Romains que le bruit du départ avait, de
grand matin, réveillés en sursaut, tel le pauvre Serafino d'Aquila qui, familier d'Ascanio, se cachait
sous son lit pour éviter de prendre part à ce fatigant exercice et continuer tranquillement sonsomme
interrompu :
Quando sento sonar : tu tu, tu tu,
Passano cacciator sera e matin,
Gridan : Tè qui, Lion, tè qui, Cossin,
Emolti can di lor bajan : bu, bu.
Allor io dico : Ohimè, non più, non più!... (3)
(1) La plupart des détails qui vont suivre sur les chasses romaines avant Paul III sont empruntés à la
sayante et spirituelle étude du comte Domenico GNOLI : Le cacce di Leone X, dans la Nuova Antologia, vol. XLIII,
nos des 1er et 15 février 1893.
(2)
Nam truncum teretem æneum cavumque
Nitro, sulfure, pulvere et saligni
Carbonis replet [Libs] usque ad umbilicum.
Includitque pilam ex liquente plumbo.
Superne tenue oppido foramen
Spirat ; hinc iacit igneam favillam,
Histrix continuo forata fumat.
Adrianus tt. S. Chrysogoni S. R. E. presbyter cardinalis, de Sermone latino, et modis latine loquendi. Eiusdem Vena
tio, ad Ascanium Cardinalem [avant 1503]. Item Iter Iulii II. Pontificis Rom. (Ludguni, apud Seb. Gryphium, 1548,
petit in-8°), p. 387.
(3) Cité par le comte GNOLI, loc. cit., p. 437.
30
234
LA COUR DE PAUL III
Jusqu'au règne de Léon X, ce furent là jeux de riches cardinaux. Mais le fils de Laurent de
Médicis avait hérité de la passion paternelle pour la chasse à l'oiseau, qui occupa ses fréquentes
villégiatures aux environs de Rome. « Léon X dit le comte Gnoli fut le premier pape qui, comme
un prince séculier, ait tenu près de lui cet ensemble de personnes, de chiens et d'engins nécessaires
à un tel exercice, qui en ait fait son passe-temps ordinaire, et qui, non content des alentours de Rome
et de la durée d'une journée, ait parcouru des régions entières, donnant à ses chasses les dimen
sions de l'épopée » (1). Dans ses comptes privés, « nous trouvons l'homme passionné pour la musique,
amateur des joyaux et des objets d'orfèvrerie, des poètes burlesques et des divertissements amu
sants, libéral et prompt à secourir, mais surtout porté à la chasse, tant et si bien que l'on dirait les
registres de dépenses d'un chasseur » (2).
Bien que très encouragé dans ce goût par les cardinaux, alors presque tous issus de familles
princières ou seigneuriales, Léon X, qui craignait de blesser les convenances et redoutait la critique,
se plaisait à chercher des excuses que Bembo mettait en beau latin. La chasse et l'équitation dans
la campagne et les bois étaient un dérivatif aux fatigues de sa charge, et ses médecins lui conseil
laient cette manière de se donner du mouvement. Tout cela se lit dans un bref où sont décrétées
les plus strictes mesures pour assurer la garde des contrées « réservées » (3). Ces mesures n'étaient
d'ailleurs pas inutiles ; trop poursuivi, le gibier menaçait de devenir rare, et il le devint en effet dans
les années qui suivirent, car, en 1548,vers la fin du pontificat de Paul III, le maître deschasses du pape
médicéen, le Romain DomenicoBoccamazza(4) rappelait avec mélancolie le temps où la Campagne
de Rome abondait en animaux sauvages et surtout en cerfs (5). Adrien VI, et plus encore Clé
ment VII avaient eu d'autres soucis que celui de faire respecter les sages règlements édictés par
Léon X.
Le bref de 1514, auquel nous venons de faire allusion, était d'ailleurs presque uniquement
destiné à protéger la villégiature préférée du Pape, cette Magliana, véritable maison de chasse située
(1) GNOLI, loc. cit.
(2) Ibid., p. 443.
3) Bref à son garde florentin, Giovanni Neroni, daté de Viterbe, 7 octobre 1514, Petri Bembi epistolarum Leonis
decimi pontificis Max. nomine scriptarum libri sexdecim, à la suite des Epistolæ familiares (Venetiis, ex officina Gualteri
Scotti, 1552, petit in-8°), p. 275.
(4) Domenico, peu avant le sac de 1527, habitait le rione Sant' Angelo, et le nombre des gens qui vivaient avec
lui, parents, domestiques ou locataires, prouve qu'il était à l'aise : « Dominicus Bocamasius... 12 ». Descriptio Urbis
citée, p. 502.
Unmembre de sa famille habitait dans le rione Trevi : « Jeronimo Bochamazzo... 15 ». Ibid., p. 401.
Un autre des parents de Domenico, « Vincenzo Boccamazzi romano », fut chanoine de Santa Maria in Cosmedin
de 1536 à1562. Voy. CRESCIMBENI et GALLI, Scrie cronologica dei cardinali... e canonici dell'insigne basilica di S. Maria
in Cosmedin (Roma, 1845, in-8°), p. 49.
Un de ces ancêtres, Giovanni Boccamazzi, était évêque de Tusculum et
avait été fait cardinal par Honorius IV.
(5) Dansl'épître dédicatoire, adressée au prince de Macédoine, du livre très rare dontla Bibliothèque nationalede
Parispossède unexemplaire incomplet (Rés. S. 608) avec cette souscription au feuillet 135 : «Qui finiscono gli otti Libri
deM. Dominico BoccaMazza qualinarreno de varii &diverse cose apertinenti alli Cacciatori. In Roma, perM. Gyronima
de Cartolari Perosina, MDXLVIII (1548). » C'est peut-être à lui
« à un des Boccamazzi>>>
qu'en souvenir de
ses services et de ses exploits, Paul III donnait, le 1er janvier 1537, une somme de six écus d'or. Le livre de Bocca
mazza fait penser plus d'une fois au Poème sur la Chasse de GRATIUS FALISCus. Voy. la traduction en vers de
J.-A. Jaquot (Paris, 1854) .
LES CHASSES PONTIFICALES
235
à cinq milles de Rome et qui n'a presque rien conservé de son ancienne splendeur (1). En ce lieu,
habité depuis le xue siècle au moins, Innocent VIII const.uisit un joli « casino », flanqué d'une
chapelle ; Jules II y ajouta une construction plus grande, dont une partie de la décoration était due
à Raphaël ; Léon X y fit travailler, en 1520 et 1521, Giuliano Leno, le constructeur de Saint-Pierre,
et l'architecte Giovanfrancesco da Sangallo (2). Paul III, comme on le verra un peu plus loin, semble
n'avoir rien négligé pour entretenir cette villa qu'il connaissait depuis la fin du xve siècle, et qu'il
considérait comme une partie du patrimoine légué aux souverains pontifes, en tant que princes
séculiers, par les « Papes artistes » qui avaient régné avant lui sur les États de l'Église.
Paul III avait été, depuis le pontificat d'Alexandre VI, l'un des principaux invités des
grandes chasses romaines, et, sous Léon X, il avait même plus d'une fois reçu dans ses fiefs hérédi
taires le pape Médicis, fatigué de ses promenades cynégétiques ou désireux de comparer le gibier
de ses voisins à celui de ses propres terres. Le 10 janvier 1514, Léon X partait de Rome à cheval
avec douze cardinaux et une nombreuse suite, pour se rendre à une invitation du cardinal Alessandro
Farnese, et il arrivait à Canino le 16. Un des poètes de la nombreuse « famille » du cardinal, Baldas
sarre Molosso de Casalmaggiore, précepteur de Pierluigi, a laissé de cette partie un récit en hexa
mètres latins qui porte le titre de Palietum, Paglieto,le nom du lieu où se déroulait la scène, et qui
était, au dire de Boccamazza, la plus belle chasse des environs de Romé. Ce devait être un magnifique
et singulier spectacle que de voir tous ces cardinaux, Hippolyte d'Este, Marco Cornaro, Federico San
severino, Jules de Médicis, Innocenzo Cibò (le petit-fils d'Innocent VIII), Louis d'Aragon, courir le
cerf avec toute la famille, fils, petits-fils, gendres, du cardinal Farnese! Excellents cavaliers, leur
adresse à manier la lance et l'épieu étonnait les littérateurs et les bouffons de cour, spectateurs plus
ou moins charmés de ces fêtes en plein air, dont ils ne goûtaient sans doute guère que le banquet
final, où ils chantaient, en s'accompagnant du luth, la gloire de leurs puissants patrons (3).
Les chasses de Léon X, qui avaient généralement lieu en automne, au cours des fréquents
voyages qu'il faisait dans le Patrimoine, avaient pour théâtres principaux Viterbe, où les oiseaux,
bourreaux et victimes, avaient le premier rôle ; Monte Sant' Angelo, Bagnaja, Canepina, où l'on
tendait les toiles pour la capture des cerfs ; Bolsena, où la pêche dominait tout ; l'île de Marta, rem
plie, par les soins de l'oiseleur pontifical, de faisans, de paons, de francolins, d'ortolans, de cailles ;
(1) Le comte Gnoli interprète ainsi le bref en question : « Le Pape pensa donc àétablir une zone réservée pour la
chasse, à lui-même et à sa cour, lui donnant pour limites, la mer à l'Ouest et la via Cassia à l'Est, au Midi le Tibre depuis
sa sortie de la ville jusqu'à son embouchure, et au Nordune ligne distante de dix milles du cours du fleuve, c'est-à-dire
depuis la Storta ou l'Isola Farnese jusqu'à l'embouchure de l'Arrone. Cette région renfermait les meilleures chasses des
environs de Rome, et particulièrement celle de Campo de' Merli près de la Magliana, et de Campo Salino entre Ponte
Galera et Porto, cù se trouvaient encore en assez grande quantité les chevreuils, les cerfs et les sangliers qui, beaucoup
plus rares, s'y trouvent encore aujourd'hui. » Loc. cit., p. 448.
(2) Ibid. , p. 449-453.
(3) Ibid., loc. cit., p. 617-623.-Le Palietumde Tranquillo MoLosso a été publié parJuan ANDRES, dans lesAnecdota
graeca et latina ex mss, codicibus Bibliothecae regiae Neapolitanae deprompta (Neapoli, 1816), t. I, que je n'ai pu consulter;
Cf. Francesco ARSILLI, De poetis urbanis, dans TIRABOSCHI, Storia della letteratura italiana, t. VII, parte 4 (Milano, 1824,
in-8°) , p. 2441.
236
LA COUR DE PAUL 111
Toscanella, Corneto, Civitavecchia, où la poursuite des bêtes, cerfs et sangliers, recommençait de plus
belle, comme à Montalto, où le Pape acheta une maison en 1519, et à Palo, qui fut son séjour préféré
dans les dernières années de sa vie, et dont Guido Postumo Silvestri de Pesaro, vers 1520, a célébré
les divertissements (1).
Fidèle à la tradition de Léon X, Paul III aimait à faire les mêmes promenades, à peu près
aux mêmes lieux, dans les États romains, qui avaient pour lui encore plus d'attrait que pour son
fastueux prédécesseur, parce que tous ses biens y étaient situés. Par malheur, les registres de ses
comptes privés, qui contiennent pourtant beaucoup de détails cynégétiques, sont moins instructifs
à ce sujet que ceux du pape florentin. Ils permettent cependant de constater que, au moins dans
les années qui précédèrent l'ouverture du concile de Trente, rien ne fut changé au train ordinaire
de ces chasses. La fréquence des voyages de Paul III, ses absences répétées de la ville de Rome,
devinrent même proverbiales. Ce souverain, déjà très éprouvé par l'âge, avait besoin de grand air,
et il avait besoin aussi de s'éloigner de la cour pour examiner et mûrir les grands desseins que la
nécessité des temps. autant que son expérience et son ambition, lui faisaient sans cesse concevoir.
La chasse fut dès lors pour lui un divertissement et un prétexte plus qu'une passion, et s'il y
retrouva jamais quelque plaisir, ce fut à voir celui qu'y éprouvaient ses petits-fils et ses autres
jeunes parents. Il y prenait sûrement une part encore moins active que Léon X (2).
Il est en effet remarquable que les littérateurs du temps ne paraissent pas avoir reconnu
chez lui un goût bien marqué pour cet exercice princier, et que les poètes farnésiens parlent presque
uniquement des chasses de l'aîné de ses petits-fils, le cardinal Alessandro Farnese, qui l'accompagnait
dans ses villégiatures (3). C'est Alessandro qui est alors le demi-dieu, comme l'était Ascanio Sforza
dans les vers de Molosso, et comme Ascanio, dans ces mêmes vers, c'est lui que Diane admire à l'orée
des bois où il attend le cerf et le sanglier :
Farnesi rapidæ domino venante lacænæ
Commorant celeres per juga summa feras.
Forte superveniens juveni cum Delia dextra
Impubi obstupuit obstupuitque gena,
Et me quam Latmi (dixit) nunc pænitet alti !
Hoc poteram melius Endimionc capi. (4)
(1) GNOLI, loc. cit., p. 623-648.
Cf. le poème latin de Silvestri dans l'édition italienne de ROSCOE, Vita e pontifi
cato di Leone X (Luigi Bossi, Milan, 1817, in-8º), t. VIII, p. 184 et suiv., voir aussi t. VII, p. 193-194.
(2) GNOLI, loc. cit., p. 445.
(3)
Curarum ingenti Paullus dum mole repulsa
Se solis fessum colligit usque locis, .....
Tu gressum comitatus avi, pulcherrime, tecum
Vota virûm defers, publica vota virûm...
Delle poesie volgari e latine di Francesco Maria Molza, vol. I (Bergamo, 1747, in-8º), p. 225 : Ad Alexandrum Farne
sium cardinalem.
(4) Ibid., p. 253 : De card. Farnesio,-- Cf. vol. III (Bergamo, 1754, in-6º), p. 189, 192 (?), 223, 226.
LES CHASSES PONTIFICALES
237
Et Marcantonio Flaminio l'invite, dans un charmant petit poème, à se reposer de ses diverses
légations et de son expédition en Allemagne, dans les délices de la campagne, dans les domaines des
belles Naïades et des bons Faunes :
...........
Nec pudebit
aves tenaci
Visco fallere, piscibus iuvabit
Dolos tendere vitreis sub undis.
Nec cervi, leporesve, capreæve
Absunt, accipiterque copiosas
Hic prædas agit, omnibus venusta
Rura denique gaudiis redundant (1).
On a observé quedans les comptes de Léon X ne figuraient ni les traitements des fauconniers
ni les frais d'entretien des oiseaux de rapine : ces dépenses étaient remboursées d'abord au cardinal
Louis d'Aragon, puis au cardinal Franciotto Orsini, successivement chargés de cette partie de l'équi
page (2). C'est tout le contraire dans les registres de Paul III, où ces dépenses sont exactement ins
crites, mais où manque toute indication sur les chiens, sinon sur leurs gardiens. On peut croire que
le soin de la meute et des engins de chasse était confié au cardinal Alessandro (3), puisque, malgré
le silence du trésorier secret, la chasse à la grosse bête n'avait point cessé : on en a la preuve dans
les vers que l'on vient de lire, dans deux mentions de 1545 qui nous montrent Paul III envoyant
(1) Carmina quinque illustrium poetarum... Secunda editio longe copiosior prima (Florentiae, apud Laurentium
Torrentinum, 1549, petit in-8°), p. 115.
(2) GNOLI, loc. cit., p. 445.
(3) Ceci estd'autantplusprobable que,du moinsjusqu'ici, on n'apas relevéde mentions relatives àdes chiens offerts
à Paul III, tandis que le cardinal Alessandro recevait ces animaux avec autant de plaisir que les oiseaux. Voyez les deux
lettres qu'il écrit de Gradoli, 22 août 1550, à son frère, le duc Orazio, et à Battista di messer Ricardo, au sujet d'une
chienne que Martino di Paolo, de Valentano, élevait à son intention et dont Battista s'était emparé (Delle Lettere del
commendatore Annibal Caro, scritte a nome del cardinale Alessandro Farnese... volume primo (Padova, 1765, in-8°),
p. 298-299.
Cf. encore (ibid., p. 175 ; Gradoli, 19 juillet 1550) la lettre où il remercie Onorio Savelli d'un envoi de
beaux oiseaux et de beaux chiens et de la promesse qu'il lui a faite de lui offrir d'autres éperviers et d'autres autours.
Lemois suivant, il envoie au cardinal de Ferrare, Hippolyte II d'Este, cinq gros faisans «pris-dit-il par vos chiens
etvos oiseaux», c'est-à-dire pardes chiens etdes oiseaux offerts parledit cardinal (ibid., p. 244). Mais le plus princier
de ces cadeaux lui avait été fait en 1546 par la marquise Del Vasto, après la mort de son mari : un gerfaut, des alfa
niche, des éperviers et des levriers. Voy. la lettre de remerciements, datée de Plaisance, 20 avril, dans le recueil
intitulé Delle Lettere familiari del commendatore Annibal Caro volume terzo (Padova, 1748, petit in-8°), p. 103.
En
1551, le fils de Girolamo Fracastoro lui faisait parvenir des chiens, accompagnés d'une pièce de vers latins. Voy. la
réponse, datée de Rome, 15 janvier 1551, dans les Lettere... scritte a nome del card. A. Farnese, vol. II, éd. citée, p. 3-5.
La pièce de Fracastoro est dans les Carmina illustrium poetarum Italorum de Gianmatteo TOSCANO, tom. II
(Lutetiæ, 1577, très petitin-8°), fol. 42 vº, 44 vº.
Dans le rôlede la famille du cardinal Alessandro, dressé le 1er août
1554, on trouve les deux mentions suivantes qui, assez étrangement placées à la fin de la liste des familiers alors
absents, ne peuvent se rapporter qu'aux chiens : « Molossi nº 4. Brachi nº 4. » C'est d'ailleurs là une meute bien res
treinte et dont le chiffre total est bien fait pour surprendre chez un prélat chasseur. Dans le même rôle, on ne trouve
que deux officiers de chasse, inscrits chacun pour une seule « bouche » : « Giovanni canattiere » et « Oliviero bra
chiere » ; encore ce dernier est-il alors «en voyage».
238
LA COUR DE PAUL III
un sanglier à Marguerite d'Autriche (1), alors duchesse de Castro, et à la duchesse de Parme et
Plaisance, Girolama Orsini, et peut-être aussi dans un accident de cheval survenu à la Magliana,
en janvier 1546, à Zanobio de Narni, chevau-léger du Pape (2). Ce devait être encore le cardinal
Alessandro qui organisait ces chasses auxquelles prenaient part sa sœur et sa belle-sœur, Vittoria
Farnese et Marguerite d'Autriche : le 8 janvier 1542, Paul III donnait à la première 210 écus pour
s'équiper afin d'aller avec la seconde aux chasses de Montalto, entre Corneto et Canino, et du
fameux Paglieto (3).
Autant que l'onpeuts'en rendre compte à l'aide de nos registres, voici la composition de l'équi
page de chasse de Paul III, quisemble perdre le caractère presque exclusivement français qu'il avait
eu sous Léon X (4).
1
Le domaine réservé (la bandita della caccia) était confié à la surveillance de trois gardes qui
recevaient un salaire mensuel de 4 écus. Deux d'entre eux étaient méridionaux : Pietro d'Aversa et
donBernardino da Benevento, un clerc, souvent malade, qui prend uncongé enmars 1537 et reçoit,
comme secours, au mois d'août suivant, 6 écus, retombe au mois d'octobre 1544 et n'est pas encore
guéri en décembre. Quant au troisième garde, qui reçoit son salaire des mains de Pietro d'Aversa,
son nom n'est jamais prononcé et, bien que traité comme ses compagnons, il paraît avoir rempli des
fonctions subalternes. Les deux autres, au moins jusqu'à l'époque où s'altéra la santé de don Ber
nardino, se partageaient l'entretien des oiseaux de rapine; mais Pietro semble avoir, ici encore, le pas
sur son collègue. Ilreçoit presque toujours, à des intervalles plus ou moins réguliers, le montant de la
dépense totale qu'entraîne la nourriture de ses sujets ailés, de 2 à 6 écus par mois, généralement 6,
soit 60 à 72 écus par an (5). Il reçoit aussi, chaque année, de 5 à 13 écus pour couvrir le prix des
sonnailles, des gants et autres objets destinés aux oiseaux. Le 10 septembre 1536, il est remboursé
de 13 écus qu'il a avancés pour aller à Ancône et en ramener six ou sept autours qu'un Esclavon,
du nom de Giacomo, envoyait de son pays à Paul III. Ce présent paraît avoir coûté cher au béné
ficiaire : 13 écus pour le voyage de Pietro d'Aversa, 10 écus à l'envoyé du donateur, 3écus à un domes
tique qui aida cet envoyé à transporter les autours d'Ancône à Orvieto (6). Cependant, à en juger
(1) BERTOLOTTI, Speserie, p. 197, 3 novembre 1545 : «A 2facchini cheportornounporco a Madama, donato a Sua
Excellentia da Nostro Signore, b. 15. » Ibid., p. 197, 16 décembre 1545 : « A 4 facchini che portorno certi cervi grossi
a donare a Madama et alla signora Duchessa di Piacenza in nome di Sua Santità, sc. 2 b. 61. »
(2) BERTOLOTTI, Speserie, p. 198, 12janvier 1546 : « A Zanobio da Narni, cavallegiero di N. S., percontributione
che gli dà sua Santità d'un cavallo che se gli spallò alla Magliana in servitio di sua Beatitudine, sc. 22. »
(3) Ibid., p. 183. En janvier 1539, elle avait refusé d'aller à Montalto ; cf. lalettre adressée au connétable Anne de
Montmorency, 25 janvier 1539 : « Le cardinal de Ferrare... a acompaigné Sa Sainteté à Montealto, où il se trouve
encores de présent... Madame Marguerite d'Autriche, perseverant toujours au mescontentement qu'elle aensoymesmes,
n'a voulu aller à ladicte chasse, feignant estre mal disposée pour s'en excuser. » Bibliothèque nationale, ms. fr. 3914,
fol. 20.
(4) GNOLI, loc. cit., p. 440, 443-444, etc.
(5) BERTOLOTri, Speserie, p. 204 (mention du 18 mai 1548).
(6) Cf. Registre, p. 69 et p. 76.
LES CHASSES PONTIFICALES
239
par les comptes, ces oiseaux de chasse n'atteignaient pas d'ordinaire des prix bien élevés (1). Angelo
de Caprarola, qui fait dond'un autour au Pape, reçoit un maigre cadeau d'un peu plus d'un écu (2).
Le 12 juin 1536, Pietro d'Aversa reçoit 8 écus pour acheter deux éperviers faits (3); le 20 juillet,
6écus pour trois autours (4); le 11 juin 1537, 9 écus pour 4éperviers (5), etle 26 septembre, même
somme pour 2 autours faits et 3 éperviers (6) ; le 13 août 1538, 12 écus pour 4 autours et 16 éper
viers (7). De même, le 20juillet 1536, don Bernardino avait touché 3 écus pour un autour et un tier
celet (8), qui ne tardent pas à mourir, et qui sont remplacés, pour la même somme, le 10 août sui
vant (9) ; le 3 décembre 1544, 1 écu 20 pour un autour (10). On voit que chaque oiseau revient à
une somme qui varie entre 2 et 4 écus. Cependant il arrive que le prix s'élève. Ainsi, le 16 janvier
1537, le trésorier secret verse à Pietro 10 écus pour envoyer acheter à Veroli un autour fait; même
si l'on tient compte des frais du voyage, la somme est beaucoup plus forte qu'à l'ordinaire (11) ; le
(1) Iln'estjamais question, dans nos registres, de faucons ni de gerfauts, quiétaientpourtant, surtout cette dernière
variété, très estimés des chasseurs. BOCCAMAZZA (op. cit., fol. 95) donne la classification suivante des quatre espèces
d'oiseaux :
1. Astore.
2. Minimi = mezzo astore.
I. ASTORI 3. Terzolo.
4. Sparvieri.
5. Sebech (plus petit que l'épervier etlui ressemblant, mais il a les yeux bleu ciel).
1. Girifalco.
II . FALCONI 2. Falcone.
3. Moleïm.
1. Sacro.
III . SACRI
IV. AQUILA.
2. Chochec.
( 3. Iuccie ou Luccie palem.
Il ajoute que « le gerfautestleplusnoble,leplus merveilleux etle plus puissant de tous les oiseauxde proie, etqu'il
naît dans des pays très froids, comme le Danemark (Datia) et la Norvège ». Léon X envoyait chercher à Candie des
faucons, et à Venise des sacres qui provenaient sans doute aussi de la même île (GNOLI, loc. cit., p. 445).
(2) Cf. Registre, p. 6. Pendant l'été de 1542, trois autours et deux tiercelets furent achetés pour la chasse,
au prix de 5 écus. Voy. Bertolotti, Speserie, p. 183.
(3) Cf. Reg., p. 55.
(4) Ibid , p. 62.
(5) Ibid., p. 129.
(6) Ibid., p. 150.
7) Ibid., p. 238. Le 31 mars 1545, Pietro reçoit 5 écus pour trois éperviers. Voy. BERTOLOTTI, Speserie,
p. 193.
(8) Cf. Reg., p. 62.
(9) Ibid., p. 64.
(10) Ibid. , p. 328. Le 1er novembre 1542, don Bernardino est envoyé à Pérouse pour acheter un épervier fait
et reçoit pour ce 3 écus 30. Voy. BERTOLOTTI, Speserie, p. 183.
(11) Cf. Reg., p. 101.
240
LA COUR DE PAUL III
12 mars 1538, 7 écus sont consacrés au paiement de 2 autours « schiavi > [esclavons] achetés pour
les mettre en mue (1).
Les dons accroissaient quelque peu le nombre des oiseaux achetés par les gardes. Nous avons
déjà vu Angelo de Caprarola offrir un autour au Pape, et Giacomo d'Esclavonie lui en envoyer
6 ou 7 à Ancône (2). C'est aussi de cette place maritime que le courrier apporte, le 4 août 1544,
2autours et 2 tiercelets, de la part du cardinal Filiberto Ferrerio, évêque d'Ivrée, alors légat de la
Marche (3). Le 3 mai précédent, don Pirro de Capone, créature du grand-maître Carafa, lui avait
présenté 3 beaux éperviers, qui lui avaient valu une « mancia » de 10 écus (4).
Après les oiseaux, les chiens. Ils paraissent avoir été divisés en deux groupes, les chiens et les
braques, confiés chacun àunvaletspécial. Le canattieres'occupe deschiens limiers (lumieri) qui cherchent
le gibier, des levriers (levrieri) qui chassent lapins et lièvres ; et le bracchiere a sous sa direction les
braques, qui chassent la grosse bête. Nos registres ne nous apprennent rien sur la meute de Paul III,
et force nous est, pourremédier quelque peu à son silence, de recourir au « manuel du parfait chasseur
romain » du vieux Domenico Boccamazza. On y trouvera la liste des pays d'où l'on tirait les levriers
qui conviennent aux chasses de Rome, avec leurs mérites particuliers : ce sont ceux de Mantoue,
d'Urbino, de la Marche, d'Ancône (chiens turcs), de l'Abruzze, de la Pouille, de l'Angleterre, de la
Picardie, de la Normandie et de la Bretagne, de l'Esclavonie enfin et de l'Espagne. Mais où Bocca
mazza devient plus intéressant, c'est quand il instruit son lecteur « de ce que doivent êtreles braques
pour servir à Rome». Ilparle d'abord de ceux de la Toscane, d'Urbino, de Pérouse, de Città di Castello,
puis il ajoute : « Mais on doit noter que celui qui veut employer les braques à Rome doit les renou
veler tous les ans, et en voici la raison : c'est que, dans le pays de Rome, on ne leur fait jamais plaisir
qu'à regret (5), et même qu'à la mort de chaque bête on les bat toujours, de sorte que, s'ils ne sont pas
plus que bons, ils se rebutent; c'est aussi parce que les chasses de Rome sont éloignées et que les
braques des pays ci-dessus mentionnés n'y sont pas habitués ; c'est encore parce que les sangliers en
tuent beaucoup, commefont souvent les mâtins. Il est donc nécessaire, pour les avoir bons, de les
renouveler chaque année. Quant aux braques français, on dit que, dans les campagnes de Rome,
ceux-là sont bons qui en France sont médiocrement estimés. Et voici pourquoi : c'est qu'en France
on emploie les braques à courir à force, ou bien dans les limites des toiles ; et dans ce pays on
estime beaucoup ceux qui poursuivent les bêtes jusqu'à la mort, et en France on se livre à cette
chasse qui consiste à forcer le cerf avec les braques, parce que le pays se prête à cette chasse ; ils
appellent cette sorte de chiens chiens courants (6). En conséquence, lorsque dans les pays de Rome
(1) Cf. Registre, p. 196.
(2) Cf. plus haut, p. 238.
(3) Cf. Reg.. p. 305.
(4) Ibid., p. 290.
(5) Je ne suis pas très sûr du sens exact de ce membre de phrase. Le « style » de Boccamazza n'est pas un
modèle de clarté. Le texte porte : « Non se li fa mai piacere alcuno se non per disgratia ». (Op. cit., fol. 67).
(6) Latranscription que donne Boccamazza de cetteexpression estassez amusante : cen correnti. Ailleurs (fol.91vº)
il dit que la France « è paese dove meglio se intende la caccia, & dove più si frequenta che luoco che sia. >>
LES CHASSES PONTIFICALES
241
ils ne suivent pas beaucoup, ils sont alors meilleurs, parce que la nature de cette sorte de chiens est
telle que, si mauvais qu'ils soient, ils poursuivent toujours beaucoup les bêtes. Ces braques, comme
on l'a dit, qui en France ne suivent pas beaucoup, sont donc bons à Rome. Le malheur est que, dans
les campagnes de Rome, les braques se perdent toujours. Cela vient de ce que le pays est difficile
(forte) et mal fait pour les retrouver, et que, lorsque les braques restent dans la campagne, aussitôt
les matins qui gardent le bétail les tuent, ou bien les paysans les volent; si bien que, malgré
toutes les précautions, ils se perdent toujours. Pour être employés dans les campagnes de Rome,
les braques doivent être de moyenne taille, afin d'être légers et de pouvoir résister aux chasses loin
taines quisont à Rome » Boccamazza recommande aussid'autres braques français, «auxquels on donne
le nom d'espagnols (épagneuls) », et dont, à l'entendre, les qualités sont à peu près les mêmes que
celles de leurs frères, ces médiocres braques qui sont si bons dans la Campagne romaine (1).
Léon X hébergeait sa meute, ordinairement composée de 60 à 70 chiens et dont la nourriture
coûtait environ 250 écus par an, dans unbâtiment pris enlocation, au pied du mont deSan Spirito (2).
Le chenil (canettaria) resta, sous Paul III, dans les mêmes conditions ; mais nous ignorons où il était
situé. La location montait, jusqu'à fin février 1536, à 5 carlins par mois, 4 écus 1/2 par an (3). Le
1er mars 1536, les chiens déménagèrent et s'installèrent « parce que l'autre n'était pas bon », dans un
nouveau local beaucoup plus cher : un écu par mois, soit par an 12 écus (4). Ils étaient gouvernés
par2valets, tousdeux nommés Giovanni, un canettiere, qui recevait 10 carlins par mois, et un bracchiere,
qui touchait 1 écu 1/2. En février 1537,Giovanni, le bracchiere, fut congédié (5) et remplacé par un
confrère du nom d'Alessandro, dont le salaire mensuel fut fixé à 2 écus (6). C'est sans doute sur la
demande d'Alessandro que Pietro d'Aversa, au mois d'octobre suivant, fit entourer le chenil d'une
haie d'épines (7). Quelques semaines plus tôt, on avait dûyréparer un mur(8). Ce nedevait pas être un
palais. Les chiens y étaient assez souvent atteints de la gale, et il fallait, pour soigner ces pauvres ras
posi, aller chercher à Viterbe(9) une charge de cette « terre des bains>>>(10), une boue très sulfureuse,
(1) BOCCAMAZza, op. cit., fol. 67 vº, 69.
(2) GNOLI, loc. cit., p. 444. Certaines années, Léon X les envoyait en été à Viterbe, d'où ils le suivaient dans
les chasses d'automne et rentraient à Rome pour l'hiver.
3) Cf. Registre, p. 43.
(4) Ibid., p. 83.
5) Ibid. , p. 106. Cependant le bracchiere est encore nommé Giovanni dans une mention du 12 janvier 1545
(BERTOLOTTI, Speserie, p. 192) ; ce n'est probablement là qu'une erreur ou une coïncidence peu probante. Un
<< Giovanni canattieri » était au service du cardinal Alessandro Farnese en août 1554 (rôle cité).
(6) Cf. Reg. ibid, p. 106. C'est sans doute ce même Alessandro qui avait été engagé,dès le 1er novembre 1536, à
1 écu 1/2 par mois, comme son prédécesseur Giovanni (p. 92). Léon X avait cinq canattieri, deux à cinq montieri
(piqueurs?),dont l'un, le français Huguet, touchait 10 écus par mois, comme les fonctionnaires ordinaires de la cour;
unarcher français, Morel, était préposé aux toiles avec le maître de chasse, Boccamazza (GNOLI, loc. cit., p. 444).
(7) Cf. Reg., p. 155.
(8) Ibid., p. 152.
(9) Cf. Reg., p. 252; et BERTOLOTTI, Speserie, p. 185 (mention du 2 novembre 1543).
(10) Onappelalongtemps Piano dei Bagni la contrée où se trouvaient les nombreux bains deViterbe descendus du
Bulicame. Voy. Cesare PINZI, Quasi duemila anni di memorie sulle Terme Viterbesi (Viterbo, 1894, petit in-8°), p. xvii.
31
242
LA COUR DE PAUL III
dont le brave Boccamazza vante les mérites : « Quand un chien est atteint dela gale, il faut le saigner
au cou, puis lui faire manger del siero pendant six ou huitjours, et l'oindre ensuite. Cette onction
peut se faire de deux manières. La première, c'est d'avoir de la terre des bains, et cette terre doit
provenir du Nauso (1) qui se trouve dans la plaine de Viterbe vers Montefiascone. Il faut la prendre
au milieu du Bain, la faire sécher et, quand on a besoin d'oindre le chien, la pulvériser, la mettre dans
de l'huile commune et la faire chauffer dans un vase. Lorsqu'elle est aussi chaude que le pourront sup
porter le chien et l'homme qui l'oindra, on oindra l'animal au soleil, un jour sur deux, et il guérira.
Une autre onction excellente pour les chiens, c'est de prendre du soufre écrasé, passato per setella, de
la lie d'huile commune, du sel pilé, du vinaigre fort et de la vieille axonge... Une fois oint, le chien doit
rester au soleil, et il guérira de n'importe quelle gale » (2).
Aux dépenses ordinaires venaient s'en joindre quelques autres, très minimes : des souliers
de chasse, ces bottes, ces stivali (3) que chaussait bravement Léon X, que le maître des cérémonies
Paride de' Grassi ne pouvait pas souffrir (4), et que Boccamazza décrit si naïvement (5) ; des car
niers, « qui doivent être attachés à l'arçon de devant, et tout contre l'arçon » (6) ; des cornets enfin,
<>>
(6) Ibid., fol. 54 verso : « Il cacci [a] tore deve sempre portare una carniera, laqualeà da stare ataccata all'arcione
davanti, & vuole essere ataccata stretta all'arcione.>>>
7) Ibid , fol. 55 : « Le chasseur doit porter une corne, et cela est nécessaire à plusieurs égards : pour rappeler un
chiendans la campagne, quand il se fatigue et perd la piste de la bête ; mais il est nécessaire, quand un chasseur a
unlévrier nouveau, toutes les fois qu'il lui donnera à manger dans les commencements, de lui sonner la corne, afin que
dans la campagne il le reconnaisse des autres. Le chasseur doit porter la corne parce que, s'il est chasseur novice, il
pourra facilement se perdre dans la campagne, de nuit comme de jour, à cause des inconvénients qui peuvent arriver,
et grâce à sa corne, se rapprocher de la route avec l'aide des chasseurs ou bien des paysans qui sont dans la campagne.
Un chasseur pourra facilement tomber dans un puits en courant par la campagne, et n'être vu de personne, comme
cela s'est vu quelquefois, et en sonnant de la corne, il a été retrouvé et secouru. La corne est encore bonne lorsque le
chasseur arrive à une source et veut boire, et qu'il n'a pas avec quoi boire.>>>
(8) BERTOLOTTI, Speserie, p. 192 : mention du 12 janvier 1545. Si l'on examine de près cet article, on s'apercevra
que les salaires paraissent avoir été augmentés depuis l'année précédente. Cette augmentation pourrait s'expliquer
par lapromotion toute nouvelle de Pietro d'Aversa aux fonctions de capocaccia.
LES CHASSES PONTIFICALES
243
manier, et l'on est même en droit de penser qu'elles sont très inférieures à celles qu'exigeait le moindre
train de chasse d'un grand seigneur. Mais il est probable que ce que Paul III épargnait d'un côté, il
le dépensait de l'autre. Il avait dû équiper convenablement ses petits-fils pour leur permettre de
jouir, en véritables princes, d'un plaisir qui n'était plus de son âge, mais qui était tout à fait du leur.
Les « cardinalicules »,comme les appelait Rabelais, les « révérendissimes petits-fils de Sa Sainteté »,
comme l'écrit messer Bernardino Della Croce, réunissaient leurs meutes à celles du pontife pour com
poser un brillant équipage. Leur père, Pierluigi, se joignait à eux, ainsi que leur cousin Girolamo
Orsini. Quelques cardinaux, restés dans la tradition de Léon X, complétaient, sans nul doute avec
un luxe digne de leur fortune et de leur rang, cette curieuse compagnie de chasseurs. Le cardinal de
Trani, Giovandomenico de Cupis, le cardinal Paolo Cesi, deux créatures de Léon X, et le cardinal
Antonio Sanseverino, fidèle aux goûts de son parent Federico, étaient hommes à ne pas avoir oublié
les fêtes cynégétiques du pontificat médicéen. Aussi, tout au moins en 1537 et 1538 (1), Paul III
accordait-il quelques écus d'étrennes à leurs bracchieri, en même temps qu'au capocaccia de son
petit-fils Alessandro, qui, en 1538, est nommé Francesco Nardolini, peut-être le même personnage
qui inspira au facétieux Berni son Lamento di Nardino, canattiere, strozziere, e pescatore eccellentis
simo (2).
Le point où nous sommes le plus mal renseigné, c'est la manière dont on entretenait le gibier
dans la bandita. Une seuleindication précise a étérelevée jusqu'ici dans les registres de Paul III. Le
5 février 1543, don Bernardino de Benevento recevait 6 écus 60 pour lui-même et pour deux servi
teurs, l'un à cheval, l'autre à pied, chargés d'aller porter à l'Isola Bisentina une cage de francolins
vivants (3). Là encore, nous serions tenté de croire que la tâche était réservée aux jeunes cardinaux
et à leurs agents.
1) Cf. Registre, p. 98 et p. 176.
(2) Francesco BERNI, Poesie burlesche, éd. citée, p. 83-86. Nardinoypleure la mort de son épervier Cornacchino :
Tornava al pugno, ch'era una bellezza ;
Aspettava il cappel com' una forma;
In fine, egli era tutto gentilezza.
Oh Dio, cosa crudel fuor d'ogni norma !
Come ne venne il tempo delle Starne,
Eche n'appari fuori alcuna torma,
Appena ebb'ei cominciato a pigliarne,
Che gli venne un enfiato sotto il piede,
Appunto ove è più tenera la carne :
Siccome tutto il di venir si vede
Agli uccei cosi vecchi, come nuovi,
Che per troppa caldezza esser si crede.
Come si sia, comunque tu gli provi,
Ei vien subitamente lor'un male,
Che questi uccellator chiamano i chiovi...
Ontrouve Nardolini dansle rôle dela «famille » du cardinal Alessandro dressé en 1538 : « Messer Cecco Nardolini,
capocaccia, di ordine di Monsignor Rmo, a dì 20 di Novembre bocche 2, cavalli 2 ». Archivio diStato de Naples, Scritture
farnesiane, fascio VII. Il figure déjà dans le recensement de Rome fait avant le sac : « Franciscus Nardolinus roma
nus... 7 ». GNOLI, Descriptio Urbis, déjà citée, p. 502 a.
(3) BERTOLOTті, Speserie, p. 184.
CHAPITRE XIII
UN ÉCRIVAIN PROTÉGÉ PAR PAUL III
FRANCESCO BELLINI
Le nom de Francesco Bellini est l'un des rares noms de littérateurs que l'on puisse relever
dans nos comptes. Bellini était une sorte de bohème aimable, amoureux et timide, qui ne pouvait
rester en place. Né à Sacile, dans le Frioul, il était, le 18 octobre 1524, tout jeune homme encore,
nomméprofesseur à l'Université de Padoue (1). Il était lié d'étroite amitié avec Christophe de Longueil
et Bembo. Le premier lui manqua en 1522 (2). Le second n'abandonna jamais Bellini qui, comme lui,
maniait avec distinction la poésie latine et la poésie « vulgaire ». Le 1er avril 1526, Bembo, qui lui
donnait probablement l'hospitalité, prend texte d'une « très élégante élégie » de Bellini sur la mort
de Pietro Pomponazzi (3) pour le recommander chaudement au frère du marquis Federico de Man
toue, le futur cardinal Ercole Gonzaga, disciple du célèbre philosophe (4), et, la négociation une fois
commencée, il ne l'abandonne plusjusqu'au 11 novembre 1526, jour où son protégé quitte Padoue pour
se rendre chez son nouveau patron(5).Ala fin du mois de mai de l'année suivante, Bembo demandait à
Ercole d'accorder à Bellini, outre le boire et le manger, un petit traitement, numulos nescio quot (6).
(1) FACCIOLATI, Fasti Gymnasii Patavini, (Patavii, 1757, 3e partie, p. 188; MAZZUCCHELLI (Scrittori ital., t. II,
parte II, p. 684), a imprimé 1520, date qui, de son livre, a passé dans plusieurs autres et qu'il avait sans doute
empruntée à Giovanfrancesco Lancelotti, Ludovici Lazzarelli septempedani poetæ laureati Bombyx... (Æsii, 1765,
in-80), p. 158. Il ajoute, comme le fait d'ailleurs Facciolati, qu'on ne sait pas si Bellini a véritablement enseigné à
Padoue.-Dans Les Rotuli dei Professori dell' Università di Padova (Archives de l'Université, second volume, nº 652, fol.
67 vº) , on lit, sous la date de 1524 : D. Franciscus Balinus de Sacile, ad lecturam Universitatis, de même fol. 68 vº,
àlamême date1524. (Cedernierrenseignement,qui confirme celui quedonne Facciolati,, nous le devons à l'obligeance
ducomteAntonio Medin, de Padoue.)
(2) Christophori Longolii Epistolarum libri IV (Basileae, 1558, petit in-8º), p. 283 ; cf. p. 308. Christophe de Lon
gueil mourut à l'âge de 34 ans, le 3septembre 1522.
(3) Cette pièce a été publiée par Vittorio CIAN, Francesco Bellini e Pietro Pomponazzi, dans la Rassegna Emi
liana, 1889, fasc. III. Cf. Giornale storico della letteratura ital., t. XXXIV, p. 41, n. 1.
(4) Epistolæ famil., (Venetiis, 1552), p. 238 ; cf. p. 239.
(5) Ibid., p. 243.
(6) Ibid., p. 246.
246
LA COUR DE PAUL II
Quelques mois plus tard, Bellini entrait au service du protonotaire de' Rossi, un autre ami de Bembo,
qui, en cette occasion, exprime au poète vagabond son regret de ne pouvoir le prendre en sa maison.
à cause des très lourdes charges qui rendent sa situation déjà très difficile (1). Cette nouvelle « servi
tude », comme on disait alors, pesa bientôt à Bellini : au mois de juillet 1530, il se réfugiait de nou
veau chez son dévoué protecteur, auquel il annonçait qu'il s'était attaché au cardinal Alessandro
Farnese (2). Mais sa vie devait se passer à changer de maître. En 1534, nouvelle « servitù » : on le
trouve dans la suite du cardinal François de Tournon, qui l'emmenait en France (3). Dès 1535, il
avait recours à Alessandro Farnese, devenu Paul III, et le 25 octobre 1536, il obtenait de lui un via
tique de 20 écus pour revenir dans sa patrie (4). En 1539, il retournait à la cour pontificale (5).
Après cela, nous le perdons de vue. Espérons qu'avec les années il se guérit de cette « fièvre des pieds >>>
dont il souffrait depuis si longtemps.
Les courses continuelles de Bellini et, il faut le dire à son honneur, sa sévérité pour lui
même (6) n'ont pas porté bonheur à son œuvre. De ses compositions italiennes que Bembo et Gio
(1) Lettere, vol. III, p. 206-207 (Padoue, 28 juillet 1527). D'autre part, une lettre de Cola Bruno à Agostino Lando,
datée de Padoue, 10 mars 1529, contient le passage suivant : « Il Bellino parti per Roma la settimana passata : va a
stare con il Revdo Monsť di Rossi. » (A. RONCHINI, Lettere d'uomini illustri conservate in Parma, p. 26.) Il semble évi
dent que l'un des deux millésimes a été transformé par une faute de lecture ou de typographie ; il faut adopter la date
de 1527 ; cf. BEMBO, Lettere, vol. III, p. 206 (à Bellino, 28 juillet 1527), et vol. I, p. 296, à Giovangirolamo de' Rossi.
14 juin 1530).
(2) Epist. famil., p. 261, au cardinal Egidio de Viterbe, 14 Kal. quintil. 1530 ; p. 293, au cardinal Alessandro
Farnese, 10 Kal. quintil., 1530.
(3) Ibid. , p. 290, à Georges de Selve, 6 id. sept. 1534; p. 291, àBellini lui-même, 7 id. sept., enlui annonçantl'envoi,
par Georges de Sele et probablement pour François Ier, du moulage ou du dessin (forma) des cistes antiques enmarbre
qui font partie de sa collection ; cf. Lettere, vol. V, p. 237, à son neveu Giammatteo Bembo, 7 sept. 1534. Ce séjour
en France est rappelé par le mystérieux Amomo qui, dans sa revue des poètes italiens vivant à la cour de François ler,
s'exprime ainsi :
Che bellacoppia, Amor, ch'io viddi un giorno !
Giulio Camillo è l'un
UnFrancesco Bellin, pur tuo prigione,
L'altro era, un che la flebile elegia
Canta si ben, ch'accender può d'amore
Amezzo il verno le spogliate piante.
Quanto mi dolse, che lasciò la Senna
Per ire al Tebro, ove sperò ch'ancora
L'amoroso suo stil stimato fosse !
Rime toscane d'Amomo per madama Charlotta d'Hisca (Paris, Simon de Colines, 1535) ; cité par Francesco FLA
MINI, Studidi storia letter. ital. e straniera, (Livorno, 1895, in-12), p. 318 ; Émile PICOT, Les Français italianisants au
XVIe siècle, t. I (Paris, 1906, in-8°), p. 62-63.
(4) Registre, p. 81.
(5) Вемво, Еpist. famil., p. 300, à Paul III, 3 id. mai 1539 ; Lettere, vol. III, p. 442, à Pier Luigi Farnese, duc de
Castro, 25 juin 1539. Cette même année, le 15 décembre, Guidiccioni lui prêtait 50 écus (Opere, éd. citée, vol. II, p. 174
et176).
(6) Cf. la note suivante.
UN ÉCRIVAIN PROTÉGÉ PAR PAUL III
247
vanni Guidiccioni ne dédaignaient pas (1), il ne nous est rien parvenu; de ses écrits latins, presque
rien : une longue lettre, sans date d'année, adressée de Rome à Francesco Maria Molza (2), l'élégie
sur la mort de Pomponazzi (3), enfin trois épigrammes (4), dont une au moins mérite d'être citée :
Dum legerem hæc, Amarylli, tibi florentia serta,
Vix potui instantes pellere tutus apes.
At mihi pro meritis tu nunc fragrantia redde
Oscula et Hybbreis tincta labella favis,
Invideant ut apes capiti florentia serta,
Invideant labris dulcia mella tuis (5).
Comme on le voit, Francesco Bellini était un joli latiniste, un épigone d'Ange Politien ou plu
tôt de Michel Marulle, un souffle poétique. Versiculi, disait Bembo... (6)
Nous reproduisons ici son épitaphe, composée par Franchini (7). Elle contient d'intéressants
détails ; et fait probablement allusion à l'expédition d'Afrique de 1541.
Epitaph. Franc. Bellini.
Te Belline fleo defunctum lumine vitæ,
Postulat ut nostræ fœdus amicitiæ ;
Par studium nobis, idem dux, una voluntas,
Una fuit Lybicis naufraga puppis aquis;
Nos modò divisit duris Hispania terris,
Et tua qui retinet durior ossa Tagus :
Quàm fuit Hesperia hæc nostra malè visa relicta ;
Altera te genuit, altera te rapuit.
(1) ВЕМВО, Epist. famil., p. 238, 239, 292; Opere di Monsignor Giovanni Guidiccioni, éd. citée, vol. I, p. 197-198 :
« I vostri sonetti sono appresso di me in istimazione, come le cose di cara et amica persona sogliono essere : nè so perchè
vi venga desiderio d'incrudelire verso di loro contra la vostra usanza. Per me non sarà mai che a mio potere non li tenga
difesi dalle vostre mani. Sarebbe ben vostro offizio a mandarme quelcun altro, perchè non solamente accompagnereste
questi, gli quali mal volentieri stanno soli, ma non togliereste a voi medesimo la gloria che da loro vi viene. »
(2) SERASSI, Della Poesie volgari e latine di F. M. Molza, vol. III, p. 112-116.
(3) Cf. plus haut, p. 245, et n. 3.
(4) Une publiée par Toscano ; deux en appendice àl'éd. du De partu Virginis de Sannazzaro donnée à Venise en
1533 (Francesco FLAMINI, Studi cit., p. 430). Ajoutons que Colocci lui a dédié deux distiques (G. F. LANCELLOTTI, Poesie
ital. e lat. di Monsignor Angelo Colocci, (Jesi, 1772, in-4°), p. 63), à moins que ce ne soit à l'homonyme de notre poète,
le professeur Francesco Bellini de Staffolo ; comme le donnerait à croire la notice du même Lancellotti (Ludovici
Lazzarelli... Вотвух..., р. 161) .
(5) Carmina illustrium poetarum Italorum Io. Matthaeus TOSCANUS conquisivit..., tom. II (Lutetiæ, 1577, petit
in-8°) , p. 209 ; Deliciae CC. Italorum poetarum a Ranutio GHERO [Jano GRUTERO] collectae, t. I (1608), p. 342.
(6) Cf. le distique d'Onorio Domenico Caramella, ( Museum illustrium poetarum (Venetiis, 1651, in-12), p. 89 :
Bellinus vates mihi tu, Belline, videris,
Nam bellina satis parvula Musa tua est.
(7) Francisci FRANCHINI, Cosentini, Pæmata [et Epigrammata] Romæ, typis Io. Honorii Bibliothecæ Vaticanæ
Instauratoris et Hæredum Natalis Veneti, 1554, in-8°, 2e partie, p. 54.- Franchini, né à Cosenza, fut évêque de Massa
et de Piombino. Dans la Storia della letteratura italiana, vol. III, p. 1433, (Modène, 1792) , Tiraboschi dit qu'il fut un
poète « grazioso e leggiadro ».
CHAPITRE XIV
PAUL III ET CHARLES-QUINT
(1535-1537)
Le vif désir qu'avait Paul III de voir les armes de Charles-Quint et de François Ier se
tourner contre les Turcs parut tout à coup devenir, au moins en partie, une réalité. Dès longtemps
l'Espagne souffrait des « courreries » continuelles des Turcs dans la Méditerranée, qui, dévastant les
côtes méridionales de l'Italie et la Sicile (1), interrompaient les relations régulières entre le « Royaume »
conquis et le pays conquérant. Mettant à profit la neutralité du Pape et l'inertie de Henry VIII, qui
toutes deux paralysaient François Ier, Charles-Quint se décida à entreprendre une expédition néces
saire contre Barberousse, organisateur de ces pillages périodiques. Celui-ci, depuis l'été de 1534, grâce
à son nouveau titre d'amiral ottoman et à la conquête de Tunis, pouvait les mener avec plus de sûreté,
en s'appuyant, d'un côté sur Constantinople et de l'autre sur son nouveau royaume. Le pontife ne
pouvait qu'applaudir au projet de l'Empereur, qui assurait à l'Europe une paix momentanée, et il
l'appuya de tout son pouvoir. Il essaya même, sans aucun succès, d'entraîner François Ier dans une
action commune avec son rival et l'Église ; mais, de ce côté, il obtint seulement- et c'était déjà beau
coup
la promesse de ne pas attaquer César pendant son absence. Le moment était d'ailleurs bien
choisi. Dans sa dernière course, en septembre 1534, le grand pirate turc, avant d'aller s'emparer de
Tunis, avait poussé jusqu'à l'embouchure du Tibre et ému les ministres de Clément VII agonisant qui
avaient pris des mesures extraordinaires, renforcé la défense de Civitavecchia, préparé la petite
escadre pontificale, alors commandée par le prieur de Rome, Bernardo Salviati, et confié au lieute
nant de celui-ci, le Vénitien Paolo Giustiniani, l'acquisition de galères nouvelles. Après la mort de
son protecteur et parent, Salviati avait remis entre les mains du nouveau pape son office de capitaine
général des trirèmes, que Paul III donna à Gentile Virginio Orsini, comte de l'Anguillara. Les embar
ras financiers qui se renouvelaient à chaque vacance du Saint-Siège ne permirent pas d'armer plus
386.
(1) Alberto Guglielmotti, La Guerra dei piratı e la marina pontificia (Firenze, 1876, in-12), vol. I, p. 383
32
250
LA COUR DE PAUL III
de six galères (1). Après avoir reçu à Civitavecchia, le 18 avril 1535, la bénédiction pontificale, elles
rejoignirent à Cagliari les nefs impériales, commandées par André Doria, auquel l'épée et le cha
peau d'honneur avaient été envoyés le 1erjanvierprécédent. La flotte fit voile,le 14juin, pour l'Afrique,
en vue de laquelle elle était le jour suivant, dès le matin. Un mois plus tard, le 14juillet, la Goulette
était prise d'assaut, et le 21 les troupes entraient à Tunis. Charles-Quint rétablissait la victime de
Barberousse, Mouley Hassan, sur le trône de ses ancêtres et signait avec lui un important traité.
Seize mille esclaves chrétiens étaient rendus à la liberté. Le retentissement de cette victoire fut
immense. Déjà l'on entrevoyait comme toute prochaine la délivrance de Constantinople. De cet
enthousiasme extraordinaire l'Empereur voulut, sans délai, et sagement, prendre la large part qu'il
méritait. Le 22 août, il débarquait à Trapani. Du 12 septembre au 13 octobre, Palerme, et du
21 octobre au 2 novembre, Messine, lui offrirent des fêtes magnifiques, qui furent encore surpassées
par celles de Naples (25 novembre 1535 au 22 mars 1536) (2).
La nouvelle de la prise de Tunis, parvenue à Rome le 28 juillet, y avait causé une allégresse
extrême, qui se répandit aussitôt dans tous les coins du pays exposés aux atteintes des Turcs. Le soir
même, des feux de joie s'allumaient de toutes parts ; de solennelles processions étaient ordonnées.
Le Pape, qui n'avait pas été étranger au succès des armes impériales, était aussi sincère que le peuple
dans ses démonstrations ; il sollicitait de l'Empereur une entrevue où seraient discutées les conditions
d'une expédition décisive contre la puissance ottomane. Il avait toujours en tête ces grands projets
que son fils Pier Luigi trouvait si parfaitement chimériques. D'importants événements, de graves
démarches vinrent bientôt le faire descendre de ces hauteurs.
Le 3 septembre, Paul III, au moment même de son départ pour Pérouse, dépêchait, près de
Charles-Quint, son bien-aimé Pier Luigi, qui rejoignait l'Empereur, le4 novembre seulement, à Mon
teleone, entre Seminara et Nicastro (3). Contrairement à son attente, l'envoyé fut plutôt mal reçu
par son ancien patron. A l'invitation de se rendre à Rome, celui-ci répondit assez froidement. Sur
l'affaire de Camerino il resta très réservé. La question du Concile parut l'intéresser beaucoup plus
sérieusement. Quand enfin entra en jeu la politique générale avec le maintien de la paix, sa langue,
au gré de son interlocuteur, ne se délia que trop. Selon lui, pendant toute la durée de son absence, le
Pape n'avait songé qu'à se liguer avec la France et avec Venise, violant ainsi la neutralité si haute
ment promise et qui semblait n'avoir d'autre but que d'écarter toute offre d'alliance impériale (4).
Les négociations prenaient si mauvaise tournure que, le 19 novembre, Paul III faisait remettre
20 écus à un serviteur de Pier Luigi pour se rendre à Naples auprès de son maître. Si ce serviteur
était porteur de propositions conciliantes, il n'y parut guère, et, lorsque le Pape. apprenant que
(1) Sur ce chiffre, voy. Carlo CAPASSO, ouvr. cité, t. I, p. 123 n.
(2) Sur ces fêtes, voy, entre autres Gregorio Rosso, Historia delle cose di Napoli sotto l'imperio di Carlo-Quinto
(Napoli, 1635, in-4°), p. 110-135.
(3) Journal des voyages de Charles-Quint, de 1514 à 1551, par Jean de VANDENESSE, publié par GACHARD, Collec
tion des voyages des souverains des Pays-Bas (Bruxelles, 1874, in-4°), t. II, p. 114.
(4) C. CAPASSo, ouvr. cité, t. I, p. 132 et suiv.
PAUL III ET CHARLES-QUINT
251
Charles-Quint exigeait de lui qu'il se déclarât contre François Ier, comprit qu'il se heurtait à une obsti
nation délibérée, il entra dans une de ces colères subites où il oubliait entièrement la modération qu'il
était parvenu à s'imposer. A son retour à Rome (1), Pier Luigi ne fit qu'accroître le dépit de son père
en insistant sur l'orgueil sans bornes que la récente victoire avait inspiré à l'Empereur (2). De long
temps, l'occasion de peser sur l'esprit de Paul III n'avait été aussi bonne pour la France. Vers la fin
dejuillet, Jean Du Bellay était arrivé à Rome; il circonvenait habilement lePape, l'effrayait surtout,
en insistant sur la puissance et la superbe croissantes de l'Empereur (3). Ce dernier argument était
peut-être, à ce moment-là, le plus fort de tous ceux quipussent faire pencher la balance en faveur de
François Ier. Depuis l'arrivée en Italie du vainqueur de Tunis, les princes, les ambassadeurs des
États italiens se hâtaient vers Naples pour lui porter leurs hommages et lui présenter leurs requêtes.
Plusieurs de ces équipages diplomatiques passèrent par Rome, ceux des ducs de Ferrare, de Mantoue,
de Florence. Le Pape, malgré le vieux différend toujours pendant entre l'Église et Ferrare, voulut
faire honneur au duc Ercole II d'Este, qui était à la fois le fils de Lucrèce Borja et le mari de Renée
de France. Le 9 octobre, Ercole faisait son entrée à Rome (4). Un seul détail rappelait qu'il n'était
pas en règle avec la Chambre apostolique : les deux cardinaux que le Pape avait l'habitude de dési
gner pour saluer le nouvel arrivant manquèrent à la fête. Le duc se passa de leur présence et, accom
pagné par les prélats domestiques et les ambassadeurs de France et de Milan, il se rendit à la nou
velle Chancellerie, à San Lorenzo in Damaso, où il allait être l'hôte du nouveau titulaire, le cardinal
Alessandro Farnese. Des lits y avaient été préparés pour sa suite par les soins du camérier Giulio
de' Grandi : il en coûta 73 écus au Pape et une somme égale lors du retour de Naples (5). Le dimanche
14 novembre, le duc assistait, dans l'église Sant' Eustachio, à une cérémonie organisée en l'honneur
d'un nouvel auditeur de la Rote (6). Le 25, il partait pour Naples, accompagnéjusqu'aux limites des
(1) Le 22 décembre (PASTOR, ouvr. cité et vol. cité, p. 167, n. 1).
(2) L'orgueil des seigneurs napolitains dut aussi blesser Pier Luigi. Lors de l'entrée de Charles-Quint « delli signori
forastieri, Andrea Doria andava al suo loco de Prencipe de Melfi, et l'altri, comeli Spagnuoli e Pier Luise Farnese figlio
dello Papa, non hebbero loco stabilito nella cavalcata. Alcuni furono di parere chesili dovesse dare il luogo più vicino,
avanti l'Imperatore, honorandoli come (a) forastieri ; ma il Marchese de lo Vasto fu di contrario parere, che in quella
giornata non si dovera levare a' regnicoli il loco loro ; e cossì si fece, chè li suddetti signori forastieri andorno ad
alto ed a bascio l. abbasso], dove a ciascuno più li piacque. » Gregorio Rosso, Historia citée, p. 117.
(3) V. L. BOURRILLY, Le cardinal Jean Du Bellay en Italie, juin 1535-mars 1536 (Paris, 1907, in-8°), p. 27 et suiv.
(4) FIRMANO, ms, cité, fol. 67 verso : « Die 9 octobris, Illmus dominus Dux Ferrariensis ingressus fuit solemniter,
non tamen associatus a duobus cardinalibus per Papam destinatis, ut pluries factum fuisse reperiebatur; sed a prælatis
domesticis, oratore Franciæ, oratore Ducis Mediolani et familiis Papæ et cardinalium. Et hospitatus fuit in palatio
Sancti Laurentii in Damaso, in domo sive in habitatione Reverendissimi cardinalis Farnesii. Orator Cæsaris visitavit
ipsum, sed noluit associare, quia non poterat habere primum locum supra primum prælatum Palatii. »
Le récit de
Biagio Martinelli, beaucoup plus circonstancié, prouve que l'entrée « solennelle » du duc n'eut réellement lieu que
le 12 octobre, fol. 71 vº et suiv.
(5) Sur le retour de Naples, voy. RABELAIS, Lettres, éd. de 1710, p. 10 ; éd. Bourrilly, p. 46 et notes.
(6) FIRMANO, ms. cité, fol. 71 v° : « Die dominico 14 novembris, auditor Rotæ noviterelectus tenuit conclusionem
in ecclesia Sancti Eustachii. Interfuerunt multi cardinales et Illmus Dux Ferrariæ, qui sedit post Reverendissimum
cardinalem de Caracciolis, ultimum diaconum » Les auditeurs de Rote partageaient, semble-t-il, avec le collège des pro
cureurs en cour de Rome, la chapelle consacrée àsaint Michel en cette église et entretenue par ces derniers.Cf. Pompilio
TOTTI, Ritratto di Roma moderna (Roma, 1638, petit in-8°), p. 358.
252
LA COUR DE PAUL III
terres de l'Église par Cristoforo da Corneto (1). Dès avant le 1er janvier 1536, il était revenu à Rome, où
ses fifres participaient à la distribution des étrennes, avec ceux de Federico Gonzaga, duc de Mantoue,
qui était entouré de toutes sortes d'attentions par Paul III depuis que sa capitale avait été choisie
pour la tenue du futur Concile. Le 26 décembre précédent, le duc de Florence, Alessandro de' Medici,
était, lui aussi, entré à Rome, escorté par l'ambassadeur impérial et de nombreux Florentins,
curiaux et marchands. Il alla baiser la mule du Pape, parce qu'il ne pouvait faire autrement, mais il
ne s'attarda pas dans cette ville ennemie : le lendemain, de bon matin, il continuait sa route vers le
Midi (2). La présence de cette étrange créature de Clément VII n'était pas faite pour réjouir Paul III.
Le pontife savait bien qu'Alessandro allait se trouver en face des représentants des exilés de Florence,
de ces « fuorusciti » dont les cardinaux Giovanni Salviati et Niccolò Gaddi étaient allés plaider la cause
à Naples. La politique française, vers laquelle il se sentait alors entraîné, le rapprochait d'eux, et peut
être aussi le secret espoir d'amener la Toscane, grâce à ses dissensions, sous la dépendance plus ou
moins directe du Saint-Siège ou même de la maison Farnese. Cependant, il craignait très justement
que l'Empereur ne mît un terme à toutes les « pratiques » entreprises dans ce but, en accordant au
duc la main de sa fille naturelle, Marguerite d'Autriche, et ne tînt, par ce mariage, la promesse faite
à Clément VII. Il redoutait cet événement qui mettrait le comble à l'exaspération des Florentins
opposés à Alessandro, les pousserait peut-être à des extrémités qui provoqueraient sans nul doute
l'intervention impériale. C'en serait fait alors d'un rêve qu'il caressait probablement déjà, celui de
l'union d'un des fils de Pier Luigi, le jeune Ottavio, avec la fille de César (3). En attendant, il se
tenait ; il faisait même, à l'occasion du premier janvier, un léger présent-3 écus d'or
au petit
bâtard du duc, Giulietto de' Medici. Mais, sous main, il favorisait les exilés, entretenait par eux des
intelligences avec les mécontents : c'est ainsi que, dès le 29 avril 1536, quelques jours après le départ
de Charles-Quint, il secourait de 15 écus d'or ce Leonardo Regnadori qui devait être, l'année suivante,
l'une des victimes de Montemurlo (4).
D'autres visites encore annonçaient que les temps étaient proches. Le 17 janvier, des fourriers
du cardinal de Trente, Bernardo Cles ou Kless, arrivaient à Rome pour préparer un logis à leur maître.
(1) Cristoforo da Corneto est le même personnage- sans doute un cubiculaire du Pape- qui, le 14 avril 1536,
fut nommé commissaire « pour pourvoir aux logements et vivres sur les terres de l'Église où doit passer l'Empereur...
qui doit très prochainement quitter Rome pour se diriger vers Mantoue ». Pastor, ouvr. cité, t. V, p. 174, n. 3.
(2) FIRMANO, ms. cité, fol. 76 v° : « Die dicta [in festo sancti Stephani = 26 Decembris], dux Florentiæ iturus Nea
polim ingressus fuit urbem, ab oratore Imperatoris, multis curialibus et mercatoribus Florentinis associatus; qui ivit
ad osculandum pedem Papæ. Et altera die cepit iter bene mane versus Neapolim ad Imperatorem. » Cf. les Lettere de
Paul Jove, fol. 18; et RABELAIS (Lettres, éd. de 1710, p. 6-7 ; éd. Bourrilly, p. 42-43) qui prétend que le duc de Florence,
comme celui de Ferrare, fut logé, cette nuit-là, « au palais S. George », c'est-à-dire à la Chancellerie.
(3) Jove affirme, dans sa lettre à Rodolfo Pio (du 28 décembre 1535), que le duc Alessandro avait reçu la nouvelle de
la décision définitive de Charles-Quint en sa faveur avant même de quitter Rome (Lettere, fol. 18). Cependant, le 6 février
1536, il écrit au même correspondant : « Il signor Guicciardino [l'historien, qui avait accompagné le duc à Naples]
hoggimiscrive come il Duca Alessandro hauràla sposa,etgli avversarii havranno guadagnato la vescica »(Lettere, fol. 109).
(4) Cf. Jacopo NARDI, Istorie di Firenze (Florence, 1858, in-16), vol. II, p. 310. C'est peut-être lui qui figure déjà
dans la liste insérée à la fin de la bulle de Léon X(1513) relative au Collège des présidents et portionnaires de Ripa
(Bullarium de 1586, p. 271, 1. 16-17).
PAUL III ET CHARLES-QUINT
253
qui, « avec deux cents chevaux, vient afin de négocier avec l'Empereur au sujet des affaires d'Alle
magne>> (1); et le 6 février, Jove écrit à Rodolfo Pio : « Le cardinal de Trente est arrivé avec quarante
sayons rouges et vingt hommes gras enchaînés, secoués par des chevaux trottants; il demandera de l'ar
gent, des coupes [une des couleurs du jeu de tarots], des conciles, et mille autres figures à écarter (2). »
Peut-être ne resta-t-il que peu de jours à Rome et à l'aller et au retour. C'est au moins ce qu'auto
riserait à supposer un article de notre registre : dès le 9 avril, c'est-à-dire quatre jours après l'arrivée de
Charles-Quint à Rome, Paul III faisait remettre deux écus au trompette du cardinal, « gratification
qui lui est faite parce qu'il doit partir ». Quelques jours avant Bernard Cles,le 3février, André Doria,
venant de Naples, passait par Rome, « assez mal en poinct » pour se rendre à Gênes; mais il était
fort pressé et fut reçu sans grande cérémonie : Pier Luigi Farnese alla seul à sa rencontre et le condui
sit jusque chez le cardinal-camerlingue, Agostino Spinola, son compatriote. L'amiral eut une entre
vue avec le Pape, puis continua sa route (3).
Cependant, durant les fêtes données en l'honneur de Charles-Quint, des événements importants
s'étaient produits. Le 1er novembre 1535, mourait le dernier Sforza de Milan, Francesco, et cette mort
devait fatalement rallumerla principaledes querelles qui excitaientl'un contrel'autre le roi de France
et l'Empereur (4). Le 7 janvier suivant, la femme répudiée d'Henry VIII, Catherine d'Aragon, tante
de Charles-Quint, terminait à Kimbolton, où elle était confinée, sa triste existence, et il semblait
certain que, délivré de ses scrupules, son neveu s'empresserait de reprendre avec le monarque anglais
des négociations menaçantes pour la paix de l'Europe (5). De plus, Venise échappait à la diplomatie
franco-romaine et, au mois de mars, les troupes françaises envahissaient la Savoie.
Les cardinaux légats que Paul III avait députés à Naples, Giovanni Piccolomini et
Alessandro Cesarini (6), conduisaient de leur mieux les difficiles négociations dont ils étaient
(1) Lettre de Girolamo Negri à Marcantonio Micheli, dans les Lettere di Principi, éd. citée, libro terzo, fol. 38 vº.
(2) JOVE, Lettere, fol. 108 vº (la lettre est datée, par erreur, du 6février 1537). Cf. RABELAIS, Lettres, éd. de 1710,
p. 42, éd. Bourrilly p. 79 et n. 4 (selon Rabelais, Cles serait arrivé à Rome le 5, et suivant Charles Hémard de Denon
ville, le 4 ; cf. ibid., n. 3, et p. 87).
(3) RABELAIS, Lettres, éd. de 1710, p. 43 ; éd. Bourrilly, p. 80.
4) C. CAPASSO, ouvr. cité, t. I, p. 136-137. Cf. Gregorio Rosso, Historia dellecose di Napoli, déjà cité, p. 113-114,
123; RABELAIS, Lettres, éd. de 1710, p. 15; éd. Bourrilly, p. 50 et n. 3.- A Rome cependant, onne doutait pas que le
Milanais ne restât « pacifiquement » à Charles-Quint. Cf. Biagio MARTINELLI, ms. cité, fol. 76 (entre le lundi 15 et le
dimanche 21 novembre) : « Prioribus diebus venit novum, et divulgatum, de obitu bonæ memoriæ Illmi Francisci
ducis Mediolani, et qualiter ducatus pacifice retinebatur pro Carolo imperatore, relicta ejus nepte uxore ducis [filia
Isabella sororis Caroli] prædomina. »
(5) Paul FRIEDMANN, Lady Anne Boleyn (trad. franç., Paris, 1903, in-16), t. II, p. 181 et suiv.; RABELAIS,
Lettres, éd. de 1710, p. 43; éd. Bourrilly, p. 81.
(6) Biago MARTINELLI, ms. cité, fol. 76 verso : « Die veneris XXVI Novembris, fuit consistorium in quo inter
alia concertatum fuit de legatis creandis et destinandis ad Imperatorem in civitate Neapoli. Super hoc sanctissimus
dominus noster requisivit a nobis magistris cærimoniarum andeberent usque in civitatem illam mitti, vel quousque,
et quomodo, et qualiter creari deberent. Respondi ad omnes partes, et sicut alias dixeram, non videbatur congruere
quodlegati ad obviandum mitterentur ad domum Imperatoris et antequam discederet a civitate, immo antequam nulla
esset certitudo an Cæsar esset venturus Romam nec quando. Jussit tamen nobis ne discederemus, si oporteret illos
associari. Expectavimus usque ad XXIII horam,et tamen nihil factum fuit de legatis. » Ibid., fol. 77 : « Die lune xxix no
254
LA COUR DE PAUL III
chargés ; mais les rapports qu'ils adressaient à Rome devaient de plus en plus effrayer leur souve
rain. Voyantl e danger de la situation, celui-ci faisait sans bruit fortifier le Château Saint-Ange, pre
nait quelques dispositions pour mettre en état de défense Ancône, Fano, Parme et Plaisance. Gentile
Virginio Orsini, qui était à Rome le 1er janvier (ses trompettes et ses fifres recevaient, ce jour-là,
7 écus d'or pour leurs étrennes), était envoyé à Civitavecchia, où, le 8 mars, lui était dépêché
d'Ostie un chevau-léger pour l'avertir que les fustes étaient arrivées à l'embouchure du Tibre. Le
30 mars, Paul III envoyait à Nepi les enfants de Pier Luigi et faisait verser 50 écus pour leur entretien
à Galeazzo Rossi, gouverneur du petit Ranuccio (1). Peu auparavant, Pier Luigi avait dit à Filippo
Rodi, ambassadeur du duc de Ferrare, que son père se préparait àfuir et voulait faire sortir de Rome
ses petits- fils, pour les mettre en sûreté (2). Comme on le voit, ce n'étaient pas là propos en l'air. Les
souvenirs de 1527 revenaient en foule à la mémoire du vieux Farnese et de beaucoupde Romains. Il
faut convenir que Charles-Quint, qui avait réussi à grouper autour de lui toute l'Italie, sauf Rome
et Ferrare, travaillait de son mieux à les réveiller ; il cherchait à lever des troupes dans les États de
l'Église et paraissait vouloir, ainsi que le disait à peu près Pier Luigi, entourer Rome d'un cercle de
fer (3). Le Pape dut élever la voix, affirmer que sa neutralité s'opposait à pareils enrôlements ; mais la
crainte de voir ses ordres méprisés devenait chez lui si évidente, que l'Empereur, informé, s'en émut
enfin et lui écrivit, contre son habitude, une lettre qui poussait la courtoisie jusqu'à la soumission.
C'est après avoir reçu cette lettre que, le 21 mars, Paul III fit un effort suprême pour apaiserla crise :
refoulant son irritation, et malgré l'avis contraire de la presque unanimité des cardinaux, qui récla
maient contre Charles les censures ecclésiastiques et peut-être même l'excommunication, le Pape
fit une nouvelle déclaration d'absolue neutralité (4).
vembris [fuit] consistorium in quo legati creati fuerunt ad Imperatorem, videlicet R.mus dominus cardinalis Senensis,
episcopus Ostensis, et R.mus cardinalis de Cesarinis, Sanctæ Mariæ in Via lata diaconus. Qui fuerunt associati ab
aliis cardinalibus ad domos eorumdem, et factæ [sunt] cærimoniæ consuetæ ; et licet Papa requisivisset de modo et
forma illos creandi et inde recipiendi ad osculum pedis, manus et oris, tamen nihil aliud tunc in præsentia nostra magis
trorum factum fuit, quia dixi recepisse antequam consistorium aperiretur.
Die dominica V Decembris, secunda in
Adventu,... sermonem fecit procurator ordinis sancti Francisci, qui male, et fastidiosus omnibus fuit, maxime quum
promiserit se breviter expedire, ex quo Papa post missam volebat benedicere et licentiare legatos destinandos ad
Cæsarem, prout inde fecit dum exueretur in camera paramenti in circulo omnium cardinalium, dum esset adhuc cum
stola alba et amictu... Quibus et crucem dedit, qua uti deberent. et qui osculati sunt pedem, manum et faciem ponti
ficis. Postremo associati [sunt] usque ad portam Sancti Spiritus, eundo ad Transtiberim, licet Papa mandasset usque
ad portam Septimianam. Tamen major pars cardinalium noluerunt ulterius progredi, et alias cum cærimoniis solitis.
Hæc ideo fecit Papa [fol. 77 verso] propter festa futura in hebdomada, ut citius iter suum capere possint. » Ils partirent
en effet le jour même (lettre de Girolamo Negri à Marcantonio Micheli, 6 déc. 1535, dans les Lettere di Principi, libro
terzo, fol. 36 vº : « hieri furono licentiati...), arrivèrent à Naples le 12 décembre et assistèrent le lendemain, en l'église
Santa Maria Nuova de cette ville, au service funèbre du duc de Milan (Gregorio Rosso, Historie citées, p. 123). Cf.
RABELAIS, Lettres, éd. Bourrilly, p. 39, n. 1.
(1) C. CAPASSo, ouvr. cité, t. I, p. 157 et n. 3.
(2) Paul III fit presque immédiatement revenir à Rome le jeune Ottavio (s'il était parti avec son frère), puisqu'il
assistait à l'entrée de l'Empereur, le 5 avril. Voy. Zanobio CeFFINI, La triomphante entrata di Carlo V (s. 1. n. d. in-4°,
4-ff. Bibl. Nat. de Paris, Rés. Dc. 1815), fol. 2.
(3) C. CAPASSo, ouvr. cité, t. I, p. 157 et n. 3.
(4) Ibid., p. 158.
PAUL III ET CHARLES-QUINT
255
Et, au milieu de ces terreurs, de ces menaces, de ces intrigues multiples, ilfallait tout disposer
pour préparer au vainqueur de Tunis une réception digne de lui (1). Jamais peut-être fêtes publiques
ne s'annoncèrent sous d'aussi tristes auspices. Au Campo di Fiore, rendez-vous des oisifs et des beaux
parleurs de Rome, « trompette du bien et du mal », comme écrivait Paul Jove (2), les commentaires
allaient leur train depuis le mois de décembre : l'Empereur avait, disait-on, écrit au Pape qu'il quitte
rait Naples le 6 janvier, et déjà Rome était « pleine d'Espagnols » (3). Avant la fin de l'année, toutes
les mesures principales étaient prises pourle grand événement. Dès le commencement de décembre,
Paul III informait officiellement les sénateurs, les conservateurs et le gouverneur qu'ils eussent à pour
voir au logement de la suite impériale (4). Ce n'était pas chose facile ; la commune était extrêmement
pauvre, chargée de dettes ; la population, décimée en 1527, ne s'était pas renouvelée et le commerce
était presque nul. La ville avait surtout pour habitants des étrangers groupés autour des offices
apostoliques ou des cardinaux, ne possédant que les meubles strictement nécessaires (5). L'interven
tion du Pape devenait inévitable, et elle se manifesta souverainement, c'est-à-dire par un impôt
extraordinaire qui, levé par les soins du banquier florentin Bindo Altoviti, l'ami de Michel-Ange,
produisit 50.500 ducats (6). Ce n'était pas trop pour traiter convenablement les cinq ou six mille
hommes qui allaient arriver (7). Il fallait pourvoir de matelas les maisons où tous ces gens devaient
(1) L'attitude de Paul III provoqua l'admiration de Benedetto Varchi lui-même, qui l'a exprimée dans cette
longue phrase : « A cause de la guerre que le roi François avait entreprise en Piémont, l'Empereur partit au plus tôt
de Naples et s'en vint à Rome, où le pape Paul III l'attendait tranquillement, montrant en cela (comme il l'a montré
plus d'une fois dans beaucoup d'autres événements qui se produisirent pendant son pontificat) une âme vraiment
romaine ; car il eut la hardiesse, sans forces étrangères et sans aucun autre secours, d'attendre à Rome un Empe
reur en armes, victorieux et de telle réputation que fut, et justement, Charles-Quint, alors que ses prédécesseurs,
depuis de nombreuses années, n'avaient jamais osé attendre à Rome des princes séculiers en armes, de beaucoup
moindre grandeur, puissance et réputation que n'était alors le susdit Empereur ; et s'ils les y avaient cependant
attendus, ils s'étaient d'abord pourvus des armes et du secours de quelque autre prince séculier qui leur parût capable
de les défendre... ». Storia Fiorentina, dans les Opere (Milano, 1834, in-8°), p. 463.
(2) Dans unelettre au duc Cosme de Médicis, s. d. : « Dico questo, perchè Campo di Fiore è come il verace libro
de' presenti et predestinati, essendo tromba di bene et del male... » Lettere, fol. 32 vº. Le Campo di Fiore partageait ce
monopole avec les Banchi (cf. Lettere, fol. 99 v° : « dottori da bancaccie »).
(3) RABELAIS, Lettres, éd. de 1710, p. 4 ; éd. Bourrilly, p. 37.
(4) Ibid., éd. de 1710, p. 5 ; éd. Bourrilly, p. 38 et n. 4.
(5) Ibid., éd. de 1710, p. 5 ; éd. Bourrilly, p. 38, n. 4.
( 6) PODESTA, Carlo V a Roma (dans l'Archivio della Società romana di storia patria, vol. I, 1878), p. 316.
(7) Cf. Antonio Rodríguez VILLA, ElEmperador Carlos V y su cortesegún las cartas deDon Martin de Salinas emba
jador del infante Don Fernando, 1522-1539 (Madrid, 1903-1905, in-8°), p. 715 (22avril1536) : « Van con S. M. los soldados
españoles en número de 5.200., la gente más lucida que en Italia se ha visto, y tan gobernados que en esta cibdad se
ha mostrado cómo los trae S. M. bien coregidos, porque desde que en ella entró S. M., no se halla que se haya hecho
el menor desplacer del mundo ; de manera que estos Romanos quedan espantados de la observancia de nuestra Corte
ygente de guerra, y en otra cosa non se habla en esta cibdad. >>> Unchroniqueur pérugin donne le chiffre de 6000 :
« A di 5 Aprile, di mercoledì, alle 21 o 22 ore, la Cesarea Maestà di Carlo imperatore entro in Roma con 5000 fanti e circa
1000 cavalli ; il resto delle sue genti le ha mandate per altra via... » Cesare BONTEMPI, Ricordi, éd. Bonaini, dans
l'Archivio storico italiano, t. XVI, parte II, p. 370. L'Ordine, pompa etc., reproduit par CANCELLIERI (Storia de' solenni
possessi... , Roma, 1802, in-4°, p. 94-95) mentionne seulement 3.500 gens de pied et 500 chevaux ; de même Zanobio
CEFFINI, La triomphante entrata, fol. 1 vº, citée ci-dessus, p. 254, n. 2 : 3.500 gens de pied espagnols sous les
ordres du marquis Del Vasto et 700 ou 800 lances commandées par le duc d'Albe ; il est vrai que Ceffini y ajoute
ensuite, pour l'arrière-garde, 300 chevau-légers et 1.500 gens de pied (fol. 2) .
256
LA COUR DE PAUL III
descendre et faire provision de paille pour les chevaux : les magistrats s'en chargèrent (1). Mais l'en
tente entre le Vatican et le Capitole aurait étéimpossible pour la toilette et la décoration de la ville,
si la taxe nouvelle n'avait été exactement perçue. « Nous attendons ici Sa Majesté impériale in publica
laetitia et privato luctu, écrivait Paul Jove ; je dis cela parce que le peuple romain, au Capitole, a tiré
sur l'étrier et ne voudrait pas contribuer aux arcs et aux colosses » (2). Les pourparlers entre les deux
administrations traînèrent donc en longueur, et Rabelais ne se trompe peut-être pas entièrement en
attribuant à l'habileté des légats pontificaux la prolongation du séjour de Charles-Quint à Naples
<> (3). Cependant, il est à croire que les deux cardinaux n'eurent pas grand'
peine à obtenir ce délai : l'Empereur tenait à visiter Rome, qu'il n'avait jamais vue, à négocier face à
face avec le Pape, à être reçu avec une magnificence vraiment romaine, en César vainqueur de
l'Afrique. Il attendit jusqu'au 22 mars, au grand dépit des Napolitains qui se ruinaient à pareil
jeu (4) ; il est vraisemblable qu'il ne se mit en marche qu'après s'être assuré que tout était disposé
pour un accueil triomphal.
Rienn'était prêt auVaticanle 17janvier : « On n'a pas encore commencé àfaire ici aucun apprêt
pour la venue de l'Empereur ; on affirme que Sa Majesté ne veut grever la ville d'aucune
dépense (5) ; néanmoins on va levant l'impôt » (6). Cependant lePape comprenait qu'il fallait songer
aux appartements de l'Empereur : « Aujourd'hui le pontife est venu voir nos chambres et aviser aux
logements des Impériaux ; pourtant nous espérons rester où nous sommes » (7). C'était toute une révo
lution qui menaçait les habitants du Palais, et qui les réjouissait peu (8).
En dehors du Palais, le branle-bas avait déjà commencé. Le 22 décembre 1535, Jean
Du Bellay mandait à François Ier : « On besogne desja aux logis et va l'on à la fin mectre la
main aux triumphes » (9). Bien qu'il séjournât à Rome pour la seconde fois, l'évêque de Paris connais
(1) RABELAIS, Lettres, éd. de 1710, p. 4 ; éd. Bourrilly, p. 38.
(2) JOVE, Lettere, fol. 16 verso (lettre à Rodolfo Pio,nonce en France, Rome, 28 décembre 1535). Cependant le
Conseil communal avait pris des décisions fermes dès le 10 décembre. Cf. LANCIANI, La via del Corso..., dans le Bul
lettino della commissione archeol, communale di Roma, 1902, р, 233.
Le 17 décembre, dans un bref au roi de Portugal,
Paul III, parlant de l'éternelle expédition contre les Turcs, s'exprimait ainsi : <<< omni sumus studio et fervore incensi
ad illam et capessendam arripiendamque pro nostris viribus et suadendam Principibus caeteris, ipsi que Caesari
in primis, quem Neapolim jam constitutum propediem in hanc almam urbem venturum expectamus. » Corpo diplom. por
tug., t. III (Lisboa, 1868), p. 282.
(3) RABELAIS, Lettres, éd. de 1710, p. 19 ; éd. Bourrilly, p. 56.
(4) Gregorio Rosso, Historie citées, p. 135 : « L'occasione dellapresentia dello Imperatore a Napoli fu di molta spesa
a' cittadini, particolarmente a' nobili e signori, de' quali molti stavano con li pigni l. pegni] alli Giudei, e detti
si erano fatti ricchi cón le loro usure, che facevano, et il guadagno loro saria stato grandissimo, se più lungo tempo
l'Imperatore si tratteneva in Napoli. >>>
(5) Cf. PASTOR, ouvr. cité, t. V, p. 170-171.
(6) Lettrede Girolomo Negri à Marcantonio Micheli, dans les Lettere di Principi, éd. citée, libro terzo, fol. 38.
(7) Ibid. , fol. 38 vº. Ils'agit des chambres occupées par le cardinal Gasparo Contariniet sonpersonnel domestique
dans les chambres d'Innocent VIII, c'est-à-dire là même où fut reçu Charles-Quint.
(8) Mais certains personnages, comme Uberto Gambara, croyaient trouverleur compte àtout remuerpourse mettre
en évidence. Jove écrit, le 6 février 1536, à Rodolfo Pio de Carpi : « Il Gambaro [Uberto Gambara] fail forere per havere
le frangie. » Lettere, fol. 109.
(9) RABELAIS, Lettres, éd. Bourrilly, p. 56, n. 3.
PAUL III ET CHARLES-QUINT
257
sait encore bien mal les Romains. Paul III, qui les connaissait fort bien, désespérait de les voir rien
achever à temps : au commencement de janvier 1536, il mettait en avant le projet d'un arc de marbre
destiné à commémorer la victoire de Tunis et dont l'exécution, unefois annoncée avec éclat, pourrait
se faire à loisir (1). L'Empereur eût sans doute été flatté par l'idée d'un monument aussi durable;
mais les conseillers du Pape durent s'opposer à pareil dessein qui supprimait les fêtes immédiates
attendues par Charles-Quint et les siens, coûterait autant, sinon plus, que les éphémères décorations
de toile et de bois, et risquerait même de blesser François Ier. Il fallait d'ailleurs se mettre à l'œuvre.
On s'y mit, et tout donne à croire qu'en cette occasion, comme en tant d'autres, Latino Giovenale
Manetti coupa court aux hésitations en proposant le plan qui fut adopté et réalisé.
Le plan de Latino, qui était alors, avec Angelo Del Bufalo et Marco Maccarone, àla tête de la
voirie, avait deux avantages : en créant une sorte de grande avenue archéologique, ils'adaptait mer
veilleusement à la circonstance (2) ; il donnait en même temps à l'édilité urbaine une excellente
occasion de faire disparaître les traces les plus scandaleuses du sac de 1527, et d'entamer une série
de travaux qui rendraient un semblant de vie « au pitoyable cadavre de la belle Rome » (3). Rabelais,
qui ne semble pas avoir compris, faute d'informations suffisantes, la double importance du « pro
gramme » de Latino, en connaissait cependant, dès le 28 janvier, les principauxdétails ; mais, au lieu
d'en faire l'éloge, il s'apitoie plus que de raison sur les masures condamnées en cette circonstance :
<>>(5) ; et encore, deux semaines plus tard : « C'est pitié de veoir les ruines
des églises, palais et maisons que le Pape a faict demolir et abattre pour luy dresser et applaner le
chemin (6). » La politique a évidemment grossi le désastre aux yeux du médecin de Jean Du Bellay.
Les églises détruites n'avaient pas grande importance (7), et il fallait, pour s'enémouvoir, la dévotion
superstitieuse à laquelle fait allusion maître François. Quant aux propriétaires, ils ne furent pas si
(1) Lettre de l'ambassadeur Lorenzo Bragadin à la seigneurie de Venise,7 janvier 1536, citée par Bourrilly, ibid.,
p. 56, n. 3. Paul JOVE (Lettere, fol. 108) mandait, le 6 février, à Rodolfo Pio : « Je reçois la nouvelle que l'Empereur ne
viendra pas à Rome avant les Cendres [1er mars], parce qu'il attendles gens de pied de Sicile retardés par les vents
contraires. Ici nous ferons de très beaux arcs de triomphe en papier, et ils doivent être [ensuite] exécutés en marbre.
(2) Cf. RABELAIS, Lettres, éd. de 1710, p. 20 ; éd. Bourrilly, p. 56 et suiv.
(3) ExpressiondeBembodans salettredePadoue,11 août1527,àAntonioTebaldeo:<<>>àGirolamo Orsini, 25 février 1536, dans FORCELLA, Feste in Romа есс, р. 23.
(3) Nonpas en qualité de «maestro delle strade », mais de conservateur. Dans ces dernières fonctions, les collègues
de Latino étaient alors Ciriaco Mattei et Cristoforo Paolo Stati. Voy. Zanobio CeFFINI, La triomphante entrata di
Carlo V... (lettre au duc de Florence, Rome, 6 avril 1536), fol. 2. Voy. aussi PASTOR, ouvr. cité, t. V, p. 247, n. 1, et
Louis MADELIN, Le Journal d'un habitant français de Rome au XVIe siècle (1509-1540), dans les Mélanges de l'École
française de Rome, t. XXII (1902), p. 296.
4) FORCELLA, Feste cit , p. 27.
(5) Jeande VANDENESSE (loc. cit., p. 116) dit que Charles-Quint trouva à Terracine, le 31 mars, «pourle recepvoirde
la part du Pape ung archevesque et trois évêques ». L'Empereur y trouva deux archevêques et deux évêques,
qui avaient été désignés le 26 mars : Giovanni Maria Del Monte, archevêque de Siponto, Giovanni Piccolomini, arche
vêque de Sienne, Paolo Capizucchi, évêque de Nicastro, et l'évêque de Colonna [sic; peut-être Fabio Colonna, évêque
d'Aversa], auxquels avaient été joints, en qualité de commissaires, les clercs de la Chambre apostolique Giovanni
Girolamo De Rossi, évêque de Pavie, et Baldassarre Turini de Pescia. Quatre barons romains, Ascanio Colonna,
Girolamo Orsini, Paolo Savelli et un Conti devaient accompagner les prélats. Cf. PODESTA, ouvr. cité, p. 320-321 .
(6) PASTOR, ouvr. cité, t. V, p. 170, n. 5.
(7) PODESTA, ouvr. cité, p. 318-319.
Jacobi cardinalis Papiensis Epistolae et Commentarii (Mediolani, 28 mart.
1516, in-fol.).
PAUL III ET CHARLES-QUINT
261
Après cette consultation, rejectis omnibus, il annonçaqu'il choisirait lui-même les prélats et les barons
qui iraient recevoir l'Empereur à la frontière des États pontificaux : ce qui fut fait. Le 27 mars, deux
cardinaux, De Cupis et Antonio Sanseverino, étaient désignés comme légats pour aller au-devant de
Charles-Quint; ils partaient le samedi suivant 1er avril et couchaient à Velletri. Le lendemain, à un
mille ou environ au delà de Sermoneta, ils rencontraient le cortège impérial (1) etrevenaient avec lui
dans la direction de Rome. Le lundi 3, César était l'hôte d'Ascanio Colonna à Marino, où se présen
tèrent les cardinaux Alessandro Farnese et Guidascanio Sforza(2), et, faute de place, les légats pas
saient la nuit àAlbano(3). Le4, dès quele départ de Marino fut annoncé(4),legonfalonier du Peuple
romain, Giuliano Cesarini, se portait, avec de nombreux seigneurs, au-devant de l'hôte si fiévreuse
ment attendu, jusqu'à six milles de la ville (5). Le 5, enfin, après avoir passé la nuit à San Paolo,
où il fut accompagné par les chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem et ceux de Saint-Pierre (6).
l'Empereur faisait solennellement son entrée à Rome.
De très heureuses dispositions, exécutées de point en point, avaient été prises et pour les pré
liminaires des fêtes et pour les fêtes elles-mêmes. Nul incident, au point de vue matériel, ne vint
rompre le cours des cérémonies, réglées comme seuls savaient alors le faire les ordonnateurs ponti
ficaux. Giovanni Gaddi, Latino Giovenale et ses collègues, les architectes Giovanni Mangone, Antonio
da Sangallo, Bartolommeo Baronino, et peut-être aussi Baldassarre Peruzzi, s'étaient admirable
ment acquittés, en moins de quatre mois, de leur tâche difficile. Au point de vue politique, on eut
moins à se féliciter de cette visite, et l'on savait d'avance qu'il en serait ainsi. Le 4 avril, le cardinal
Niccolò Gaddi écrivait tristement à Jean Du Bellay : « Ce soir, l'Empereur vient à San Paolo, et
demain il entrera dans Rome. Il aavancé sa venue de deux jours, et l'on pense qu'il y restera peu
de temps. Plaise à Dieu qu'en ce peu de jours saints qu'il y séjournera, il se fasse quelque bien
(1) Jeande VANDENESSE (recucil cité, p. 116) se serait donc doublementtrompé : «Le premierjourd'apvril, passant
Sa Majesté par Belistre, trouva les cardinaulx Trimoulse [Agostino Trivulzio, au lieu de De Cupis] et Sainct-Severino,
venans de la part du Pape au devant de Sa Majesté, laquelle vint coucher à Piedpinon [Piperno], villaige à ung gen
tilhomme romain. » Mais les témoignages des maîtres des cérémonies sont formels. Biagio MARTINELLI (ms. cité, fol. 87
et 87 v°) : « ... R. mum cardinalem Tranensem episcopum Portuensemet R.mum cardinalem de Sancto Severino...-Die
veneris ultima Martii, venit novum quod Imperator iam esset Piperni. Ideo legati die sabbati prima Aprilis discesse
runt versusVelletrum ubi pernoctarunt; cum illis ivit dominus Joannes Franciscus [Firmanus].- Die dominica secunda
Aprilis, obviaverunt Caesari prope Sermonetam.»
Gianfrancesco Firmani, témoin oculaire, comme vient de le dire
son collègue Martinelli : « R.mos cardinales Tranensem et Sancti Severini... Illo sero [die sabbati sequenti] steterunt
in civitate Velliterna. Ego solus ivi cum illis de ordine Papæ.
Die sequenti, quæ fuit dominica [2 Aprilis], prefati
R.mi domini legati per unum milliare vel circa ultra terram Sermonetae occurrerunt Imperatori. >>Ms. cité, fol. 80vº.
(2) Ce renseignement n'est que dans VANDENESSE (p. 117).
(3) FIRMANO (ms. cité, fol. 80 vº) : « ...Et die lunæ sequenti 3 Aprilis], Ill. mus dominus Ascanius Columna quo
maiori pompapotuit recepit,ethospitatus fuit incastro Marini. Legati eanocte pernoctaverunt in Albano, et ego satis
commode steti in conventu quorumdam fratrum extra Albanum posito. »
(4) Dans le texte de Martinelli publié par PODESTA (ouvr. cité, p. 322), lisez : « ibi pernoctatum », au lieu de :
« ubi pernoctavimus ».
(5 et 6) PODESTA, ibid., p. 322, 323.
262
LA COUR DE PAUL III
pour la paix. ce dont on a peu d'espoir » (1). De tous les contemporains qui ont parlé de cette visite,
c'est Paul Jove qui a été le plus clairvoyant; sa lettre du 28 décembre 1535, à Rodolfo Pio de Carpi,
évêque de Faenza, alors nonce en France, est vraiment prophétique : « Sa Majesté visitera limina
Apostolorum,et ruinas Urbis antiquas et modernas (2). Il fera quelques comtes palatins, et après avoir
fait l'éloge des superbi colli, vu la fête de Testaccio, donné son aumône à l'hôpital San Spirito, il ira
tâter le pouls de la Louve (3), et Piccolomini (4), tout en riant et en faisant de l'ombre avec son nez à
SaMajesté, lui montrera la colonne de son bisaïeul à Camollia(5). Maintenant, vous pourriez me dire :
Il ne se fera rien d'autre? Je dis que non, parce que Sa Majesté demandera au Pape d'entrer dans
la Ligue défensive contra quoscunque invadentes et turbantes Italiæ pacem, per se vel per substitutum,
directe et indirecte ; et Papa Paul, ex parentis communis officio, veut être neutralissime et, sur ce
point, s'arcboutera au mur. Et comme les « sièges » de Naples (6) interprètent cette juste neutralité
comme inclination française, Sa Majesté impériale dira encore qu'Elle ne peut abandonner la protec
tion du duc d'Urbino, attendu que, en raison de Sora, ce duc sera le bastion du Siège apostolique en
cette guerre. Il se pourra donc que, Sa Sainteté voulant et n'obtenant pas la « disprotection >>>
d'Urbino, et n'accordant pas l'entrée dans la « liguette », rien ne se fera ; et ainsi le S. P. Q. R. sera
condamné aux arcs,et Geana(7) viendra ou ne viendra pas, maxime in titulo. » Et, prenant texte de
cette dernière allusion pour toucher le point le plus sensible aux personnages de la Curie, Jove ajoute :
<<< Le partage de tant de bénéfices, que Sa Majesté impériale a in petto, ne se fera pas à Rome, mais
passera à Milan, à Gênes, et en Espagne, et in ulteriora regnorum, de sorte que les expectatives seront
(1) « ... L'Imperatore questa sera viene a San Paulo, et domani entreràin Roma. Ha accelerato el venir suo didui
giorni che non si diceva, et si stima ci starà poco. Piaccia a Dio che, in questi pochi di sancti ci starà, si faccia qualche
beneper lapace, di che ci è pocasperanza... » Bibliothèque nationale de Paris, Collection Dupuy, vol. 264, fol. 10 vo
(autogr.).
(2) Modernas. Il y a dans ce mot une sanglante satire : les « ruines modernes » de Rome, ce sont celles qu'avait
laissées derrière elle l'armée impériale en 1527.
(3) C'est-à-dire : « Il ira à Sienne ».
(4) Le cardinal Giovanni Piccolomini, mort l'année suivante (21 nov. 1537).
(5) Cette colonne avait été érigée en 1451 « frail portone e laporta Camullia », enmémoire du mariage de l'Empe
reur Frédéric III avec Éléonore de Portugal. On l'appelait la colonne de l'Empereur. Voy. SOZZINI, Diario, p. 220.
Dans une lettre ironiquement attribuée à Alfonso Faleri, ambassadeur des Siennois en Espagne, et soi-disant écrite
de Barcelone, en 1529, à la baillie de Sienne, à la veille de la première venue de Charles-Quint en Italie, on trouve le
passage suivant qui rappelle singulièrement la lettre de Jove à Rodolfo Pio : «... Avisovi bene, che a Sua Maestà facciate
honore ; et fata conto che sia la festa di mezo agosto. Ordinate le caccie de' tori et pispinnelli et carri con i becchetti
et mirabilia; mostrateli la guardia, la fonte [Branda] et Camolliam. » C. GUASTI, Le Carte Strozziane del R. Archivio
di Stato in Firenze. Inventario. Serie prima (Firenze, 1891, in-8°), vol. II, p. 527. Toute cette lettre est d'ailleurs dans
le style habituel des lettres italiennes de Giovio, et il est possible qu'il en soit l'auteur, bien que A. Luzio soit très
sérieusement porté à l'attribuer à l'Arétin (Un pronostico satirico di P. A., p. 156-157) .
(6) Les subdivisions municipales de Naples.
7) L'évêchéde Jaën en Espagne, que Paul III désirait vivementobtenirpoursonpetit-fils le cardinal Alessandro.
Dans une intéressante Lettera sopra il ragionamento che fece l'Imperatore Carlo Quinto l'anno 1536, venendo da Tunisi,
in presentia di Papa Paolo Terzo et Cardinali, on lit : « ... Ha lasciato [l'Imperatore] al R.mo Cardinale Farnesel'elettione
d'una delle due chiese o di Monreale (in Sicilia] , o di Giahen, ciascuna delle quali vale più di XII mila ducati l'anno, et
quella che s'eleggerà sarà netta di pensione... » Bibliothèque nationale, ms, ital, nº 1177, fol. 60 v°,
PAUL III ET CHARLES-QUINT
263
longuettes et que messer Ambrogio (1) pourrait bien en avoir... autant de thériaque ; et les autres
similiter expectabunt » (2).
Tout se passa, ou à peu près, comme Jove l'avait prédit. Paul III pensait que la neutralité
était pour le Pape un devoir, pour les Farnese une garantie d'avenir, et, au moins en faveur de cette
dernière considération, Pier Luigi l'encourageait de son mieux à garder la position qu'il avait prise
ouvertement dès les premiers jours de son règne. De son côté, Charles-Quint fit un effort suprême pour
obliger Paul III à se déclarer contre François Ier, promettant d'abandonnerle duc d'Urbino, c'est
à- dire de laisser Camerino àsa discrétion; promettant les revenus de l'évêché de Jaën convoités pour
le cardinal Alessandro, et le marquisat de Novare destiné à calmer l'impatiente ambitionde Pier Luigi;
montrant même la paix germanique et, suprême ironie, la paix italienne assurées par l'alliance
de la Papauté et de l'Empire. Sachant qu'à rompre en visière au roi de France, il perdrait le meilleur
de son jeu, le Pape tint bon; rienne put vaincre son obstination longuement calculée. Le 6 avril, les
deux souverains eurent, dans l'appartement du Pape, un entretien secret qui dura trois ou quatre
heures selon Firmani, plus de quatre heures selon Martinelli. Le vainqueur des Infidèles dut croire
qu'il allait tout obtenir, mais, bien que l'attitude du roi de France à l'égard du futur Concile, ses
alliances avec Henry VIII et avec le Turc, ses rêves de conquête ou de reconquête en Italie, ne
fussent pas pour lui concilier l'affection du Pape, celui-ci craignait, plus que toute autre chose, l'am
bition sans bornes de Charles-Quint, attestée par ses continuelles réticences dans la question de
Milan, par sa tyrannique domination dans les Deux-Siciles, par sa récente mainmise sur la Toscane,
par sa politique indécise vis-à-vis des réformés allemands. Si l'on pense à tout ce que les ingérences de
l'Empereur avaient accumulé de défiances et de colères dans l'esprit de Paul III, à tout ce que la
conduite du Pape, si simple et si haute en apparence, mais en réalité très compliquée, et gênée parle
souci de la grandeur farnésienne, devait inspirer de fureur et de mépris à Charles-Quint, on s'éton
nera beaucoup moins du long discours en italien qui, le 17 avril, éclata comme une tempête (3). Aux
paroles de concorde nécessaire que le Pontife lui avait prodiguées dix jours auparavant, Charles
répondait par un cri de guerre. Le retentissement d'une aussi inqualifiable attaque fut énorme, et
quoique l'agresseur eût, avant son départ, essayé d'en atténuer la portée, c'était là un de ces actes
que l'exaspération produite sur un vainqueur par des conseils pacifiques peut expliquer, mais qui,
venant d'un puissant monarque, déconcertent et terrifient l'opinion publique.
Paul III, qui connaissait le caractère impérieux et primesautier de l'Empereur, fut peut-être
le moins effrayé de tous ceux qui l'entendirent. Avoir la présence d'esprit avec laquelle il accueillit
cette explosion, on dirait qu'il s'y attendait; et ce qui donnerait le plus à le croire, c'est qu'il avait
(1) Ambrogio Recalcati, le secrétaire intime du Pape. Voy. ci-dessous, p. 271.
(2) Lettere volgari di Mons. Paolo Giovio... raccolte per messer L. Domenichi (Venetia, 1560, petit in-8°), fol. 16 vº.
(3) Cf. PASTOR, Geschichte der Päpste, t. V, p. 174 et suiv.: Carlo CAPASSO, La politica di papa Paolo III, vol. I,
p. 172 et suiv.; Antonio Rodriguez VILLA, El Emperador Carlos V y su corte, p. 712-713. Voy. aussi BOURRILLY, Le cardi
nal Jean Du Bellay en Italie (Paris, 1907, in-80), p. 87 et suiv.
264
LA COUR DE PAUL III
d'abord si grandement redouté la visite impériale. En dépit de l'extraordinaire violence du discours,
il n'en fut pas sigravement fâché qu'on pourrait le penser. A tout prendre, César s'était compromis
de gaieté de cœur, et le Pape voyait son rôle préféré. celui de conciliateur et d'arbitre, grandir au
delà detoute espérance. Lorsque, le 18 avril, Paul III reconduisit l'Empereur et le vit, dans le Cortile
duBelvedere, monter sur son cheval blanc (1), ildut lui donner sa bénédiction avec toute la sincérité
que pouvait lui inspirer le départ d'un hôte inquiétant et d'un partenaire malhabile.
Quel souvenir lapolitique mise à part Charles-Quint emporta-t-il de son séjour àRome?
La ville des Césars, qu'il n'avait pas encore vue, produisit-elle sur son esprit une impression forte
et durable? Il paraît impossible de le savoir. Un de ceux qui auraient été le mieux qualifiés pour le
dire, Latino Giovenale, a gardé pour lui son sentiment. Au grand dépit de Paul Jove (2), il avait été
chargé de donner à l'Empereur les explications demandées par chacun des grands monuments.
Dès le jour de l'entrée, il remplit son office en dirigeant les pas de Charles-Quint sous l'arc, non
entièrement dégagé, de Septime Sévère (3), et il fit peut-être partie de la suite peu nombreuse qui
accompagna le souverain, les 7 et 8 avril, dans les visites aux principales églises et aux monuments
antiques (4). Dans ce temps-là, on racontait que Charles-Quint, de retour en Espagne, avait dit que la
chose qui lui avait fait le plus de plaisir à Rome était la chevauchée des cardinaux se rendant au
consistoire. Et c'était peut-être la vérité (5).
(1) Le même cheval blanc, sans doute, qu'il montait le 29 avril suivant, lors de son entrée à Florence
(VARCHI, Storia Fiorentina, éd. citée, p. 464, col. 1).
(2) Jove écrivait eneffet, peu de temps auparavant, à Rodolfo Pio : « Je pense, d'après ce que j'entends dire, que
nous aurons César à Rome vers la Chandeleur. Je suis déjà invité à faire avec César l'office que je fis avec notre
Mgr Chieregato au Moscovite en montrant les antiquités des ruines romaines. » Lettere volgari, éd. cit., fol. 97 vº. Cf.
Pauli IovII... Descriptiones, quotquot extant, regionum atque locorum (Basileæ, 1571, petiti
petitin-8°),p.
,p. 245,lettre dédicatoire
de laDescriptio Moscoviæ à Giovanni Rossi, archevêque de Cosenza : « Efflagitasti, amplissime antistes Rufe, ut quæ
de Moschovitarum moribus a Demetrio eius gentis legato, qui ad Clementem VII Pontificem nuper venit, quotidianis
prope sermonibus didicissem, latinarum literarum memoriæ commendarem...>>>
(3) MARTINELLI, ms. cité, fol. 89 vº : «... et ad arcum antiquum prope Sanctum Adrianum, sub quo arcu intravit
dirigente eum sic domino Latino uno ex conservatoribus... » Cf. le dessin de Martin van Heemskerk dans Ch. HUELSEN,
LeForumromain, trad. Carcopino (Rome, 1906, petitin-8°), p. 37.
celebrato arco di Lucio Settimo,
CEFFINI (op. cit., fol. 3) : « Etgiuntoal' altro tanto
Settimo, sua Maestà fu constretta dal desio del vedere sìdegna cosa et d'intendere quellone
dicevano le littere vi sono scritte per alquanto fermarsi. »
Le jeudi 8 avril, l'empereur se promenadans Rome et
fit visite à Jeanne d'Aragon, femme d'Ascanio Colonna, et à sa belle-sœur Vittoria Colonna. (PASTOR, ouvr. cité, t. V,
p. 829).
(4) Cf. VILLA, ElEmperador Carlos V, etc. (lettre de Rome, 22 avril 1536) p. 711 : «... porqueS. M. habia andado à
visitar parte de las antigüallas desta cibdad aquel dia.... » Le journal de Martinelli est intéressant surcepoint(ms. cité,
fol. 90 verso) «Die veneris et sabbati (7 et 8 aprilis], Cæsar equitavit per diversa loca Urbis et ecclesias, videndo anti
quitates illas satis private cum suis et paucis familiaribus et baronibus. » C'est un de ces deux jours qu'il dut faire visite
à Vittoria Colonna et, s'il y alla, aux Caffarelli.
FIRMANO (ms. cité, fol. 86) : « Diem septimumet octavum [Aprilis]
Imperator consumpsit a paucis associatus visitando ecclesias principaliores Urbis et in videndo antiquitates et mons
truosa edificia Urbis et ruinas. » Il est encore moins sûr que Latino ait accompagné l'Empereur, lesamedisaint (15avril),
dans sa visite aux sept églises, visite au cours de laquelle le cardinal Francisco Quiñones offrit à son souverain une
collation dans le monastère de Santa Croce in Gerusalemme attenant à l'église dont il était titulaire. (MARTINELLI,
fol. 93 vº).
(5) CANCELLIERI, Storia de' solenni possessi, p. 109.
PAUL III ET CHARLES-QUINT
265
De Rome, l'Empereur, qui, de son côté, offrit à Paul III un diamant acheté à Venise et payé
12.000 écus (1), emportait deux magnifiques chevaux et la promesse d'un petit manuscrit, orné
d'exquises miniatures et d'une reliure de Benvenuto Cellini. L'histoire de ces cadeaux vaut la peine
d'être contée. Voulant faire un beau présent à l'Empereur, Paul III s'adressa à Cellini, qui lui proposa
de terminer une croix d'or où l'on pourrait faire entrer les trois petites figures des Vertus théologales
exécutées pour un calice, sur l'ordre de Clément VII, et restées sans emploi. Le Pape accepta, et
l'orfèvre allait se mettre à l'ouvrage lorsqu'intervint Latino Giovenale, qui suggéra au maître une
autre « invention ». Colère de Cellini, altercation avec messer Latino, nouvelle approbation du Pape,
qui cependant a changé d'avis. On ferait pour l'Empereur la croix dont Benvenuto avait présenté la
maquette, mais, pour le moment il s'agissait de revêtir d'une reliure d'or massif, richement travail
lée et ornée de nombreux joyaux, un petit « Office de la Vierge » qui était décoré de merveilleuses
miniatures, et que le feu cardinal Hippolyte de Medicis destinait à Giulia Gonzaga : ces miniatures,
exécutées, d'après Cellini, « de la main du plus grand homme quieûtjamais fait ce métier>>et, parsuite,
longtemps attribuées à Giulio Clovio, étaient, aumoins en grande partie, l'œuvre du miniaturiste de
la Chapelle pontificale. Vincent Raymond de Lodève (2). L'or et les joyaux sont livrés sur-le
champ à l'artiste; quelques jours après, il soumettait au Pape le projet définitif de cette nouvelle
œuvre qui était presque achevée
vicina al fine
lors de l'arrivée de Charles-Quint.
Comment offrir au souverain un ouvrage inachevé? Le Pape était fort embarrassé de ce contre
temps ; Cellini le fut moins : il se chargea de présenter lui-même le petit volume, en alléguant. pour
en expliquer l'imperfection momentanée, une maladie récente qui, dit-il, l'avait amaigri et lui avait
jauni le teint.
Le jour de la cérémonie arriva. On confia à messer Durante Duranti, le camérier favori, les
deux chevaux que Paul III destinait à l'Empereur; ils entrèrent dans les corridors dupalais avecune
telle majesté que Charles-Quint et tous les assistants en furent émerveillés. C'étaient des chevaux fort
bien élevés. Cellini dit qu'ils avaient appartenu à Clément VII. Notre registre nous en apprend
davantage sur leur compte. Tous deux de même race (cavalli turchi), ils avaient été donnés au Pape,
le 8avril 1536, l'un par son petit-fils,le cardinal Guidascanio Sforza, l'autre par l'abbé Soderini. Dès
le 11 du même mois, le trésorier payait au maître de l'écurie, Francioso, une sommede25écus pour
leur harnachement; le 13, au chevalier Ugolini, 60 écus pour deux fûts de selle damasquinés; le 15,
à Francioso, 37 écus pour les clous, les éperons, les brides, leur dorure, et pour deux licols à laturque.
On hâtait la besogne pour être prêt avant le départ du puissant donataire.
Au moment solennel, « messer Durante s'avança d'une manière si gauche-c'est Cellini qui
parle- et sa langue s'embarrassa si bien dans son jargon de Brescia, que jamais on ne vit ni n'en
(1) CELLINI, Vita, éd. Bacci, p. 175 ; I Trattati dell' Orificeria et della scultura, éd. Carlo Milanesi (Firenze, 1857,
petit in-8°), p. 53.
(2) Pietro FEDELE, l'Uffiziolo di Madonna rilegato da Benvenuto Cellini (Rome, 1909, in-8°), extr. des Mélanges
de l'École française de Rome.
34
266
LA COUR DE PAUL III
tendit rien de pire et que l'Empereur ne put s'empêcher de sourire. Cependant, j'avais déjà décou
vert mon ouvrage et, m'étant avisé que l'Empereur avait très gracieusement tourné les yeux vers
moi, je m'avançai aussitôt et je dis : « Majesté sacrée, notre très saint Pape Paul envoie cet Office de
la Vierge pour être présenté à Votre Majesté. C'est un manuscrit, orné de miniatures de la main du
plus habile homme qui ait jamais fait profession de cet art ; et si cette riche couverture d'or et de pier
reries est ainsi inachevée, la faute en est à ma maladie. C'est pourquoi Sa Sainteté vous offre, en même
temps que le livre, ma personne aussi, pour suivre Votre Majesté afin de lui terminer son livre ; et
en outre, pour tout ce qu'il lui plairait de faire; tant que durerait ma vie, je serais à son service. »
Aquoi l'Empereur répondit : « Le livre m'est agréable, et vous aussi ; mais je veux que vous me le
finissiez à Rome ; et dès qu'il sera fini et que vous serez guéri, apportez-le-moi et venez me trouver. »
Puis, causant avec moi, il m'appela par mon nom, ce dont je m'étonnai parce qu'il n'avait rien été
dit où il fût prononcé ; mais il me dit qu'il avait vu le bouton de la chape du pape Clément, où j'avais
fait tant d'admirables figures. Nous causâmes ainsi toute une demi-heure, parlant de diverses choses
élevées et agréables ; et comme il me sembla que je m'en étais tiré avec beaucoup plus d'honneur que
je ne me l'étais promis et que la conversation tombait quelque peu, je fis une révérence et me reti
rai. On entendit l'Empereur qui disait : « Que l'on donne sur-le-champ 500 écus d'or à Benve
nuto » ; de sorte que celui qui les porta en haut demanda quel était l'homme du Pape qui avait parlé
à l'Empereur. Messer Durante s'avança et me vola mes 500 écus. Je m'en plaignis au Pape, qui répon
dit que je ne craignisse rien, qu'il savait tout, l'excellente manière dont je m'étais comporté en par
lant à l'Empereur, et que, de toute façon, j'en aurais ma part » (1).
Grâce à notre registre, nous avons pu donner quelques détails sur les deux chevaux offerts à
Charles-Quint. Le même précieux volume nous permet d'affirmer que, le 4juin 1536, un peu plus de
deux mois après la scène qui vient d'être rapportée, Cellini avait terminé la reliure de l' « Offitiolo » ;
car, sous cette date, un écu et dix baïoques sont payés au maître de la garde-robe Piergiovanni
Aleotto, « pour du taffetas acheté pour le petit Office que Sa Sainteté envoie à l'Empereur, et pour
une bourse de cuir de Cordoue destinée au même Office. » Un peu plus loin, Cellini raconte que le
Pape envoya le petit livre à l'Empereur par l'un de ses petits-fils, Sforza ou Sforzino Sforza, et que
César ayant demandé des nouvelles de l'orfèvre, le jeune homme répondit qu'étant malade, il n'avait
pu venir lui-même (2). Nos comptes confirment, là encore, le récit de la Vita. On vient de voir que
l'enveloppe du manuscrit avait été payée le 4 juin ; or nous lisons, dans notre premier registre, que
dès le 20 mai, le trésorier secret avait versé à Bernardino Bonizio, l'agent de Costanza Farnese,450 écus
pour le voyage du « signor Sforza, che ha da andare a stare con lo Imperatore ». Il est donc certain
qu'au commencement de juin, le volume partit pour l'Espagne dans la valise du fils de Costanza (3)
(1) CELLINI, Vita, éd. citée, p. 176-177; I Trattati, éd. citée, p. 54-55.
Eugène PLON, ouvr. cité, p. 35-36.
Nous avons légèrement retouché la traduction du savant critique d'art.
(2) CELLINI, Vita, éd. citée, p. 180.
(3) Il est probable que le jeune Sforza rejoignit Charles-Quint en Provence, puis revint avec lui à Gênes pourpasser
enEspagne ; car,le 10 novembre 1536, le nonce Giovanni Guidiccioni écrit au secrétaire intime Ambrogio Recalcati:
PAUL III ET CHARLES-QUINT
267
Resterait à savoir ce qu'est devenu le volume enluminé ou tout au moins achevé d'enluminer
par Vincent Raymond et relié par Cellini (1). Eugène Plon, qui s'était posé cette question et l'avait
étudiée avec soin, aurait hésité, s'il se l'était cru permis, entre deux ouvrages attribués à l'orfèvre
florentin avec une grande vraisemblance. Le premier, vu par Labarte chez le roi de Naples, puis
disparu vers 1880, revêtait précisément un Office de la Vierge écrit par Monterchi et contenant
26 miniatures de Clovio. Ces peintures, connues depuis le xvIe siècle par la minutieuse description
qu'en a donnée Vasari, avaient été exécutées pour le cardinal Alessandro Farnese, et la reliure du
volume- enargent, avec quelques parties dorées, et non en or massif portait les armoiries de son
possesseur. Plon est donc obligé d'écarter cette hypothèse, qu'il n'aurait pas même prise en considéra
tion s'il avait connu les documents récemment découverts sur le travail de Raymond. La seconde
reliure que signale Eugène Plon et qui est conservée au South Kensington Museum (aujourd'hui
Victoria and Albert Museum), à Londres, est au contraire en or fin (oro fine, dit Cellini) ; mais, au lieu
de pierreries, elle est décorée de merveilleux émaux. De plus, elle est ornée, selon notre critique, non
seulement de feuillages, mais encore d'un grand nombre de figures. Ce dernier détail n'a rien de décou
rageant, comme semble le croire l'historien de Cellini ; car l'expression dont se sert son héros : « ricca
mente lavorata » n'exclut pas nécessairement les figures de l'ornementation. Mais la présence des
émaux et surtout l'absence de toute pierrerie, alors que l'orfèvre parle d'une profusion de pierre
ries, pourraient nous arrêter définitivement. Cependant, il ne serait pas impossible que la pièce eût
été remaniée à la fin du xvIe siècle, et que les fleurettes, bluets et marguerites, aient précisément été
substituées aux « gioie » dont parle l'artiste avec une si visible complaisance. Ce sont surtout les mar
guerites du dos de la reliure qui justifieraient une telle supposition. Suivant Plon, ces marguerites,
qui ont éveillé sa critique toujours attentive, désignent vraisemblablement une princesse de ce nom,
qui serait Marguerite de Navarre, sœur de François Ier, ou Marguerite de Valois, la future duchesse
de Savoie, toutes deux protectrices, à des degrés divers, du maître florentin. Mais pourquoi ne serait
ce pas Marguerite d'Autriche, qui, devenue la femme d'Ottavio Farnese, auraitreçu deson impérial
père le présent pontifical et l'aurait transmis à sa nouvelle famille? La fleur de lys, qui se remarque
sur la tranche en tête du livre, serait alors, non pas le lys de la maison de France, mais celui des Far
nese. On voit que l'hypothèse est séduisante ; elle s'appliquerait aux deux reliures, mieux encore à
la seconde qu'à la première ; mais force est d'avouer que ce n'est qu'une pure hypothèse. Si le petit
manuscrit que renfermait cette reliure avait été conservé et que ce fût l'Office de laVierge, on ne pour
rait faire à l'identification proposée (je ne parle pas de l'objection très grave des émaux) qu'une objec
tion sans valeur : d'après Cellini, Paul III pensait que Charles-Quint offrirait le petit volume à l'impé
ratrice, Isabelle de Portugal ; mais ce n'était là qu'une idée de Paul III. etl'Empereurpeut très bien
* Il signor Sforza si prepara per passare, e sta benissimo. » Opere di Mgr Giovanni Guidiccioni... a cura di Carlo Minutoli,
vol. II, p. 65.
(1) Ces pages étaient déjà écrites lors dela publication de l'article déjà cité de M. Pietro Fedele, qui penche pour
le manuscrit conservé à Gotha.
268
LA COUR DE PAUL III
avoir donné au joyauune tout autre destination. Malheureusement, le manuscrit manque ; et, d'autre
part, il faudrait examiner de très près la couverture pour voir si elle a réellement subi des remanie
ments vers la fin du xvIe siècle. Une autre hypothèse, enfin, a été mise en avant, et qui, celle-là,
ne serait pas très difficile à contrôler. Labarte et Plon décrivent une autre reliure, conservée chez le
duc de Saxe-Gotha et qui paraît, tout d'abord, répondre, mieux que la précédente, aux indica
tions de Cellini : elle est ornée de figures ciselées en relief, de diamants, de rubis, et elle recouvre un
petit « livre d'Heures » ; malheureusement, ce n'est point un Office de la Vierge.
Le 16 avril, deux jours avant le départ de Charles-Quint, Paul III avait fait distribuerles gra
tifications d'usage aux gens de la suite de son hôte. La liste de ces gens n'est pas sans intérêt, parce
qu'elle renferme quelques détails curieux sur le train impérial et donne les noms des principaux sei
gneurs qui l'accompagnaient à Rome. On apprend ainsi que l'Empereur avait autour de lui douze
trompettes, huit fifres, six violons, qui reçurent chacun deux écus; trois mimes, dix fourriers, huit
massiers, six hérauts qui, ainsi que les vingttambours et fifres des gens de pied, se contentèrent cha
cund'unécu. Après eux figurent,toujours pourun écu, les trompettes des princes etdes chefs. C'étaient
ceux du marquis delVasto, Alonso d'Avalos, le gouverneurdu Milanais;-ceux du prince de Salerne,
Roberto Sanseverino, lepatron de Bernardo Tasso, l'un des vainqueurs de Tunis et l'un des vaincus
de Cérisoles, qui, persécutéparle terrible vice-roide Naples don Pedro de Toledo, passa unpeuplus tard
au service d'Henri II ;
ceux de sonparent leprincede Bisignano, Bernardino Sanseverino ;- ceux
d'Ascanio Colonna, du duc d'Albe, Fernando Alvarez de Toledo, du comtedeBenevento(1);-ceux des
condottieri romains Camillo Colonna et Girolamo Orsini ;
ceux du marquis d'Aguilar, qui succéda
au comte de Cifuentes, Fernando de Silva, comme ambassadeur près le Saint-Siège, et ceux de Juan
de Vega, qui devait à son tour remplacer Aguilar ;
enfin l'unique trompette du petit prince de
Piombino, Giacomo V d'Appiano. J'oubliais deux trompettes, et non les moindres, les trompettes
de Pier Luigi Farnese, encadrés entre ceux du marquis d'Aguilar et ceux de Juan de Vega, sans doute
en souvenir des beaux temps du sac de Rome et du siège de Florence! Pendant une quinzaine dejours,
l'ancien condottiere impérial avait repris sa place parmi ses anciens compagnons d'armes. Ce n'était
pas à son honneur.
Pendant que Charles-Quint s'acheminait vers Sienne et Florence, où de magnifiques fêtes
allaient lui être offertes (2), Paul III pouvait examiner froidement les résultats de cette entre
vue tant redoutée. Des demandes qu'il avait adressées à son hôte, aucune n'avait été définiti
vement accordée. La seule question du Concile semblait avoir fait un progrès : la convocation de
l'assemblée, à Mantoue, avait été fixée au 23 mai 1537, et dès le4juin 1536, paraissaitla bulle d'indic
(1) Capitaine des gentilshommes de la maison (VANDENesse, ouvr. cité, p. 134).
(2) Cristoforo Corneto avait été,le 14 avril, nommé commissaire «pourpourvoiraux logements etvictuailles dans
les lieux ecclésiastiques par lesquels l'empereur devait passer ». Cf. PASTOR, ouvr. cité, t. V (1909), p. 174, n. 3. C'est
déjà ce personnage, dont nous ne savons rien d'autre, qui avait été chargé, en novembre 1535, d'accompagner le
ducde Ferrare dans sa traversée des États de l'Église.
PAUL III ET CHARLES-QUINT
269
tion, rédigée par le cardinal Contarini, avec la collaboration de Girolamo Aleandro, de Tommaso
Campeggio et de Pierpaolo Vergerio. Mais, avec beaucoup de raison, le Pape avait lié la réunion du
Concile au maintien de la paix, et malgré les concessions qui lui avaient été arrachées (suspension du
règlement des affaires de Camerino et de Ferrare ; consentement à la formation d'une ligue défensive
des États italiens), il voyait la paix plus menacée que jamais. L'invasion du Piémont et le refus de
Paul III de renoncer à sa neutralité (1) avaient irrité l'Empereur au plus haut point. De son côté,
François Ier se plaignait que le pontife inclinât du côté de son rival. En dépit de la bonne humeur
apparente avec laquelle il avait accueilli l'extraordinaire discours du 17 avril, le Pape ne pouvait pas
n'en être point blessé. En publiant sans délai la bulle conciliaire, espérait-il forcer la main aux deux
adversaires et les amener à résipiscence ? On ne peut guère le croire : il savait trop qu'ils faisaient
passer les affaires religieuses après les politiques, et que les premières ne les intéressaient que dans
leurs rapports avec les secondes. Il est vraisemblable qu'il voulut seulement démontrer, une fois
de plus, sa bonne volonté et sa sincérité : le dimanche 7 mai 1536, il avait fait célébrer à Santa Maria
della Minerva une messe « pour la paixfuture », à laquelle il avait assisté (2), et le 9 juin, il envoyait
le cardinal Marino Caracciolo à l'Empereur, le cardinal Agostino Trivulzio au roi.
En septembre 1536, un spirituel auteur italien comparait les deux princes à deux ennemis qui,
voulant se battre en duel, se seraient placés l'un sur la rive droite du Tibre et l'autre sur la rive
gauche (3). Mais déjà il ne s'agissait plus de rire ; des menaces on en était venu aux actes. Charles
Quint était décidé à répondre « audict Roy à ce qu'il avoit dict queSadicte Majesté parloitde loing et
que les lances estoient trop courtes pourse rencontrer : à quoy Sadicte Majesté deust respondre qu'il
l'approcheroit de si près que ledict Roy n'auroit excuse de mectre en avant que les lances fussent
courtes>> (4). Le 25 juillet, « jour de saint Jacques, patron de l'Espagne>> (5), l'armée impériale avait
envahi la Provence.
On sait comment, grâce aux énergiques mesures prises par le grand-maître Anne de Mont
morency, se termina cette mémorable campagne.
Tant qu'il lui était resté une lueur d'espoir, Paul III s'était efforcé d'empêcher cette guerre.
Les courriers succédaient aux courriers. Baldassarre da Fiorenza touchait, le 22 mai, 140 écus, frais
(1) Paul III avaitlancé, dès le 24 avril 1536, une nouvelle déclaration de neutralité dont on trouvera une copieà la
Bibliothèque nationale de Paris (Collection Dupuy, vol. 28, fol. 63). La Bibliothèque nationale Vittorio Emanuele
de Rome en possède une autre copie qui, d'après les extraits cités par C. CAPASSO (La Politica..., t. I, p. 176, n. 3) paraît
plus complète et plus précise.
(2) Cf., pour les détails de cette cérémonie, Diarium de Biagio MARTInelli, à la date, (fol. 98-100).
(3) Lettrede Francesco Maria Molza à Carlo Gualteruzzi, Bologne, 7 septembre 1536, dans la Nuova scielta
di lettere de Bernardino PINO (Venetia, 1574), libro quarto, p. 77, et dans SERASSI, Delle poesie volgari e latine di
F. M. Molza, vol. 2 (Bergamo, 1701), p. 142 : « Di qua non habbiamo altro di nuovo, se non che l'Imperadore et il
Re di Francia sistanno contrafacendo que' due valent' huomini, che havendo a combattere. l'uno si pose sulla destra
riva del Tevere, et l'altro sulla sinistra. >>>
(4) Jean de VANDENESSE, Journal des voyages de Charles-Quint, recueil et vol. cit., p. 134.
(5) Cette remarque est de G. de LEVA, Storia documentata..., t. III, p. 168.
270
LA COUR DE PAUL III
de deux courriers envoyés par le nonce en France, Rodolfo Pio ; le 6 août, Alessandro Guidiccioni
en recevait 26, pour troislettres envoyées le mois précédent de Savigliano à Plaisance, tandis que,dans
la première de ces villes, se concentrait l'armée impériale et se décidait l'invasion de la Provence
Entre le Pape et Pier Luigi, qui se trouvait alors dans les fiefs farnésiens, c'étaient de continuels
échanges de vues : le camérier Eurialo Silvestri allait, le 2 juin, à Capodimonte ; Giovanni Niccolò
Angeloni faisait la navette entre Rome, Farnese et Monterosi (juin et août); le palefrenier Barto
lommeo d'Alba battait les mêmes routes (août). Il semble évident qu'à ce moment critique, le Pape
fit grand cas des avis de son fils, dont il savait l'esprit net et positif. Trop positif même, car ces allées
et venues n'étaient pas seulement motivées par des raisons d'intérêt général : les intérêts personnels
de Pier Luigi y avaient une large part. Coup sur coup, il avait fait, sans consulter son père, deux
démarches dont l'une était prématurée et l'autre criminelle. En juin, il avait envoyé près de
Charles-Quint, alors à Asti, son majordome Pier Antonio Torelli pour hâterl'expédition du marquisat
de Novare qui lui avait été promis dans les conférences tenues à Rome deux mois auparavant (1),
et, en même temps, il s'était emparé de la terre de Farnese, au mépris des droits de sa cousine Isa
bella. Paul III fut extrêmement blessé de ces deux actes, et il déploya contre le coupable une telle
vigueur, que celui-ci dut reconnaître l'inopportunité de son intervention diplomatique et la criante
injustice de la violence commise contre sa parente (2).
La promptitude et la décision avec laquelle le Pape mit ordre à ces deux incidents montrent
qu'il n'était nullement disposé à permettre aux affaires secondaires de contrarier les grandes lignes
de sa politique. La paix et le Concile étaient alors les deux seuls soucis qu'il entendît avoir, et il était
d'autant plus résolu à ne pas s'en laisser distraire que de nouveaux événements se produisaient qui
pouvaient l'aider à atteindre son double but.
Les Turcs assiégeaient, en Dalmatie, la ville forte de Clissa (3), d'où, si elle tombait, ils vien
draient menacer les côtes de la Romagne et de la Marche d'Ancône. Dès le mois de mai, les habitants
dépêchaient à Rome « messer Giorgio », fils ou lieutenant du comte Pierre Krusich, auquel le Pape
faisait donner, le 1er juin, 10 écus pour retourner en son pays. Grâce à cet incident, Paul III pouvait,
une fois de plus, remontrer à l'Empereur la nécessité de tourner toutes ses forces contre les Infidèles.
(1) D'après l'auteur de lalettre-peut-être unebrochure politique et tendancieuse contenue dans le ms. itarien
1177 de la Bibliothèque nationale de Paris (fol. 60 vº-61), Charles-Quint avait « donné » le marquisat de Novare à Pier
Luigi dès l'époque de son séjour à Rome : « Ha donato al detto signor Pierluigi Farnese la città di Novara con tutte le
sue pertinentie et entrata di XII mila ducati l'anno et titolo di marchesato, et al signor Ottavio suo figliuolo ha promesso
un stato di X mila ducati d'entrata nel regno di Napoli. » C'était un « impérial » qui écrivait avec cette assurance, car
il ajoute : « Questi presenti fanno tener per certo che il Papa sia con Sua Maestà strettamente collegato, il che Dio
voglia che sia; perchè non potrà essere se non a quiete d'Italia et a benefitio della Republica Cristiana. » Mais PASTOR,
(ouvr. cité, t. V, p. 179,n. 6) cite des documents contemporains affirmant que, de la part de l'empereur, il n'y eut, en
avril 1536, qu'une « offre ». Cette offre fut, il est vrai, acceptée à une date difficile à déterminer ; mais Pierluigi ne reçut
l'investiture de Novare qu'en 1538 (cf. la lettre de l'ambassadeur vénitien Antonio Venier citée par G. De Leva, Storia
documentata di Carlo Quinto, vol. III, p. 242, n. 5; AFFò, Vita di P. L. Farnese (p. 35) dit, d'après Poggiali, que l'acte
solennel, muni de la bulle d'or impériale, est daté du 27 février 1538).
(2) Giovanni GUIDICCIONI, Opere, éd. Minutoli, vol. II, p. 15-18.
(3) Cf. PASTOR, t. V, p. 186.
PAUL II ET CHARLES-QUINT
271
Ft, d'autre part, pour insister auprès de François Ier sur une entente avec Charles-Quint, il mettait à
profit la tragédie qui avait eu pour théâtre l'Angleterre et qui justifiait les censures ecclésiastiques
lancées contre Henry VIII : Anne Boleyn avait été exécutée le 19 mai et, le 9 juin, la Trésorerie
secrète versait à Baldassare da Fiorenza les 70 écus qu'avait coûtés au nonce Rodolfo Pio l'expédi
tion d'un courrier porteur de la nouvelle de la condamnation. Le Pape était fort bienrenseignésurce
qui se passait chez le souverain anglais : un certain « Henry, parent de Thomas More » (1) était,
vers cette époque, à Rome, où il dut séjourner quelque temps ; le 28juillet, il lui était remis 15 écus
pour regagner sa patrie. Représenter à François Ier qu'un pareil allié, d'ailleurs peu sûr, le déshono
rait inutilement, rien n'était plus opportun; c'était encore pour le roi une raison de traiter avec
l'Empereur. Les nonces ne durent pas non plus manquer d'exposer aux deux rivaux le danger, de
plus en plus grandissant, d'un schisme définitif de l'Angleterre, et l'urgence de la convocation du
Concile. Par malheur, François Ier ne se souciait guère de rompre avec le Turc et les princes protes
tants d'Allemagne; quant à Charles-Quint, qui avait laissé mourir de chagrin, peut-être de poison,
sa tante Catherine, il était assez indifférent au sort d'Anne Boleyn et à celui du catholicisme dans la
grande île : il cherchait surtout à détacher Henry VIII de l'alliance française.
Paul III se rendait compte, à n'en pas douter, de l'importance de ces nombreux obstacles,
mais il était tout entier à ses projets qui, à distance, nous paraissent si parfaitement chimériques
et qui, dans le feu même de l'action, lui semblaient pouvoir se réaliser à force de persévérance et de
prudence patiente. A la fin d'août, trouvant les négociations trop lentes et les croyant du reste en
bonne voie, il dépêcha à la rescousse de ses nonces ordinaires ses deux plus intimes secrétaires, Ambro
gio Recalcati et Latino Giovenale,lepremier auprès de Charles-Quint, lesecond auprèsde François Ier.
Recalcati arriva au camp impérial, sous Aix, le 7 septembre,le jour même où Guidiccioni se croyait
autorisé à écrire à Montmorency qu'il avait désespéré de la paix, mais que, grâce à Dieu, il l'avait de
nouveau « réveillée » : si le grand-maître, ajoutait-il, et le légat en France obtenaient de François Ier
qu'il fît des demandes raisonnables, il pourrait sortir de là « quelque bien » (2). L'envoyé extraordi
naire n'eut pas plus de succès que le nonce, et lorsque Latino rentra à Rome, le 10 octobre, la situa
tion n'avait guère changé. Cependant Guidiccioni rapportait, dans une lettre au cardinal Trivu lzio
les conditions que l'Empereur mettait à la conclusion de la paix (3), et il semble bien qu'après les
explications survenues à Gênes (4). quelques semaines plus tard, entre le souverain et Pier Luigi, le
Pape les estimait acceptables. C'est en effet vers cette époque, probablement vers le mois d'octobre,
(1) Je n'ai pas réussi à identifier ce personnage. Onne peut guère penserà ce pauvre Henry Patteson, qui, d'ail
leurs, n'était pas le parent de More. Peut-être s'agit-ilde Giles Heron, mari de Cecil, l'une des filles du chancelier.
(2)Lettreautographe deGuidiccionià Montmorency(Bibl. nat. ,ms. fr. 2982, fol. 27).-MOLINI, Documenti di Storia
Italiana, t. II, p. 387, la croit à tort de Rod. Pio.
Dans les Lettere di Principi (éd. Ziletti, Venetia, 1581, libro terzo,
fol. 45 et 47), il y a deux autres lettres de Guidiccioni à Montmorency portant la même date (reproduites dans les
Opere, éd. citée, vol. II, p. 38 et 45). On peut même affirmer qu'il y en a quatre ; car les deux dépêches données par
'éditeur (fol. 47 vº et 49 vº) sont aussi du nonce, bien qu'il les ait attribuées à Francesco Guicciardini et au 7 novembre.
Cf. C. CAPASso, La Politica..., vol. I, p. 213, n. 1.
(3) Giovanni GUIDICCIONI, Opere, éd. cit., vol. II, p. 53.-Le 9 novembre, le trésorier secret remboursait à Alessan
dro Guidiccioni 35 écus, prix d'une estafette dépêchée au Pape, de Gênes évidemment, par son frère le nonce Giovanni.
(4) Voyez ci-dessous, p. 274.
272
LA COUR DE PAUL III
après le retour de Pier Luigi, que je placerais la lettre autographe de Paul III (1), où il prie le Roi,
« pour le service de Dieu, le bien de la Chrétienté et sa propre satisfaction [la satisfaction du Pape],
de vouloir en cette occasion se vaincre lui-même, en envoyant tout de suite quelque grand personnage
à Gênes pour traiter et terminer cette œuvre sainte ». On voit que le ton de la lettre, si aimable dans
sa première partie, s'élève ici tout à coup ; dans les dernières lignes, ildevient presque comminatoire :
<>Guidiccioni s'avançait beaucoup, au moins en paroles. Il n'était
point sûr que, malgré ses longues illusions sur le retour de Henry VIII dans le giron de l'Église
Paul III fût disposé à lui accorder la faveur si flatteuse que sollicitait pour lui son allié français. On
le voit bien à unarticlede notre registre, daté du 26 novembre, et où apparaît le nomd'un des hommes
qui ont le plus marqué dans la réforme alors tentée de la Curie romaine et dans l'histoire du Concile
de Trente. Ce jour-là, 4 écus et demi sont payés au matelassier Tozzo pour la location mensuelle, à
partir du 14, des lits « qui ont été pris pour l'usage du seigneur Rinaldo, Anglais ». La venue de Pole
à Rome, bientôt suivie de son élévation au cardinalat, disait assez les sentiments de Paul III à l'égard
du roi d'Angleterre (2). Mais il fit plus : le 18 janvier 1537, 5 écus étaient remboursés au maître
de la garde-robe Aleotti « pour avoir fait mettre en état l'épée de Noël que Sa Sainteté envoie au roi
d'Écosse ». Le cardinalat de Pole et l'honneurfait, trois jours après, à Jacques V, sont deux actes qui
se confirment l'un l'autre et dont la signification n'échappa ni à Henry VIII ni aux catholiques
anglais.
Le premier était de beaucoup le plus important et le Pape ne l'avait point accompli sans en
avertir Charles-Quint. Voici dans quelles circonstances. On se souvient qu'à la fin de juin 1536,
Pier Luigi avait dû se soumettre aux ordres de son père, irrité de son attentat sur la terre de Farnese
et de ses négociations directes pour l'acquisition définitive de Novare. Cette preuve d'obéissance
(1) Giovanni GUIDICCIONI, Opere, éd. citée, vol. II, p. 30.
(2) D'ailleurs la promotion de Pole au cardinalat était décidée dès le commencement de novembre et peut
être avant. Une lettre de l'ambassadeur français adressée de Rome, le 9 novembre 1536, à Anne de Montmorency,
est très nette à ce sujet : « Monseigneur, Par le courrier ordinaire qui partit le IIIe de ce moys, escripvy au Roy
quatre bien longues lettres et à vous troys, et le jour ensuivant, receuz la depesche dudict seigneur que vous a pleu
m'envoyer, ensemble les lettres que m'avez escriptes du XXe du passé. Et le lendemain, me retiray devers nostre
Sainct Père, pour satisfere au contenu d'icelles. Ce que j'ay faict au mieulx qu'il m'a esté possible, et ne reste sinon
la contribution de l'argent du propre dudict pappe, dont il s'est excusé ainsi que vous verrez tant par les lettres que
j'escriptz au Roy et à mons. le cardinal Du Bellay, respondant à ce qu'il m'en avait escript par le commandement
dudict seigneur, dont je ne vous feray repetition, si n'est que je vous asseure que Sa Saincteté a bien ceste matière
à cueur, et de sorte qu'en hayne d'icelle elle est deslibérée, à la première promotion qu'elle fera, créer cardinal mes
sire Reginalde Paule, angloys, qu'elle a fait venir de Padoue, ainsi que je vous ay cy devant escript; et a prins
très grand plaisir entendant l'eslevation des subjectz du Roy d'Angleterre veritable, et desireroit singulièrement que
pis luy advint... >>
35
274
LA COUR DE PAUL III
méritait d'être récompensée, et c'est probablement en la faisant valoir bien haut que l'actif condot
tiere obtint, en dépit de son récent échec à Naples, une nouvelle mission auprès de l'Empereur, alors à
Gênes. Les instructions qu'il emporta, le 30 octobre, montrent que, rompant avec toutes les fermes
résolutions prises au moment de la guerre de Provence, le pontife se laissait aller de nouveau à mener
de front les négociations essentielles et celles dont l'intérêt était limité à sa seule famille. Pêle
mêle il chargeait son envoyé : d'informer Charles de son désir de la paix où il persévérait de plus en
plus; de négocier l'affaire de Novare et celle de la défense de Parme et de Plaisance; d'annoncer
la prochaine création de cardinaux et particulièrement celle de Pole; de déclarer que si, sur les
instances de Granvelle, il avait sursis à publier la bulle d'excommunication contre Henry VIII, il ne
pourrait conserver cette attitude en présence de l'obstination du souverain anglais ; de mettre en garde
le nonce Guidiccioni contre les pièges qui lui seraient tendus ; de régler avec le duc Charles III de
Savoie, qui était à la cour, les difficultés relatives aux abbayes de l'Abondance et de Hautecombe,
données en commende au cardinal Alessandro Farnese ; et enfin, de faire concéder à un autre de
ses petits-fils, Carlo Sforza, fils de Costanza Farnese, la charge de prieur de Lombardie (1). C'était
bien des affaires, et de quoi largement occuper les huit ou dixjours que Pier Luigi devait passer
à Gênes.
De ces points il en était deux ou trois qui ne pouvaient manquer d'arrêter très sérieusement
l'attention de l'Empereur. Il est, par exemple, assez étrange de voir Paul III soulever la question de
Parme et de Plaisance, ces deux villes si ardemment convoitées à la fois par les Impériaux et par
François Ier ; mais il est bien difficile, à distance, de juger sa conduite. Sans doute voulait-il montrer
à Charles qu'il était capable de prendre lui-même les mesures nécessitées par la situation critique de
ces deux possessions avancées de l'Église romaine, ettirerdeluila promesse qu'il renoncerait à toute
idée de pourvoir lui-même, comme il y avait songé, à leur protection. Quant à la promotion cardina
lice et aux nouvelles menaces contre le roi d'Angleterre, l'envoyé dut faire remarquer que les deux
décisions se tenaient étroitement. A quoi bon revêtir de la pourpre des hommes tels que Giampietro
Carafa, Jacques Sadolet, Girolamo Aleandro, Reginald Pole, dont le passé garantissait une sincère
réforme des mœurs et de la discipline ecclésiastiques, si, à côté de l'Allemagne luthérienne, se dressait
une Angleterre schismatique? Le Pape espérait que l'Empereur pèserait sur la volonté de Henry VIII
et que la nomination retentissante de Pole, si encourageante pourles insulaires restés fidèles au Saint
Siège, donnerait à réfléchir à son royal cousin. Charles-Quint voyait bien les avantages que l'Église
espérait de cette tactique, mais il ne croyait guère au profit qui lui en reviendrait à lui-même. Il est
probable que l'influence de Pole lui paraissait incertaine, et que peu curieux de consolider, par une
intrusion inopportune, l'alliance anglo-française, il n'avait aucune envie d'user sa diplomatie à des
efforts inutiles et peut-être dangereux. Des réformes et du Concile il se serait fort bien passé, s'il n'y
avait vu un remède aux troubles qui désolaient l'Allemagne. La nécessité de pacifier cette partie de
(1) Giovanni GUIDICCIONI, Opere, éd. citée, vol. II, p. 64 n. 1; cf. p. 66 et 70.
PAUL III ET CHARLES-QUINT
275
ses États lui faisait un devoir de tenter une expérience où la collaboration du Pape s'imposait à lui.
L'unité de l'Église n'était pour lui qu'un moyen politique, et il n'y prenait un sérieux intérêt qu'au
point de vue politique. Pourquoi lui demandait-on de s'immiscer dans les luttes religieuses de l'An
gleterre, c'est-à-dire d'un pays qui n'était pas soumis à sa domination? Que ne s'adressait-on à son
rival?
Telles durent être, pendant les entretiens avec Pier Luigi, les pensées, plus ou moins nette
ment exprimées, de Charles-Quint. Certes, il était flatté de cette continuité de confiance quelui témoi
gnait Paul III, et il avait plaisir à entendre l'accusation d'impérialisme que le parti français lançait
de toutes parts contre le « père universel et neutralissime ». Mais ce qu'il eût voulu, c'eût été une for
melle déclaration du pontife en sa faveur. Celui-ci, au retour de son fils, le comprit une fois de plus,
et c'est sans doute pour donner un gage à François Ier et rétablir une sorte d'équilibre entre les deux
adversaires qu'il envoya l'épée d'honneur au souverain d'un pays qui était l'allié traditionnel de la
France. Il y avait là d'ailleurs une nouvelle menace ouvertement jetée au roi d'Angleterre.
Sans avoir eu de brillants résultats, la mission de Pier Luigi à Gênes avait été plus satisfai
sante que celle dont il avait été chargé à Naples un an auparavant. Le nouveau contact qu'il avait
pris avec l'Empereur pendant les fêtes de Rome avait adouci les antipathies et les défiances. Il était
certain que les Farnese allaient profiter, très largement, et de ces dispositions meilleures et des incer
titudes de la politique générale. Pour Paul III, la principale difficulté était de mener de front, sans y
perdre son prestige, les grandes affaires de la chrétienté et celles de sa propre famille. Il se fût brisé
dans cet effort si, dans les hostilités mêmes qu'il cherchait à apaiser, il n'eût trouvé un secours et une
sauvegarde. A se poser toujours en médiateur, non seulement il s'attirait les faveurs successives de
l'un et de l'autre parti, mais il acquérait une autorité morale grandissante et qui, souvent contestée,
parfois mise en échec, n'en était pas moins réelle. Ce temporisateur savait d'ailleurs, au moment
propice pour les intérêts des siens, prendre une décision. Ses promesses réformatrices ne l'avaient
pas empêché d'inaugurer son règne par le cardinalat de ses petits-fils Alessandro Farnese et Guidas
canio Sforza. Et il ne s'était pas arrêté en si beau chemin. Lorsque, le 10 août 1535, le cardinal Ippo
lito de' Medici était mort subitement à Itri, empoisonné
dit-on
par un de ses familiers (1), le
Pape n'avait pas hésité un seul instant à donner au cardinal Alessandro la charge brillante et lucra
tive du défunt, celle de vice-chancelier de l'Église qui, entre autres avantages, comportait la jouis
sance du magnifique palais de la nouvelle Chancellerie, situé tout près du Palais Farnese. Dès le
13août, la nomination étaitratifiée enconsistoire; le lendemain,l'heureuxpetit-fils se rendait auPalais
de San Marco, prêtait serment entre les mains de l'aïeul, et, accompagné d'une nombreuse suite, allait
(1) Diarium deBiagio MARTINELLI, ms. cité, fol. 66: « Die MartisX augusti [1535], novum in Urbe quod cardinalis
de Medicis fuisset venenatus, et quod laborabat in extremis in civitate Terracine a quodam suo camerario de Civitate
Castelli, ex ordinatione, ut aiebant, et ad instantiam Illmi Ducis Alexandri de Medicis eius consobrini.
« Die mercurii XI Augusti, certitudo de obitu cardinalis de Medicis. »
276
LA COUR DE PAUL III
sans délai prendre possession de l'église de San Lorenzo in Damaso (1). Il y eut mieux. Fort du jus
spolii, et au mépris du testament de Clément VII, selon lequel l'héritage aurait dû passer au duc
Alessandro, Paul III s'empara de tous les biens meubles d'Ippolito. Il consignait, il est vrai, les
immeubles aux créanciers de la succession, mais il les mettait un peu plus tard sous séquestre, comme
s'il pouvait déjà prévoir qu'ils ne tarderaient pas à entrer dans le patrimoine farnésien. Varchi
affirme qu'il fit vendre les « dépouilles » ainsi acquises (2) ; il est cependant sûr qu'il en conserva
quelques-unes, entre autres ce secrétaire (studiolo), installé dans sa chambre et qui, au mois de
décembre suivant, pour 2 écus, fut nettoyé et verni par le menuisier Pellegrino. C'est alors aussi
que l'appartement pontifical s'orna du célèbre portrait de la célèbre Giulia Gonzaga : ce chef-d'œuvre
de Sebastiano del Piombo, fut ensuite, au dire de Vasari, envoyé en France et paraît en effet avoir
été offert, en 1541, sur sa demande, à Catherine de Medicis, qui s'en était « éprise » dès le jour où elle
l'avait admiré dans le cabinet de son cousin le cardinal Ippolito. Un article de notre premier registre
nous apprend que, le 5 janvier 1537, le trésorier secret versait au marchand de soie, Francesco,
près de 24 écus pour une draperie de taffetas vert destinée à couvrir « lo retratto della signora Julia
Gonzaga ». Quant à Pier Luigi, il eut aussi sa part, celle qui convenait le mieux à ses goûts, la
collection d'armes réunie par le belliqueux Ippolito, avec quatre pièces d'artillerie et leur équipage.
(1) Diariumde Biagio MARTINELLI, ms. cité, fol. 66 vº-67 : « Die veneris XIII augusti, corpus cardinalis de Medicis
a suis familiaribus delatum in urbem, et repositum in ecclesia Sancti Nicolai in Carcere, a quo loco inde associatus a
quattuor conventibus religiosorum et a clero Sancti Laurentii ac suis familiaribus cumLX intorticiis, delatum ad Sanc
tum Laurentium in Damaso, et quia eadem die fuit consistorium, Papa noluit quod officium funeris et vigiliarum fieret
eadem die, et sic intimatum cardinalibus pro hora XX, et executores deputati R. mi de Cæsis et de Cæsarinis, et de
Salviatis. Bona et utensilia eius iam Papa apprehendifecerat. Isti executores obtinuerunt quod Thesaurarius papae expo
neret pecunias funeris, et in eodem consistorio creatus novus Vicecancellarius R. mus cardinalis de Farnesio. Ex tunc
nos magistri caerimoniarum discessimus ad praeparandum necessaria pro funere cardinalis de Medicis, et satis labo
ravimus inilla die. Hora debita postquam venerunt nonnulli cardinales cœptae fuerunt vigiliae et officium mortuo
rum a conventibus religiosorum. Super lectica quæ erecta erat in secunda aula Cancellariæ capsa, in qua corpus clau
sum, positum [et] collocatum fuit. Et inde officium processit ordine consueto. Quo finito, sic cum capsa delatum in
ecclesia Santi Laurentii et in quadam capella reconditum seu conservatum. Magna multitudo populi et utriusque
sexus convenerat ad tale spectaculum.
<>>
Diariumde FIRMANO, ms. cité, fol. 65 : « Dicta die veneris [13 augusti], fuit secretum concistorium, in quo Papa
creavit novum cancellarium Reverendissimum cardinalem de Farnesio, suum nepotem.
« Die sequenti 14 augusti, Reverendissimus cardinalis Farnesius, novus vicecancellarius, in palatio Sancti Marci
praestitit consuetum juramentum pro officio Cancellariæ in manibus Papa. Deinde cum magno comitatu ivit ad capien
dumpossessionem ecclesiæ SanctiLaurentii ut titularis sive commendatarius ; oravit ante altare majus, quod osculatus
fuit. Canonici osculati fuerunt eius manum. Deinde in loco Cancellariæ episcopus Castelli Maris, regens dictæ Cancel
lariæ, et alii officiales loco possessionis assignarunt ei sedem debitam in palco majori ; et, lecta bulla sui officii, brevi
bus latine hortatus fuit officiales ad bene etjuste se gerendum prout etiam se facturum pollicebatur. Præfatos officiales
ad osculum manus recepit, et sic finis.>>>
(2) VARCHI, Storia fiorentina, éd. citée, p. 487.
PAUL III ET CHARLES-QUINT
277
Aencroire Varchi, pour éviter toute contestation, Pier Luigi fit transporter de nuit au Palais Far
nese la précieuse mais pesante « armeria », dont la valeur, selon le même historien, pouvait mon
ter à 5.000 ou 6.000 écus (1), et qui devait être fort encombrante : le 17 juillet 1544, probablement à
cause des travaux d'aménagement en cours dans l'intérieur du Palais, son nouveau possesseur la
déposait, réunie à la sienne, dans un palais voisin qui avait appartenu au feu cardinal de Sienne,
Giovanni Piccolomini (2), et pour cette besogne, l'un de ses agents, messer Francesco Cocciege
d'Amelia (3), recevait 4 écus.
L'empoisonnement du cardinal Ippolito avait donné au cardinal Alessandro Farnese une place
prépondérante dans le gouvernement de l'Église; la mort tragique du ducAlessandro allait ouvrir à
Pier Luigi les rangs du principat italien. Lorenzo de' Medici assassinait son cousin dans la nuit du
5 au 6janvier 1537, et la nouvelle en arrivait à Paul III le mardi 9 (4). L'instabilité du gouverne
ment imposé à Florence par Clément VII avait dès l'abord frappé l'esprit du Pape, qui s'était soi
gneusement appliqué à encourager, sans se trop compromettre, les entreprises des « forussis ». On l'a
vu, un peu plus haut (5), le 29 avril 1536, en relations avec Leonardo Regnatore; on le trouvera, le
8 juillet 1538, en rapport avec le « magnifico messer Pandolfo Pucci ». La disparition du duc éveilla
en lui des espoirs nouveaux, lui ouvrit de grandes perspectives. Le mariage de Marguerite d'Autriche
avec Alessandro avait été un événement presque aussi douloureux pour Paul III que pour les exilés
florentins. Maintenant la fille de César était libre, libre aussi la ville sur laquelle elle avait si peu
(1) Ibid., éd. citée, p. 497.— PaulJove se trompe donc légèrementlorsqu'il dit, dans sa lettre du 20 août à Rodolfo
Pio :<<[Alessandro] Farnesehebbe ogni cosa, eccetto Gradasso [Gradasso Berrettai de Norcia),-le nain ducardinal Ippo
lito, auquel Francesco Berni a consacré un de ses capitoli (éd. d'Amsterdam, 1770, p. 80)-, il quale lasciò [il cardinale
Ippolito] per suprema volontà al Marchese del Vasto col cavallo detto Prete, et il brocchier delle folgore etc. » Et un
peuplus loin, il ajoute : « Il Papa attende a viver con diletto, & a fornir Farnese [Alessandro], & dà pur qualche cosa
aSanta Fiora [Guidascanio Sforza] . La vacante di Bembo sarà pur di Farnese, il quale ha havuto Montefiascone, las
ciando Parma et San Lorenzo extra muros a Santa Fiora. » Lettere volgari di Mons. Paulo Giovio (éd. Domenichi,
Venezia, 1560, petit in-8°), fol. X ; Lettere facete (ATANAGI, 1601), p. 50-52.
(2) Dans lanotice consacrée à l'église Sant' Andrea della Valle, toute voisine de la place Farnese et dont la cons
truction commença en 1591, Pompilio TOTTI (Ritratto di Roma moderna, éd. citée, p. 370-371) s'exprime en ces termes :
« In questo sito anticamente si stendeva il Theatro di Pompeo, e nel far de' fondamenti della stessa chiesa se ne sono
viste le rovine, e s'è osservato che il Theatro medesimo altre volte fosse stato rifatto. In questo stesso luogo v'era un
bellissimo e grandissimo Palazzo, fabbricato dalla fameglia Piccolomini, di dove uscirono due Sommi Pontefici, cioè
Pio II e Pio III, zio e nepote. E perche questa Casa haveva havuto origine dalla città di Siena, il largo, che faceva
piazza a detto Palazzo, ne prese il nome di piazza di Siena, che hoggidi lo ritiene. »
(3) Dans laDescriptio urbis de1526 publiée par D. GNOLI (loc. cit., p. 513), ontrouve, au rione Trastevere, un« Heri
cule Cocioce » qui était assurément un membre de cette famille d'Amelia et dont la maison abritait cinq personnes.
(4) Diariumde Biagio MARTINELLI, ms. cité, fol. 113 etvº : «Die Martis nonaJanuarii, Papafecitsignaturam, et vent
novum de occisione ducis Alexandri de Medicis [perpetrata a Laurentio de Medicis] cum certis aliis suis complicibus
et coniuratis. Gaudeat Clemens, qui tantum exposuit et laboravit ut illum dominum Florentiæ constitueret ! Sic ad
mortem perduxit, et similiter Hippolytum cardinalem de Medicis, quos voluit exaltare supra modum, et iudicio Dei
aliter dispositum extitit ; quorum finis in iudicio ponetur. Advertant Pontifices quid agant, et respiciant præterita et
futura iudicia. » Ces deux dernières phrases, très remarquables puisqu'elles montrent déjàla crainte d'unnépotisme.
excessif dans l'entourage même du Pape, ont été justement relevées par Carlo CAPASSO (La Politica..., vol. I, p. 24 0)
Diarium de FIRMANO, ms. cité, fol. 104 : « Die Dominica 7ª dicti mensis [Januarii] fuit interfectus dux Florentiæ
Alexander Medices a Laurentio de Medices eius fratre sive consanguineo, etdie martissequenti venitnovum Suae Sanc
titati de dicta occisione. >>>
(5) Voyez ci-dessus, p. 252.
278
LA COUR DE PAUL I
régné. Mais cette dernière ne le fut pas longtemps. Avant même que la nouvelle du meurtre fût par
venue à Rome, le Sénat des Quarante-huit avait acclamé un nouveau prince, Cosimo de' Medici
(8 janvier). Le Pape ne fut peut-être pas très ému de cette élection. Le rôle joué par le condottiere
Alessandro Vitelli dans ces graves circonstances l'intéressait beaucoup plus vivement. L'occupation,
au nom de Charles-Quint, de la citadelle de Florence n'était-elle qu'une ruse de l'énergique et cupide
capitaine pour se ménager, d'un côté, la faveur impériale et, de l'autre, des négociations fruc
tueuses avec les deux partis de la ville ? Paul III connaissait assez l'homme pour ne guère douter de
ses secrètes intentions, et il était bien persuadé que le dévouement de ce soldat resterait à qui pour
rait y mettre le plus haut prix. Sans retard, il promettait à l'évêque de Pavie, Giovanni Giacomo De'
Rossi, parent de Vitelli, de le revêtir de la pourpre s'il parvenait à gagner celui-ci (1). L'évêque
échoua dans sa mission, la tentative s'ébruita, l'Empereur en fut irrité et les « fuorusciti », trop
confiants dans leurs forces, firent, pour délivrer leur patrie, un effort désespéré qui aboutit au
désastre de Montemurlo, à l'exécution de la plupart des chefs, à l'emprisonnement de Filippo Strozzi
dans la citadelle (31 juillet 1537). Vainqueur des « rebelles », maître de Strozzi, Vitelli était plus puis
sant que jamais. Le nouveau duc n'en pouvait plus douter, et, pour échapper à cette tutelle humi
liante, il prit le seul parti qui lui restât, celui de s'en remettre entièrement à l'Empereur. Mais il était
déjà un peu tard.
Après la malheureuse campagne de Charles-Quint en Provence, Paul III avait cru le moment
venu de reprendre l'affaire de Camerino : l'attitude de l'Empereur et de Venise lui firent bientôt
abandonner ce dessein, au grand mécontentement de Pier Luigi. Il semble bien que dès lors il porta
toute son activité diplomatique du côté de la Toscane. Pier Luigi voulait un État ; il avait pensé à
Sienne et s'en était ouvert, plus ou moins franchement, lors des négociations de Gênes, au mois
d'octobre précédent. Peut-être les ministres espagnols lui firent-ils sentir alors que, s'il était le fils
du Pape, il n'avait pas jusque-là d'autres titres que celui de simple capitaine. Cette hypothèse est
d'autant plus vraisemblable qu'en août 1536 Charles Quint lui-même avait engagé Paul III à nommer
son fils gonfalonier de l'Église et à l'envoyer au secours du Parmesan (2). Dans un tel conseil, il y
avait tout au moins une vague promesse, et le 4mars 1537, dans une lettre datée de Valladolid, Gio
vanni Guidiccioni s'étonnait que les avances impériales n'eussent pas été plus chaleureusement
accueillies : « Je rappelle
disait-il
à Votre Sainteté de ne pas tarder davantage à donnerle bâton
au seigneur Pier Luigi, afin qu'il ne reste pas sans un titre très honorable, jusqu'à ce qu'on le pourvoie
de quelque chose ; les temps qui courent et la venue prochaine du Turc paraissent nécessairement le
demander (3). » L'insistance du nonce dut faire sourire Paul III : depuis plus de deux mois, il avait
pris à ce sujet une décision et l'avait même, sans aucun délai, mise à exécution. Le 26 janvier, il
(1) DE LEVA, Storia documentata..., vol. III, p. 225 et n. 1 et 2.
(2) C. CAPASSo, La Politica..., vol. I, p. 234.
(3) Giovanni GUIDICCIONI, Opere, éd. citée, vol. II, p. 115.
PAUL III ET CHARLES-QUINT
279
s'était enquis, auprès du premier maître des cérémonies Biagio Martinelli, des conditions dans les
quelles avait été faite la nomination du dernier gonfalonier, le duc de Mantoue Federico II Gonzaga ;
le même jour, il avait manifesté son intention en consistoire (1). Et, bien que la nomination ne dût
être solennellement notifiée au Sacré Collège que le 31 janvier, il donnait, dès la veille, 200 écus à
Mattia Varano et une somme égale à don JuanBorja « pour se préparer à honorer l'Illustrissime sei
gneur Pier Luigi Farnese lors de la prise du bâton du capitanat » (2). Enfin, le 2 février, avait lieu la
cérémonie solennelle d'investiture. C'était le jour de la Purification, la Chandeleur. Le Pape se rendit
d'abord à la Chapelle, où il bénit les « chandelles » et où le duc de Camerino, Mattia Varano, lui pré
senta l'eau pourle lavement des mains. Après la distribution des « chandelles », il descendit, porté sur
la « sedia », à la basilique, où il fut accueilli par Pier Luigi, flanqué du comte de Cifuentès, ambassadeur
impérial, et d'Ascanio Colonna. Vêtu seulement d'une cotte de mailles, d'un gorgerin, de brassards
et d'unjustaucorps de brocart, le récipiendaire s'avança devant le trône et s'agenouilla sur le premier
degré. Le Pape lui donna sa bénédiction, prononça la formule usitée dans la création du préfet de la
ville et lui imposa successivement la tunique de drap cramoisi, le manteau de brocart et le bonnet.
Pier Luigi, après le baisement de pied, alla s'asseoir au banc des cardinaux, à la suite du dernier car
dinal-diacre Reginald Pole. La messe terminée, il prêta le serment de fidélité, reçut le bâton de com
mandement, les drapeaux de l'Église et du Pape, et fut admis à embrasser son père qui, oppressépar
la joie, laissa échapper quelques larmes (3). Le nouveau gonfalonier se retira alors pourse rendre au
Palais Farnese, où, toujours encadré par Cifuentès et Ascanio Colonna, il fut accompagné par un
magnifique cortège : les chevau-légers, les cavaliers et les gens de pied de la garde commandés par
Giambattista Savelli, sa propre « famille », de nombreux trompettes et pages, Giulio Della Rovere
et Bonifazio Caetani de Sermoneta portant les drapeaux, les massiers du Pape, les maîtres des céré
monies, enfin les prélats, les officiers palatins et une foule de chevaliers armés de pied en cap. Pen
dant ce temps, les bombardes du Château Saint-Ange tonnaient sans répit (4). Et ce fut tout : il ne
paraît pas qu'en cette occasion, il ait été fait de largesses particulières au peuple ; ni Martinelli ni
(1) Diariumde Biagio MARTINELLI, ms, cité, fol. 115-116 vº. Diarium de FIRMANO, fol. 101 vº.
(2) Voici une autre pièce comptable, du 6 mars 1538, relative aux apprêts de la cérémonie : « ... Spectabilibus viris
dominis Silvestro de Monteacuto ac Ludovico de Palazo et sociis, Romane curie mercatoribus, ducatos trecentos et
undecim et solidos octo auri de Camera de juliis X pro ducato, pro pretio brochati et aliorum drapporum et rerum
per eos de anno preterito in mensibus januarii et februarii pro conficiendis vexillis et aliis ornamentis adusum Illmi.
D. D. Petri Aloysii de Farnesio tempore quo fuit sibi datus baculus sancte matris Ecclesie consignatorum ex ordine
sue Sanctitatis. » Archivio di Stato de Rome, Mandati, 1537-1541, fol. 88.
Ces drapeaux et le costume de Pier Luigi
avaient donné fort à faire à Biagio Martinelli (Diarium, ms. cité, fol. 116 vº : « Istis diebus et mane et sera, quandoque
a Pontifice quandoque ab Ill.mo domino Petro Aloysio fui semper vocatus et intentus operi propter brevitatem tem
poris, tum præcipue de vestibus ipsius confalonerii et manto in forma pluvialis cum apertura in brachio dextro ac
birreto in forma capelli ducalis seu aliquali similitudine, quo etiam uti consuevit almæ Urbis præfectus, et de vexillis
Ecclesiæ et ipsius Pontificis ac armis et insigniis utriusque, in quibus omnibus propter recamaturas longius require
batur tempus. Fuit tamen sic conclusum et executum ut infra seriosius ostendetur, ne bis id ipsum repeti videatur . >>
(3) Diarium de Biagio MARTINELLI, ms. cité, fol. 118 vº : « Confalonerius osculatus est pedem Pontificis, tum ejus
manum, et ad oris osculum receptus [est]. Papa aliqualiter lacrymavit præ gaudio.>>>
(4) J'ai résumé ici le récit très circonstancié de Biagio MARTINELLI (Diarium, ms. cité, fol. 116 vº-119).
280
LA COUR DE PAUL III
Firmano n'en font mention, et dans notre registre, il est seulement rappelé que le palefrenier Barto
lommeo d'Alba distribua aux pauvres 15 écus, c'est-à-dire la même somme qu'aux principales fêtes
de l'année.
Pier Luigi venait d'obtenir une charge importante ; encouragé par ce premier succès, il voulut
un titre. Paul III l'aimait trop pour lui rien refuser ; mais, cette fois, il agit avec la circonspection
qu'il montrait dans la plupart de ses actes. Le14 mars,il faisait approuver par les cardinaux la cession
de Castro à son fils, en échange de Frascati qu'il remettait à la Chambre apostolique et qui, du reste,
avait beaucoup plus de valeur. Il dut se produire à ce propos quelques difficultés. Giulio Grandi, qui
était alors camérier secret, reçut, le 11 avril, quelques écus à lui remboursés « pour une rame de
papier et un registre de comptabilité et pour aller à Castro pour le servicede Sa Sainteté» (1). Toujours
est-il que le gonfalonier attendit jusqu'au 31 octobre le titre de duc ; il ne prit d'ailleurs possession
de son nouveau duché (formé de la petite capitale et des villes, plus petites encore, de Nepi, Ronci
glione et Caprarola) qu'en l'année 1543.
Ainsi comblé de faveurs, il ne tenait qu'àlui d'enjouir tranquillement; mais ni lui ni son père
ne l'entendaient ainsi. Charles-Quint avait conseillé à Paul III de créer Pier Luigi gonfalonier et de
l'envoyer ensuite dans le Parmesan pour y apaiser les troubles qui désolaient cette possession avancée
des États pontificaux (2). On avait exécuté la première et la plus facile partie du programme ; il
fallait passer à la seconde, sous peine de justifier une intervention, toujours redoutée, du gouverneur
impérial du Milanais. Il y allait de lagrandeur de l'Église et de l'honneur de la maison Farnese. Aucune
hésitation n'était possible. Les deux territoires de Parme et de Plaisancese trouvaient, par leur situa
tion même sur les confins de la Lombardie, en butte aux attaques des deuxgrands belligérants. Mais,
par surcroît, en 1536, Ludovico Rangone, le propre frère du comte Guido qui commandait à Plaisance,
s'était emparé de Roccabianca, non loin de Borgo San Donnino. Le vice-légat de Lombardie, Fili
berto Ferrerio, évêque d'Ivrée, avait été étourdi par ce coup imprévu et il avait envoyé au secours de
la place ses capitaines, entre autres Alessandro Tommasoni de Terni, celui-là même auquel Paul III
avait fait remettre, au moment de son départ, le 28 novembre 1535, par les mains de Costanza Farnese,
un don de50écus. Malgré les mesures prises, les choses s'aggravèrent : Ludovico Rangone se réfugiait
à Venise, laissant la garde de Roccabianca au tuteur de ses enfants ; le comte Guido quittait le pays,
se rendait à La Mirandole et passait bientôt au service de François Ier. L'un menaçait Paul III de
l'intervention de l'Empereur et l'autre parlait d'invoquer le secours du roi de France. Le gouver
neur de Parme, Gianangelo De' Medici (le futur Pie IV), était aussi embarrassé que l'évêque d'Ivrée.
Tous deux attendaient la venue de Pier Luigi « comme les Juifs attendentle Messie» (3). Le « Messie >>>
(1) Selon le P. AFFO (Vita di Pierluigi Farnese, Milano, 1821, in-8º), p. 22, la bulle d'érection du duché de Castro
porte la date du 19 mai 1537. Sur la constitution du duché de Castro et ses agrandissements successifs, cf. AFFò, p. 28
et suiv.
(2) Gaetano CAPASSO, Il primo viaggio di Pier Luigi Farnese, gonfaloniere della Chiesa, negli Stati pontifici, 1537
(Parma, 1892, in-80 ; estr. dall' Archivio storico per le Provincie Parmensi), vol. I, p. 15 et n. 2.
(3) G. CAPASSo, ibid., p. 13.
PAUL III ET CHARLES-QUINT
281
ne put se mettre en route aussi vite qu'ils le pensaient. D'un côté, le Pape, qui voulait lui ménager
un triomphe, tenait à ce que l'expédition fût soigneusement préparée ; de l'autre, il avait besoin de
sa présence pour surveiller les négociations avec le duc de Ferrare, qui venaient d'être reprises et qui,
cette fois encore, n'aboutirent à aucun résultat (1).
Partide Rome à la fin d'avril ou au commencement de mai 1537avec des forces imposantes,
PierLuigi s'arrêtait à Spolète. Delàil gagnaitAncône qu'il visitait minutieusement avec le gouverneur,
Stefano Colonna, et dont il augmentait la défense, grâce à l'empressement de son père et à la bonne
volonté du duc de Ferrare (2). Le 25 mai, il partait pour Fano, où il arrivait le lendemain et où il
demeura quelques jours avec sa brillante suite, dont faisaient partie Niccolò Orsini, comte de Piti
gliano, son neveu, et Scipione Orsini : ce dernier recevait, le 18 octobre suivant, 50 écus « pour les
frais qu'il avait faits en allant à Fano avec l'Illustrissime seigneur Pier Luigi». C'est alors que se serait
produit l'incident le plus fameux de ce voyage : l'attentat contre le jeune évêque Cosimo Gheri.
Rarement accusation de ce genre souleva des polémiques aussi passionnées, non seulement au
xvIe siècle, mais depuis le xvIIIe siècle jusqu'à ces dernières années. Le fait en lui-même n'avait rien
d'invraisemblable pour qui connaissait les déplorables mœurs de Pier Luigi; mais les historiens se
sont demandé si, en pareil cas, la vraisemblance valait une preuve, et plusieurs d'entre eux, non des
moins sérieux, ont répondu négativement. Pier Luigi, en cette circonstance, n'a peut-être été si vive
ment attaqué que parce qu'il était le fils d'un pape qui mettait en avant la réforme des mœurs du
clergé, et, qui pis est, d'un pape qui devait tant auxBorja. Les témoignages contemporains, ceux de
Vergerio, de don Diego Urtado de Mendoza, de Varchi, de Segni, sont fort suspects: lahaine person
nelle et l'esprit de parti semblent les avoir inspirés. Rien, dans les documents dignes de foi, n'autorise
cette répugnante histoire, dont l'origine peut fort bien remonter à quelque sanglant « pasquil », tel
celui de 1549, presque entièrement reproduit par Jean Sleidan. Certains auteurs ont été tellement
hantés par l'idée du forfait qu'ils ont cru en trouver partout la confirmation, même dans les phrases
les plus anodines. Le probe Ronchini lui-même y voyait des allusions dans une lettre du gouverneur
de Fano, Vincenzo Scevola, évêque d'Hiérapolis, datée du 25 septembre 1537 : qu'eût-il dit s'il avait
su que ce personnage, ordinairement désigné sous le nom d' « évêque de La Mirandole », avait, plus
tard, reçu de Paul III une pensionmensuelle de 12 écus d'or (3) ? Il est à penser qu'avant de tirer de
là un nouvel argument, il se serait souvenu du passage où Varchi dépeint le gouverneur comme un
assez pauvre hère que l'on avait surnommé « l'évêque de la faim ». La correspondance de Cosimo
Gheri, entre la date du prétendu attentat (23-27 mai) et celle de son décès (24 septembre), a été atten
tivement examinée. Elle ne renferme pas un mot qui puisse être interprété contre Pier Luigi ; dans
l'unique phrase consacrée au séjour du gonfalonier à Fano, il est question d'une conversation poli
tique entre lui et sa « victime ». D'autre part, on sait que lors de son arrivée dans cette ville, Pier
(1) G. GAPASso, ibid. , p. 15.
(2) Ibid., p. 19.
(3) Voy. notre second Registre (décembre 1543- novembre 1544).
36
282
LA COUR DE PAUL III
Luigi souffrait d'un grave accès de goutte. Enfin, Gheri avait une santé très frêle qui, ébranlée au mois
de juillet suivant par une fièvre tenace, suffirait à expliquer sa mort rapide. Et si l'on rejette ces rai
sons, comment admettre que les amis du jeune prélat, Bembo, Pole, Contarini, Priuli, Beccadelli,
n'aient pas, dans quelqu'un de leurs écrits, manifesté, ne fût-ce qu'avec une certaine prudence,
leur indignation contre une pareille ignominie ? Ceci dit, il est fort probable que l'accusation
n'était pas absolument sans fondement. Le condottiere, avec son sans-gêne habituel, avait pu
laisser échapper, soit devant ses familiers soit devant l'évêque lui-même, quelque ignoble
parole, quelque geste insolent, qui, malicieusement commentés, devinrent peu à peu, en passant de
bouche en bouche, toute une scène criminelle. Pier Luigi était un soudard, Gheri était jeune, avenant,
timide, et les gens de Fano avaient la langue très longue... Tel est, au moins actuellement, le véri
table état de la cause, et il sera toujours temps, si de nouvelles pièces surgissent et accablent l'accusé,
d'ajouter une infamie à celles qui avaient déshonoré sa jeunesse (1).
Après Fano, le gonfalonier visitait la Romagne : Rimini (29 mai), Savigliano, Cesena, Cervia,
Ravenne (1er juin), puis Forli, Faenza, Imola. Il arriva à Bologne le 4 juin et y resta jusqu'au 7.
Le 9, il était à Parme, et le 15, à Plaisance. Le 26, il concluait un accord avec la comtesse Barbara
Pallavicini, femme de Ludovico Rangone, et, le lendemain, le capitaine Giovanni Battista Savelli
prenait possession de la citadelle de Roccabianca. Le but immédiat du voyage était atteint, non sans
quelque peine.
Pier Luigi n'eut pas le loisir de jouir de son succès. Les Turcs avaient repris la mer. Craignant
quelque surprise, Paul III rappelait son fils, tout en lui enjoignant de faire lever des troupes en
Romagne et dans la Marche. C'est peut-être à ces opérations que se rapportent deux articles de notre
registre : le 16 août 1537, messer Giovanni Antonio Maria de Macerata recevait 10 écus pour regagner
sa patrie et, le même jour, le palefrenier Domenico de Montecchio en touchait 4 « pour aller
dans la Marche et en revenir,pour le service de Sa Sainteté ». Rentré à Rome vers le 25juillet,Pier
Luigi reprenait le harnais au début de septembre pour réduire les gens de Fermo, qui s'étaient quelque
peu rebellés contre le Pape; il eut comme collaborateur, dans cette minuscule expédition, un cer
tain capitaine Prete, auquel 10 écus étaient alloués, le dernier jour du mois, pour se rendre dans cette
ville.
Malgré les soupçons que soulevaient de divers côtés enrôlements et mouvements de troupes, le
condottiere envisageait maintenant l'avenir d'un cœur plus tranquille. A la confiance que son père
lui témoignait publiquement il commençait à répondre par une confiance presque égale. Une impor
tante nouvelle avait modifié ses sentiments sur la politique pontificale. Dès le 4 mars, dans une lettre
datée de Valladolid, Giovanni Guidiccioni assurait à Paul III que Charles-Quint avait décidé d'accor
(1) Sur les mœurs répugnantes de Pier Luigi, voy. (outre ce qui est cité partout) le rapport, quiparaît toutà fait
probant, adressé à Paul III par son secrétaire Ambrogio Recalcati le 17 octobre 1535 (PASTOR, t. V, p. 224, n. 3).
Auxsatires, ajoutez celle qui semble avoir pour auteur Giovanni Della CASA (elle est signée : Jo. C.) : Dialogus in nuptiis
Octavii Farnesii et Margheritae Austriacae, et où on lit une terrible find'hexamètre : Sic docuere parentes !Cf. L. Cлм
PANA, Mgr Giovanni Della Casa e i suoi tempi, dans les Studi storici de CRIVELLUCCI, vol. XVIII (1909), p. 347.
PAUL III ET CHARLES-QUINT
283
der sa fille, Marguerite d'Autriche, veuve du duc de Florence, au jeune Ottavio Farnese (1). Le nonce
était trop pressé, mais il ne se trompait pas sur les intentions de l'Empereur. Le27 juin, pendant le
séjour de Pier Luigi à Plaisance (2), arrivait dans cette ville Giovanni Poggio, qui apportait d'Es
pagne le consentement définitif au mariage tant désiré par les Farnese. C'était, en particulier pour le
Pape, comme l'avait dit Guidiccioni, une joie inestimable de voir sa troisième génération conclure
une alliance royale qui donnait bon espoir pour la quatrième. Il n'y avait plus, ajoutait le nonce,
qu'à conclure une autre union du même genre avec la France. Son conseil sera suivi ; tout l'effort du
Pape se portera, pendant plusieurs années, sur la recherche d'un second mariage quele premierren
dait à peu près impossible. D'ailleurs, il n'avait plus à sa disposition, pour ces futures négociations,
unargumentpareil à celui qu'il tenait suspendu sur la tête de l'Empereur; la crainte de voir Vittoria,
la fille de Pier Luigi, épouser le duc Cosimo
ainsi que le souhaitait ou feignait de le souhaiter
Paul III
avait en effet beaucoup pesé sur la détermination de Charles-Quint qui ne voulait pas
voir la Toscane ouverte aux troupes de l'Église, Parme et Plaisance assurées contre les tentatives
du dehors, la Lombardie menacée par une coalition facile à former et à mettre en mouvement.
Alors, plus que jamais, les Farnese auraient tenu dans leurs mains
selon l'heureuse expression
de Giuseppe de Leva (3)- les fils de la conjuration permanente des Italiens contre la domina
tion étrangère.
Pendant le voyage de Pier Luigi dans les États pontificaux, les événements avaient pris une
tournure inquiétante. Sûr des Ottomans, François Ier ne l'était pas de Henry VIII dont Charles
Quint cherchait de plus en plus à se rapprocher. On conçoit combien lui furent désagréables les pre
miers bruits du prochain mariage de Marguerite avec Ottavio, et l'on s'explique pourquoi il refusa de
recevoir le cardinal Pole, nommé légat en Angleterre vers la fin de janvier 1537 et qui était parti de
Rome le 3 février avec l'évêque de Vérone Giammatteo Giberti (4). Il pensait, avec assez de rai
son, qu'en agréant cette union, Paul III sortait de la neutralité derrière laquelle il s'était jus
qu'alors retranché avec une si belle détermination. Il voyait déjà se dessiner, entre l'Empereur, le
Pape et le roi à demi schismatique, une entente destinée à contrebalancer, avec avantage, celle de
la France, et de la Turquie. Le nouveau nonce, l'évêque d'Ivrée, perdait sa peine à lui représenter
qu'il fallait distinguer les intérêts de la chrétienté, qui étaient toujours au premier rang et ceux
de la famille Farnese, que le pontife ne pouvait négliger. Fermant l'oreille aux propositions de paix,
(1) GUIDICCIONI, éd. Minutoli, vol. II, p. 109 et suiv.
(2) G. CAPASSo, Primo Viaggio..., p. 42-43.
(3) Op. cit., t. III, p. 479.
4) C. CAPASSo, La Politica..., p. 246.
Diarium de FIRMANO, fol. 108. « Die 3 februarii, feria quarta
Cinerum, Papa benedixit cineres, et omnia fieri consueta facta fuere. Missam celebravit Reverendissimus cardinalis
Sanctorum Quatuor. Caudam pluvialis tulit senator [Urbis]. Sermonem fecit procurator Ordinis Carmelitarum,
qui bene se gessit.
Illo mane, prope lectum paramentorum, cardinalis Angliæ sive de Polo, quipaucis antediebus fuerat creatus lega
tus ad RegemAngliæ adprocurandam reductionem dicti Regis ad devotionem Ecclesiæ Romanæ, genuflexus osculatus
fuit pedem et manum Papæ, et receptus ad osculum oris ; fuitque deinde usque extra portam a Collegio cardinalium
associatus. »
284
LA COUR DE PAUL 111
François Ier continuait la guerre en Piémont, dans l'espoir d'atteindre Milan, et, pour diviser les
forces de son rival, il envahissait l'Artois. La reine Marie, gouvernante des Pays-Bas, n'en pouvait
mais ; elle avait besoin d'argent pour résister à l'ennemi, et aux demandes qu'elle adressait àson frère,
celui-ci faisait la réponse ordinaire : qu'il n'en avait point. De son côté, le roi de France, selon les pro
messes faites au Turc, devait se rendre en Italie afin d'appuyer l'action de son allié. Une trêve de
dix mois fut signée à Bomy le 30 juillet ; trêve excellente pour Charles-Quint, moins bonne pour
François Ier qui avait laissé passer l'heure de mettre à profit l'attaque dirigée par la flotte ottomane
contre les côtes italiennes : après avoir, en juillet et en août, ravagé la Pouille, pris et ruiné la ville
de Castro, non loin d'Otrante, Barberousse s'était retiré avec la conviction que les Français avaient
manqué à leur parole.
L'expédition de Barberousse n'eut pas pour unique résultat de décimer de malheureuses
populations. La terreur qu'elle inspira à tous ceux qui craignaient pareil sort précipita la conclu
sion d'un accord redoutable pour la politique française. Sur les instances de l'Empereur, qu'il était
en ce moment forcé de ménager et qu'il se vit contraint de servir, le Pape consentit à jouer le rôle
d'intermédiaire entre lui et la république de Venise. Ce n'est pas qu'il fût beaucoup plus satisfait de
Charles qu'auparavant, au moins en ce qui concernait les affaires générales : ses entretiens avec
l'ambassadeur vénitien, Lorenzo Bragadin, le prouvent abondamment. Il lui reprochait sa tiédeur
vis-à-vis des Ottomans, ses complaisances pour les Luthériens, sa méfiance à son égard, son anti
pathie pour l'Italie, sa dureté envers François Ier ; il allait jusqu'à excuser les relations de celui-ci
avec Soliman : « En fin du compte, disait-il, la France est toujours moins obstinée et meilleure que
lui [l'empereur], bien qu'elle soit l'alliée des Turcs » (1). Mais, avec tout cela, Paul III ne pouvait
oublier que la guerre aux Infidèles figurait au premier plan de ses grands projets ; surtout il lui fal
lait pourvoir à la sécurité des côtes de l'État pontifical et de Rome elle-même, exposées aux coups de
main de Barberousse et de ses capitaines. Le 11 mars, Clissa (2), qu'il avait aidée de son mieux,
tombait aux mains de l'ennemi, probablement avant que ses habitants eussent pu connaître la
réponse faite par la Curie à leur suprême appel : le 21 février précédent, leur envoyé quittait Rome et
et recevait 6 écus pour son voyage. Ce désastre, qui allait inspirer aux Turcs de nouvelles audaces,
paraît avoir vivement ému le pontife. Il résolut de faire de sérieux préparatifs de défense. Déjà, vers
la fin de 1536, après un voyage de vingt-quatre jours dans le Patrimoine, il n'avait pas voulu rentrer
au Vatican sans visiter le port militaire de Civitavecchia, où il était resté le 4 et le 5 octobre (3).
Le 30 avril suivant, il s'y rendait directement, inspectait les galères et la citadelle
(1) C. CAPASso, La Politica..., p. 200.
où travaillait
(2) Cf. ci-dessus, p. 272; — С. CAPASSO, ibid., p. 292 et n. 2 ; — PASTOR, t.V, p. 186 et n. 5;- SEGNI, t. II, p. 200.
Barberousse prend Scardona. « Venne allora Classe, città illustre nella Dalmazia, in potere de' Turchi per virtù
d'Amurat loro capitano, Cristiano rinnegato; il quale, soppraggiungendo i freschi ajuti, mentre che il signor Pietro
Cresico, signore della Terra, la difendeva valorosamente coll'ajuto di Ferdinando e di Papa Paolo,la prese e messe a
sacco, essendo stato morto il signor detto fuori della Terra, e mozzoli il capo da' Turchi, fatto vedere a quei che la
guardavano. »
(3) GUGLIELMOTTI, t. I, p. 433 et n. 50.
VI
A.D.
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XXXVIII
PAUL III ET CHARLES-QUINT
285
alors Michel-Ange-; le 6 mai, il s'embarquait sur la galère capitane pour gagner Santa Severa et,
avant de reprendre le chemin de Rome, il passait la journée du 7 à Cervetri, chez le capitaine géné
ral Virginio Orsini, avec lequel il arrêtait les résolutions nécessaires. De nouveaux impôts furent
décrétés dans les terres de l'Église qui, en dépit de leurs inquiétudes, cherchèrent à s'y soustraire,
mais inutilement. Rome elle-même, si gravement atteinte un an auparavant par la visite
impériale, dut courber la tête. Ascanio Colonna essaya de résister, et il l'eût peut-être fait, sans la
crainte que lui inspirèrent les gens de pied de Pier Luigi (1). Le 13 juin, d'importantes décisions,
relatives à une levée de 15.000 hommes, avaient été prises en consistoire, et il fallait bien pourvoir
aux moyens de les mettre à exécution. A la cour du roi Ferdinand, on trouvait même que les dispo
sitions prises, au moins pour Rome, étaient insuffisantes, et l'on en concluait qu'à l'approche du Turc,
le Pape abandonnerait la ville. Il avait cependant, le 26 juin, affirmé le contraire (2), et ceux qui
le connaissaient ne pouvaient guère douter qu'il accomplirait un acte de courage en si parfaite har
monie avec son caractère. Le grand effort militaire
et pécuniaire- qu'il faisait depuis plusieurs
mois contribuait d'ailleurs à le tranquilliser lui-même. Dès la fin de mars, des ambassadeurs suisses
étaient à Rome et, grâce à l'intervention d'Ennio Filonardi, concluaient avec le Saint-Siège une
convention avantageuse pour les deux parties. Des difficultés se présentèrent, plus ou moins impré
vues, mais elles furent aplanies : on s'accorda sur le chiffre de 3.000 hommes, au lieu des 6.000
d'abord demandés, probablement sur les instances de Pier Luigi qui, au cours de son voyage dans
les États de l'Église, constatait la faiblesse des garnisons dans les ports, ainsi qu'à Parme et à
Plaisance. La mission du gonfalonier montrait le rôle personnel que Paul III entendait prendre, par
l'intermédiaire d'un des siens, dans l'organisation de la défense. Il trouva encore un autre moyen
d'affirmer son intention, en enrôlant le jeune Ranuccio Farnese dans la milice de Saint-Jean-de
Jérusalem : le 16 mai, le trésorier versait à Mariano Granato, second maître de la garde-robe, le prix
dequinze croix blanches faites pour le prieur de Venise. Assurément ces démonstrations n'étaient
pas exemptes de toute ambition personnelle ; là encore, Paul III trouvait dans l'intérêt général
une occasion de travailler à la grandeur de sa famille. Il n'ignorait pas que sa conduite serait criti
quée, mais il en prenait facilement sonparti, certain que, par delà les murmures et les calomnies des
envieux, il atteignait et émouvait l'imagination du peuple. Il ne se bornait d'ailleurs pas à des pré
paratifs et à des paroles. La lutte sur mer une guerre de course imposée par le trop petit nombre
des galères, cinq seulement- avait commencé, sous le commandement suprême de Virginio Orsini.
Le 20 juin, le second d'Orsini, Paolo Giustiniani, recevait 7 écus pour payer l'hôtelier qui avait
pourvu aux besoins d'esclaves capturés sur une fuste. Vers la fin du mois, Andrea Doria entrait en
campagne avec l'ensemble des forces navales (celles du Pape, de l'Empereur et de Malte) et rempor
tait quelques succès, mais sans pouvoir sauver Castro. Peut-être avait-il déjà noué quelque intrigue
(1) C. CAPASSo, La Politica..., р. 295-296.
(2) C. CAPASSo, ibid , p. 298, n. 1.
286
LA COUR DE PAUL III
avec Barberousse : une lettre du vice-roi de Sicile, Ferrante Gonzaga, donnerait à le croire. Le retard
de la flotte française, que l'amiral turc jugeait sévèrement, délivrait Naples d'un danger qui avait
d'abord paru inévitable. C'était Venise qui, grâce aux perfides mais habiles négociations des Impé
riaux, était à son tour menacée. La République avait voulu suivre l'exemple de Paul III et conser
ver sa neutralité, non seulement vis-à-vis de Charles-Quint et de François Ier, mais encore vis-à-vis
du Pape. Diriger contre elle les nefs turques, c'était l'obliger à abandonner une attitude qui avait
mécontenté tous ceux auxquels son alliance paraissait un appoint décisif. Bientôt Soliman attaquait
Corfou et, après deux assauts inutiles, se rembarquait le 6 septembre (1). Doria avait refusé d'aller
au secours des assiégés.
Le 5 août, tirant parti de l'impression produite par le péril, le Pape, qui trois jours auparavant
avait appris l'arrivée de Barberousse en Pouille (2), dépêchait à Venise un envoyé extraordinaire,
Fabio Mignanelli, qu'il avait choisi avec soin etqui était chargé d'appuyer le nonce Verallo dans la
conclusion d'une ligue entre la République, Paul III et Charles-Quint (3). Mignanelli avait compté
sur l'entière collaboration de l'ambassadeur impérial, don Lopez de Soria ; mais celui-ci voulait
garder sa part du succès final ; lorsqu'il vit les choses traîner en longueur, il décida de faire, à l'insu
des deux nonces découragés, des offres fermes qui, deux ou trois jours après, furent acceptées par le
Conseil (13 septembre). La ligue fut immédiatement rendue publique. Le Pape, dont les représentants
n'avaient pas eu beaucoup à se louer de l'accueil fait par les Vénitiens à leurs propositions, fut
cependant satisfait de l'issue des négociations. La nouvelle à peine reçue, le 16septembre, il mandait
ses ordres à Civitavecchia par le palefrenier Bartolommeo Merlotto ; le 23, il célébrait à San Pietro
une messe solennelle « pour la ligue faite contre le Turc », et, deux jours après, un autre palefrenier,
du nom de Giorgio, prenait encore le chemin de Civitavecchia. Il n'y a, dans cette suite d'actes
significatifs , rien qui puisse nous étonner : ils rentrent dans le cadre de la politique traditionnelle
du Saint Siège et dans celui de la politique personnelle de Paul III. Bien mieux,il fut si heureux de ce
premier succès qu'il en poursuivit diligemment le maintien. Convaincu que la Seigneurie n'avait
pas apporté dans cette « pratique » l'empressement que l'on aurait été en droit d'attendre d'elle et dési
reux de consolider un traité encore précaire, il dépêcha à Venise, le 6 décembre, un nouveau person
nage que notre registre nomme « messer Giovanni Cassio, eletto di Pago » et qui pourrait bien être
Giovanni Della Casa (4). D'autre part, il invitait François Ier à entrer dans l'alliance : celui-ci saisit
l'occasion de se défendre de toute « collusion avec le Turc aux dépens de la Chrétienté », mais déclina
l'offre qui lui était faite, en déclarant que pour l'accepter il fallait la conclusion de la paix. Cette
(1) GUGLIELMOTTI, t. I, p. 444 ;
C. CAPASSO, La politica..., p. 306-315.
(2) PASTOR, t. V, p. 191, nº 1.
(3) PASTOR, t. V, p. 192.
(4) Cf. Lili Gregorii GYRALDII, De poetis suorum temporum. Dialogus II (Opere, Lug. Bat. 1696, in-fol., t. II,
col. 571) qui mentionne ences termes Giovanni della Casa : « Joan. a Casa (si vobis minus placet Casius) Florentinus,
qui Beneventanus pontifex summi Pontificis nunc legatum agit apud Ducem et R. P. Venetam. »
PAUL III ET CHARLES-QUINT
287
réponse n'était pas pour offenser Paul III qui pouvait y voir et y vit en effet un heureux présage
pour l'accomplissement de ses projets ; car si la ligue devenait effective et solide, la paix semblait
devoir s'imposer d'elle-même. La grande affaire était de maintenir et de fortifier le lien qui venait
d'unir l'Église à Venise et à l'Empereur ; ce résultat une fois acquis, Charles-Quint et le roi de France
seraient nécessairement amenés à se réconcilier pour anéantir, avec les deuxautres alliés, lapuissance
ottomane. Impeccable raisonnement, comme tous ceux qui sortaient de la tête de Paul III, mais
auquel la réalité devait bientôt donner le plus rude des démentis. Tout à ses idées, le pontife oubliait
la froideur avec laquelle la République et l'Empereur avaient accueilli ses avances ; du refus de Fran
çois Ier, il ne voulait tirer que les conséquences favorables à ses desseins. Avec une hâte inattendue
chez un tel temporisateur, il ordonnait à son capitaine général, Pier Luigi, de faire marcher sur
Brindisi les troupes qu'il avait levées (1) ; il pressait les préparatifs des galères de Civitavecchia ;
il continuait, pour grossir son armée, les négociations ouvertes avec les Suisses, dont les envoyés
trouvaient à Rome le plus chaleureux accueil : le 24 décembre, il donnait 100 écus à l'ambassadeur,
25 à son interprète Gaspar « Alpheus » et, deux jours plus tard, 20 écus à ses fils. L'imagination
aidant, il se croyait sûr d'atteindre le but qu'il poursuivait avec l'obstination d'un vieillard et la
conviction d'un apôtre. Dès le mois de novembre, il avait retiré le commandement en chefdes galères
pontificales à Virginio Orsini, suspect aux Impériaux, et l'avait donné au cardinal Marco Grimani,
patriarche d'Aquilée, avec le titre de légat (2).
La médiocre confiance qu'il avait en Charles-Quint, les hésitations des Vénitiens, le refus
de François Ier d'entrer dans la ligue, les succès des Tures dans l'Archipel, en Dalmatie, en Hongrie,
et, peut-être par-dessus tout, l'échec de la conférence de Leucate conseillaient au Pape une résolution
décisive. Depuis plusieurs mois, Paul III était travaillé d'un violent désir de voir la paix se conclure
entre les deux grands rivaux. Il rêvait d'une solennelle entrevue où l'Empereur et le roi, le prenant
pour arbitre suprême, affirmeraient devant le monde entier leur définitive réconciliation. La
fameuse neutralité, dans laquelle il s'était drapé dès son avènement et qu'il avait eu tant de peine
à conserver, serait ainsi justifiée d'une éclatante manière : grâce à elle, les souverains ennemis recon
naîtraient l'autorité suprême du pontife et se soumettraient à sa volonté désintéressée, lançant toutes
leurs forces vives contre les Infidèles au lieu de déchirer la chrétienté. Plus évidents et plus précieux
encore seraient les avantages que retirerait l'Italie de cette situation nouvelle; délivrée de la terreur
des Turcs et des désolantes ambitions des deux princes, elle sortirait enfin du cauchemar qui pesait
sur elle depuis près de cinquante ans et, paternellement guidée par Rome, elle reconstituerait cette
(1) C. CAPASSo, La Politica..., p. 328.
(2) FIRMANO, ms. cité, fol. 125 vº : Die dominica prima dicti mensis, Papa dedit insignia Reverendissimo patrı
archæ Aquilegiensi, præfecto classis contra Turcas, hoc modo, videlicet : prædictus patriarcha stabat genuflexus ad
pedes Papæ, indutus mantello de zambellotta, et Papa benedixit, et aspersit, etinfigit(sic) pectori ipsius crucem de raso
cremesino ; deinde dedit (sic), benedixit vexilla Ecclesiæ et Suæ Sanctitatis nec imposita hastis. Tandemtradidit ei bacu
umcumverbis accommodatis ; qui osculatus fuit pedem et manum Suæ Sanctitatis, et receptus ad osculum oris.
Voyez ci-dessous notre chapitre Le Voyage de Nice, p. 293.
288
LA COUR DE PAUL III
« liberté », retrouverait cette force et cette sécurité, qui n'étaient plus guère pour elle que de vaines
paroles.
C'était donc toujours le même plan grandiose, plan dont l'auteur, séduit par ses propres
conceptions, semblait ne pas voir les difficultés et les périls.
Amener Charles-Quint et François Ier à se réunir avec le Pape pour discuter et régler à
l'amiable une querelle si longue déjà et exaspérée par d'inoubliables blessures, aurait paru, à tout
autre qu'à Paul III, une tâche impossible. Pour l'Empereur et le roi, le fait de se rendre à une telle
invitation équivalait à l'abdication de leur indépendance politique, à l'aveu de l'impuissance où
ils se trouvaient de dénouer par eux-mêmes, sans ingérence étrangère, une tragédie qui menaçait
de les ruiner entièrement, eux et leurs peuples. Pour François Ier, c'était abandonner l'alliance turque
et l'alliance anglaise qui lui permettaient de contrebalancer assez aisément les forces de Charles
Quint. Pour celui-ci, c'était renoncer à l'espoir, toujours caressé, que le Pape, se souvenant enfin
de son devoir traditionnel vis-à-vis de l'Empereur, romprait sa neutralité et se déclarerait en faveur
du successeur des Césars romains ; c'était concourir à la destruction de la puissance morale de l'Em
pire. Charles avait raison de redouter ce résultat à peu près certain, et si gros de conséquences, d'une
politique jusqu'alors inouïe, d'une politique qui tendait à mettre au même niveau l'Empereur et un
simple roi, fût-ce le roi de France, et à briser ainsi à jamais l'imposante dualité, spirituelle et tem
porelle, qui depuis des siècles dominait sur l'Occident. L'Empereur ravalé au rang des rois ou, si l'on
veut, les rois égalés à l'Empereur, l'ancienne hiérarchie s'écroulait tout entière. A vrai dire, elle ne
ferait que parachever son écroulement. Ily avait dans le monde quelque chose de changé dont Charles
Quint ne se rendait peut-être pas un compte exact et que sans doute Paul III apercevait plus clai
rement. Maximilien Ier avait porté à la tradition un premier coup, le jour où il avait rêvé de mettre
sur sa tête, par-dessus la couronne de l'Empire, le trirègne de la Papauté. Il est difficile de croire qu'à
Rome on oublia rapidement cette scandaleuse velléité. Aussi, lorsque Charles laissa les bandes de
Bourbon assiéger et saccager la ville pontificale, l'opinion romaine, longtemps flottante et divisée,
prit aussitôt une forme plus précise : en 1527, la violence du petit-fils amoindrissait singulièrement
le prestige impérial déjà atteint par l'orgueilleuse ambition du grand-père. L'attitude de Paul III
n'était que la conséquence d'une révolution commencée dans les idées, non seulement à Rome, mais
dans beaucoup d'autres parties de la chrétienté, révolution que rien ne pouvait arrêter, que tout
pouvait précipiter. Le Pape ne voulait plus considérer l'Empereur comme la seconde « moitié de Dieu »;
il s'affirmait le « père commun de tous les chrétiens ». La Papauté n'y gagna pas tout ce qu'elle eût
pu y gagner dans d'autres temps, mais l'Empire y perdit tout ce qui lui restait à perdre. On ne peut
nier que Maximilien, dans l'histoire, a gardé intact son caractère d'Empereur ; mais si son petit-fils
parvient encore à conserver ce caractère, il est bien le dernier : en face de ces deux souverains, que
sont leurs successeurs, à partir de Maximilien II ?
Sans doute Charles-Quint ne pouvait avoir de cet abaissement inévitable une vue aussi nette,
mais sûrement il le pressentait. Son opposition à la politique de Paul III, ses promesses et ses menaces
pour lui faire abandonner la neutralité le prouveraient à elles seules. Mais il y a mieux. Il a protesté
PAUL III ET CHARLES-QUINT
289
lui-même, dans des écrits dont l'un au moins était destiné à être rendu public, contre le traitement
que lui faisait le Pape. Le 20 août 1537, il écrivait de Monson à Paul III : « Les choses étant telles
que nous n'avons besoin ni de nous y étendre longuement ni d'exposer en détail tout ce qui se rap
porterait à la question, on pourrait absolument penser que Votre Sainteté, non seulement n'est pas
juste envers nous, mais même qu'elle nous fait le tort le plus grave en voulant nous peser, nous et
le roi de France, dans la même balance ou le constituer notre égal en cette cause » (1). Quelques
années plus tard, dans un écrit pareillement daté de Monson, le 25 août 1542, il s'expliquait plus clai
rement encore : « Votre Sainteté aurait dû nous mettre à un bien autre rang que ce roi, dont les
efforts, si l'on donne à la vérité la place à laquelle elle a droit, ont été, comme Votre Sainteté peut
l'avoir constaté, en toute évidence, entièrement différents de mes actions... Autrement nous suppor
terions avec la plus grande peine et le plus grand ennui les actes et les paroles du roi, tantpour les
raisons précédemment exposées que pour la dignité et la majesté du rang où la bonté divine nous a
placé.>>>
Le dépit de Charles-Quint d'être mis par le Pape, lui Empereur et vainqueur des Infidèles
sur le même rang que François Ier, simple roi et, de plus, ami des protestants d'Allemagne, allié
dusultan des Turcs, était certainement extrême ; cette impartialité l'irritait. Mais il était indigné, plus
encore par la prétention de Paul III d'obtenir la paix occidentale au prix d'un accord dont le gage
devait être le Milanais. Car, malgré tout ce qui aurait pu lui déconseiller une démarche aussi hardie,
Paul III n'avait jamais hésité à soulever cette question de Milan qui creusait entre les deux princes
un véritable abîme. On a dit avec raison que c'est autour de Milan que tourna toute la politique de
Charles-Quint et de François Ier. Du jour où, après la mort dudernierduc, Francesco Sforza (1er no
vembre 1535), Charles-Quint avait occupé ce pays, sa vive querelle avec le roi de France s'était plus
que jamais envenimée ; une crise s'était alors ouverte, qui ne pouvait être terminée que parl'anéan
tissement ou tout au moins par un sérieux abaissement del'un ou de l'autre des rivaux. Une pareille
lutte, si elle était capitale pour les deux puissances directement aux prises, ne pouvait être que
désastreuse pour l'Italie, quelle qu'en fût l'issue finale. C'est sûrement à ce dernier point de vue
que seplaça Paul III dans la série des négociations qu'il poursuivit alors, avec une prudence et une
persévérance passionnées.
Le problème n'était pas facile à résoudre. Aux prétentions très nettes de François Ier, qui
anéantissaient à peu près tous les succès antérieurs de Charles-Quint, celui-ci répondait par des pro
positions inacceptables, des atermoiements plus que suspects, et, pour tout dire, par des échappa
toires qu'inspirait la mauvaise foi laplus ingénieuse. Lorsqu'en 1535, le roi avait demandé Milan pour
son second fils Henri d'Orléans, l'Empereur avaitrefusétout net : il ne voulait pas d'un prince dont la
femme pouvait, un jour ou l'autre, revendiquer ses droits sur Florence et sur Urbino. Il est permis
de croire qu'en cette occasion le Papefut, sans en rien dire, du même avis que Charles-Quint :
(1) Papiers d'État du cardinal de Granvelle, publ. par C. Duvernoy (Paris, 1841-1848), t. II, p. 520.
37
290
LA COUR DE PAUL III
la perspective, même lointaine, même improbable, d'un si prochain voisinage des Français n'était pas
pour sourire au maître des États de l'Église. C'est alors qu'il avait mis en avant, par ses légats à Naples,
la candidature du troisième fils de François, le duc d'Angoulême (22 décembre 1535). C'était unmoyen
terme qui, à première vue, pouvait paraître raisonnable, mais qui, en fait,menaçait d'aggraver encore
la situation. Charles fut embarrassé ; il ne sut d'abord que dire aux légats, mais bientôt il se tira
d'affaire avec ses éternels faux-fuyants : il faudrait, répondit-il, connaître les conditions auxquelles
se ferait la cession, et il ajoutait que, d'ailleurs, ceux qui connaissaient les Français savaient bien
qu'une fois entrés à Milan, ils voudraient aussi le royaume de Naples. De son côté, François repoussa
franchement la nouvelle idée du Pape ; mais, afin de ne pas être en reste avec l'Empereur, il offrit
à Paul III de transférer le duché à Ottavio Farnese, second fils de Pier Luigi, qui épouserait une
princesse française. Malgré les difficultés, les impossibilités même que présentait l'exécution d'un
tel projet, Charles en fut certainement irrité. Il dut y voir une ruse du roi pour amener le Pape à
sortir de cette neutralité qui, bien qu'elle leur fût une réelle garantie, faisait le désespoir des deux
souverains. Paul III porta du reste sur cette offre tentante le mêmejugement que l'Empereur, et il
l'écarta sans hésitation. Cependant, à la réflexion, les conseillers de Charles-Quint décidèrent de
feindre et de ne pas rejeter trop vite la proposition pontificale; ils se déclarèrent même disposés
à l'admettre, en l'entourant de précautions qui, si elles avaient été acceptées, auraient fait du nou
veau duc un simple vassal de l'Empereur. Se leurrant peut-être, au moins pendant quelques jours,
de l'espoir trop ambitieux de forcer la France à entrer dans leurs vues, ils allèrent, pendant la crise
qui précéda la visite à Rome, jusqu'à discuter entre eux l'éventualité de l'occupation de Parme et de
Plaisance, qui effraierait à la fois le roi et, beaucoup plus que lui, le Pape. En même temps que cette
crise passagère, mais très aiguë, s'envola un plan aventureux, et, lorsque Charles-Quint arriva à
Rome, le Pape put croire qu'il lui serait donné de plaider avec quelque succès la cause de la paix.
On sait ce qu'il advint de ce rêve.
Malgré le refus du roi, Paul III persista longtemps dans la proposition qu'il avait fait faire
à Naples à la fin de 1535. Avec cette obstination qu'il mettait à toute chose,lorsqu'il était persuadé
qu'il avait raison, il la reprit en 1536. Le 22 février, il disait à l'ambassadeur vénitien, Lorenzo Bra
gadin, que la cession de Milan à la France serait « un grand contrepoids à la monarchie de l'Empe
reur ». Fidèle à son idée, il la remit en avant quelques jours plus tard. Mais, alors, il l'accompagna
d'une autre proposition, celle de se rendre lui-même à Bologne et, s'il en était besoin, plus loin encore,
afin de faciliter par sa présence les négociations entre ses deux « fils » ennemis. A ceux-ci l'arbitrage
du Pape, tout comme sa neutralité, répugnait extrêmement. Cette fois, au grand étonnement des
diplomates impériaux, François l'accepta, en formulant de nouveau ses conditions : prise de posses
sion immédiate du duché de Milan et du comté d'Asti, trêve de six mois avec Charles III de Savoie,
et enfin soumission du différend à la haute impartialité du pontife. Sans nul doute, leroi avait voulu
faire pièce à Charles-Quint ; il ne réussit que trop à l'émouvoir : ce fut l'invasion de la Provence.
L'échec de cette campagne rendit courage au Pape. C'est certainement alors que leprojetqu'il
caressait depuis le mois d'avril 1536 prit corps et mûrit dans son esprit. Les nouvelles qu'il reçut
PAUL III ET CHARLES-QUINT
291
de Sienne, peu après les premiers mots qu'il avait prononcés en ce sens, l'y avaient confirmé: lors de
son entrevue dans cette ville avec Charles-Quint, le cardinal de Lorraine avait déclaré que, si
Milan était cédé au roi pour le duc d'Orléans, celui-ci irait à Alger avec l'armée impériale, à la tête
des troupes françaises ; il ajoutait que son maître proposait, à Mantoue ou ailleurs, une entrevue avec
l'Empereur. L'idée d'un « abouchement », où Paul III entendait assister comme médiateur, faisait
lentement, mais sûrement son chemin, lorsque la mort imprévue du dauphin (10 août) faillit l'arrê
ter à jamais ; c'était tout au moins un recul dont il était impossible de mesurer l'importance et la
durée. Tout l'échiquier se trouvait modifié : le duc Henri d'Orléans prenait la place du Dauphin,
le duc d'Angoulême celle du duc d'Orléans. Au lieu de se simplifier, la partie se compliquait et le jeu
devenait de plus en plus difficile.
CHAPITRE XV
LE VOYAGE DE NICE
Le goût de Paul III pour les voyages était si vif qu'il étonnait ses contemporains, inquiétait
sa famille, excitait même parfois la verve des poètes satiriques. Un de ces derniers, qui a gardé l'ano
nyme, composa cette épigramme, apparemment fort goûtée en son temps, puisque Giammatteo
Toscano l'a recueillie à la fin du premier volume des Carmina illustrium poetarum italorum :
IN PAULLUM III. P. M.
Stare loco quod, Paulle, nequis, semperque moveris
mov
Et quidvis potius quam tibi Roma placet,
Quid mirum, regum imperiis si assueta teneri
Mænia, Farnesi, ruris alumne, fugis? (1)
L'auteur de ces deux distiques devait être un Romain de Rome, à quil'épithète de « Romain>>>
donnée au vieux cardinal avec une ostentation, naïve chez les uns, calculée chez les autres, lors de son
avènement au pontificat, avait probablement fait l'effet d'une usurpation. Celui-là se souvenait
qu'Alessandro Farnese, né à Viterbe, grandi dans les fiefs possédés par sa famille aux environs de la
Ville, avait toujours montré pour ses villas et ses « tenues » héréditaires un amour et même une pas
sion qui ne se démentit jamais. La suprême dignité élargit d'ailleurs le cercle des fréquentes villé
giatures du pontife, et, à ce qu'il paraît, au grand plaisir de cet infatigable voyageur. Il y voyait
certainement un moyen de s'attacher les populations du Patrimoine, et aussi, le seul moyen de s'iso
ler, de retrouver, avec la paix de l'esprit, les forces physiques dont il avait besoin pour supporter,
dans un âge si avancé, les charges de sa fonction souveraine (2). Ce fut, à vrai dire, un singulier et
heureux hasard que les nécessités de la politique s'accordassent ici avec les préférences du Pape.
1) Tom. I (Lutetiæ, 1576, très petit in-8°), 2e partie, p. 79.
(2) Les voyages ordinaires, simples parties de chasse ou courtes villégiatures, avaient naturellement lieu dans le
Patrimoine et surtout dans les fiefs familiaux. Tantôt en litière, tantôt à dos de mule, Paul III aimait à faire la route
avec une lenteur qui contrastait avec la vivacité de son caractère et qui faisait le désespoir de certains courtisans
pressés. Une lettre écrite à François Ier le 26 janvier 1539 [1540 ?) en offre un témoignage curieux : « Sire, depuis l'arrivée
deMontluc, qui fut il y a huit jours, ma déliberacion estoit vous depescherle courrier, n'eust esté que nostre Saint Père
estant à la chasse, comme le vous ay faict entendre par ma derreniere lettre, m'est paru [?] vouloir surceoir jusques
à sa venue qui fut hyer. Me trouvay au devant de luy, lequel estoit dedans sa litière pour occasion de la pluye qui
estoit merveileusement excecifve. Neantmoins, tout aussi toust qu'il m'aperceut, monta sur ung mulet, me faisant
appeller, et deslors jusques à ladite ville, qui estoit environ de quatre mile,me parla tousjours de la court et bon traicte
294
LA COUR DE PAUL III
Toujours prêt à se mettre en route, sans souci de la saison, il pouvait et voulait, au moindre prétexte,
sortir du Vatican, respirer un autre air que celui de la Cour, entrer et rester en contact avec le peuple
de ses États et les souverains de la catholicité. Ses idées, larges et pressées, avaient besoin, pour mûrir et
se préciser, d'une atmosphère où il leur fût permis de se développer librement. Ce fils de condottieri,
qui fut peut-être le plus intelligent des princes de son siècle, qui eût désiré affranchir non seulement
la papauté, mais aussi l'Italie, de la servitude étrangère, et réaliser, par des moyens moins violents,
les grands projets de Jules II, se sentait mal à l'aise dans ses appartements officiels : ses fréquents accès
de colère éclataient toujours lorsque les circonstances ou la maladie le tenaient enfermé dans quelque
palais. Les jardins du Belvedere, qu'il agrandit, les séjours périodiques au Château Saint-Angeet
au palais de Saint-Marc, les promenades dans la ville ne lui suffisaient pas. Il lui fallait courir à Viterbe,
à Ostie, à Civitavecchia, entrer dans Pérouse à peine soumise, courir hardiment de Rome à Nice, à
Lucques, à Busseto. En lui, l'idée était plus forte que le corps, qu'elle emportait bon gré mal gré,
parmi les hasards des routes, des fleuves, de la mer, des médiocres logis.
On ne peut songer à donner ici le détail de tous les voyages de Paul III. Ce serait une trop
longue étude et d'ailleurs, pour plus d'un, les éléments feraient défaut. Nous nous bornerons à parler
du plus important de ces voyages, de celui qui avait pour but d'établir la paix entre l'Empereur et le
roi de France.
Dès le mois de novembre 1537, une entrevue avait été négociée entre Paul III et François Ier
qui aurait justement pu s'inquiéter de la fameuse ligue contre le Turc, à la veille de se conclure entre
le Pape, Venise et l'Empereur. Le 17, l'ambassadeur de France à Rome, Charles Hémard de Denon
ville, mandait en effet au connétable de Montmorency : « Sur le fait de l'abbouchement, Sa Sainteté
nous dit que, refusant, il falloit que l'empereur se declarast apertement s'il vouloit la paix ou non,
attendu que vous estiez condescendu de vostre part audit abbouchement et aus lieux que Sa Saincteté
vous avoit fait proposer, qui estoient encores plus commodes pour l'empereur que pour vous » (1).
Peut-être François Ir s'attendait-il à un refus dela part de Charles-Quint, mais l'Empereur accepta
Nice comme lieu de rendez-vous. Dans la joie d'avoir obtenu cet acquiescement, Paul III fit décider,
dans le consistoire du 28 janvier, qu'il partirait pour Bologne une dizaine de jours plus tard. A ce
départ précipité bien des obstacles s'opposaient, mais le plus grave fut le plus inattendu : inquiet de
a conclusion de la ligue (2), à laquelle il ne croyait pas, le roi de France considéra l'entrevue d'un tout.
ment qu'il vous a pleu faire à monst le cardinal Farneze, duquel en a si grand contantement et obligacion, qui m'a
commandé vous escripre de sa part vous en remercier....
Monst le cardinal de Ferrare l'acompagnoit, qui n'estoit sans grand ennuy, pour la tarditté et lenteur que ledit
Sainct Père use en allant par les champs... » (Bibl. nat., ms. franç. 3914, fol. 21 verso). Au-dessus de l'adresse à
François 1er, Baluze avait écrit « Lettre de M. de Grignan » [Louis Adhémar de Grignan]. Cette mention a été biffée
comme les autres mentions similaires de Baluze, dans ce même manuscrit.
(1) CHARRIÈRE (Ernest), Négociations de la France dans le Levant, vol. I, p. 358 (Paris, 1848-1850).
(2) Le matin du 10 février 1538, Paul III alla à Saint-Pierre entendre la messe du Saint-Esprit célébrée à l'occa
sionde « la confirmation de la ligue contre le Ture ». Cf. Lettere di diversi al Bembo, fol. 145 vº.
LE VOYAGE DE NICE
295
autre œil ; ce qu'il avait regardé comme un embarras pour son rival devenait, dans sa pensée, une
nouvelle machine de guerre mise au service de celui-ci. Onorato Fascitello écrivait à Bembo, le
17 février : « Je me trouve en ce moment à Rome, où, si Sa Sainteté nepartantpasautrement, je devrai
peut-être rester toute cette année (1) ...» Deux jours avant, le 15, Girolamo Negri écrivait au même
Bembo : « Si le départ de Rome de Notre Seigneur ne nous empêche pas, nous espérons faire quelque
chose de digne de Tebaldeo et de notre amitié. Ce départ, jusqu'ici, est regardé comme certain pour
laseconde ou la troisième semaine de carême, de sorte que le Pape serait à Bologne pour le dimanche
des Rameaux » (2). On voit que Negri était mieux renseigné que Fascitello, sinon sur l'itinéraire, au
moins sur la date. Le 14 avril, la Cour était à Parme, et elle nepouvaitguère être à mi-chemin avant
cette époque. Rien n'était encore prêt pour la longue traite à parcourir, et si Paul III avait d'abord
fixé le jour de son départ au 8 ou au 10 février, ilestpermis de croire qu'il n'y avait là qu'un artifice
diplomatique pour peser sur les résolutions de François It. En retirant sa parole, le roi n'eût fait
que fortifier les soupçons qui avaient cours sur son alliance avec le Turc ; en face de ce danger et de
la ténacité du Pape, il fut obligé de renoncer à ses objections. Dès lors, toute difficulté avait disparu;
Paul III pouvait se mettre en route. S'y mettrait-il vraiment? Telle était la question qui se posait
aux courtisans romains, et plus d'un, à l'exemple de Fascitello, y répondait par le doute ou même par
une négation simple et nette; ceux-là connaissaient mal leur souverain.
Les préparatifs se firent avec une rapidité et aussi avec une sûreté qui, pour le temps, sont
surprenantes. Le Pape, qui savait admirablement sa cour et en connaissait la mollesse, vit peut-être
dans cette hâte le moyen le plus sûr pour entraîner tout ce monde dont il allait bouleverser les habi
tudes. Cependant, notre registre montre que, depuis le 11 février, il songeait sérieusement aux objets
nécessaires pour un tel voyage. Ce jour-là, Niccolò Bonelli recevait 7 écus pour deux coffres recou
verts de cuir noir qui avaient appartenu à Ambrogio Recalcati et qui avaient probablement besoin de
quelques réparations avant d'être mis, comme ils allaient l'être, au service de la Chambre aposto
lique, c'est-à-dire de l'administration des finances. Le 12, le Pape achetait pour lui-même à Jacopo
Della Cerqua et à Bartolomeo Stella tout un lot d'étoffes, pour une centaine d'écus, et l'on faisait
arranger les caisses de la Foreria. Le 23 février, gros paiement (245 écus), àPaolo Serragli, defournitures
par lui faites pour le pontife lui-même et pour sa cavalerie ; un mois plus tard, nouveau paiement au
même, et d'importance à peu près égale (230 écus). Enfin, le 19 mars, le trésorier secret ne voit plus
de raison pour ne pas coucher par écrit les mots redoutés de « voyage » et de « Nice » : « 30 écus
20 baïoques payés à messer Pier Giovanni [Aleotti], garde-robe, pour les frais d'arrangement de la
cassette de cristal pour le Sacrement, laquelle doit être portée à Nice avec Sa Sainteté » (3), et le lende
(1) Lettere di diversi al Bembo, fol. 147. Il est vrai que huitjours plus tard (24 février), unpeu mieux informé, Fas
citello écrivait de Rome à Mario Cardoino : « Nostro Signore, per quanto si conferma, parte omnino la prima settima
di Quaresima », c'est-à-dire entre le 11 et le 17 mars (Honorati FASCITELLI Aeserniensis, Opera, Neapoli, 1776, in-4°,
p. 5).
(2) Lettere di diversi al Bembo, fol. 145 vº.
(3) Sur cet usage, cf. CANCELLIERI, Storia delli solemni possessi de' sommi pontifici (Rome, 1802), p. 87, n. 2, col. 2.
296
LA COUR DE PAUL III
main : < 30 écus à Francioso, maître de l'écurie, pour payer un mulet acheté pour le confesseur
de Sa Sainteté pour le voyage de Nice » ; « sept écus à maître Bernardino, menuisier, pour une sedia
pontificale de noyer, pour porter en voyage ». A la même date apparaît le premier decesversements de
1.000écus qui vont avoir lieupresque chaquejour, parfois doublés ou triplés, pendant la chevauchée à
travers l'Italie. Indice plus sérieux encore, dans une cour où l'argent s'attardait volontiers dans les
bureaux : le 22 mars, plusieurs sommes, en particulier des pensions, sont payées à l'avance : 150 écus
<>>>
8mars 1544, dans THEINER, t. II, p. 544, nº 606). Resta-t-il à Rome de 1543 à 1548 ou même au delà, ou bieny revint
il à plusieurs reprises ? C'est sans doute lui qui représentait son maître près la cour romaine en 1546 ; en 1548, le roi
Sigismond-Auguste le recommande par deux fois, 14juin et 15 août, au cardinal Alessandro Farnese (ibid., p. 560,
nº 633, et p. 561, nº 636).
(3) « ...duos crateres argenteos inauratos, itineribus, quæ multa et libenter Sanctitatem Vestram facere scio,
aptos et commodos. » THEINER, t. II, p. 543, nº 605.
(4) Cf. Caspar Wirz, Akten über die diplomatischen Beziehungen der römischen Curie zu der Schweiz, 1512
1522 (Basel, 1895, in-8° ; Quellen zur Schweizer Geschichte..., XVI ter Band), passim.
(5) WIRZ, op. cit., p. 333, n. 1 ; cf. p. 330 ; p. 244, nº 136 ; p. 246, nº 138 ; p. 247, nº 140.
(6) « Wahrscheinlich Kaspar von Uri aus Nidwalden », dit WIRZ, p. 328 et 330, n. 3.
POLOGNE ET SUISSE
303
les diriger sur Plaisance, avec toutes sortes de précautions destinées à flatter non seulement
l'amour-propre des Suisses, mais aussi leur amour du gain, et à ne point trop découvrir le Pape.
Paul III- disait-il- ne désirait que la neutralité et la paix; mais, au milieu de si graves événe
ments, il ne pouvait vivre sans garde ; et, d'autre part, 4.000 écus étaient déposés à Plaisance,
qui attendaient les recrues (1). La lettre de Filonardi faisait suite aux pourparlers entamés à Rome
avec un ambassadeur dont nous ignorons le nom et qui était accompagné par « Alphæus ». Reçu
avec grand honneur, cet ambassadeur avait été fait chevalier le 26 mars 1537 et gratifié, à cette
occasion, d'une chaîne d'or avec une pendeloque portant les armes du souverain pontife. De plus, le
1er avril, le Pape lui faisait remettre 60 écus pour ses frais d'hôtellerie. Le cardinal Charles Hémard
de Denonville, alors représentant de François Ier à Rome, écrivait au connétable de Montmorency,
le jour de Pâques (1er avril) 1537:
Il est venu icy deux Suysses du canton de Underval suz les boys (sic), lesquelz, ainsi que j'ay sceu de
l'ung d'iceulx, nommé Gaspar Alpheus, secrétaire des canthons chrestiens, à Mendresy près Cosme, qui dit
avoir esté escollier du Roy à Paris et nourry par feu monsr le grant maistre de Sçavoye, sont venuz pour
demander absolution d'ung serment que ilz avoient faict de ne servir aucun prince chrestien, d'autant
que ceulx de Berne s'estoient mys aux champs contre le duc de Savoye, craignans qu'ilz leur voulsissent
courir sus, ledict pappe monstra semblant de leur reffuser ladicte absolution, et soubz main leur feist bailler
de la Penitencerye ; et depuis fist chevalier le principal desdicts Suysses, luy faisant present d'une chaîne
d'or. Le dessusdict m'a asseuré qu'ilz avoient obtenu ladicte absolution pour pouvoir librement servir le
Roy, et non autre, craignans que les Cantons lutheriens leur voulsissent imputer qu'ilz fussent parjures ;
et m'a dict que derrenierement en Provence il y avoit deux enseignes de leur Canton au service du Roy. Il
m'a baillé par escript le lieu où il est marié, s'offrant au service du Roy jusques au bout. Il est personnaige,
à ce que m'a dict ung Suysse de la garde du Pape, qui a credit audict canton, et mesmes a moyen
d'entendre des choses d'Italie pour estre sa femme italienne et demourer suz les confins du duché de Milan.
Il m'a promis m'advertir des occurrences, et que, s'il plaist au Roy, il luy donnera clerement à entendre que
la pluspart de l'argent que ledict sieur despend aux pensionnaires dudict Suysse est très mal employé ; car
beaucoup d'iceulx ont intelligence avec l'Empereur et autres ennemys du Roy. Vous adviserez s'il sera bon
l'employer au service du Roy et sur ce me mander le vouloir dudict seigneur ; car j'ay moyen de l'en
advertir... (2).
Vers la fin de la même année séjournait encore à Rome un autre ambassadeur suissequi, comme
son prédécesseur, recevait le titre et la chaîne d'or des chevaliers, dans la matinée du 17 décembre ;
quelques jours après, le 24, le Pape lui faisait donner 100 écus, auxquels il en ajoutait 25 pour
son interprète, Gaspar « Alpheo », puis, le 26, 20 autres pour ses enfants (3).
(1) WIRZ, p. 330 ; lettrede Filonardi aux cinq cantons (Rome, 17 juillet 1537).
(2) Bibliothèque nationale, ms. franç. 3053, fol. 26 vº- 27.
(3) En1545, un ambassadeur des Grisons était également fait chevalier, et la chaîne d'or dont il fut gratifié avait
été commandée à «Alfonso Spagnuolo, orefice al Pellegrino ». BERTOLOTTI, Speserie, p. 194(6juin1545).-Le 24mai 1549,
une lettre adressée de Lucerne au nonce Franco par Albert Rosin, chancelier ou secrétaire de la Garde suisse sous Clé
ment VII, puis agentpontifical dans son pays, parle du « signor ambassatore, scriba Gering » ; c'était Conrad Gering,
secrétaire du canton d'Uri, qui fut fait chevalier par Paul III à Monte Cavallo,le 8 mai 1549, après la messe. Voy.
WIRZ, op. cit., p. 452 et 457-458.
CHAPITRE XVII
PAUL III PROTECTEUR DES CAPUCINS
ET DES JÉSUITES
Parmi les mentions de sommes d'argent distribuées au nom du Pape, certaines ont une véri
table importance historique. Deux d'entre elles méritent d'être spécialement notées. L'une concerne
les Capucins et l'autre est relative aux premiers associés de la Compagnie de Jésus.
Paul III n'appartenait à aucun Ordre religieux et, sans être hostile aux congrégations, il
avait à leur égard si peu d'inclination particulière, que nul des siens ne s'affilia réellement à aucune
d'elles (1) et que, dans son entourage, les réguliers furent remarquablement rares. Ce sentiment se
rattachait d'ailleurs au souci, qu'il eut toujours, et surtout dans les premières années de son ponti
ficat, de garder une grande réserve vis-à-vis de toutes les institutions qui étaient venues s'ajouter aux
traditions primitives de l'Église : c'est ainsi que, durant un règne d'environ quinze ans, il ne procéda
pas à une seule canonisation. Autour de lui, ses dispositions étaient si connues qu'en 1538 la célèbre
commission de réforme nommée par lui proposa de supprimer, par voie d'extinction, tous les Ordres
religieux (2). Pourquoi donc Paul III, par une inconséquence singulière, se laissa-t-il entraîner à
favoriser les débuts des Capucins et des Jésuites ? Problème embarrassant tout d'abord, mais
qui, à la réflexion, n'est pas difficile à résoudre. Il est évident que, dans ces deux sociétés naissantes,
le pape Farnese pressentait de sérieux adversaires des anciennes organisations. La hardiesse d'un
Ochino, l'enthousiasme mystique d'un Ignace de Loyola n'étaient point pour l'effrayer. Il voyait
en eux de précieux alliés pour réduire l'autorité formidable, quoiquedégénérée, de lapuissantemachine
(1) Je dis « réellement » parce que l'on serait autorisé à considérer les libéralités du cardinal Alessandro Farnese
petit-fils de Paul III, comme l'indice d'une véritable affiliation à la Société. Voy. SALAZAR, op. cit., p. 252 et 257.
(2) Cf. NOVAËS, Elementi della storia de' sommi Pontefici, t. VII, p. 20 et note b; Henri FOUQUERAY, Histoire de
la Compagnie de Jésus en France, des origines à la suppression, 1528-1762, t. I, Les origines et les premières luttes, 1528
1575 (Paris, 1910, in 8°), p. 70 et note 4.
Fait digne de remarque, deux des signataires de ce célèbre Consilium
étaient des moines, Gregorio Cortese, abbé de San Giorgio de Venise (congrégation du Mont-Cassin), et Tommaso
Badia, maître du Sacré Palais et par conséquent Dominicain.
39
306
LA COUR DE PAUL III
monastique. Il trouvait en eux d'inespérés collaborateurs pour raviver la foi catholique, soutenir le
dogme romain contre les attaques des Réformés, attaques principalement dirigées contre l'armée
des réguliers. Au point de vue religieux en général, l'idée était excellente dans de pareilles circons
tances ; au point de vue de la Papauté en particulier, elle ne l'était pas moins, puisqu'en sacrifiant
les Ordres trop intolérants et trop discutés, elle privait les novateurs de l'un de leurs plus forts argu
ments contre le gouvernement central de l'Église romaine et contre son chef. Force est d'admettre que
le Pontife, dont l'esprit politique fut si clairvoyant et si profond, ne consentit pas à aider les deux
sociétés nouvelles sans prévoir et sans peser les conséquences de sa double intervention. Il y a
là une nouvelle preuve de la sincérité-si vivement contestée par Frà Paolo Sarpi et ses disciples
que Paul III apporta dans la préparation et dans la convocation du Concile de Trente.
La réforme des Frères Mineurs avait pris naissance, vers 1525, dans cette Marche d'Ancône
dont le cardinal Alessandro Farnese, le futur Paul III, avait été légat quelques années auparavant (1).
Efficacement appuyés par la nièce de Clément VII, Caterina Cibo-Varano, duchesse de Camerino,
ils avaient obtenu, malgré l'opposition de leurs frères et supérieurs de l'Observance, leur indépendance
temporelle et spirituelle, en même temps que le droit de porter la barbe et le capuchon spécial qui
devaient les rendre si populaires. Mais, tout à coup, en avril 1534, effrayé par les remontrances des
Frères de l'Observance, Clément VII annule les privilèges accordés aux Capucins,les chasse même de
leur maison de Sant'Eufemia par un ordre d'exil dont les efforts unis de Caterina Cibo, de Vittoria
Colonna et de Camillo Orsini n'obtiennent pas sans peine le retrait (2). Cinq mois plus tard, le
25 septembre, le pontife médicéen mourait, et le cardinal Farnese lui succédait sur le trône aposto
lique. La politique du nouveau Pape privait bientôt les persécutés de la protection de Caterina Cibo,
dont Vittoria Colonna, en dépit des sentiments de sa famille-acquise en majeure partie à la cause
impériale
recueillait le rôle et l'influence. La lutte entre Mineurs Observants et Réformés, menée
par le cardinal Francisco Quiñones de Luna, l'un des « protecteurs » de l'Ordre tout entier, devenait
de plus en plus âpre, et menaçait de se terminer au détriment des seconds lorsque Vittoria obtint
du Pape, en janvier 1535,un important adoucissement aux derniers décrets de Clément VII confirmés
par Paul III, puis, un peu plus tard, la convocation du chapitre où Bernardino Ochino fut nommé
l'un des quatre définiteurs généraux de l'Ordre (novembre 1535). Cette série de succès donna sans
doute à penser au fougueux cardinal Quiñones, et il s'ensuivit, jusqu'en 1538, une période de calme
au cours de laquelle nous trouvons, dans notre premier registre, un témoignage non équivoque de la
faveur des Capucins auprès de Paul III : le 18 août 1536, il leur faisait remettre la somme importante de
(1) Pour tous les faits qui vontsuivre, cf. TACCHI-VENTURI, Vittoria Colonnafautrice dellariforma cattolica, dans les
Studi e documenti di storia e di diritto, vol. XXII (Rome, 1901), p. 158 et suiv. — Karl BENRATH (Bernardino Ochino
von Siena, zweite verbesserte Aufgabe, Braunschweig, 1892, in-8°) est surtout intéressant pour la période calviniste de
la vie de son héros.
(2) Lorsque obéissant à cet ordre, les Capucins s'acheminèrent, deux à deux, vers San Lorenzo fuori le mura, un
ermite, Brandano, se mit à parcourirles rues de Rome en criant : « Prends garde à toi, ô Rome, qui chasses les Capucins
et nourris les chiens ; prends garde à toi, ô Rome, qui détestes les Capucins, maîtres d'humilité, et qui donnes l'hos
pitalité aux statues de marbre, maîtressesde paganisme et conseillères d'orgueil !>>>TACCHI-VENTURI, loc. cit., p. 159-160.
CAPUCINS ET JÉSUITES
307
100 écus d'or pour la construction ou plutôt peut-être l'agrandissement de leur couvent romain de
Sant'Eufemia (1). La guerre recommença en 1537 et devint terrible en septembre 1538. Vittoria se
multiplia, écrivit une lettre noblement audacieuse au Pape, une autre au cardinal Agostino Trivulzio,
une autre encore, très longue, au cardinalGaspare Contarini. Elle n'épargna rien pour faire triompher
la cause de ses chers clients, dont les prédications risquées mettaient sans cesse les intérêts en péril,
et qui durent, lors de la fuite et de l'apostasie d'Ochino, en 1542, perdre de leur crédit auprès de
Paul III. Celui-ci n'avait ni l'esprit timide ni l'âme persécutrice; mais, dès que les principes fon
damentaux du catholicisme étaient menacés, il devenait défiant, parfois énergique, sans jamais,
cependant, consentir aux mesures extrêmes.
Si Paul III fut bienveillant aux Capucins, il le fut plus encore à ceux qui devaient bientôt
fonder et qui fondèrent, grâce à lui, la Compagnie de Jésus. La première fois qu'il leur donna audience,
il ne pouvait guère se douter de la place qu'ils se feraient dans le monde. Dans un article qui
paraît d'abord obscur, notre premier registre nous donne, à quelques jours près, la date, qui paraît
avoir été ignorée jusqu'ici, de cette importante entrevue (2). Le trésorier secret de Paul III, mes
ser Bernardino Della Croce, en effet, commence ainsi le feuillet 62 a du « livre rouge » de 1535-1538 :
« La Sainteté de Notre Seigneur doit donner, le 29 avril 1537, 33 écus payés à messer Fran
cesco Vannuzio [aumônier du Pape] pour les donner en aumône à onze écoliers parisiens qui vont
au Saint-Sépulcre. (3)>> Tous les détails contenus dans cette phrase s'appliquent à Ignace de Loyola
et à ses premiers adhérents.
On sait que l'association, d'abord si modeste, née en 1534, dans la petite « Chapelle du
Saint Martyre », à Montmartre, comptait onze membres dès 1536. C'étaient Ignace lui-même, puis,
dans l'ordre chronologique, Pierre Favre dit Le Fèvre, François Xavier (Francisco de Jasso y
Xavier), Diego Lainez, Alonso Salmeron, Nicolo Alonso dit Bobadilla, Simon Rodriguez d'Aze
vedo, Claude Jay ou Le Jay, Paschase Broët, Jean Codure et Diego Hosez (4).
Onsait aussi quetous, sauf peut-être un ou deux d'entre eux, avaient étudié à l'Université de
Paris et possédaient la maîtrise ès arts. Loyola, après avoir fait partie des collèges de Montaigu et
de Sainte-Barbe, avait été admis à la licence le 13 mars 1533, et, seulement deux ans plus tard, parsuite
de circonstances assez obscures, à la maîtrise (5). Le Genevois Le Fèvre, du collège Sainte-Barbe,
(1) Au piedde l'Esquilin, près de l'église dédiée à la même sainte. Sixte-Quint fit éventrer cette église pour y
faire passer la rue allant de Santa MariaMaggiore à Santa Maria di Loreto. Clément VIII donna le vocable de la sainte à
l'ancienne église San Bernardino et la concéda aux « Zitelle sperse» (Filles-Dieu). TOTTI, Ritratto diRomamoderna, p. 472;
cf. MARTINELLI, Roma ricercata, éd. citée, p. 228.
(2) Pour les faits qui vont suivre, voy. TACCHI-VENTURI, VittoriaColonnafautrice, ecc., loc. cit., p. 152 et suiv., et
FOUQUERAY, op. cit., t. I, p. 36 et suiv., qui corrigent sur un certain nombre de points les historiens antérieurs.
(3) Registre, p. 122.
(4) Cedernier avait connu Loyola à Venise en 1536. Cf. ci-dessous p. 308 et 310, n. 3. C'est lui que Le Fèvre
désigne sous le nom de Baccalaureus. Voy. Memoriale beati Petri Fabri, primi S. Ignatii de Loyola alumni, nunc
primum inlucem editum a P. Marcello BoUIX, Societatis Jesu sacerdote (Lutetiæ Parisiorum, typis Alberti Gauthier
Villars, anno 1873, petit in-12, non mis dans le commerce), p. 15 ; cf. FoUQUERAY, op. cit., t. I, p. 66, n. 2.
(5) Voy. FOUQUERAY, op. cit., t. I, p. 17-18 et les notes.
308
LA COUR DE PAUL III
était licencié depuis 1529 ; le Navarrais François Xavier, depuis 1530 ; ce dernier avait même été
régent au collège de Beauvais. Des Universités de Valladolid et d'Alcala, Bobadilla était passé dans
celle de Paris. Le Portugais Rodriguez était l'un des pensionnaires de son souverain Jean III dans
le grand « studium>> français. Le Savoyard Le Jay, qui appartint aussi à Sainte-Barbe, devenait
maître ès arts en 1536, la même année que le Français Codure, qui résidait au collège de Torcy ou de
Lisieux. Enfin le Picard Broët avait assisté aux leçons des docteurs de la Faculté de théologie. Mais un
doute plane sur l' « alma mater>> de Salmeron et de Hosez : le premier, que les biographes présentent
comme un helléniste et un hébraïsant de valeur, paraît n'avoir jamais fréquenté que l'Université
d'Alcala; quant au second, mort à Padoue en 1538, on ne sait guère où il avait puisé la science sans
laquelle Loyola ne l'eût pas laissé pénétrer dans le petit groupe d'élite réuni par ses soins scrupuleux.
Il est d'ailleurs possible que Salmeron et Hosez aient, plus ou moins longtemps, plus ou moins régu
lièrement, suivi les cours de quelqu'une des Facultés de l'Université parisienne : l'indication très
précise de Bernardino Della Croce donnerait à le croire. Ne l'eussent-ils pas fait que, sans commettre
une très grave erreur, le trésorier secret aurait pu leur attribuer un titre que portaient à bon droit
tous leurs autres compagnons (1). La Curie continua d'ailleurs, dans ses actes officiels, à les désigner
ainsi. Les lettres qui leur furent octroyées le 18 novembre 1538parle gouverneur de Rome, Benedetto
Conversini, les nomment tous, Salmeron compris, magistri Parisienses (2) (ils ne sont plus alors que dix,
Hosez étant mort peu auparavant). Dans la bulle de fondation de la Société (27 septembre 1540),
Paul III énumère les dix un à un et ajoute :in artibus magistri et in Universitate Parisiensi graduati ;
même énumération, mêmes titres dans la bulle du même pape, du 24 juin 1541, concédant l'église
de Santa Maria della Strada à la nouvelle Compagnie.
Que l'intention primitive des onze associés fût de se rendre à Jérusalem, rienn'est mieux établi.
Rodriguez déclare que, conquis par la vie exemplaire de Loyola, Le Fèvre se consacra de tout son
cœur à Dieu et fut enflammé d'un incroyable désir d'aller à Jérusalem et aux lieux saints (3) ; même
attestation pour François Xavier (4), pour Rodriguez lui-même (Lusitanus), pour Salmeron et pour
Lainez (5). C'est pendant l'été de 1534 que cette résolution avait été définitivement prise : « Après
une longue discussion, dit Rodriguez, ils décidèrent solennellement de s'astreindre tous au vœu de
pauvreté, de charité, de voyage à Jérusalem (6); ils décidèrent, en outre, que si dans l'espace d'un
an après leur arrivée à Venise, malgré tous leurs efforts, ils ne pouvaient faire voile pour Jérusalem,
ils se rendraient à Rome, libres de leur vœu,
comme ils l'eussent fait s'ils fussent revenus de la Terre
(1) Deorigineetprogressu Societatis Iesu usque ad eius confirmationem commentarium, P. Simonis RODRIGUEZquifuit
enovemsociis S. Ignatiipatris (Romae, typis Civilitatis Catholicae, 1869, in-80 ; lettre ou rapport adressé au Luxem
bourgeois Éverard Mercurian, élu général de la Compagnie en 1573), p. 7.
n'a pas été mise dans le commerce.
(2) Voyez le texte de ces lettres dans RODRIGUEZ, De origine, p. 72-74.
(3) Ibid., p. 7.
(4) Ibid., p. 8-9.
(5) Ibid., p. 10.
(6) Ibid., p. 12.
Cette publication, dédiée au P. Beckx,
CAPUCINS ET JÉSUITES
309
sainte,-pourse jeter auxpieds du souverain pontife et lui faire part de leurs projets (1)... » Sans nous
arrêter plus longtemps aux autres passages similaires contenus dans la relation de Rodriguez et
dont quelques-uns seront d'ailleurs cités plus loin, venons à l'important passage du Memoriale que
Le Fèvre rédigea peu d'années après les événements, en 1542: « On était en hiver, un hiver très froid;
dans ce même temps, la France et l'Espagne étaient en guerre : le Seigneur sut cependant nous arra
cher à ces périls et nous en préserver. Arrivés sains et saufs à Venise, joyeux en esprit, nous entrâmes
dans les hospices et dans les hôpitaux (2), quatre à l'hôpital des Saints-Jean-et-Paul et cinq à l'hôpital
des Incurables, pour y attendre le Carême, époque où nous devions aller à Rome afin de demander
au pape Paul III la permission d'aller à Jérusalem (3). L'an 1537, après Pâques, ayant obtenu cette
permission, nous fûmes surlepoint de partirpour Jérusalem; mais comme ilnous était impossible de le
faire à ce moment (4), nous nous dispersâmes en divers lieux, dans l'intention de vivre pendant trois
mois en solitaires, à l'abri de tout autre souci... » (5) Il serait facile de multiplier les témoignages rela
tifs à ce projet de pèlerinage aux lieux saints ; nous n'en reproduirons plus qu'un, celui du secrétaire
de Loyola écrivant au nom de son patron au P. Francesco Palmio qui préparait une relation des
origines de la Compagnie : « Votre Révérence pourrait ajouter que les premiers, réunis à Paris par notre
Père Ignace, et lui-même, nepassèrent pas en Italie pour y fonder un Ordre, mais pour passer à Jéru
salem et prêcher et mourir parmi les Infidèles ; mais qu'ensuite, ne pouvant passer, ... ils songèrent
à former une Compagnie » (6).
Ces deux points éclaircis, il nous reste à parler du premier séjour fait à Rome par les
zélés voyageurs. Là encore, Le Fèvre et Rodriguez fournissent les renseignements les plus sûrs. C'est
en 1537, à la mi-carême (7), que les membres de la petite société partirent de Venise, où ils étaient
depuis le 8 janvier (8), pour gagner Rome. Après s'être arrêtés quelques jours à Lorette, ils entrèrent,
après Pâques, dit simplement Rodriguez
dans la ville pontificale (9), où ils se rendirent, par
groupes, dans les hôpitaux de leurs nations respectives. Loin de passer inaperçue, leur arrivée pro
voqua de nombreux commentaires, pour la plupart assez désobligeants. A ceux qui les interrogeaient
sur les motifs de leur venue, ils répondaient simplement : « Pour des motifs religieux, dans l'intention
(1) Ibid., p. 13.- Les mots nullo obstricti voto sont encontradiction avec le passage de Le Fèvre (Memoriale, p. 15)
dont nous allons parler.
(2) «... Ingressi sumus xenodochia et hospitalia...>>>
(3) «... Ituri tunc Romam postulatum copiama Pontifice Paulo IIIcundi Hierosolymam... », etàla ligne suivante :
«... habita copia a Pontifice... » Je crois que, dans ces deux passages, le mot copia signifie permission ; mais il serait
possible aussi qu'il signifiât moyens, ou l'un et l'autre à la fois.
(4) Acause de la guerre entre Venise et Soliman II.
(5) Memoriale, p. 14-15.
(6) Cité par FOUQUERAY, op. cit., t. I, p. 71, n. 1.
(7) Pâques tomba, en 1537, le 1er avril. Le départ de Venise eut donc lieu vers le 13 mars, peut-être ce jour même.
(8) Loyolayétait depuis 1535; il avait quitté Paris vers la fin de mars pour se rendre à Venise. Ses compagnons
l'y rejoignirent le 8 janvier 1537 ( FOUQUERAY, op. cit., p. 53 et 63).
(9) Le voyage de Venise à Rome dura doncplus de vingtjours.
310
LA COUR DE PAUL III
de visiter les églises de Rome. » Ils les visitaient en effet, parlaient piété à tous ceux qui voulaient les
écouter, se nourrissaient des aumônes qu'ils recueillaient de porte en porte. Leur conduite fut telle,
que quelques riches Espagnols, attachés à la Curie, s'intéressèrent vivement à eux et les firent entrer
tous à l'hôpital Saint-Jacques (1) pour leur éviter cette mendicité qui paraissait fort peu honorable.
Une surprise beaucoup plus grande les attendait. Ils étaient venus avec la conviction que deux
agents de l'Empereur, le cardinal napolitain Giampietro Carafa (2) et le docteur Pedro Ortiz (3)
s'emploieraient de leur mieux à leur nuire dans l'esprit du Pape. Pour le cardinal, leurs craintes se réa
lisèrent ; Ortiz, au contraire, les signala à la bienveillante attention de Paul III et fut leur véritable
introducteur auprès de lui. Ici, je traduis toute la suite du récit de Rodriguez : « Amenez-les moi
demain, répondit le Pape ; vous aurez soin que d'autres théologiens soient présents ; il me sera
très agréable, pendant le repas, de les entendre discuter quelque question de théologie. » Ce qui fut
dit fut fait et, après la discussion, le Pape se leva de table joyeux et content. Aussitôt ils se pros
ternent devant lui, et, après qu'ils lui eurent baisé le pied, le Pontife, écartant les bras comme s'il
eût voulu les embrasser tous ensemble, parla ainsi en latin : « Grand est le plaisir, grande est la joie
que j'éprouve en voyant une telle érudition littéraire jointe à une pareille humilité d'esprit ; si vous
avez besoin de rien qui dépende de moi, je vous l'accorderai volontiers. » Ils répondirent : « Nous ne
demandons et n'implorons que votre bénédiction et la permission de nous en aller à Jérusalem. »
<< Je vous l'accorde volontiers, ajouta le Pape ; je crois cependant que vous n'irez pas à Jérusalem. >>>
Il parlait ainsi parce qu'il savait que les Vénitiens préparaient la guerre contre les Turcs, comme il
arriva peu après. Là-dessus, l'audience prit fin » (4).
Rodriguez continue son récit en ces termes : « Aux compagnons qui n'avaient pas encore reçu
les ordres fut libéralement accordée la faculté de les recevoir en trois jours fériés, de n'importe quel
évêque, en considérant leur science comme un patrimoine suffisant. En outre, par deux fois, ils
reçurent spontanément, sans que personne l'eût demandé, de l'argent du Pape, et aussi de compa
triotes espagnols ; ainsi fut réunie une somme de 210 écus pour couvrir la dépense, tant du prix à
donner au patron du navire qui devait les transporter à Jaffa, que des autres taxes à payer auxTurcs.
Cet argent fut transmis gratuitementà Venise, enlettres de change, pardes banquiers, et ensuite, quand
(1) Il s'agit ici, naturellement, de l'hôpital national San Giacomo de' Spagnuoli, et nonde l'hôpital San Giacomo
in Augusta ou degli Incurabili.
(2) Le futur Paul IV. Avantla promotion de G. P. Carafa au cardinalat (22 décembre 1536), Loyolas'était permis
de lui donner, au sujet des Théatins, des conseils qui avaient été fort mal accueillis (FOUQUERAY, op. cit., t. I, p. 64).
(3) Ortiz avait été envoyé à Rome par Charles-Quint pourdéfendre la cause de sa tante Catherine d'Aragon, femme
de Henry VIII d'Angleterre.
On ignore les raisons qui le firent changer d'attitude vis-à-vis de Loyola et de ses pre
miers compagnons. Il est cependant probable qu'il songeait dès lors àles utiliser comme missionnaires dans les posses
sions espagnoles d'Amérique.
Dans le récit de Rodriguez, il est dit qu'Ortiz annonça au Pape l'arrivée de « neuf
théologiens parisiens » ; c'est que, craignant de nuire à ses amis en les accompagnant, à cause de ses mauvaises relations
avec le cardinal Carafa et avec Ortiz, Loyola n'avait pas quitté Venise, et que le narrateur, après quarante ans écoulés,
a oublié le pauvre Diego Hosez, mort, comme on l'a déjà vu, dès 1538, à Padoue, et qui, d'ailleurs, pouvait être resté avec
Ignace.
(4) RODRIGUEZ, De origine, p. 48-49.
CAPUCINS ET JÉSUITES
311
disparut tout espoir de faire voile pour Jérusalem, il fut rendu au Pape et aux Espagnols par
les soins d'Ortiz. Étonné du fait, le Pape n'accepta pas l'argent; quant aux Pères, ils n'en firent pas
usage>> (1). Examinons ce passage. Paul III fitdonner deux fois de l'argent aux compagnons de Loyola.
La première fois, ce fut certainement après l'audience qui vient d'être rappelée, à en juger par les
habitudes de la Trésorerie secrète. Or, cette audience dut avoir lieu quelques jours seulement avant
la date
29 avril
où a été enregistrée la somme de 33 écus, soit 3 écus pour chacun des onze
bénéficiaires. D'autre part, la Pénitencerie expédia le 27 avril l'acte confirmatif de la faculté, concédée
par le Pape à ses visiteurs, de recevoir les ordres sacrés en dehors des temps prescrits (2). Entre la
concession de la grâce et l'expédition de l'acte, il dut s'écouler au moins deux jours, de sorte que
l'audience- la première audience donnée par Paul III à ces pauvres pèlerins qu'il allait bientôt
combler de sa faveur et de sa confiance-eut très probablement lieu entre le 20 et le 25 avril, peut
être le 25. C'est là une date réellement importante pour l'histoire de la célèbre Compagnie (3).
Le total des premières libéralités du Pape s'élevait, selon les historiens de la Société, à la
somme de 60 écus. Cette « somme ronde » peut n'être pas rigoureusement exacte, etje crois qu'elle ne
l'est pas. Le second cadeau ou, pour parler le langage curial, la seconde aumône du Pape dut être
égale à la première, qui avait été calculée d'après le nombre des bénéficiaires, 3 écus pour chacun
d'eux, de sorte que ceux-ci auraient reçu non pas 60, mais 66 écus. A quelle époque cette seconde
aumône fut-elle versée? Notre manuscrit est muet sur ce point, ce qui prouve que la sortie a dû être
portée sur un autre registre. On pourrait cependant supposer, en attendant mieux, que Paul III
doubla la somme primitive après que Loyola lui-même fut arrivé à Rome, c'est-à-dire en octobre
ou après octobre 1537 (4). Quant à la date de la restitution dont le Pape fut si surpris et qu'il
n'accepta pas, elle doit sans doute se placer à la fin de 1537 ou dans les premiers mois de 1538, lorsque
les associés eurent définitivement renoncé à leur projet de pèlerinage à Jérusalem (5).
Ces derniers détails sont bien minimes, mais ils ont leur excuse toute trouvée dans un travail
relatif à des livres de comptes. Et d'ailleurs est-il rien de négligeable dans l'histoire des relations de
Paul III avec la Compagnie qui naît alors et qui, forte de l'appui pontifical, va se développer avec
un étonnant succès? Tous les progrès futurs de la Société sont en germe dans les premières missions
(1) RODRIGUEZ, De origine, p. 49.
(2) FOUQUERAY, op. cit , t. I, p. 65.
(3) Quant à l'intervalle entre l'arrivée des « écoliers parisiens » à Rome et l'audience pontificale, on ne peutguère
l'évaluer à moins d'une quinzaine de jours, si l'on tient compte des faits rappelés plus haut : sollicitation d'aumônes,
commentaires soulevés par les nouveaux venus, transfert des hôpitaux nationaux à l'hôpital Saint-Jacques des Espa
gnols, démarches d'Ortiz, etc. De sorte que l'on pourrait fixer l'entrée à Rome vers le 5 avril 1537.
(4) FOUQUERAY, op. cit., t. I, p. 66.
(5) Voici, à ce sujet, les propres paroles du P. FOUQUERAY (ibid., p. 68) : « La guerre avait biencessé et la mer était
devenuelibre, mais seulement après le terme fixé par le vœu de Montmartre Dieu faisait ainsi comprendre à ses serviteurs
quele pèlerinage de Jérusalemn'était point sa volonté. Il ne leur restait plus qu'à entrer dans la voie tracée par la
Providence. » L'explication est assez conforme à l'esprit mystique des onze associés ; mais « la volonté de Dieu » fut
elle la seule raison qui les porta à rompre leur vœu ? (cf. ibid.,p. 47).
312
LA COUR DE PAUL III
que leur confia le pape Farnese. Ala fin de 1537, à l'Université de Rome, il substitue Le Fèvre et
Lainez aux maîtres appartenant aux anciens Ordres ou leur fait place aux côtés de ces derniers :
voilà pour l'éducation (1). Pendant le carême de 1538, ils obtiennent de leur ancien adversaire, le
cardinal Carafa, légat de Rome pendant le voyagedePaul III à Nice, l'autorisation de prêcher dans
les églises de la Ville : voilà pourlaprédication (2). En 1540, Le Fèvre, sur l'ordre du Pape, part pour
assister à la conférence de Worms, avec Ortiz, qu'il accompagne l'année suivante à la diète de
Worms (3) ; en 1541, Paschase Broet et Salmeron sont envoyés comme nonces en Irlande (4) :
voilà pour la politique.
Je crois avoir démontré, point par point, que les 11 « écoliers parisiens » qui reçurent de
Paul III, le 29 avril 1537, une aumône de 33 écus d'or, étaient bienIgnace de Loyola et ses premiers
adhérents. Certains articles d'anciens comptes, si singuliers et si désespérants qu'ils paraissent tout
d'abord, méritent d'être sérieusement examinés, et l'on peut, grâce à leur explication, fixer telle ou
telle circonstance, encore inconnue, d'un événement important.
(1) FOUQUERAY, op. cit., p. 68.
(2) Ibid. , p. 68.
(3) Ibid. , p. 78.
(4) Ibid., p. 136.
Codure devait accompagner Salmeron, mais il mourut le 29 août 1541, quelques jours
avant la date fixée pour le départ. Paschale Broet fut désigné pour le remplacer. Cf. Mémoires pour servir à l'histoire
du Père Broet... par un religieux du même ordre. (Le Puy, 1885, in-8°) .
INDEX BIBLIOGRAPHIQUE
L'index bibliographique, dressé par Mme Léon Dorez, a été limité aux ouvrages utilisés par Léon
Dorez. Il précise les éditions qui lui ont servi et auxquelles se rapportent les références de ce pre
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Onaégalement utilisé l'éd. de
Milan, 1809, in-8°.
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Delle lettere
da diversi Re et principi, et
Cardinali et altri huomini
dotti a Mons. Pietro Bembo
scritte (Venetia, 1560, in-8°).
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M. Pietro Bembo, terzaimpres
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ficis Max. nomine scripta
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tisti belgi ed olandesi (Firenze,
1880, in-16) .
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Artisti bolognesi (Bologna,
1885, in-8°) .
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Artisti francesi in Roma nei
secoli XV, XVI e XVII
(Mantova, 1886, in-8°).
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Léon Dorez avait effectué lui-même le dépouillement analytique dutexte des deuxRegistres publiés dans
le tome II, formant ainsi un répertoire alphabétique qui met en valeur l'importance des documents.
Mlle Jeanne Dorez a fait, pour le tome I, un relevé des noms de personnes qu'elle a joint au dépouillement des
deux Registres et fondu avec lui. Leur réunion forme l'index unique qui suit.
Les références au tome I sont indiquées, au début de chaque article, par un simple renvoi numérique ;
celles qui se rapportent au tome II (Registres) sont séparées des premières par deux traits suivis de la
lettre R : = R.
Les noms d'églises, de monuments, de rues, de quartiers, etc. sont classés à leur ordre alphabétique
particulier et non pas groupés sous les noms de leurs villes ou localités.
A
Abbadia di San Salvatore (prov.
de Sienne). = R. Aumône à un
pauvre vieillard, 20.-V. Marco
da Vissi.
Accademia di San Luca, 184.
Accademia dello Sdegno, 38.
Accademia della Virtù, 39.
Accademia de' Virtuosi, 218.
Acciajuoli (Giovanni), protocomite
de Coron.
=
R. Somme à lui
remise pour le rachat de onze
chrétiens prisonniers des Turcs,
20.
Accolti (Benedetto), archevêque
de Ravenne, cardinal, 53, 97,
112, 210.
Accolti (Bernardo), célèbre impro
visateur, 210.
Accolti (Pietro), cardinal, 210.
Accurio (Cesare), écrivain des
brefs, 298
R. Pension men
=
suelle à lui servie pendant une
maladie, 21, 30, 38, 45, 53, 59,
64, 68, 79, 84, 90, 100, 104, 109,
116, 125, 128, 134, 140, 145,
151, 159, 167, 179, 186.
Sommed'argentà lui envoyée à
Plaisance pour lui permettre de
revenir à Rome, 240, 254.
Acquapendente (arr. de Viterbe,
prov. de Rome). = R. Séjour
tions aux jeunes gens et aux
enfants, aumônes diverses, 76.
Passage du Pape en allant
à Nice, gratifications auxjeunes
gens, 206.
V. Cherubino,
Innocenza, Carcerata.
Acquaviva (Andrea Matteo d'),
duc d'Atri, humaniste, 46.
Acqui (prov. d'Alessandria) = R.
Séjour du Pape en allant à Nice,
220.
Adam de Invidia, notaire de la
Chambre apostolique, 85.
Adjudants de la Chambre ponti
ficale.
V. Aides.
Adhémar de Monteil (Louis d'),
comte de Grignan, ambassadeur
de François Ier à Rome, 125,
294.
Adolfo.
V. Beiscampt (Adolf).
Adorno (Don). =
R. Aiguil
lettes, lacets (stringhe), gants et
savons par lui rapportés de
Naples pour le Pape, 8.
Adriana (Madonna).- V. Milis
(Adriana de).
Adriano, compositeur. (Sans doute
Adrien Willaert), 227.
Adriano, de Corneto [Castellesi],
cardinal, évêque d'Herford, 233.
Adrien VI, pape.
(Adrien).
du Pape en 1536; gratifica- | Agneaux de Pâques
V. Florijs
=
R. 285.
Agostino, aidede laChambrepon
tificale
V. Marini (Agostino).
Agostino da Sessa, 227, 228.
Agostino della Libreria (Frà).
V. STEUCO.
Aguilar (Le marquis d'), ambassa
deur de l'Empereur, à Rome,
125, 126, 136, 268.
=
R. Gra
tification à ses trompettes, 41.
Aguilera (Juan), médecin de
Paul III, astronome, 49.
Aides de la Chambre pontificale.
V. Bressano (Giov. Batt.);
Canale (Giovanni Battista) ;
Giovanni, barbier; Giulio (Nobi
lio) ; Machabeo (Girolamo) ; Ma
rini (Agostino); Mario de Gra
doli; Michele ; Ruggero; Taglia
ferro (Battista) ?; Tagliaferro
(Marcantonio).
Aigues-Mortes =
R. Entrevue de
François Jer et de Charles
Quint, gratification au courrier
qui apportait cette nouvelle,234.
Aiolle (Francesco), organiste, 225.
Albano [Lazziale] (prov. deRome).
R. Envoi d'un palefrenier
=
pour le service du Pape, 4.
Albe (Fernandez AlvarezdeToledo,
duc d'),255, 268, = R. Gratifica
tion à ses trompettes, 41.
Alberico, employé au Belvedere =
R. Somme d'argent à lui donnée
pendant une maladie, 151.
326
Alberti (Leandro), frère prêcheur,
historien, 176, 177.
Albertini (Francesco), 8.
Alberto,boulangerde ClémentVII,
77.
Alberto, pollarolo. = R. Dot pour
une sienne fille, 132.
Pour
boire, 175.
Alberto, de Mantoue, musicien,
227.
Albizzi (Giovanbattista degli), 87.
Albizzi (Lorenzo degli), directeur
de la Monnaie, 87, 170, 173.
Albret (Henri d'), roi de Navarre.
=
R. Gratification du Pape à
ses fifres et trompettes, pendant
le séjour à Nice, 224.
Albutio (Giangiacopo), musicien,
227.
Alchiere, balayeur secret. =
R.
Dépenses pour la Chambre pon
tificale, 267;
pour l'Araceli,
311, 326.
Aldobrandini (Ippolito).-V. Clé
ment VIII, pape.
Aldobrandini (Silvestro), 53.
Aldrovandi (Ulisse), 139, 157.
Aleandro (Francesco), archevêque
de Brindisi, 228.
Aleandro (Girolamo), archevêque
de Brindisi, cardinal, bibliothé
caire de la Vaticane, 15, 33, 59,
125, 163, 174, 269, 274.
R.
Anneau cardinalice avec saphir,
=
247.
Aleotti (Artusina), 59, 61.
Aleotti (Camillo), 62.
Aleotti (Pier Giovanni), maître
de la Garde-robe, puis trésorier
secret, 59, 110, 171, 182, 197,
203, 209, 273, 295, 298
Dépenses diverses par lui faites
=
R.
ou réglées, 5, 10, 19, 32, 34, 35,
38, 47, 58, 93, 112, 116, 129,
141, 150, 170, 186, 199, 282, 288,
293, 302, 318, 324.
Taffetas
et bourse de cuir pour le petit
Office que le Pape envoie à
Charles-Quint, 52.
Montage
de la turquoise parlui donnée au
Pape, 53.
Ducats d'or à lui
remis pour la dorure de la garni
ture de la nouvelle ( mitre
LA COUR DE PAUL 111
précieuse >>> du Pape, 60.
Somme par lui reçue pour perles
et autres choses destinées à la
susdite mitre, 62, 66.
Paie
ment par lui fait à Tobia de
Camerino pour la petite croix
que le Pape se met au cou quand
il officie, 67.
Réfection du lit
de la garde-robe, 89.
Mise
en état de la litière dite de Por
tugal, 92.
Épée de Noël ou
épée d'honneur, 102.- Anneau
pontifical [?] des cardinaux, 109.
Rose d'or de 1537, 109, 112.
Réparation de la Laterna du
Corpus Domini, 119.
Cage
de noyer pour le perroquet, 136.
Achat de parfums, 153.
Somme à lui remise pour un
moine qui prêchait contre les
Luthériens, 179.
Petite am
poule de baume pour le Pape, à
lui consignée, 182.
Mise en
état de la cassette de cristal du
Saint-Sacrement, pour l'empor
ter à Nice, 197.
Trésorier ou
intermédiaire du trésorier pen
dant le voyage de Nice, 205, 207,
209, 211, 215, 216, 217, 219,
221, 223, 225, 227, 229, 231.
Dépenses pendant ce voyage
(coffres, etc.), 207, 215, 222.
Bois d'aloès pour faire pro
fumo, 230.
Somme d'argent
pourpayer divers bijouxdonnés
à l'une des filles d'Isabelle Far
nese, 290.
Cuir mis à douze
paires de lunettes ; cordelettes
pour les chemises du Pape, 306.
Somme versée par ses
mains à Giovanna Orsini
Gonzaga, 320.
Trésorier
secret, 336.
Transport d'ar
gent du Château Saint-Ange
au Palais, 247.
Barrette par
lui remise à Mgr Sfondrato pour
la porter en Flandre à une
personne secrète, 266.
Étui
pour mettre le « tabernacle de
joyaux » du Saint Sacrement,
278.
Aleotti (Simone), garde-robe de
Paul IV, 62.
Aleotto.
V. Aleotti.
Alessandri (Baldino degli), gou
=
verneur de Vittoria Farnese.
R. Mensualité à lui remise
pour l'envoyer à sa patronne,
alors à Nepi, 262, 264, 277, 280,
285.
Alessandria.
=
R. Séjour et
déjeuner du Pape en allant à
Nice, gratification aux tambours
et aux trompettes du marquis
Del Vasto; aux jeunes gens de
la ville, 219, 220.
Alessandro (Le capitaine), 280. =
R. Somme d'argent àlui remise,
lors de son départ pour la Lom
bardie, au nom du Pape, par
Costanza Farnese, 7.-V. Tom
=
masoni di Terni.
Alessandro, joueur de luth.
Gratifications, 159, 185.
R.
Alessandro, protégé du cardinal
=
Ippolito de' Medici.
42, 61, 97, 135.
R. 22,
Alessandro, valet de chiens (brac
chiere). = R. Salaire, 106, 111,
129, 145.
Bottes (stivali) et
carnier à lui donnés par le
Pape, 106, 129.
Achat d'une
petite corne, 145.
Alessandro, de Canino, habi
tant à Viterbe.
=
R. Somme
d'argent à lui donnée, 107.
Alessandro di Giovannino (le
même qu'Alessandro de Ca
nino ?). = R. Somme d'argent à
lui remise pour restaurer l'église
de Canino, 181.
Alexandre VI, pape.
(Rodriguez).
V. Borgia
Alexandre le Grand. = R. Mé
daille d'or à son effigie, 140.
Alfonso, fils d'Ortensia Farnese. =
R. Étrennes, 268.
Alicorno (Trajano), camérier de
Clément VII, 104.
Allemand. =
R. Aumône à un
moine de cette nationalité, 72.
Allegretti (Antonio), 103, 105, 106,
V. Bobadilla
Alonso (Nicolo).
(Nicolas).
Alonzo, orfèvre, 173.
Aloysi.
V. Luigi.
Alpheo ou Alpheus (Gaspar), inter
prète d'un ambassadeur des Can
INDEX DES NOMS
tons suisses, 287, 302, 303.
=
R. Somme d'argent à lui don
76.
327
V. Graziola (Cesarea) ; | Angelo di Fabrizio, de Gradoli.
=
née, 171.
R. Paiement à ses héritiers
d'une dette contractée par le
Altariste de San Pietro (L').
=
R. Somme d'argent à lui don
née, 158.
Étrennes, 174.
Altoviti (Bindo), banquier floren
tin, dépositaire de la Chambre
apostolique, 74, 150, 197, 203,
255.
Alunno (Francesco), 111, 213.
Alvares (Niccolò de). = R. Somme
d'argent à lui donnée, 42.
Alvarez (Juan), cardinal, 136, 139.
Amadori de Casteldurante (Fran
cesco) dit Urbino.
V. Urbino.
Amalfi (L'archevêque d') [et
évêque de Massa].
V. Giro
lamo de Glanderonibus.
Amandola (Donna), de Valentano.
=R. Solde du prix d'une mai
son à elle, cédée au Pape in
minoribus, 77.
Ambassadeur polonais.
bocski (Thomas).
V. So
Ambassadeurs suisses faits che
valiers en 1537.
d'or,
avec
=
pendeloques
R. Chaînes
aux
armes du Pape, à euxdonnées,
112, 169.
Remboursement
des frais d'hôtel du premier
Sommes
d'entre eux, 115.
d'argent données au second et
à son interprète (V. Alpheo ou
Alpheus (Gaspar), 171;
à
son fils, 172.
Ambrogio da Milano, 168.
Amelia (arr. de Terni, prov. de
Pérouse).
V. Archilegio
(Angelo); Bartolomeo; Coccege
(Francesco) ; Matteo.
Ammanati (Giovanni), évêque de
Pavie, cardinal, 260.
Ammanati (Jacopo), évêque de
Pavie, cardinal, 2, 21.
Amomo, (Jean de Maumont?),
poète, 246.
Amurat, capitaine ture, 284.
Ancône
==
R. Voyages du joail
lier Veldencrio en cette ville
pour le service du Pape,60, 72;
de Pietro d'Aversa pour aller
chercher sept autours envoyés
d'Esclavonie au Pape, 69; cf.
Marche d'Ancône ; Martino
d Ancône ; Pietro de Paolina ;
Polacco (Antonio) ; Tommaso.
Andrea.
V. Giacoma.
Andrea, charpentier, 197.
=
R.
Traitement mensuel octroyé à
son fils Giovanni Battista, 189.
Andrea dalla Viola, luthiste, 230.
Andrea, de Canareggio, organiste,
230.
Andrea Greco (Grec de nation ?),
serrurier. = R. Serrure et petite
clef pour une cassette appar
tenant au Pape, 58.
Andreassi (Giorgio), évêque de
Chiusi, 66.
Angela, de Velletri. = R. Sommes
d'argent à elle données, 153,
179.
Angelica, Sicilienne, amie de Ben
venuto Cellini, 162.
Angelini (Pietro Antonio), évêque
de Nepi, procureur fiscal, gou
verneur de Rome, 87, 99, 100.
Angelo, brodeur.
V. Farfengo
(Angelo).
Angelo (Messer). Probablement le
mêmequ'Angelino (Messer),132.
Angelino (Messer), camérier secret.
=R. Sommesd'argentàlui don
nées pour acheter un carnier,
57;-pour l'aider pendant une
maladie, 63;
pour contribuer
à la dot d'une de ses nièces,
69;
pour faire faire des
vêtements avec l'étoffe à lui
donnée par le Pape, 95;
pour
la Compagnie du Corpus Domini
de SanLorenzo in Damaso, 118,
186; pourunchasse-mouches,
132.- Somme d'argent à lui
remise pour Bernardino de Bene
vento, 139;
pourle voyage de
Nepi avec le Pape en 1537, 150.
Étrennes, 174.
Angelo, de Caprarola, palefrenier
du Pape in minoribus, 64, 65,
239, 240. = R. Don d'un autour
au Pape, 6.
Gratification à
sa femme et à sa sœur, 73.
Aumône, à sa veuve, en reve
nant de Nice, 233.
Pape in minoribus ; somme d'ar
gent donnée aux mêmes héri
tiers, 90.
Angelo de Valle, menuisier, 192.
Angelo, de Villaqua, massier, 67.
Angeloni (Giovanni Niccolò), secré
taire de Pier Luigi Farnese,
270.
R. Voyages faits pour
=
le Pape, de Rome à Farnese,
55;
soli, 64.
Angleterre.
de Rome à Montero
V. Boleyn (lady
Anne) ; Henry; More (Thomas) ;
Pole (le cardinal Reginald).
Anguillara (Comte de l').
Orsini (Verginio Gentile).
AnneBoleyn.
V.
V. Boleyn (Lady
Anne).
Anneaux cardinalices. =
R. Ré
fection par les soins d'Aleotti,
109.- V. Aleandro (Girolamo) ;
Gasparre, orfèvre.
Annunziata(Église de l ), à Pavie.
=
R. Aumône aux religieuses
pendant le voyage de Nice, 216.
Ansaldi de Grimaldis, dépositaire
de la Chambre apostolique, 165.
Antici (Bartolommea), 27.
Antinoüs (Statue d'), au Belve
dere, 218, 219, 220.
=
R.
Achat à Niccolò de Palis et
transport au Belvedere, 289.
Construction d'une niche pour
cette statue, 296.
Antiquaire [marchand d'antiqui
tés] .
V. Veldencrio (Pere
grino) .
Antiquités acquises par Paul III.
=
R. Médailles d'or, 60, 72,
140.
Camée de Marius, figu
rine et 15 médailles de bronze,
140.
167.
Vase antique de métal,
Médaille de César, 225.
V. Apollon; Belvedere ; Cesis
(Federico et Paolo de); Com
mode (l'empereur) ; Laocoon;
Mercure; Rangone(Ugo); Vénus.
Antoine, duc de Lorraine.
=
R. Gratification du Pape à ses
trompettes et fifres, pendant le
séjour à Nice, 224, 225,
328
Antonazzo (Camilla d'). =
R.
Sommes d'argent à elle données,
107, 131.
Antonazzo (Domenico d'), 204.
LA COUR DE PAUL III
Antonio (Frà), Minime de la Tri
nità de' Monti
=
R. Somme
d'argent à lui donnée pour se
vêtir, 54.
Antonazzo (Filippo d'), notaire à Antonio, de Casale, maçon, 188.
Rome, 204.
Antonazzo (Raffaelle d'), 204. =
R. Somme d'argent àlui donnée
pour les habits de noces de sa
sœur, 43.
Antonia, da Castellottieri.
Caetani (A.).
V.
Antonia, fille de Martino, de
Caprarola. = R. Sommes d'ar
gent à elle données, 115, 150,
192, 203, 234, 289.
Antonin (Saint), archevêque de
Florence, 58.
Antonino, fils de feu Raffaele,
bastaro du Pape in minoribus.
=
R. Paiement d'une dette
contractée envers son père, 50;
cf. 12.
Antonino da Sorrento, palefrenier.
64, 65.
=
R. Remboursement
d'aumônes par lui distribuées
au nom du Pape, 17, 102, 170.
Sommes d'argent données à
son frère, 144;
à lui-même
pendant une maladie, 152;
à son père, 188;
père malade, 281;
pour son
pour aller
chez lui, 295.
Antonino da Voltarra, maçon, 216.
Antonio (Don), jardinier du Bel
vedere, 213.
166.
=
R. Traitement,
Somme d'argent à lui
donnée pour son neveu Luca
qui a travaillé à la réfection des
espaliers du Belvedere, 249.
Antonio, fifre.
=
R. Étrennes, 14,
97.
Antonio, marchand à la Douane,
àRome =R. Clous pour refaire
tous les espaliers du Belvedere,
135.
Fournitures pour mettre
en état les espaliers d'orangers
et de citronniers, 194.
Antonio, musicien.
(Antonio).
Antonio, voiturier.
V. Brandici
=
R. Somme
à lui payée pour une caisse
venant de Milan et contenant
desportraits offerts auPape,245.
V. Ca
Antonio, de Ferrare.
pelle (Antoine).
Antonio Maria, de Pienza
=
R.
Gratifications à ses fourrier,
sommelier et dépensier, au re
tour de Nice, 232.
Antonio di Martino, de Caprarola.
R. Sommes d'argent à lui
=
données, 73, 115;- au retour
de Nice, 234.
Antonio Proculiano( ?) (Siciliano ?)
=
R. Somme d'argent à lui
donnée pour retourner chez lui,
300.
Antonio Siciliano, palefrenier, 64.
=
R. Distribution d'aumônes,
46, 62, 66, 84, 85, 100, 130,
253.
Somme d'argent à lui
donnée pour aller chez lui, 102.
Apollon (statue d'), au Belvedere,
217, 220.
niche, 42.
=
R. Peinture de sa
Apollonie (Sainte). = R. Messes,
29.
Appartements du Pape au Vati
can. =
R. Chassis pour la
Chambre du Pape,6.- Répara
tion du secrétaire du cardinal
Ippolito de' Medici pour le
placer dans la Chambre du Pape,
9.
Tentures pour l'appar
tement du Pape, 11.
Restau
ration, par Sebastiano del Piom
bo, des peintures de la Chambre
du Pape, 36.
Étoffes com
mandées à Florence pour tendre
les chambres, 11, 33.
Ten
tures de cuir pour la chambre
et l'antichambre, 46.
Serrure
posée à la porte du Marforio,
58.
Caisse de noyer pour
mettre les habits du Pape dans
l'antichambre, 154.
Para
pet de bois avec balustres pour
mettre autour du lit de l'anti
Toile et
chambre, 297.
brocchette pour faire des impаn
nate, 324.
V. Chambre blan
che; Chambre rouge; Chambre
de la Tarsia; Chambre verte;
Gimignano.
Aquilée (Le patriarche d'). —
Grimani (Marco).
Araceli,
V.
V. Santa Maria in
Araceli.
Aragon (Catherine d'), femme
d'Henry VIII, roi d'Angleterre,
253, 271, 310.
Aragon (Isabelle d'), duchesse de
Milan, 301.
Aragon (Jeanne d'), duchesse de
Tagliacozzo ( ?), 264.
Aragon (Le cardinal d').
Aragon (Louis d').
V.
Aragon (Louis d'), cardinal, 235,
237.
R. Somme d'argent
=
donnée à un de ses anciens
serviteurs, 119.
Aragona (Giovanni Luigi), avocat
des pauvres, 87, 88.
Arcadelt (Jacques), chantre de la
Chapelle, célèbre compositeur
de musique sacrée, 221.
Arcangelo da Sermoneta (Frà). =
R. Aumône à lui faite pendant
sa maladie, 11.
Somme d'ar
gent à lui remise, 65.
Arcella (Fabio), évêque de Bisi
gnano, clerc de la Chambre apos
tolique, 86.
Archiconfrérie des falegnami, 191.
Archilegi (Niccolò di Gabriele
degli), notaire de la Chambre
apostolique, 28.
Archilegio (Angelo), d'Amelia,
majordome de Vittoria Far
nese, évêque d'Assise, de Mar
sico, majordome de Paul III,
28.
R. Remboursement
=
d'une somme prêtée aux petits
fils du Pape pour offrir à la
Croix ( ?) et à la Minerva, 115.
Archinto (Filippo), évêque de
Saluces, gouverneur de Rome,
91, 98, 165.
Ardea (com. de Genzano di
Roma)
=
R. Aumône à une
femme de ce lieu, 168.
Ardinghelli (Niccolò), évêque de
Fossombrone, cardinal, dataire,
34, 111, 210.
Arditi (Pierpaolo), notaire de la
Chambre apostolique, 83,85, 86.
INDEX DES NOMS
Arétin (Pietro Bacci, dit '), 108,
152, 153, 154, 227, 262.
Argentil (Charles d'), chantre de
la Chapelle, 221.
Argentilly (Charles d').
V. Ar
gentil (Charles d').
Argyropoulos (Joannès), célèbre
humaniste du xve siècle, 143,
144.
Arioste (Lodovico Ariosto, dit l'),
115.
Arlotto (Piovano), 58.
Armagnac (Georges d'), évêque de
Rodez, cardinal, ambassadeur
de François Ier à Venise et à
Rome, 138.
Armellini (Francesco), cardinal,
46, 88.
Armellini (Palais), 259.
Armellini (Vigne), 190.
Arménien (Religieux), venant de
Jérusalem. = R. Aumône à lui
faite, 42.
Arpino (prov. de Caserta) = R.
Somme d'argent à deux vieil
lards de ce pays qui avaient
offert au Pape une fiasque
d'huile de lentisque et une
fiasque d'huile de genièvre, 155.
Asandri (Bernardino), de Pescia.
=R. Voyage à Naples pour le
service du Pape, 333.
Ascanio, de Bologne, joueur de
cornet, 230.
Asciano (prov. de Sienne).
=
Passage du Pape en allant à
R.
Nice, gratification aux jeunes
gens, 208.
Ascoli (Euriale d') [Moriani], 220.
Astrologues de Paul III.-V.Agui
lera (Juan); Gaurico (Luca).
Arsilli (Francesco), médecin, lit
térateur, 46.
Atanagi (Dionigi), 37, 58.
Attavanti (Pierpaolo), notaire de
la Chambre apostolique,84, 107.
Attegiatori.
V. Mimes.
R.
Devant le Pape pendant le
=
carnaval de 1544, 279;
le
1er mai 1544, devant le Pape et
Marguerite d'Autriche, 290.
Audience (Chambre de ') (au
Vatican). = R. Matelas, 19.
Achat de store, 189.
Auditeurs de la Chambre.
Cicada ou Cicala (Giambat
tista) ; Ghinucci (Girolamo);
Parisio (Pierpaolo).
Augustins (Religieux), de Nice.
R. Aumône à eux laissée par le
Pape avant son départ de Nice,
227.
Augustins (Religieux), de Rome.
V. Santa Maria del Popolo
(Augustins de).
Aulla (prov. de Massa).
=
Passage du Pape allant à Nice,
211.
Aumale (Le comte d'), Claude Ier
de Lorraine, 127.
V. Vannuzio (Fran
Aumônier.
cesco).
Aurelia, nièce de Sebastiano del
Villano, de Viterbe.
R.
Somme d'argent à elle donnée
pour marier sa fille, 74.
Auripellario (batteur d'or).
V. Giovanni.
Auzias de Lyra, « ministre » des
envoyés d'Avignon vers le Pape,
pendant le séjour à Nice.
R. Gratification, 226.
Avalos (Alonso ou Alfonso d'),
marquis Del Vasto, 220, 251,
255, 268, 277.
=
R. Gratifi
cation à ses trompettes, 41,
212.
Aversa (province de Caserta).
V. Accia
V. Pietro d'Aversa.
Azaioli (Giovanni).
juoli.
Azurro, chaussetier du Pape, 201.
=
R. Fournitures, 313.
B
Baccareti (Bernardo), palefrenier,
64, 65, 298.
R. Boucles
=
pour les harnais des frisons et
des mules de la litière pontifi
cale, 118, 128;
dorure des
dites boucles, 124;-Dorure des
ferrements de la litière neuve
du Pape, 134;
<<>>
pour le service de la litière,
160.- Autres dépenses pour la
litière, 170.
Coffre pour la
329
V.
=
R.
=
=
couverture de velours de la
litière pontificale, 214.
Frais
de transport de la litière du
Pape à Sienne, pour le service
de Marguerite d'Autriche, 248.
Cuirs rouges et autres objets
à lui remis pour les litières pon
tificales, 267.
Baccio (Frà), moine florentin,
bouffon du Pape, 54-58, 93,
212, 298.
=
R. Sommes d'ar
gent à lui données, 29 ( ?), 67,
89, 110, 117, 176.
Traitement
mensuel, 143, 146, 151, 165, 177,
184, 192;
augmenté pendant
le voyage de Nice, 209, 218, 224,
Remboursement
226, 243.
d'uneaumône faite parson servi
teur au nom du Pape, 251.
Selle pour son cheval, 139.
Achat d'une paix de bronze doré
pour la Chapelle du Belvedere,
153.
Remboursement d'au
mônes par lui faites, 160, 229.
Baccio (Don), chapelain des Mu
rate de Florence.
=
R. Somme
d'argent à lui remise pour sœur
Elena Orsini, 209.
Bacheliers (baccalari) des Cuisines.
=R. Étrennes, 15, 98, 176, 270.
Badia (Tommaso), frère prêcheur,
maître du Sacré Palais, 305.
Baglione (Braccio), de Pérouse.
=
R. Sommes d'argent à lui don
nées par le Pape, 5, 17.
Bagnacavallo (arr. de Lugo, prov.
de Ravenne).
Battista.
V. Giovanni
Bagni San Filippo (arr. de Mon
tepulciano, prov. de Sienne). =
R. Séjour du Pape, au retour
de Nice; aumône, 234.
Bagni di Lucca (prov. de Lucques).
=
R. Séjour de Paul III avant
son avènement, 210.
Bagna ou Bagnaccio, près de
Viterbe (terre de). = R. pour
soigner les chiens galeux, 8.
Balayeurs du Palais ou communs
(scopatori del Palazzo ou scopa
tori comuni). = R. Étrennes,
15, 76, 270.
Balayeurs secrets(scopatorisegreti).
=R. Achat de chaussures, 48,
42
330
184, 266;
Noël, 331.
Gratification à
eux donnée, 298. V. Alchiere;
Cristoforo; Niccolò; Niccolò, dit
il Zoppo.
Baldassare da Fiorenza, 269, 271.
=
R. Remboursement des frais
de deux courriers expédiés au
Pape par le nonce en France,
48;
d'un courrier envoyé
par le même pour annoncer la
nouvelle de la condamnation de
la reine d'Angleterre, 53.
Baldi (Galeazzo),chantre de la Cha
pelle pontificale, musicien du
Château Saint-Ange, 222, 223,
225.
R. Cadeau pour la fête
=
de la Conversion de saint Paul,
103.
Somme à lui donnée
pendant une maladie, 140.
Traitement mensuel, 122, 126,
131, 132 (cf. 157), 137, 140,
149, 151, 159, 170, 176, 185,
194, 200, 220, 224, 229, 237,
244, 251, 274, 278, 281;
réduit, 285, 292, 301;-rétabli,
309, 319, 325, 330.-Étrennes,
174.
Balducci (Giacomo), notaire de
la Chambre apostolique, 86.
Balduccio, intendant de la Ma
gliana = R. Somme d'argent
àlui donnée pendant une mala
die, 79.
Ballerino (Francesco), orfèvre de
Venise, 160.
Bampho (Francesco), palefrenier,
64.
R. Somme d'argent à
=
lui donnée pendant une mala
die, 309.
Banchi (Graziadei), 260.
Banderaro.
V. Francesco.
Bandità (Chasse réservée).
Chasse.
Banduccio di Durante Duranti
(Vincenzo di), évêque d'Or
vieto, majordome, 31.
Banquiers.- V. Dépositaires.
V. aussi Altoviti (Bindo) ;
Della Casa (Pandolfo); Fugger
(Jakob) ; Grimaldi (Ansaldo
et Giovambattista) ; Montaguti
(Sebastiano) ; Olgiati ; Olivieri
LA COUR DE PAUL II--
pour la fête de
V.
(Benvenuto) ; Sauli (Sebastia- | Barry (Yves), chantre de la Cha
no); Serragli (Paolo); Spinelli;
Strozzi (Filippo); Ubaldini; Zan
chini.
Barba (Giangiacomo), O. E. S. A.,
évêque de Teramo, puis de
Terni, sacriste, 35.
Barbante (Domenico), palefrenier,
64.
R. Remboursement d'au
mônes, 20, 85, 88, 91.
Barbaresques ou Mores.- V. Ber
nardina; Mouley-Hassein.
Barbarina Barberini?] (Giulia). =
R. Sommes d'argent à elle don
nées, 132, 180, 187, 196.
Barberini (Maffeo).
V. Urbain
VIII, pape.
Barberino (Francesco), orfèvre de
V. Ballerini (Fran
Venise.
cesco).
Barberousse (Kheïr-ed-Din, dit
Ariadeno et), corsaire, 249, 250,
284, 286.
Barbetta (Giulio Cesare), luthiste,
230.
Barbiers.
V. Giovanni ; Gio
vanni Antonio.
Bari. =
R. Mule portant ce
nom et probablement donnée
au Pape par l'évêque de Bari,
Girolamo Grimaldi, 33.
Baronino (Bartolomeo),
archi
tecte, 66, 132, 188, 261.
Barré (Léonard), chantre de la
Chapelle, puis maître de cha
pelle de San Lorenzo in Damaso,
221.
Barret (Léonard), chantre de la
Chapelle.
nard).
Barrettes
V. Barré (Léo
R. Barrettes d'étoffe
=
rose pour les cardinaux de la
promotiondu22décembre1536,
102.
Barrette remise à Fran
cesco Sfondrato pour la porter
en Flandre à une personne se
crète (déc. 1543), 266.
Barros (Antonio de), gouverneur
de l'hôpital de Sant'Antonio des
Portugais. = R. Sommes à lui
verséespourdeuxmaisons démo
lies dans l'aménagement de la
Place Farnese, 60, 117.
pelle, 221.
Bartoli (Alessandro). = R. Somme
d'argent à lui versée,pour Sœur
Elena Orsini, 36.
Bartolini (Zanobi), dataire, 34.
=
R.
Bartolomeo, entrepreneur de ma
çonnerie, 187, 188, 189.
Lanterne de métal placée sur la
cheminée de la Chambre verte
pour l'empêcher de fumer, 20.
Pose d'un appareil du même
genre à la cheminée de la
V.
Chambre blanche, 38.
Bartolomeo, charpentier.
Bartolomeo de Spinis.
Bartolomeo d'Alba, palefrenier,
64, 65, 66, 270, 280, 298. = R.
Aumônes et gratifications dis
tribuées par lui et les autres
palefreniers au nom du Pape, 7,
12, 17, 20, 26, 28, 35, 40,45, 49,
52, 55, 57, 58, 59, 61, 66, 67,
69, 72, 74, 78, 79, 80, 81, 82, 87,
95, 98, 100, 102, 104, 105, 107,
112, 118, 122, 123, 127, 128,
130, 132, 133, 137, 138, 139,
141, 142, 144, 147, 148, 149,
152,154, 156, 158, 164, 172, 176,
177, 181, 187, 189, 192, 196,
204, 205, 206, 208, 209, 210, 212,
213, 214, 215, 218, 219, 230,
233, 234, 236, 240, 242, 245,
248, 252, 265, 271, 275, 283,
284, 286, 292, 294, 296, 297, 300.- Voyage de Rome à Farnese
une
pour le service du Pape, 66; —à
Caprarola, pour porter
somme d'argent à Ottavio Far
nese, 144.
Dépenses pour la
Chambre pontificale, 201, 246,
Achat d'un
266, 272, 300.
crucifix pour les Hommes de la
Discipline de Canino, 180.
Sommes par lui données aux
servants des litières pendant le
voyage de Nice, 208, 210;
pour payer le registre de
Comptes de 1543-1544, 260.
Sommes à lui remise pour vêtir
Frà Cherubino d'Acquapen
dente, 294, 325.
Bartolomeo , d'Amelia.
=
Somme d'argent à lui donnée
R.
INDEX DES NOMS
pour la démolition de maisons
sises à Rome etlui appartenant,
308.
Bartolomeo, de Brusino, entrepre
neur de maçonnerie. V.Barto
tolomeo.
Bartolomeo, de Casale, entrepre
neur de maçonnerie.
tolomeo.
V. Bar
Bartolomeo di Simone, entrepre
neur de maçonnerie, 187, 188.
V. aussi Bartolomeo (peut-être
le même personnage ?).
Bartolomeo de Spinis, charpen
tier, 192, 193, 194, 214, 217. =
R. Deux tables et quatre
colonnes de litière pour le jeune
Ranuccio Farnese, 13.
Herse
pour le nouveau jardin du Bel
vedere, 104.
Petite table
pour la [Chambre de la] Signa
ture, 250.
Bartolomeo Mediolanensis, menui
sier, 194.
Bartolomeo de Vercelli, charpen
tier.-V. Bartolomeo de Spinis.
Bastiano, menuisier, bombardier
au Château Saint-Ange, 197.
Batteur d'or.
Battiloro (batteur d'or).
V. Battiloro.
V.
Giovanni; Rusconi (Giovanni).
Battista, entrepreneur de maçon
nerie.- V. Garone (Battista).
Battista da Como, maçon, 149.
Battista (di messer Ricardo), 237.
Battista, charretier du Pape. =
R. Paiement d'une dette con
tractée envers lui, 198.
Battista, crédencier secret.
Capobianco (Battista).
V.
Battista, marchand de papier. =
R. Somme à lui payée pour
deux rames de papier, 193.
Battista, menuisier.
R. Ser
=
rures mises au palais de San
Marco, 12.
Battista, de Milan.-V. Giovanni
Battista de Milan.
Battista, de Pera.
Battista, de Pera.
Battista.
tista) .
V. Giovanni
V. Tagliaferro (Bat
Baume.
R. Petite ampoule,
achetée pour le Pape, 182.
V. Aleotti (Pier Giovanni).
Baviera, peintre de Bologne, ami
de Raphaël, 47.
Beausseron (Jean).
V. Bonne
vin(Jean).
Beccadelli (Ludovico), archevêque
de Raguse, 38, 118, 282, 299.
Béguines. = R. Aumône à deux
d'entre elles, 40.
Beiscampt (Adolf), dit Redolfo,
dépensier de Clément VII, puis
de Paul III, 73, 298.
=
Somme d'argent à lui remise,
pendant le voyage de Nice,
pour l'envoyer à son collègue
=
Giofrè, malade à Rome, 215.
Belisario, prêtre.
R. Somme
d'argent par lui portée aux
Dames de la Discipline de
Canino, 31.
Bella, lingère, 80. = R. Étrennes,
268.
Bell'havere (Vincenzo), organiste,
230.
Bellini (Francesco), littérateur,
professeur à l'Université de
Padoue, 245-247.
=
R. Somme
à lui donnée pour lui permettre
de rentrer chez lui, 81.
Bellini (Francesco), de Staffolo,
247.
Belvedere, 185-189, 191, 193, 195,
196, 197, 211-220, 259, 264,
294, 296.
=
R. Travaux et
frais divers, 3, 7, 10, 11, 18, 20,
21, 25, 26, 32, 35, 36, 37, 40,
44, 45, 47, 52, 54, 56, 58, 61,
63, 64, 67, 78, 79, 80, 85, 88,
91, 93, 101, 103, 104, 106, 107,
108, 109, 110, 112, 114, 118,
119, 124, 125, 130, 134, 135,
137, 142, 143, 146, 148, 151, 152,
153, 158, 159, 166, 170, 171, 177,
182, 184, 189, 195, 199, 246,
249, 262, 266, 271, 276, 280,
284, 290, 295, 299, 306, 322,
324, 325, 329.
Dépenses
diverses, 119, 134, 135, 137,
178, 192, 196.
Travaux au
nouveau jardin (Orto Paulino),
4, 20, 26, 28, 30, 32, 34, 37 ( ?),
38, 40, 42, 43, 44, 45, 46, 48,
49,50, 53, 54, 56, 57, 59, 60, 61,
80, 81, 87, 88, 94, 104, 105, 107,
331
110, 112, 114, 118, 130, 135,
136, 140, 148, 161, 162, 164,
166, 169, 171, 180, 183, 185,
189, 190, 194, 195, 196, 250,
251, 271, 280, 282, 284, 295,
299.- Orangers, 4, 6, 87, 88,
94, 199, 249, 282, 296;
arro
sage des orangers, 299, 311.
Espaliers, 7, 80, 101, 107, 114,
118, 135, 170, 178, 184, 192,
194, 249, 271, 282, 296, 305.
R.-Arbres à fruits, 182.-Haies,
195.
Nouvelle allée derrière
le poulailler, 4, 6.
Mise en
état des allées à l'occasion de
l'arrivée de Charles-Quint, 38.
Tables de cyprès, 132.
Jasmins de la loggia, 34.
Litière
pour le Pape, 9.
Distillation de l'eau, 42,44, 295.
Bêtes de somme, 249, 263.
Boules et divers objets de
bronze, 284.
Capture ou
mise à mort de plusieurs renards
et d'un loup, 9, 10, 16, 18, 106.
Traitement des salariés, 8,
16, 21, 30, 44, 52, 60, 63, 67,
78, 85, 101, 104, 109, 114, 124,
130, 133, 142, 146, 150, 178, 186,
192, 195, 244, 246, 253, 266,
271, 276, 280, 284, 290, 299,
305, 311, 322, 324, 329.
Travaux au Cortile delle Statue,
113, 124.
Peinture des
niches des deux fontaines du
Cortile, 61.
Peinture de la
voûte qui conduit de l'un à
l'autre jardin, 246.
Trans
port de la statue de marbre de
Niccolò de Palis (Antinoüs),
289;-construction d'une niche
pour cette statue, 296.
Pein
ture de la niche de l'Apollon,
Peinture des niches du
42.
Laocoon et de la Vénus, 45.
Transport de la statue de Vénus
donnée au Pape par le gouver
neur de Rome, Ugo Rangone,
28;
mise en état de la niche
destinée à cette statue, 29, 40,
67;
peinture de cette même
niche, 54;
restauration de
cette même statue, 33, 60, 66,
88.
Restauration du Mercure,
332
88.
l'empereur Commode, 19;
peinture de cette même niche,
34.
Aumône donnée à un
pauvre en ce lieu, 91.
Bembo (Giovammatteo), neveu
de Pietro Bembo, 207, 246.
Bembo (Pietro), cardinal, 41, 42,
47, 49, 50, 59, 98, 117, 118, 119,
122, 123, 124, 136, 207, 234, 245,
246, 277, 282, 295;
lettre
dédicatoire à Paul III, 135.
Benci (Alessandro), comptable, 84.
Benci (Francesco), de Berni, cou
sin de Trifone Benci, 37.
Benci (Trifone) dit « delle Cifre »,
secrétaire-chiffreur, 37, 42.
=
R. Sommed'argentàlui donnée
pour son entretien, 307.
Benedetto, clerc de la Chapelle
secrète, 81.
=
R. Achat d'une
croix, d'un calice et de six chan
deliers, 246.
Benedetto (messer), ami de Cellini,
103.
Benedetto da Cagli, juge des
maléfices, 112.
Benevento.
V. Benevento (Le
comte de) ; V. Bernardino de B.
(Don);Paolo de B.; Perotta (Sci
pione).
Benevento (Le comte de), capi
taine des gentilshommes de la
maison de l'Empereur, 268.
R. Gratification à ses trom
pettes, 41.
Benimbene (Lorenzo) = R. Somme
d'argent à lui donnée pendant
une maladie, 300.
Beninveni (Lorenzo).-V. Benim
bene.
Benvegnati, ancien camérier secret
de Clément VII, 81. = R. Mule
à lui achetée pour la donner à
Vittoria Colonna, 113.
Beraldini (Giangiacomo de), doyen
des musiciens du Château Saint
Ange, 222, 224, 225, 298. =
R.
Sommes à lui remises pour
Galeazzo Baldi, malade, 110,
149; pourses frais de voyage
à Toscolano (Frascati ?) avec
ses compagnons pour yfaire de
la musique au Pape, 188;
LA COUR DE PAUL III
Niche pour la statue de
=
pour acheter des chevaux des
tinés à ses six compagnons et à
lui-même pour le voyage de
Nice, 202;
pourlevoyage de
deux fifres de Bologne à Plai
sance, 215.
Berardini (Giangiacomo de).
Beraldini (Giangiacomo de).
Bernardi (Giambattista), camérier
secret, 92, 93, 94, 110.
Bernardinade Zaccarella, deCapra
rola.
=
R. Paiement du prix
d'un cellier lui appartenant et
démoli pour faire le fossé du
lieu, 73.
Bernardina, ancienne prisonnière
=
des Mores.
R. Somme d'ar
gent à elle donnée par le Pape,
251.
Bernardino, della Mirandola, char
pentier et menuisier, 189, 190,
217, 296. = R. Travaux dans
la chambre du Pape, 6.
Travaux pour le Pape et ses
petits-fils, 54.
Petits esca
beaux à écrire pour la Chambre
du Pape, 79.
Somme d'ar
gent à lui donnée pendant une
maladie, 103.
Marchepied
(ou chaises-percées ? predelle),
pour la Chambre pontificale,
104.
Planches, clous, etc.,
pourla nouvelle litière, 117, 142,
198.
Caisse de noyer pour
mettre les vêtements du Pape
dans l'antichambre, 154.
Planches pour le Belvedere,
158.
Châsses, etc. , 164, 170.
Étrennes à son enfant, 174.
Chaire pontificale en noyer
pour le voyage de Nice, 198.
Armoires et grand coffre pour
la Sacristie pontificale, 198.
Caisses de sapin et autres objets
pour la Garde-robe, 198.
Bernardino da Mantova, maçon,
216.
Bernardino, maître de l'Écurie.
R. Mors, étriers et autres objets
pour les chevaux personnels du
Pape, 152, 165.
tion
au
Gratifica
maître d'Écurie du
gouverneur de Rome Benedetto
Conversini] qui a offert un genêt
leardo (gris) au Pape, 190.
Harnachement pour les mules
du Pape et autres travaux, 239.
Chiodasone de cuivre doré
pour le harnachement de la
V.
=
=
mule Borgia, 286.
Bernardino, palefrenier, 64.
Distribution d'aumônes, 292.
R.
Bernardino, de Benevento (Don),
garde-chasse de la bandità,
238, 243.
=
R. 11, 13, 30, 43,
53, 56, 62, 64, 68, 83, 102, 108,
128, 156, 178, 193, 238, 252,
274, 304.
Somme à lui don
née pour aller chez lui, 110.
Bottes et carnier à lui donnés,
129.
Sommes d'argent à lui
données pendant une maladie,
139, 316.- Provision mensuelle,
328.
Bernardino, de Bressa [Brescia]
(Frà). = R. Somme d'argent à
lui remise pour Camillo Palone,
128.
Bernardino de Comitibus, proto
notaire. = R. 27.
Bernardino della Croce, trésorier
secret.
nardino).
Bergame.
V. Della Croce (Ber
V. Bettino; Damiano
(Frà).
Bernardino de Alexandris, notaire
de la Chambre apostolique, 83.
Bernardino di Daniele, de Gradoli.
=
R. Sommes d'argent à lui
données, 66, 137.
Bernardino da Monteleone (Frà) .
= R. Somme àlui donnée pour
marier une sienne nièce, 140.
Bernardino Patricano [de Patrica].
R. Sommes d'argent à lui
=
données, 36, 85, 130, 200.
Bernardino de Pescia.
Asandri (Bernardino).
V.
Bernardino, de Scanzano, camérier
secret ( ?) . = R. Somme à lui
remise pour les oblates bénédic
tines de Torre de' Specchi, à
Rome, 88.
Bernardino (de Vérone), musicien,
227, 229.
Bernardo, chevau-léger. =
R.
Somme à lui donnée à Gênes,
pour se faire soigner, 230.
INDEX DES NOMS
Bernardo.
nardo).
V. Baccareti (Ber- | Biondo (Flavio), humaniste, secré
taire d'Eugène IV, de Nicolas V,
Berni (Francesco), poète, 120, 211,
228, 243, 277.
Bero (Pietro Antonio), camérier,
298.
R. Somme à lui don
=
née pour aller à Turin pour
le recouvrement de certains
spolia, 230.
Beroldingen (Hektor von), 137.
Berrettai (Gradasso).
dasso.
Berseio.
V. Bersezio.
V. Gra
Bersezio (prov. de Cuneo). = R.
Passage du Pape allant à Nice,
211.
Berthereau (Nicolas), secrétaire du
connétable Anne de Montmo
rency, 300.
Bertone, sous-cuisinier secret, 79.
=
R. Somme d'argent à lui
donnée pour son entretien, 305.
Bessarion (François), cardinal, 143.
Betti (Bernardino).
V. Pintu
ricchio (II).
Bettino, de Bergame, maçon, 188,
215.
=
R. Enlèvement des
terres dans le nouveau jardin
du Belvedere, 130, 135, 140.
Beton (David), archevêque de
St.- Andrews, puis évêque de
Mirepoix, cardinal, 125, 136.
Bettini (Bartolomeo), fondé de
pouvoir ( ?) de Tommaso Caval
canti, 86.
Bianchetto (II), familier du cardi
nal de Tournon, 137, 138.
Bibbiena (Bartolomeo), frère ou
neveu du cardinal Dovizi, 121.
Biliotti ou Biliotto (Le cheval
turc), probablement offert au
Pape par un Biliotti de Flo
rence. = R. Harnachement, 50.
Bina, lingère de la Chambre ponti
ficale, 80.
R. Étrennes, 14,
228.
=
Paniers pour porter le
linge blanc du Pape, 43.
Bindella (le Trévisan), luthiste,
230.
Bini (Gianfrancesco), secrétaire
privé, 38, 40, 227, 228.
Bionda (Gloria).
(Gloria).
Biondo (Angela), 45.
V. Biondo
de Calixte III, de Pie II, 45.
Biondo (Francesco), secrétaire
d'Alexandre VI, 45.
Biondo (Gaspare), notaire et clerc
de la Chambre apostolique, 45.
Biondo (Girolamo Flavio), 45.
Biondo (Gloria), fille de Girolamo
Biondo, 45.
Biondo (Paolo Flavio), secrétaire
d'Alexandre VI, 45.
R.
Somme d'argent donnée à ses
fils , 91.
Biondo (Paulina de), 45.
Bisenzo. = R. Dépenses payées à
Meleghino, à l'occasion d'un
voyage à Bisenzo pour une
construction (fabrica), 320.
Bisignano (Le prince de).
Sanseverino (Bernardino).
Bizocche.
V. Béguines.
Blado (Antonio), imprimeur, 197.
Blanchisseuses.
V. Bina ;
V. aussı
Ursolina; Bella.
Lingères.
Bobadilla (Nicolas). S. J., 307, 308.
Boccace (Jean), 21.
=
œuvres reliées pour Ottavio
Farnese, 137.
Boccadiferro (Vincenzo), évêque
de Marsico, majordome, 28.
Boccamazza (Domenico), maître
des chasses, 234, 240, 242.
R. Étrennes, 97.
Boccamazza (Giovanni), évêque
de Tivoli, cardinal, 234.
Boccamazza (Girolamo), conser
vateur, 234.
Boccamazza (Vincenzo), chanoine
de Santa Maria in Cosmedin,
234.
Boccarini (Bernardino), secrétaire
de Rodolfo Pio, 37, 42, 57.
Bohémiennes (Zingare).
R.
Aumône àplusieurs d'entre elles
près deBolsena, en allant à Nice,
205.
Boichant (Adrien), horloger, 174.
R. Somme à lui versée pour
=
avoir réparé une horloge, 270.
Boleyn (lady Anne), femme de
Henry VIII, reine d'Angleterre,
271. = R. Nouvelle de sa con
333
damnation (1er mai 1536)
envoyée au Pape par le nonce
en France, 53.
Bolino (Francesco), palefrenier,64,
65.
Bologna(H.).-V. Girolamo, dit il
Bologna.
Bologne. = R. Ruban d'or tissé,
acquis en cette ville pour faire
les croix sur les chaussures du
Pape, 48.
Séjour du cardinal
=
R. Ses
=
Alessandro Farnese, 55.
V.
Trombones.
Bolsena (Registre : Bolseno) (arr.
de Viterbe). = 'R. Passage du
Pape en allant à Nice, 205,
V.
=
206.
Bombardiers.
V. Alessandria;
Château Saint-Ange; Massa;
Plaisance; Sarzana.
Bomes ( ?) (Francesco), distilla
teur d'eaux au Belvedere, 216.
Bonafé (Francesco) et Cie, mar
chands, 205, 206. = R. Fourni
tures à la Chambre pontificale,
110.
Bonafede.
cesco).-
V. Bonafé (Fran
Bonanni (Cherubino), de Pise.
=
R. Somme d'argent à lui donnée
pour son entretien, 332.
Bonard ou Bonardot (Louis), char
pentier français, 196.
Bondo, speziale, [épicier et phar
macien]
R. Torches pour
=
la messe annuelle dite pour
le repos del'âme d'Alexandre VI
et d'Adriana de Milis, 2, 324.
Bonelli (Niccolo) comptable de la
Chambre apostolique, camérier
du Pape, 295, 298.
=
R.
Dépenses pour le service du
Pape, 12.
Travaux à la
Magliana, 26, 27.-Rembourse
ments d'aumônes, 29, 106, 110.
Chargé de payer diverses
dettes faites par le Pape in
et d'autres
minoribus, 45;
personnes, 132.
Gratification
pour une somme par lui recou
vrée, 106.
Coffres pour la
Chambre pontificale, 188.
Sommes d'argent à lui remises
pour les dépenses faites pendant
334
le voyage de Nice, 204, 207,
210, 211, 213-218, 220-231, 233,
234.
Bonetti (Domenico), fondeur, 158.
Bonfadio (Jacopo), littérateur, 52.
Bongalli (Giacomo), 49.
Bongiovanni (Antonio Giacomo),
majordome, 59.
Bonifacio de Bragia, notaire de la
Chambre apostolique, 85.
Bonizio (Bernardo ou Bernardino),
agent de Costanza Farnese, 266.
=
R. Somme d'argent à lui
remise pourlevoyage deSforzino
Sforza allant remettre à Charles
Quintle petitlivre d'Heures relié
par Benvenuto Cellini, 48.
Sommes d'argent à lui remises
pour payer les pensions de
dames romaines, 239, 249, 278,
288, 296, 308, 318, 332.
Bonnevin (Jean), chantre de la
Chapelle, 221.
Borgherini (Pier Francesco), 145.
Borghetto (auj. commune de Civi
tacastellana, arr. deViterbe). =
R. Séjour du Pape en 1536;
gratification aux jeunes gens à
un pêcheur, à deux gens de
Bolsena qui firentlacuisine, etc..
76.
Borgia (Alfonso), pape.
Calixte III.
V.
Borgia (César), duc de Valentinois,
7, 8, 16, 32.
Borgia (Girolamo Borgio, ou plu
tôt). = R. Somme d'argent à lui
donnée, 271.
Borgia (don Juan), 279.
R.
Sommed'argentàluiremise, 66;
=
pour s'équiper à l'occasion
de la remise du bâton de capi
taine de l'Église à Pier Luigi
Farnese, 103.
Borgia (Juan III), duc de Gandia,
petit-fils d'Alexandre VI.
R. Genêts gris par lui donnés
=
au Pape, 136, 198.
Mule pro
bablement offerte par lui (mula
Borgia), 286.
Borgia (Lucrèce), duchesse de
Ferrare, 6, 119, 251.
Borgia (Rodriguez), vice-chance
lier de l'Église, 5; cardinal, 33;
LA COUR DE PAUL III
pape (Alexandre VI), 5, 6, 7,
44, 69, 143, 235.
=
R.
Messes pour le repos de son
âme, 2, 82, 85, 156, 159, 252,
262, 324, 325.
Borgia (Tour), au Vatican. = R.
Chambres remises en état par
Ascanio Sforza et par lui cédées
à Ottavio Farnese et à ses
frères, 26, 36.
Borgna, de Caprarola. = R. Somme
d'argent à lui donnée, 186.
Borgo.
V. Francesco, cassaro;
Girolamo, dit il Bologna; Ludo
vico, menuisier.
Borgonuovo (ancienne via Ales
sandrina, à Rome), 201, 210.
Borgo San Donnino (prov. de
Parme) = R. Séjour et déjeuner
du Pape allant à Nice; gratifi
cation aux jeunes gens, 212,
213.
Borgognone.
V. Francesco Bor
gognone; Stefano Borgognone.
Borja.
V. Borgia.
Bosiis (Onofrio de), Romain.
=
R. Somme d'argent à lui donnée,
146.
Botticelli (Alessandro Filipepi, dit
Sandro), 144.
Bouffons.
V. Cagnetto; Baccio
(Frà) ; Rosso (Il cavaliere) ; Sto
pino (Frà).
Boulangers secrets. = R. Gratifi
cation de Noël, 272.
vanni Pietro.
Boulangerie pontificale
V. Gio
R.
=
Somme d'argent donnée
<<< muet du four », 135.
au
Four
construit dans la maison de
Luca Muziano pour cuire le
pain destiné à l'usage personnel
duPape, 152. Récipient d'ar
gent doré pour mettre le pain
du Pape, 182.
Boullet(Jean), sommelier de Fran
çois Ier, 76.
Boulogne (Madeleine de), femme
de Laurent de Médicis, premier
duc d'Urbino; mère de Cathe
rine de Médicis, 120.
Bouteillerie et Cave secrète.
R. Étrennes aux garçons, 15.
=
Indemnité aux officiers et gar
çons pour un voyage fait avec
le Pape dans le Patrimoine, 89.
Gratifications aux quatre
aides, à l'occasion de la Saint
Jean, 138, 236, 298;
auxbou
teillers pendant le voyage de
Nice, 215;
pour le voyage à
Pérouse de 1544, 320.
Colzado (Vincenzo); Lancerio
V.
(Sante); Sperone; Zanettinos
(Dionysios ?) ; Zingaro ; Vins.
Bouteillers.
V. François Ier.
Bovino (prov. de Foggia).
V.
Oliva (Alfonso).
Bozzuto (Ludovico). = R. Somme
d'argent à lui donnée, 186, 187.
Bracchieri, valets de chiens.
V. Alessandro; Giovanni.
V.
aussi Carafa (Gianvincenzo);
Cupis (Domenico de); Farnese
(Alessandro) ;
Farnese (Pier
Luigi); Orsini (Girolamo); Sforza
(Guidascanio).
Bragadin (Lorenzo), ambassadeur
vénitien près le Saint-Siège,
257, 272, 284, 290.
Bramante, 8, 178, 212.
Brandano, ermite de Rome, 306.
Brandici (Antonio), maître de
musique de Vittoria Farnese. =
R. Traitement, 10, 36, 50, 93,
113, 125.
Brescello (prov. de Reggio nell'
Emilia). = R. Passage du Pape
en allant à Nice; aumône à des
religieuses, 212.
Brescia.
=
R. Étrennes aux vio
lons de cette ville, 14.
Don
au
Pape, par son camérier
Durante, de deux grands capo
fuochi venant de cette ville, 31.
V. Bernardino (Frà); Duranti
Durante.
Bresciano (Giovanbattista), camé
rier secret, 194, 208.
=
R.
Dépenses diverses pour la
Chambre pontificale, 18, 32,
58, 74, 106, 108, 127, 137,
142, 151, 166, 168, 178, 182,
188, 195, 197, 273, 283, 310.
Barrettes pour les cardinaux
delapromotion du 22 décembre
1536, 102.
Somme àluiremise
pour les officiers des galères de
INDEX DES NOMS
France qui avaient conduit le ❘ Buonvisi (Vincenzo), 95.
Pape de Nice à Gênes, 228.
Distribution d'aumônes, 241.
Somme d'argent à lui donnée,
296.
Bressano (Giambattista).
Bresciano (Giovanbattista).
Bréviaire (nouveau du Pape).
V.
R. Somme payée pour les four
nitures et la façon de ce bré
viaire, offert au Pape par
l'évêque de Castro, 146.
Brianza (Monte di), prov. de
Côme. = R. Aumône à des reli
gieuses de ce lieu, pendantle
voyage de Nice, 214.
Brigida (Sœur). = R. Pension, 27,
34, 39, 44, 56.
Brindisi (Le cardinal de).
Aleandro (Girolamo).
Brixello.
Brodeur.
V. Brescello.
V.
V. Farfengo (Angelo).
Broët (Paschase), S. J., 307, 308,
312.
Brognolo (Giorgio), 6.
Brulé (Pierre), chantre de la
Chapelle, 221.
Bruni(Leonardo), d'Arezzo, 21, 22.
Bruno (Cola), 246.
Buccelleni (Clemente), 45.
Buccelleni (Martino), 45.
Bufalini (Leonardo), graveur sur
bois, auteur du célèbre plan de
Rome, entrepreneur de menui
serie, 197, 219, 220.
Bulthet, chantre de la Chapelle.
V. Genet.
Buonamico (Lazzaro), précepteur
de Ranuccio Farnese, 42, 43,
117.
Buonaccorsi (Piero).
del Vaga.
V. Pierino
Buonarroti (Michelangelo).
Michel-Ange.
Buondelmonti (Zanobio), 108.
V.
Buongiovanni (Antonio Giacomo),
évêquedeCamerino,majordome,
27.
Buongiovanni (Bernardo), évêque
de Venosa, médecin d'Alexan
dre VI, 27.
Buonvisi (Antonio), 95.
Buonvisi (Lodovico), 95.
Buonvisi (Martino), 95.
Burzi (Tiburzio), maestro di casa
du cardinal Alessandro Farnese,
petit-fils de Paul III, 141.
Busini (Benedetto), 210.
Buzuto (Ludovico).- V. Bozzuto
(Ludovico).
C
Cadamosti (Tommaso), secrétaire
apostolique, médecin de Paul
III, 36, 205.
Caetani (Antonia), de Castellot
tieri,
207.
=
R. Paiement
d'une dette par elle contractée
envers Baldassare Olgiati, 178.
Somme d'argent à elle don
née, 239.
Caetani (Bonifazio), de Sermoneta,
279.
Caetani (Camillo), de Sermoneta.
=
R. Somme d'argent don
née à Pier Luigi Farnese pour
jouer à prime avec lui, 163.
Caetani (Cola), oncle d'Alessandro
Farnese (futur Paul III), 5.
Caetani (Jacopo), oncle d'Ales
sandro Farnese (futur Paul III),
5.
Caetani (Niccolò), cardinal, parent
de Paul III, 33.
Caffarelli (les), famille romaine,
264.
Caffarelli (Giovanandrea), cha
noine, 167.
Cagli (Benedetto da), juge des ma
léfices.
Cagli.
V. Benedetto da
Cagnetto, de Velletri, « bouffon
maigre » du Pape, 54, 56, 201,
298.
=
R. Somme d'argent à
lui donnée, 144.
chaussures, 197.
Bottes et
Étoffe rouge
pour lui faire une cape, 206.
Jupon et chaussures pendant le
voyage de Nice, 215.
d'argent à lui donnée pour aller
voir les siens à Velletri, 235.
Traitement mensuel, 244, 250.
Cagnetto (Angelo de), notaire ou
prêtre de Pérouse, traducteur
de la Doctrine puérile, 54.
335
Caietani (Antonia).
(Antonia)
V. Caetani
Calcagni (Roberto), brodeur ( ?),
181.
Calcondila (Demetrio).- V. Chal
condyle (Demetrius).
Calino (Frà Bernardino), évêque
de Segni = R. Somme d'argent
àlui donnée, 20;
à lui remise
pour remplir une mission à lui
confiée, 131;
pour Marcode
San Gimignano, 166;
pour
aller à Plaisance pour le service
du Pape, 200.
Calixte III, pape, 45, 101.
Cambrai(toile de). =R.10,35, 188.
Cambray (Jean de), chantre de
la Chapelle, 221.
Camériers secrets.
V. Bres
ciano (Giovanbattista) ; Capo
bianco (Bartolomeo); Ceci (Pom
ponio); Della Torre (le comte
Michele); Del Monte (le mar
quis); Durante de' Duranti;
Folenghino (Hieronymo) (Giro
lamo Folengo]; Mercurio (Gio
vanni Andrea); Silvestri (Eu
riale) ; Zeffiri (Egidio); Zeno
(Ottaviano).
Camerino (duc de).
(Giovanni-Maria).
V. Varano
(duchesse
de).- V. Cibo (Caterina).
Camerino (Gian Maria da), or
fèvre, 169.
Camerino (Tobia da), orfèvre, 59,
104, 162-164, 171.
Camerlingue des chanoines de
Saint-Marc.
=
R. Somme à lui
payée pour la location (ou l'im
pôt) d'une maison appartenant
aux chanoines de Saint-Marcet
incorporée à la Place Farnese,
276.
Camerlingue de San Pietro.
Luigi.
Camillo (Le capitaine).
Orsini (Camillo).
Somme
Camillo, de Sermoneta.
V.
V.
V. Cae
tani, de Sermoneta (Camillo).
Campano (Giovanni), philosophe
et mathématicien, 22.
Campeggio (Alessandro), évêque
deBologne, clerc de la Chambre
apostolique, 88.
336
Campeggio (Tommaso), évêque de
Feltre, nonce à Venise, célèbre
canoniste, 269.
Campo di Fiore, à Rome.
V.
Marcantonio, chirurgien.
Canale (Giovanni Battista), aide
=
d
e la Chambre pontificale, 298.
R. Dépenses pour la
Chambre pontificale, 91, 118,
162;- pendant le voyage de
Nice, 213.
Serge de soie
blanche de Lucques pour le
Pape, 312.
Canani (Giulio), secrétaire domes
tique, 40.
Canapina (auj. Canepina, arr. de
Viterbe).
=
R. Gratification
aux gens du lieu, 74.
Canatiere (valet de chiens).
V. Giovanni.
Cancelleria nova.
V. Chancel
lerie (Palais de la).
Candiani (Battista), orfèvre, 172.
Canevari ou canovari communi.
V. Sommeliers communs.
Canino (auj. arr. de Viterbe, prov.
de Rome).
=
R. Dot pour
une jeune fille de Valentano se
mariant en ce pays, 25.
Sommes d'argent données aux
Dames de la Discipline pour la
Semaine Sainte, 31, 113, 294.
Aumône à des femmes de ce
pays se rendant à Lorette, 31.
Crucifix pour les Hommes de
la Discipline, 180.
Somme
d'argent pour la restauration de
l'église, 181.- V. Alessandro di
Giovannino ; Gesomina; Giulia,
veuve de ser Virgilio; Inno
cenzo; Juifs convertis ; Leandro;
Leonardo di Brunetto; Lodovico
de Canino ; Simone.
Canonna (Francesco da).
V.
Francesco da Milano.
Cannaia (arr. de Foligno, prov.
de Pérouse).
V. Ercole, de
Cannaia; Marcantonio, de
Cannaia.
Cantaro (messer). = R. Désigna
tion plaisante d'un objet em
porté dans une bourse de
cuir pendant les voyages du
Pape, 326.
LA COUR DE PAUL III
Cantelma (Lucrezia).
R. Au
=
mône à elle remise, 36.
Capelle (Antoine), chantre de
la Chapelle, 221, 223.
=
R.
Sommes à lui versées pour la
location de sa chambre, 44, 47;
pour aller conduire sa famille
à Ferrare, 60;-pourla location
de la maison où il habite, 84,
125, 160, 199, 291, 323;
pour
l'achat d'un lit et de diverses
autres choses, 138.
Provision
mensuelle, 113, 118, 128, 135,
141, 147, 153, 168, 178, 186,
192, 213, 224, 230, 238, 242,
247, 265, 273, 277, 282, 286,
291, 297, 304, 306, 321.
Capello (Bartolomeo), notaire de
la Chambre apostolique, 84, 85,
86.
Capicelli (Agostino), horloger du
palais pontifical, 174.
Capitaine ou gonfalonier de
l'Église.
V. Farnese (Pier
Luigi).
Capitaines.- V. Alessandro; Cola
de Sessa; Nisij (Mario); Orsini
(Camillo); Paloni (Marcello);
Prete ; Stefano de Coron ; Ste
fano Greco; Trementino
Prementino; Zoppo.
Capitani (Lodovico de'), peseur
de la Monnaie, 169, 170.
Capitani (Pompeo de'), joaillier,
59, 161, 162, 163.
Capitole.
R. Gratifications et
=
étrennes aux trompettes et
fifres, 2, 14.
Cadeau de
Pâques, 42, 114, 287.
Anni
versaire de la création et du
couronnement, 83, 158, 260, 323.
Étrennes, 97, 174, 269.
Gratification aux fifres, au re
tour de Nice, 234;
aux tam
bourins, 235.
Capizucchi (Paolo), évêque de
Nicastro, 260.
Capobianco (Battista), crédencier
secret, 72. = R. Achat de deux
rames de papier, 193.
Somme
d'argent à lui donnée pour son
entretien, 301.
Capobianco (Bartolomeo), de Be
nevento, archidiacre de Sant'
Agata, évêque de Lettere, nonce
extraordinaire et collecteur
apostolique dans le royaume de
Naples, camérier, 51, 52, 72.
=
R. Somme provenant des
décimes et des spolia par lui
perçus, 249.
Capobianco (Cesare), filsde Bat
tista Capobianco, 72.
Capobianco (Ipolita [sic]), 72.
Capobianco (Salvatore), fils de
Battista Capobianco, 72.
Capocaccia
chasses.
V. Maître des
Capodiferro (Bernardina), 34.
Capodiferro (Girolamo Recenati),
évêque de Nice, puis de Saint
Jean de Maurienne, cardinal,
dataire, trésorier général, 34,
86, 90.
Capodiferro (Raimondo), maître
des rues, 133. = R. Somme d'ar
gent à lui remise pour l'égout,
en construction, de San Lorenzo
in Lucina, 250.
Capodimonte (arr. de Viterbe,
prov. de Rome). = R. Le camé
rier du Pape, Silvestri, dépêché
ou
à Pier Luigi Farnese en ce lieu,
52.
Séjour du Pape, au retour
de Nice, aumônes, 233.
Voyage de Giacomo Meleghino
et de Cristoforo d'Ogia pour la
fabrica de Bisenzo, 320.
V. Rosa, de Capodimonte.
Capogallo (Jacopo), 259.
Capoue.
V. Pirro (Don).
Capranica [di Sutri) (arr. de
Viterbe, prov. de Rome). = R.
Gratification donnée à Ronci
glione à trois fifres de ce pays,
en allant à Nice, 203.
Caprarola (arr. de Viterbe).
=
R. Séjour du Pape en 1536,
gratifications et aumônes
diverses, 73, 74.- Don d'une
somme d'argent à l'église San
Rocco, 73.
Séjour d'Ottavio
Farnese en 1537, 137, 144.
Séjour du Pape en 1537 ( ?),
150.-- Séjour du Pape au retour
de Nice, aumônes, 233, 234.
V. Angelo; Antonia; Antonio di
Martino; Bernardina de Zacca
INDEX DES NOMS
rella; Borgna; Forello; Menica;
Ursolina.
Capucins de Rome.
R. Somme
=
d'argent à eux donnée par le
Pape pour la construction de
leur maison, 65.
Aumône
ordinaire de Noël, 272;
Pâques, 286.
de
Capri (Abbé de) [Caspar de Ca
pris ?], 36.
Caracciolo (Marino), évêque de
Catane, cardinal, 67, 269.
Carafa (Giampietro), cardinal, 33,
119, 139, 240, 274, 310; pape
(Paul IV), 26, 34, 36, 40, 44, 62,
63, 65, 66, 70, 77, 79, 98, 101,
115, 156, 172, 183, 211, 312.
Carafa (Gianvincenzo), archevêque
de Naples, cardinal, légat de
Rome pendant le voyage de
Nice, 297. = R. Gratification à
son valet de chasse (bracchiere),
18, 98, 176.
Carbalzo (Sebastiano de), gouver
neur de l'hôpital Sant'Antonio
de' Portoghesi. = R. 284.
Carbognano (arr. de Viterbe, prov.
deRome).
=
R. Gratification
auxgens du lieu venus, en 1536,
pour saluer le Pape à Caprarola,
73.
Carcerata (Moines dela), à Acqua
pendente.
R. Somme d'ar
=
gent à eux donnée, 76.
Cardan (Jérome).
(Girolamo).
V. Cardano
Cardano (Gir lamo),médecinmila
nais, 230, 231.
Cardello (Giuliano), orfèvre ro
main, 164.
Cardello (Guglielmo), orfèvre ro
main, 164.
Cardinal (Un)
Sainteté ». =
( connu de sa
R. Somme d'ar
gent àlui donnée pour son entre
tien, 333.
Cardinal-camerlingue.-V. Sforza
(Guidascanio).
Cardinal d'Angleterre (Le).
V. Pole (Reginald).
Cardinal de Trente (Le).-V. Cles
(Bernardo) ; Madrucci (Cristo
foro).
Cardinaux. = R. Barrettes pour
la promotion du 22 décem
bre 1536, 102.
Cardoino (Mario), correspondant
d'Onorato Fascitello, 295.
Carlo, serviteur (ou fils) de Paola
de Spaldis = R. Sommes d'ar
gent à lui données, 7, 105.
Carmes de Nice. = R. Aumône à
eux donnée, 227.
Caro (Annibal), 36, 43, 52, 56, 61,
65, 93, 102, 103, 104, 105, 106,
111, 136, 170.
Carpi.-V. Pio de Carpi(Rodolfo).
Carnaval.
R. Séjour du Pape
=
à ce moment au Château Saint
Ange, 28.
Gratification don
née à ce moment aux gens de
pied du Château Saint-Ange et
aux bombardiers, 106;
gens de pied du Château Saint
Ange, 192.
Mascarade orga
nisée par le barbier du Pape;
course à l'anneau en présence
deMarguerite d'Autriche (1544),
279.
Carrare (prov. de Parme).
Patiente de Carrare (Sœur).
Carvajal (Bernardino), évêque
d'Ostie, cardinal de Santa Cruz,
10.
Carrillo (Andrea), prélat espagnol,
l'un des exécuteurs testamen
taires de l'orfèvre Crivelli, 169.
Casale (Francesco), neveu de La
tino Giovenale de' Manetti,
ambassadeur d'Henry VIII à
Rome, 125, 129.
Casale (Gregorio), neveu de Latino
Giovenale de' Manetti, ambassa
deur d'Henry VIII, à Rome,122,
123, 124, 129.
Casale di Monteferrato.
R.
Voyage de Francesco Taurello
accompagnant Giovanna Orsini
ou se rendant près d'elle, 127.
Casanova (Marcantonio), poète,
118.
Casolano (Niccolò), secrétaire apos
tolique (d'après Marini), notaire
de la Chambre apostolique, 83,
85.
Cassio (Giovanni).
Casa (Giovanni).
Castel Sant' Angelo.
V. Della
=
R. Sé
337
jour du Pape en août 1538 (?);
gratification aux jeunes gens,
241.
Castello Sant'Angelo.- V. Châ
teau Saint-Ange.
Castellammare di Stabia] (prov.
deNaples).
V. Giovannide C.
Castellesi (Adriano).-V. Adriano
de Corneto.
Castelli (Girolamo), sommelier, 77.
Castelli (Sebastiano), 77.
Castello (Paolo da), organiste, 230.
Castello (Vincenzo da), banquier
(?), 87.
Castellottieri (prov. de Grosseto).
V. Caetani (Antonia).
Castel San Giovanni (prov. de
aux
V.
=
Plaisance). = R. Pont jeté sur
le Tidone, près de cette ville,
pour passer les piétons de la
suite du Pape; aumônes; grati
fication aux gens de pied de la
Rocca, 218.- Latino Giovenale
de' Manetti expédié de là à
Nice, 218.
Castiglione (Baldassare), 10, 21,47,
115, 118, 212.
Castro (Le duc de). V. Farnese
(Pier Luigi).
Castro (La duchesse de).
R.
=
Étrennes à elle données, 268.
Castro dei Volsci] (arr. de Frosi
none, prov. de Rome). = R.
Voyage fait en cette ville par
V. Ma
Giulio Grandi, 117.
gnaschi (Lodovico).
Catéchumènes (Compagnie des).
=
R. Somme d'argent desti
née à vêtir 14 Juifs qui veulent
se convertir au christianisme,
327.
Caterino, crédencier du Tinello
segreto, 72.
R. Frais de sa
=
sépulture remboursés à Niccolò,
camérier du cardinal Pole, 303.
Rectification de la mention
de la p. 303, 335.
Catino (Frà Bernardino). = R.
Somme d'argent à lui donnée,
20.
Cavalleggiere.-V. Chevau-Léger.
Cavalcanti (Bartolomeo), noble
Florentin, familier du cardinal
Hippolyte II d'Este, 57.
43
338
Cavalcanti (Tommaso), banquier,
86, 91.
Cavalieri (Bartolomeo), envoyé du
duc de Ferrare à Henry VIII,
174.
Cavalieri (Giambattista de'), 219.
Cavaleris (Giovanni di Francesco),
cordonnier du pape, 201.
Cavallero(Michele), palefrenier, 64,
R. Somme d'argent
65. =
à lui donnée pour rentrer
chez lui, 192.
Cecilia (Madonna). = R. Somme
d'argent à elle donnée, 240.
Cecilia, de Marino. = R. Somme à
elle donnée pour avoir offert
au Pape des poires jacciole et
des pêches, 140.
Cazione(Francesco),marbrier, 189.
Ceci (Attilio), chanoine de Saint
Jean de Latran, 49.
Ceci (Giuliano), 49.
Ceci (Pomponio), évêque d'Orte
et Civitàcastellana, puis de
Nepi et de Sutri, cardinal, camé
rier secret, 48, 49.
=
R.
Somme d'argent à lui remise
pour le service du Pape (déc.
1537), 170.
Cecio(Pomponio).-V. Ceci (Pom
ponio).
Ceffini (Zanobio).
(Peut-être
l'auteur de La Triomphante
Entrata di Carlo V... à Roma ?)
=
R. Sommes d'argent à lui
données, 28, 154.
Cellini (Giovanni), père de Ben
venuto, 224.
Cellini (Benvenuto), 6, 59, 60, 81,
99, 102, 103, 104, 107, 112, 115,
122, 159, 161, 162, 163, 168,
170, 171, 184, 185, 195, 197,
212, 224, 265, 267.
Celone (Paolo), propriétaire d'une
maison près du Capitole, 187.
Cenami (Francesco), 170.
Cenami (Martino), 170.
Cencia, creata de [l'hôpital] San
Spirito. = R. Somme d'argent
à elle donnée pour avoir chanté
plusieurs fois devant le Pape,
260, 279.
Cereo pasquale (Cierge pascal) =
R. Acomptes versés au sacriste
LA COUR DE PAUL III
Frà Alfonso Oliva pour le cierge | Cesarea, d'Ancône (Madonna).
travaillé que l'on fait pour la
Chapelle du Pape, 32, 36.
Remboursement au trésorier par
le sacriste de l'argent reçu pour
le cierge pascal, payé par la
Chambre apostolique, 51.
Cerminato (Andrea), primicier de
la cathédrale de Milan et rece
veur des décimes du Duché.
=
R. Versement par lui fait sur
les décimes des bénéfices du
Milanais, 217.
Cernuschi (Vincenzo), marchand à
Rome.
=
R. Fournitures à la
Chambre pontificale, 135;
Cortina et toile de Lodi pour le
Pape, 201.
Cerruti (Antonio), 47.
Cerugico (chirurgien).- V. Mar
cantonio.
Cerveteri (arr. de Civitavecchia,
prov. de Rome). = R. Séjour du
Pape en 1537; gratifications et
aumônes, 122.
Cervini (Marcello), évêque de
Nicastro, bibliothécaire de la
Vaticane, cardinal, 28, 31, 49,
61, 75, 89, 91, 109, 110, 127,
pape
128, 139, 212, 298;
(Marcel II), 44, 98.
Cervini (Romolo), le plus jeune
frère de Marcello Cervini, 40.
César (Jules).
R. Médaille
=
achetée pour le Pape par Latino
Giovenale, 225.
Petite boîte
d'ébène pour mettre cette mé
daille, 288.
Cesare, négociant romain, 151. =
R. Sommed'argent à lui versée
pour le bleu d'outremer qu'il a
envoyé chercher à Venise pour
la Chapelle que peint Michel
Ange, 47.
Cesare, écrivain des brefs.
V.
Accurio.
Cesare, page de Ranuccio Farnese.
=R. Dépenses pour son habil
lement, 59, 86, 118, 125.
Cesare, sellier.
=
R. Têtières et
rênes pour les deux mulets des
litières prêtés au duc de Castro
lors de son départ pour Plai
sance, 291.
V. Graziola (Cesarea).
Cesarini (Ascanio), 98.
Cesarini (Giuliano), baron romain ;
gonfalonier du peuple romain,
14, 261.
Cesarini (Alessandro), cardinal,
253, 276.
Cesati (Alessandro), 75.
Cesena.
Cesi.
V. Giovanni Giacomo.
V. Cesis (de).
Cesis (Federico de), évêque de
Todi, clerc de la Chambre apos
tolique, 86.
=
R. Statues et
bustes de marbre provenant du
cardinal Paolo de Cesis donnés
au Pape par Federico de Cesis
et transportés au Palais Farnese,
147, 160.
Cesis (Paolo de), cardinal, 48, 88,
243, 276.
=
R. Chasses avec
Paul III et ses petits-fils;
étrennes à son bracchiere, 18,
98.
Statues et bustes de
marbre de sa collection donnés
au Pape par Federico de Cesis
et transportés au Palais Far
nese, 147, 160.
Cettigaro (Lodovico).- V. Ludo
vico de Carpi.
Ceuli(Girolamo), banquier ( ?), 88.
Chalcondyle (Demetrius), profes
seur de grec, 43.
Chambre apostolique.-V. Audi
teurs de la Chambre; Cardinal
camerlingue;
Clercs de la
Chambre; Commissaires de la
Chambre; Gouverneurs de
Rome; Notaires de la Chambre;
Présidents de la Chambre; Pro
cureurs généraux du fisc.
Chambrede l'Audience auVatican,
190, 201.
R. Matelas, 19.
=
Store, 189.
Chambre blanche, dans l'apparte
ment pontifical. = R. Appareil
mis à la cheminée pour l'empê
cher de fumer, 36.
cet appareil, 38.
Chambre pontificale.
Pose de
V. Aides;
Aumôniers; Balayeurs secrets;
Barbiers; Bouffons ; Bouteillers;
Camériers; Chirurgien; Clercs
de la Chapelle secrète; Créden
INDEX DES NOMS
ciers; Cuisiniers; Cursori; Da
taires; Dépensiers; Économes;
339
toine); Conseil (Jean); Dan- | Charles VIII, roi de France, 3.
kerts (Ghislin); Festa (Cons
Lingères ; Maîtres de l'Écurie;
Maîtres de la Garde-robe;
Maîtres-huissiers; Majordomes;
Massiers ; Pages; Palefreniers ;
Précepteurs; Sacristes ; Secré
taires; Sommeliers; Trésorier
secret.
V. aussi Bernardino,
charpentier; Bonafé (Fran
cesco); Cernuschi (Vincenzo);
Francesco, fabricant de caisses ;
Luigi, libraire.
Chambre rouge, dans l'apparte
ment pontifical. = R. Nouveau
grillagede fermisàlafenêtre,45.
Chambre de la Signature
Vatican, 9, 144.
tables, 132, 250.
=
au
R. Petites
Chambre de la Tarsia, dans
l'appartement pontifical. = R.
Pose d'un cadenas à la porte,
110.
Chambre verte, dans l'apparte
ment pontifical. = R. Lanterne
de bronze mise sur la cheminée
pour l'empêcher de fumer, 20.
Réparation à la même che
minée, 28.
Chancellerie (Palais de la), 14,
258, 260, 275. = R. Lits pour
la suite du duc de Ferrare, 5.
Séjour du Pape en revenant de
Saint-Paul, 20.
Chantres de la Chapelle.
R.
Gratifications pour l'anniver
=
saire de la création et du cou
ronnement, 2, 83, 158, 260,
322.
Étrennes, 14, 96, 174,
268.
Gratifications pour la
fête de la Conversion de Saint
Paul, 21, 102, 182, 273;
pour Pâques, 42, 116, 214, 287;
à l'occasion de la messe
célébrée par le Pape le 29 juin,
Somme ver
59, 134, 230, 299.
sée au doyen des chantres pour
payer la reliure de livres de
chant pour la Chapelle, 111.
V. Arcadelt (Jacques); Argentil
(Charles d') ; Baldi (Galeazzo);
Barré (Léonard); Barry (Yves) ;
Bonnevin(Jean);Brulé (Pierre) ;
Cambray (Jean); Capelle (An
tanzo); Fontaines (Philippede);
Genet; Goust (François); Lam
bert (Pierre) ; Leconte (Jean) ;
Le Mée (François de); Mont
(Jean); Moucheau (Jean) ; Nor
mant (Antoine): Paoli (Ber
nardo); Souman (Antoine); Ver
mont (Pierre)
Chapelle (Antoine), chantre de
la Chapelle.
(Antoine).
V. Capelle
Chapelle du Belvedere. = R. Paix
de bronze doré achetée par
Frà Baccio, 153.
Chapelle Sixtine.
(Chapelle).
V. Sixtine
Chapelle secrète, 208. = R. Achat
d'une croix neuve, 5.
Four
niture d'argent et d'or et réfec
tion du bassin et des ampoules,
81.
Livres enluminés par
Vincent Raymond,94,125,266.
Peinture par mastro Giulio
des deux fenêtres murées dans
cette chapelle, 148.
Achat de
deux missels, 162.
Blanchis
sage du linge d'autel, 250.
V. Raymond (Vincent).
Charles-Quint, empereur,9,14, 15,
57, 92, 97, 102, 109, 110, 123,
125, 126, 128, 131, 132, 161, 169,
174, 177, 188, 191, 213, 220,
=
249-291, 310.
R. Dépenses
et travaux divers pour son
séjour à Rome, 37, 38, 41, 44.
Chevaux tures à lui offerts
par le Pape, 38, 39, 40.
Gra
tifications à ses trompettes,
fifres, violons, prestidigitateurs,
fourriers, massiers, hérauts et
tambours, 41.
Voyage de
Sforza Sforza à sa cour, 48, 49.
Petit Office à lui envoyé par
le Pape, 52.-Gratifications du
Pape à ses tambours, trom
pettes et fifres, en arrivant à
Nice, 222;- aux portiers de sa
chambre, salle et petite salle
223;
à un matelot de sa
galère capitane, 226.
En
trevue avec François Ier, à
Aigues-Mortes, 234.
Charles IX, roi de France, 162.
Charles, duc d'Angoulème (3e fils
de François Ier), 290, 291.
Charles III, duc de Savoie, 36,
274, 290, 299.
Charpentiers et menuisiers (fale
gnami).
=
R. Somme payée
pour le pont jeté par eux sur le
Tibre pour aller à Ostie, 10, 31,
86;
pour aller de la Ma
gliana à Ostie, 102, 196;- à
Ostie et à la Magliana, 108,
160, 168;-de laMagliana à San
Paolo, 181.-V. Andrea; Angelo
de Valle; Bartolomeo Mediola
nensis; Bartolomeo de Spinis;
Bastiano; Battista; Bernardino
della Mirandola; Bufalini (Leo
nardo); Giorgio; Girolamo, dit
il Bologna ; Giuliano ; Gualandi;
Ludovico de Carpi; Mangone
(Giovanni); Peregrino ou Pelle
grino ; Pietro Bologna; Sangallo
(Aristotile) ; Tizon, de Cara
vaggio (Francesco) ; Torsellini
( Giovanni Battista).
Chartreuse (La), à Rome, 208.
Chasse.
R. Traitement et grati
fications des gardiens de la
chasse réservée (bandità) ; 8, 22,
28, 30, 53, 56, 65, 83, 92, 106,
108, 111, 145, 155, 184, 196, 238,
304, 310, 318.
Chasses du
Pape et de ses petits-fils, 18, 56,
57, 98, 176.
V. Alessandro
(valet de chiens); Bernardino de
Benevento; Chiens; Giovanni;
Nardolino (Francesco) ; Oiseaux
de chasse; Pietro d'Aversa.
Château Saint-Ange, 6, 9, 60, 65,
97, 99, 100, 107, 112, 158, 159,
166, 184, 192, 194, 195, 210,
217, 219, 222, 254, 258, 60,
279, 298. = R. Gratifications et
étrennes aux fifres et tambou
rins, 2, 14, 21, 24;- auxgens de
pied, 28.- Cadeau aux gens de
pied et bombardiers à Carnaval,
106, 192, 280;
à Noël, 174;
à Pâques, 42, 44, 114, 287;
à l'anniversaire de la créa
tion et du couronnement, 83,
158, 260, 323 ;- à la fête de la
340
LA COUR DE PAUL III
Conversionde Saint-Paul, 103, ❘ Chevau-léger envoyé en estafette | Chiavelluzzi (Pietro), (sans doute
182, 274.
Étrennes, 97, 269.
Séjours de Paul III : en 1535,
6; en 1536, 20 ( ?), 27, 28, 46;
en 1537, 10; en 1544, 279, 288.
Machine pour amener l'eau
du Tibre en haut de l'édifice,
130.
Gratifications aux fifres
venus à Ostie pour la Saint
Martin, 160.
Frais de voyage
de la musique à Toscolano, 188.
Somme d'argent remise au
fifre Gio. Giacomo de' Beral
dini afin d'acheter des chevaux
pour ses six compagnons et
pour lui-même, à l'occasion du
voyage de Nice, 202.
Damas
(lionato) pourvêtirles musiciens,
lors du voyage de Nice, 221.
Le palefrenier Gambaro, com
missaire du Château pendant le
voyage de Nice, 238.
Trans
port d'argent du Château au
Palais, 247.
Châtelains du Château Saint-Ange.
V. Crispi (Tiberio) ; Filonardi
(Ennio) ; Ugolini (Giorgio).
Chaussetiers.
comino.
Chenil (canetaria).
V. Azurro; Gia
=
R. Paie
ment de la location, 106, 129,
155, 252, 328.
Construction
d'une partie de mur, 152;
d'une haie d'épines, 155.
V.
Bracchieri; Canatiere; Chiens ;
Valets de chiens.
Chenulle (Federicus), cursore, 69.
Cherubino, camérier de Clément
VII, 174.
Cherubino, d'Acquapendente(Frà).
=
R. Vêtements à lui donnés,
188, 294, 325.
Cherubino da Reggio, horloger.
V. Sforzani (Cherubino).
Cherubino dell' Orologio.
Cherubino da Reggio.
V.
Chevaliers faits par le Pape. =
R. 113, 142, 169.
Chevaliers de Saint-Jean de Jéru
salem.
V. Milice; Ordre de
Saint-Jean de Jérusalem.
Chevaliers du Lis, 36, 77, 111, 210.
Chevaliers de Saint-Paul, 34, 169.
Chevaliersde Saint-Pierre, 261.
d'Ostie à Civitavecchia.
=
R.
Somme à lui payée pour aller
avertir Virginio Orsini que les
fustes sont dans l'embouchure
du Tibre, 31.
V. Bernardo;
Narni (Zanobiode').
Chevaux.
=
R. Moretto et petite
jument donnés à Ottavio Far
nese par Verginio Orsini, 4.
Bêtes de somme de la fabrique
du Palais, 18.
Chevaux turcs
donnés au Pape par le cardinal
Guidascanio Sforza et l'abbé
Soderini, 38, 39, 40.
Cheval
ture nommé Biliotto, 50.
Cheval envoyé à Bologne pour
le service du cardinal Alessan
dro Farnese, 55.
Paiement
fait à Felice, sellier, pour deux
finimentidestinés au cheval turc
et au mulet du Pape, 76; pour
le même travail destiné au che
val turc et à la mule « Ghinuc
cia». 132.
Jument d'Ottavio
Farnese, 87, 90.
Haquenée
de Vittoria Farnese, 87, 90.
Petit cheval (ronzino) de Ra
nuccio Farnese, 95.
Fri
sons des litières pontificales,
116, 118, 124, 128, 145, 239,
279.
Genêts gris ou blancs
(leardi) offerts par le duc de Gan
dia, 136, 198.-Genêt gris offert
par le Gouverneur de Rome,
190.
Cheval tartare, 139.-Cheval de frà Baccio, 139.
Cheval des « cassettes », 146.
Chevaux, haquenées et mules
personnels du Pape, 152, 165,
170, 190, 203, 223, 278, 284,
314, 330.-Cheval turc donné à
Ottavio Farnese, 164.
Cheval
turc offert au Pape parGiovanni
Gaddi, 169.
Cheval du
balayeur secret Cristoforo, 214.
Haquenée pour Marguerite
d'Autriche, 250.
Cheval gris
moucheté pour porter la valise
du Pape en voyage, 298.
Haquenée offerte au Pape par
l'évêque
d'Ivrée,
299.
Juments pour le coche de Vit
toria Farnese, 327.
un nom imaginé par Benvenuto
Cellini et substitué à celui de
Pietro Margani).
V. Margani
(Pietro) .
Chiaverano (Sylvestro de), Pié
montais, 75.
Chiavica, à Rome.
Antonio, barbier.- V. Giovanni
Chienne (petite) du Pape. = R.
Sonnettes d'argent doré pour
son collier, 3.
Chiens de chasse.
=
R. Terre
de Bagna pour soigner leurs
démangeaisons, 8, 252.-Loyer
du chenil, 43, 252.
des valets, 43, 70, 83.
Salaire
V.
Valets de chiens.
Chieragato (Mgr.), 264.
Chigi (Agostino), banquier sien
nois qui fit construire la Farne
sine, protecteur de Raphaël, 75,
189.
Chioggia (Andrea de), ouvrier de
Gasparre, orfèvre vénitien de la
via del Pellegrino, 162.
Chioggia (L'évêque de).-V. Nac
chianti (Giacomo).
Chioli (Battista), sculpteur, 156.
=
Chirurgie.
R. Somme d'ar
gent donnée à un pauvre
homme pour se faire opérer de
la pierre, 144.
Chirurgien (cerugico).
cantonio.
Chiusi (évêché de).
(Antonio).
Chrysoloras
(Manuel),
V. Mar
V. Pigetto
célèbre
humaniste du xve siècle, 21.
Chypre (Un musicien de), aveugle.
=
R. Somme d'argent à lui
donnée, 158.
Gibò (Andrea), médecinde Paul III,
298.
Cibò (Caterina), duchesse de Came
rino, mère de Clément VII, 16,
306.
Cibo (Giovanni Battista).
Innocent VIII, pape.
V.
Cibò (Innocenzo), cardinal, 13,
235.
Cicada (Carlo), évêque d'Albenga,
109.
INDEX DES NOMS
Cicada (Giambattista), évêque
341
1538 ( ?), 181, 182.-V. Dome- | Clissa (dansl'ancien comté de Spa
d'Albenga, cardinal, auditeur
de la Chambre apostolique, 85,
86, 87, 109.
Cicala(Giambattista)-V. Cicada
(Giambattista).
Cicéron, 42.
Cierge pascal.-V. Cereo pasquale.
Cifuentès (Le comte de).
Silva (Fernando de).
V.
V. Clavecin.
Cimino (Giovanni), joaillier, 165,
Cimbolo.
170, 171, = R. Frais d'unvoyage
pour le service du Pape, 283.
Cioli (Battista).
V. Chioli
(Battista).
Cioni (Domenico), intendant de la
Magliana. = R. Solde de son
traitement, 48.
Cirugi (Francesco de),brodeur,180.
Città di Castello (prov.de Pérouse).
=R. Paiement, parleclergé, des
décimes imposés en 1529 et
1530, 33.
Civita Castellana (arr. de Viterbe,
prov. de Rome). = R. Séjour
du Pape en1536, 72. Églogue
pastorale récitée devant le Pape
par des jeunes gens du lieu, 72.
Gratification aux gens de pied
de laRocca, à deux trompettes, à
deux portiers, à divers pauvres,
à un enfant qui avait récité
quelques vers devant le Pape,
72.
Civita di Penna (arr. de Terni,
prov. de Pérouse ( ?).
R.
Aumône à quatre vieillards
=
de ce lieu, 85.
Civitavecchia (prov. de Rome).
R. Chevau-léger envoyé
=
dans ce port à Verginio Orsini,
31.
Séjour du Pape en 1536;
gratification aux gens de pied
de la Rocca; aumônes, 78.
Voyage du Pape en 1537, grati
fications et aumônes, 122, 123.
Voyage pour le service du
Pape du palefrenier Bart. Mer
lotto, 147;- de Giorgio, 149.
Somme d'argent donnée à la
veuve d'un bombardier de Plai
sance mort dans la Rocca, 181.
Séjour du Pape (janvier
nico de C.; Placidi (Giulio) ;
Paolina de C.
Claudio, cuisinier des cardinaux
[du Tinello Segreto ?]
R.
=
Somme d'argent à lui donnée
pour son entretien, 302.
Clavecin (Clavicimbolo, cimbolo).
R. Réparation du clavecin
=
de Vittoria Farnese, de Fran
cesca Sforza et de Giulia Sforza,
160, 172. 248.
Achat d'un
clavecin pour la Garde-robe
pontificale, 170;
172, 248.
réparation,
Accorddu clavecin
du Pape et de celui de ses pe
tites-filles, 200.
V. Raffaele;
Sansone (Giovanni Battista).
Clément VII, pape.
V. Medici
(Giulio de').
Clément VIII, pape, 307.
Clément XIV, pape, 212.
Clemente (maestro), marchand à
la Douane, 215.
=
R. Four
nitures pour les espaliers du
Belvedere, 266.
Clemente, de Gradoli. = R. Somme
d'argent à lui donnée, 66.
Clemente, de Patrica (Don),
camaldule = R. Paiement d'une
dette par lui contractée
en
1527 envers le capitaine Mario
Nisij, 194.
Cléopâtre (statue de), au Belve
dere, 220.
Clercs de la Chambre apostolique.
V. Arcella (Fabio); Biondo
(Gaspare); Campeggio (Alessan
dro); Cesis (Federico de) ; Cor
naro (Andrea) ; Della Casa (Gio
vanni); De Rossi(Girolamo) ;Fie
schi (Giacomo); Foscari (Giro
lamo); Gaddi (Giovanni); Gam
bara (Uberto); Gonzaga (Giu
lio) ; Lippomano (Pietro) ; Sauli
(Girolamo); Turini (Baldassare).
Clercs de la Chapelle secrète.
V. Benedetto; Raimondi (Don
Sebastiano).
Cles (Bernardo), évêque de Trente,
cardinal,
252, 253.
=
R.
Gratification à un de ses trom
pettes, 38.
lato, Dalmatie). = R. Somme
donnée à un envoyé de cette
ville vers le Pape pour son
voyage de retour, 107.
Cloches : pour la Magliana, 190.
V. Mario.
Clovio (Giulio), miniaturiste, 265,
267.
Cocciani (Costanza Glorieria),
mariée à Charles Grolier, 209.
Cocciege (Ercole), 277.
Cocciege (Francesco), d'Amelia,
agent de Pier Luigi Farnese,
277.
R. Transport du
=
Palais Farnese au Palais du
cardinal de Sienne de l'armeria
de Pier Luigi Farnese, 304.
Cocioce (Ercole).
(Ercole).
Cocu (Jean).
V. Cocciege
V. Cambray
(Jean de).
Codure (Jean), S. J., 307, 308, 312.
Cogliati (Battista), marchand, 206.
Cola, de Sessa (Le capitaine). =
R. Gratification à lui remise
de la part du Pape, 271.
Colantonio, sonneur de San Pietro.
= R. Gratification, à l'occasion
de l'anniversaire de la création
et du couronnement, pour les
bouquets de fleurs qu'il pré
sente toute l'année au Pape, 261,
322.
Étrennes, 269.
Colisée. =
R. Promenade faite
par le Pape, 26.
Colocci (Angelo), évêque de No
cera, trésorier général, huma
niste, 48, 89, 97, 247.
Colonna (Ascanio), baron romain,
12, 14, 30, 47, 94, 260, 261, 264,
=
268, 279, 285.
R. Grati
fication à ses trompettes, 41.
Étrennes aux mêmes, 97, 175.
Colonna (Camillo), condottiere
romain, 268. = R. Gratification
à ses trompettes, 41.
Colonna (Fabio), évêque d'Aversa,
260.
Colonna (Mario Aligerio), évêque
de Rieti, orientaliste, 53.
Colonna (Ottavio).-V. Martin V,
pape.
342
Colonna (Sciarra).
vicini (Livia).
Colonna (Stefano),
d'Ancône, 281.
d'argent donnée à un de ses
protégés, le napolitain Pietro
Sentarella, 186.
Colonna (Vittoria), marquise de
Pescara, 45, 47, 81, 264, 299,
300, 306, 307.
=
R. Mule à
elle donnée par le Pape, 113.
Colzado (Vincenzo), agent ( ?)
des Farnese à Venise, 74. = R.
Achats à lui faits de deux
barils de malvoisie pour le
Pape, 89, 184.
Comédie.
V. Églogues.
Comitibus (Bernardino de).
Conti.
Commendone (Francesco), secré
taire des lettres italiennes, 40.
Commissaire de la Chambre
apostolique.
(Guido).
V. Palelli
Commode(L'empereur).=R.Niche
pour sa statue, au Belvedere, 19.
Peinture de cette niche, 34.
Compagnie des Lanzi, 297.
Comptable de la Fabrique du
Palais apostolique.
V. Gio
vanni Battista.
Comte palatin (Le).
V. Ferrariis
(Le capitaine Giovanni Gia
como de).
Conception (Compagnie ou Con
frérie de la).
V. San Lorenzo
in Damaso.
Conches (Jean de), 297.
Concile.
=
R. Somme d'ar
gent donnée par le Pape à son
confesseur, qui devait l'accom
pagner au Concile, 116.
Voyage de Fabio Mignanelli de
Lucques à Vicence, près les
légats du Concile, 232.
Condulmieri (Gabriele).
gène IV, pape.
Confesseur du Pape. = R. Trai
tement, 18, 27, 34, 39, 50,
56, 176, 212, 221, 226, 231.
Somme d'argent à lui donnée
pour s'apprêter à accompagner
le Pape au Concile, 116;
pour son entretien (1544), 330,
LA COUR DE PAUL III
V. Palla
gouverneur
=
R. Somme
V.
V. Eu
Gratification pour la fête de
saint Bonaventure, 136.
Mule
pour lui achetée, pour le voyage
de Nice, 198.
Confalonieri (Battista), joaillier
milanais, 163.
Confitures (confettioni) envoyées
d'Espagne au Pape, = R. 141.
V. Ségovie (L'évêque de).
Confrérie des bouchers, à Rome,
105
Confrériede Saint-Éloi, à Rome,
161.
Confrérie des maçons, à Rome,
186.
Confrérie de Santa Marta delle
Convertite ou Compagnia della
Grazia, 208, 210.
Congregazione del Divino Amore,
à Santa Dorotea, 119.
Congregazione de' Pittori, 180.
Congregazione de' Virtuosi, 156,
157, 158.
Connétable de France.-V. Mont
morency (Anne de).
Conseil (Jean), clerc du diocèse
de Paris, chantre de la Cha
pelle, 221.
Conseil des Quarante, à Bologne,
42.
Consistoire (Salle du), au Vatican.
=
R. Matelas, 19.
Constantini (Giulio), 57.
Constantino, évêque de Fermo,
91.
Contarini (Gasparo), cardinal, 18,
38, 39, 119, 256, 269, 282, 299,
300, 307.
Conti (Bernardino de ), protono
taire apostolique = R. Somme
à lui remise par Ambrogio
Recalcati, 27.
Conti (Giacomo Antonio de ), 46.
Conti, baron romaindésigné pour
recevoir Charles-Quint avec trois
autres barons, 260.
Conti (Maria). = R. Étrennes, 174,
270.
Contrari (Violante), 96.
Contrario (Andrea), 21.
Conversini (Benedetto), évêque de
Iesi, gouverneur de Rome, vice
camerlingue, 86, 87, 99, 112,
279, 308. = R. Don parlui (?)
fait au Pape d'un genêt leardo
(gris), 190.
Convertite (Casa delle), à Rome.
=
R. Aumône, au retour de
Nice, 234.
Copernic (Nicolas), 8, 20.
Cordonnier (calzolaro).
vanni.
Corfou.
=
V. Gio
R. Aumône à des
moines de cette ville, au moment
du départ de Nice, 227.
Cornaro (Andrea), évêque de Bres
cia, cardinal, clerc dela Chambre
apostolique, 74, 86.
Cornaro (Marco), cardinal, 235.
Cornemuse.- V. Marco dellaPiva.
Corner (Francesco), cardinal, 272.
Corneto [Tarquinia) (arr. de Civi
tavecchia, prov. de Rome). =
R. Séjour du Pape en 1536;
aumônes, somme d'argent mise
sur l'autel de l'église de San
Francesco, 78.
Vitelleschi.
V. Cristoforo;
Coron(Morée). = R. Aumônes à
de pauvres femmes de ce pays,
64, 66;
à deux habitants,
167.-V. Acciajuoli(Giovanni);
Stefano de Coron (Le capitaine).
Coronati (Paolo), avocat consisto
rial ( ?), 193.
Coronato (Camillo), 141.
Correggio (Claudio de), organiste,
230.
Corse.
=
R. Sommes d'argent
données, à des femmes de ce
pays, 31, 78;
à des marins
délivrés des mains des Turcs et
se rendant à Lorette, 111.
Corsetto, massier, 67.
Corsetus, massier.
V. Corsetto.
Corsini (Roberto), marchand ( ?),
banquier de la Curie ( ?), agent
de Paolo Seragli, 204, 205, 259,
301.
R. Somme à lui
remise pour payer une chaîne
d'or destinée à l'ambassadeur
polonais, Thomas Sobocski,
142;
pour acheter des ciam
bellotti destinés à l'habillement
des chantres de la Chapelle pour
le voyage de Nice, 225.
Toile
fine d'or pour faire un habille
ment à Vittoria Farnese, 248.
INDEX DES NOMS
Cortese (Antonio), 19, 20, 21, 22,
23.
Cortese (Gregorio), Bénédictin du
Mont-Cassin, abbé de San Gior
gio de Venise, 305.
Cortese (Paolo), littérateur, 19, 20,
22.
Cortona.- V. Signorelli (Luca).
Corvino (Alessandro), 56.
Corvino, de Sermoneta, prêtre. =
R. Aumône à lui faite, 241.
Costantino di Stefano, de Vérone.
R. Legs par lui fait à
=
Pier Matteo de Foligno, qui en
donne une partie au Pape, 63.
Costanzo Gabinate, médecin, de
Monte Santa Maria.
=
R.
Somme d'argent à lui donnée
pour rentrer chez lui, 290.
Crassetti (Petrus), cursor de Clé
ment VII, 68.
Crédence secrète.
=
cuir rouge pour mettre sous les
R. Pièce de
pieds du Pape quand il prend
ses repas, 68.
Indemnité aux
officiers et garçons de la Cré
dence pour le voyage fait avec
le Pape dans le Patrimoine, 89.
Achat de coffres, 119;
de tentures de cuir, 138.
Pièce de cuir pour mettre sous
le lit du Pape, 138.
Gratifi
cation aux trois aides, à l'occa
sion de la Saint-Jean, 138, 236,
298.
Coffres et bourses de
cuir, 201.
Cassettes, 146,
217.
Cuirs ouvragés, 242.
Plat à barbe, 253.
281.
Étuis(?),
Garde-manger, 302.
V. Vaisselle d'argent; Caterino ;
Capobianco (Battista); Ignazio;
Lazzaro; Pompeio; Rusconi
(Giovanni).
Crédenciers secrets.
=
R. Gra
tification pendant le voyage
de Nice, 215.
298.
Étrennes, 270,
Gratification pour le
voyage à Pérouse de 1534, 320.
V. Capobianco (Battista);
Caterino; Ignazio (sous-créden
cier) ; Lazzaro; Pompeio.
Crescenzi (Giacomo), gouverneur
de Vittoria Farnese.
=
R.
Mensualités à lui remises pour
sa patronne, 324, 327.
de deux juments pour le coche
de Vittoria, 327.
Crescenzi (Marcello), évêque de
Marsico, cardinal, 96, 97.
Crispi (Tiberio), évêque de Sutré,
de Nefri, de Sessa, archevêque
d'Amalfi, cardinal, châtelain du
Château Saint-Ange, 129.
R.
Somme à lui remise pour les
prix décernés aux coursesde
l'anneau qui se sont faites en
présence de Madame (Margue
rite d'Autriche), 279.-Pension
de Galeazzo Baldi, chantre de
la Chapelle et musicien de la
<< Bande>>>du Château Saint-Ange
diminuée de 3 écus par
ordre, 285.
Sommes d'argent
à lui données pour réparer sa
maison, 298, 308, 319.
Cristiani (Fabrizio), orfèvre, 166.
Cristiani (Flaminio), orfèvre ( ?),
166.
Cristiani ( Lionardo), orfèvre, 166.
Cristiani (Pietro Giacomo di
Antonio de' ) de Pérouse,
orfèvre, 166, 168.
R.
Dorure du plateau neuf du
=
Pape, 49.- Fourniture d'ar
gent et d'or et travail de divers
objets d'argent pour le Pape et
la Chapelle secrète, 49, 81, 94,
182.
Monture du bréviaire
neuf du Pape et réfection de la
croix de voyage, 146.
Solde
de divers travaux d'argent à lui
payés par l'intermédiaire de
Crivelli, 197.
d'argent doré.
V. Vaisselle
Cristiani (Tommaso), 166.
Cristoforo, balayeur secret, 79,
298.
R. Dépenses diverses
=
pour la Chambre pontificale, 35,
47, 57, 58, 61, 64, 69, 92, 128,
149, 184, 240, 245.- Étrennes,
92.
Dépenses pour son habil
lement, 92.
données, 130.
Chaussures à lui
Cadeau pour
la fête de Saint-Paul, 184.
Son cheval égaré à Plaisance,
pendant le voyage de Nice, 214.
Gratification pour la Saint
Jean, 235.
343
Prix
=
son
Cristoforo da Corneto, cubiculaire,
252, 268.
=
R. Chargé d'ac
compagner le duc de Fer
rare dans les États de l'Église, 6.
Cristoforo d'Ogia.-- V. Sbardellini
(Cristoforo d'Ottolino).
Crivelli (Giampietro), orfèvre, 44,
171, 173.
Crivelli (Gianangelo), 169.
Crivelli (Gianfrancesco), 169.
Crivelli (Giovanni), archidiacre
d'Aquilée, al réviateur aposto
lique, 168.
Crivelli (Giovanni Pietro), joail
lier, 86, 167, 168, 219.
R.
Dorure du plateau neuf du
=
Pape, 49.- Somme à lui remise
pour acheter quatre ducats
larges destinés à dorer la coupe
du Pape, 82.- Solde de divers
travaux en argent pour le Pape,
197.
Collaborateur ou associé
de Paolo Perosino, 197.
Crivelli (Lamberto).- V. Urbain
III, pape.
Croix diverses à l'usage du Pape.
R. Croix portée sur une
=
mule devant le Pape en voyage,
42;
réparée par l'orfèvre
Pietro Giacomo Cristiani, 146;
voile pour la couvrir pendant
la Semaine sainte, 289.
Mules
de la croix, 223, 284, 301, 302.
Croix d'or tissée sur ses
chaussures et pantoufles du
Pape, 48.
Petite croix que le
Pape se met au cou quand il
officie, 67.
Cromer (Martin), ambassadeur de
Pologne, 301, 302.
Cromwell, 123, 125, 129.
Croto (Bartolomeo), maître de la
Chapelle pontificale, 221. = R.
Reliure de quatre livres de
chant pour l'usage de la Cha
pelle, 34.
Reliure de trois
livres de chant, 119.- Somme
d'argent à lui remise par Gio
vanni Antonio da Ferrara, con
trebasse, pour s'acheter un
lit et diverses autres choses,
138.
Crotti (Bartolomeo).
(Bartolomeo).
V. Croto
344
Crusich (Le comte Pierre). =
R.
Somme d'argent donnée à son
fils Georges, 52.
V. aussi
Krusich (Le comte Pierre).
Cuisine secrète.
R. Rembour
sement fait aux cuisiniers de
=
Clément VII, 12.- Étrennes et
gratifications au personnel, 15,
55, 98, 133, 176, 236, 298.
Indemnité aux officiers et gar
çons pour un voyage fait avec le
Pape dans le Patrimoine, 89.
Lits pour les garçons, 118.
Gratifications aux cuisiniers
pendant le voyage de Nice, 215,
217;
pour le voyage à
Pérouse de 1544, 320.
Cuisiniers.
V. Bertone, sous
cuisinier; Claudio; Desiderio,
(aide); Duval (Jean); Giorgio;
Giuliano, Matteo.
Cuisiniers
communs.
Étrennes, 15, 98.
=
V. Bache
liers.
Cupis
(Giovandomenico
de),
évêque de Trani, cardinal, doyen
du Sacré Collège, 57, 243, 260,
261.
=
R. Chasses avec le
Pape et ses petits-fils, 18.
Gratifications à son valet de
chasse (bracchiere), 98, 176.
Cursori.
V. Letus (Hermanus);
Metis (Joannes); Rogher ou
Roger (Thomas).
Cymino (Giovanni) .
D
V. Cimino.
Dalla Barcha (Giacomo), fondeur,
158, 217.
=
R. Somme à lui
payée pour des boules et divers
objets de bronze pour le Belve
dere et le Palais, 284.
Dalla Volta (Achille), 229.
Dalmatie.
V. Clissa, Raguse.
Damiano, de Bergame (Frà), in
tarsiatore, 176.
=
R. Rem
boursement du voyage par lui
fait à Rome pour apporter au
Pape son tableau intarsiato
représentant la conversion de
saint Paul, 69.
Damiano (Stefano), 177.
LA COUR DE PAUL III
Dandini (Girolamo),
d'Imola, 40.
évêque
Daniele, vénitien. =
R. Somme
d'argent à lui donnée, 32.
Daniele, de Gradoli.
nardino di Daniele.
Danse.
V. Ber
V. Moresca.
Dankerts (Ghislin), chantre de
la Chapelle, 221.
Dante Alighieri, 21, 106, 116, 154.
Dataires.
V. Ardinghelli (Nic
colò); Bartolini (Zanobi) ; Capo
diferro (Girolamo Recanati) ;
Durante (Pietro); Durante (Vin
cenzo) ; Giacobacci (Cristoforo) ;
Giudiccioni (Bartolomeo) ; Ven
ceyus ou Vernely (Nicolas).
Dauphine (La), Catherine de Médi
cis, 299.
DeAmorottis (Ottaviano), peintre.
R.
V. Ottaviano.
Decima (Decimo) (prov. de Rome) .
=
R. Gratification
à un
guide qui, de Frascati, avait
conduit le Pape en ce lieu, 160.
Décorateurs .
V. Damiano di
Bergamo (Frà) intarsiatore ;
Damiano (Stefano).
De la Croce (Giovan-Angelo).
V. Della Croce (Giovan Angelo).
Del Bufalo (Ludovica), 46.
Del Bufalo de' Cancellieri (Angelo),
chef de la voirie, 132, 257.
Del Capitaneo (Lodovico), 107.
Del Capitaneo(Pompeo),I eseur de
la Monnaie, 103, 104, 107.
Del Capitanio (Pierino), archi
tecte, entrepreneur de maçon
nerie, 149, 150, 151, 153, 186,
216.
R. Destruction du
=
premier enduit appliqué au mur
de la Sixtine pour l'exécution
du Jugement dernier, 20.
Dépenses diverses pour les tra
vaux préparatoires du Juge
ment dernier, 20, 25, 27, 28, 30,
34, 37;
pendant la période
d'exécution, 197.
Del Ciabattino (Santi), entrepre
neur de maçonnerie, 186, 187.
Della Barba (Bernardino), vice
légat, 53.
Della Barca (Giacomo di Fran
V. Dalla
cesco), fondeur.
Barca (Giacomo).
Della Casa (Giovanni), évêque élu
de Pago, secrétaire des lettres
italiennes, 40, 52, 60, 61;
clerc de la Chambre apostolique,
86, 87, 286. = R. Somme à lui
donnée pour aller de Rome à
Venise, 160, 167.
Della Casa (Pandolfo), banquier,
203.
Della Cerqua (Giacomo) et Cie,
=
R.
marchands, 206, 295.
Courtine (cortina) et toile de
Cambrai pour le Pape, 188.
Della Croce (Baccio), orfèvre, 37.
Della Croce (Bartolomeo ou Bac
cio diBiagio), banderario, 178.
Della Croce (Bernardino), évêque
de Côme, trésorier secret, 35,
36, 50, 57, 60, 80, 110, 179, 187,
188, 192, 198, 201, 204, 206,
208, 219, 243, 298, 307, 308.
R. Comptes, 2, 3, 23, 24,
=
100, 123, 148, 157, 158, 175,
257, 260, 335, 336, 339, 340, 341.-Voyage à Sienne pour rendre
visite, de la part du Pape, à
Marguerite d'Autriche, alors à
Sienne, 250.
Della Croce (Giovan Angelo), 37.
Della Porta (Domenico), auditeur
de la Rote, 115.
Della Porta (Giovanni Maria),
agent du duc d'Urbino, 18.
Della Porta (Frà Guglielmo), sculp
teur, 91, 166.
Della Ripa (Alberto), musicien.
V. Alberto de Mantoue.
Della Rovere (Francesco).
Sixte IV, pape.
Della Rovere (Giuliano).
V.
V.
Jules II, pape.
Della Rovere (Giulio), 279.
Della Rovere (Giudobaldo), fils du
duc Francesco-Maria d'Urbino,
16.
Della Rovere (Leonardo), évêque
d'Agen, cardinal, 145.
Della Rovere (famille), 109.
Della Tacca (Gianfrancesco), 168.
Della Tacca (Giovanpiero), 168.
Della Torre (Francesco), secrétaire
INDEX DES NOMS
de Giammatteo Giberti, 129,
227, 228.
Della Torre (Le comte Michele),
camérier secret, évêque de
Ceneda, 49. = R. Litière à lui
envoyée de Viterbe à Pérouse,
318.
Della Valle (Andrea), 88.
Delli Rocchetti (Michele).
V.
Michele delli Rocchetti.
Del Monte (Antonio), cardinal, 9,
40.
DelMonte(Giammaria), évêque de
Pavie, archevêque de Siponto,
puis de Messine, cardinal, 13,
33, 52, 260;
pape (Jules III),
27, 36, 40, 43, 44, 61, 63, 65,
66, 69, 91, 97, 98, 109, 111, 171,
172, 174, 180, 183, 195, 196,
211, 216, 217.
Del Monte (Innocenzo), cardinal,
217.
Del Monte (Le marquis Balduino),
frère de Giammaria Del Monte,
camérier secret, 298. =
R.
Somme à lui remise pour Gius
tina Sforza, 183;
pour le
sacriste, 231.
Del Moro (Raffaelle), joaillier, 103.
avec
=
R. Procès
Sforza, 19.
Ascanio
Del Vasto (Le marquis Fer
nando d'Avalos),gouverneur du
Milanais, 66.
R. Cornette à
=
lui envoyé, pendant le voyage
de Nice, pour arrêter l'invasion
du territoire de Plaisance, 212.
Gratification à ses tambours,
à Alexandrie, 219;
trompettes, 220.
à ses
Mule par
lui offerte au Pape, 294.
Del Vasto (La marquise), 237.
Dépensiers. = R. Etrennes, 98,
175, 270.
V. Giofrè; Beis
campt (Adolfo ou Redolfo).
Dépositaire du Pape.
Grimaldi (Ansaldo); Zanchini.
Démosthène, 42.
V.
De Rossi (Giovanantonio), sculp
teur de camées, 201.
De Rossi (Giovanni Giacomo),
évêque de Pavie, 278.
De Rossi (Girolamo), évêque de
Pavie, clerc de la Chambre
apostolique, 86, 260.
=
Desiderio, aide du cuisinier secret.
R. Gratification pour la
Saint-Pierre, 133.
Dettes contractées par Paul III
avant son avènement. =
R.
Paiement de ces dettes, 12,
45, 54, 65, 73, 77, 90, 112, 131,
133, 198, 244.
Diamants. = R. Diamant en forme
de barque offert au Pape par
François Ier, 228.
Croix en
diamants donnée par le Pape à
l'une des filles d'Isabella Far
nese, 290.
Diego, marchand de soieries, espa
R. Fournitures
gnol, 206.
=
pour Vittoria Farnese, 34.
Dolce (Lodovico), 162.
Domaine (Stato) des Farnese.
R. Vigne de Ronciglione, 54.
Domenica, Domenico.
nica, Menico.
Domenico, jardinier du Belve
dere, 215.
=
R. Mise en état
des espaliers du nouveau jar
din, 271.
Domenico, marbrier à Rome.
V. Roselli (Domenico).
Domenico, de Civitavecchia, muet.
=
R. Somme d'argent à lui
donnée pour payer la nourrice
de ses deux filles, 181.
Domenico (Giovanni), peintre. =
R. Peinture de la niche de la
statue d'Apollon au Belvedere,
42;-delanicheduLaocoonet
de la Vénus; de la ferrure de
la fenêtre de la chambre rouge,
45;
de la niche de la Vénus
de Rangone, 54; delaniche
des deux fontaines du Cortile
du Belvedere, 61.
Domenico de Juvenibus, notaire de
de Chambre apostolique, 83.
Domenico da Montecchio, pale
frenier (peut-être le même que
Barbante ?), 64, 65, 282, 298. =
R. Distribution et rembourse
ment d'aumônes, 24, 26, 59,
78, 80, 131, 137, 139, 150, 242,
288, 297. Cf. 126.
Voyages
dans la Marche d'Ancône pour
345
le service du Pape, 141.
Somme à lui donnée pour aller
dans son pays rétablir sa
santé, 176.
Dépenses pour
les deux litières, 296.
Domenico Perosino.
=
mône à lui faite, 10.
Donatello, 168.
R. Au
Donati (abbé Pier), secrétaire de
la Propagande, 63.
Dong (Otto), magister, 69.
Doria (les), 165.
Doria (Ambrogino). = R. Somme
à lui remise pour les gens des
galères d'Andrea Doria qui
avaient conduit le Pape de
Gênes à la Spezia, 230.
Doria (Andrea), prince de Melfi,
amiral, 250, 251, 253, 285.
=
R. Gratification donnée par le
=
V. Me
Pape à deux forçats de la galère
de l'amiral, en allant de Savone
à Nice, 222;- aux trompettes
de ladite galère, 226.
Dovizi (Bernardo), évêque de
Coutances, cardinal, 117, 120,
121.
Du Bellay (Jean), cardinal, 17,
18, 33, 48, 97, 121, 123, 124,
129, 212, 251, 256, 257, 261, 273.
Du Bellay (Joachim), 117, 133.
DuBourg (Antoine), chancelier de
France, 33.
Dujardin (François), 55.
Durante Duranti (Vincenzo di
Banduccio di)-V. Banducciodi
Durante Duranti (Vincenzo di).
Duranti (Durante), de Brescia,
camérier secret, évêque de Bres
cia, cardinal, 33, 126, 190, 265,
=
266, 298.
R. Serrures mises
aux portes de l'escalier de son
appartement au Vatican, 11, 18.
Somme d'argent, destinée
au dataire, par lui remise au
trésorier, 13.
Gratification
par lui remise à ceux qui firent
le pont d'Ostie à Porto, 19.
Sommed'argentparluiemprun
tée à Vincenzo Giraldi pour le
service d'Ottavio Farnese et
qui ne fut jamais remboursée,
30.
Don au Pape de deux
grands capofuochi venant de
44
346
Brescia, 31.
Argent de
jeu avancé à Ottavio Farnese,
64.
Remise d'une somme
d'argent à la veuve du seigneur
Uguccione, 66.
Rembourse
ment d'aumônes, 85, 108, 220.
Visite à la Sixtine (5 février
1537), 104.
Remboursement
d'une somme par lui avancée
à Vittoria Farnese, 125.
Châssis (impannate) pour son
antichambre, 170.
d'argent payée par son inter
médiaire, 308.
Mandats par
lui délivrés, 336.
Durante (Pietro), évêque de Ter
moli, dataire, 33. = R. Somme
par lui remise pour les besoins
du Pape, 229.
Durante (Vincenzo), évêque de
Termoli, puis archevêque de
Sorrente, dataire, 31, 33, 34.
Duval (Jean), cuisinier secret, 78.
=
R. Gratification aux officiers
de la Cuisine, 55, 98.
Indem
nité pour le voyage fait avec le
Pape dans le Patrimoine, 89. —
Étrennes, 98.
Gratification
pour la Saint-Pierre, 133.
E
Échansonnerie secrète.
teillerie.
V. Bou
Économes de la Chambre pontifi
cale.
V. Pieruccio, Rigo.
Écrivain des brefs.
V. Accurio
(Cesare).
Écudivisé endeux parties et remis
auPape comme contrassegno de
Écurie.
l'Écurie.
Montefortino, 280.
V. Chevaux, Maîtres de
Écurie pontificale, 135.
Francioso,
Felice,
V.
Chevaux,
Mules et mulets, Rogon (Gio
vanni).
Écuyer pontifical.
(Antonio).
Édilité romaine.
V. Pigetto
V. Maîtres des
rues.
Egidio, de Viterbe, cardinal, 246.
Églises (Les sept) à Rome.
R. Visite privée du Pape en
LA COUR DE PAUL III
1544; aumônes mises dans les
troncs, 288.
Églogues, vers, etc. = R. Églogue
pastorale récitée devant le Pape
par cinq jeunes gens de Civita
Castellana, 72.
Vers récités
par un enfant dans la même
ville, 72.
Églogue latine réci
tée par deux écoliers, de Monte
fiascone, 74.
Vers récités par
un enfant de la même ville, 74;
Somme
=
par le neveu du prieur de
Gradoli, 77.
Gratification à
Ranuccio et Orazio Farnese et
à d'autres enfants pour avoir
joué la comédie devant le Pape,
84.
Vers en l'honneur de la
maison Farnese récités par
deux enfants de Nemi, 117. —
Vers dits par l'enfant d'un
charpentier qui a aussi dansé
devant le Pape, 158; par un
enfant lors du séjour du Pape à
Sarzana, en allant à Nice, 211.
Éléonore de Portugal, femme de
l'empereur Frédéric III, 262.
Elio (Antonio), évêque de Pola,
secrétaire des lettres italiennes,
40, 114.
Elisabetta, une des servantes
logées au Belvédère, 211.
=
R. Somme d'argent à elle
donnée pour aller à Lorette, 54.
Elvino, de Sora (Bernardino),
évêque d'Anglona, trésorier
apostolique, 85, 87, 91.
Emmanuel le Grand, roi de Por
tugal, 90, 256.
Enciso (Girolamo), palefrenier, 64,
298.
R. Voyage pour le ser
=
vice du Pape, 213.
Enrico, palefrenier.
V. Rigo.
Épée de Noël ou épée d'honneur.
=
R. Donnée en 1536 au roi
d'Écosse, 102.
Ercole de Cannaia, aide de la
Chambre du Pape in minoribus.
=
R. Pension mensuelle, 136,
141, 146, 154, 169, 183, 191, 241,
264, 270, 277, 282, 284, 290, 295,
301, 311, 314, 321, 332.
Ercole (Forze d' ). = R. Gratifica
tion à desjeunes gens de Monte
fiascone pour avoir exécuté ce
tour de force, 75. Cf. Atteggia
tori.
=
R. 184, 279, 290.
Ermites habitant près de la
maison du pape Clément
[VII ?], à Rome. = R. Aumône,
124.
Ermites de saint Augustin.
V. Frà Gabriele d'Ancône; Gian
giacomo Barba; Oliva d'Acqua
pendente (Frà Alfonso).
Esclavonie. = R. Autours de ce
pays envoyés au Pape ou par
V.
lui achetés, 69, 76, 143.
Luca Schiavone ( ?), Natale.
Espagne. = R. Mules et confi
tures envoyées de ce pays au
Pape, 63, 141, 224.
V. Ricci
(Giovanni) ; Ségovie (L'évêque
de).
Este (Alfonso d'), duc de Ferrare,
119, 174.
Este (Ercole Ier d'), duc de Fer
rare, 58, 174.
Este (Ercole II d'), duc de Ferrare,
58, 101, 119, 251, 268, 281.
R. Lits loués et disposés pour sa
=
suite au Palais de la Chancel
lerie, 5;
Naples, 17.
à son retour de
Accompagné
dans les États de l'Église par
Cristoforo da Corneto, 6.
Étrennes à ses fifres, 14.
Este (Ippolito d'), archevêque de
Milan, cardinal, 125, 136, 174,
235, 237, 294.
Estissac (Geoffroy d'), évêque de
Maillezais, 215.
Étampes (La duchesse d'), dame
d'honneur de Louise de Savoie,
favorite de François Ier, 127.
États de l'Église.
V. Cristoforo
da Corneto.
Étrennes.
de).
V. Noël (Cadeaux
V. Beroldingen (Hektor
Ettore.
von).
Eugène IV, pape, 2, 45, 101, 221.
Eurialo.
V. Silvestri (Eurialo).
F
Fabri (Pietro), 114.
Fabrica [di Roma] (auj. arr. de
Viterbe, prov. de Rome). =
INDEX DES NOMS
R. Séjour du Pape en 1536;
gratification aux gens du lieu,
72.
Fabrique du Palais apostolique.
V. Giovanni Battista.
Facchini.
V. Portefaix.
Fachino (Giovanni), tuilier, 149.
R. Briques fournies par lui
=
pour le mur de la Sixtine, que
doit peindre Michel-Ange, 25.
Faenza (prov. de Ravenne).
V. Manfredi (Marcantonio);
Faenza (L'évêque de).
de Carpi (Rodolfo).
V. Pio
Fagiulo.-V. Cristiani (Tommaso
de).
Fagnani (Le marquis Federico),
231.
Falegnami.
menuisiers.
V. Charpentiers et
Faleri (Alfonso), ambassadeur,262.
Farfaro (Niccolò), procureur du
fise, 85, 88.
Farfenghi.
V. Farfengo (An
gelo).
Farfengo (Angelo), brodeur (reca
matore), 178-184. = R. Somme à
lui donnée pour acheter des
perles et autres choses desti
nées à la « mitre précieuse », 62.
Travaux divers, 274.
Armes
du Pape brodées sur une por
tière de brocart frisé ( ?) (ric
cio), 293.
Farnese (arr. de Viterbe, prov.
de Rome)
=
R. Angeloni,
secrétaire de Pier Luigi, dé
pêché par le Pape en ce lieu,
55.
Voyage de Bartolomeo
d'Alba, de Rome en ce lieu, 66.
V. Menico, dit il Burchio.
Farnese (Jardin), au Trastevere.
=
R. Visite du Pape, 62.
Machine pour y amener l'eau
du Tibre, 150, 166, 178, 199,
245.
Farnese (Palais et Place), 5, 9,
32, 144, 156, 158, 186, 200, 275,
277. = R. Cens payé par Pier
Luigi Farnese au chapitre de
San Marco pour une maison
démolie dans l'aménagement de
la Place du Palais Farnese, 18,
140, 191, 276.
Sommes ver
sées à l'hôpital de Sant' Anto
nio des Portugais pour deux
maisons démolies dans le même
but, 60, 117, 204.
Visite du
Pape, 62.
Frais de transport
des statues et bustes de marbre
donnés par l'évêque de Todi,
Federico de Cesis, 147, 160.
Transport de l'armeria à Sienne,
304.
Farnese (Palais), à Gradoli.
=
R. Indemnité au sous-maître
de la Garde-robe pour une
sienne maison incorporée à cet
édifice, 76.
Farnese (Vigne), à San Pancrazio.
V. Giacomo.
Farnese (Alessandro), trésorier
général de l'Église; cardinal du
titre des Saints Cosme et Da
mien; évêque de Montefiascone
et Corneto; légat du Patri
moine, 5, 50, 122, 293 ; légat des
Marches, 306; légat de Viterbe;
évêque de Parme, évêque de
Frascati, de Sabine, de Pales
trina, de Porto, d'Ostie, doyen
du Sacré Collège, 8; gouver
neur deRome, 88;-Pape(Paul
III)
élection par acclama
tion, 10; scrutin d'élection, 11;
couronnement à Saint-Pierre,
13.
Farnese (Alessandro), petit-fils de
Paul III, cardinal, 17, 42, 49,
55, 56, 58, 66, 72, 81, 110, 114,
125, 156, 174, 179, 180, 182,
194, 199, 200, 206, 227, 233,
235, 236, 237, 238, 241, 246,
251, 261, 262, 263, 267, 274,
=
275, 276, 302.
R. Dépenses
d'habillement, 13, 21, 25.
Chasses, 18, 98.
Somme
d'argent à lui prêtée et non
rendue, 30.
Cheval envoyé à
Bologne pour son service, 55.
Argent pour jouer à prime,
57.
Etrennes à son valet de
chasse (bracchiere), 98, 176.
Farnese (Angelo), fils de Pier
Luigi IV Farnese, frère du futur
Paul III, 3, 5.
Farnese (Beatrice). = R. Pensions
à elle servies par le Pape et le
nes, 14, 96.
347
dataire, 4, 7, 17, 24.- Étren
R.
Farnese (Costanza), femme de
Farnese ( Contarina) .
Étrennes, 14, 96, 272.
=
Bosio Sforza, comtesse de Santa
Fiora, 17, 200, 266, 274, 280.
=
R. Chargée de remettre
diverses sommes d'argent : à
Braccio Baglione, 5, 17;
au capitaine Alessandro [Tom
masoni] , 7;- à madonna Sil
via, 5, 8, 11, 32, 42, 44, 64, 84,
89;-à une dame romaine, 26,
56, 67, 100, 105, 110, 116, 124,
128, 136, 140, 142, 148;
à deux pauvres Romaines, 146,
164, 178, 195.
600 écus à elle
versés, pour une dame romaine,
prix d'une maison de cette der
nière, 149.
Somme à elle
remise pour payer la pension de
deux dames romaines, 153, 202;
remise à son agent Bonitio
(Bonizio) dans le même but,
239;
pour diverses dépenses
à faire lors de l'arrivée de Mar
guerite d'Autriche à Rome, 249.
Sommed'argent à elle versée
pour le voyage de son fils Sforza
à la cour de Charles-Quint, 48,
49. Étrennes,14,96, 174, 268.
Farnese (Federigo), 7.
Farnese (Gabriel-Francesco), con
dottiere, 2, 3.
Farnese (Girolama), femme de
Pier Luigi Farnese, duchesse
de Parme et de Plaisance, 204,
205, 238.
96, 174.
=
R. Étrennes, 14,
200 pontali d'or
pour orner un vêtement de
Vittoria Farnese, 27.
tures des vêtements
filles de service, 39.
Garni
de ses
Habil
lement de ses demoiselles d'hon
neur et de ses pages, 79.
Farnese (Giulia), 5, 6, 7.
Farnese (Isabella), 270.
Étrennes, 19, 96, 272;
=
R.
pour
ses filles, 96.- Bijoux (chaîne
d'or etpetite croix de diamants)
donnés à une de ses filles, 290.
Somme d'argent donnée à sa
nourrice, 312.
348
Farnese (Orazio), petit-fils de
Paul III, 73, 91, 200, 201, 205,
237.
=
R. Dépenses pour son
entretien, 12, 25, 33, 34, 69,
80, 95, 179, 196.
14, 96, 174.
Étrennes,
Caisse de lit et
coffre pour un voyage dans les
fiefs Farnese, 54.
127.
Chapeau,
Mise en état des jar
dins de sa maison, près l'église
San Rocco, 304, 306.
Tours
faits dans sa maison, devant le
Pape, par des bateleurs, avec
des chevaux et un singe armé,
308.
Farnese (Orazio, Ottavio, Ranuc
cio, etc.), petits-fils de Paul III,
=R. Dépenses pour leur entre
tien, 11, 25, 36, 41, 63, 90, 104,
146, 169.
Logés au Vatican,
dans l'appartement Borgia, 26,
34.
Séjour à Nepi, 36.
Gratification pour avoir joué
la comédie devant le Pape, 84.
Offrandes à la croix ( ?) et
à la Minerva, 115.
Farnese (Ortensia). = R. Somme
d'argent à elle allouée pendant la
maladie de sa mère, 91.
Étrennes, 174, 268.
Farnese (Ottavio), petit-fils de
Paul III, duc de Castro, de
Parme, gonfalonier de l'Église,
66, 100, 137, 138, 179, 181, 199,
200, 201, 205, 209, 226, 252,
267, 283, 290.
=
R. Don à lui
fait, par Verginio Orsini, d'un
moretto et d'une petite jument,
4.
Dépenses diverses pour
son entretien, 6, 13, 25, 30, 35,
42, 48, 52, 63, 68, 69, 72, 78,
81, 84, 113, 117, 156, 164, 186.
Épée et garniture d'épée,
9.- Luths pour apprendre à
en jouer avec Francesco da
Milano, 12.
Étrennes, 14,
96, 174.
Chambre à lui cédée
par le sous-maître de la Garde
robe Mariano, 34.
Dépenses
pour le séjour de Charles-Quint
à Rome, 37.
Argent de jeu,
56, 64, 108.
ses serviteurs, 81.
Habillement de
Harna
chement de sa jument et épe
LA COUR DE PAUL III
rons dorés, 87; mors doré, 90;
selle, 95.
Pontali d'or, 112.
Pétrarque et Boccace reliés
à lui envoyés à Caprarola, 137.
Somme d'argent à lui portée
à Caprarola, 144.
ture à lui donné, 164.
Cheval
Somme
d'argent à lui remise pour la
fête de Noël, 171.
Farnese (Pier Bertholdo). = R.
Gratification à son camérier
Menico (il Burchio da Farnese)
apportant la nouvelle de la
sei
naissance d'un fils de ce
gneur, 265.
Farnese (Pier Luigi), frère d'Ales
sandro Farnese (futur Paul
III), 5.
Farnese (Pier Luigi), duc de Cas
tro, duc de Parme et de Plai
sance, filsde Paul III, gonfalo
nier de l'Église, 13, 16, 17, 29,
42, 47, 77, 100, 102, 104, 129,
130, 243, 246, 250, 251, 253,
254, 263, 268, 270, 271, 272,
273, 274, 275, 276, 277, 278, 279,
280, 281, 282, 283, 285, 287.
=R. Serviteur envoyé près de
lui, à Naples, par le Pape, 5.
Gratifications et étrennes à
ses trompettes, 14, 41, 83, 97,
178, 271.
Chasses, étrennes
à son bracchiere, 18, 98, 176.
Cens par lui dû au chapitre
de San Marco, 18, 140, 191.
Le camérier Silvestri à lui
dépêché à Capodimonte, 52.
Cérémonie de la prise du bâton
de capitaine ou gonfalonier de
l'Église, 103, 104.
Voyage à
Fano en octobre 1537, 152.
Somme d'argent à lui donnée
pourjouer àprime avec Camillo
Caetani, 163;
173.
restitution,
Gratification à son
trompette, lors du séjour du
Pape à Plaisance en 1538, 214.
Naissance de son fils, 265.
Mulets des litières à lui
prêtés lors de son départ pour
Plaisance (1544), 291, 300.
Transport de son armeria au
palais du feu cardinal de Sienne,
304.
Farnese (Pierpaolo), secrétaire
apostolique, 5.
Farnese (Pietro VI), condottiere, 2.
Farnese (Raimondo), 7.
Farnese (Ranuccio IV), 2, 20.
Farnese (Ranuccio, fils de Gabriele
Farnese)
(mort en 1495). =
R. Sommes d'argent données
à sa sœur de lait, 74.
Farnese (Ranuccio), petit-fils de
Paul III, cardinal, 36, 41, 42,43,
72, 73, 193, 200, 201, 204, 205,
254, 285.
=
R. Dépenses pour
son entretien, 12, 13, 21, 25, 33,
34, 69, 80, 81, 95, 111, 117, 118,
125, 179, 196.
Tables et
colonnes de litière, 13.
Étrennes, 14, 96, 174.
Caisse
de lit et coffre pour un voyage
dans les fiefs Farnese, 54.
Vêtements pour son page, 59,
86, 108;
81.
pour ses serviteurs,
Gratification à sa nour
rice, 77, 312;
au mari de
celle-ci, 153.
Étoffe pour un
sien sperviere, 79.
Grati
fication pour avoir joué la
comédie devant le Pape, 84.
Livres de chant, 91.
Selle
avec accessoires pour son petit
cheval (ronzino), 95.
d'or, 112.
Pontali
Chapeau, 127.
Sommes d'argent à lui remises
164, 172; remises à son page
pour lui, 125.
Farnese (Vittoria), petite-fille de
Paul III, duchesse d'Urbino,
28, 42, 43, 125, 127, 128, 179,
183, 205, 206, 209, 226, 238,
283.
=
R. Traitement d'Anto
nio Brandici, son maître de
musique, 10, 36, 50, 93, 113,
125.
Étrennes, 14, 96, 174.
Vêtements sacerdotaux par
elle commandés pour une église
du Patrimoine, 16.- Bijoux,
21.- Vêtements, 27, 63, 69,
120, 131, 165, 248.
Soieries
de diverses couleurs, 34.
Séjour à Nepi, en 1536, 36.
Robe de satin vert brodée d'or,
68.
Harnachement de sa
haquenée et éperons dorés, 87;
mors doré, 90; selle, 95.
INDEX DES NOMS
Départ de Rome (18 mai 1537),
125.
Réparation à son clave
cin, 160, 172.
Deux livres
d'or destiné à sa parure, 183.
Deux livres d'or filé et pièce de
cortina fine, 237.
Toile fine
d'or pour un vêtement, 248.
Mensualités remises, pour lui
être envoyées à Nepi, à son
agent Baldino degli Alessandri,
262, 264, 277, 280, 285;
à
Mariano Granato, avec deux
vases d'argent provenant de la
reine de Pologne, 270;
à
elle-même, 290, 293, 300, 305,
307, 316, 324.
Juments pour
son coche, 327.
Farnesina (palais d'Agostino Chi
gi), à Rome, 189.
Fascitello (Onorato), 295.
Favorino (Varino), évêque de
Nocera, 89.
Favre (Pierre).
(Pierre).
Federico.
V. Le Fèvre
V. Mario (Federico).
Felice, « domestique » de Cellini,
106.
Felice, sellier du Palais, 298.
R. Travaux pour la litière du
Pape, 4, 128, 203, 276.
=
Fournitures diverses pour le
Pape, pour Ottavio et Vittoria
Farnese, 55, 57, 76, 94, 95, 111,
116, 128, 139, 143, 170, 182,
216, 223, 244, 267, 284, 302.
Ferdinand, roi des Romains, 96,
285, 302.
Fermo (prov. d'Ascoli Piceno).
=
R. Voyage du capitaine
Prete pour le service du Pape,
150.
Ferrare (ducs de).
Ferrare.
V. Este.
V. Capelle (Antoine);
Este; Niccoluzzo (Niccolò).
Ferrariis (Le capitaine Giovanni
Giacomo de).
=
R. Frais de
l'expédition de la bulle de sa
nomination de comte palatin,
148.
Ferrerio (Bonifazio), cardinal, dit
le cardinal d'Ivrée, 75.
=
Déjeuner du Pape dans
jardin de Rome, 130.
R.
son
Ferrerio (Filiberto), évêque,
d'Ivrée, cardinal, 75, 126, 240,
280, 283.
=
R. Haquenée, puis
autours et tiercelets par lui
offerts au Pape, 299, 305.
Ferrerio (Pietro Francesco), évêque
de Vercelli, 36.
Ferriz (Le cardinal Pedro), 5.
Festa (Costanzo), chantre de la
Chapelle, 298. = R. Somme à lui
donnée pour son habillement
comme aux autres chantres
qui s'étaient rendus à Nice, lui
étant resté malade à Rome, 235.
Étrennes pour lui et les
autres chantres, 269.
Festonneurs, Brodeurs.--V. Della
Croce (Bartolomeo) ; Farfengo
(Angelo); Gucci (Francesco);
Omestre (Thomas).
Fêtes.
=
R. Anniversaire de la
création et du couronnement du
Pape (3 novembre) 2, 3.
Messe pontificale à Saint-Pierre
le jour de Noël, 12;- le jour
de l'Épiphanie, 17.
Conver
sion de saint Paul, 21, 24.
Assomption, 62, 65, 237.
Messes pontificales.
Fichard (Johann), 218.
Ficin (Marsile), 120.
Fieschi (Giacomo), évêque de
Savone, clerc de la Chambre
apostolique, 87.
Fifres.
V. Albret (Henri d'),
roi de Navarre; Antoine, duc
de Lorraine; Antonio; Beraldini
(Gio. Giacomo de') ; Capitole;
Capranica; Charles-Quint; Châ
teau Saint-Ange; Garde ponti
ficale;
Lombardie; Oliveto;
Orsini(Verginio Gentile); Parme
(ville de); Sienne (ville de).
Filareto (Apollonio), 37.
Filelfe (François), célèbre huma
niste, 23.
Filippa, de Camerino. =R.Somme
d'argent à elle versée, 86.
Filippo, matelassier, 201, 202. =
R. Remise en état des matelas
du Pape, 10, 86.
pourl'antichambre, 86.
Deux
matelas neufs pour le Pape, 194.
Matelas et oreillers pour le
Pape, 240.
349
Filonardi (Ennio), évêque de Veru
lan (Veroli), châtelain du Cha
teau Saint-Ange, cardinal, 33,
285, 302, 303.
Fiorenzola, Fiorenzuola d'Arda
(prov. de Plaisance).
R.
Passage du Pape allant à Nice;
=
gratification aux jeunes gens,
212.
Fioretto, jardinier en second du
Belvedere, 213.
=
R. Travaux
divers faits au jardin, 3,20, 26,
54.
Soins aux espaliers, 4, 6,
7, 80, 87, 88, 94, 101, 107.
Firmano (Giovanni Francesco),
maître des cérémonies, 280, 298.
=
R. Somme d'argent à lui
remise pour contribuer à la
dépense du baldaquin de San
Lorenzo in Lucina, 303.
Fisher (John), évêque de Roches
ter (Ruffensis), 17, 18, 123, 125.
Flamands (marchands). V. Pers
(Pietro) ; Rolant.
Flandre. =
R. Barrette remise à
Francesco Sfondrato pour la
V.
porter dans ce pays à une per
sonne secrète (déc. 1543), 266.
Flaminio (Marcantonio), poète des
Farnese, 12, 24, 237.
Florence (ducs de).
Florence.
=
V. Medici.
R. Etoffes comman
dées en cette ville pour tendre
les appartements du Pape, 11,
33.
Voyage en cette ville
d'un jeune Florentin pour le
service du Pape, 292.-V. Вас
cio (Frà); Giacomo; Medici;
Murate; Pierino degli Organi ( ?);
Regnadore (Leonardo); Tom
maso, sculpteur; Ugolini.
Florenzo
sarre).
ou
Florenza (Baldas
V. Baldassare da
Fiorenza ou de Florence.
Florido (Orazio), 146.
Florijs (Adrien), évêque de Tor
tosa, cardinal, 10;
pape
(Adrien VI), 185, 217, 234.
Matelas
Florimonte (Galeazzo), évêque de
Bologne, d'Aquino, 42, 227, 228.
Folenghino (Hieronymo) [Giro
lamo Folengo], camérier secret.
R. Dépenses pour le service
=
du Pape, 6, 25, 142.
350
Foligno (prov. de Pérouse).
V. Pier Matteo.
Fontaines (Philippe de), chantre
de la Chapelle, 221.
Foppa (Caradosso), joaillier, 168.
Forei (Domenico).
V. Forlè
(Domenico).
Forlè (Domenico), 175.
Forello, artisan de Caprarola. =
R. Paiement à sa femme d'une
dette contractée par le Pape
in minoribus, 73.
Forgeron.
V. Sponchione.
Foreria, 190, 195, 196, 295.
R. Dépenses diverses, 9, 48, 69,
109, 119, 154, 163, 188, 201,
242, 251, 264.- V. Francesco,
fabricant de caisses ; Gabriele;
Giovanni, batteur d'or.
Formello (prov. de Rome). = R.
Séjour du Pape en septembre
1537; gratifications et au
mônes, 150;
en 1538, au
retour de Nice; aumônes, 234.
Fornaro.
V. Boulanger.
Fornovo [di Taro], Fornoue (prov.
de Parme). = R. Passage du
Pape en allant à Nice; aumônes,
211.
Cornette dépêché de
cette ville au marquis Del Vasto,
212.
Fortia (Le marquis de), directeur
de la Propagande, 63.
Forze d'Ercole.
(Forze d').
V. Ercole
Foscari (Girolamo), évêque de
Torcello, clerc de la Chambre
apostolique, 85, 87.
Fosses (de).- V. Voré (Barnabé
de), sieur de la Fosse.
Fossombrone (L'évêque de).
V. Guidiccioni (Giovanni).
Four pontifical.
rie pontificale.
Fourreurs.
employés
=
V. Boulange
R. Fourreurs
occasionnellement
pendant le voyage de Nice,215,
216.
Pape.
Pelletier ou fourreur du
V. Giovannino.
Fourriers du Pape.
=
R. Rem
boursement d'une somme d'ar
gent par eux dépensée à Pérouse
lors du voyage pontifical de
1535, 55.- Etrennes, 98, 175,
LA COUR DE PAUL III
269.
Gratification pendant le
voyage de Nice, 216; pourle
voyage à Pérouse de 1544, 320.
V. Gabriele.
Fracastoro (Girolamo), médecin
de Paul III, 237.
Français.
=
R. Aumône à un
prêtre de ce pays vêtu de blanc,
251.
V. Parisiens (Écoliers).
Francesco, barbier du Pape in
minoribus.
R. Somme d'ar
=
gent à lui versée pour payer son
=
admission à l'office de Mastros
cieri àlui donné par lePape, 79.
Francesco, entrepreneur de ma
çonnerie, 188. = R. Réparations
au Palais de San Marco, 138.
Francesco, jardinier delaMagliana.
=
R. Gratification pour avoir
apporté des melons au Pape,
136.
Francesco, maître-huissier, 68.
Francesco, marchand de soieries
(setaiuolo, banderaro), 276.
=
R. Étrennes àsesgarçons, 14,98,
175, 270.
Vêtements d'église
à lui commandés par Vittoria
Farnese pour une église du
Patrimoine, 16.
Chargé du
paiement de bijoux destinés à
Vittoria Farnese, 21.
Four
nitures pour le Pape et les cardi
naux Alessandro Farnese et
Guidascanio Sforza, 21 ;
Ottavio Farnese, 35, 42.
Tenture de taffetas vert pour
couvrir le portrait de Giulia
Gonzaga, 100.
Ruban d'or
filé pour les pantoufles et les
chaussures du Pape;
boucles
pour la sedia pontificale, 280.
Bois de chaises et gros clous
dorés pour lesdites chaises, 312.
Ornements d'autel (?) pour
les religieuses de San Paolo,
à Rome, 331.
Francesco, orfèvre.
V. Valen
tini (Francesco).
Francesco, fabricantdecaisses (cas
saro), au Borgo. = R. Caisses
pour porter le lit du Pape en
voyage, 32, 110.
Bourses de
cuirpourporter en voyage avec
le Pape le bassin et les chande
liers d'argent, 32.
Coffres
garnis de fer et caisses de lit,
48, 264.
Coffres rouges avec
ferrures pour la Garde-robe, 111.
Fournitures et réparation de
caisses pour la Chambre, la
Garde-robe, la Foreria et la
Crédence, 154, 188, 191, 201,
240, 243, 283, 304.
Sacs de
cuir rouge pour porter en
voyage les chaises pontificales et
les bâtons de la sedia, 312.
Francesco, palefrenier. (Le même
que Francesco d'Ugarte?) R.
=
Vêtements à lui donnés, 3.
Remboursement d'aumônes
par lui faites, 163.
V. Ugarte
(Francesco d').
Francesco Borgognone, gouver
neur des frisons des litières
pontificales.
=
tion, 279.
R. Gratifica
Francesco da Como, maçon.
V. Francesco.
Francesco da Faenza. V. Valen
tini (Francesco).
Francesco, de Marta (ser), notaire
ou prêtre. = R. Aumône à lui
faite, 26.
Francesco da Milano, joueur de
luth, maître d'Ottavio Farnese,
226-232, 298.
=
R. Achat de
deux luths et de cordes pour
pour
Ottavio Farnese, 12.
rino degli Organi.
Francesco, de Monza.
V. Pie
V. Fran
cesco da Milano.
Francesco, de Pérouse, horloger,
174.
Francesco, de Ronciglione. = R.
Aumône à lui faite, 123.
Francesco, de Scanzano.
=
R.
Somme d'argent à lui donnée
pour retourner chez lui, 136.
Provision mensuelle remise pour
lui à son fils Giulio, 274, 277,
316, 332;
à lui payée, 324.
Francesco, de Tramoggiano nel
Casentino.
=
R. Somme d'ar
gent à lui donnée pour avoir
offert au Pape des ravagioli et
des poires caravelle, 166.
Francesco, d'Ugarte, palefrenier.
V. Ugarte (Francesco d').
INDEX DES NOMS
Francese (Jacopo).- V. Giacomo
Fiorentino.
Franchi (Giovanfrancesco di Lodo
vico), comte de Montorio,
évêque d'Aquila, 110.
Franchi (Paolo Girolamo de'),
majordome, président de la
Chambre apostolique, 27, 59,
83, 110. = R. Signatures auto
graphes et approbation des
Comptes, 23, 24.
Franchini (Francesco), 247.
Francioso (Il cavalliere), maître
de l'écurie, 265, 298.
=
R.
Harnachements pour la mule
Bari, 33;
pour les deux che
vaux turcs donnés
au Pape
par le cardinal Sforza et l'abbé
Soderini, et par lui offerts à
Charles-Quint, 39, 40.
Achat
d'une mule pour porter la croix
devant le Pape, 42.
Harna
chement du mulet donné au
Pape par l'archevêque de Médi
cis;
dorure
d'une paire
d'étriers et d'une paire d'épe
rons pour le Pape, 66.
Deux
paires d'éperons et une paire de
bossettes dorées pour le Pape,
90.
Mors doré pour la jument
d'Ottavio Farnese et la haque
née de Vittoria Farnese, 90.
Étrennes, 98. Harnachements
pour un cheval turc et la mule
Ghinuccia, 132.
Chiodasoni
pour les chevaux personnels du
Pape; caisses pour porter les
harnachements des haquenées
du même, 190.
Chiodasoni
des harnachements des mules,
198.
Paiement par lui fait
à Raffaelle, maréchal du Palais,
Achat d'une mule pour
202.
le confesseur du Pape, pour
aller à Nice, 207.
Boucles,
bossettes, brides et éperons
dorés pour une haquenée desti
née à Marguerite d'Autriche;
transport à Sienne de cette
haquenée et d'une mule, 250.
Fournitures diverses pour la
cavalerie personnelle du Pape,
Cheval pour porter la
278.
valise du Pape en voyage, 298.
Garnitures de selles et
objets divers pour la cavalerie
personnelle du Pape, 314, 330.
Cf. Raffaelle, maréchal du Palais.
Franciscains.
V. Nice.
Franco, nonce, 303.
François, dauphin de France, fils
de François Ier, 96, 291.
François ler, roi de France, 15,
120, 123, 124, 126, 128, 129,
162, 169, 227, 246, 249, 251,
255, 256, 257, 263, 267, 269,
271, 273, 274, 275, 280, 283,
284, 286, 287, 288, 289, 290,
293, 294, 295, 299, 300, 303.
Lettre adressée par lui à
Paul III, 125 ;
lettre à lui
adressée par Paul III, 272. = R.
Latino Giovenale envoyé de
Savone à sa cour, 221.
Grati
fication à son bouteiller, 223;
à ses trompettes, 226; à
huissiers (portiers), 227.
Diamant en forme de barque
par lui offert au Pape, 228.
Entrevue avec Charles-Quint à
Aigues-Mortes, 234.
François-Xavier(saint), S. J., 307,
308.
Franzese (Giovanni), de Marta,
maçon, 189. = R. Réparation à
la cheminée de la Chambre
verte, au Vatican, 28.
Franzesi (Matteo), 106, 197.
Frascati (prov. de Rome).
=
R. Gratification auxjeunes gens,
pendant un séjour du Pape, 46.
Aumône à l'hôpital sis en
dehors de la ville, 46.
du Pape en 1536, aumônes, 80;
en 1537, aumônes et frais
divers, 117, 118, 123, 126, 137,
148, 154;- en décembre 1537,
aumônes et frais divers, 160,
161 ;
enmai 1544, gratifica
tions, 292.
Aumônes à des
religieuses en ce lieu, 147.
Séjour du Pape en février 1538,
frais de voyage des musiciens
du Château Saint-Ange, 188.
Fratino, entrepreneur de maçon
=
nerie, 189.
R. Morceau de
mur construit au nouveau che
nil, 152.
351
Frédéric III, empereur,260, 262.
Frisons.
V. Chevaux.
Fugger (Jakob), banquier, 203.
Fumano (Adamo), 38.
Fusconi (Francesco), médecin de
Paul III, 106, 107.
G
Gabasso, nom d'un cheval, 183.
Gabbrielli (Antonio), avocat du
fisc, 85, 86, 87.
Gabinate (Costanzo), médecin.
V. Costanzo Gabinate.
Gabriele, fourrier du Pape, 190,
213.
R. Frais d'une litière
=
pontificale pour le Belvedere et
diverses dépenses pourla Fore
ria, 9.-Achats pourla Foreria,
ses
69, 119, 134, 163, 251.
Étrennes, 98.
Achat de store
pour la Chambre de l'Audience,
189.
Gabriele, d'Ancône (Frà), 35.
Gaddi (Giovanni), clerc de la
Chambre apostolique, 52, 86,
102, 103, 105, 106, 107, 108,
=
146, 170, 261.
R. Don d'un
cheval turc au Pape, 169.
Gaddi (Luigi), 102.
Gaddi (Niccolò), cardinal, 108,
252, 261.
Gaeta (prov. de Caserta).
Spiriti (Lorenzo).
V. Gaeta.
Gaieta.
Gaio.
V.
V. Marliano (Giovanni
Séjour
Pietro).
Galeazzo della Viola.
(Galeazzo).
V. Baldi
Galeazzo, précepteur de Ranuccio
Farnese.
Galériens. =
V. Rossi (Galeazzo).
R. Somme donnée
pour délivrer dix d'entre eux
arrivés à l'expiration de leur
peine, 86;- à deuxde ceux qui
ramaient sur une des galères
d'André Doria, 222.
Gallese (arr. de Viterbe, prov. de
Rome).
V. Leonardo.
Galetti (Giambattista), préfet du
Palais apostolique sous Jules III,
111.
352
Galieno, ancien épicier(speziale), à
Valentano.
=
R. Paiement
d'une dette contractée vis-à
vis de lui par le Pape in mino
ribus, 112.
Galli (Gasparre), orfèvre, 160-162,
204.
R. Quatre anneaux d'or,
dont l'un avec une émeraude, et
les trois autres avec des saphirs
pour des cardinaux, 326.
Galli (Giacomo), 39.
Gallinaro du Belvedere.
LA COUR DE PAUL III
la Garde-robe du Palais de San | Génois (Moines) allant à Jérusa
=
Marco au Vatican, 245.
Coffres pour transporter le
lem.
R. Somme d'argent à
eux donnée, 29 ;-à un autre
linge du Pape quand il va en
voyage, 248.
V. Litières;
Aleotti (Pier Giovanni) ; Fran
cesco, marchand de caisses;
Granato (Mariano) ; Gimignano.
=
Garde suisse.
du 1er mai, 52.
R. Gratification
(compagnie des).
V. Lanzi
V. Garone(Battista), entrepreneur de
Poulailler du Belvedere.
Gallo (Gasparre).
V. Galli
(Gasparre).
GambaraouGambaro,palefrenier,
64, 65.
=
R. Commissaire au
Château Saint-Ange pendant le
voyage de Nice, gratification,
238.
Somme d'argent à lui
remboursée, 334.
Gambara (Uberto), évêque de
Tortona, protonotaire, cardi
nal, clerc de la Chambre aposto
lique, 13, 86, 101, 169, 191, 256,
298.
Gambara (Veronica), 47.
Gandia (Le duc de).
(Juan III).
Gardes-chasse.
V. Borgia
V. Chasse, Ber
nardino da Benevento; Nardo
lini (Francesco), Pietro d'Aversa.
Garde pontificale. = R. Étrennes
aux trom
et gratifications
pettes, tambourins et fifres, 2,
14, 21, 42, 260.
Cadeau de
Pâques, 42, 114, 214, 287.
Anniversaire de la création et du
couronnement de Paul III, 83,
158, 323.
Étrennes, 97, 174,
269.
Conversion de saint
Paul, 103, 182.
Chancelier de
la Garde, 52, 125, 217, 292, 293.
V. Stefano.
Garde-robe du Pape.
=
Dépenses diverses, 3, 10, 19,
R.
35, 47, 48, 80, 88, 92, 111,
129, 154, 170, 186, 191, 199.
Pose d'une galerie au-dessus des
armoires, 35.
Clavecin, 170.
Caisses de sapin et autres
objets, 198.- Transport de la
Garde-robe de Savone à Nice,
221.
Transport des objets de
maçonnerie, 150. = R. Travaux
à la Sixtine pour le Jugement
dernier, 3, 32, 38.
Garzoni (Tomaso), 230.
Gaspar<< Alpheus ».
V. Alpheo
ou Alpheus (Gaspar).
Gasparre, orfèvre vénitien, 162.
Gasparre, orfèvre.
Gallo.
V. Galli ou
Gaspar, palefrenier, 64, 298.
=
R. Remboursementd'aumônes à
Nice, 224.
Gratification de
Noël, 278.
Gatti (Orazio), secrétaire de Giu
lio Grandi, 111.
Gaurico (Luca), astrologue de
Paul III, 49, 230, 231.
Gauthier, chantre de la Cha
pelle.-V. Genet.
Gaza (Théodore), 22, 143.
Geislinger(Jacob), de Zurich, capi
=
taine de la Garde suisse.
R. Acompte sur sa créance vis-à
vis de la Chambre apostolique,
225.
Gênes.
R. Séjour du Pape en
=
revenant de Nice; aumône aux
Minimes; gratifications aux sol
dats de la garnison, aux trom
pettes, tambours, bombardiers
et massiers, aux tragetti, aux
dames des pauvres; aumônes
diverses, 228, 229, 230.
Genet, chantre de la Chapelle,
221.
Genga (Girolamo), peintre du duc
d'Urbino, 145.
Genièvre (Huile de). = R. Grati
fication à deux vieillards qui en
avaient offert une fiasque au
Pape, 155.
moine, 78.
Geraldi (Vincenzio), gouverneur
des petits-fils du Pape. = R.
Dépenses diverses pour Otta
vio Farnese et ses frères, 4, 6,
9, 12, 30, 68, 113.
Gerardi (Vincentio).
(Vincenzo).
V. Geraldi
Gering (Conrad), ambassadeur des
Grisons, 173, 303.
Gesominadi serSimone, de Canino.
=R. Pension mensuelle, 34, 39,
44, 56, 64, 77, 93, 104, 109, 138,
181, 185, 205.
Somme à elle
versée pour faire réparer sa
maison, 77.
Gessi (Faustina Giptia).
R.
=
Sommes d'argent à elle données,
35, 82, 97, 132, 172, 200, 243.
Gessi (Sebastiano). = R. Supplique
pour un office de chevalier, 226.
Gessi (Tommaso). = R. Pension
mensuelle à lui et à une de ses
filles mise dans un couvent de
Rome, 242, 248, 265, 278, 286,
303, 310, 329.
Gesualdo (Trojano), archevêque
de Consa, 52.
Gheraldi (Vincentio).-V.Giraldi.
Gherardi (Mattia), maître des
postes pontificales. = R. Frais
d'une estafette envoyée de Plai
sance à Santa Fiora pendant le
voyage de Nice, 216. Sommes
d'argent à lui consignées pour
les remettre à Olimpio Velden
crio, fils de Pellegrino, 314.
Gheri (Cosimo), évêque de Fano,
118, 135, 281, 282.
Ghinucci (Girolamo), auditeur de
la Chambre apostolique, cardi
nal, 17. = R. Mule par lui don
née et portant son nom, 132.
Ghirardo, serviteur de Meleghino.
=
R. Somme d'argent à lui
versée pour son maître, 119.
Ghirlandajo (Domenico), peintre,
144.
Ghisilieri (Filippo), de Bologne, 97.
Giacobacci (Cristoforo), dataire,
cardinal, 32, 33, 276. = R. Ver
INDEX DES NOMS
sements par lui faits à Egidio
353
sa part six autours au Pape, | Giorgio, d'Arpino. = R. Sommes
Zeffiri pour Bernardino Della
Croce, trésorier, 3, 5, 7, 9, 11,
13, 15, 17, 19, 21, 25, 27, 29,
31, 35, 37, 39, 41, 43, 45, 47,
49, 53, 55, 57, 61, 63, 65, 67,
69, 73, 81, 83, 87, 89, 93.
Somme de 1.000 écus d'or à lui
remise par le Pape le 20 mars
1538, 198.
Giacobacci (Domenico), cardinal,
32.
Giacobacci (Giacomo). —V. Gia
cobazzi (Jacopo).
Giacobazzi (Jacopo), chevalier de
Saint-Paul, 32.
Giacoma, femme d'Andrea qui
était dans la barque du Pape
en revenant de Nice.
R. Aumône à elle faite, 250.
Giacomino, chaussetier, 200, 201.
=
R. Fournitures pour le
=
Pape, ses petits-fils et les offi
ciers de la Chambre pontificale,
12, 25, 29, 48, 90, 104, 122, 133,
164, 179, 202, 243.
son
de Noël, 29, 100.
compte, après sa
Cadeau
Solde de
mort,
281.
Giacomo, peintre, 217. =
R.
Somme àluiversée pour la pein
ture de la voûte qui conduit de
l'un à l'autre jardin, au Belve
dere, 246.
Giacomo, vigneron de la vigne
Farnese à San Pancrazio.
R. Étrennes, 98, 175, 270.
=
Giacomo V d'Appiano, prince de
Piombino, 268.
Giacomo da Brescia, 153.
Giacomo Fiorentino, menuisier ou
peintre, 197,
sculpteur et
marbrier (homonyme ?), 157. =
R. Somme versée à un per
sonnage de ce nom pour diffé
rents travaux faits auBelvedere,
101.
Giacomo (Giovanni), 126.
Giacomo di Francesco.- V. Dalla
Barcha (Giacomo).
Giacomo Schiavone (l'Esclavon),
238, 240.
=
R. Gratification à
son serviteur qui a apporté de
76.
Giambattista, comptable de Ja
copo Meleghino, 215.
Gianantonio, marbrier, 217.
Gianfrancesco, de Brescia, orfèvre,
163.
Gianmaria,de Camerino, orfèvre,
173.
Gianotto (Marcello), brodeur, 173.
Giannotti (Donato), historien, 172.
Giannotti (Giacomo), orfèvre, 172.
Gianpietro, de Coni, 91.
Giberti (Giammatteo), cardinal ( ?)
évêque de Vérone, dataire, 38,
47, 97, 119, 123, 129, 209, 228,
229, 283.
Gillooni (Aymo), magister, 69.
=
Gimignano.
R. Somme à lui
donnée pour avoir pris soin de
l'appartement du Pape et de la
Garde-robe pendant le voyage
de Nice, 231.
Gimignano, de Borgo ou duBorgo,
speziale (épicier et droguiste). =
R. Petite ampoule de baume
pour le Pape, 182.
Gioardi, fondeurs, 158.
Giocondo (Frà), de Vérone, 193.
Giofrè, dépensier (dispensiere), 73.
=
Somme
R. Etrennes, 15.
versée à son compagnon Redolfo
pour lui envoyer à Rome, où il
était malade, pendant le voyage
de Nice, 215.
Giofrè, fourrier. = R. Somme d'ar
gent à lui remise pour le service
de la Foreria, 109.
Giordani (Porzia), veuve de Fran
cesco Stella, 209.
Giorgio(messer), fils ou lieutenant
du comte Pierre Krusich, 270.
Giorgio, ancien cuisinier de Paul
III, 78.
=
fait, 18.
R. Cadeau à lui
Giorgio, menuisier (falegname),
197.
R. Parapet de bois avec
balustres pour le lit de l'anti
chambre pontificale, 297.
Giorgio, palefrenier, 64, 286.
=
R. Voyage à Civitavecchia pour
le service du Pape, 149.- Rem
boursement d'aumônes, 293.
d'argent à lui données, 171, 244.
Giorgio Rodiano ou Rodioto [de
Rhodes]. = R. Sommes d'ar
gent à lui données, 91, 139.
Giovanna, femme de Stefano, de
Velletri.
=
R. Somme d'argent
payée par son intermédiaire,
308.
Giovanni.- V. Vergèce (Jean).
Giovanni (Merlano ou Romano),
barbier, aide de la Chambre
pontificale, 177, 200.
=
Étrennes, 15, 98, 176, 269.
R.
Dépenses pour le nouvel étui
de rasoirs pour le Pape, 36, 67.
Sommes à lui données pour
son habillement, 37, 58, 69, 92,
108, 114, 122, 138, 202;
pour
s'acheter une litière, 85; une
caisse destinée à emporter son
luth en voyage, 110;
son entretien, 296.
pour
Coque
mars de liscia pour laver la
barbe du Pape à la Magliana,
103.
Dépenses pour la nou
velle
Pape, 146.
trousse de toilette du
Traitement men
suel, 122, 126, 139, 144, 149,
155, 165, 172, 183, 195, 237,
248.
Somme à lui donnée
pour l'infirmière qui l'a soigné,
153, 202;
pour s'acheter
deux paires de draps, 155;
pour l'aider dans sa maladie et
pour prendre les bains [de
Rembourse
Viterbe], 204.
ments, 172, 236, 240, 279, 321.
Deux paires de ciseaux et
autres objets pour le Pape,244.
Somme d'argent à lui don
née pour organiser une masca
rade avec ses compagnons (mat
tascini) en 1544, 279.
Giovanni, batteur d'or (battiloro,
aurepellario).
=
R. Cuirs
ouvragés pour la Foreria, la
Crédence secrète et les deux
litières du Pape, 242.
Cuirs
rouges et autres objets pour les
litières pontificales, 267.
Giovanni, cordonnier du Pape,
201.
=
R. Chaussures et pan
toufles pour les cardinaux Gui
45
354
LA COUR DE PAUL III
rata, 282.
=
dascanio Sforza et Alessandro | Giovanni Antonio Maria, de Mace- | Giovanni Battista Siciliano, musi
Farnese, pour Ottavio et Ranuc
cio Farnese, pourle Pape etpour
R. Somme à lui
donnée pour retourner chez lui,
les pages de la Chambre ponti
ficale, 13, 15, 48, 72, 95, 99, 117,
143, 197, 296.
garçons, 15, 98.
Étrennes à ses
Étrennes à
lui-même, 175, 272.
Giovanni, cuisinier secret.
Duval (Jean).
V.
Giovanni, cuisinier de Clément VII
[JeanDuval ?]. = R. Rembour
sement à lui fait, 12.
Giovanni, matelassier, 201. =
R. Fournitures pour les matelas
de la Chambre de l'Audience, de
la Salle du Consistoire et de
celle des Lanzi, 19.
Giovanni, muet de Gradoli.
R. Aumônes à luifaites, 44, 77,
206.
Giovanni, valet de chiens (canet
tiere), 237, 241. = R. Salaire, 5,
129, 145, 155, 184, 196, 238,
252, 282, 310, 318, 328.
Bottes et carniers, 129.
Giovanni, autre valet de chiens
(bracchiere), 241. = R. Salaire,
92, 106, 155, 184, 196, 238,
252, 282, 310, 318, 328.
lier, 215.
Giovanni, de Castellamare, bate
R. Transport de
=
1500plants d'arbres, du royau
de Naples à Rome, pour le
nouveau jardin du Belvedere,
161.
Giovanni, de Frascati, 169.
Giovanni le Grec(messer), 105.
Giovanni Andrea, de Borgo San
Sepolcro, 97.
Giovanni Antonio, barbier à la
Chiavica.
R. Somme d'ar
=
gent à lui donnée par le Pape
durant une maladie, 17.
Grosse toile pour faire des ser
viettes pour les soins des che
veuxetdelabarbe du Pape, 162.
Giovanni Antonio, de Bergame,
marbrier, 156, 157.
Niche pour la statue de l'empe
=
R.
reur Commode, au Belvedere,
19.
contractée envers
Paiement d'une dette
lui par le
Pape in minoribus, 65.
141.
Giovanni Antonio, d'Urbino, pale
frenier, 64, 65. = R. Traitement
mensuel à lui donné pendant la
durée d'une maladie, 90, 99,
105, 108, 115, 122, 127, 134,
139, 144, 151, 158, 167, 176, 184,
192, 250.
Giovanni Battista, de Gênes, bat
teur d'or, 175.
Giovanni Battista, comptable de
la fabrique du Palais.
V. San
gallo (Giambattista da) et Gobbo
(II).
Giovanni Battista.
V. Gogliati
(Battista).
Giovanni Battista, serviteur de
Marcello Palone. =
R. Somme
àluipayéepour son maître, 138.
Giovanni Battista, fils du charpen
tier Andrea, 197.
=
R. Traite
ment mensuel, 189, 198, 236,
237, 242, 243.
Giovanni Battista, serviteur de
Bernardino Della Croce.
=
Voyage à Sienne, avec son
maître, pour rendre visite, de
la part du Pape, à Marguerite
d'Autriche, alors à Sienne, 250.
Giovanni Battista, de Bagnaca
vallo.
=
R. Somme d'argent à
luidonnée pendant une maladie,
pour rentrer chez lui, 165.
Giovanni Battista, de Milan, mar
chand.
=
R. Cortina et toile
pour les impannate de l'apparte
ment pontifical de San Marco,
237;
pour celles de la salle
des Lanzi et des palefreniers,
250.
Giovanni Battista, de la Mirandole,
prieurde San Giovanni e Paolo,
à Rome. = R. Somme d'argent
à lui remise pour les Hiérony
mites de ce couvent, 154.
Giovanni Battista, de Pera. = R.
Traitement, 116, 134, 136, 140.
148, 155, 163, 170, 185, 190, 199,
Giovanni Battista, de Sartiano. =
R. Somme d'argent à lui don
née, 244.
cien du Pape. = R. Traitement
mensuel, 8, 9, 24, 30, 38, 49, 50,
58, 63, 67, 243, 246, 253.
Giovanni Domenico, peintre.
V. Domenico.
Giovanni Domenico, prêtre, cha
pelain de l'église de Gradoli. =
R. Sommes d'argent à lui
données, 89, 236,
Giovanni Evangelista (Don), à
Montecavallo.
=
R. Somme à
lui remise pour le service du
Pape, 30, 61.
Giovanni Francese (Don).
Joannes vitrarius Flander.
Giovanni Giacomo, de Cesena.
V.
V. Beraldini ou Berardini(G. G.)
GiovanniGiacomodiDugnano,207.
Giovanni Giacomo, da Parma,
orfèvre, 172.
Giovanni Ladro, vigneron.
V.
Ladro (Giovanni).
Giovanni da Loreno [Jean de
Lorraine], palefrenier, 64. = R.
Remboursementd'aumônes, 20,
R.
54.
Giovanni Luigi ou Joanni Aloysi
(Don).
V. Luigi (Don).
Giovanni, de Montepulciano.
V. Ricci (Giovanni).
Giovanni, d'Onano, habitant à
Gradoli.
R. Somme d'ar
=
gent à lui donnée, 244.
Giovanni Pietro, boulanger (for
naro), 77. = R. Cadeau de Noël,
100.
Giovanni da Ravenna, 21.
GiovannidaRobbia.-V. Rusconi.
Giovanni Spagnolo, scrittore del
canto figurato. = R. Aumône àlui
donnée, 134.
Giovanni da Udine, 64.
Giovanni de Vishech, camérier du
Pape ( ?). = R. Remboursement
d'aumônes, 46.
Giovannino, pelletier ou fourreur
du Pape, 200. = R. Fournitures
faites au Pape et à Costanza
Farnese, 10, 30, 48, 93, 112,
116, 154, 188, 265, 272, 281,
288 ( ?), 330. — Étrennes à ses
garçons, 14, 98.
lui-même, 175, 270.
Étrennes à
INDEX DES NOMS
Giovanpiero della Tacca. =
V.
Crivelli (Giovanni Pietro).
Giovenale de' Manetti (Latino).
V. Manetti (Latino Giovenale
de').
Giovio (Paolo), 24, 46, 56, 57, 59,
114, 131, 252, 253, 256, 257,
262, 263, 264, 277.
Giptia, Gipsio.
V. Gessi.
Giraldi (Giovanni), banquier, 86,
91.
Giraldi (Giovanni Battista), 152.
Giraldi (Lilio Gregorio), 94, 121,
136.
Giraldi (Vincenzo). = R. Argent
à lui remboursé au nom
Durante Duranti, camérier se
de
cret, 30.
Girolamo, aide de la Chambre
pontificale.
V. Machabeo
(Girolamo) .
Girolamo, dit il Bologna, entre
preneur de charpenterie, bom
bardier du Château Saint-Ange,
191, 192, 194, 216. = R. Petites
poutres de châtaignier et cercles
destinés aux espaliers d'orangers
du nouveau jardin du Belvé
dere, 282, 296.
Tables, bancs
et escabeauxpourl'appartement
pontifical de l'Araceli, 294, 313.
Impannate et jalousies pour
l'appartement pontifical de San
Marco, 306.
Girolamo, de Côme, sculpteur, 156.
Girolamo Lombardello (Frà), prê
R. Gratification à lui
tre. =
donnée, 267.
Girolamo de Glanderonibus, arche
vêque d'Amalfi et évêque de
Massa.
R. Acompte sur la
=
somme annuelle à lui due par la
Chambre apostolique pour la
fermeture ( ?) de sa mine d'alun
de Massa, 213.
Girolamo, de Pontremoli, camer
lingue de la Compagnie de la
Conception de San Lorenzo in
Damaso.
=
R. Somme à lui
versée pour la dot d'un certain
nombre de jeunes filles, 92.
Girolamo, d'Udine, joueur de cor
net, 230.
Girolamo, d'Urbino. =
R. Garde
manger (moscarole) pour la Cré
dence secrète, 302.
Girolamo (Paolo).
V. Franchi
(Paolo Girolamo de').
Gismondo, droguiste.
mondo.
Gittio (Thomaso).
V. Sigis
V. Gessi
(Tommaso).
Giulia [de Gradoli?], veuve de
ser Virgilio, de Canino.
Somme d'argent à elle donnée,
77.
Giuliana, de Ronciglione. =
R.
Somme d'argent à elle donnée,
150.
Giuliano, cuisinier secret, 78.
R. Étrennes, 270.
Giuliano, charpentier et menui
sier. = R. Caisse et table pour
la Foreria, 201.
Giuliano, de Borgo (trouvé assas
siné dans la vigne des Farnese à
Ronciglione ).
R. Somme
=
d'argentparlui prêtée à Tronca
de Valentano et remboursée par
le Pape à son fils, 54.
Giuliano Fiorentino, charpentier,
bombardier du Château Saint
Ange, 195.
Giulio, peintre. = R. Somme à lui
payée pour la peinture des
deux fenêtres murées de la Cha
pelle secrète, 148.
Giulio da Modena, musicien, 227.
Giulio (Camillo) et son fils Nobilio,
marchands.
=
R. Canne (ro
seaux) pour le Belvedere, 195.
Giulio (Nobilio), fils du précé
dent, aide de la Chambre ponti
ficale, 298.
R. Matelas avec
=
draps et couverture pour dor
mir dans l'antichambre du
Papependantle voyage de Nice,
216.
238, 242.
Traitement mensuel,
Sommes d'argent
à lui données, 296, 326.
Giulio, de Scanzano, fils de Fran
cesco,
de Scanzano.
R.
Sommes à lui payées pour son
père, 274, 277, 332.
Giustiniani (Paolo), 249, 285.
R. Somme d'argent à lui don
née, 28.
Somme à lui remise
pour payer les frais d'hôtelle
355
rie d'esclaves pris sur une fuste,
131.
Gobbo (il).
V. Sangallo (Giam
battista da).
Goes (François), chantre de la
Chapelle.-V. Goust (François).
V. Far
Gonfalonier de l'Église.
nese (Pier Luigi).
Gonzaga (les), 174.
=
R.
Gonzaga(Ercole), cardinal,56, 148,
245.
Gonzaga (Federico I), duc de
Mantoue, 10, 212, 245, 252.
R. Étrennes à ses fifres, 14.
=
Rose d'or à lui donnée en 1537,
=
=
=
112.
Gonzaga (Federico II), 279.
Gonzaga (Ferrante), vice-roi de
Sicile, 286.
Gonzaga (Giulia), 170, 179, 265,
276. =
R. Tenture de taffetas
vert pour couvrir son portrait,
100.
Gonzaga(Giulio), comte de Nova
rella, clerc de la Chambre apos
tolique, 85, 88.
Gonzaga (Giovanna Ursina) .
=
R. Etrennes à elle données, 268.
Cadeaux à elle faits, 294, 320.
Gonzaga (Luigi), 122.
Gonzaga (Luigia), 212.
Gori (Livia), 113.
Gori (Paolo), 113.
Gori (Silla), procureur du fisc, 113.
Gottifredi (de'), familleromaine,98.
Goust (François), chantre de la
Chapelle, 221.
Gouverneurs de Rome.-V. Ange
lini (Pietro) ; Archinto (Filippo) ;
Conversini (Benedetto), vice
camerlingue ; Guidiccioni (Gio
vanni) ; Magalotti (Gregorio);
Michele (Franzino) ; Rangone
(Ugo).
Gradasso, bouffon nain du cardi
nal Hippolyte de Médicis, 54,
277.
Gradoli (arr. de Viterbe, prov. de
Rome).
=
en 1536; gratification
R. Séjour du Pape
aux
jeunes gens; indemnité au
second maître de la Garde-robe
pour une sienne maison incor
porée au Palais des Farnese en
356
ce lieu; salaire de la lingère, 76.
Dot de neuf orphelines;
aumônes diverses, gratification
au neveu du prieur qui avait
récité quelques vers et à des
pêcheurs qui avaient offert du
poisson, 77.
Séjour en 1538,
au retour de Nice; aumônes
auxpauvres et àlaMadonnadel
Cecchino, 233.
V. Angelo
di Fabrizio;
Bernardino di
Daniele; Clemente; Giovanni,
muet; Giovanni Domenico; Gio
vanni d'Onano; Magno; Mario;
Menico di Naccio; Ragliante
(Silveria).
Grana (Giampaolo), 97.
Grana(Lorenzo), évêque de Segni,
97.
Granato (Mariano), sous-maître
de la Garde-robe, 62, 285, 298.
R. Remboursement de dé
=
penses par lui faites, 3, 129.
Envoyé à Florence pour hâter
la confection des étoffes desti
nées à tendre l'appartement du
Pape, 11, 33.
Habillements
d'Orazio, de Ranuccio Farnese
et de leurs serviteurs, 33, 34, 69,
80.
Remboursement des frais
qu'il a faits dans une chambre
par lui cédée à Orazio et Ra
nuccio Farnese, 34.
Pièces
de ruban d'or tissé achetées à
Bologne pour faire les croix sur
les chaussures et les pantoufles
du Pape, 48.
Réparations à
la « porte de Marforio », 58.
Vêtements pour le page de
Ranuccio Farnese, 59, 86, 108.
Achat d'or pour la broderie
d'une robe de satin vert desti
née à Vittoria Farnese, 68.
Indemnité à lui versée pour une
sienne maison incorporée au
Palais Farnese de Gradoli, 76.
Matelas et couverture par lui
achetés, pour la Garde-robe, 80.
Écrande feu et toile pour les
mouchoirs de tête du Pape, 86.
Location de lits pour la suite
de Reginald Pole, 88. Pontali
d'or pour Ranuccio et Ottavio
Farnese, 112.
Chaînes d'or
LA COUR DE PAUL III
pour des ambassadeurs suisses,
112, 169.
Croix blanches pour
Ranuccio Farnese, prieur de
Venise, 125.
179.
Soie et boutons,
Somme d'argent à lui
remise pour payer le chaussetier
pontifical Giacomino, 202;
pour le confesseur du Pape, 221;
pour aumône à Giovanni
d'Onano, alors à Gradoli, 244.
Transport des objets de la
Garde-robe au Palais de San
Marco, 245.
Voyage à Nepi
pour porter à Vittoria Farnese
sa pension, deux vases d'argent
une
venant de la reine de Pologne et
gratification destinée à
Maria Conti, 270.
Satin
blanc léger pour couvrir un
vêtement d'hermine du Pape,
276.-Gants pourlePape,276.
Grandi (Giovanni Battista). = R.
Somme à lui donnée, 20.
Grandi (Giulio de'), évêque d'An
glona, président de la Chambre
apostolique, camérier, 85, 87,
88, 111, 210, 251, 280.
=
R.
Location de lits mis au Palais
de la Chancellerie pour la suite
du duc de Ferrare, 5, 17.
Remboursement d'une somme
par lui donnée à madonna Vitel
lesca, 58;
d'une somme par
lui avancée pendant une absence
du Pape, 78;
de dépenses
diverses : papier, registre de
comptes, voyage à Castro, 117.
Achat d'un registre de
dépenses et d'une rame de
papier, 198.
Voyage à Rome
et retour, pendant le voyage
voya
Nice, 207.
de
Révision des
comptes, 157, 158, 175, 254
257, 336, 337.
Granvelle (Antoine de), arche
vêque deBesançon, cardinal, 36,
274.
Grassi (Giovanni Pietro), évêque
de Viterbe. = R. Somme d'ar
gent à lui remise, 39.
Grassi (Paride de'), maître des
cérémonies sous Léon X, 242.
Graziani (Sebastiano), évêque de
Segni, puis de Trevico, major
dome, 30, 31;
président de
la Chambre apostolique, 87, 110.
Grazie (Religieuses du couvent
des), à Parme.
=
R. Somme
d'argent à elles donnée pendant
le voyage de Nice, 212.
Grazioli (Cesarea) d'Ancône, 53. =
R. Somme d'argent à elle don
née, et àune femme quil'accom
pagnait, 59;
332.
à elle envoyée,
Grazioli (Francesco), 53.
Grazioli (Giambattista), 53.
Grec (l'évêque).
(Dionysios ?).
V. Zanettinos
Grecs. = R. Aumône à un pauvre
moine de ce pays, 304.
V.
Coron (Stefano de); Lascaris
(Jean); Trementino ou Premen
tino (Manuel).
Grechetto (il).
(Dionysios).
Greco (Niccolò).
V. Zanettinos
V. Niccolò
Greco.
Greff Bakfart (Valentin), luthiste,
230.
Grégoire IX, pape, 144.
Grégoire XIII, pape, 207, 209.
Grégoire XVI, pape, 26.
Gregorio, ancien gouverneur
neur de la
Magliana, malade à Orvieto.
=
R. Somme à lui donnée pour
payer les frais d'une maladie,
28, 76.
Gregorio Schiavone, sellier.
=
R. Boucles et bossettes pour les
harnachements des frisons de la
litière pontificale, 239.
Griffet (Giacomo), Anglais.
V. Griffith (James).
Griffith (James). = R. Somme à
lui donnée pour dégager ses
chevaux et les amener à Rome
avec sa femme alors à Sienne,
248.
Grignan (Le comte de).
V.
Adhémar de Monteil (Louis d').
Grimaldi (Ansaldo), banquier gê
nois, 203.
R. Gratifica
=
tion à ses serviteurs qui avaient
apporté un présent au Pape
allant à Nice, pendant son séjour
à Sarzana, 210.
INDEX DES NOMS
Grimaldi (Giovambattista), ban
quier, 203.
Grimaldi (Giovanni), 203.
Grimaldi (Girolamo), cardinal,
193.
Grimani (Marco), cardinal, pa
triarche d'Aquilée, commandant
en chef des galères pontifi
cales, 287, 299. = R. Somme de
30.000 écus d'or à lui versée,
pendant le voyage de Nice, pour
l'expédition contre les Turcs,
216, 217.
Grolier (Alexandre), 209.
Grolier (César), 209.
Grolier (Charles), 209.
Grolier(Jean), célèbre relieur, 209.
Grosso (Lorenzo), orfèvre gênois,
161.
Gualandi (Antonio), charpentier,
192.
Grottaferrata (prov. de Rome).
R. Séjour du Pape, 46.
=
Somme d'argent déposée sur
l'autel où le Pape avait entendu
la messe, 46.
auxvignerons dela vigne ponti
Gratification
ficale, 46.
Séjour du Pape en
août 1538; somme d'argent mise
dans le tronc de l'église Santa
Maria, 242.
Grotte San Lorenzo (arr. de
Viterbe, prov. de Rome). = R.
Séjour du Pape en 1536; grati
fication aux jeunes gens, 76.
Séjour du Pape, en allant à
Nice; gratification aux jeunes
gens, 206.
Séjour du Pape
en août 1538 ( ?); aumônes aux
moines, 241.
V. Menico.
Gualteruzzi (Carlo), 41, 49.
Gualtieri (Sebastiano), secrétaire
du cardinal Alessandro Far
nese, 114.
Guastaferro. =
R. Somme d'ar
gent à lui envoyée, pendant
qu'il était malade à Plaisance,
221.
Gucci (Francesco), brodeur, 178
181, 182, 184, 209.
=
Étrennes à ses garçons, 270.
R.
Ruban d'or tiré pour les pan
toufles et les chaussures du
Pape; une paire de bossettes
pour la sedia pontificale, 280.
Fourniture de deux arma
tures de chaises et de grosses
broquettes dorées, 312.
Somme à lui payée pour un
pallium et un ornement sacer
dotal en camelot blanc donnés
par le Pape aux religieuses de
San Paolo, 331.
Guerre.
R. Gratification aux
=
trompettes et aux gens de pied
de la rocca de Cività Castel
lana, 72.
V. Geislinger
(Garde suisse); Orsini (Camillo);
Zoppo (Le capitaine).
Guglielmo, serviteur de Bernar
dino Della Croce. = R. Somme
à lui payée pour l'expédition de
la bulle pour le capitaine Gio
vanni Giacomo de Ferrare, 148.
Gratification à lui donnée
pour porter une aumône à
madonna Portia, de Stroncone,
qui était malade, 167.
Guglielmo di Pietro, marchand
d'étoffes, 207.
=
R. Étoffe
fine pour faire des mouchoirs
et des bonnets de nuit au Pape,
101.
Guides. = R. Pouraccompagner le
Pape, ses bagages et ses litières,
de la Paglia à Montepulciano,
206;
de Montepulciano à
Sant' Anna, 208;-pour accom
pagner Bernardino Della Croce
de Rome à Sienne, 250.
Guidiccioni (Alessandro), major
dome, 29, 30, 90, 270, 271. =
R. Remboursement de dépenses
faites par son cousin Giovanni
pour trois courriers envoyés de
Savigliano à Plaisance, 64.
pour une estafette expédiée par
le même, 86.
Guidiccioni (Alessandro di Nic
colò), évêque de Lucques, vice
légat d'Avignon, 30.
Guidiccioni (Bartolomeo), évêque
deTeramo, cardinal, dataire, 29,
34, 90, 92, 94.
Guidiccioni (Giovanni), évêque de
Fossombrone, gouverneur de
Rome, 29, 30, 45, 49, 56, 58,
64, 66, 90, 92, 96, 102, 111,
357
116, 246, 247, 266, 271, 273, 274,
278, 282, 283.
=
R. V. Gui
diccioni (Alessandro).
Guidiccioni (Girolamo), chevalier
de Saint-Jacques, 29.
H
Hadriana.-V. Milis (Adrianade).
Helena (Sor).-V. Orsini (Elena).
Helisabetta.-V. Elisabetta.
Hémard de Denonville (Charles),
ambassadeur de François Jer
à Rome, évêque de Mâcon, car
dinal, 33, 272, 294, 303.
Henri, duc d'Orléans, second fils
de François Ier, 14, 162, 289,
291; plus tard Henri II, roi de
France, 36, 110, 162, 176, 268.
Henri d'Albret, roi de Navarre.
R. Gratification du Pape à
=
ses fifres et trompettes, pendant
le séjour à Nice, 224.
plutôt
Henrico (Giovanni), ou
Henriquez (Juan), marchand
espagnol. = R. Transport d'une
caisse de confitures envoyée au
Pape par l'évêque de Ségovie,
Antonio Ramirez, 317.
Henry, parent de Thomas More,
271.
R. Somme à lui donnée
pour retourner en Angleterre,
62.
Henry VII, roi d'Angleterre, 174.
Henry VIII, roi d'Angleterre, 122,
124, 125, 128, 129, 249, 253,
Hercule.
(Forze d').
V. Ercole.
mas More, 271.
V. Anti
Hongrie. = R. Somme d'argent
263, 271, 273, 274, 283, 310.
Hercule (Forces d').- V. Ercole
Hermès (statue d').
noüs.
Heron (Giles), gendre de Tho
Hieronymo.- V. Girolamo.
Hieronimo (Paolo... de' Franchi).
V. Girolamo (Paolo).
donnée à un pauvre homme de
ce pays, 116.
Honorius IV, pape, 234.
Hôpitaux.
V. San Giacomo in
Augusta ou degli Incurabili;
358
San Giovanni e Paolo; San
Spirito in Sassia; Sant' Antonio
de' Portoghesi.
Horace (Quintus Horatius Flac
cus), 42.
Horatio, peintre.
V. Orazio.
Horloge. = R. Gratification à un
serviteur de Cherubino Sforzani
apportant au Pape une horloge
que lui offrait son maître, 271.
Horloger du Palais.
chant (Adrien).
V. Boi
Horlogers.-V.Boichant(Adrien);
Capicelli (Agostino); Cheru
bino da Reggio; Francesco,
de Pérouse.
Hosez (Diego), S. J., 307, 308, 310.
Huguet, piqueur ( ?), 241.
I
Iella, amie de Trifone Benci, 39.
Ignazio, sous-crédencier secret, 72,
78. = R. Somme d'argent à lui
donnée pour son entretien, 301.
Imperii (Pier Francesco), fils de
Lattanzio, tailleur, 199.
Incoronatis.
V. Coronati.
Incurabili (Gli).- V. San Giacomo
in Augusta ou degli Incurabili.
Iñigo (Pedro), cardinal, 136.
Innocent VIII, pape, 4, 6, 185,
212, 235, 256, 259.
Innocent XI, pape, 208.
Innocenza, d'Acquapendente. =
R. Somme à elle donnée, 76.
Innocenzo, de Canino, prêtre. =
R. Somme d'argent à lui don
née, 240.
Isabelle de Portugal, femme de
Charles-Quint, 90, 267.
Ischia (arr. de Viterbe, prov. de
Rome) = R. Aumône à un
pauvre de ce pays, 18.--Grati
fication à un batelier de ce
pays qui avait offert trois
melons au Pape, 53;
à un
habitant qui travaillait sur la
route d'Ostie, 160.
V.
Thiodda.
Isola Farnese (prov. de Rome).
R. Aumône à des religieuses
=
de ce pays, 40, 96, 172.
Sé
LA COUR DE PAUL III
jour et déjeuner du Pape en
allant à Nice, 203.
Ivrée (Le cardinal d').
Ferrerio (Bonifazio).
V.
Ivrée, Ivrea (prov. de Turin).
V. Ferrerio (Bonifazio), dit le
cardinal d'Ivrée. Ferrerio (Fili
berto), évêque d'Ivrée.
J
Jacobacci (Cristoforo).
cobacci.
Jacobacci (Domenico).
cobacci.
V. Gia
Joailliers.- V. Capitani (Pompeo
de'); Cimino (Giovanni); Con
falonieri (Battista) ; Crivelli (Gio
vanni Pietro); Foppa (Cara
dosso) ; Laviaccio (Pietro de);
Marliano (GiovanniPietro); Leo
nardo: Veldencrio (Peregrino).
Cf. aussi Orfèvres.
Joannino, fourreur.
V. Gio
vannino.
Joannes de Santa Cruce, magister,
69.
Joannes vitrarius Flander, 211.
V. Gia- Joanni. Voy.Giovanni.
Jove (Paul).
V. Giacomo.
Jacobo da Cremona, tailleur, 161.
Jacomo.
Jacques V, roi d'Écosse, 60, 124,
125, 126, 273.
Jardiniers.
Belvedere :
V.
Antonio (Don); Domenico; Fio
retto; Luca; Lucerta; Luigi
(Don).-Magliana :-V. Fran
cesco; Matteo.
Jardins.
V. Belvedere; Far
nese (Jardin) au Trastevere;
Farnese (Orazio); Ferrerio(Boni
fazio) ; Magliana.
Jasso y Xavier (Francisco de).
V. François-Xavier (saint).
Jay (Claude).
V. Le Jay
(Claude).
Jean III, roi de Portugal, 308.
Jérusalem.
R. Aumône à un
pauvre moine venant de cette
ville, 49.
V. Arménien (Reli
gieux); Génois (Moines).
Jésuites.
V. Bobadilla; Broët
(Paschase) ; Codure (Jean) ;
François-Xavier (saint); Hosez
(Diego); Lainez (Diego); Le
Fèvre (Pierre); Le Jay(Claude);
Loyola (saint Ignace de); Rodri
guez (Simon) ; Salmeron
(Alonso).
Jeu. =
R. Argent donné aux
petits-fils du Pape pour jouer
56, 64, 108. — Gratification aux
bateleurs qui firent des tours,
avec des chevaux et un singe
armé, devantle Pape, chez Ora
zio Farnese, 308.
V. Ercole
(Forze d') ; Giovanni, barbier;
Primiera.
V. Giovio (Paolo).
Judenkœnig (Hans), luthiste, 226.
Juifs convertis.
R. Somme
d'argent donnée à un Juif
converti, habitant à Canino, 78;
à la Compagnie des Caté
chumènespourvêtir14Juifs qui
voulaient se convertir au chris
tianisme, 327.
Jules II, pape. 1, 9, 11, 15, 60,
63, 69, 96, 143, 144, 145, 147,
150, 169, 185, 212, 213, 214, 216,
221, 235, 294, 302.
Jules III, pape.
V. Del Monte
( Giammaria).
Julio, Julia, Juliana.
Giulia, Giuliana.
Juvenale (Latino).
V. Giulio,
V. Manetti
(Latino Giovenale de ).
K
Kheïr-ed-Din.
Kless (Bernardo).
V. Barberousse.
V. Cles
(Bernardo).
Krusich (Le comte Pierre), 270.
L
Labacco(Antonio),architecte,206.
Ladro [nom patronymique ou
plutôtsobriquet ( ?)] (Giovanni),
vigneron, 215.
=
R. Gratifica
tion pour dix arbres par lui
volés pour les planter dans le
nouveau jardin du Belvedere,
162.
Lafrère (Antoine), graveur et im
primeur à Rome, 166.
INDEX DES NOMS
Lafreri, Lafréry.
(Antoine).
V. Lafrère
Lainez(Diego), S. J., 307, 308, 312.
La Mark (Erard de), évêque de
Chartres, puis de Liège, cardi
nal, 206. = R. Donparlui fait,
au Pape, d'une pièce de toile
de Cambrai, 10.
Lambert (Pierre), chantre de la
Chapelle, 221.
La Motta (Monsignor de), écuyer
tranchant. = R. Viatique à lui
donné par le Pape, 17.
Lampridio(Benedetto), poète, pro
fesseur, 117, 118.
Lancerio (Sante), bouteiller, 74,
298, 299.
Landini (Cristoforo), 20.
Lando (Agostino), 246.
Lando (Ortensio), 95.
Lanfredini (Giovanni), ambassa
deur de Florence à Rome, 3.
Langlais (Jean).
(Jean).
V. Lenglès
Lante, sculpteur.- V. Santi.
Lanzi (Compagnie des). =
R.
Gratification du 15 mai, 125,
217, 292;
pour avoir porté
la sedia dans une procession
faite à la Minerva, 134.
Salle des Lanzi.
V.
Laocoon (Groupe de), au Belve
dere, 217, 220.
=
R. Peinture
de sa niche, au Belvedere, 45.
Lascaris (Jean), célèbre huma
niste. = R. Pensiondontiljouis
sait concédée, après sa mort, à
une personne secrète, 2, 7, 16,24.
Latino.
V. Manetti (Latino
Giovenale de').
Lattanzio, tailleur du Pape, 199.
R. Travaux divers pour le
=
Pape, 69, 95, 202, 283, 334;
pour le cardinal Guidasca
nio Sforza, 112;
pour les
aides de la Chambre pontificale
et le barbier, 202.
Étrennes à
ses garçons, 14, 98, 175.
Laura, musicienne.
gieri (Laura).
V. Rug
Lautrec (Odet de Foix, seigneur
de), 159.
Laviaccio (Pietro de), orfèvre,
joaillier, 173.
Lazzaro, crédencier secret, 71.
R. Étrennes, 98, 175.
Leandro, de Canino. = R. Somme
à lui remise pour les Dames de
la Discipline de Canino, 294.
Lecteur du couvent de Santa
=
Maria sopra Minerva.
R.
Somme à lui versée pour sa
<< provision », 267.
Leconte (Jean), chantre de la
Chapelle, 221.
Le Fèvre (Pierre), S. J., 307, 308,
309, 312.
Le Jay (Claude), S. J., 307, 308.
Legompil [ou Legoupil) (Guil
laume).
=
R. Somme à lui
versée pour l'expédition de la
supplique d'un office de cheva
lier pour Sebastiano Giptio
Gessi, 226.
Le Mée (François de), chantre
de la Chapelle, 221.
Lenglès (Jean), brodeur, 180.
Lentisque (Huile de). = R. Gra
tification à deux vieillards qui
en avaient offert une fiasque au
Pape, 155.
Leno (Giuliano), constructeur de
Saint-Pierre, 235.
Lenoncourt (Robert de), cardinal,
136.
Léon X, pape.
(Giovanni de').
V. Medici
Leonardo, joaillier napolitain, 209.
Leonardo di Brunetto, de Canino.
=R. Aumône à sa femme, 50.
Dot pour sa fille, 87.
Leonardo da Gallese, palefrenier,
64.
R. Remboursement d'au
mônes par lui faites au nom du
Pape, 6.
Leone Leoni, graveur de la Mon
naie, 165.
Leopardi (Giacomo), 95.
Le Roux.
V. Rosso (il).
Leto (Pomponio), précepteur
d'Alessandro Farnese, futur
Paul III, 48, 89, 144.
Letus (Hermanus), magister, 68.
Levant.
=
R. Somme d'argent
donnée à un moine qui allait
dans ces régions, 95.
Libraires.
R. Somme d'argent
=
payée à un libraire « al Pere
359
=
ou
grino » pour le prix du registre
de comptes de la Trésorerie
secrète de 1535-1538 et de celui
de l'année précédente, 2.
V. Luigi; Martino (Divi); Nic
colò.
Libs, allemand, inventeur d'un
fusil de chasse, 233.
Liége (Le cardinal de).
La Mark (Erard de).
V.
Ligorio, architecte de la Villa Pia
(sous Pie IV), 156.
Lingères de la Chambre pontifi
cale.
V. Bina, Orsolina.
Litières du Pape. = R. Sommes
versées à Felice, sellier, pour
travaux par lui faits à la
litière du Pape et pour fourni
tures diverses, 4, 203, 276.
Gratifications aux famigli de
la litière pour s'acheter cha
cun une paire de chaussures,
76, 161, 168, 248;
enallant
à Nice, pour le même objet,
208, 210.
Sommes versées à
Rigo, palefrenier, pour acheter
des parfums et diverses choses
pour la litière, 88;
à Ber
nardo Baccareti, palefrenier,
pour deux « antennes » pour le
service de la litière, 160;
pour un coffre par lui acheté
pour la couverture de velours
de la litière, 214;
pour con
duire à Sienne lalitière du Pape
pour le service de Marguerite
d'Autriche, 248;
pour des
cuirs rouges et autres objets à
lui remis pour les litières, 267;-àPaolo Seragli, pour diverses
choses destinées à la litière,
171.
Achat de deux guides
pour les deux litières, 206.
Somme payée à Giovanni, bat
teur d'or, pour des cuirs ouvra
gés destinés aux deux litières,
242.
Gratifications aux gou
verneurs des mules des litières,
274.
Somme payée à Ludo
vico, menuisier, pour deux
limons pour la petite litière du
Pape, 294;-au même, pourdes
bâtons pour les deux litières,
329;
àDomenico da Montec
360
chio pour l'achat de diverses
choses destinées aux litières,
296;
à Giovanni Rusconi
pour un coussin de peau dorée
pour la litière du Pape, 312.
Litière dite « de Portugal »,
93.
Litière neuve, 117, 134,
142, 182, 198, 216.
pour le barbier, 85.
litière, 294.
Litière
Petite
Mules de la
litière, 115, 123, 124, 154, 274,
291, 300.- Frisons de la litière,
116, 118, 124, 128, 143, 239,
279.
Lits. = R. Oreiller pour le lit de
voyage du Pape, 70.- Lits pris
en location pour la suite de
Reginald Pole, 88, 94, 102.
Réfection du lit de la Garde
robe, 89.
Mise en état d'une
courtine d'étoffe rose pour le
lit du Pape, 95.
Caisses pour
transporter les lits en voyage,
110.
Lits pour les garçons
de la Cuisine secrète, 118.
Lit de l'antichambre, 297.
Lione (Giovanni Francesco), 42.
Lippi (Dionigi), 54.
Lippi (Francesco), d'Arezzo, 21.
Lippomano (Pietro), évêque de
Vérone, clerc de la Chambre
apostolique, 85, 87.
Loardo (Diego), palefrenier, 298.
R. Dépêché, pendant le
=
voyage de Nice, de Parme à
Nice, 212.
Lodetto (Giovanni), marchand,
206.
R. Somme à lui payée
=
pour 40 livres de clous destinés
aux « ponts >> de la Sixtine, où
Michel-Ange doit peindre, 5.
Somme à lui payée pour le prix
d'une pièce de toile de Cambrai
pour faire un rochet au Pape et
quatre paires de manches à
quatre autres rochets faits avec
la toile de Cambrai donnée au
PapeparlecardinaldeLiége, 10.
Lodi (L'évêque de).
V. Simo
netta (Lodovico ou Jacopo).
Lodi. =R. Toile de ce nompour
faire des sugatori pour les pieds
du Pape, 66, 201.
Lodovico, menuisier, 217.
LA COUR DE PAUL III
=
Lodovico, de Canino.
R. Dot
pour sa femme, fille de feu
Leonardo di Brunetto, 87.
Lodovico da Fano, 103, 105, 106.
Lohial, chantre de la Chapelle.
V. Normant (Antoine).
Loirs. = R. Loirs vivants, offerts
au Pape par un pauvre homme
de Ronciglione, 164.
Lombardelli (Frà Girolamo).
R. Sommed'argentàluidonnée,
267.
Lombardie.
=
R. Étrennes à
sept filles de ce pays, 97.
Sommed'argentdonnéeà Chiap
pino Orsini pour retourner en
ce pays, 33.
Longueil (Christophe de), 245.
Lorenzi (Giovanni), agent d'Isa
bella et Caterina Farnese.
R. Gratification de Noël à lui
donnée, 272.
Lorenzo, de Lucques, trombone
du Château Saint-Ange, 224.
Loreto (Santa Maria di).
=
R.
Aumône à des femmes de
Canino s'y rendant en pèleri
nage, 31.
Somme d'argent
donnée à Elisabetta, servante du
Belvedere, pour y aller, 54;
au balayeur secret Zoppo, dans
le même but, 74;
à des
marins corses délivrés des mains
des Turcs, dansle mêmebut,111.
Lorette (Notre-Dame de).
Loreto (Santa Maria de).
Loysi (Don).- V. Luigi (Don).
=
R. Réfection des matelas du
Travaux
Oreillers, 307.
Luca, jardinier du Belvedere, 213.
Luca, matelassier, 201, 202.
Pape, 277, 307.
divers, 302.
Luca (Giovanni).
V. Pontre
moli (Giovanni Luca de).
=
=
V.
Luca Schiavone (Esclavon?),
prêtre, ancien pénitencier de
SanGiovanni[in Laterano ?] . =
R. Somme d'argent à lui don
née, 56.
Lucerta, jardinier en chef du
Belvedere (ortolano), 213, 215,
216.
R. Travaux divers au
=
Belvedere et entretien du pou
lailler, 3, 4, 6, 7, 8, 10, 11, 16,
19, 20, 21, 25, 26, 28, 30, 32,
34-37, 40, 45, 47, 48, 52, 54, 56,
58, 60, 61, 63, 64, 67, 78, 79-81,
85, 88, 91, 93, 101, 103, 104, 109,
110, 112, 114, 119, 124, 125, 130,
133, 134, 137, 142, 143, 147, 148,
150, 151-153, 159, 170, 171, 178,
182, 184, 186, 189, 192, 195,
244, 246, 250, 251, 253, 262, 266,
271, 276, 280, 290, 295, 305, 306,
311, 322, 324, 325, 329.
Gratifications pour avoir pris
ou tué des renards et un loup,
9, 10, 16, 18, 19, 106.
Étrennes, 15, 98, 175, 270.
Étrennes à ses garçons, 270.
Salaire, 166.- V. aussi Belve
dere.
V. Giovanni de Lucertola.
Lorraine.
Loreno.
Luciani (Sebastiano).
V. Lucerta.
V. Sebas
tiano del Piombo (Frà).
Lorraine (Le duc de).- V. An
toine, duc de Lorraine.
Lorraine (Claude de), duc de Guise,
128.
Lorraine (Jean, cardinal de), 11,
128, 291.
R. Gratification à
=
ses musiciens, pendant le séjour
à Nice, 222, 224.
Losco (Armanno), secrétaire du
cardinal Dovizi, 122.
Loyal, chantre de la Chapelle.
V. Normant (Antoine).
Loyola (saint Ignace de),45, 208,
305-317.
R. Somme d'ar
=
gent donnée par le Pape à ses
compagnons et à lui, 122.
Lucques. = R. Entrée et séjour
du Pape, en allant à Nice, 209;
gratifications aux jeunes
gens, 209;
à six trompettes
de la Seigneurie; aux reli
gieuses de San Giuseppe; à
une femme qui avait autrefois
offert du vin au Pape in mino
ribus, pendant un séjour à
Bagna di Lucca, 210.
Grati
fication aux domestiques de
Lorenzo Poggio, chez lequel
logea le Pape, au retour de Nice,
231. FabioMignanelli envoyé
de lààVicence près les légats du
INDEX DES NOMS
Concile, 232.
Serge de soie
blancheachetéeencetteville,312
Lucrezia, dame romaine, habi
tant près l'église Santa Maria
della Pace. = R. Somme d'ar
gent à elle donnée, 154.
Ludovic le More, duc de Milan,
233.
Ludovico, de Carpi, menuisier(fale
gname) au Borgo, 153, 196.
R. Limons pour la petite litière
du Pape, 294.
Nouvelle
sedia pontificale, 303, 313.
Bâtons de deux litières, 329.
Ludovico, de Ferrare, fondeur, 158.
Lugharo (Paolo).
tailleur.
V. Paolo,
Luigi, camerlingue de San Pietro.
= R. Somme à lui versée pour
la messe des morts à dire en
faveur d'Alexandre VI, 156.
Luigi, libraire ( ?) relieur ( ?). =
R. Paiement à lui fait de trois
bréviaires pour l'usage de la
Chambre du Pape et de la Cha
pelle, et d'autres livres, 262.
Somme à lui versée pour la
reliure d'un livre de messe pour
l'usage de la Chapelle, 297.
Luigi (Don), jardinier (giardiniere)
=
du Belvedere, 213, 215.
Voyages dans le royaume de
Naples et frais divers pour aller
R.
chercher les arbres à planter
dans le nouveaujardin du Belve
dere (orangers et citronniers),
148, 189 (orangers et myrtes),
199.
Traitement, 159, 166.
Lunettes.
=
R. Achat de deux
paires pour le Pape, 47.
Luth.
V. Alessandro; Fran
cesco da Milano; Giovanni de
Rome (barbier); Marcantonio.
Luthériens.
=
R. Somme d'ar
gent remise, pour se vêtir, à
un moine qui prêchait contre
eux, 179.
M
Macabeo (Girolamo).-V. Macha
beo (Girolamo).
Macario, batelier.
R. Passage
du Pape de la Magliana à Ostie,
291.
Macarozzo (Antonio).
R.
Sommes d'argent à lui données,
pendant une
186, 187;
maladie, 276.
Maccabbei (Girolamo), évêque de
Castro, maître de la Chapelle
pontificale, 222.
Maccarelli (Bartolomeo), 86.
Maccaroni (Mario), chef de la
voirie, 133, 257, 258.
Macerata.- V. Giovanni Antonio
Maria, de Macerata.
Machabeo (Girolamo), aide de la
Chambre pontificale.
R.
Achatd'unepaire de coffres pour
l'usage de la Chapelle, 18.
Achat d'un balai pour l'usage
de la Chambre, 55.
à lui remise pour l'envoyer à
Guastaferro, malade à Plai
sance, 221.
Somme à lui
versée pour payer un service
en mémoire
à Saint-Pierre
d'Alexandre VI, 252.
Machiavel (Nicolas), 108.
Maçonnerie (Entrepreneurs de).
V. Bartolomeo (cf. Baronino,
Bartolomeo de Brusino); Bar
tolomeo di Simone; Battista
(Giambattista da Sangallo ?) ;
Bettino da Bergamo ; Del Capi
tanio (Pierino) ; Del Ciabattino
(Santi); Del Trevisano; Fran
cesco (da Como ?) ou Francesco
Tizon, de Caravaggio; Fratino ;
Giovanni Franzese; Sbardellini
(Cristoforo d'Ogia).
Madama.
triche.
V. Marguerite d'Au
Madonna (Angelo), brodeur, 180,
183.
Madonna di Campagna, à Plai
sance.
Campagna.
V. Santa Maria di
Madonna del Cecchino ou della
Salute, à Valentano.
Santa Maria del Cecchino.
Madonna del Popolo (Église de la),
àRome.
Popolo.
V. Santa Maria del
Madonna della Quercia (Église de
361
V. Santa Maria della
la).
Quercia.
=
Madonna del Salto della Cerva
(Église de la), entre Petrasanta
et Massa.
V. Santa Maria
del Salto della Cerva.
Madrucci (Cristoforo), évêque de
Trente, cardinal, 36, 66, 171.
Madruzzi.
toforo).
V. Madrucci (Cris
Maestri di casa.
domes.
=
V. Major
R. Aumône remise
par l'un d'eux à une dame
romaine, 240.
=
Somme
V.
Maffei (Bernardino), cardinal,
secrétaire domestique, 52, 61,
114, 127, 128.
Maffei (Girolamo), 114, 132, 258.
Magalotti (Gregorio), gouverneur
de Rome, évêque de Chiusi, 59
V. Maca
66, 112.
Magarotto (Antonio).
rozzo (Antonio).
Magio (Petro), 259.
V. Chenulle (Fe
Magistri.
dericus) ; Dong (Oddo); Gil
looni (Aymo); Joannes de Santa
Cruce; Nicolai (Medardus) ;
Nicolaus de Mattheis; Simon de
Bellavilla; Vaquer (Dominicus).
Magliana (Villa), 193, 234, 236,
258.
R. Séjours du Pape en
=
1535-1536, 6, 10, 19, 24, 31;
en 1537, 102; en 1538, 181;
en 1544, 291.
Gratification
aux garçons de la villa, pendant
le séjour du Pape en 1535, 10.
Travaux
aux jardins et
dans la vigne, 26, 27.
Coque
mars de liscia portés à la villa
pour laver la barbe du Pape,
102.
Paiement d'un acompte
sur le prix d'une cloche pour la
villa, 190.
V. Balduccio;
Cioni (Domenico) ; Francesco ;
Gregorio.
Magnaschi (Lodovico), évêque de
Castro, puis d'Assise, maître de
la Chapelle pontificale, 56, 91,
167, 221. = R. Remboursement
d'une aumône faite par lui au
nom du Pape, 46. Bréviaire
par lui commandé à Pietro Gia
como de' Cristiani, orfèvre, 146.
46
362
régler une dette d'Antonia Cae
tani à Baldassare Olgiati, 178.
Magnasco (Lodovico).
gnaschi (Lodovico).
V. Ma
Magno,deGradoli. =R. Aumône à
lui faite, 79.
Maîtres des cérémonies.
mano
V. Fir
(Giovanni Francesco) ;
Martinelli (Biagio).
Maîtres de la Chapelle pontificale.
V. Crotti ou Croto (Barto
lomeo); Maccabbei (Girolamo);
Magnaschi (Lodovico); Medici
(Bernardo).
Maître des chasses.
mazza (Domenico).
V. Bocca
Maîtres de l'écurie. = R. Étrennes,
15, 98, 175, 269.- V. Bernar
dino; Francioso.
Maîtres de la Garde-Robe.
V.
Aleotti (Pier Giovanni); Gra
nato (Mariano).
Maître-huissier (mastrosciere).
V. Francesco.
Maîtres des rues, (maestri delle
strade).
Giovenale de').
Majordomes.
V. Manetti (Latino
V. Archilegio
(Angelo); Boccadiferro (Vin
cenzo); Buongiovanni (Antonio
Giacomo); Durante Duranti
(Vincenzo) ; Girolamo (Paolo) ;
Graziani (Sebastiano); Guidic
cioni (Alessandro) ; Piccolomini
(Bernardino Silveri de') ; Van
nini de' Teodoli (Lodovico).
Malonna (Angelo).
(Angelo).
V. Madonna
=
Malvoisie (vin de).
pour en faire loger, qui venait
R. Frais
de Venise, au Palais, 115, 184.
V. Colzado; Seragli (Matteo);
Zingaro.
Mancini (Domenico), maroquinier,
=
R. Fournitures à la
177.
Crédence secrète, 281.
Mancini (Tarquinia), 177.
Manetti (Alessandro de'), 132, 141.
Manetti (Cesare de'), 129, 132,
141.
Manetti (Latino Giovenale de'),
14, 18, 104, 107, 115-141. 185,
LA COUR DE PAUL III
Somme à lui payée pour
257, 260, 261, 264, 265, 271, 272,
298.-Lettre par lui adressée à
Jean Du Bellay, 123. = R. Paie
ment, par ses soins, du cens dû
par Pier Luigi Farnese au cha
pitre de San Marco, 18.
Voyage de Castel San Giovanni
à Nice en mai 1538, 218.
Somme d'argent à lui remise
pour aller en poste de Savone
à la cour de François Ier, 221;
pour acheterune médaille de
César pour le Pape, 225;
pour aller de Viterbe à Rome,
au retour de Nice, 233.
Mannetti (Nicolò), 141.
Manetti (Stefano Giovenale de'),
138.
Manfredi (Marcantonio), de
Faenza. = R. Somme d'argent
à lui donnée, 218.
Mangot (Pierre), orfèvre de Fran
çois Ier, 55.
Mangone (Giovanni), architecte,
entrepreneur de menuiserie ( ?),
191, 261.
Mannelli, de Roccacontrada (Giro
lamo), évêque de Nocera, 89.
Mantegna (Andrea), 212.
Mantoue (Le duc de).
Gonzaga (Federico I).
Manzuoli (Le comte Alessandro),
précepteur de Ranuccio Far
nese, 42, 43.
Marbriers (scarpellini).- V. Gia
como, de Florence; Giovanni
Antonio; Roselli (Domenico);
Santi ; Tommaso, de Florence.
Marcantonio, page ou adjudant de
la Chambre pontificale.- V.
Tagliaferro (Marcantonio).
Marcantonio, chirurgien à Campo
di Fiore. = R. Sommes à lui
payées, 28, 246, 273, 310.
Marcantonio, luthiste (peut-être
Marcantonio Cavaiono, de Bo
logne, auteur de la plus ancienne
tablature italienne pour orgue,
et père de Girolamo Cavazzoni,
célèbre organiste du xvie s.),
227.
=
R. Gratifications, 159,
185.
Marcantonio, de Cannaia.
=
Gratification pour avoir amené
d'Espagne à Rome deux mules
offertes au Pape par Giovanni
Ricci, de Montepulciano, 63.
Marc-Aurèle (statue de), 134.
Marcel II, pape.
V. Cervini
(Marcello).
Marchand de planches.
V. Tor
sellini (Giovanni Battista).
Marchands et banquiers.
V.
Bonafé (Francesco); Cogliati
(Battista); Della Cerqua (Gia
como); Diego; Guglielmo di
Pietro; Lodetto (Giovanni);
Odescalchi (Giovanni Antonio);
Olgiati (Baldassare); Olgiati
(Desiderio); Pers (Pieter); Ser
ragli (Paolo); Sovarelli (Vin
cenzo); Stella (Bartolomeo).
=
Marche d'Ancône.
R. Voyage
fait par Domenico de Montec
chio pour le service du Pape,
141.- V. Ancône.
Marco della Piva (musicien
jouant de la cornemuse?] . =
R. Somme d'argent à lui don
née, 84.
Marco, de San Gimignano [méde
cin?]
=
R. Somme à lui
envoyée pourvenirà Rome, 166.
V.
Marco da Vissi [Visse, Visso ?],
=
R.
châtelain de l'Abbadia.
Sommes à lui données,43, 188.
Marescalco palatino, maréchal fer
rant du Palais Vatican.
Raffaele.
Marette (Jean de), 33, 97.
V.
Marforio (Porte de), dans l'appar
tement pontifical. = R. Répa
rations, 58.
Margani (Giovanni Battista), 258.
Margani (Pietro), parent d'Ales
sandro Farnese (futur Paul III),
6.
Marguerite d'Autriche, fille natu
relle de Charles-Quint, femme
d'Ottavio Farnese, duchesse de
Camerino, puis de Castro, 172,
210, 238, 252, 267, 277, 283. =
R. Litière du Pape transportée à
Sienne pour son service, 248.
R.
Dépenses à faire pour son
arrivée à Rome, 249. Muleet
haquenées à elle envoyées à
Sienne par le Pape, 250.
INDEX DES NOMS
Visite à elle faite à Sienne, de la
part du Pape, par Bernardino
Della Croce, 250
Course à
l'anneau organisée pendant le
carnaval de 1544 pour être cou
rue en sa présence, 279.
Tours de force et d'adresse exé
cutés devant elle et le Pape,
290.
Marguerite de France, reine de
Navarre, 55, 124, 127, 267, 299,
300.
Marguerite de Valois, duchesse de
Savoie, 267.
Maria-Maddalena (Sœur). =
R.
Pension, 27, 34, 39, 44, 56.
Mariages. = R. Mariages de jeunes
filles dotées par le Pape, 12, 77,
87, 92, 130, 132, 140, 180, 204.-Cadeaux faits dans des occa
sions analogues, 43.
Mariano (Frà),bouffonde Léon X,
54, 56, 58.
Mariano, sous-maître de la Garde
robe.- V. Granato (Mariano).
Mariano, serviteur d'Antonia Cae
tani. = R. Versement à lui fait
pour sapatronne, 239.
Marie, sœur de Charles-Quint,
reine de Hongrie, gouvernante
des Pays-Bas, 284.
Marine pontificale.
R. Avis
=
donné à Verginio Orsini que les
fustes sont dans l'embouchure
du Tibre, 31.
Gratifications
aux officiers et à la chiourme de
la galère capitane qui, en 1536,
conduisit le Pape de Civita
vecchia à Santa Severa, 122.
Somme de 30.000 écus d'or ver
sée au légat Marco Grimani
pour l'expédition contre les
Turcs, 216, 217.- V. Civita
vecchia; Giustiniani (Paolo);
Orsini (Verginio Gentile) ; Santa
Severa.
Marinelli (Ascanio), 258.
Marini (Agostino), aide de la
Chambre pontificale.
R.
Somme d'argent à lui donnée
=
pour la confection d'un man
teau (tabarre) et autres choses,
286.
Somme d'argent à lui
donnée, 296;
pour un voyage
prochain à Pérouse, 309.
Traitement mensuel, 326.
Mariniers, bateliers, matelots.
=
R. Mariniers employés à jeter
un pont sur le Tibre, pour aller
à Ostie et à la Magliana et en
revenir, 31, 86, 108, 181, 196.-Cadeau d'argent à des mari
niers qui avaient offert au Pape
des citrouilles, des concombres
et des raisins verts ( ?), 47;
à un batelier d'Ischia, pour
des melons, 53.
Somme d'ar
gent donnée à des marins
corses délivrés des mains des
Turcs et allant à Lorette, 111.
Gratification à des mariniers
qui avaient offert citrouilles
(cocuzze) et ugresta au Pape, 127;
au batelier qui fit passer la
Trebbia au Pape et aux gens à
pied de sa suite, en quittant
Plaisance pour aller à Nice, 218;
à 11 bateliers pour le pont
de bateaux sur le Tornaro pour
le Pape et sa suite en quittant
Alessandria pour aller à Nice,
220;-à un marinier de la ga
lère capitane de Charles-Quint,
226;
à plusieurs bateliers
pour avoir passé le Pape de la
Magliana à Ostie, 291.
Marino (prov. de Rome).
=
Somme d'argent donnée pour
l'habillement d'un jeune garçon
qui n'avait pas de mains, 80.
V. Cecilia, de Marino.
Marino (Don), de Viterbe.
R. Aumône à lui faite, 263.
Mario, fabricant de cloches, 158.
=
R. Acompte sur la cloche
destinée à la Magliana, 190.
Mario, de Gradoli, aide de la
Chambre pontificale.
Sommeà lui donnéeparle Pape
pour la sépulture de son père, 7.
Achat de chaussures à lui
destinées, 12.
Gratification
après la cessation de ses fonc
tions, 206.
Mario (Federico), de Pérouse, écri
vain de la Chapelle pontificale.
=R. Parchemin pour exécuter
les livres de chant, 264.
363
Réglure de parchemin, encre,
vernis, cinabre, etc., 293.
Marius. =
R. Achat d'un camée
à son effigie, 140.
Marliani (Luigi), évêque de Tuy
(Espagne), 46.
Marliano (Bartolomeo), archéo
logue, 175.
Marliano (Giovanni Pietro), joail
lier, 167, 168.
Maronite (un), attaché à San
Pietro.
R. Somme d'argent
=
à lui donnée pour regagner son
pays, 294.
Maroquiniers.
V. Greco (Nic
colò); Mancini (Domenico) ; Rus
coni (Giovanni).
Marot (Clément), 297.
Marrette.
V. Marette (Jean de).
Marta (auj. arr. de Viterbe, prov.
de Rome).
R. Séjour du
=
Pape au retour de Nice; au--
mônes, 233.
V. Francesco
da Marta (Ser); Franzese (Gio
vanni) ; Masciolo (Ser).
Martelli (Lodovico), poète, 108.
Martia, fille de la comtesse de
Pitigliano. = R. Étrennes à elle
données, 268.
Martin V, pape, 2, 88.
Martina (Ferrante), frère de feu
R.
=
=
R.
Federico. = R. Somme d'argent
à lui donnée par le Pape, 149.
Martinelli (Biagio), maître des
cérémonies, 10, 67, 68, 69, 97,
152, 260, 279.
Martino, libraire (ou papetier ?)
=
R. Acompte pour le papier
qu'il fournit pour écrire les
livres de la Chapelle, 264.
Martino, sellier. = R. Selle pour le
petit cheval de Ranuccio Far
nese, 95.
Martino, d'Ancône. = R. Frais de
transport de certains livres qu'il
avait offerts au Pape, 68.
Martino, de Caprarola.
=
R.
Sommes d'argent données à son
fils Antonio et à sa fille Antonia,
73, 115, 150, 192, 203, 234, 289.
Martino di Paolo, de Valentano,
237.
=
R. Somme d'argent à
lui remise, 88.
Marulle (Michel), 247.
364
Masciolo, de Marta (Ser). = R.
Somme à lui donnée, 66.
Massa (prov. de Massa et Carrara).
=
R. Séjour et déjeuner du
Pape, enallant à Nice; gratifica
tion aux bombardiers de la
Rocca, 120.-Mines d'alun,213.
Massa (L'évêque de).
V. Giro
lamo de Glanderonibus.
Massa (Antonio), notaire de la
Chambre apostolique, 85.
Massarelli (Angelo), secrétaire des
lettres italiennes, 39, 40, 45,
139.
Massiers.- V.AngelodeVillaqua;
Corsetus ou Corsetto; Gênes.
Massimo (Pietro), 133.
Mastroscieri.
siers.
Matelassiers (materazzari).
V. Maîtres-huis
R.
Acompte sur trois grands mate
las pour trois lits de parade (da
=
paramenti), 12.
Réfection des
matelas du Pape, 223;
des
matelas et des oreillers, 243.—
V. Filippo; Giovanni; Luca;
Tozino.
Mathias, luthiste romain, 230.
Mattei (Ciriaco), conservateur des
antiquités, 260.
Matteo, cuisinier de Clément VII,
78, 298.
=
à lui fait, 12.
R. Remboursement
Gratification
aux garçons de sa cuisine pen
dant le voyage de Nice, 217.
Somme d'argent à lui donnée
pour se vêtir, 224.
Matteo, jardinier de la Magliana.
=
R. Salaire, 34.
Matteo, serviteur de Michele delli
Rocchetti, 198. = R. Paiement
àlui fait de quatre rochets four
nis par son maître, 52.
Matteo, d'Amelia.
=
R. Somme
d'argent à lui donnée pour la
démolition de maisons sises à
Rome et lui appartenant, 308.
Matthia.
V. Gherardi (Mattia).
Maximilien Ier, empereur, 288.
Maximilien II, empereur, 288.
Mazinghi (Silvia), 208.
Mazzeo di Giovanni Mazzei, con
duttore de la Monnaie de la
Marche d'Ancône, 86, 87,
LA COUR DE PAUL III
Médailles, 140, 164, 172.
=
R.
Achat, par Veldencrio (Pere
grino) de médailles d'or pour
le Pape, 72;- de bronze, 140;
d'une médaille d'or d'A
lexandre le Grand, 140.
Achat, par Latino Giovenale de'
Manetti, d'une médaille de
César, 225.
Médailles commé
moratives du voyage à Nice,
exécutées par Pastorino, 229.
=
V. Antiquités.
R. Prise par le
Médecine.
Pape, 28.
Médecins.
V. Aguilera (Juan
de); Arsilli (Francesco); Cibo
(Andrea) ; Cadamosti (Tomma
so) ; Cardano (Girolamo) ; Cos
tanzo Gabinate ; Fracastoro
(Girolamo) ; Fusconi (Fran
cesco); Mercati (Michele) ; Pa
telli (Tiberio) ; Zephiri (Silvio).
Medici (Bernardo), évêque de
Forli, maître de la Chapelle
pontificale, 221.
Medici (Alessandro de'), duc de
Florence, 14, 104, 147, 252, 275
277.
Medici (Caterina de'), (Catherine
de Médicis, reine de France),
14, 55, 146, 162, 276.
Medici (Cosimo de') dit l'Ancien,
gonfalonier de Florence, 23.
Medici (Cosimo I de'), duc de
Florence, 180, 255, 278, 283. =
R. Gratification donnée à six
de ses trompettes et à trois de
ses cavaliers en allant à Nice,
208, 209.
Medici (Cosimo II de'), grand-duc
de Toscane, 53.
Medici (Gianangelo de'), cardinal
34;
pape (Pie IV), 1, 42, 70,
156, 161, 216, 280.
Medici (Giovanni de'), cardinal,
222;- pape (LéonX), 1,9, 44,
46, 54, 63, 101, 110, 119, 135,
138, 143, 145, 184, 185, 188,
198, 218, 234, 235, 236, 239,
241, 242, 243, 302.
Medici(Giuliano de'), 119, 120, 121.
Medici (Giulietto de'), fils naturel
du duc Alessandro, 252.
Étrennes, 14.
=
R.
Medici (Giulio de'), cardinal, 10,
108, 145, 235;
pape (Clé
ment VII), 9, 10, 13, 31, 35,
50, 53, 59, 68, 73, 77, 88, 89,
90, 92, 96, 97, 100, 101, 103,
104, 107, 112, 121, 122, 146,
147, 161, 162, 169, 174, 176,
180, 181, 184, 185, 186, 189,
212, 214, 217, 218, 221, 234,
249, 251, 265, 266, 276, 277, 306.
R. Ses cuisiniers Matteo et
=
Giovanni, 12.
Raffaele de
Monteacuto, intendant du Bel
vedere sous son pontificat, 62.-Benvegnati, l'un de ses camé
riers secrets, 113.
Samaison
à Rome ( ?), 124.
Medici (Ippolito de'), cardinal, 14,
54, 97, 108, 162, 197, 265, 275
277.
R. Son secrétaire res
=
tauré et mis dans la chambre du
Pape, 9.- Gratifications à l'un
de ses protégés, 22, 42, 61, 97.
Medici (Lorenzo de'), duc d'Ur
bino, 2, 3, 143, 225, 234, 277.
Lettres par lui adressées à
Giovanni Lanfredini, 3, 4;
Lettre dédicatoire à lui adressée
par Paolo Cortese, 19;-Lettre
à lui adressée par Latino Giove
nale de' Manetti, 120.
Medici (Pietro de'), 225.
Melanchthon (Philippe), disciple
de Martin Luther, 18, 38.
Meleghino (Giacomo), commis
saire général de la fabrique du
Palais apostolique, 110, 111,
151, 158, 185, 187, 188, 191,
210, 213, 215, 216, 219, 296.
=
R. Paiement à Niccolò
Nicoluzzo de Ferrare de bleu
d'outremer pour le Jugement
dernier, 80, 108, 180; d'azurro
todesco (sic) pour le même
usage, 163.
Dépenses pour
le Belvedere, 119, 135, 136, 180,
182, 184, 194, 195, 199.
Frais de transport, du Borgo
au Palais Farnese, de statues et
de bustes donnés au Pape par
l'évêque de Todi, Federico Gesi
et provenant du cardinal Paolo
Dépenses
Cesi, 147, 160.
pour le nouveau jardin du Bel
INDEX DES NOMS
vedere, 161, 162, 164, 166, 169,
171, 177, 180, 183, 185, 189, 190,
Cortina et toile à
195, 196.
lui remises pour faire faire les
impannate de l'appartement de
San Marco, 237.
Transport
au Belvedere de la statue de
marbre de Niccolò de Palis (An
tinoüs), 289.
Frais de mise
en état des jardins de la mai
son d'Orazio Farnese, 304.
Achat d'objets divers pour cette
même maison, 307.
Voyage
de Rome à Capodimonte, pour
la construction (fabrica) de
Bisenzo, 320.
Menica, fille d'Antonia, de Capra
rola.
R. Somme d'argent à
=
elle donnée, 289.
Menico, dit il Burchio (batelier,
bachot ?) de Farnese, camérier
de Pierbertoldo Farnese.
=
Gratification pour avoir apporté
R.
la nouvelle de la naissance du
fils de son maître, 265.
Menico di Noccio, de Gradoli.
=
R. Somme d'argent donnée à
sa femme, 170.
Menico, des Grotte San Lorenzo.
=R. Aumône àlui faite, 76.
Menuisiers.
V. Charpentiers.
Meo de Santa Fiora. = R. Somme
d'argent à lui donnée, 77.
Mercati (Michele), médecin de
Pie Vet de Sixte-Quint, 218.
Mercure (statue de), au Belvedere,
218.
=
R. Restauration, 88.
Mercurian (Everard), général de la
Société de Jésus, 308.
Mercurio (Giovanni Andrea), ca
=
mérier d'honneur, 52.
Mule à lui achetée pour porter
la croix en voyage, 301.
Merisi (Giulio), architecte, 157.
R.
Merlano (Giovanni), barbier.
V. Giovanni.
Merlotto (Bartolomeo), palefre
nier(peut-être le même queBar
tolomeo d'Alba ?), 64, 286.
=
R. Voyage à Civitavecchia
pour le service du Pape, 147.
Messes dites sur l'ordre du Pape.
=R. 2, 29, 81, 82, 85, 94, 104,
156, 159, 248, 251.
Messes pontificales.
V. Pérouse,
Santa Maria della Minerva,
San Paolo, San Pietro, San
Giovanni in Laterano, Santa
Maria Maggiore.
Metis (Joannes), magister, 68.
Meubles et objets divers à l'usage
du Pape. = R. Secrétaire pro
venant du cardinal Hippolyte
Secrétaire tar
deMédicis, 9.
siato, 13.
Grandes tables
pour la sacristie de la Chapelle
pontificale, 16.
Coffres pour
la Chapelle, 18.
Capofuochi
de Brescia pour l'appartement
privé, 31.
Achat de deux
paires de lunettes, 47.
Nou
vel étui pour les rasoirs du Pape,
36, 67.
Cassette, 58.
Peigne d'ivoire, 64.
Oreiller
pour le lit de voyage du Pape,
70.
Petits escabeaux pour
écrire, 79.
Écran (gelosia da
foco), 86.-Chandelier d'argent
volé, puis retrouvé, 94.
Mise en état d'une courtine
d'étoffe rose pour le lit du
Pape, 95.
Chasse-mouches,
127, 132.
Tables de cyprès
pour le Belvedere, 132.
Petites tables pour la [Chambre
de la Signature, 132, 250.
Cagedenoyerpourle perroquet,
136.
Pièces de cuir travaillé,
dont une pour mettre sous le
lit du Pape, 138.
d'argent doré, 165.
Seringue
Por
traits venant de Milan, offerts
au Pape, 245.
Petit gobelet
(bussoletto) de plomb à vis pour
un des encriers d'argent, 288.
Petit cercle d'ivoire et petite
boîte d'ébène pour mettre la
médaille de César, 288.
tière de brocart avec les armes
du Papebrodées, 293. Garde
manger, 302.
Nouvelle sedia,
303.
Ciseaux, 324.
Cf.
Appartements du Pape; Vais
selle d'argent doré.
Michel-Ange (Michelangelo Buo
narroti), 8, 60, 74, 87, 143-154,
185, 188, 196, 206, 208, 228,
285.
=
R. Travaux prépara
365
toires à l'exécution du Juge
ment dernier, 4, 5, 9, 17, 20, 25
30, 32, 34, 37, 38.-Bleu d'ou
tremer venant de Venise et de
Ferrare pour l'exécution du
Jugement dernier, 80, 108, 163,
180.
Dépenses diverses faites
pendant le travail, 57.-Tаха
tion du salaire du sculpteur
Tommaso pour la restauration
de la Vénus de Rangone et du
Mercure du Belvedere, 88.
Visite du Pape à la Sixtine
(5 février 1537); gratification
aux aides de l'artiste, 104.
Échelle et serrure pour l'écha
faudage où il peignait, à la
Sixtine, 247.
V. Meleghino
(Giacomo); Sixtine (Chapelle) ;
Urbino.
Michele, aide de la Chambre pon
tificale.
R. Somme d'argent
=
à lui donnée, 296.
Michele (Le comte).
Torre.
V. Della
Michele (Domenico di), sculpteur,
156.
Michele da Lucca, peintre. = R.
Peinture de 36 escabeaux pour
l'Araceli, 262.
Micheli de' Rochetti, tailleur du
Pape, 198. = R. Fournitures et
travaux pour le Pape, 2, 35,
52, 62, 142, 143, 154, 201, 276,
288, 292, 302, 310, 325, 332,
334.
Somme donnée à sa
femme pour envoyer un de ses
fils à l'Université, 82.
Michele (Franzino).- V. Micheli
(Francino).
Micheli (Francino), évêque de
Marsi, puis de Casale, gouver
neur de Rome,vice-camerlingue,
Por--
85, 87, 99, 100, 101.
Micheli (Marcantonio), 57.
Mignanelli (Fabio), évêque de
Lucera, camérier secret, avocat
de laRote, 286, 298. = R. Frais
d'un voyage de Lucques à
Vicence, près les légats du
Concile, 232.
Milan. = R. Aumône à un pauvre
gentilhomme de cette ville, 46.
Aumône à des religeuses de
366
cette ville, pendant le voyage
deNice, 214.
Portraits expé
diés de cette ville au Pape,
245.
V. Battista; Cerminato
(Andrea); Francesco da Milano;
Milanesa(DonnaCecilia) ; Recal
cati (Franceschino).
Milan (Don Luis), luthiste de la
Cour de Don Ferdinand d'Ara
gon, vice-roi de Valence, 226.
Milanesa (Donna Cecilia) [Mila
nesa, nom patronymique ou
ethnique ?] = R. Somme d'ar
gent à elle remise, 82.
Milice de Saint-Jean-de-Jérusa
lem, 285.
Milis (Adriana de), 5, 7,
=
Messes pour le repos de son
R.
âme, 2, 85, 159, 262, 324.
Milizza, dame grecque, veuve du
capitaine Manuel Trementino
ou Prementino.
=
R. Pension
mensuelle, 275, 300.
Milon (statue de), au Belvedere,
220.
Mimes, atteggiatori. = R. Somme
d'argent donnée à trois d'entre
eux pour avoir joué devant le
Pape le 25 janvier 1535 (fête
de la Conversion de saint Paul),
184.
Minerva.
V. Santa Maria sopra
Minerva (Église de Rome).
Miniaturiste de la Chapelle pon
V. Raymond (Vin
tificale.
cent).
Minotti (Giovanni Maria), musi
cien du Château Saint-Ange,
166.
Mirandola (L'évêque de la) (Vin
cenzo Scevola), 821.
Traitement mensuel, 264, 274,
=
R.
281, 285, 291, 295, 302, 306,
320, 333.
Mirandola (La), prov. de Modène.
V. Giovanni Battista, de La
Mirandola.
Modène.
grino).
V. Veldencrio (Pere
Modrusia, Modrusch (Croatie).
V. Vergerio (Pietro Paolo).
Molosso (Baldassare), poète, pré
cepteur de Pierluigi Farnese,
235.
LA COUR DE PAUL III
Molza (Francesco Maria), poète,
38, 39, 51, 135, 136, 137,
164, 246.
Mont (Jean), ténor, chantre de
la Chapelle, 221.
Monastères de Rome.
=
R. Au
mônes à eux faites, 44, 52, 65,
253, 267, 286, 334.
Montacuto (Sebastiano da), fer
mier ( ?) des biens de l'arche
vêché d'Avignon, banquier, 29,
203.
Montacuto (Silvestri), 279.
Montaguti (Sébastiano).
V.
dépenses et aumônes, 206.
Somme d'argent déposée dans le
tronc de l'église Santa Maria;
aux
aumônes; gratification
jeunes gens, 207, 208.
Montepulciano (Giovanni de).
V. Ricci (Giovanni).
Monterosoli ou Monterosi (prov.
de Rome).
=
R. Angeloni
dépêché de Rome ence pays, 64.
Monte Santa Maria (arr. de Rieti,
prov. de Pérouse).
V. Cos
tanzo Gabinate.
Montluc (Jean de), chambrier de
Paul III, 293, 298.
Montacuto (Sebastiano da).
Monteacuto (prov. de Pérouse ?). | Montmorency (Anne de), conné
V. Raffaele da Monteacuto.
=
Montecavallo (Quirinal).
R.
Argent donné à Ottavio Farnese
pour jouer in Montecavallo, 64.
Aumône donnée en ce lieu
par le Pape à un vieillard de
Piperno, 147.
V. Giovanni
Evangelista (Don).
Montecchio (prov. de Pérouse).
V. Domenico da Montecchio.
Montefiascone (arr. de Viterbe,
prov. de Rome). = R. Séjour
de Paul III en 1536, 74;
Gratifications aux jeunes gens
et à diverses autres per
sonnes, trompettes, portier de
la ville, etc., 75.
Séjour du
Pape en allant à Nice; messe et
cadeau à l'église Santa Maria,
en dehors de la ville, 204;
aumônes; gratifications aux
maçons et charpentiers qui répa
raient la Rocca, et aux jeunes
gens du lieu, 205.
Séjour du
Papeau retourde Nice, aumônes,
233.- V. Pasquale.
Montefortino (com. d'Arcevia,
prov. d'Ancône).
R. Ecu
=
d'or en deux parties remis au
pape pour le donner à cette ville
comme moyen de reconnais
sance, 280.
Monteleone d'Orvieto ou M. Sa
bino (prov. de Pérouse).
V. Bernardino de M. (Frà).
Montepulciano (prov. de Sienne).
R. Voyage de La Paglia à
=
cette ville, en allant à Nice;
table de France, 121, 126, 238,
271, 273, 294, 300, 302, 303.
Lettre par lui adressée à
Paul III, 127.
R. Diamant
=
en forme de barque porté au
Pape par son secrétaire de la
part de François Ier, 228.
More (Cecil), fille de Thomas
More, 271.
More (Thomas), chancelier d'An
gleterre, 95, 271. = R. Somme
d'argent donnée à son parent
Henry pour retourner en Angle
terre, 62.
Morée.
V. Coron.
Morel, archer, 241.
Mores [Barbaresques].- V. Ber
nardina, Mouley-Hassein.
Moresca.
R. Danse exécutée
=
devant le Pape au Château
Saint-Ange, 27.
Morgante, barisel, 137, 138.
Morone (Giovanni), évêque de
Modène, 126.
Moucean (Jean), chantre de la
Chapelle.
(Jean).
V. Mouchean
Mouchean (Jean), chantre de la
Chapelle, 221.
Moucheau (Jean), chantre de la
Chapelle-V.Mouchean(Jean).
Mouley-Hassein, roi de Tunis.
=
R. Somme d'argent donnée à
un More qui l'accompagnait en
Italie et qui était venu à Rome
pour se faire baptiser, 298.
Mules et mulets. = R. Harnache
ments pour la mule Bari, 33;
INDEX DES NOMS
pour les mules de l'Écurie, 37; | Muziano (Luca), réformateur de
pour le mulet donné par l'ar
chevêque de Médicis, 66;
pour la mule de la Croix ponti
ficale, 116, 223 (cf. 284), 302 ;
pourlamule de la litière du
Pape, 116;- pour un mulet,
76;
pour la mule Ghinuccia,
132; pourles mules du Pape,
198, 239.
Mules d'Espagne
offertes par Giovanni Ricci de
Montepulciano, 63, 224.-Mule
donnée à Vittoria Colonna, 113.
Mules des litières pontifi
cales, 115, 118, 123, 124, 128,
143, 154, 274, 291, 300.
Mulepourle confesseur du Pape,
pour aller à Nice, 198.- Mules
des bagages, 206.
Harnache
ments et selles pour les mules
de la litière neuve, 216.
Mule
destinée à Marguerite d'Au
triche, 250.
Chiodasoni de
bronze doré pour le harnache
ment de la mule Borgia, 286.
Mule offerte au Pape par le
marquis Del Vasto, 294.
Mules pour porter la croix
en voyage, 223, 284, 301,
302.
Murate (Couvents des).
Florence, 57.
=
de
R. Sommes
remises à Sor Helena (Elena
Orsini), cloîtrée dans ce couvent,
6, 59, 90, 127, 162, 168, 209,
232, 236, 262, 280, 319, 330.
de Saint-Pierre de Rome;
R. Aumônes, 11, 104, 248.
=
Étoffe pour faire des vêtements
aux religieux, 190.
Musciano (Luca).
(Luca).
V. Muziano
l'Université de Rome, 71,77. =
R. Fourfaitdans sa maisonpour
cuire le pain destiné à l'usage
personnel du Pape, 152.
N
Nacchianti (Giacomo), frêre prê
cheur, évêque de Chioggia. = R.
Jeune mule à lui donnée par le
Pape, 284.
Naples. = R. Serviteur de Pier
Luigi Farnese envoyé de Rome
dans cette ville, 5.
Aiguil
lettes, lacets (stringhe), gants
et savons apportés de cette
ville pour l'usage du Pape,
8.
Voyage du duc de Ferrare,
17, 18.
Arbres pour le nou
veau jardin du Belvedere, 148,
161, 162, 189.
Voyage de
Bernardino Asandri pour le
service du Pape, 333.
Carafa (Gianvincenzo).
V.
Narbaez (Luiz), luthiste espagnol,
226.
Nardo.- V. Bufalini (Leonardo).
Nardolino (Francesco), chef de la
chasse (capocaccia). = R. Gra
tification, 176.
Narni (Constantino de), 84.
Narni (Zanobio de), chevau-léger
de Paul III, 238.
=
Natale Schiavone.
R. Voyage
dans son pays pour aller cher
cher des autours, 143.
Navarre (Le roi de).
Henri d').
Negri (Domenico), 135.
V. Albret
367
gens du lieu, au nom d'Otta
vio Farnese, 72.
Séjours de
Paul III en septembre 1536,
72; en septembre 1537, 150.
Séjour de Vittoria Farnese
en 1543-1544, 264, 270, 277,
280 ( ?)
Neroni (Giovanni), garde-chasse,
V. Francesco da
234.
Nevizzani.
Milano.
Neysidler (Melchior),luthiste, 230.
Niccolò, aide des balayeurs secrets.
=
R. Somme d'argent à lui
donnée pour son entretien, 298.
Niccolò, dit IlZoppo (le boiteux),
balayeur secret, 79.
=
R.
Dépenses pour la Chambre pon
Objets à lui
tificale, 30, 324.
remis, 32.
Sommes d'argent
àlui données pouraller àLorette,
74;
pour faire soigner sa
jambe, 145;
pour payer
quatre bourses de cuir destinées
au service de la Chambre, 202.
Étrennes, 92.
Chaussures
à lui données, 92, 130.
Cadeau pour la Conversion de
saint Paul, 184.
Gratifica
tion pour la Saint-Jean, 235.
Niccolò, camérier du cardinal
Réginald Pole, 72.
=
R. Frais
de la sépulture de Caterino,
crédencier, à lui remboursés,
303.
Rectification de la
mention de la p. 303, 335.
=
Niccolò, libraire.
R. Paiement
à lui fait de deux misselspour
la Chapelle secrète, 162.
Niccolò, orfèvre de Clément VII,
169.
Negri (Girolamo), de Fossano, 38, Niccolò Greco [ethnique ou patro
Musiciens du Château Saint- Ange.
V. Baldi (Galeazzo); Cellini
(Benvenuto) ( ?) ; Giovanni Gia
como, de Cesena; Lorenzo, de
Lucques.
Musiciens du Pape (musiciens
V. Francesco da
privés).
Milano; Giovanni Battista Sici
liano; Pierino; Sansone (Giam
battista).
57, 295.
Nemi (prov. de Rome). =
R.
Séjour du Pape en avril 1537;
somme d'argent donnée à un
habitant de ce pays pour ache
ter un filet à prendre des atta
rini, 117.
Gratification au
nymique ?] , 176. = R. Somme
d'argent à lui donnée, 240.
Niccolò de Palis.
(Niccolò de).
Niccolucci (Niccolò).
V. Palis
V. Nicco
luzzo (Niccolò).
Niccoluzzi (Giambattista), histo
même, 124.
Nepi (arr. de Viterbe, prov.
de Rome.)
Muti (Antonina de'), 45.
=
R. Séjour des
enfants de Pier Luigi Farnese,
Muti (Girolamo de'), 258.
36.
Gratification aux jeunes
rien de la famille d'Este, 152.
Niccoluzzo (Niccolò), droguiste de
Ferrare, 151. = R. Bleu d'outre
mer pour le Jugement dernier,
80, 108, 163, 180.
368
Nice (Voyage de). = R. Mise en
état de la cassette de cristal du
Saint Sacrement pour l'empor
ter dans ce voyage, 197.
Achat d'une mule pour le con
fesseur du Pape, 198.
Chaire
pontificale en noyer pour le
voyage, 199.
Traitement
mensuel alloué à cette occasion
à Raffaelle, maréchal ferrant
du Palais Vatican, 202.
Somme d'argent donnée
aux
six fifres du Château Saint-Ange,
afin d'acheter un cheval pour
accompagner le Pape, 202.
Départ de Rome (23 mars 1538),
203.
Voyage, 203.
Indem
nité aux Franciscains, près de
Nice, pour le logement du
Pape, 226; gratifications aux
Augustins et aux Carmes de
Nice; aumônes, 227.
Voyage
de retour, 234 (cf. 250).
V.
Aleotti (Pier Giovanni); Bonelli;
Giacobacci (Cristoforo).
Nicia (Giovanni), notaire de la
Chambre apostolique, 85.
Nicolai (Medardus), magister, 69.
Nicolas III, pape, 25.
Nicolas V, pape, 45, 101, 143, 212.
Nicolas de Troyes, argentier de
François Ier, 55.
Nicolaus de Mattheis, magister, 69.
Niem (Johannes de), 84.
Nisij (Mario), capitaine. =
R.
Paiement d'une dette envers
lui contractée en 1527, par Don
Clemente de Patrica, moine
camaldule, 194.
Nobilio.
Noël.
V. Giulio (Nobilio).
R. Cadeaux à l'occasion
=
de cette fête, 12, 19, 22, 29, 92,
95-98, 100, 172-176, 178.
Messe pontificale à Saint-Pierre,
12.
Noël (Épée de). V.Épéed'hon
neur.
Nonces, en Espagne.
V. Gui
diccioni (Giovanni). Ricci (Gio
vanni);- en France. V. Pio
de Carpi(Rodolfo);-à Naples.
V. Capobianco (Bartolommeo)
Normant(Antoine), chantre de la
Chapelle, 221.
LA COUR DE PAUL III
Notaires de la Chambre aposto
lique.- V. Adam de Invidia;
Archilegi (Niccoló di Gabriele
degli); Arditi (Pietro Paolo);
Attavanti (Pierpaolo); Balducci
( Giacomo) ; Bernardino de
Alexandris; Biondo (Gaspare);
Bonifacio de Bragia; Capello
(Bartolomeo) ; Casolano (Nic
colò); Domenico de Juvenibus;
Massa (Antonio); « Nicia » (Gio
vanni); Valerio, de Spolète.
Notre-Dame (Églises de), à Rome.
V. Santa Maria.
Notre-Dame d'août.
V. Fêtes.
Ochino (Bernardino), définiteur de
l'Ordre des Capucins (apostat),
305, 306.
Ocieski (Jean), ambassadeur de
Pologne, 302.
Odescalchi (Battista), 208.
Odescalchi (Benedetto).
offert par Angelo de Caprarola
6.
Achat de deux éperviers
faits, 55;
de trois autours,
62; d'un autouret d'un tier
celet, 64.
Sept autours
envoyés d'Esclavonie au Pape,
69, 76.
Étoffe pour un éper
vier [ ?] de Ranuccio Farnese,
79.
Achat d'un autour fait,
à Veroli, 101;
de quatreéper
viers, 129;
de deux autours
faits et de trois éperviers, 150;
dedeuxautours esclavons [ ?]
pour les mettre en mue, 196;
de quatre autours et de seize
éperviers, 238;- d'un autour,
328.
Deux autours et deux
tiercelets envoyés au Pape par
l'évêque d'Ivrée, 305.-Eper
viers donnés par Don Pirro de
Capoue, 290.
Frais d'entre
tien, 8, 22, 36, 56, 65, 83, 106,
111, 112, 129, 145, 155, 184, 196,
238, 250, 282, 310, 328.
V. Olgiati (Baldassare) marchand ( ?),
banquier, 207.
Innocent XI, pape.
Odescalchi (Bernardo), 208.
=
R. Paiement
d'une dette envers lui contractée
Odescalchi (Francesco), 207.
Odescalchi (Girolamo), 207.
Odescalchi (Giovanni Antonio),
marchand, banquier, 207, 208.
=R. Paiementàluifait de deux
livres d'or destiné à la parure de
Vittoria Farnese, 183.
Odescalchi (Paolo), référendaire
des Signatures (sous Grégoire
XIII), 207.
Offida (prov. d'Ascoli Piceno).
V. Pietro Angelo, d'Offida.
Oggia (prov. de Gênes).
Sbardellini.
Oiseaux d'agrément. = R. Cages
pour la Garde-robe, 35.
Perroquets offerts au Pape par
l'évêque de Senigaglia, 102.
Cagede noyerpourle perroquet,
136.
Oiseaux de la basse-cour (galli
naro) du Belvedere. = R. Four
nitures, 40, 42, 52, 54, 58, 61,
64, 88, 112, 118, 148.
Fai
sans (vivants ?) offerts au Pape
par Rotondo de Piperno, 246.
Oiseaux de chasse.
=
R. Autour
par Antonia Caetani, de Castel
lottiere, 178.
Olgiati (Desiderio), marchand
d'étoffes, 207.
R. Cortina pour
faire des escarpins destinés au
Pape, 62;
settes, 66.
pour des chaus
Toile de Lodi
pour faire des sugatori pour
les pieds du Pape, 66.
Olgiati (Giovanni Battista), mar
chand, 207, 216.
Olgiati (Marcantonio), président
V.
de la Chambre apostolique (sous
Grégoire XIII), 207.
Oliva d'Acquapendente (Frà
Alfonso), O. E. S. A., évêque
de Bovino, puis archevêque
d'Amalfi, sacriste, 35, 260, 298.
R. Cierge pascal pour la
=
Chapelle du Pape, 32, 36, 51. —
Remboursement du blanchis
sage du linge de la Chapelle
depuis 25 août 1535 (sic), 231.
Oliveto, villa des Pucci.
R.
Séjour du Pape en allant à Nice,
=
208;
aumônes, gratifications
à divers fifres, 209.
INDEX DES NOMS
Olivieri (Benvenuto), banquier,
369
Orsini (Cesare). =
R. Sommes | Orsini (VerginioGentile), comte de
111, 210.
Olivieri (Giulio), 210.
Oliviero, valet de chasse (brac
chiere), 237.
Oliviero, de Ronciglione. =
R.
Somme à lui remise pour la
dot de trois jeunes filles du lieu,
204.
Omestre (Thomas), brodeur, 184.
Onano (auj. arr. de Viterbe, prov.
de Rome).
V. Prefazio (Gio
vanni).
Oneglia (prov. de Portomaurizio).
R. Séjour et déjeuner du
=
Pape, en quittant Nice; aumône
aux Clarisses, 227.
Orazio, peintre, 217.
R. Pein
=
ture de la niche de l'empereur
Commode au Belvedere, 34.
Orazio.
V. Florido (Orazio).
Ordre de Saint-Jean-de-Jérusa
lem, 42, 261.
Orfèvres.- V. Alonso; Barberino
ou Ballerini (Francesco); Can
diani (Battista); Cardello (Giu
liano) ; Cardello (Guglielmo);
Cristiani (Fabrizio) ; Cristiani
(Lionardo) ; Cristiani (Pietro
Giacomo) ; Galli (Gasparre) ;
Gianfrancesco,deBrescia;Giam
maria, de Camerino; Giannotti
(Giacomo); Grosso (Lorenzo);
Marliano (Giovanni Pietro);
Ottaviano, d'Orvieto; Paolo
Perosino; Passeri (Bernardo);
Sbarri (Manno); Spagnuolo (Al
fonso) ; Tobia da Camerino ;
Todesco (Giovanni) ; Valentini
(Francesco) ; Veldencrio (Pelle
grino).
V. aussi Joailliers.
Organi (Pierino degli).
V. Pie
rino degli Organi.
Organistes.
V. Pierino; Pie
trino; Raffaele.
Oriolo (Filippo), poète, 227.
Orsella, de Valentano. =
R.
Somme d'argent à elle donnée,
115.
Orsi (Fabrizio), 165.
Orsi (Lelio), peintre, 165.
Orsini (Camillo), capitaine, 306.
R. Somme d'argent à lui
=
remise, 59.
d'argent données à sa femme,
172, 191;
à lui-même, 267.
Orsini (Chiappino). = R. Somme
d'argent à lui donnée pour
retourner en Lombardie, 33.
Orsini (Elena), cloîtrée chez les
Murate de Florence. =
R.
Sommes à elle remises de la
part du Pape, 6, 59, 90, 127,
162, 168, 209, 232, 236, 262,
280, 319, 330.
Orsini (Franciotto), cardinal, 237.
Orsini (Fulvio), bibliothécaire de
la Vaticane, 89, 143, 144.
Orsini (Giovanni Gaetano).
V. Nicolas III, pape.
Orsini (Giovanni Paolo).
=
R.
Étrennes à ses trompettes, 97.
Orsini (Girolama).
V. Farnese
(Girolama).
Orsini (Girolamo), baron romain,
=
243, 260, 268.
R. Gratifica
tion à ses trompettes, 41.
Étrennes aux mêmes, 97;
à ses fifres, 175.
tion à
son
=
Gratifica
valet de chasse
(bracchiere), 176.
Orsini (Lucido).
R. Sommes
d'argent à lui données pendant
une maladie, 200, 242.
Orsini (Ludovico), seigneur de
Bassanello, 5.
Orsini (Sœur Maria). = R. Somme
d'argent à elle donnée, 65.
Orsini (Niccolò), comte de Piti
gliano, 281.
V. Pitigliano
(La comtesse de).
Orsini (Orsino), mari de Giulia
Farnese, 5, 7.
Orsini (Scipione), 281, 296.
=
R. Pension mensuelle, 3, 9, 17,
24, 29, 38, 45, 53, 59, 64, 68,
79, 85, 90, 101, 105, 110, 116,
124, 127, 136, 139, 140, 146,
151, 152, 161, 168, 176, 186,
194, 200, 236, 238, 242, 246, 261,
265, 270, 278, 281, 288, 292,
296, 302, 305, 307, 320, 325,
330.
Somme d'argent donnée
à sa femme, 146.
Voyage à
Fano avec Pier Luigi Farnese,
en octobre 1537, 152.
l'Anguillara, 76, 249, 254;
capitaine général des Galères,
285, 287. = R. Don d'un moretto
etd'unejeune jumentà Ottavio
Étrennes à ses
Farnese, 4.
trompettes, et à ses fifres, 14,
84, 97, 175.
Avis de l'arrivée
des fustes dans l'embouchure
du Tibre, à lui envoyé d'Ostie
à Civitavecchia, 31.
Grati
fication donnée à son sommelier,
à ses dépensier et cuisinier, à
Cerveteri, 122.
Orsolina, lingère de la Chambre
pontificale, 80.
R. Étrennes,
=
14, 96, 176, 268.- Traitement,
94, 106, 110, 116, 126, 139, 145,
152, 161, 168, 180, 187, 193,
224, 253, 274, 283, 306, 333.
Orsolina, de Caprarola.
=
R.
Sommes d'argent à elle données,
73, 115, 150, 152, 203.
Ortiz (Pedro), 310, 311, 312.
Orvieto (prov. de Pérouse).
=
R. Étoffes données par le Pape
à plusieurs gens de cette ville
avant son avènement, 45.
Séjour du Pape en 1536; gra
tification aux jeunes gens,
enfants, trompettes et tam
bours, serviteurs des prieurs,
portier de la ville, religieuses,
75.
Somme donnée à la
Fabrique de la cathédrale, 76.
Séjour du Pape en septembre
1544; aumônes à divers pauvres
et religieuses, 315.
V. Gre
gorio; San Bernardino; Santa
Chiara; SantaMaria; San Paolo;
San Pietro; Tradito; Trinità.
Orvieto (Giovanni Francesco da),
56.
Ostie (prov. de Rome). =
R.
Ponts jetés sur le Tibre pour
aller de la Magliana à Ostie, 10,
19, 86, 102, 196.
Séjours du
Pape, en janvier 1536, 20; en
mars 1536, 31; en novembre
1536, 86;
en décembre 1537,
160, 161, 167; en octobre 1538,
102, 108, 115; en mars 1538,
196; en mai 1544, 251, 291.
Aumônes à des pauvres, 31, 86,
47
370
168, 196.
un serviteur du châtelain qui
avait offert des fruits nouveaux
au Pape, 47;
aux fifres du
Château Saint-Ange venus là
pour la fête de saint Martin,
160.
Ottaviano, peintre, 217.
Ottaviano, d'Orvieto, orfèvre,
172.
P
Pace (La), à Rome.
Maria della Pace.
Pace (Religieuses de la), à Viterbe.
=
74.
R. Somme à elles donnée,
Pages. = R. Chaussures pour les
pages de la Chambre pontificale,
13.- Achat de chemises pour
l'un d'entre eux, 62.
ments pour le page de Ranuccio
Farnese, 59.
Paglia (La), entre Acquapendente
et Montepulciano. = R. Grati
fication à l'hôtelier pour le loge
gement du Papeetpourl'accom
pagner jusqu'à Montepulciano,
en allant à Nice, 206.
Pago [lieu non identifié] (L'évêque
de).- V. Cassio (Giovanni).
Palefreniers. = R. Gratification à
huit d'entre eux qui étaient res
tés à Rome pendant un séjour
du Pape à Pérouse, 2.
d'entre eux envoyé à Albano
pour le service du Pape, 4.
Achat de chaussures, à
l'occasion de Noël, 12, 92, 267,
331; à l'occasion de Pâques, 39.
Autres achats de chaussures,
82, 298.
Somme d'argent à
eux remise pour aumônes, 58.
Remboursement d'aumônes
faites de la part du Pape, 118.
Gratifications pour la Fête
Dieu, 126; pour Noël, 172;
pendant le voyage de Nice, 216,
229;
à cinq d'entre eux (qui,
malades, n'avaient pu venir à
Pérouse), pour se faire faire une
camisole de velours, 317.
LA COUR DE PAUL III
Gratification à
V. Santa
Vête
L'un
Petite salle où ils montent la
garde, au Palais Vatican, 54,
250.
V. Angelo, de Capra
rola; Antonio Siciliano; Anto
ninodaSorrento; Baccareti (Ber
nardo) ; Bampho (Francesco) ;
Barbante (Domenico) ; Barto
lomeo d'Alba (Bartolomeo Mer
lotto ?) ; Bernardino; Bolino
(Francesco) ; Cavallero (Mi
chele);Domenico da Montecchio;
Enciso(Girolamo) ; Gambara (ou
Gambaro); Gaspar; Giorgio;
Giovanni Antonio, d'Urbino;
Giovanni da Loreno; Leonardo
da Gallese; Loardo (Diego);
Pigetto (Antonio), écuyer pon
tifical ; Remires; Rigo (ou En
rico) ; Roy; Ugarte (Francesco
d') ; Valentino da Santa Fiora.
Palelli (Flaminio), 114.
Palelli (Guido), commissaire de la
Chambre apostolique, 83, 84,
85, 86, 87, 88, 113, 114.
R.
Remboursement à lui fait de
l'achat de 27 grandes tables de
noyer pour la Sacristie, 16.
Palelli (Tiberio), médecin pontifi
=
R. Sommes à lui
cal, 114.
remises pour être données à
Orsella de Valentano, 115;
à
madonna Santa, Romaine, 178.
Palestrina (prov. de Rome).
R. Séjour du Pape en 1538 ( ?);
gratification aux jeunes gens;
aumône à unvieillard de 105 ans
241, 244.
Palestrina (Giovanni Pierluigi da),
musicien, 226.
Palis (Niccolò de), 155, 187, 218,
219, 220.
R. Statue de marbre
(Antinoüs) à lui achetée, et
transportée au Belvedere, 289.
Niche construite pour cette
statue, 296.
Pallavicini (Argentina), 111.
Pallavicini (La comtesse Bar
bara), femme de Ludovico Ran
gone, 282.
Pallavicini (Laura), 111.
Pallavicini (Livia), veuve de
Sciarra Colonna. =
R. Séjour
à la Rocca de Montepano, 42.
Pallavicini (Luigia), comtesse de
SantaFiora, 205. =R.Étrennes,
268.
Palli (Bruto de).
V. Pallini
(Bruto).
Pallini (Bruto), 219.
Pallini (Orazio), 219, 220.
Palmio (Le P. Francesco), 309.
Palone (Camillo). = R. Somme
d'argent à lui donnée pour son
entretien, 128.
Paloni (Carlo), 47, 107.
Paloni (Domenico), 46.
Paloni (Faustina), 46.
Paloni (Giovanni), 46.
Paloni (Giuliano), 46.
Paloni (Giulio), 46.
Paloni (Jacopo), 46.
Paloni (Marcello), capitaine,46. =
R. Sommes d'argent à lui don
nées pour sonentretien, 138, 332.
Paloni (Selvaggia), 46.
Panetiers.
=
98, 175, 270.
=
R. Étrennes, 14,
V. Maccarelli (Bar
Panichale.
tolomeo).
Pannonius (Janus), poète hongrois,
23.
Pantasilea, amie de Luigi Pulci, 81.
Panvinio (Onofrio), O. E. S. A., 6,
219, 220.
Paoli (Bernardo), chantre, 296.
=
son fils
Paolina, d'Ancône. = R. Somme
d'argent remise à
Pietro, 67.
Paolina, de Civitavecchia.
R.
=
Dot pour sa fille et somme d'ar
gent à elle donnée, 180.
Paolina, pauvre femme corse. = R.
Aumône à elle faite, 78.
Paolo, tailleur d'Ottavio Farnese,
199.
=
R. Fournitures pour
Ottavio Farnese et ses frères,
25, 68, 117, 169.
Paolo, de Benevento. = R. Somme
à lui remise, 115.
Paolo, de Rezzo [d'Arezzo].
=
R. Gratification pour avoir
offert des truites au Pape, 130.
Paolo (Martino di).- V. Martino
di Paolo.
Paolo Perosino (Paolo Cristiani ?)
orfèvre.
167.
R. Garni
=
ture d'argent doré pour les
manches des nouveaux rasoirs
INDEX DES NOMS
du Pape, 8.
Tasse d'argent
doré et cuillers pour le Pape,
65.- Doruredu coquetier et de
la salière du Pape, 118.
Solde
de divers travaux d'argent faits
pour le Pape, 197.
Paradiso, près Viterbe (Francis
cains de l'Observance de Santa
Maria del).=R. Aumônes à eux
faites, 74, 120, 316.
Parfums (profumi). = R. Achat
pour la litière du Pape, 88;
pour la chambre du Pape, 153,
166, 310.
Bois d'aloès pour
parfumer, 230.
Parisani (Ascanio), évêque de
Rimini, cardinal, trésorier géné
ral, 27, 75, 86, 89, 150.
=
Versement d'un acompte sur
R.
la somme due à l'archevêque
d'Amalfi et évêque de Massa
(Girolamo de Glanderonibus ?)
par la Chambre apostolique pour
la fermeture ( ?) de sa mine
d'alun de Massa, 213.
Parisiens (Écoliers).
(saint Ignace de).
V. Loyola
Parisio (Pietro Paolo), évêque de
Nusco, cardinal, auditeur de la
Chambre apostolique, 86, 108.
Parme.
=
R. Gratification à
trois fifres et à une viole, 97.
Séjour du Pape en allant à
Nice; aumônesà divers pauvres;
gratification aux religieuses des
Grazie; allocation au capitaine
(en vitraux ?), 191, 213.
Achat de petites boîtes (écrins ?)
pour les médailles du Pape,
228.
Paterlini.
V. Forlè (Domenico).
Patiente, de Carrare (Sœur). =
R. Sommes d'argent à elle
remises, 35, 82.
Etrennes, 96.
Patrica (auj. arr. de Frosinone).
V. Bernardino; Clemente.
Patrimoine.
V. Viterbe; Far
nese (Vittoria).
Patteson (Henry), 271.
R. Achat de soieries,
Paul III.
21.
Visite au Colisée, au
Médecine par lui
mônes, 26.
prise, 28.
son lit en voyage, 32.
Caisses pour porter
Séjour
au Palais de San Marco, en 1536;
aumônes, 56.
Promenades
dans Rome, 56, 126; au Ponte
Molle, 58.
Farnese, 62.
Visite au Palais
Éperons et
étriers dorés, 66.
Soins
donnés à sa barbe, 103.
Promenade en dehors du Châ
teau Saint-Ange,105.- Déjeu
ner dans le jardin du cardinal
d'Ivrée, 130.
Trousse de
toilette (peignes, etc.), 146.
Peintre de Sienne, venu de
cette ville à Pontremoli pour
faire le portrait du Pape, allant
Achat de
à Nice, 211.
lunettes, 306.
371
=
R.
religieuses des couvents de San
Dalmazio et de l'Annunziata
de cette ville, pendant le voyage
de Nice, 214, 216.
Pêcheurs. = R. Somme d'argent
donnée aupêcheur d'Alessandro
Ruffini pour lui permettre de
V.
Ruffini (Alessandro); Spezia
retourner chez lui, 311.
(La).
Pedro, de Toledo (Don), vice-roi
de Naples, 268.
Pèlerinages.
V. Jérusalem,
Loreto.
Pellegrina (madonna), près de
Spogliachisto, à Rome.
=
R.
Somme d'argent à elle donnée
sa
pendant une
maladie de
fille, 140.
Pellegrino, menuisier.
V. Pere
grino.
Pellegrino (Alessandro), chape
lain du Pape. = R. Voiles violet
et blanc pour couvrir la croix
de voyage et le calice pendant
la Semaine sainte, 289.
Pellegrino (Via del), à Rome.
=
R. libraire, 2, marchand, 47.
Pellegrino dei Leuti.
V. Pelle
grino da Modena.
Pellegrino da Modena, orfèvre.
V. Veldencrio (Peregrino).
Pelletier ou fourreur.
V. Gio
vannino.
Visite et Pera [lieu non identifié].
V. Giovanni Battista, de Pera.
grec Manuel Trementino ou
Prementino, blessé mortelle
ment; gratification aux trom
pettes et fifres de la ville, 212.
Pascucci (Girolamo), ouvrier de
Benvenuto Cellini, 107.
Pasquale, armurier (spadaro), 173.
=
R. Dorure des boucles du
harnachement destiné aux fri
sons et aux mules de la litière
pontificale, 124.
cette dépense, 149.
Solde de
Pasquale, de Montefiascone, boi
teux.
R. Aumône à lui faite
par le Pape, 18.
Pasqualino, d'Ancona, 173.
Passeri (Bernardo), orfèvre, 158.
Pastorino (de Sienne), peintre
divertissements chez Orazio
Achat d'une
Farnese, 308.
coupe d'or, 335.
Dépenses
faites d'avril 1535 à décembre
1544, 340, 341.
V. Apparte
ments ; meubles; Pérouse ; vête
ments ; voyages.
Paul IV, pape.
V. Carafa (Giam
pietro).
Paulus Hieronymus.
V. Franchi
(Paolo Girolamo de').
Pauvres honteux (persone ver
gognose). = R. Sommes d'argent
à eux données par le Pape, 2,
16, 44, 57, 82, 100, 111, 120,
138, 151, 162, 166, 177, 187, 193,
200, 246, 253, 268, 292, 312,
333.
Pavie. = R. Aumône donnée aux
Peregrina.
V. Pellegrina.
Peregrino, menuisier, 196, 276. =
R. Réparation, pour le Pape,
du secrétaire du cardinal Ippo
lito de' Medici, 9.
Peregrino (A.), 87.
Peregrino daModena.
legrino et Veldencrio.
V. Pel
Perina, amie de. Bernardo Paoli,
chantre, 296.
Perosino, orfèvre.
Perosino.
V. Paolo
Perotta ou Perotto (Scipione), de
Benevento, 51.
R. Somme
=
d'argent par lui remise au tréso
rier secret de la part de Barto
lomeo Capobianco, 249.
Mensualitéss à lui remise pour
372
DonBernardino, de Benevento,
328.
Perotti (Niccolō), évêque de Si
ponto, 143.
Pérouse. = R. Voyage de Paul III
en 1535, 2, 9, 55; messe du
Saint-Esprit, 55.
Voyage de
Paul IIIenaoût-septembre1544,
309, 313, 315, 317, 318, 320.
V. Baglione (Braccio); Cris
tiani (Pietro Giacomo) ; Dome
nico Perosino; Mario (Fede
rico) ; Paolo Perosino.
Perroquets. = R. Offerts au Pape
par l'évêque de Senigaglia,
Marco Vigerio, 102.
Cage
de noyer, 136.
Pers (Pieter) et Cie, marchands
flamands, 208. = R. Toiles de
cortina pour le Pape, 280.
Toiles diverses pour le Pape;
pour faire trois surplis aux
chapelains et pour faire des
chassis, 326.
Persia, de Subiaco. = R. Aumône,
25.
Personnes secrètes.
=
R. Rem
boursement à l'une d'elles du
reliquat d'une somme dépensée
pour le service du Pape, 26.
Pensions et allocations à elles
servies, 2, 7, 16, 18, 24, 26, 29,
30, 37, 38, 44, 52, 53, 59, 64,
68, 78, 84, 89, 100, 105, 109,
116, 120, 128, 134, 140, 145,
148, 162, 164, 166, 177, 187,
193, 239, 246, 249, 264, 268,
275, 278, 280, 284, 288, 292, 296,
300, 304, 308, 311, 316, 318,
320, 327, 332.
Pesaro, prov. d'Urbino.
R.
Transport de deuxbarils de Mal
=
voisie de cette ville à Rome, 184.
Pescara (La marquise de).
V. Colonna (Vittoria).
Pescia-V. Asandri (Bernardino).
Petit (Jean), écrivain de la Cha
pelle.
=
R. Remboursement
d'une dépense par lui faite pour
la Chapelle, 239.
Pétrarque (François), 21, 95, 116,
118.
R. Ses œuvres reliées
=
pour Ottavio Farnese, 137.
LA COUR DE PAUL III
Peruzzi (Baldassare), architecte
(?), 261.
Pharmaciens (speziali).
V.
Bondo; Sigismondo; Gimignano.
Philandrier (Guillaume), archi
tecte et humaniste,103,113, 138.
Philippe, de Sienne (de Senis), 83.
Philippsohn (John), dit Sleidan.
V. Sleidan.
Piacenza.
V. Plaisance.
Pian Castagnaio (arr.de Monte
pulciano, prov. de Sienne). =
R. Aumône aux Franciscains,
au retour de Nice, 232.
Pianetta (Paolo), associé de Dome
nico Rosselli, 155.
Pianetto (Sandro), maçon, 216.
Pic de la Mirandole (Jean), 95.
Piccinino (Giovanni), de Narni,
brodeur, 183.
Piccolomini (Andrea), 6.
Piccolomini (Antonio).
V.
Pie III, pape.
Piccolomini (Bernardino Silveri
de'), évêque de Teramo, puis
archevêque de Sorrente, major
dome, 31.
Piccolomini (Æneas Silvius).
V. Pie II, pape.
Piccolomini (Giovanni), arche
vêque de Sienne, cardinal, 253,
260, 262, 277.
Pie II, pape, 11, 45, 130, 143, 211,
277.
Pie III, pape, 277.
Pie IV, pape.
angelo de').
V. Medici (Gian
Pie V, pape, 49, 115, 207.
Pie VI, pape, 176, 212.
Piémont (Le prince de), Emma
nuel Philibert, fils aîné du duc
de Savoie Charles III, 36.
Pienza (arr. de Montepulciano,
prov. de Sienne) . = R. Séjour
du Pape, au retour de Nice;
aumônes; gratifications
aux
fourrier, sommelier et dépensier
d'Antonio Maria; aux jeunes
gens de la ville, 232.
V. Aleotti
Pier Giovanni.
(Pier Giovanni).
Pierino, organiste.
Pierino, peintre.
V. Pietrino.
=
R. Pension
mensuelle, 264, 271, 286, 297,
309.
Pierino.
V. Del Capitanio
(Pierino).
Pierino degli Organi, musicien,
disciple de Francesco da Milano,
226, 232.
R. Étrennes, 99,
=
174. Cf. Pietrino.
Pierino del Vaga, peintre, 185,
207, 216.
Pier Joanni, maître de la Garde
robe du Pape.
(Pier Giovanni).
V. Aleotti
Pier Matteo, de Foligno.
R.
=
Somme par lui donnée sur un
legs à lui fait par Constantino
di Stefano, de Vérone, 63, 93.
Pierres précieuses.
R. Tur
=
quoise donnée au Pape par
Pier Giovanni Aleotti, 53.
Diamant en forme de barque
offert au Pape par François Ier,
228.
Pieruccio, économe de la Chambre
pontificale (spenditore segreto).
= R. Chapeaux pour Ranuccio
et Orazio Farnese, 127.
Pietrasancta (Battista), sculpteur.
V. Santi.
Pietrasanta, sculpteur.-V. Santi.
Pietrasanta (Jacopo da), construc
teur du Belvedere, 211.
Pietrasanta (prov. de Lucques).
=
R. Aumônes à plusieurs
pauvres, sur la route de Lucques
à cette localité, en allant à Nice,
210.
Pietrino, organiste, ancien fami
lier du Pape (très probable
ment le même que Pierino degli
Organi). = R. Somme d'argent
à lui donnée pour retourner à
Sienne, 245.
Pietro, préposé au blé du Palais,
190.
Pietro, frère d'Angelo Maria. =
R. Paiement d'une dette con
tractée envers lui par le Pape
in minoribus, 133.
Pietro d'Aversa, l'un des gardiens
de la Chasse réservée (Bandità),
238, 241, 242. = R. Sommes à
lui payées pour le salaire des
gardiens de la Bandità, 2, 5, 22,
INDEX DES NOMS
28, 43, 65, 92, 282, 310, 318,
328;
70;
des valets de chiens,
pour la location de la
nouvelle canetaria, 83, 106.
Achat de terre de Bagna pour
soigner les chiens, 8.
Achat
de divers oiseaux, 8, 36, 111,
145, 155, 184, 196, 238, 252;
de 2 éperviers, 55; de quatre
éperviers, 129; de trois autours,
62; d'un autour, 101; de deux
autours et deux éperviers, 150.
Voyage à Ancône pour aller
chercher sept autours envoyés
d'Esclavonie au Pape, 69;
à Veroli pour y acheter un
autour fait, 101.
Bottes et
carnier à lui donnés, 129.
Pietro Angelo, d'Offida (messer),
camérier secret ? = R. Sommes
d'argent à lui données pendant
une maladie, 135, 137.
Pietro Antonio, fils de Giuliano,
de Borgo. = R. Paiement d'une
dette contractée envers son
père par Tronca, de Valentano,
54.
Pietro Antonio, de Valentano,
nourricier [mari de la nourrice]
=
de Ranuccio Farnese.
R.
Somme à lui donnée pourpayer
la nourrice d'un sien enfant,
153.
Pietro Bologna, menuisier, 192.
Pietro Giacomo, de Pérouse, or
fèvre.
V. Cristiani.
Pietro da Imola, peintre, 197.
Pietro di Paolina, d'Ancône.
=
R. Somme d'argent à lui remise,
67.
Pietro Paolo, de Milan, composi
teur de musique, 227.
Pigetto (Antonio), dit il Bergamo,
palefrenier, écuyer pontifical,
64, 66.
=
R. Remboursement
d'aumône, 110.
Viatique
pour aller prendre possession
de l'évêché de Chiusi, 181.
Pighius (Manuscrit de), 49.
Pigna (Giambattista).
luzzi (Giambattista).
Pinelli (Gianvicenzo), 143.
V. Nicco
Pinturicchio (Bernardino Betti, dit
II), peintre, 6, 7, 143, 212.
Pio de Carpi (Rodolfo), évêque de
Faenza, archevêque de Salerne,
cardinal, nonce en France, 33,
42, 58, 123, 124, 252, 253, 256,
257, 262, 270, 271, 277.
R. Courriers par lui expédiés,
Courrier par lui dépêché
48.
pour annoncer la nouvelle de la
condamnation de la reine d'An
gleterre, 53.
Piombino (Le prince de).
Giacomo V d'Appiano.
Piperno (arr. de Frosinone, prov.
de Rome). = R. Aumône à un
vieillard de ce lieu, 147.
Rotondo, de Piperno.
Piperno (Antonio da), 56.
Pirro (Don), de Capoue, créature
de Carafa, 240.
=
R. Somme
d'argent à lui donnée pour avoir
offert au Pape trois éperviers
mués, 290.
Pisani (Basilio di Ludovico), de
=
R. Somme
Viterbe (?).
d'argent à lui donnée, 74.
Pise.
V.Bonanni(Cherubino).
Pissador, musicien, 226.
Pisoni (Giovanni de'), fondeur,
166.
Pistoia (prov. de Florence).
V. Sebastiano; Raimondi (Don).
Pitigianni (Petitjehan ?), somme
lier secret, 76. = R. Étrennes,
15, 98, 175.
Pitigliano (Le comte de).
Orsini (Niccolò).
Pitigliano
(La comtesse de),
femme de Niccolò Orsini. = R.
Sommes d'argent à elle données,
186, 187.
V. Martia.
Pitit (Joanni).
Étrennes, 268.
V. Petit (Jean).
Placidi (Giulio), maître de la
douane, à Civitavecchia. = R.
Sommes à lui remises pour la
dot de la fille de Paolina et pour
Paolina elle-même, 180.
Plain-chant (écrivain du).
V. Chapelle pontificale.
Plaisance. = R. Courriers envoyés
de Savigliano en cette ville par
Giovanni Guidiccioni, 64.
Somme d'argent donnée à a
veuve d'un bombardier de Plai
373
sance mort dans la Rocca de
Civitavecchia, 181.
Voyage
de Frà Bernardino Calino pour
le service du Pape, 200.
=
V.
V.
V.
Cornette envoyé au marquis
Del Vasto, pendant le voyage de
Nice, pour arrêter l'invasion du
territoire, 212.
Séjour du
Pape, en allant à Nice, 213;
gratification à l'homme qui
avait retrouvé le cheval du
balayeur secret Cristoforo;
aumônes à divers pauvres; aux
moines de San Bartolomeo et
de San Giovanni; à l'église
Santa Maria di Campagna; aux
trompettes de la ville, à celles
du duc de Castro et de Paolo
Vitelli, 214;
aux gens de
pied et aux bombardiers de
la citadelle, 217.
V. Farnese
(Pier Luigi); Sant' Antonio
(église de).
Poch'intesta ou Pocointesta,
gouverneur des mules de la
litière pontificale.
=
R. Gra
tification et sommes à lui don
nées pour acheter des chaus
sures, 115, 123, 126, 148, 154,
161, 274.
Podio (Girolamo), camériersecret ?
=
R. Somme d'argent à lui
remise pour Stefana Savelli, 159.
Poggibonsi (prov. de Sienne). =
R. Passage du Pape en allant
à Nice; aumône donnée, sur
la route, à un vieillard de 101
ans, 208.
Aumônes et gra
tifications, entre autres aux
moines de San Casciano, 232.
Poggio (Giovanni), cardinal, tré
sorier général, nonce en Es
pagne, 22, 29, 88, 90, 91, 94,
283. = R. Mules par lui offertes
au Pape, 224.
Poggio (Lorenzo).
=
R. Gratifi
cation à ses domestiques pour
avoir préparé le palais où le
Pape logea à Lucques, au retour
de Nice, 231.
Pogibonzo.
V. Poggibonsi.
Poissons.
=
R. Truites fraîches
offertes au Pape à son arrivée
à Pontremoli, 211.
Pesce
374
corvo offert au Pape par un
pêcheur de la Spezia, au retour
de Nice, 230.
Polacco [patronymique ou
ethnique ?] (Antonio).
=
Somme d'argent à lui donnée
R.
pour retourner à Ancône, 130.
Pole (Reginald), cardinal, dit « Le
cardinal d'Angleterre,>> 33, 37,
72, 125, 202, 273, 274, 279, 282,
283. = R. Lits pris en location
pour sa suite, 88, 94, 102.
Somme remboursée à son camé
rier, 303.
Cf. Niccolò.
Politien (Ange), humaniste, 247.
Pollajuolo (Antonio), architecte,
211.
Pologne (La reinede).- V. Sforza
(Bona).
Pologne (Le roi de).- V. Sigis
mond Ier.
Pompeio ou Pompeo, crédencier
secret, 71, 212, 298.
Dépenses pour la dorure de la
=
R.
vaisselle d'argent du Pape, 7,
36, 38, 40, 61, 79.
Indemnité
pour le voyage fait avec le Pape
dans le Patrimoine, 89.
Étrennes, 98, 176.
Pose d'un
cadenas à laporte de la Chambre
de la Tarsia, 110.
coffres, 119.
Achat de
Chasse-mouches
et objets divers, 127, 132, 142.
Ferrements pour deux tables
de cyprès destinées au Belve
dere, 132.
Petite table pour la
[Chambre de la] Signature, 132.
Gratifications par lui distri
buées aux trois aides de la Cré
dence secrète, à l'occasion de
la Saint-Jean, 138.
Cou
verture de feutre pour le cheval
des « cassettes », 146.
Cas
settes pour la Crédence, 217.
Dépenses diverses, 241.
Trois tables pour l'usage du
Pape et des cardinaux
voyage, 251.
en
Somme d'ar
gent à lui remise pour faire
brunir le plat à barbe, 253.
Pomponazzi (Pietro), 245, 247.
Ponte(Rionedi), l'un des quartiers
=
de Rome.
R. Gratification
pour 'la Notre Dame d'août
LA COUR DE PAUL III
(Assomption), 65, 138, 237.
Ponte Molle, à Rome, 196. = R.
Gratification au portier, 58;
lors du retour de Nice, 234.
Ponte [Sant' Angelo], à Rome. =
R. Transport, par Cristoforo da
Ogia, de pouzzolane destinée à
la préparation du mur de la
Sixtine, 32.
V. Sbardellini
(Cristoforo).
Pontremoli (prov. de Massa et
Carrara). = R. Séjour du Pape,
en allant à Nice; gratification
aux soldats de la garnison,
aumônes, etc., 211.
Pontremoli (probablement arr. de
Borgotaro, prov. de Parme).
V. Girolamo, de Pontremoli.
Pontremoli (Giovanni Luca de),
auditeur de la Rote, 115.
Portefaix (facchini) de la Chambre
et de la Garde-robe pontifi
=
R. Salaires, 134, 137,
cales.
141, 142, 147, 151, 162, 168,
178, 182, 195, 197, 213, 215,
222, 229, 234, 235, 243, 247,
248, 282, 298, 312, 324.
Portier du Tinello minore (ou
commun?). = R. Étrennes, 15,
176, 270.
Portier du Ponte Molle.
Ponte Molle.
Porto (prov. de Rome).
V.
=
Pont jeté sur le Tibre pour aller
R.
à la Magliana, 19.
Pape, 20.
Séjour du
Gratification au
batelier qui a «passé>>le Pape
pour aller à Ostie avec sa suite
(déc. 1537); aumônes, 167, 170.
Portugal. = R. Litière ainsi dési
gnée, 93.
Porzia, de Stroncone. = R. Somme
d'argent à elle donnée pendant
une maladie, 167.
Postes pontificales (Maître des).
V. Gherardi (Mattia).
Postumo Silvestri (Guido), poète,
236.
Poulailler (gallinaro) du Belvedere.
= R. Travaux divers, 4, 6, 40,
42, 52, 54, 58, 61, 64, 88, 112,
118, 130, 148, 192.
Étrennes
au garçon chargé de son entre
tien, 175.
V. Alberto; Belve
dere; Oiseaux de la basse-cour.
Précepteurs.
V. Buonamico
( Lazzaro) ; Manzuoli (Le comte
Alessandro) ; Rossi (Galeazzo).
Prefazio, d'Onano. = R. Somme
à lui donnée pour l'expédition
d'un bref le concernant, 27;
pour lui permettre de retourner
chez lui, 82, 205.
Pré Lauro, musicien (peut-être
Lauro Padovano), 227.
Prementino (Le capitaine grec
Manuel).
V. Trementino
(Le capitaine grec Manuel).
Présidents de la Chambre aposto
lique.
V. Franchi (Paolo
Girolamo de'); Grandi (Giulio) ;
Graziani (Sebastiano).
Prete (Le capitaine). = R. Voyage
à Fermo pour le service du
Pape, 150.
Primiera ou prime, jeu.
=
R.
Argent donné au cardinal Ales
sandro Farnese pourjouer à ce
jeu, 57.
Priscianese (Francesco), grammai
rien, 231.
Prisonnières détenues dans les pri
sons de Rome. = R. Aumônes à
elles faites le jourde Pâques,40.
Priuli (Alvise), ami de Cosimo
Gheri, 209, 282.
Processia, nièce de Sebastiano
del Villano, de Viterbe.
R.
=
Sommes d'argentà elle données,
74, 111.
Proculiano [patronymique ou
ethnique ?] (Antonio).
R.
=
Somme d'argent à lui donnée
pour retourner chez lui, 300.
Procureurs généraux du fisc.
V. Gori (Silla); Valenti (Bene
detto).
Protonotaire apostolique.
V.
Conti (Bernardino de').
Przeczlawski (André), ambassa
deur de Pologne, 301.
Pseaume (Nicolas), évêque de
Verdun, 43.
Pucci, famille florentine.
R.
=
Séjour du Pape dans leur villa
d'Oliveto, en allant à Nice, 208,
209.
Pucci (Antonio), cardinal, pro
INDEX DES NOMS
tecteur du royaume de Por
tugal, 102, 272.
Pucci (Giannozzo), 6.
Pucci (Lorenzo) cardinal, dit le
cardinal Santi Quattro († 1544),
protecteur du royaume de Po
logne, 6, 302.
Pucci (Pandolfo), camérier secret ?
277, 298. = R. Somme d'argent
à lui remise pour les Murate
de Florence, 232.
Pucci (Roberto), évêque de Pis
toia, dit le Cardinal Santi Quat
tro (des « Quatre Saints Cou
ronnés » ) († 1547). = R. Somme
de 1000 écus d'or en or, remise
par lui, pour les besoins du
Pape, 313.
Puccini (Battista), négociant en
perles fines, 181.
Puggio (Lorenzo).
(Lorenzo).
Pulci (Luigi), 81.
Pyrro (Don).
V. Poggio
V. Pirro.
Q
Quiñones (Francisco), cardinal,
protecteur de l'Ordre des Capu
cins, 264, 306.
Quirina (Lisabetta), 42.
Quirini (Girolamo), 42.
R
Rabelais (François), médecin du
cardinal Jean Du Bellay, 131,
215, 256, 257.
Raffaele, fabricant de bâts, bas
taro (la veuve de). = R. Dettes
contractées envers lui par le
Pape avant son avènement, 12,
50.
Raffaele (mastro), organiste, 226.
R. Réparation du clavecin
=
de Vittoria Farnese, de Fran
cesca et de Giulia Sforza, et du
Pape, 160, 172, 200, 248.
Raffaele, maréchal du Palais
(marescalco Palatino).
R.
Acompte sur le traitement men
suel à luipayépendantle voyage
=
de Nice, 202.
Raffaele, de Monteacuto, inten
dant du Belvedere sous Clé
ment VII, 217. = R. Rembourse
ment de dépenses par lui faites
pendant sa gestion, 62.
Raffaelli (Giorgio), 107.
Raffaello, 173.
Raffaello da Montelupo, sculpteur
( ?), 163, 170, 171.
Ragliante, de Gradoli. = R. Au
mône à lui faite, 76.
Raguse.
R. Somme d'argent
=
donnée à un homme de cette
ville pour se rapatrier, 61.
V. Tommaso, de Raguse (Frà).
Raimondi (Annibale), 131.
Raimondi (Don Sebastiano), clerc
de la Chapelle secrète, 81, 298.
R. Sommes d'argent à lui
=
remises, 68, 80, 107, 119, 131;
pour Ruggiero, 142.
Dépenses faites pourla Chapelle,
148, 232.
Blanchissage du
linge de la Chapelle, 200, 222,
250, 267.
Aumône par lui
remise aux religieuses de la
Gratie, de Parme, 212.
Somme d'argent à lui donnée
pour aller à Pistoia pour ses
affaires , 232.
Rainaldi (Liberata), 188.
Raince (Nicolas), secrétaire de
l'ambassade de France, 18, 212.
R. Somme d'argent à lui
=
donnée par le Pape, 322.
Ramirez (Antonio), évêque de
Ségovie.
=
R. Paiement du
transport d'une caisse de confi
tures par lui envoyées au Pape,
317.
Rangone (Le comte Ercole), père
d'Ugo Rangone, gouverneur de
Rome, 96.
Rangone (Le comte Gherardo), 96.
Rangone (Le comte Guido), 280.
Rangone (Le comte Ludovico),
280.
Rangone (Ugo), évêque de Reg
gio, gouverneur de Rome,
83, 93, 96, 98, 217, 218. = R.
Statue de Vénus par lui donnée
au Pape et placée au Belve
dere, 29, 33, 40, 54, 60, 66, 67.
375
Raphaël, ouvrier allemand de
Tobia da Camerino, orfèvre, 164.
Raphaël Sanzio, 1, 9, 47, 64, 144,
145; maison où il est mort, 210.
Rapolano (prov. de Sienne).
=
R. Passage du Pape en allant à
Nice; gratification au maître
de la maison où eut lieu le
déjeuner du Pape, 208.
Rasoirs. =
R. Nouvel étui fait
pour le Pape, 36, 67.
Ravenne (Le cardinal de). — V.
Accolti (Benedetto).
Raymond (Vincent), miniaturiste,
60, 265, 267. = R. Acompte à
lui payé sur le prix des minia
tures qu'il fait pour la Cha
pelle, 94.
Reliquat à lui
payé pour les miniatures des
trois offices de la Semaine
Sainte et des deux livres de
chant qu'il a peints pour la
Chapelle, 125.
Acompteà lui
payé sur le prix des miniatures
du Missel qu'il peint pour le
Pape, 199.
Raymondo (Don Sébastiano). =
R. Sommed'argent à lui remise,
pendant le voyage de Nice,
pour les religieuses du couvent
des Grazie de Parme, 212.
Raynaldo, anglais.
V. Pole
(Reginald).
Recalcati (Ambrogio), protono
taire
=
apostolique, secrétaire
intime de Paul III, 29, 66, 90,
94, 98, 104, 105, 129, 263, 266,
271, 272, 282, 295.
R.
Somme à lui remise pour le
protonotaire Bernardino de'
Conti, 27;
pour rapatrier
trois habitants de Segna (ou
Segni ?), 124.
Coffres recou
verts de peau noire, provenant
delui etutilisés pour la Chambre
pontificale, 188.
Recalcati (Franceschino), neveu
du précédent.
=
R. Somme
à lui donnée pour aller à Milan,
247.
Recenati (Alfonso de'), 34.
Redolfo, dépensier.
campt (Adolf).
V. Beis
376
Reggio nell' Emilia.
(Cherubino).
Regnadore ou Regnatore (Leo
nardo), Florentin, 252, 277.
R. Somme d'argent à lui don
née, 43.
Remires , palefrenier, 64.
=
R. Remboursement d'aumônes,
190.
Renards capturés au Belvedere.
R. 9, 10, 16, 18, 19.
=
Renée de France, duchesse de
Ferrare, 96, 251.
Rezzo (prov. de Portomaurizio) ou
Arezzo( ?)-V.Paolo da Rezzo.
Rhodes.
V. Giorgio Rodiano ou
Rodioto.
Ricci (Bartolomeo), 151.
Ricci (Giovanni), de Montepul
ciano, archevêque de Siponto,
cardinal, trésorier, 52, 64, 91,
127. = R. Mules d'Espagne par
lui offertes au Pape, 63.
Confitures envoyées d'Espagne,
probablement par lui, 141.
Ricciarelli (Daniele), décorateur,
peintre, 194, 217.
Riccio (Domenico Del), 53.
Ridolfi (Contessina), 231.
Ridolfi (Lorenzo), 231.
Ridolfi (Niccolò), évêque de
Vicence, cardinal, 43, 108.
Rigo, palefrenier, 64.
=
R. Dis
tribution d'aumônes, 292.
Coussin de peau dorée pour la
litière, à lui remis, 312.
Rigo, économe de la Chambre
pontificale (spenditore segreto),
72.
=
R. Remboursement du
prix d'un cheval à lui apparte
nantet envoyéà Bologne pourle
service du cardinal Farnese, 55.
Achat d'une cazzola de par
fum et de diverses choses pour
la litière du Pape, 88;
lit complet pour les garçons de
la cuisine secrète, 118.
Rimini (L'évêque de).
sani (Ascanio).
Rinaldo, Anglais.
(Reginald).
Rintio (Nicolas).
V. Pari
V. Pole
V. Raince
(
Nicolas).
LA COUR DE PAUL III
V. Sforzani
=
d'un
Rione Borgo, à Rome, 197, 199, | Roger ou Rogher (Thomas), ma
201, 203.
Rione Colonna, à Rome, 44, 46,
199, 201.
Rione Monti, à Rome, 47, 49.
Rione Parione, à Rome, 46, 49,
168, 192, 197, 198, 219.
Rione della Pigna, à Rome, 161.
Rione Ponte, à Rome,45,168, 197,
198, 199, 201, 203, 205, 206.
V. aussi Ponte.
Rione della Regola, à Rome, 46,
47, 115, 138, 167, 168, 189, 191,
193, 197, 200, 204, 206, 209,
259. = R. Gratification pour la
torche [ ?] de la fête de Notre
Dame d'août, 62.
Rione Sant'Angelo, à Rome, 197,
204, 234.
Rione Sant'Eustachio, à Rome, 32,
156.
Rione Trastevere, à Rome, 193,
199, 277.
Rione Trevi, à Rome,46, 189, 192,
234.
Ripa [Grande] (Port de), à Rome.
R. Transport de ce lieu au
=
Belvedere de plants d'arbres
fruitiers venus de Naples pour
le nouveau jardin, 162;
des
myrtes et des orangers, 199.
Ritio (Orlando), commissaire apos
tolique, 298.
Robbia, arr. de Mortara, prov. de
Pavie)-V. Rusconi(Giovanni).
Robert, ouvrier allemand de
Tobia da Camerino, 164.
Roberti (Francesco), 169.
Rocca di Massa. = R. Gratifica
tion aux bombardiers, 210.
Rocca de Montepano. = R. Séjour
du Pape en 1536, 42.
Rocca di Ostia. = R. Gratification
aux soldats, 19.
Rocca di Papa (prov. de Rome).
=
R. Séjour du Pape en
1536 ( ?) ; aumônes, 80.
Rocca di Viterbo. = R. Paiement
aux maçons pourréparations en
ce lieu, 204.
Rodi (Filippo), ambassadeur du
duc de Ferrare, 254.
Rodriguez d'Azevedo (Simon), S.
J. , 307, 308, 309, 310.
gister, 68.
Rogiero de Rogeriis.
gieri.
V. Rug
Rogon (Giovanni), domestique de
l'Écurie.
R. Somme d'argent
à lui donnée pour l'expédition
de la bulle d'un bénéfice résigné
en sa faveur, 192.
=
Rolant, marchand flamand.
R. Cortina pour faire des
rochets destinés au Pape, 223.
Romanelli (Giovanni Francesco),
orfèvre (de Crema), 177.
Romano, de Valentano.
Aumône à lui remise, 36.
Rome. =
=
R.
R. Séjour de Charles
Quint, 37, 41.
194.
Sac de 1527,
V. Accademia; Barto
lomeo d'Amelia; Capitole; Capu
cins; Château Saint-Ange; Chia
vica; Convertite (Casa delle);
Gouverneurs ; Maîtres des rues;
Matteo d'Amelia; Monastères ;
Rione; Ripa; San Marco (Palais
de) ; Vatican (Palais).
Rome (Couvents de).-V. Murate:
San Bartolomeo all' Isola; San
Francesco [a Ripa]; San Gio
vanni e Paolo; San Grisogono;
San Lorenzo in Panisperna; San
Marcello; San Paolo fuori le
mura; San Paolo (près de San
Marco); San Pietro in Monto
rio ; San Spirito; Sant'Agostino ;
Sant' Eufemia; Sant' Onofrio;
Santa Maria Annunziata; Santa
Maria del Popolo; Santa Maria
Traspontina; Santa Maria in
Via; Trinità de' Monti.
Rome (Églises de).
V. San Ber
nardino ; San Biagio; San Cle
mente; San Cosmato; San Gio
vanni in Laterano; San Giu
seppe de' Falegnami; San Gre
gorio a Ripetta; San Leonardo;
San Lorenzo in Damaso; San
Lorenzo in Lucina; San Marco;
San Martino alli Pelamantelli;
San Nicola de Furcis; San
Paolo fuori le mura; San Pietro
(Basilique de); San Pietro in
Montorio; San Rocco; San Sal
vatore in Campo; San Sergio;
INDEX DES NOMS
Sant' Agata; Sant' Agostino ;
Sant' Andrea di Capolecase;
Sant' Andrea di Nazareth; Sant'
Andrea della Valle; Sant' Anna;
Sant'Eustachio; Sant' Onofrio;
Santa Caterina alle Botteghe
oscure ; Santa Lucia del Gon
falone ; Santa Maria degli An
geli; Santa Maria in Araceli;
Santa Maria della Consolazione;
Santa Maria in Cosmedin; Santa
Maria Maggiore; Santa Maria
sopra Minerva; Santa Maria
della Strada; Santa Maria della
Pace; Sept Églises (les); Tri
nità de' Monti.
Ronchini (Amadio), 281.
Ronciglione (arr. de Viterbe,
prov. de Rome). = R. Vigne des
Farnese, 54.
Aumône à un
pauvre vieillard de ce pays, 123.
Gratification à un pauvre du
village qui avait présenté au
Pape une trentaine de loirs
vivants, 164.
Séjour du Pape
enallant à Nice ; gratifications et
aumônes, 203; dot pour trois
jeunes filles, 204.
V. Fran
cesco; Giuliana; Santa Maria del
Popolo (Église de), à R.; Tronca.
Rosa, de Capodimonte.
=
R.
Sommes d'argent à elle données
pour marier une sienne nièce,
130;
pour elle-même, 179.
Rose d'or. = R. Inscription refaite
à celle de 1536, 32.
Mise en
état de celle de 1537, 109, 112;
donnée au duc de Mantoue
Federico I, 112.
Roselli (Domenico).
V. Rosselli
(Domenico).
Rosin (Albert), chancelier de la
Garde suisse sous Clément VII,
303.
Rossano (prov. de Cosenza).
V. Rossano (L'archidiacre de),
chapelain du Pape.
Rossano (L'archidiacre de), cha
pelain du Pape. = R. Mule pour
lui achetée, pour porter la croix
en voyage, 301.
Harnache
ments pour cette mule, 302.
Rosselli (Alessandro), 156.
Rosselli (Domenico), marbrier,
155, 157, 187, 216, 218, 219.
R. Mise en état de la niche pour
la statue de Vénus donnée par
le gouverneur de Rome, 29, 40.
Restauration deladite statue,
67.
Construction d'une niche
pour la statue achetée à Niccolò
de Palis (Antinoüs), 296.
Rosselli (Vincenzo), clerc du Sacré
Collège, 86.
Rossello (Domenico). —
V. Ros
selli (Domenico).
Rossi (Galeazzo), précepteur de
Ranuccio Farnese, chevalier de
Rhodes, évêque d'Assise, 41, 43,
254.
R. Dépenses pour
l'entretien des enfants de Pier
Luigi Farnese, à Nepi, 36;
pour Ranuccio, 81.
Rossi (Giovanni), archevêque de
Cosenza, 264.
Rossi (Giovangirolamo de'), 246.
Rossi (Vittoria de'), 13.
Sommes d'argent à elle donnée
pour les lits qu'elle a prêtés,
sede vacante, aux soldats venus
des fiefs farnésiens pour garder
le Palais Farnese, 131.
Rosso (II), fou du cardinal Ales
sandro Farnese (petit-fils de
Paul III), 55, 56, 298.
Rosso (II), matelot de la galère
capitane de Charles-Quint.
R. Gratification, 226.
Rotondo, de Piperno. = R. Somme
à lui donnée pour dix faisans
offerts au Pape, 246.
Roy, palefrenier, 64, 298.
R.
Somme d'argent à lui donnée
pour s'acheter une paire de
chaussures, 222.
Ruberto, musicien (peut-être
Roberto Avanzani, de Man
toue), 227.
Rucellai (Cosimo), 108.
Ruffini (Alessandro), camérier
secret, 63.
R. Rembourse
=
mentd'une aumône parluifaite
au nom du Pape, 7. Remise
aux palefreniers d'une somme
d'argent pour aumônes, 58.
Somme d'argent donnée à son
pêcheur pour lui permettre de
retourner chez lui, 311.
377
=
=
=
R.
=
Ruggero, aide de la Chambre pon
tificale.
R. Sommed'argent à
lui donnée pour son habille
ment, 142.
Ruggieri (Francesco), mari de la
musicienne Laura. = R. Somme
d'argent à lui donnée, 166.
Ruggieri (Laura), musicienne,
femme du précédent.
=
R.
Somme d'argent donnée à son
mari, 166.
Traitement men
suel, 185, 194, 200, 217, 224,
234, 237, 240, 247, 260, 264,
269, 273, 274, 278, 281, 285, 287,
290, 296, 301, 302, 306, 321,
322, 323.
Etrennes, 269.
Gratification à l'occasion
de la fête de la Conversion de
saint Paul, 273;
de Pâques,
287.
Rusconi (Bartolomeo), batteur
d'or, doreur sur cuir, 175.
Rusconi (Benedetto), 175.
Rusconi (Giovanni), de Robbio,
batteur d'or, doreur sur cuir,
175, 176 = R. Tentures de cuir
pour la chambre et l'anti
chambre du Pape, 46.
Pièce
de cuir rouge pour mettre sous
les pieds du Pape quand il
prend ses repas, 68.
Pièces
de cuir, remises à la Crédence
secrète, dont une pour mettre
sous le lit du Pape, 138;
pour la Foreria, la Crédence
secrète et pour les deux litières,
242.
Cuir rouge et autres
fournitures pour les deux litières
267.
Tapis et spalliere de
cuir pour la crédence secrète,
300.
Tapis et coussins de
cuir, pour les deux litières du
Pape, 312.
Coussin de peau
dorée pour la litière du Pape,
312.
Rusconi (Giovanni Antonio),
doreur sur cuir, 175.
S
Sac de Rome, en 1527. = R. Paie
mentd'une dette contractée à ce
moment par Don Clemente de
48
378
Patrica, moine camaldule, en
vers le capitaine Mario Nisij, 194.
Sacristes.
V. Barba (Giangia
como); Oliva (Frà Alfonso
d'Acquapendente).
Sadolet (Jacques), cardinal, 33,
59, 75, 118,119,135,169,274,299.
Sadolet (Jules), secrétaire du car
dinal Bernardo Dovizi, 118.
Sadolet (Paul), neveu de Jacques
Sadolet, 118, 209.
Saint-François de l'Observance
(Le général de l'Ordre de). =
R. Somme d'argentà luidonnée,
pendant le voyage de Nice,
pourse rendre auprès de Charles
Quint, 215.
Saint-Pierre (Basilique de), à
Rome.
=
V. San Pietro. (Les
autres églises placées sous le
vocable d'un saint doivent être
également cherchées à San et
à Santa)
Salamoni (Mario), avocat consis
torial, 48.
Salerne (princes de).
V. Sanse
verino (Roberto) et Sanseve
rino (Ferrante).
Salerne (La princesse de), 171.
Salle du Consistoire, au Vatican,
189, 201.
R. Paiement du
=
reliquat de la somme due àGio
vanni, matelassier, pour des
matelas destinés àcette salle,19.
Salle des Lanzi, 201. = R. Mate
las, 19.
Châssis, 250.
Salle des Rois, 157, 188, 213.
Salmeron (Alonso), S. J., 307,
308, 312.
Salutati (Coluccio), 21.
Salviati (Bernardo), prieur de
Rome, commandant de l'esca
dre pontificale de Clément VII,
249.
Salviati (Giovanni), cardinal, 162,
252, 276.
San Bartolomeo (Moines de), à
Plaisance. = R. Aumône à eux
faite pendant le voyage de Nice,
214.
San Bartolomeo all' Isola (Fran
ciscaines de), à Rome. =
R.
Cadeau de Pâques, 40.
Étrennes, 96, 172.
LA COUR DE PAUL III
San Bernardino (Église de), à
Rome, 307.
San Bernardino (Religieuses de),
à Orvieto.
=
R. Aumône à
elles faites, 315.
San Bernardino (Religieuses de),
à Viterbe. = R. Somme à elles
donnée, 74.
San Biagio (Église), probablement
San Biagio della Pagnotta, via
Giulia.
=
R. Messes dites sur
l'ordre du Pape, le jour de la
fête du saint, 104.
San Casciano (Moines de), à
Poggibonsi. = R. Aumône à
eux donnée, au retour de Nice,
232.
San Clemente (Église de), à Rome,
109.
San Cosmato ou San Cosma e
Damiano (Église des Clarisses
de), au Trastevere.
R. Au
=
mône à elles faites, 322.
Sancte (Pietro).
V. Santi.
San Dalmazio (Religieuses de), à
Pavie.
=
R. Aumône à elles
faite pendant le voyage de
Nice, 214.
San Domenico (Religieuses de),
à Viterbe. = R. Aumône à elles
faite, 74, 316.
San Francesco (Église de), à
Assise, 40.
San Francesco (Église), à Corneto.
= R. Sommed'argent mise sur
l'autel, 78.
San Francesco [a Ripa,] au Tras
tevere (Franciscains de), à
Rome.
R. Étrennes, 16, 172.
eux
=
Sommes d'argent à
données pour leur habillement,
88, 248.
Sanga (Giambattista), secrétaire
du cardinal Bernardo Dovizi,
120.
Sangallo (Antonio), architecte, 63,
154, 156, 157, 185, 206, 261.
Sangallo (Aristotile), menuisier,
191, 192.
Sangallo (Battista).
V. San
gallo (Giambattista da).
Sangallo (Caterina), 156.
Sangallo (Francesco), marbrier,
189.
Sangallo (Giambattista da), comp
table de la Fabrique du Palais,
150 ( ?) , 155, 156, 187, 188 ( ?),
190, 210. = R. Chauxet pouzzo
lane destinées à revêtir les
briques du mur préparé pour le
Jugement dernier, 26.
Cordes
pour suspendre la statue de
Vénus donnée par Rangone, à
laquelle on refaisait une jambe,
33.-Appareil pourlacheminée
de la Chambre blanche du Pape,
qui fumait, 36.
Dégrossisse
ment du marbre destiné à
refaire la jambe de la Vénus de
Rangone,60.
Paiement d'ou
vriers pour le nouveau jardin
du Belvedere, 80, 81, 87, 94,
105, 107, 108, 110, 112, 114, 118.
Sangallo (Giovanfrancesco), archi
tecte, 235.
San Giacomo in Augusta ou degli
Incurabili ( Hôpital de), à Rome,
44,169, 309, 310. = R. Aumône
faite par le Pape, 4, 87; au
retour de Nice, 234.
San Gimignano (prov. de Sienne).
V. Marco de S. Gimignano.
San Giovanni (Moines de), à
Plaisance. = R. Aumône à eux
faite pendant le voyage de
Nice, 214.
San Giovanni Evangelista (Église
de), à Parme, 177.
San Giovanni e Paolo (Jésuites ou
Hiéronymites de), à Rome.
R. Étrennes, 16, 96, 172.
Cadeau de Pâques, 40, 114.
=
Somme à eux donnée pour leur
habillement, 74;- remise, sans
destination déterminée, à leur
prieur Giovanni Battista de
La Mirandole, 154.
SanGiovanniet Paolo (Hôpitalde),
à Rome, 309.
San Giovanni [in Laterano]
=
R.
(Basilique de), à Rome.
Messe pontificale pour la fête
de saint Jean-Baptiste, 57, 132.
V. Luca Schiavone.
San Giuseppe (Religieuses de), à
Lucques.
=
R. Somme d'ar
gent à elles donnée, en allant à
Nice, 210.
INDEX DES NOMS
San Giuseppe de' Falegnami
(Église de), à Rome, 191, 194.
SanGregorio aRipetta (Église de),
à Rome, 186.
San Grisogono (Carmes de), à
Rome.
R. Étrennes, 16, 40,
=
96, 114, 172.
Sanguin (Antoine), évêque d'Or
léans, cardinal, 125, 127.
San Jacopo in Augusta (Hôpital
de), à Rome.
como inAugusta.
V. San Gia
San Leonardo (Église de), à Rome,
189.
San Lorenzo.
V. Grotte S. L.
San Lorenzo (Église de), à Flo
rence, 147.
San Lorenzo in Damaso (Église
de), à Rome, 251, 258, 276. = R.
Compagnie ou confrérie de la
Conception, 9.
Dons au
camerlingue et aux gardiens de
ladite Compagnie pour marier
une jeune fille de plus qu'à l'or
dinaire, 12, 92.
Somme d'ar
gent annuelle donnée à la Com
pagnie du Corpus Domini, 118,
186, 282.
Aumône aux frati,
241.
San Lorenzo in Lucina (Église de),
à Rome. =
d'un égoût, 250.
R. Construction
Baldaquin,
303.
San Lorenzo Nuovo. V. Grotte
San Lorenzo.
San Lorenzo in Palisperna [Panis
perna] (Clarisses de), à Rome. =
R. Somme d'argent donnée à
une religieuse vénitienne entrant
dans ce couvent, 132; à sœur
Stefana Savelli, 159.
San Marcello (Servites de), à
Rome. = R. Étrennes, 96, 172.
San Marco (Église de), à Rome. =
R. Cens dû au chapitre par Pier
Luigi Farnese, pour une maison
démolie en vue de l'aménage
ment de la Place du Palais
Farnese, 118, 140, 191, 276.
San Marco (Palais de), à Rome,
137, 148, 155, 187, 188, 191, 192,
193, 197, 259, 275, 294.
R. Pose de serrures, 12.
Séjours du Pape, en 1536, 56,
=
58;
en 1537, 127;
1538 ( ?), 236;- en septembre
1538, 245.
Dépenses diverses
pour la Garde-robe, 129.
Réparations, 138.
Cortina et
toile pour les impannate de
l'appartement pontifical, 237.
Passage à la cire des impan
nate, 241.
Transfert des
objets de la Garde-robe, du
Vatican à ce Palais, 245.
Réparations, 306.
San Martino alli Pelamantelli ou
in Panerella (Église de), à
Rome, 206.
San Nicola de Furcis, puis, San
Nicola degli Incoronati (Église
de), à Rome, 193.
San Pancrazio (Vigne des Farnese
à), près Rome.
=
R. Étrennes
au vignarola, 15, 98, 270.
V. Giacomo.
San Paolo fuori le mura (Abbaye
de), à Rome, 193.
San Paolo fuori le mura (Église
de), à Rome, 258, 261.
R.
Séjour du Pape, en revenant de
la Magliana, 20.
pontificale le jour de la Conver
sion de saint Paul; distribution
d'aumônes, 102, 106, 182.
Retour du Pape, de la Magliana,
181;
de San Paolo au Vati
can, en traversant toute la.
ville, 182.
San Paolo (Religieuses de), près
de San Marco, à Rome.
R.
Aumône à elles faite par le
Pape, 280.
Ornements d'au
tel ( ?) à elles donnés, 331.
San Paolo (Religieuses de), à
Orvieto.
R. Somme à elles
=
données, 75, 315.
San Pietro (Basilique de), à Rome,
8, 36, 185, 186, 187, 190, 191,
196, 211, 272.
=
R. Visite du
Pape à son retour de la Maglia
na, 31.
Messe pontificale le
jour de Pâques, 40, 114, 286;
le jour de l'Ascension, 49, 123;
le jour de la Pentecôte, 52,
127, 295;
le jour de la Fête
Dieu, et procession, 55, 126,
297;
le jour de la Saint
379
en
Pierre, 59, 299;- pour lavic
toire remportée par le roi de
Portugal sur les Infidèles, 81;
le jour de la Toussaint, 82,
252, 319;
le jour de Noël,
95, 172, 332;
le jour de
l'Épiphanie, aumônes, 100, 177,
271.
Somme d'argent remise
au camerlingue pour la messe
anniversaire d'Alexandre VI,
82.
Messes pour le repos de
l'âme d'Alexandre VI, 252, 262.
Messe dite à l'occasion de la
Ligue contre le Turc, 149;
à l'occasion de la confirmation
de cette Ligue, 187.
Messe
et procession pour obtenir la
paix (16 décembre 1543), 265.
Bénédiction pontificale le
jour de l'Ascension 1544, la
messe ayant été dite dans la
Chapelle, 292.
Cérémonie de
la remise du bâton de capitaine
ou gonfalonier de l'Église à
Pier Luigi Farnese, 103, 104.
=
Messe
=
Aumônes distribuées aux pau
vres le jour de Noël ( ?),
108;- la veille etlejour de la
Saint-Pierre, 133;
le jour de
la fête de la Chaire de saint
Pierre, 190;
le jour de Noël,
95, 172.
San Pietro (Religieuses de), à
Orvieto.
=
R. Aumônes à elles
données, 75, 315.
San Pietro in Montorio (Église de),
à Rome, 60, 145, 149.
San Pietro in Montorio (Francis
cains de). = R. Étrennes, 16,
96, 172.
40, 114.
Cadeau de Pâques,
Somme d'argent
donnée pour travaux à la petite
chapelle où fut crucifié saint
Pierre, 101 ;-pour leur habille
ment, 252.
San Rocco (Église) à Rome, 192.
=R. Maisonetjardins d'Orazio
Farnese situés près de là, 304,
307.
San Rocco (Église de), à Capra
rola.
=
R. Somme d'argent
donnée par le Pape, 73.
San Salvatore in Campo (Église
de), à Rome, 46.
380
San Sergio (Église de), à Rome,
257.
Sanseverino (Antonio), arche
vêque de Palestrina, cardinal,
243, 261.
Sanseverino (Bernardino), prince
de Bisignano, 268.
=
R. Gra
tification à ses trompettes, 41.
Sanseverino (Federico), cardinal,
235, 243.
Sanseverino (Ferrante), prince de
Salerne, 228. = R. Gratification
à ses trompettes, 41.
Sanseverino (Roberto), prince de
Salerne, 268.
San Silvestro del Gambara, loca
lité voisine de Grottaferrata
(prov. de Rome). = R. Séjour
du Pape, 46.
Argent donné
au cardinal Sforza et à Ottavio
Farnese pour y jouer, 46.
San Sisto (Eglise de), à Viterbe.
=
R. Somme donnée par le
Pape pour faire couvrir les
voûtes de cette église, 4.
San Simone e Giuda (Religieuses
de), à Viterbe. = R. Aumônes à
elles faites, 74;
Nice, 204;
en allant à
au retour de Nice,
233;
au retour de Pérouse,
316.
Sansone (Giovanni Battista), musi
cien privé, 226, 232, 298.
=
R. Traitement mensuel, 70, 84,
89, 93, 103, 109, 112, 118, 126,
131, 137, 144, 149, 155, 167, 170,
183, 191, 198, 235.
Achat, à
lui fait, d'un clavecin pour la
Garde-robe pontificale, 170.
San Spirito (Couvent des reli
gieuses de), à Rome, 188.
San Spirito in Sassia (Hôpital de),
à Rome, 29, 47, 262. V. Cen
cia.
Sant' Agata (in Trastevere)
(Église), à Rome.
V. Capo
bianco (Bartolommeo).
Sant' Agostino (Ermites de), à
Rome.
V. Sauta Maria del
Popolo (Augustins de).
Sant' Agostino (Église de), à
Rome, 197.
Sant' Andrea di Capolecase (Église
de), à Rome, 45.
LA COUR DE PAUL III
Sant'Andrea di Nazareth (Église | Santa Croce in Gerusalemme (Mo
de), à Rome, 207.
Sant' Andrea della Valle (Église
de), à Rome, 277.
Sant' Angelo (Le cardinal). — V.
Farnese (Ranuccio)
Sant' Anna (com. de Pienza,
arr. de Montepulciano, prov. de
Sienne). = R. Séjour du Pape
en allant à Nice, 208.
Sant' Anna(Église de), à Rome,63.
Sant' Antonio (Église), près Plai
sance. =R. Sommed'argentmise
dans le tronc par le Pape, 218.
Sant' Antonio de' Portoghesi
(Hôpital), à Rome. = R. Somme
d'argent annuelle versée
au
gouverneur pour deux maisons
démolies dans l'aménagementde
la Place Farnese, 60, 117, 284.
Sant' Elia [Reatino ?, prov. de
Pérouse ?]. = Séjour du Pape
en 1536; gratification aux
jeunes gens du lieu, 72.
Sant' Eufemia (Couvent des Capu
cins de), à Rome, 307.
Sant' Eustachio (Église de), à
Rome, 251.
Sant' Onofrio (Église de), à Rome,
189.
Sant' Onofrio (Hiéronymites de).
Étrennes, 16, 96, 172 ;
=
Cadeau de Pâques, 40, 114.
Santa Caterina (Religieuses de),
à Viterbe. = R. Aumône à elles
faite, 316.
Santa Caterina alle Botteghe os
cure (Église de), à Rome, 169.
Santa Caterina de' Funari (Monas
tère de). = R. Aumône faite par
le Pape aux Zitelle vergini mise
rabili, 320.
Santa Chiara (Religieuses de), à
Orvieto. = R. Aumônes à elles
données, 75, 315.
Santa Chiara (Religieuses de), à
Oneglia. = R. Aumône à elles
donnée, pour le déjeuner pris
par le Pape à leur couvent, en
venant de Nice et en allant vers
Gênes, 227.
Santa Croce (Girolama).
=
R.
Somme d'argent à elle donnée
par le Pape, 24.
nastère de), à Rome ( ?), 264.
Santa Fiora (Le cardinal de).
V. Sforza (Guidascanio).
Santa Fiora (Le comte de).
V. Sforza (Ascanio); Sforza
(Bosio).
Santa Fiora (prov. de Grosseto).
=
R. Estafette envoyée de
Plaisance en ce lieu, pendant le
voyage de Nice, 216. V.Meo,
de Santa Fiora; Valentino, de
Santa Fiora.
Santa (Madonna), Romaine.
=
R. Somme à elle donnée pour
habiller sa fille, 178.
Santa Lucia del Gonfalone (Église
de), à Rome, 168, 193, 206, 209.
Santa Maria (Église), à Grotta
ferrata. =
R. Somme d'argent
mise dans le tronc par le Pape,
242.
Santa Maria (Église), à Lorette.
V. Loreto.
Santa Maria (Église), près Spigno
Monferrato. = R. Somme d'ar
gent mise dans le tronc par le
Pape, en allant à Nice, 220.
Santa Maria (Église), à Montepul
ciano. =R. Sommedéposée dans
le tronc par le Pape, en allant à
Nice, 207.
Santa Maria (Église cathédrale),
à Orvieto.
=
R. Somme d'ar
gent versée au camerlingue de la
Fabrique, 76.
Santa Maria de Rome (Églises de
Notre-Dame). = R. Aumône à
elles faite par le Pape à l'occa
sion de Pâques, 40.
Santa Maria degli Angeli (Église
de), à Assise, 40.
Santa Maria degli Angeli (Église
de), à Rome, 208.
Santa Maria Annunziata (Couvent
des Oblates bénédictines de),
à Rome. = R. Somme d'argent
à elles donnée, 88.
Santa Maria inAracœli (Église de),
=
R.
à Rome, 186, 187, 192.
Escabeaux pour l'appartement
du Pape, dans le couvent, 262.
Feux d'artifice, le jour anni
versaire du couronnement du
INDEX DES NOMS
Pape, 263.
escabeaux, 294, 313.
naire, etc., 311.
Tables, bancs et
Lumi
Bois pour
chauffer les chambres du Pape,
serrures et clefs pour les mêmes
chambres, 326.
Santa Maria di Campagna (Église
de), à Plaisance.
=
R. Aumône
faite par Paul III, 214.
Santa Maria del Cecchino ou della
Salute (Servites de), à Valen
tano. =
R. Somme d'argent à
eux donnée pour payer à Asca
nio Sforza une location à lui
due, 149.
Aumône annuelle,
273.
Santa Maria del Cecchino (Église
de), à Valentano. = R. Aumône
au retour de Nice, 233.
Santa Maria della Consolazione
(Église de), à Rome, 209.
=
R. Aumônes données par le
Pape, 87, 106.
Santa Maria in Cosmedin (Église
de), à Rome, 219, 234.
Santa Maria Maggiore (Basilique),
à Rome, 301. = R. Messe ponti
ficale le jour de l'Assomption,
141.
L'ambassadeur polonais
Thomas Sobocski fait chevalier
en cette église en 1537, 142.
SantaMaria sopra Minerva (Église
des Dominicains de), à Rome,
155, 269. =R. Étrennes, 16, 96,
172.
Messes pontificales, le
jour de l'Annonciation, 35, 283;
pour la paix future (7 mai
1536), 45;
le mardi de
Pâques 1537; distribution d'au
mônes ; offrande faite par les
petits-fils du Pape, 115;
pour l'obtention de la Paix
(12 octobre 1544), 317.
deau de Pâques, 114.
Ca
Pro
cession, 134.- Traitement men
suel du « lecteur », 267.
Santa Maria della Strada (Église),
à Rome, 308.
Santa Maria della Pace (Église), à
Rome.
V. Lucrezia.
Santa Maria del Popolo (Augustins
de), à Rome, 149. = R. Etrennes
16, 96, 172.- Aumône, 106.
Somme d'argent mise dans le
tronc, au retour de Nice, 234;
en partant pourPérouse,313.
Santa Maria del Popolo (Eglise
de), à Ronciglione. = R. Au
mône, 106.
Somme d'argent
donnée au prieur pour un carre
lage neuf, 331.
Santa Maria della Quercia [della
Cerqua ?] (Église de), près
Viterbe.
=
R. Somme d'argent
déposée dans le tronc, 74;
donnée là, à plusieurs pauvres,
en allant à Nice, 203.
Gra
tifications aux pionniers occupés
à faire la route conduisant de
Viterbe à cette église, 204.
Santa Maria del Salto della Cerva
(Église), entre Petrasanta et
Massa.
=
R. Somme d'argent
mise dans le tronc, 210.
Santa MariaTranspontina(Carmes
de), à Rome. =R. Étrennes, 96,
172.
Cadeau de Pâques, 114.
SantaMariain Via (Servites de) =
R. Étrennes, 16, 172.
de Pâques, 40.
Santa Sabina (Dominicains de).
=
R. Étrennes, 16, 96, 172.
Santa Severa (arr. de Civitavec
chia, prov. de Rome).
R.
Séjour du Pape en 1536, 122.
Sante Lancerio.
V. Lancerio
(Sante).
Santi (Pietro ?), marbrier, 157,
218.
=
R. Dégrossissement du
marbre destiné à refaire une
jambe à la Vénus donnée par
Rangone, 60.
Santi (Messer), de Corneto.
V. Vitelleschi.
Santi Quattro (Le cardinal).
V. Pucci (Lorenzo); Pucci
(Roberto).
Santo Angelo (probablement le
Château Saint-Ange), 266.
Saona.
V. Savone.
Saraceni (Giulio), 111.
Sarpi (Frà Paolo), 306.
Sartiano (arr. d'Urbino, prov. de
Pesaro et Urbino).
vanni Battista, de Sartiano.
Sarzana (prov. de Gênes).
Séjour et dîner du Pape en
allant à Nice; gratification aux
381
soldats de la garnison, à leurs
tambours, 210;
aux servi
teurs d'Ansaldo Grimaldi qui
avait fait un présent au Pape;
aux bombardiers et aux portiers
de la ville; à un enfant qui avait
récité quelques vers devant le
Pape, 211.
Gratification aux
bombardiers, au retour de Nice,
et aux pauvres de San Lazzaro,
près de la ville, 230.
Sauli (Girolamo), clerc de la
Chambre apostolique, 86.
Sauli (Sebastiano) etCie, douaniers
du sel, banquiers, 83, 210.
Savelli (Federico). = R. Étrennes,
14,
données, 78;
Sommes d'argent à lui
pour jouer, 108.
Savelli (Giacomo).
V. Hono
rius IV, pape.
Savelli (Giovanni Battista), baron
Cadeau
=
V. Gio
=
R.
romain, 14, 104, 279, 282.
Savelli (Onorio), 237.
Savelli (Paolo), baron romain, 260.
Savelli (Stefana), religieuse à San
Lorenzo in Panisperna, à Rome.
R. Somme d'argent à elle
=
donnée, 159.
Savelli (Troilo), 46.
Savigliano (auj. arr. de Saluces,
prov. de Cuneo, en Ligurie. =
R. Courriers envoyés de là à
Plaisance par Giovanni Guidic
cioni, 64.
Savone (prov. de Gênes). = R.
Séjour du Pape, enallant à Nice;
aumônes et gratifications, 221,
222.- Latino Giovenale envoyé
de là à la cour de France, 221.
Sbardellini (Battista), 186.
Sbardellini (Cristoforo d'Ogia ou
d'Ottolino), entrepreneur de
maçonnerie, 155, 214, 216, 219.
= R. Travaux au nouveau jar
din du Belvedere, 4, 20, 26, 28,
30, 32, 34, 38, 40, 42-46, 49, 50,
53, 54, 56, 57, 59, 60, 61.
Transport de pouzzolane de
Ponte Sant'Angelo à la Sixtine,
32.
Travaux au Cortile delle
statue du Belvedere, 113.
Voyage à Capodimonte, pour
la fabrica de Bisenzo, 320.
382
Sbardellini da Ogia.- V. Sbar
dellini (Cristoforo d'Ogia ou
d'Ottolino).
Sbarri (Manno), orfèvre, 171, 172.
Scalco du grand Tinello.
Étrennes, 15, 176, 270.
Scalco du petit Tinello.
Étrennes, 15, 176, 270.
=
=
R.
R.
Scanzano (arr. de Matera, prov.
de Potenza ?).-V. Bernardino,
de Scanzano; Francesco, de
Scanzano.
Scarampi (Gianantonio), 84.
Scarampi (Ludovico), 233.
V. Marbriers.
Scarpellini.
Scevola (Vincenzo), évêque d'Hie
rapolis, connu sous le nom
d' « évêque de La Mirandole ».-V. Mirandole (évêque de La).
Schiatessi (Giulio).-V. Schiattesi
(Giulio).
Schiattesi (Giulio), 157.
Schiavone (Frà Sebastiano), de
Rovigno, intarsiatore, 177.
Schoenberg (Nicolas de), frère
prêcheur, archevêque de Capoue,
17.
Sciano.
V. Asciano.
Sciapini (Alexio), 259.
Scipione da Ischia. = R. Somme à
lui donnée par le Pape pour
s'acheter une veste, 77.
Scopatori del Palazzo.
layeurs du Palais.
Scopatori segreti.
V. Ba
V. Balayeurs
secrets.
Scriptor brevium.
(Cesare) .
V. Accurio
Sebastiano, secrétaire du cardinal
Alessandro Farnese.
tieri (Sebastiano).
V. Gual
Sebastiano (Don).-V. Raimondi
(don Sebastiano).
Sebastiano del Piombo (Frà), 103,
144, 145, 146, 147, 148, 149,
150, 154, 179, 276. = R. Res
tauration des peintures de la
salle et de la chambre du Pape;
de la salle voisine des apparte
ments d'Alexandre VI, 36.
Sebastiano del Villano, de Viterbe,
prêtre. = R. Somme d'argent
donnée à sa nièce pour sa dot,
74.
Aumône à la même, 111.
LA COUR DE PAUL III
Secrétaire chiffreur.
(Trifone) .
V. Benci
Secrétaires des lettres italiennes.
V. Benci (Trifone) ; Bini
(Giaufrancesco); Commendone
(Francesco) ; Della Casa (Gio
vanni); Elio (Antonio); Massa
relli (Angelo); Soranzo (Giro
lamo).
Segna (probablement Segni, arr.
de Velletri, prov. de Rome). =
R. Somme donnée à trois habi
tants du lieu pour retourner chez
eux, 124.
Segni (Bernardo), historien, 281.
Ségovie (L'évêque de).-V. Rami
rez (Antonio).
Selliers .
Martino.
V. Cesare; Felice;
Selve (Georges de), évêque de
Lavaur, ambassadeur de Fran
çois Ier à Rome, 246.
Semaine sainte.
V. Canino;
Croix; Églises (Les sept); Pelle
grino (Alessandro).
Semino.
V. Cimino (Giovanni).
Senigalia ou Senigallia (prov. d'An
cône).- V. Vigerio (Marco).
Senili (Cipriano), d'Ancône, évêque
d'Osimo, 53, 54.
=
R. Somme
d'argent à lui remise pour l'en
voyer à Cesarea Grazioli, d'An
cône, 332.
Sentarella (Pietro), Napolitain
recommandé au Pape par Ste
fano Colonna. = R. Somme d'ar
gent à lui donnée, 186.
Serafino, d'Aquila, 233.
Seragli (Matteo), 205. = R. Frais
de transport de deux barils de
malvoisie de Pesaro à Rome,
et de la Douane au Vatican, 184.
Sernini (Nino), 56.
Serragli (Paolo), banquier, mar
chand d'étoffes, 204, 205, 295.
=R. Fournitures pourle Pape
et ses petits-enfants, 3, 11, 37,
41, 63, 69, 101, 120, 131, 146,
165, 171, 201, 239;
pour le
harnachement des mules, 37;
diverses, 43;
pour la
<<記載日
2025年9月8日